Validé par sa sœur

« Harry

Oui « Harry » car il me semble que j'ai obtenu le droit de t'appeler par ton prénom et de te tutoyer après avoir reçu tes lettres pendant des mois. A moins que tu ne préfères Gabriel ? Tu t'es dévoilé à moi en toute honnêteté, ou presque mais bon…

Vois-tu, tu avais raison ! Sur toute la ligne. Oui je sais, c'est étrange venant de ma part. Je n'ai pas su voir plus loin que les apparences et tout le reste. Et je m'en excuse. Je ne suis pas très fier de la façon dont j'ai agi avec toi. Ce n'était pas très adulte j'en conviens. J'ai joué les orgueilleux, profité de mon statut de professeur.

J'ai eu largement le temps de réfléchir depuis. A toi et à tout ce que tu m'as dit. Plus précisément à l'amour que tu m'as avoué dès tes premiers mots couchés sur le papier. Je pense que tu ne me laisses pas indifférent non plus. Je n'arrête pas de penser à toi ! Et je crois que ça a été pire quand tu as disparu. Ah je n'en reviens pas que j'écrive ça ! Mais je n'ai pas réussi à dormir pendant ces deux jours. Je t'ai cherché partout, fouillant chaque recoin connu ou inconnu, perdant le goût de tout. Pourquoi je t'avoue ça ? Pour que tu saches que je suis sincère surement. En fait j'en sais rien. En d'autres circonstances je me serais tu et j'aurais attendu mais j'ai peur de te perdre à nouveau. Enfin bref…

Je ne comprends pas vraiment ce que j'éprouve. C'est encore assez confus pour moi. Afin d'éclaircir tout ça j'aimerais que tu viennes dans mon bureau le plus vite possible. Viens dès que tu auras ce parchemin, je t'attendrais, quel que soit l'heure. Si tu ne viens pas j'enverrais autant de lettres qu'il faudra pour te décider !

Severus

Ps : Amène le cadeau que tu voulais m'offrir ! Je le veux aussi ! Je sais j'ai l'air d'un gamin comme ça et c'est déjà assez déprimant ! »

Harry était traversé par toutes sortes d'émotions. Il se retenait déjà de rire en imaginant Snape mettre sa fierté de coté pour écrire ces lignes. Il avait dut s'arracher les cheveux ! Ensuite la surprise car il avait aussi utilisé un parchemin magique venant de chez Fred et George. Quand avait-il trouvé ça ? Il devait vraiment vouloir lui parler pour agir ainsi. Allait-il y aller ? Il hésitait ! Mais c'était si émouvant ! Harry venait de lire la plus belle lettre qu'il avait reçue. Et il voulait y croire ! C'est juste qu'il connaissait trop Snape. Et ça lui ressemblait pas du tout ! Certes il avait changé un peu. Mais quand même ! Quoique le ton autoritaire lui ressemblait tout à fait. Terreur des cachots jusqu'au bout !

Harry cacha la lettre sous son oreiller et rejoignit ses amis dans la salle commune. Après ce qui s'était passé dans la forêt ils le surveillaient de près. Et dire qu'il voulait aller dans le bureau de Snape était impossible. Il faudrait tout expliquer, se faire accompagner… Chiant quoi ! Il choisit plutôt la facilité : il alla se coucher tôt, prétextant une grande fatigue. Dans sa valise il prit sa cape d'invisibilité et un petit paquet cadeau qu'il glissa dans sa poche.

Il profita d'un élève qui rentrait de retenue pour sortir de la salle des Gryffondors. Il traversa rapidement les couloirs déserts. Arrivé près des cachots il marqua un temps d'arrêt. Il pouvait encore rebrousser chemin et tout oublier. Il serra les poings. Il devait en avoir le cœur net. Il plia sa cape, la réduisit avec un sort pour qu'elle rentre dans sa poche et tapa trois coups à la porte. Il entendit Snape lui dire d'entrer d'une voix distraite. Quand Harry passa la porte il vit son professeur le nez dans ses copies à corriger. Il avait enlevé sa cape pour être plus à l'aise. C'était le seul signe de décontraction chez lui. Snape ne leva qu'un œil à l'entrée de son élève. Ce ne qu'une fois qu'il reconnu Harry qu'il se leva :

- Oh Harry ! Je vois que les Gryffondors ont encore un peu de courage. Je commençais à en douter vu la manière dont tu t'es enfui la dernière fois sans me laisser parler.

Tout en parlant il s'était déplacé afin de se mettre devant son bureau. Il n'avait jamais eu l'intention d'être sarcastique. Mais de voir Harry devant lui, lui faisait perdre tous ses moyens. Il se raccrochait alors à ce qu'il savait le mieux faire : dénigrer les autres. C'est ce qui lui ressemblait le plus, le rôle dans lequel il était le meilleur.

- Si c'est pour me balancer des sarcasmes c'était pas la peine de me faire venir, vous y arrivez très bien pendant les cours !

Severus se mordit les lèvres. C'était mal parti en effet !

- Je suis pas doué pour ces choses !

- Lancez-vous, vous verrez ça part tout seul !

Severus tiqua en voyant qu'Harry continuait à employer le vouvoiement. Il était resté près de la porte, les bras croisés. Il se préparait surement à fuir une nouvelle fois. Las, le professeur de potions se frotta le front de la main :

- Bon, j'aimerais que cette fois tu m'écoutes. Sans me couper, c'est déjà assez dur ! Disons que ce qui est dans la lettre est vrai. Je sais que ça aurait été plus correct de le dire en face mais c'est dur pour moi. Je n'en ai pas l'habitude. Et puis tu l'avais fait par écrit donc… Enfin bref… Je sais que je suis quelqu'un de pénible à vivre et je n'aurais jamais pensé à une histoire d'amour avec un élève. Mais puisque tu as eu la délicatesse de me dire mes défauts, me montrer à quel point tu m'aimais … Je crois que je suis en train de m'embrouiller ! Je dois dire que je n'ai plus une seule pensée claire depuis quelques temps. Je passe mon temps à penser à toi, à rêver de toi. Quand j'ai su que tu avais disparu, mon cœur s'est arrêté de battre. Et c'est toi qui la remis en marche. Je suis venu te voir les nuits, réfléchissant sur mes sentiments. Je n'arrive pas à me concentrer pendant les cours quand tu es dans la salle. Et bien que je ne sois pas encore sûr de moi, je sais que je ne peux pas vivre loin de toi.

Harry, obéissant, avait laissé son professeur faire son monologue, sentant les larmes lui monter aux yeux au fur et à mesure. Il n'en croyait pas ses oreilles. Jamais il n'aurait imaginé ça, même dans ses rêves les plus fous. La terreur des cachots lui faisant une déclaration d'amour en face. Harry porta une main à son visage, tentant de cacher ses larmes qui coulaient maintenant librement sur ses joues. Severus se porta aux cotés de son élève, un peu inquiet :

- Tout va bien Harry ?

- Je suis… tellement heureux … que je pourrais en mourir.

- T'as pas intérêt !

Tout en parlant Severus avait pris Harry dans ses bras et le serrait fortement contre son corps. Harry lui avait passé les mains dans le dos et finissait de pleurer, la tête blottie dans le cou de la terreur des cachots. Celui-ci caressait tendrement les cheveux du Gryffondor.

Une fois calmé Harry marmonna quelques mots, la tête toujours posée sur l'épaule de Snape. Celui-ci lui ne comprit d'ailleurs rien à ce grognement :

- Tu peux répéter ?

- Je vous ai… Enfin, je t'ai vu. La première nuit à l'infirmerie.

- Tu étais réveillé ? Tu m'as entendu ?

Snape rougit légèrement à cette idée sans pour autant lâcher le jeune homme. Il s'était permis quelques familiarités pensant qu'il ne le saurait pas. La seule chose qui le consolait : Harry avait dit « la première nuit ». Il ne savait pas pour les autres et c'était ça de gagner ! Il ne montra aucun signe de trouble, laissant Harry croire ce qu'il veut.

Harry se sépara à contre cœur de Severus au bout de quelques minutes.

- Je crois qu'il y quelque chose que vous… tu voulais. Va falloir que je m'y fasse au tutoiement !

Il fouilla dans sa poche et en sortit le petit paquet cadeau. Il le tendit à un professeur qui se retenait de sauter dessus. Il ne devait pas se laisser aller ! Pendant que Snape enlevait le papier cadeau Harry expliqua :

- Je l'ai acheté sur un coup de tête. Et j'avoue ne pas savoir pourquoi je l'ai gardé.

Severus venait d'ouvrir l'écrin. Il avait trouvé un magnifique bracelet en argent formé de plusieurs maillons. Il ne savait quoi dire. C'était simple mais si beau. Il sortit le bijou délicatement de l'écrin. Harry en profita pour le prendre et lui mettre au poignet.

Severus regarda son avant-bras, trop ému pour prononcer le moindre son. Mais quand les mots ne suffisent plus, les gestes seuls permettent de s'exprimer. Il prit tendrement le visage d'Harry entre ses mains et approcha le sien. Quand les lèvres se touchèrent tout cessa d'exister autour. Au début c'était un baiser timide, simple, et très vite la chaleur monta. Les baisers entre les deux hommes se firent plus profonds. Leurs langues se mêlèrent pour une danse endiablée, virevoltant l'une contre l'autre, les laissant haletant quand ils se séparèrent enfin.

- Je peux rester ici cette nuit ? demanda Harry dans un souffle.

A suivre