Titre : La Lune est une menteuse.
Auteur : Damoiselle A.
Résumé : Bella quitte Forks pour Anchorage, en Alaska… Elle espère se reconstituer un bonheur loin de l'endroit où son premier amour l'a quitté. Un pari risqué qui lui apportera pas mal de surprises JC/BS.
NDA : Bonjour à tous !
Je suis désolée de n'avoir pas répondu à toutes les reviews que j'ai reçues. Je remercie encore ceux et celles qui m'en abreuvent. Je répondrais à ces messages tout de suite après la publication de ce chapitre.
Il est du point de vue de Bella, et l'intrigue avance enfin !
En vous souhaitant une bonne lecture !
A.
Chapitre Septième
Je naviguais paresseusement sur le net, allant de sites en forums, sans vraiment me préoccuper de ce qui défilait devant moi. Je me sentais seule face à une fenêtre ouverte sur le monde. Et cette fenêtre était absolument incapable de m'apporter ce que je voulais : une rencontre.
J'étais seule pour la première fois depuis quelques jours. Jasper n'avait pas relâché sa vigilance et continuait à habiter chez moi. Etrangement cette cohabitation se passait bien, grâce à Jasper. Enfin à l'empathie et à la discrétion de Jasper.
Il essayait de m'aider pour toutes les tâches, comme les courses, et avait régulièrement pris l'habitude de me faire à manger lorsque je rentrais de la librairie, souvent épuisée et grincheuse. Je comprenais Alice lorsqu'elle disait que son homme était parfait. Il avait un comportement de colocataire parfait avec moi et devait se couler aussi bien dans le rôle de petit ami.
J'aurais pensé ressentir le besoin d'être seule. Notamment lorsqu'on n'est pas habitué à vivre en colocation avec un danger mortel au-dessus de la tête. Mais vivre avec Jasper était comme vivre avec quelqu'un qui comprenait et anticipait mes besoins. C'était vraiment simple de laisser couler le temps avec lui. De temps en temps on discutait, et depuis le soir du théâtre on avait décidé de regarder des films et de s'aider mutuellement dans les matières comme la philosophie et la psychologie.
Pour cette dernière matière Jasper connaissait le programme jusqu'au doctorat, ce qui n'avait rien de surprenant, étant donné le nombre d'années qu'il avait eu pour étudier la psychologie humaine et ceci sans parler de son don. Mais le plus intéressant était nos longues discussions sur les différents philosophes et la philosophie en général. Ces discussions rythmaient notre quotidien ainsi que nos études.
J'avais réussi à organiser un emploi du temps serré pour me permettre de suivre mes cours, réaliser les recherches nécessaires en bibliothèque –souvent avec l'aide d'Ariane, que Dieu la garde en bonne santé- et travailler à la librairie. Jasper avait une fois émis l'hypothèse que j'arrête de travailler et un regard noir lui avait fait comprendre qu'il en était absolument hors de question. Edward n'avait pas réussi à me dicter ma vie –et ce alors qu'il y avait mis la meilleure volonté du monde-, je ne vois pas qui d'autre pourrait y arriver.
Je m'ennuyais donc ferme devant mon ordinateur. Mes cours étaient dûment complétés et grâce à notre travail mutuel et aux longues discussions stimulantes avec Jasper.
J'avais fini tous les rendus des deux prochaines semaines. Tout ce qui était d'ordre administratif était en règle et je n'avais nullement envie d'une nouvelle décoration. Jasper m'avait demandé de ne pas quitter l'appartement tant qu'il partait chasser, je me suis donc installée dans le divan avec ce fichu ordinateur.
Si j'avais suivi mon programme de rentrée, je serai lancée dans une activité culturelle ou artistique. Hélas lorsque j'avais voulu réaliser les inscriptions –après avoir bataillé avec Jasper au sujet de ma sécurité- tous les ateliers étaient complets.
Je soupirai : j'avais désespérément besoin de faire quelque chose. Une soudaine inspiration me prit et je fis une rapide recherche sur la toile. J'appelai le numéro indiqué et attendis sagement que mon divertissement arrive.
Si je ne peux aller me divertir, le divertissement viendrait à moi !
Jasper n'était pas encore rentré lorsqu'on sonna à la porte.
- Miss Swan, je suis Lola Morgan. Vous avez appelez le salon de coiffure pour un rendez-vous à domicile.
- Entrez, je vous prie, lui dis-je en ouvrant la porte et en m'effaçant pour la laisser passer.
-Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Cette question sonnait-elle vraiment fatidique ou c'était juste mon appréhension ?
- A vrai dire, je ne sais pas. J'ai toujours eu les cheveux longs et j'aimerai garder cette longueur. Le fait est qu'ils sont indisciplinés et très épais.
- Je vois, le mieux serait de désépaissir et de faire une coupe qui structurerait vos cheveux en permettant une mise en place facile.
Elle me montra sur un modèle et j'acquiesçais avec ferveur. Exactement ce que je voulais.
- Bien nous allons passer au shampoing.
J'étais tranquillement assise sur un de mes tabourets alors que Lola me coupait les cheveux. J'avais choisi une coupe légèrement plus courte que la précédente et plus dégradée.
Entre deux potins échangés avec Lola, je pensais à appeler Angela et mon père, que j'avais négligé ces derniers jours.
Soudain un bruit attira mon attention à la porte, puis un choc se fit entendre sur son battant.
- Entrez !
- Bonjour, Bella.
- Mrs Santers, entrez !
- Oh, je vous dérange.
- Mais non voyons, entrez.
- Je n'en ai plus que pour quelques minutes, déclara Lola en souriant avec son sèche-cheveu à la main.
- Nous avons un paquet pour vous à la loge, annonça alors Mrs Santers.
- Je vous remercie de venir me prévenir je passerai le chercher tout à l'heure. Ce doit être ma mère.
- Il vient d'Arizona, approuva Mrs Santers.
Elle venait à peine de refermer la porte que celle-ci se rouvrit à nouveau, et nous eûmes droit au spectacle d'un Jasper ébouriffé sur le pas de la porte. Après une rapide inspection des lieux, il coula un regard en direction de ma concierge.
- Jasper, entre, je ne t'attendais pas si tôt.
Il ne lâchait pas Mrs Santers des yeux, apercevant quelque chose qui m'échappait.
- Lola, Mrs Santers, voici Jasper, un ami d'enfance. Il est étudiant à Anchorage également. Nous venons du même village, improvisais-je à l'intention de mes visiteuses. J'espérais que mon laïus ferait réagir Jasper.
- Enchanté, Miss Lola, Mrs Santers, salua poliment ce dernier.
- Voilà, c'est fini, s'exclama joyeusement Lola, en me libérant.
- Je vous dois combien ? Demandais-je en m'époussetant.
- Vingt dollars, me répondit Lola, en m'aidant à enlever les cheveux récalcitrants.
Je lui tendis un billet qu'elle prit et glissa dans un portefeuille. Je l'aidais à ranger son matériel, essayant d'inclure tous mes visiteurs dans la conversation. Enfin, Lola prit congé en me remerciant. Je refermais la porte en proposant :
- Un thé, Mrs Santers ?
- Je crois que je vais y aller, lança-t-elle précautionneusement.
- Je ne crois pas, insinua Jasper d'une voix doucereuse.
- Jasper ? L'interpellai-je. C'est ma concierge.
Il me retourna un regard indéchiffrable. Mais que lui voulait-il ?
- Elle est ta concierge, mais elle est beaucoup plus que cela. Elle a une odeur de vampire sur elle, lâcha-t-il brusquement faisant fi de toute prudence face à Mrs Santers.
- Enfin Jasper tu serais devenu fou ou quoi ? C'est une humaine.
- Elle a tellement d'odeurs mélangées sur sa peau, que j'ai cru qu'elle était des nôtres.
Nous nous retournâmes vers la concierge apeurée.
- Qui êtes-vous ? Questionna Jasper.
- Je suis Johanna Santers, mariée à Antony Santers. Je suis concierge ici depuis cinq ans.
- Avez-vous une fille ou un fils ?
- J'ai… j'avais une fille, Cathy.
- Et Cathy est une vampire n'est-ce pas ? Poursuivit Jasper.
Mrs Santers lui lança un regard interdit.
- Je crois que votre fille a été transformée et qu'elle a trahi la règle du secret en revenant vous voir peu après sa transformation. Il lui a fallu de l'entrainement et beaucoup de contrôle, mais elle y est arrivée. Quelqu'un l'a découvert et se sert de votre affection pour votre fille afin d'obtenir ce qu'il veut. En l'occurrence Bella.
- Pardon, je ne vois pas du tout…
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? M'emportai-je. Mrs Santers a été adorable avec moi, elle m'a aidé à emménager…
- Alice voyait un vampire se faire torturer par les Volturi dans ses visions, coupa Jasper sans élever la voix. Elle ne comprenait pas pourquoi. Cette fille est Cathy Santers.
J'hoquetai, frappée par un souvenir.
- Je ne vous ai jamais dit que ma mère vivait en Arizona. J'avais juste précisé partir dans le sud, au soleil.
Mrs Santers se mit à regarder le sol comme s'il avait un intérêt soudain.
- Je suis désolée Bella. Ma fille est revenue me voir un an après sa disparition. Nous étions si heureux mais elle avait vraiment changée. Mon mari et moi n'avons jamais posé de questions, mais le simple fait de la revoir, nous a tous mis en danger. Il y a quelques mois un vampire est venu nous menacer. Nous devions leur donner le maximum d'informations sur vous. Quand vous êtes venue vous présenter à l'accueil, j'ai été désolée pour vous, mais il s'agissait de ma fille. Je ne pouvais pas…
- Je comprends, murmura Bella.
- Alice m'a téléphoné alors que je chassais. Ce dernier mot fit frissonner ma concierge. Elle te voyait ouvrir un paquet contenant un virus.
- Pardon ? Dis-je interloquée.
- Nous en avons déduit qu'ils veulent t'atteindre physiquement pour que tu sois plus facilement maitrisable et surtout plus encline à accepter une transformation. C'était un très bon plan, admit-il.
- Mais c'était sans compter Alice et toi.
Je tournai mon regard vers la concierge. Elle ne semblait plus si apeurée, mais presque soulagée de nous avoir livré son secret.
- Alice sait-elle où est retenue Cathy ?
- Elle pense qu'elle est dans les geôles des Volturi. Elle n'est ressortira pas vivante, sauf si elle a une capacité vraiment particulière.
Nous nous retournâmes vers Mrs Santers.
- Cathy a toujours été une jolie petite fille. Plus tard, une jolie femme. Elle nous avait expliqué que sa capacité d'attraction avait augmenté avec sa transformation.
Le téléphone de Jasper bipa dans sa poche. En un geste fluide, il le sortit, lu le message et le remit à sa place.
- Alice dit que Cathy a une sorte d'empathie. Elle ne ressent pas, mais projette vers les autres des sensations.
- Alors ils ne la tueront pas.
- C'est possible, Aro ne se priverait pas d'un atout pareil. Surtout s'il peut se l'attacher. Le mieux serait que les Santers déménagent au loin.
- Pardon ? demanda la vieille femme, hoquetante.
- Il faut que vous réunissiez vos économies sur un seul compte. Donnez-moi une photographie de vous et votre mari. Vous aurez de faux papiers dans votre loge ce soir, ainsi qu'un sac d'argent liquide. Je ne vous conseille que trop de partir quelque part, loin d'Anchorage. Là où personne ne pourra vous retrouver et faire pression sur vous.
Mrs Santers sembla plus lasse encore, si c'était possible. Elle sortit de son portefeuille, deux photographies d'identité et les tendit à Jasper. Elle me montra la troisième.
- C'est Cathy, avant son accident.
Je voyais une jeune fille blonde, aux yeux verts pétillants.
- Redescendez dans votre loge et faites comme d'habitude. Je déposerai le sac et les papiers d'identité sur le pas de votre porte. Ensuite se sera à vous de faire votre choix, assena Jasper en ouvrant la porte à Mrs Santers. Celle-ci s'y faufila nous laissant seuls, l'un en face de l'autre.
- Jamais je n'aurais pensé…
- Ce n'est pas grave. Nous sommes là pour ce genre de détails. Mais tu comprends que nous devons partir.
- Pardon ? Interrogeai-je, bouleversée.
- Nous devons partir, qui sait ce que la concierge a pu dire sur toi, à quel point elle t'a observé et te connait bien. Ils ont envoyé un paquet avec le cachet de l'Arizona. Je ne serai pas intervenu et tu aurais eu de gros soucis. Ceci dit tout est de ma faute.
- Que veux-tu dire ?
- J'ai senti une odeur de vampire la première fois que je suis venu chez toi. Cette odeur était infime mais présente dans les tissus de ta salle de bain ainsi que devant la porte de la loge. J'avais supposé que le vampire en question avait subtilisé le double de la clef de ton appartement. Il a juste eu à la demander. Tu comprends pourquoi c'est dangereux ?
- Lorsque Mrs et Mr Santers seront partis, poursuivit-il en tournant dans l'appartement, de nouveaux concierges arriveront et nous devrons faire encore plus attention. Sans parler de nous méfier maintenant des étudiants, des clients de la librairie même de la personne qui fait le ménage à l'université ! Ils savent où tu habites, ce que tu fais…
- Attends, il y a un nom pour ce que tu es en train de me décrire : la paranoïa.
- Mais non voyons Bella, nous faisons cela depuis si longtemps. Intervenir dans la vie des humains est tellement facile pour nous, vous ne savez pas vous protéger. Vos systèmes informatiques permettent de trouver n'importe quoi sur n'importe qui. Mais le pire est qu'ils ont envoyé un vampire pour t'espionner les premières semaines. Lorsque celui-ci s'est battu contre moi, Mrs Santers a pris le relais, racontant les moindres faits et gestes de ta vie. On ne pouvait pas se méfier elle est humaine.
- Mais c'est dingue ! Les Volturi ne me veulent pas dans leur clan au point de me pourchasser tout de même !
- C'est là que tu fais erreur Bella, asséna Jasper en me regardant dans les yeux. Ce qu'à rapporter le vampire envoyé par Aro Volturi a dû plaire à celui-ci. Il ne te veut pas, il en a besoin. Maintenant ses troupes sont au courant, il passerait pour la risée du monde vampirique s'il se faisait mettre en échec par une humaine. Il perdrait l'ascendant sur ses frères.
Je m'assis dans le divan, abasourdie par ce que je venais d'entendre. Jasper se leva pour me préparer un thé. Il mit deux sucres, remua lentement, comme pour me permettre de me ressaisir.
- Quand est-ce que cela va s'arrêter ? Je veux vivre ma vie. Je veux rencontrer des gens, un petit-ami, finir mes études, trouver un job, me marier, avoir des amis, des enfants… Comment je vais pouvoir vivre avec un clan de vampires sanguinaires et mégalomanes aux trousses ?
Jasper s'assit sur la table basse en face du canapé. Il me mit d'autorité la tasse de thé dans les mains. Cela me faisait du bien, me sortait de l'état de choc dans lequel j'étais plongée.
- Nous allons trouver une solution, me promit Jasper d'une voix douce. Alice et ses visions nous aideront. On ne te laissera pas tomber, encore moins aux mains des Volturi.
Je soupirai, lançant un regard perdu sur tous mes objets si familiers. Mon quotidien avait été chamboulé en à peine deux heures. A quand la prochaine catastrophe ?
- Bella, tu ne dois pas te laisser abattre, sinon ils y arriveront. Il faut que tu sois forte. Nous allons partir d'ici, en faisant le ménage.
- C'est-à-dire ?
- Tu vas démissionner de la librairie et demander de pouvoir suivre les cours par correspondance.
- Et mon appartement ?
- Qui paye pour cela ?
- Mes parents.
- Très bien, tu les appelleras de temps en temps pour ne pas qu'ils s'inquiètent, il va falloir être imaginative. Leur raconter ta vie comme si elle se déroulait ici. Annonce à tes amis de la fac que ta famille a besoin de toi et que tu repars pour un temps déterminé à Forks. Nous allons nous occuper de ton appartement, je ferai venir une société de ménage. Je vais engager certaines personnes pour protéger ta famille et nous allons laisser des fausses pistes dans l'appartement. La famille et moi allons se charger des détails, de la sécurité. On va aller s'installer ailleurs, dans une grande ville par exemple. Tu vas voir tout va bien aller… On va s'occuper de toi.
Je ressentis un calme certain m'envahir et je plongeai délicieusement dans l'inconscience.
Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre mouvementé et de ce nouveau retournement de situation ?
