Et bien!
J'ai été très surprise de voir les déductions qui ont été faites... Certaines m'ont vraiment surprises... Iruka? Le même qui est mort et bien mort dans GPA? J'avoue que je ne m'attendais pas à celle-là... je me suis bien marrée avec les possibles supers-méchants Sasuke ou même Naruto... Sérieux! J'ai adoré et je retiens l'idée pour autre chose tiens... Bref, merci à ceux qui ont participé, je leur dois leur récompense en publiant la version modifiée du chapitre avec la fin qui manque, soit plus de 3300 mots de bonus et enfin les explications et j'en ai profité pour revoir le design du chapitre car apparemment, le site n'est pas fichu de maintenir une simple mise en page...
Disclaimer :
Y'a rien à faire, il veut pas m'écoutez et ne veut pas me les donner. Alors, je me suis dit, et vous trouverez ça normal j'en suis certaine, qu'une bonne tronçonneuse devrait aider dans mes démarches, non ?
Les rewiews:
Les rewiews sont le carburant du stylo de l'auteur mais c'est donnant-donnant c'est pour cela que j'y réponds toujours (même si parfois, je me laisse déborder et réponds en retard, gomen). Je réponds donc pour :
□ Les membres inscrits : par le système mis en place par le site.
□ Les anonymes : directement sur mon profil.
Bonne lecture!
Au bout du chemin
Sasuke lui manquait.
Cette nuit-là, il avait tenté de se raisonner. Sasuke était en colère, il n'était pas sérieux. Il n'allait pas vraiment le quitter. Ils allaient en discuter, il allait lui expliquer. Et il reviendrait. Il avait passé une nuit blanche. Le bébé d'Hinata, le départ de Sasuke, tout ça tournait encore et encore dans sa tête. Au matin, sur le coup de six heures, des coups sourds avaient été frappés à la porte de leur appartement. Il s'était précipité, croyant au retour de Sasuke ayant oublié ses clefs.
Mais ce n'était pas lui.
Il y avait pleins de policiers. Des collègues de Sasuke que Naruto se souvenait vaguement avoir rencontré. L'un d'eux l'avait repoussé pour permettre à ses confrères de rentrer et avait collé un papier entre les mains de Naruto. Perquisition. Naruto n'avait pas compris toutes les implications jusqu'à ce que l'homme ne commence à lui poser des questions sur Sasuke, le travail de celui-ci, ce que Naruto en savait mais aussi… leur relation.
Là-dessus, il n'y avait rien eu à dissimuler. Une seule chambre à coucher, une seule armoire… l'opinion des enquêteurs fut rapidement faite et les regards dégoûtés qui se posèrent sur le jeune homme renseignèrent celui-ci plus qu'aucune discussion sur le pourquoi du silence de Sasuke sur ses préférences sexuelles. Pas que celui-ci en aurait eu quelque chose à faire de toute façon, l'opinion des autres ne comptait pas vraiment à ces yeux, n'eut été l'impact sur Naruto.
Naruto fut emmené au poste de police après qu'on l'ait quand même laissé s'habiller et se furent de longues heures d'interrogatoire où les mêmes questions se répétaient, encore et encore : « depuis quand connaissez-vous Sasuke ? », « En quoi consistait sa mission? Qui étaient ses contacts ? »… Il essayait de répondre mais la fatigue se faisait sentir de plus en plus et il faillit pousser un cri de soulagement lorsque la silhouette de Shikamaru apparue dans l'encadrement de la salle où il était retenu.
Il ne loua jamais autant le génie de son avocat que ce jour-là. En moins d'une heure, on le relâcha, excuses à l'appui. Ce fut Shikamaru qui lui appris le pourquoi de tout ce chambardement :Sasuke était en fuite. On aurait apparemment trouvé des preuves contre lui de son implication dans l'organisation criminelle de l'Akatsuki qu'il était censé infiltré. Les unes des journaux en avaient déjà fait leurs choux-gras.
Et tous croyait Sasuke coupable.
Naruto, lui, savait bien qu'il n'en était rien. Il avait confiance en Sasuke, ce n'était qu'une méprise, sûrement. Et Sasuke lui confirmerait. Quand il reviendrait. Et il ne prêterait pas attention aux ragots ni aux doutes qui s'insinuaient dans son esprit. Il lui avait promis. Promis que rien ne les séparerait jamais. Il n'allait pas… changer d'avis, n'est-ce pas ? Il n'allait pas le laisser seul ? Non, il allait faire confiance à Sasuke. Il reviendrait.
Il y crut longtemps.
A son travail, il avait dû affronter les regards compatissants ou écœurés de ses collègues. La discrétion de la nouvelle de « l 'ami » de Naruto avait vite été mise à jour avec la médiatisation de son inculpation et l'information avait rapidement fait le tour de tous les services. Il avait été convoqué chez le directeur de service avec une ribambelle d'avocats et on lui avait gentiment expliqué que, par mesure de sécurité et « dans son intérêt » il valait mieux pour lui changer de service. Il n'avait pas eu le choix et avait dû accepter.
Néanmoins, il ne resta pas longtemps au service oncologique où on l'avait muté. Il avait de nombreux alliés. Parmi ses collègues d'abord, peu nombreux mais présents qui avait menacé de se mettre en grève ou de démissionner par solidarité avec Naruto. Cela l'avait beaucoup surpris. Et ému. Mais le plus fort impact eu lieu sous l'impulsion des enfants eux-mêmes qui aimaient leur « Warai-Ihaku », leur docteur-sourire et qui se fichait éperdument que « l'amoureuse » de leur docteur préféré soit un monsieur.
Les parents avaient suivi et Naruto avait réintégré le service pédiatrique.
Néanmoins, les regards négatifs étaient nombreux et Naruto, en plus de devoir affronter la déprime du départ de Sasuke et, même s'il était reconnaissant du mouvement de soutien de ses collègues et patients, avait du mal à supporter le dégoût voire les remarques désobligeantes de la plupart des autres. Toutefois, Naruto restait une pointure dans son domaine et ces résultats parlaient pour lui. Il aurait aimé se confier à Sasuke mais il n'était plus là. Il était parti.
Sasuke.
Il n'avait pas donné de nouvelles. A personne. Jusqu'au jour, à peu près trois semaines après sa fuite, où Itachi était venu le voir et lui avait dit avoir vu Sasuke. Naruto ne pouvait pas reprocher à Itachi d'avoir eu la primeur des nouvelles de son amant, il le savait parfaitement mais il ne pouvait empêcher le tiraillement de jalousie qui l'avait saisi. Surtout en regard de ce qu'Itachi lui avait confié. Sasuke allait bien. Ça, ça l'avait rassuré. Il se cachait et préparait sa défense. Ça, c'était une bonne chose. Mais à la question « A t'il parlé de moi ? », Itachi avait pudiquement détourné son regard presqu'aveugle à l'époque.
Les doutes étaient revenus, en force. Sasuke lui en voulait vraiment ?
Il s'était plongé dans le travail. Il n'y avait que ça qui le faisait tenir. Ça et les nouvelles qu'apportaient régulièrement Itachi. Il n'avait plus demandé si Sasuke parlait de lui, il se contentait d'écouter les nouvelles apportées, comme l'affamé qu'il était. Et inévitablement, il s'en était voulu. Il aurait dû le voir venir. Sasuke refusait de lui parler de son travail et il ne lui avait pas posé de questions. Et ainsi, il n'avait aucun moyen d'aider Sasuke. Il était inutile. Cela rouvrait une blessure qu'il croyait avoir fermée.
Il n'était pas un bon Taram pour Sasuke. Il l'avait laissé tombé.
Et que Sasuke lui en veuille n'était qu'un juste retour finalement. Ne l'avait-il pas trahi ? Il l'avait trompé. Il lui avait menti. Et pas que sur ça, il s'en rendait compte. C'était de sa faute si tout avait dérapé. Bien entendu, se serait-il confié à quelqu'un qu'on l'aurait immédiatement détrompé mais Naruto, malgré son apparence ouverte et sociable se révélait être particulièrement secret sur ses sentiments et même les confidences faites à Sakura et Hinata ne couvraient pas le tiers de ses questionnements.
Et maintenant, Sasuke était parti et ne voulait plus de lui.
Il ne vivait que pour avoir de ses nouvelles. Kisame, l'ami d'Itachi, avait ouvert une poissonnerie grâce à l'argent de ses combats et avait abandonné son travail à l'Université pour pouvoir s'installer avec sa jeune femme, Shizune, qui lui menait la vie dure malgré son apparence frêle face au géant. Elle attendait déjà leur premier enfant malgré qu'ils entraient à peine dans leur deuxième mois d'un mariage express. Et elle lui avait hurlé dessus quand il avait accepté d'héberger les entrevues illicites de Sasuke et d'Itachi.
Avant de leur bougonner de passer par le tunnel menant à l'arrière-boutique pour plus de sécurité.
Kisame avait éclaté de rire et avait fait tournoyer son dragon de femme qui rougissait sur place et la question avait été réglée. Bien qu'il soit surveillé de près par la police, celle-ci n' avait aucun moyen de découvrir que l'accès théoriquement condamné du souterrain autrefois raccordé au tout-à-l'égout en dessous de la poissonnerie avait été restauré pour agrandir l'espace-réserve de façon plus ou moins légale (plutôt moins d'ailleurs).
C'est ainsi que les échanges entre Itachi et son frère restaient parfaitement secret, les policiers couvrant uniquement les accès extérieurs.
Au début, Itachi avait semblé revenir calme mais inquiet de ces virées mais plus le temps avait passé et plus il semblait en colère. Contre son frère. Sans qu'il le lui dise, Naruto savait qu'Itachi avait demandé à l'amener. Et que Sasuke avait refusé. Une preuve de plus s'il en fallait. Il avait quand même tenté de se convaincre que c'était parce que Sasuke voulait le protéger. Parce qu'il était surveillé. C'était logique et l'explication se tenait.
Mais alors, pourquoi n'écrivait-il pas ?
Et puis, les visites d'Itachi s'étaient espacées et Sasuke restait de longues semaines sans prendre contact, disparaissant dans la nature. Naruto s'était inquiété. Allait-il bien ? Mangeait-il correctement ? Où dormait-il ? Pensait-il à lui ? Ils n'avaient jamais été séparé si longtemps et jamais dans ces conditions. Naruto n'en dormait plus et se forçait à manger pour ne pas inquiéter ses amis. Et le piano restait désespérément silencieux.
Il se rendait à son travail jour après jour, trouvant dans le sourire des enfants qu'il soignait une raison de continuer. En attendant. Et il avait attendu. Un signe, n'importe quoi qui lui aurait prouvé que Sasuke ne l'abandonnait pas complètement. Qu'il n'avait pas cessé de l'aimer, finalement. Ça ne pouvait pas se finir comme ça, se répétait-il incessamment. Sasuke serait innocenté et il reviendrait vers lui. Il s'accrochait à cette pensée comme si sa vie en dépendait. Sa santé mentale s'y agrippait férocement.
Et puis, il y avait Hinata.
Il l'avait évité. Volontairement. Il en voulait à la jeune femme en s'en voulant tout autant. Il savait que c'était ridicule et immature mais pour lui, elle était la responsable de son malheur. Du départ de Sasuke, de la rupture entre eux, même si provisoire comme il l'espérait. C'était injuste et égoïste mais il n'arrivait pas à ne pas être en colère contre elle au début. C'était de sa faute si Sasuke l'avait abandonné. S'il se retrouvait seul et accablé, à chercher l'odeur de son amant dans les quelques affaires qui lui restaient.
Et puis, il y avait ce bébé.
Il n'y avait pas vraiment pensé. C'était abstrait pour lui. Bien sûr, il avait dit à Hinata de le garder et il était sincère à ce moment-là. Mais il n'avait pas vraiment fait le lien avec sa propre paternité. Il avait été trop bouleversé ce soir-là pour vraiment y songer. Il en avait caressé l'idée pendant longtemps avant de repousser cette pensée au fond de son esprit. Mais maintenant…
Il allait être père.
Il ne savait pas s'il devait se réjouir ou bien pleurer. Il devrait être content, non ? Mais, c'était le bébé d'Hinata avant tout, pas le sien. Elle le lui avait bien dit ce soir-là. Elle n'attendait rien de lui, elle ne l'obligeait à rien. Elle ne s'imposerait pas. Il pourrait faire comme si de rien n'était s'il le voulait. Il avait le choix. Il pourrait attendre que Sasuke revienne et oublier cette histoire. Parce que l'important, c'était Sasuke et lui, eux deux contre le monde… non ?
Mais cet enfant, c'était sa chair et son sang. Pouvait-il décemment tourner le dos à un enfant innocent ? Il ne savait pas et se sentait confus. Dans sa colère, il avait tout de suite pensé que oui, que ce n'était pas ses affaires, mais après réflexion, il ne savait qu'en penser. C'est aussi pour cela qu'il évita Hinata malgré les encouragements de Sakura à aller lui parler. Il n'osait pas. Il ne savait pas quoi lui dire. Il avait un peu honte aussi de sa lâcheté plus le temps passait.
Ce fut le hasard qui décida pour lui.
Il ne passait jamais par la section gynécologie habituellement, ce n'était pas sa partie mais là, il avait accepter de rendre service à un collègue très insistant qui n'avait soi-disant pas le temps (ou plutôt pas l'envie) de passer déposer des dossiers urgents deux étages plus bas et comme il avait une pause qu'il n'avait absolument aucune envie de prendre au risque de recommencer à ruminer, il s'était proposé même si l'attitude de son collègue était due principalement à utiliser le moindre prétexte pour ennuyer Naruto..
C'est là qu'il l'avait croisé.
La première chose que ses yeux exercés avaient remarqué c'était la pâleur de ses traits et ses yeux cernés. La seconde, c'était la manière dont sa robe laissait poindre un arrondi naissant autour de la taille encore fine. Ils étaient restés là à se contempler, gênés, sans savoir quoi dire avant qu'il ne prenne son courage à deux mains et lui demande ce qui l'amenait à l'hôpital.
Bien sûr, il pouvait y avoir des milliers de raisons, la jeune femme participait à de nombreuses actions de donation en faveur, entre autres, des enfants dont les parents étaient trop pauvres pour leur payer des soins médicaux. Elle pouvait aussi être passée pour un rhume ou pour une quelconque allergie. Ou peut-être… Peut-être que c'était en rapport avec le bébé ?
L'angoisse l'avait tenaillé aussitôt qu'il s'était autorisé à y penser : y avait-il des complications ? Le bébé présentait-il une anomalie ? Pourquoi Hinata semblait-elle mal en point comme cela ? Sa grossesse se passait mal ? Le bébé était-il en danger ? La réponse eut deux effets contradictoires : elle le rassura autant qu'elle l'inquiéta.
L'échographie. La première.
Elle avait eu l'air mal à l'aise également et il ne savait pas trop quoi répondre mais alors qu'elle allait le saluer poliment et entrer dans la salle d'attente du médecin, il fut pris d'une impulsion :
- Je peux venir ?
Un doux sourire lui avait répondu.
Il s'était senti très maladroit dans ses gestes et dans son attitude lorsqu'il s'était retrouvé assis sur la « chaise des pères », face à l'écran. Il n'avait pas osé regarder la jeune femme mais elle n'avait rien dit, ne lui avait rien reproché. Et il s'en était encore plus voulu. Hinata ne méritait pas ça. Ils étaient deux cette nuit-là, ivres ou pas. Et puis, il avait levé les yeux.
Et tout était devenu… réel.
Ce n'était pas plus gros qu'un haricot mais c'était là et ça vivait. Et grandissait. Son cœur avait manqué un battement et il avait su, avec une certitude inébranlable, qu'il voulait cet enfant. Une main s'était timidement posée sur la sienne et il l'avait serrée. Il comprenait désormais. Il ferait parti de la vie de ce bambin.
Il lui apprendrait à sourire, à rire, il lui tiendrait la main quand viendrait le temps de faire ses premiers pas. Il l'emmènerait à l'école et lui achèterait des glaces. Il lui chanterait la berceuse d'Iruka. Il jouerait Chopin et Bach pour l'endormir. Il ne voulait rien rater de ces moments. Un enfant, ça grandissait si vite, il ne voulait perdre aucun instant.
Il l'aimait déjà passionnément.
A partir de ce moment, il avait pris sur lui de discuter avec… la mère de son enfant. Ça avait été incroyablement plus facile et moins étrange qu'il ne l'aurait crû possible mais il s'était rappelé qu'Hinata était son amie depuis longtemps maintenant, sa confidente, et qu'il aurait dû savoir qu'elle le comprendrait. Ils avaient pris un café au snack de l'hôpital et ils avaient parlé, un peu.
Puis, ils avaient dû retourner à leurs obligations.
Mais il avait demandé à ce qu'ils se voient le soir même, il ne voulait pas laisser les choses confuses maintenant qu'il avait pris sa décision. Et ce fut le premier soir d'ailleurs où il ne s'inquiéta pas de manquer un appel éventuel de Sasuke. Il y avait ce bébé et il comptait. Il devait prendre le temps qu'il fallait lui consacrer. Il voulait mettre à plat la façon dont ils allaient s'organiser et gérer cette arrivée.
Ils s'étaient donné rendez-vous dans la demeure ancestrale des Hyuuga.
Au passage, il avait croisé Neji qui, bien qu'amical, l'avait mis en garde d'un regard. Sans aucun doute pour qu'il ne blesse pas sa cousine. Naruto connaissait bien le jeune homme aux longs cheveux. Il travaillait sans doute pour « Comput-us Incorporated » mais il restait toujours dans l'ombre de la jeune femme, toujours là pour la soutenir. Il avait toujours agi ainsi et Naruto savait qu'il avait tout intérêt à prendre en compte les menaces implicites du brun.
Mais il n'avait pas l'intention de heurter la jeune femme. Il tenait à elle, d'une certaine façon. Ils avaient traversé beaucoup de choses ensemble et leur complicité avait une base solide. Et ils allaient avoir un enfant. L'idée était étrange, un peu difficile à appréhender mais Naruto était bien décidé à assumer. Connerie de beuverie ou pas, il ne laisserait pas tomber Hinata.
Ou leur enfant.
Ils avaient choisi de ne pas se poser trop de questions pour le moment. Naruto avait parlé de son souhait d'être présent pour la jeune femme durant la grossesse de celle-ci et pour cela, il voulait être auprès d'elle le plus souvent pour assister à chaque étape de développement du bébé. Il n'emménagerait pas chez elle bien sûr mais il voulait qu'ils se rencontrent régulièrement, pour parler, prendre des nouvelles. Comme ils le faisaient auparavant.
Il s'était rendu compte alors à quel point il avait été égoïste et lâche. La jeune femme avait dû affronter seule la réaction de son entourage face à cette grossesse impromptue. Sa réputation en avait pris un sérieux coup. Une femme dont le veuvage commençait à peine et qui se retrouvait enceinte d'un autre homme que son mari était une exposition humiliante et une soumission involontaire à la vindicte populaire.
Le père d'Hinata étant décédé, elle ne bénéficiait plus de son appui auprès du Conseil d'Administration et il lui avait été très difficile de rester à son poste si ça n'avait pas été grâce au soutien de Neji. Bien entendu, la jeune femme avait minimisé l'impact mais Naruto n'était pas idiot. Il ne pouvait qu'imaginer les rumeurs et les ragots que l'on racontaient sur le dos de son amie. Cela expliquait sa fatigue et ses cernes.
Et elle avait dû faire face, seule.
Il comprenait de mieux en mieux la mise en garde de Neji et il remerciait inconsciemment celui-ci de soutenir la jeune femme sans pour autant le blâmer. Neji était un ami fidèle sur qui on pouvait compter, il le savait. Il ne jugeait pas ce qui s'était passé entre eux, il était présent et apportait son soutien silencieusement. Il n'approuvait pas, évidemment, mais il serait là.
Les mois s'étaient succédés à une vitesse incroyable accompagnée d'une lenteur insoutenable. Mélange d'impatience et de terreur. L'enfant, ou plutôt les enfants, grandissaient et prenaient de plus en plus de place dans le petit corps de leur mère. Ce n'est qu'à la seconde échographie qu'on avait pu distinguer la forme d'une seconde présence dont le rythme cardiaque battait en rythme avec celui de son homologue.
Naruto avouait qu'il avait un peu paniqué. Il ne savait déjà pas comment il allait pouvoir s'occuper d'un bébé alors deux… Il n'avait pas voulu connaître le sexe des enfants et Hinata non plus. Ils étaient vraiment proches et bien que Naruto se languissait d'avoir des nouvelles de Sasuke, il ne pouvait s'empêcher de penser que, finalement, il ne regrettait plus tellement la nuit qui avait conduit à la conception de ses enfants.
Mais un événement avait remis ce fragile équilibre en question.
La société Hyuuga que gérait Hinata avait lancé une grande campagne en vue de recueillir des fonds pour la construction d'hôpitaux dans les pays marqués par la guerre et la pauvreté et l'un de ces pays était la Tchétchénie. Grozny en était à la phase terminale du projet, ne restait plus qu'à procéder à l'inauguration officielle et à engager un programme d'assistance et de formation du personnel hospitalier. Sachant qu'Hinata allait s'y rendre, il avait demandé à être détaché pour participer à l'opération et pouvoir l'accompagner.
Il avait besoin d'un break et ses amis l'y avait grandement poussé car Naruto s'épuisait à la tâche. Mais aussi, il ne voulait pas manquer cette occasion de revenir dans son pays comme il l'avait toujours voulu. Il avait essayé de chasser le pincement au cœur à l'idée que c'était un des projets qu'il avait voulu partager avec Sasuke. Son amant qui l'avait abandonné, sans lui laisser une chance de s'expliquer, sans discuter.
Il était en colère contre Sasuke maintenant. Il avait promis. Il lui avait promis de ne plus jamais le quitter, de ne plus être séparés et si Naruto reconnaissait ces torts, il aurait aimé que Sasuke entende sa version. Et il aurait pu l'aider à se disculper, il l'aurait fait mais Sasuke avait toujours préféré se débrouiller seul plutôt que demander de l'aide et surtout pas à lui.
Il lui en voulait. Et il s'en voulait aussi car malgré tout cela, il l'aimait encore. Il faisait bonne figure et il était même sincèrement heureux quand les formes de ses bébés apparaissaient sur le moniteur de l'échographe mais il manquait quelque chose. Quelqu'un. Mais il voulait aller de l'avant et il s'était jeté avec soulagement dans ce nouveau défi. A Grozny, il y avait tant à faire et tant de choses manquaient encore.
Il avait été accueilli chaleureusement quand on avait appris qu'il parlait la langue et était un enfant du pays. Lui qui avait toujours gardé un souvenir sombre de ses jeunes années avait été ému de ne plus être celui qui attirait le malheur mais avait la possibilité de soigner, de sauver des vies et de donner un coup de main à l'avenir en s'occupant de ces enfants. Le rêve qu'il avait caressé autrefois d'être reconnu par les siens était à portée de main.
Hinata se donnait à fond elle aussi pour que les équipements soient livrés à temps avec l'aide de Neji pour négocier les acheminements avec un gouvernement corrompu et les nombreuses milices non officielles. Naruto et Neji devaient souvent la forcer à lever le pied. Malgré une grossesse très suivie et une excellente santé, la jeune femme devait apprendre à se ménager et Naruto ne parvenait pas à réprimer la tendresse que lui inspirait la silhouette courbée de la jeune femme qui montrait avec grâce son épanouissement. La maternité l'avait beaucoup aidé à reprendre le dessus après la mort de Kiba, c'était certain.
Et puis, il y avait eu cette soirée.
Une jeune femme était venue au service des urgences, un enfant maladroitement emmaillotée dans ses bras. Le petit avait une forte fièvre et semblait mal nourri mais en meilleur état que la mère qui tenait à peine debout. Il avait pris le prétexte des examens à faire à l'enfant pour emmener la jeune femme boire un chocolat chaud et manger un sandwich. Elle lui avait confié que sa famille l'avait rejeté car elle avait eu l'enfant hors-mariage et que même si le père avait reconnu le bambin et passait les voir de temps en temps, elle était quand même seule à l'élever.
C'est là que ça l'avait frappé.
Quand les bébés seraient nés, quelle place allait-il occupée ? Serait-ce suffisant de ne les voir que de temps en temps ? Il risquait de manquer tellement de choses. Il ne serait pas là pour leurs donner le biberon ou faire leurs bains. Et il ne pourrait pas les consoler non plus s'ils pleuraient la nuit après un cauchemar. Et que dirait-on d'eux à l'école ? Qui serait-il pour eux ? Un gentil monsieur qui passe les voir de temps en temps et leur donne des bonbons ?
Non. Il voulait être leur père.
Il ne voulait pas n'être qu'un nom sur la liste des personnes à prévenir en cas d'urgence, il voulait être là à chaque étape de leur croissance. Les voir grandir. Mais il n'avait aucun pouvoir, la décision revenait à Hinata et il n'était pas sûr qu'il soit juste de lui demander ça. La jeune femme avait le droit de refaire sa vie. Avec un autre homme.
Hinata était très jolie, belle même et il ne serait pas étonnant qu'elle rencontre quelqu'un. Quelqu'un qui deviendrait son mari et, par extension, le père de ses enfants. De ses enfants à lui. Il laissa repartir la mère et son bébé. Mais il ne voulait pas laisser partir Hinata sans se battre. Il l'invita à visiter Grozny un jour de fête, peu avant leur départ. Les habitants avaient sortis leurs plus beaux atours pour la fête officieuse à Tusholi[1], officiellement dédiée aux enfants et adolescents.
Ils discutèrent tout en marchant doucement, mais sous bonne escorte accordée par le délégué au Toukkhoum Charoï[2] grâce à un accord passé avec les entreprises Hyuga, car le rapt et le danger inhérent qui courraient encore dans les rues sans compter le vol étaient monnaie courante. Naruto acheta à une marchande ambulante quelques noix de halva dans un cornet et partagea la sucrerie au miel avec la jeune femme.
Il ne savait pas trop comment aborder le sujet ni même s'il avait le droit de le faire.
- Dis-moi.
La voix douce de la jeune femme l'avait ramené à la réalité. Il sut qu'il ne pouvait plus reculer. Il n'avait pas osé la regarder pendant qu'il vidait son cœur. Il était sûr de s'être excusé au moins une vingtaine de fois jusqu'à ce que, une fois qu'il eut fini, une main tendre se posa sur son bras :
- Je n'ai jamais eu l'intention de me remarier, tu sais, déclara tranquillement Hinata. Et personne ne prendra ta place auprès de nos enfants.
- Tu dis ça maintenant mais plus tard… commença Naruto.
- Non. Je ne veux plus vivre cela. Je veux élever mes enfants et gérer les affaires de la société du mieux possible. Je n'ai besoin de rien d'autre, affirma la jeune femme avec conviction.
- Tu n'as pas besoin de moi pour ça, constata douloureusement le blond.
- J'aurais toujours besoin de toi, reprit la jeune femme en lui souriant gentiment. Tu m'as fait le plus beau des cadeaux Naruto et rien ne viendra jamais me faire oublier ça.
- Mais je ne les verrais pas grandir, murmura tristement le jeune médecin.
- C'est possible… si tu le veux, avança avec hésitation la jeune femme.
Il l'avait observé, perplexe, la regardant rougir comme elle ne l'avait plus fait depuis des années quand elle lui expliquait :
- On pourrait… se marier.
Dire qu'il avait été choqué serait peu dire. Mais après quelques minutes et un silence très embarrassant, il prit conscience de toute la « commodité » de la proposition. Cela n'avait rien de romantique, Hinata le lui avait confirmé mais autant Naruto avait envie de participer pleinement à la vie de ses enfants, autant Hinata avait besoin d'un support dans ce rôle. Ils s'entendaient bien et il n'était pas question de sexe entre eux. C'était la base de nombreux mariages arrangés finalement.
Hinata lui avait demandé d'y réfléchir sérieusement. Elle lui avait dit que ce n'était qu'une idée, une proposition, qu'il n'y avait pas d'obligation. Et puis, elle lui avait même confié que si Sasuke revenait vers lui alors elle ne verrait pas d'inconvénient à ce qu'ils… euh… soient ensemble. C'était vraiment très généreux de la part de la jeune femme et il savait bien que c'était parce qu'elle tenait à ce qu'il comprenne bien qu'il n'y avait pas de pression ou de sentiments amoureux là-dessous.
Pour le rassurer.
A la veille de leur retour, il s'était décidé. Il lui avait demandé sa main et elle avait accepté. Au retour, ils l'avaient annoncé à leurs amis, quelque peu hébétés par ce qu'ils n'avaient pas vu venir mais aucun n'avait tenté de les dissuader, respectant son choix. Quand Naruto alla en parler avec Itachi, celui-ci ne put se résoudre à le blâmer tant la peine de son autre petit-frère était perceptible et par les arguments, plutôt convaincants du blond justifiant sa décision. Il pesta intérieurement contre Sasuke dont il ne comprenait pas l'éloignement.
Il avait accordé son consentement.
Puis, Naruto était allé l'annoncer à ses parents.
Ça avait été l'occasion de revoir Jiraya. De lui annoncer qu'il allait être grand-père. L'homme avait vieilli. Il avait pris sa retraite il y a trois ans à peu près pour profiter d'un repos bien mérité aux côtés de Tsunade. Naruto avait voulu plusieurs fois faire la démarche d'aller le voir, de s'expliquer avec lui mais à chaque occasion, le courage lui avait manqué. Il avait renoncé pour ne pas se faire rejeter.
Tsunade s'était révélée choquée par l'annonce et, malgré le fait qu'elle disait comprendre le raisonnement de son fils, elle ne voyait pas la nécessité de se marier. Quant à Jiraya, il n'avait rien dit. Pas un mot mais il l'avait invité à le suivre dans son bureau installé dans l'ancienne chambre qu'il avait partagé avec Sasuke. Tsunade les avait laissé faire, consciente qu'il y avait des choses qu'il fallait régler entre le père et le fils sans elle. Il l'avait invité à s'asseoir et il avait obéit, mal à l'aise.
Le vieil homme avait ouvert le tiroir sous le bureau et en avait tiré une bouteille d'alcool de riz et deux verres. Il les posa sur le bureau et les remplit avant d'en tendre un à Naruto et d'avaler l'autre d'une traite. Avant d'entamer la conversation :
- Comment va Sasuke ? Commença t'il tranquillement.
- Il est toujours en fuite, comme tu le sais, déclara douloureusement Naruto, croyant que Jiraya voulait appuyer sur le fait qu'il était évident que son couple avec Sasuke était finalement voué à l'échec et qu'il avait raison mais une main burinée se posa sur son épaule, l'obligeant à relever la tête. Il n'y avait pas de trace de dégoût ou de satisfaction mais de la lassitude dans les yeux du vieil homme.
- Tu dois être inquiet, je me trompe ? Comment vas-tu ? La compassion était présente dans les paroles de Jiraya, elle n'était pas feinte ou moqueuse et Naruto se sentit craquer.
Il pleura comme un enfant dans les bras de son père, laissant enfin retomber toute la pression de ces derniers mois, de ces dernières années. Jiraya lui murmurait que tout allait bien, que ça allait s'arranger, le consolant maladroitement comme il pouvait. C'est à cet instant qu'il réalisa pleinement à quel point son père lui avait manqué. L'homme qui prenait le temps de lui conter les histoires de la déesse Amaterasu et du renard millénaire quand il était enfant. Qui lui avait donné son nom et une nouvelle vie. Il lui devait tant. Au bout d'un moment, il se calma, il se sentait mieux, même si ce n'était qu'un peu.
- Ça va mieux, gamin ? Demanda l'homme aux cheveux blancs, gentiment, passant sa main dans les cheveux de son garçon.
- Ouais. Mais… pourquoi... enfin… je croyais que tu… avec Sasuke, bredouilla Naruto, toujours décontenancé.
- Ça fait un moment que la vieille, ta mère si tu préfères, me dit que je me comporte comme un con et tu sais quoi ? J'ai fini par comprendre qu'elle avait raison, le taquina Jiraya avant de reprendre, plus gravement : J'étais trop lâche pour venir vous trouver et me faire pardonner. Il y eut un silence avant qu'il ne reprenne :Tu vas vraiment le faire ? Epouser cette fille ?
- Oui. Je crois bien que oui, avoua Naruto, éteint.
- Tu n'as pas de nouvelles de Sasuke, n'est-ce pas ? Reprit son père, bien décidé à ne pas aborder le sujet qu'il savait miné. C'était la décision de Naruto, il devait la respecter.
- Non. Il… il a toutes les raisons de m'en vouloir, tu sais, confessa Naruto. Et puis… je pensais au départ que cette séparation pourrait être bénéfique quelque part. Face au regard scrutateur de Jiraya, il s'expliqua : on se reposait toujours l'un sur l'autre mais sans arriver à vivre l'un sans l'autre. Ce n'était pas sain comme fonctionnement. Mais peut-être qu'il ne veut plus de moi, finalement, acheva t'il, découragé.
- Raconte pas de conneries plus grosses que toi, le réprimanda Jiraya tout en lui frottant le dos en signe de réconfort. Laisse-les-moi, les bêtises de ce style-là, ça me connais. Allons, allons, le rassura gauchement Jiraya. C'est pas une petite dispute qui mettra fin à votre couple sinon, tu imagines, avec Tsunade…
Naruto se mit à rire, pour la première fois depuis la fuite de Sasuke. Jiraya avait changé. Jiraya avait essayé de faire sortir à Naruto tous les détails de son unique aventure hétéro pour son prochain livre afin de dédramatiser la situation avant de soupirer dramatiquement de déception quand Naruto lui confia qu'il ne s'en rappelait absolument pas. Ils avaient beaucoup parlé, beaucoup bu aussi avant de se faire engueuler par une Tsunade outrée qu'on la laisse poireauter seule au lieu de l'inviter à participer à la beuverie. Naruto avait préféré profiter du peu d'esprit clair qu'il lui restait pour s'en aller quand ses parents avaient commencé à se peloter…
Inutile de faire des cauchemars à cause de ça.
Les semaines préparant le mariage avaient filé rapidement. Bien qu'ils ne soient pas pour le mariage, les parents de Naruto avaient aidé à organiser la cérémonie et accessoirement, à préparer l'arrivée des jumeaux. La chambre des bébés regorgeaient de peluches variées et de gadgets plus ou moins utiles et sophistiqués autour de tapisseries colorées en orange et mauve, compromis entre les goûts d'Hinata et de Naruto.
Le jour de la cérémonie fut ensoleillé mais l'humeur de Naruto était loin de refléter cet état de fait. Il se forçait à faire bonne figure, ne serait-ce que pour ne pas gâcher ce jour pour Hinata qui montrait avec bonheur sa silhouette gracieuse et arrondie de ces sept mois de grossesse. Naruto essayait de ne pas chercher la figure familière et tant désirée de Sasuke parmi la foule mais ne put s'empêcher d'être déçu en ne la trouvant pas. A un moment, ne supportant plus l'ambiance si heureuse quand son cœur était tellement lourd, il se retira dans une des chambres du pavillon loué pour l'occasion.
Et il pleura.
Il était temps.
Sa patience était enfin récompensée. Tout avait été planifié, minutieusement étudié pendant des années mais cela en avait valu la peine. Le triomphe ressenti après tout ce temps d'attente valait la peine d'avoir fait tout ces sacrifices. Rien n'était trop précieux pour réussir à atteindre son objectif. Et maintenant, tout était parfait. Ce soir était une étape importante. Le marché se terminerait. La dernière partie du contrat assurerait la durabilité de son rêve. Si peu de choses et après, plus rien ne se mettrait en travers de son chemin. Plus que quelques détails à régler et tout serait achevé.
Le rêve serait enfin réalisé.
- Tenten ? Tu es là ?
- Qu'est-ce que tu veux ? Répondit la voix mordante de sa femme.
- Je voulais te dire que je rentrerai tard ce soir, c'est tout, déclara doucement Neji en se penchant pour déposer un baiser sur la joue de son épouse.
- Que veux-tu que ça me fasse ? répliqua sèchement la jeune femme en se détournant.
Neji ne répondit pas et sortit. Il s'en voulait pour ce qu'il faisait subir à Tenten, le sacrifice qu'il lui avait demandé mais il le fallait pour sa sécurité. Ce n'était pas juste pour la jeune femme mais il avait tout de même essayé d'être un bon mari et, même s'il n'éprouvait rien de romantique envers elle, il avait tenté d'être toujours là pour la soutenir dans ses projets et ses ambitions. Et pour la protéger à défaut de pouvoir l'aimer.
Il tenait à elle, malgré tout. Elle était la mère de ses enfants et il regrettait cette haine qu'il n'avait pas pu empêcher de s'installer. Il s'en voulait de ne pas avoir réussi à l'aimer comme il se devait ou même de la désirer sans imaginer l'autre personne convoitée avec culpabilité. Une personne qu'il avait fait le vœu… Un vœu qui le mettait dans une position dangereuse, un vœu qui lui avait fait faire des choses pour lesquelles il n'arriverait jamais à se pardonner.
Pour que son rêve devienne réalité.
Naruto regarda à nouveau les images de la dernière échographie. Finalement, il n'avait pas pu tenir et avait demandé à connaître le sexe des enfants. Un garçon et une fille. En parfaite santé. Et qui verrait le jour dans un peu moins d'un mois. Hinata resplendissait et les rondeurs de la maternité lui seyaient à merveille.
Il s'efforçait d'en faire autant mais Sasuke lui manquait tellement. Pas tant pour le sexe que pour cette impression permanente de ne pas pouvoir combler le vide qui l'assaillait le soir, seul dans son lit, quand il n'y avait plus rien pour s'occuper, plus de personne auprès de qui faire bonne figure. Bien sûr, ces amis n'étaient pas dupes mais comme ils ne pouvaient rien faire, ils le soutenaient au mieux de leurs moyens.
Et, de plus, il ne voulait pas causer de soucis à Hinata. Depuis leur mariage, c'était comme si les inquiétudes de la jeune femme s'étaient apaisées. Les rumeurs au sein des Entreprises Hyuuga et dans le monde des affaires avaient cessées car leur union avait redoré un peu le blason terni de la dirigeante. De plus, d'après le peu qu'il en savait, la gestion de la jeune femme apportait des bénéfices en croissance régulière et par conséquent, sa gestion était impossible à remettre en question.
Leur cohabitation était sereine. Ils faisaient chambre à part bien entendu mais ils prenaient leurs petits-déjeuners ensemble, la jeune femme s'arrangeant toujours pour faire coïncider leurs emplois du temps, celui de Naruto n'étant pas aussi flexible que le sien. Il avait pris l'habitude de se positionner contre son ventre pour sentir les mouvements des bébés et de leur parler. En japonais mais aussi en russe. Il avait l'intention de leur faire partager les grandes histoires de son enfance. Celles que lui contaient Iruka, en hommage à celui-ci.
Son voyage en Tchétchénie l'avait rendu nostalgique. Il ne voulait plus faire comme si son passé n'avait jamais existé. Cela faisait parti de lui et Hinata ne s'y était pas opposée trouvant cela même très positif. Ils avaient pris l'habitude d'imaginer ensemble à quoi les poupons ressembleraient : Probablement pas blonds vu qu'il n'y avait pas d'antécédents connus dans la famille Hyuuga mais il y avait des probabilités importantes pour qu'ils aient les yeux clairs. Un parfait mélange mais de toute façon, ils ne seraient fixés qu'à la naissance des enfants.
Dieu, qu'il avait hâte !
Il continuait à attendre avec impatience les nouvelles d'Itachi mais il voulait continuer à vivre. C'était étrange. Il avait toujours tout fait en fonction de Sasuke, de ce qu'il pensait qui lui ferait plaisir ou qui lui serait utile et là, il se sentait un peu livré à lui-même. Ce n'était pas désagréable mais un peu désorientant. Il avait décidé de se pencher sur ses envies et il avait trouvé de nouveaux projets auxquels s'intéresser.
Il avait décidé de participer aux projets pédagogiques d'une petite clinique, au cœur de Monzennakachō. Le gérant, un vieil homme nommé Tazuna avait entrepris de donner, en plus des soins médicaux traditionnels, des activités à destination des jeunes du quartier pour forger un pont entre les différentes classes de la société. Mais il manquait de bras. Il se fichait que Naruto préfère les garçons, celui-ci ayant choisi être honnête là-dessus dès le début, ce qui avait grandement rassuré le jeune homme. Naruto avait choisi de donner des concerts de piano pour gagner des fonds pour financer les projets et avaient enrôlés ses amis dans son entreprise.
Gaara participait en jouant au violon en duo avec Naruto même s'il ne pouvait jouer longtemps à cause de ses muscles encore fragilisés par sa blessure. Itachi apprenait l'ikebana aux enfants volontaire et faisait des merveilles grâce à son incroyable toucher ce qui en faisait une sorte d'idole auprès des jeunes qui le vénérait comme une idole. Chôji donnait des cours de cuisine et Shikamaru des cours de shogi tout en ne se plaignant pas trop à quel point c'était « galère » et on le suspectait fortement d'aimer donner ses leçons. Sakura, Tenten, Ino et Shizune s'intéressaient à ouvrir une garderie pour les plus petits jusqu'à six ans mais les autorisations étaient longues à débloquer et elles n'avançaient que de manière informelle pour le moment. Kakashi et Jiraya, quant à eux, s'occupaient de la partie administrative et de gérer les fonds récoltés.
Il s'y plaisait beaucoup. C'était très gratifiant et après avoir discuté avec Tazuna, il envisageait de plus en plus sérieusement de reprendre la clinique à son nom mais il préférait y réfléchir encore. Il hésitait à quitter son travail à l'hôpital même s'il est vrai que la reprise de la clinique lui laisserait plus de temps libre pour passer avec les jumeaux et si le projet des filles aboutissaient et qu'elles obtenaient les autorisations, il pourrait amener les bébés ici pour être gardés dans la journée et il pourrait passer les voir souvent.
Il s'occupait aussi d'Hinata également, au grand plaisir de la jeune femme.
Il l'emmenait au restaurant, au cinéma et il leur arrivait fréquemment de s'installer ensemble dans le salon où ils passaient la soirée à se détendre, Naruto jouait du piano pendant qu'Hinata écoutait. La jeune femme n'était vraiment pas exigeante et jamais elle ne s'imposait. Sa compagnie était un baume pour le jeune homme à qui Sasuke manquait particulièrement dans ces moments-là et il était reconnaissant des efforts de sa jeune épouse pour éviter d'aborder le sujet et pour le distraire quand elle le sentait chagriné ou perdu dans ses pensées à cause de Sasuke.
Ce soir-là, il avait l'intention de trouver un cadeau surprise pour son anniversaire. Il avait jeté un œil à l'agenda que Neji avait oublié quand il était venu cherché Hinata ce matin. Il prenait de plus en plus de temps pour seconder la jeune femme dans les affaires et Naruto lui en était reconnaissant. Cela permettait à la jeune femme de se reposer. La plupart des actions étaient maintenant sous la coupe du jeune homme mais, ayant été élevé pour reprendre la direction de la société, cela ne lui posait pas de difficultés majeures.
On aurait pu penser qu'il serait jaloux de la place qu'avait prise Hinata mais Neji n'avait jamais rien fait à son encontre. Au contraire, il l'avait appuyé auprès du Conseil d'Administration mais Hinata le lui rendait bien en lui demandant conseil et en l'impliquant dans la gestion de la société. Il était d'ailleurs chargé des nombreuses transactions avec l'étranger, le projet de soutien à l'installation de l'hôpital et des équipements sanitaires avait permis à Neji de lancer une grande campagne d'échange avec la Tchétchénie.
Neji et sa force tranquille se chargeait des négociations, un pilier pour Hinata. Mais quelque soit ses succès professionnels, cela ne parvenait pas à masquer les problèmes de sa vie amoureuse. Il ne comprenait pas Tenten par ailleurs. Il avait connu la jeune femme et son changement de caractère était vraiment surprenant de sa part. Neji n'était pas fou d'elle, c'était une évidence mais il la traitait bien et avec respect. Il ne la rabaissait jamais même quand elle lui faisait honte en public avec ses propos déplacés et sarcastiques.
Elle d'ailleurs fait une scène à leur mariage et c'était bien la seule fois d'ailleurs où Naruto l'avait vu s'énervé contre elle. Il lui avait reproché de s'exhiber en public et de gâcher la journée des mariés. Elle avait rétorqué alors à quel point elle savait qu'il voulait que les mariés se sentent bien et sa langue avait été si venimeuse et emplie de haine que Naruto en avait été décontenancé par cette attitude.
Neji lui avait lancé un regard plein d'excuse, de tristesse et… d'autre chose qu'il n'avait su identifier.
Hinata devait se rendre à un rendez-vous avec une amie pour faire du shopping et Naruto espérait pouvoir parler avec Neji tranquillement. C'est pour cela qu'il avait décidé de le rejoindre au travail. De plus, ils seraient près du restaurant de Chôji et il pourrait l'inviter à manger là-bas pour prendre des nouvelles d'Ino par la même occasion.
L'anniversaire d'Hinata approchait à grand pas et il ne savait pas quoi lui offrir. Neji serait de très bon conseil. Il n'avait jamais été très proche du jeune homme mais avait beaucoup d'affection pour lui. Neji était quelqu'un de digne. Mais depuis quelques mois, bien avant la fuite de Sasuke se rendit-il compte, Neji agissait… étrangement vis-à-vis de lui. Pas qu'il le fuyait mais il était distant et Naruto voulait y remédier.
Il avait pris le métro après être passé se changer chez les Hyuuga. Il n'arrivait pas à penser à la vieille demeure comme sa « maison ». Sa maison, c'était le petit appartement qu'il avait aménagé avec Sasuke. Ou les bras de celui-ci, entre lesquels il s'était tant de fois endormi… Chassant ses pensées sombres, il s'avança vers l'immeuble. Il fut soulagé de constater que l'entrée n'était pas fermée. Il ne se voyait pas attendre dehors la fin de la réunion.
Il n'avait qu'à trouver l'endroit ou la réunion se déroulait.
Aujourd'hui, il serait innocenté.
Cela faisait des mois qu'il accumulait les preuves, traquait la moindre piste qui mènerait à clarifier son nom. Ces derniers mois avaient été un enfer, au bas mot. Les cachettes inconfortables, les repas pris à la va-vite, il avait pu s'en accommoder mais il y avait une chose, une personne dont la présence lui avait manquée. Naruto.
Au début, il avait songé à le contacter, pour ne pas rester sur cette impression qu'ils étaient fâchés, que Sasuke allait le quitter. Bien sûr, il avait été contrarié, et c'était peu dire mais, au bout du compte, il avait bien compris que ce n'était qu'un accident de parcours et que le blond n'avait pas cherché à le blesser.
C'était bien là le problème d'ailleurs, il s'en rendait compte à présent. Naruto était toujours attentif à ses besoins, souvent au détriment des siens. Le blond avait son caractère bien sûr mais dès qu'il s'agissait de Sasuke, la peur de le perdre était insurmontable et expliquait sans doute le comportement de Naruto quant à son « erreur » avec Hinata. Il avait préféré caché plutôt que d'avouer mais pas dans l'intention de le blesser, au contraire.
Et durant ces longs mois d'exil, Sasuke s'était rendu compte à quel point il s'était reposé sur son amant. Et pas seulement sur le côté matériel. Il avait confié à Naruto toutes ces peurs et ses doutes, chargeant Naruto de le rassurer alors que Naruto ne laissait que rarement échapper ces inquiétudes. Naruto était vraiment son Taram. Il se rappelait de cette vieille promesse. Naruto l'avait tenue.
A son propre détriment.
Il avait suivi l'investissement personnel de Naruto dans ces nouvelles activités et cela l'avait réjoui. Il rêvait du jour où ils seraient de nouveau réunis. Ils pourraient repartir sur des bases plus saines et aller de l'avant ensemble, en assumant chacun la part d'ombre en eux et faisant les choix d'en parler et de surmonter les problèmes, de prendre les décisions à deux. De partager leurs faiblesses.
Puis il avait assisté, impuissant, au rapprochement entre Hinata et Naruto. Il ne pouvait pas lui en vouloir, il savait, au fond de lui, que le désir d'être père était puissamment ancré dans le cœur de Naruto. Il avait eu l'impression, à ce moment-là, de voir ces pires cauchemars se réaliser et avait réalisé la portée de ces insécurités.
Mais il ne pouvait pas intervenir.
Il aurait mis en danger Naruto. Cela, il ne pouvait pas l'expliquer à Itachi et il comprenait la colère de ce dernier à son égard mais il ne fallait pas qu'il intervienne. C'était trop dangereux. Même si c'était douloureux. Il avait observé la célébration de loin. La mariée était très belle mais c'était le marié qui avait retenu son attention. Il était magnifique dans son yukata de cérémonie turquoise brodé d'or.
Mais il ne souriait pas.
Itachi lui avait dit que Naruto n'était plus que l'ombre de lui-même. Les quelques sourires qu'il faisait étaient forcés et n'atteignaient plus jamais ces yeux. Et puis, il l'avait vu s'excuser pour s'éloigner. Il était entré dans une des chambres du pavillon de réception, s'asseoir sur le lit et se mettre à pleurer, la tête entre ses mains. Combien il avait eu envie de le rejoindre et de le consoler à cet instant.
Mais il n'en avait pas le droit.
Même si c'était dur, même si c'était injuste pour Naruto comme pour lui, c'était la seule chose à faire. Pour le protéger. Maintenant, il l'observait avec inquiétude suivre sa cible. Neji était à l'heure, comme toujours, mais Naruto n'était pas prévu au programme. Il aurait voulu l'avertir, le retenir mais la présence de Kabuto l'en avait empêché, ce détestable petit sourire bien en place sur son exécrable face.
Il ne pouvait se montrer faible devant lui.
Kabuto l'avait aidé à se fondre dans le décor, lui fournissant les contacts dont il avait besoin, le secondant même. L'homme était devenu à moitié fou après l'emprisonnement puis la mort de son maître mais il avait pris son parti de le soutenir, croyant voir en Sasuke, la réincarnation de son maître chéri. Une pitié selon Sasuke mais qui avait des appuis et une influence bienvenue. Il n'arrivait pas à croire que Kabuto puisse réellement envisager vraiment qu'il voulait démanteler l'Akatsuki pour prendre sa place et monter son propre réseau criminel.
Mais cela faisait bien son affaire en attendant.
Mais nom de nom, que venait faire ici Naruto ? Silencieusement, il ordonna à Kabuto de se positionner devant lui pour lui ouvrir le chemin. Il comptait bien faire tomber son larbin en même temps que les autres. Il fallait juste attendre. Le timing était précis et parfaitement minuté. Il devait juste s'assurer que tout irait à la perfection.
Il se glissa par la fenêtre entrouverte par Kabuto et jugea que le temps était venu. D'un rapide coup de manchette bien placée sur la nuque de son escorte, l'homme s'effondra. Il le rattrapa doucement pour éviter d'ameuter la galerie avec le son d'un corps heurtant le sol. Il l'attacha solidement et le dissimula dans un coin avant de reprendre sa progression.
Arrivé à son poste d'observation, il installa son matériel pour retransmettre en direct les informations par satellite. Il eut aussi le loisir de voir toutes les faces honnies des principales figures de l'Akatsuki réunies autour de leur chef, Pain. Et puis, Neji s'avança hors de l'ombre.
La fête allait commencer.
- Quelle joie de vous revoir… c'en serait presque plaisamment douloureux, annonça sarcastiquement Pain, un sourire narquois sur son visage émacié.
- J'ai amené ce que vous avez demandé, répondit impassiblement le jeune homme.
- Allons, allons, ne soyez pas rabat-joie, c'est un grand jour pour nous tous, reprit l'homme à l'étrange regard.
- Êtes-vous prêt à… tenir votre promesse ? Poursuivit le brun, qui maîtrisa parfaitement ses expressions faciales, à défaut de contenir son hésitation.
- Bien sûr et je dois vous remercier pour le mal que vous vous êtes donné, ajouta vicieusement le chef de l'Akatsuki, après tout, vous avez été d'une aide précieuse. On ne serait arrivé à rien sans vous.
Les poings du brun se serrèrent pendant que Sasori et ses comparses ricanaient. Tous savaient qu'il répugnait au brun de travailler avec eux. Il se croyait meilleur qu'eux et le petit jeu de leur chef qui le narguait en lui rappelant qu'il était au même niveau qu'eux par sa « contribution » était hautement amusant.
Neji leva son attaché-case et l'ouvrit. Il y avait plusieurs centaines de milliers de yens disposées en liasses compactes. Les yeux de Pain s'illuminèrent d'une lueur vorace. Il devait reconnaître qu'il n'y croyait pas vraiment à ce marché au départ mais les bénéfices étaient là et avec si peu d'inconvénients, c'était vraiment un très bon placement.
- Ceci est le dernier acompte pour terminer la tâche qui vous a été alloué, commenta sobrement Neji.
- Bien sûr, il est vrai que la corruption coûte cher de nos jours, signa dramatiquement Pain sous les rires étouffés des sous-fifres. Avec ça, notre contrôle sur les têtes pensantes des services de police sera total et je ne peux que vous en remercier encore une fois.
Le brun refusa de répondre à la courbette ridicule du chef avant que celui-ci ne reprenne, plus froidement encore que la glace :
- Sasuke Uchiha est définitivement compromis et bientôt, il sera complètement… refroidi selon vos souhaits.
Personne n'avait remarqué que la porte s'était ouverte à ce moment-là jusqu'à ce qu'une voix abasourdie ne s'élève :
- Sasuke ? Neji ? Qu'est-ce qui… se passe ?
Merde !
Merde, merde, et remerde !
Ce n'était pas censé se passer comme ça ! Naruto n'aurait pas pu trouver une putain de chaise et s'asseoir dessus en attendant ? Non ! Bien sûr que non ! Il fallait qu'il trouve le moyen de faire des conneries ? Et quelle connerie plus grosse que lui pouvait-il faire à part s'immiscer dans une réunion de la plus haute importance avec le gratin de la pègre Tokyoïte ? Je vous le demande !
Putain de merde, Naruto !
Les armes furent sorties si vite que Naruto eut à peine le temps de prendre sa respiration et d'écarquiller les yeux, stupéfié.
- Il n'a rien à voir avec ça, s'écria Neji. Laissez-le partir !
- Oh, non ! Pas question, répliqua Pain, le ton plus tranchant qu'un rasoir bien affuté. On ne peut pas laisser un témoin se balader dans la nature. Il a vu nos visages.
Neji allait une nouvelle fois ouvrir la bouche pour tenter d'imposer son autorité lorsqu'une nouvelle voix, cachée dans l'ombre retentit et elle était bien plus intimidante et bien plus impérieuse que celle du jeune homme.
- Abaissez vos armes, déclara la voix, glaciale. Maintenant.
Naruto crut se retrouver en plein cauchemar lorsqu'il vit sortir de l'ombre une personne qui tenait fermement un revolver à la crosse d'acier qu'il n'aurait jamais cru voir dans ces circonstances ni même imaginer trouver à cette place :
- Hinata ?
- Bonsoir, Naruto.
La jeune femme semblait sereine.
- Vous le connaissez, kotori-san [1]? demanda le chef de l'Akatsuki, incrédule.
- Bien sûr. C'est mon mari, fit la jeune femme, élusive.
- Qu'est-ce qui se passe Hinata, Neji ?
Naruto était confus. Qui étaient ces hommes armés jusqu'aux dents et que faisaient Hinata ici quand elle était censée être de sortie ? Il ne comprenait pas.
- Bien, fit Pain en se détendant. Je suppose que vous pouvez vous porter garante de son silence. Maintenant, j'aimerais que nous programmions la nouvelle exportation d'armes vers la Tchétchénie, pour le Toukkhoum Charoï, nous serons prêts pour la livraison dans deux semaines si ça vous convient.
- Des… armes ? Mais de quoi… ? Hinata ? Neji ?
- Assied-toi chéri, nous n'en avons pas pour longtemps fit la jeune femme gentiment, un doux sourire plaqué sur son visage tendre.
- Je ne veux pas m'asseoir ! S'exclama t'il fougueusement, l'esprit dangereusement inconscient du danger. Je veux savoir ce qu'il se passe ici et qu'avez-vous l'intention de faire à Sasuke ?
Le visage de Pain se durcit et il tourna son visage vers Hinata :
- Il ne semble pas décidé à vous écouter, Kotori-san…
- Bien sûr qu'il écoutera, reprit Hinata, montrant son assurance et sa confiance. Je fais tout ça pour nous et pour nos enfants.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? De quoi tu parles ? Demanda Naruto.
Quelques minutes plus tard, il regretterait amèrement d'avoir posé la question.
- Vois-tu Naruto. Ce soir est une grande étape pour nous. Ces messieurs, en échange de menus services, vont s'occuper de nous débarrasser de Sasuke… et nous pourrons enfin être heureux tous les deux, mon amour.
Et sur ce, elle demanda à Pain et à ses hommes de se retirer momentanément, le temps d'une « discussion en famille ». Pain opina du chef et entraîna ses sbires à sa suite, laissant Neji, Hinata et un Naruto très choqué derrière eux.
- J'ai su après l'erreur que j'ai faite au lycée qu'il fallait que tu ailles jusqu'au bout avec Sasuke, expliqua t'elle tranquillement. Il te tenait complètement sous sa coupe et tant que tu n'aurais pas exploré cette « voie-là », expliqua t'elle avec dédain, je savais que tu ne pourrais pas être à moi. Comme il se doit.
Naruto écoutait dans une semi torpeur la suite des confessions de la jeune femme qu'elle racontait avec un enthousiasme malsain. Il n'arrivait pas à assimiler ce que la jeune femme disait.
- J'ai tout fait pour vous rapprocher comme tu le sais. Ça m'a coûté mais il le fallait et une fois cela réalisé, j'ai pu te permettre de prendre conscience de tout ce dont te privait cette… relation.
Elle cracha le mot avec une telle verve qu'elle fit sursauter Naruto.
- Mais il ne fallait pas que Sasuke soupçonne quoi que ce soit. Il a toujours été méfiant vis-à-vis de moi. D'où le rôle de ce très cher et regretté Kiba, soupira mélodramatiquement. Il était tellement naïf le pauvre qu'il n'a jamais remarqué que je lui versais une potion d'infertilité dans son café le matin, ricana t'elle avant de tourner des yeux pleins de larmes vers le blond.
- Si tu savais comme c'était un soulagement pour moi chaque mois de voir le test tourner au négatif. Je n'aurais pas pu supporter de devoir porter ses rejetons et il y avait quand même un risque avec mon propre traitement en fertilité. Heureusement, je n'ai jamais eu à devoir avorter d'un sale môme de ce clébard. Je le détestais si fort Naruto, autant que son sale cabot. Celui-là, une petite dose de poison dans sa viande et c'était fini…
Son regard se fit rêveur. Naruto commença à reprendre sa lucidité. Mais il savait qu'il ne fallait pas interrompre la jeune femme, elle détenait les réponses et il avait l'intuition que celles-ci n'allaient pas lui plaire. Pas lui plaire du tout.
- Et puis, j'en ai eu assez tu sais. Ça faisait trop longtemps que ça durait. J'ai engagé cet incompétent de tueur à gage pour une mission qui aurait due être simplissime mais non, grogna t'elle. Il devait simplement renverser Sasuke et tout aurait été terminé mais non ! Cet imbécile a renversé Gaara. Faudra que je m'excuse pour ça un jour d'ailleurs…
Cela aurait presque semblé comique tant elle paraissait sincèrement désolée si ce qu'elle disait n'était pas si tragique.
- Le côté positif de la chose, reprit-elle, c'est que j'ai finalement trouvé d'autres moyens pour me débarrasser de Sasuke. Je voulais salir sa réputation après sa mort mais finalement, ça a mieux tourné que ce que j'avais espéré. Bon, bien entendu, ça a un peu dérapé, confia t'elle avec un petit rire. Il devait passer le restant de ses jours en prison mais il s'est enfui, hélas. Mais rassure-toi, ce n'est que provisoire.
Naruto sentait que la jeune femme ne disait pas tout alors il se risqua à poser une question, tentant de garder le contrôle sur ses nerfs car il voyait toujours l'arme que tenait la jeune femme et il savait que, dans un élan de folie, elle pourrait l'utiliser :
- Et Kiba ? Tu l'as aussi tué pour moi ?
- Oui ! Fit la jeune femme, ravie. Tu comprends tout ça si bien, mon ange. Ça a été simple d'ailleurs, déclara t'elle philosophiquement. J'aurais dû le faire avant mais j'avoue que les circonstances étaient idéales avec l'accident de Gaara. Une petite dose de tisane aux plantes sédatives et des freins… euh… revus et corrigés dirons-nous, pouffa t'elle, et le tour était joué !
La gorge de Naruto se serra. Kiba, son meilleur ami, qui avait tant aimé Hinata… Il était si heureux d'être son mari…
- Et ce soir-là ? Relança t'il pour chasser les larmes qui menaçaient de poindre.
- Oh ! La plus belle nuit de ma vie, mon amour, affirma t'elle avec les yeux brillants. Bien sûr, il a fallu mettre Sakura hors-circuit pour être tranquille mais ce n'était qu'une affaire de quelques gouttes de somnifère et tada !
- Et moi ? Demanda Naruto, la gorge sèche. Tu m'as donné quelque chose ?
- J'ai bien été obligée, confirma la jeune femme avec regret. Tu étais tellement certain d'aimer Sasuke qu'il fallait un peu t'aider. C'était vraiment écœurant de t'entendre gémir son nom d'ailleurs mais… tout ça est bien fini maintenant, reprit-elle joyeusement. Je suis contente que tu comprennes, confia t'elle. Tu vois tout ce que j'ai fais pour toi, pour nous ?
Naruto choisit la voie de la prudence, il ne fallait pas la contrarier et puis, il y avait ses bébés en jeu, il ne savait pas de quoi elle serait capable si jamais il la rejetait maintenant.
- Et quel est le rapport avec l'Akatsuki ?
- Je suis heureuse que tu le demandes, avoua t'elle doucement. Vois-tu, bien que je sois tout à fait pour les actions de donations et tout ces trucs de bienfaisance, ce n'est pas ça qui permet de faire de vrais bénéfices. Non. Il faut vendre des produits à forte valeur ajoutée. Et les armes et les munitions, ça rapporte vraiment gros, tu sais ?
Sa voix était convaincue et le ton professionnel lui donnait l'impression d'entendre une lecture, comme celle faite aux enfants quand ils doivent apprendre une nouvelle leçon.
- J'ai choisi de développer un partenariat économique et social avec l'Akatsuki car ils ont les mêmes vues que moi sur les affaires. Une vue particulièrement rentable. Ils ont été d'une aide précieuse pour étendre l'emprise de Hyuuga Entreprise et m'aider à, disons… Elle eut un petit sourire en coin qui fit couler des sueurs froides dans le dos du blond, … à « persuader » certaines personnes de s'allier à nous. En échange de quelques menus services bien évidemment. Comme pour ce pauvre Sasuke.
Il écarquilla les yeux. Sa tension affluait et refluait à une vitesse dangereuse.
- Tu savais qu'il en fallait vraiment très peu pour compromettre un policier tout ce qu'il y a de plus honnête ? Minauda t'elle, une fausse expression de surprise sur son beau visage. Ça a vraiment été très facile mais je dois avouer que ça n'a pas été aussi gratifiant que le regard qu'il m'a jeté ce soir-là quand j'ai fais en sorte qu'il surprenne notre conversation…
Un grand sourire illumina de nouveau son visage :
- J'espérais bien tomber enceinte de toi, j'avais calculé mon cycle et toutes les conditions étaient réunies mais on ne peut jamais être vraiment sûr, hein ? J'avais prévu d'autres occasions d'intimité pour nous deux mais ça a marché du premier coup ! C'était vraiment un signe qu'on est fait l'un pour l'autre, n'est-ce pas ?
L'expression extatique de son visage n'augurait vraiment rien de bon. Hébété, Naruto jeta un coup d'œil à un Neji livide, ce que Hinata intercepta :
- Oh ! Tu te demandes quel rôle Neji pour dans cette histoire, n'est-ce pas ? Il fait tout pour notre bonheur, mon amour, déclara plaisamment. Enfin, corrigea t'elle, pour Mon bonheur.
Elle alla effleurer d'une main douce la joue de son cousin avant de continuer :
- Savais-tu que mon cousin était amoureux de moi ? Non ? Et que nous avions couché ensemble aussi, murmura t'elle sur le ton de la confidence. C'était mal, très mal admonesta t'elle malicieusement en tapotant le bras de son cousin. Il était ivre ce soir-là. C'était un peu après mes fiançailles avec Kiba. Je n'étais pas vraiment consentante, affirma t'elle doucement, un sourire cruel au bord des lèvres. Il s'en est beaucoup voulu. Vraiment beaucoup d'avoir osé prendre l'innocence de sa jeune cousine.
Naruto observa Neji fléchir et baisser la tête en signe de soumission, les lèvres serrées à l'extrême pendant que la voix toujours aussi doucement insane de la jeune femme s'élevait :
- Il n'était pas si mauvais, je dois l'avouer et puis… je préfère finalement que ça soit resté en famille plutôt que de m'y mettre avec Kiba, le taquina t'elle en passant sa main sur le torse ferme de Neji qui ne disait toujours rien bien qu'une larme s'écoulait lentement sur le visage torturé et blafard du jeune homme.
La jeune femme se retourna vers lui et lui adressa un grand sourire :
- Et quand Sasuke sera mort, nous pourrons totalement nous consacrer à notre famille. Tu sais qu'il ose enquêter sur nous ? C'est vraiment une très mauvaise idée. Ah, tout ça c'est la faute de Sasori, incapable de surveiller ses putains !
- Ino ? Articula péniblement Naruto.
- Oui, celle-là même mais elle ne savait pas grand chose de toute façon donc j'ai décidé de la laisser vivre. Mais Sasuke, lui, il me fait vraiment chier, se mit à elle à hurler, mauvaise, avant de se reprendre. Mais ce sera bientôt de l'histoire ancienne, ne t'en fais pas.
Elle disait cela avec une telle nonchalance, un tel calme et une telle froideur.. Comme si ça n'avait pas d'importance, comme si toutes ces vies gâchées n'avaient pas d'importance, que Naruto craqua. Il ne pouvait pas la laisser faire du mal, encore. Et à Sasuke, jamais.
- Tu ne toucheras pas à Sasuke ! Hurla t'il.
- La jeune femme, le regarda un instant, interdite, avant de déclarer :
- Mais je fais ça pour nous, pour notre amour…
- Je ne t'aime pas, Hinata, pas comme ça. Je ne te laisserais pas tuer Sasuke ! Je vais te dénoncer à la police !
Il sut qu'il avait fait une grosse, une très grosse erreur quand il la vit lever son arme sur lui :
- Non, Naruto. Tu ne peux pas faire ça. J'ai fais tout ça pour toi. Pour que tu m'aimes comme tu le dois. TU ME LE DOIS !
Soudain, la jeune femme sembla se calmer mais son soulagement fut de courte durée :
- Tu ne m'aimes pas, Naruto ? Je t'ai tout donné, je n'ai même pas signé de contrat de mariage, tu te rappelles ? Ma fortune, les entreprises Hyuuga… tout. Je t'ai donné ce que tu as toujours voulu : une famille. Et qu'est-ce que tu me donnes en retour ? Rien.
Un déclic se fit entendre. Elle avait ôté la sécurité.
- Ce n'est pas une réponse acceptable.
Et elle tira.
Il avait couru. Couru dès qu'il avait senti la situation dérapée. Ça ne pouvait pas ne pas mal tourner, il le savait. Naruto ferait forcément un faux-pas, c'était sûr. Son amant était tout sauf un bon acteur. Beaucoup trop spontané et impatient même s'il en avait gagné avec les années. Il avait observé en pestant l'arrivée de son amant du haut de la lucarne surplombant le toit de la salle de réunion, au dernier étage de l'immeuble.
Quand il avait vu Hinata sortir de l'ombre, son arme à la main, il avait su que ça allait mal tourner.
Pas qu'il fut surpris. Les informations qu'Ino lui avait transmises, bien qu'incomplètes, lui avaient permis de remonter la piste de l'Akatsuki et de son mystérieux donateur. Il avait suspecté Neji en premier lieu mais depuis, il avait cerné la véritable tête pensante du trafic. La jeune femme avait développé une intéressante vision des affaires.
Elle fournissaient les capitaux permettant de corrompre les têtes de service de police et d'accuser Sasuke d'implications avec cette même organisation à laquelle elle était associée. Pour elle, cela lui permettait d'éloigner Sasuke de Naruto et pour l'Akatsuki, cela permettait de mettre hors-jeu un policier un peu trop proche d'eux. La société Hyuuga blanchissait les capitaux et les réinjectait dans le circuit économique de façon parfaitement légale grâce à des actions de charité.
Une façade idéale.
Il était presque arrivé à la salle, quand un coup de feu se fit entendre. Son cœur s'arrêta de battre. Il accéléra et entra dans la salle en coup de vent. Son regard balaya les lieux jusqu'à trouver Naruto. Qui n'avait rien. Il retint son soupir de soulagement en voyant Neji, allongé sur le sol. Ensanglanté. Et Hinata tenait l'arme fumante entre ses doigts.
Il n'y réfléchit pas plus et fonça.
Il fut aisé pour lui, entraîné comme il l'était, de désarmer la jeune femme alourdie par le poids de sa grossesse. Il avait à peine réussit son entreprise et rendue la jeune femme inoffensive quand deux bras l'enserrèrent. Il failli se défendre et envoyer valser son adversaire quand il reconnu l'odeur de son amant.
- Naruto… Tu vas bien ? Demanda t'il doucement, se laissant gagner par l'émotion de ses retrouvailles après tout ce temps.
- Mieux… maintenant, répondit le blond, posant tendrement ses lèvres sur les siennes en un baiser chaste mais profond des sentiments du blond.
- Et Neji ? Se reprit Sasuke.
- Ça va aller, indiqua celui-ci en essayant de se relever. La balle m'a seulement touché à l'épaule.
Sasuke se libéra à regret de l'étreinte du blond pour aller fermer la porte. Les membres de l'Akatsuki étaient sans doute en train de s'enfuir après avoir entendu le grabuge et avait choisi la prudence, c'est à dire la débandade. Mais ils n'iraient pas bien loin. Sasuke avait lancé le signal et le bâtiment était encerclé depuis le début de l'opération par les délégués d'Interpol[2] en lien avec les services de police d'état.
Il allait commencer à se détendre quand il vit le sourire malsain se dessiner sur le visage déformé par la haine d'Hinata. Puis, une violente douleur le prit à la nuque, le faisant tomber au sol et lâcher son arme et celle qu'il avait récupérée d'Hinata. Un rire rauque s'éleva.
- Tu ne croyais pas t'en tirer comme ça, Sasuke-kun ?
Il songea, l'espace d'un instant, que c'était vraiment, mais vraiment, une journée de merde !
- Kabuto, Constata simplement Sasuke alors que Naruto l'aidait à se relever.
L'homme rajusta ses lunettes d'une main tandis qu'il rendait son arme à Hinata.
- Je crois que c'est à vous ma chère, déclara t'il tranquillement.
- Je savais bien que j'aurais dû te donner un tranquillisant, marmonna Sasuke tout en se massant la nuque.
- Oh ! J'espère que je ne t'ai pas fait trop mal, Sasuke-kun, répondit l'autre, faussement désolé.
- Etant donné que tu as prévu de me tuer, je ne vois pas trop ce que ça peut te faire, argua t'il, acerbe.
- Et la galanterie alors ? Se moqua Kabuto. Je crois que c'est à cette dame que ce privilège revient. A moins qu'elle ne tente sa chance avec le petit blond d'abord.
- Oui, je veux tuer Naruto et ensuite, je le rejoindrais, déclara Hinata, désormais au-delà des frontières de la folie.
- Une romance à la Roméo et Juliette, comme c'est touchant. Mes motifs à mois sont moins nobles mais tout aussi louables, expliqua Kabuto, la voix remplie de fiel.
- Je suppose que c'est à cause d'Orochimaru, allégua platement le brun, se regroupant aux côtés de Naruto et Neji qui, ne tenant pas vraiment debout, avait dû s'asseoir sur le sol, ébranlé par le choc.
- Il t'avais fait confiance ! Il t'as donné son enseignement et tu l'as vendu ! C'est de ta faute s'il est mort !Hurla l'argenté. Mais tu vas payer maintenant.
Il ne se tourna pas vers la jeune femme pour ne pas perdre sa cible de vue, connaissant la rapidité des réflexes de Sasuke pour déclarer galamment :
- A vous l'honneur ma chère. Je vous suis juste après.
Sasuke sentit la main moite de Naruto se joindre à la sienne et il entrelaça leurs doigts. Il y avait un étrange réconfort à savoir que, même s'il s allaient mourir, Naruto et lui n'avaient pas cessé de s'aimer. Il se concentra sur cette sensation, tâchant de faire passer ce qu'il ressentait à son amant, son amour, son Taram. Les battements de son cœur s'apaisèrent et il attendit que la mort ne vienne les prendre. Les canons s'élevèrent…
Et des coups de feu retentirent…
A suivre…
Je blague! Je vous donne l'épilogue cet après-midi, quelques retouches de dernières minutes à faire, une inspiration subite... Mais je vous rassure, juste quelques heures à attendre au plus.
Alors? Qu'en pensez-vous? Hinata pas si gentille que ça, hein?
Tite rewiew? Je rappelle que pour ceux qui en ont déjà laissé une en tant que membre et voudraient en laisser une autre, ils peuvent toujours le faire sous anonymat en se déconnectant en tant que membre, je leur répondrais par MP donc pas de souci.
A+
[1] 小鳥qui signifie « petit oiseau », approprié pour Hinata, non ?
[2] Oui, je sais, Interpol ne comporte pas de service d'action à proprement parler mais pour les besoins de l'histoire, comme Sasuke ne pouvait pas faire appel au service de police locale puisque corrompue, il lui fallait une instance supérieure et je n'ai pas trouvé d'équivalent dans la lutte internationale contre le crime organisé alors… on fait avec ce qu'on a !
[1] Tusholi est la déesse ingouche protectrice des femmes et de la « nature » et pas seulement des arbres et des feuilles si vous voyez ce dont je parle….
[2] L'organisation clanique ou Taip (тайп) est omniprésente en Tchétchénie. Un Taip s'identifie en tant que regroupement des descendants d'un ancêtre commun et sur des bases territoriales et définit grandement la position sociale de ses membres. Le toukkhoum (тукхум) tchétchène est une union politico-militaire ou politico-économique de plusieurs taips, unis pour prendre des décisions communes, se défendre contre un ennemi, ou pour faire du commerce et/ou du troc. Ce ne sont pas des autorités officielles mais traditionnelles.
