Ok première chose : DÉSOLÉ POUR LE RETARD! Ça fait depuis le 19 OCOTBRE que je n'ai rien posté et je m'en excuse!
L'école et le travail ont grugé beaucoup de mon temps libre. Récemment, les travaux d'école me sont tombés sur la tête et je n'avais plus de temps à consacrer à ma fic. DÉSOLÉ!
Toutefois, je reviens EN FORCE! J'ai un mois et demi de congé à Noël alors, attention me voilà!
Mais pour me faire pardonner, j'ai écrit un "long" chapitre (mon plus gros à ce jour) de 15 pages… ^^
Désolé pour les fautes si elles sont flagrantes... :P
Alors comme on dit, ENJOY! On se revoit en bas! ;)
Disclamer: TOUT appartient au Dieu Tolkien, sauf Eänwen et sa petite bande d'haradrims :)
Musique: Pour ce chapitre, vu que la musique est essentielle pour moi durant l'écriture, j'écoutais généralement du Peter Pan (James Newton Howard), Star Trek (Michael Giacchino) et The Chonicles of Narnia (Harry Gregson-Williams... UN GÉNIE!)
Remerciements: Milie: Merci de tes encouragements, voilà la suite :)
Petitedita: Tu vas voir les comptes ce font dans ce chapitre, vive les rapprochements ;)
Amii: "WOUHOU" J'aime ton enthousiasme XD, le personnage d'Eänwen est encore plus décortiqué dans ce chapitre tu vas voir.
La Grande Porte avait été laissée ouverte, laissant ainsi entrer l'air frais de la fin du crépuscule. La salle du trône était à présent presque vide, chacun étant retourné dans leur propre demeure pour continuer à fêter. Le peu qui était demeuré dans la salle était regroupé en petits groupes. Les deux enfants rohirrims avaient été déplacés dans une chambre du château pour qu'ils puissent reprendre du sommeil, ils seraient interrogés le lendemain matin.
Théoden était une fois de plus assis sur son trône. À ses côtés, Gandalf Maison Grise s'appuyait contre son bâton, bavardant sérieusement avec le roi. Mais ce dernier ne l'écoutait pas vraiment… en fait, à moitié. Il était tellement dépassé par les évènements ces temps-ci. La mort de son fils assombrissait ses pensées encore plus qu'autre chose et il n'était point optimiste. Malgré qu'il ne veuille pas laisser transparaître ses émotions, certaines fois, le Magicien Blanc remarquait une faille dans son masque.
Les trois fidèles compagnons, Aragorn, Legolas et Gimli étaient assis autour d'une table. Bière à la main, Maître nain leur vantait tous les exploits et les mérites de sa race, au grand dam de l'elfe.
- Nous, contrairement à vous les elfes, nous avons de vrais talents de forgerons et de bâtisseurs. Nos œuvres sont construites dans de la pierre caverneuse et par la sueur de nos fronts nous travaillons et mourrons! Vous, elfes, vos demeures sont construites dans du simple bois et de la petite pierre!
- Oui, mais nous, les traits de nos demeures sont bien plus délicats et gracieux que vous, rétorqua Legolas qui était quelque peu dépassé par le caractère de Gimli sous l'influence de l'alcool.
- Délicat? DÉLICAT!? Je vais vous en faire du délicat moi! S'écria le nain en se penchant quelque peu par-dessus la table. Ce n'est certainement pas pour rien que vous êtes si « délicat »! Regardez-vous en premier!
- Baissez le ton de votre voix… dit calmement Aragorn. Vous allez finir par réveiller tout le château…
Conseil inutile.
- Que voulez-vous dire? Continua l'elfe.
- Vous êtes imberbes! Ria-t-il bruyamment. On pourrait vous confondre à une gente dame!
- Attention Gimli, avertit Legolas en baissant le son. Vous pourriez autant insulter ici nos invités…
Il fit un mouvement subtil de la tête vers la droite. Gimli et Aragorn suivirent son geste.
Justement, Astaldo et Eänwen étaient sur le seuil d'une porte qui menait à un des nombreux corridors adjacents à la salle du trône. En entendant qu'on les interpelait, ils se retournèrent vivement. N'arborant maintenant plus leurs tenus de combat, ils avaient l'air un peu moins menaçant aux yeux des autres. Astaldo était vêtu d'un simple pantalon noir et une longue chemise rouge foncé à manches longues. Pour sa sœur, elle était vêtue d'une simple robe blanche à manches serrées aux avant-bras. Le tissu épousait parfaitement les courbes de son corps, sauf à partir de la taille où la jupe de la robe s'élargissait vers le bas.
Gimli adressa un petit sourire d'excuse à Astaldo, qui lui rendit légèrement. Détournant rapidement le regard, Gimli passa nerveusement une main dans ses longs cheveux roux et prit une gorgée dans sa chope. Astaldo pour lui, continua légèrement de rire et se retourna vers sa sœur.
- Alors, tu n'as plus de rancune?
- Oui… on peut dire, dit nonchalamment Eänwen en se croisant les bras.
Astaldo haussa un sourcil, septique.
- Bon peut-être que oui finalement… accorda-t-elle en détournant momentanément le regard.
- Franchement, je te trouve trop rancunière pour rien…
Elle ne répondit rien, se contentant de le regarder dans les yeux sans rien dire.
- Regarde-les, continua-t-il. Ce sont de braves et honnêtes hommes!
- Qui ne nous font pas encore confiance! Rétorqua-t-elle.
- Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète? Laisse-leur du temps…
- Ouais c'est ça… facile à dire pour toi. Nous avons fait tout le chemin d'Haradwaith en leur dévoilant presque la totalité de ce que nous avons sur Sauron et ils pensent encore que nous sommes des espions?
Astaldo soupira bruyamment.
- Tu agis vraiment comme un enfant Eänwen. On dirait que tu veux absolument que l'attention soit sur toi en dramatisant tout!
- Je ne dramatise pas!
Les regards des autres convives présentes dans la pièce commencèrent à se tourner vers Astaldo et Eänwen, attirés par le haussement de voix.
- Non presque pas! Ironisa-t-il en haussant légèrement le ton. Tu vois le mal partout!
- Tu exagères! J'avais de l'espoir en venant ici et cette lueur m'a été enlevée des mains à l'instant où on nous avons été perçus comme des montres!
- Des monstres? Demanda-t-il. D'où tiens-tu cela? Personne ne nous a traités de montres!?
- Ahhh j'en ai assez… dit-elle en se retournant.
N'ayant de regard pour personne, la jeune femme se dirigea d'un pas rapide et vif vers la porte d'entrée, les pans de sa robe claquant brusquement sous ses pas. La subtilité étant le cadet de ses soucis à ce moment, elle referma la porte fortement derrière elle, provoquant ainsi un énorme écho dans la pièce. Les conversations avaient cessé, on aurait pu entendre une mouche voler. Sans demander son reste et sentant les regards pesant sur lui, Astaldo décida de ne pas suivre sa sœur et rebroussa chemin vers sa chambre par le couloir derrière lui.
Il eut un moment de silence suite à la scène d'Eanwen, puis les discussions reprirent tranquillement leur cour, où elles avaient été interrompues.
- Aooucchhh, commenta Gimli les yeux ronds.
- Il y a de la tension dans l'air, poursuivit Legolas sur le même ton que le nain. L'ambiance doit être géniale entre ces deux là.
- Ce sont tout les deux des têtes fortes. On devrait s'en tenir loin encore plus loin, ria le Dunedain sur un ton sarcastique.
- Arrêtez Aragorn, s'interposa l'elfe le sourire aux lèvres. Nous ne devrions pas être aussi durs avec cette gente dame, elle est quelque peu susceptible…
- Susceptible? Vous appelez ça être susceptible?? S'enquit Gimli en pointant de sa main droite vers la porte d'entrée et de l'autre en buvant sa chope. Hum… Sa colère est aussi ombrageuse que les tempêtes de Saroumane et un caractère aussi coléreux et irritable que Sauron lui-même!
- N'exagérons rien Maître nain, dit doucement Legolas.
- Et en plus, votre taux de perception est quelque peu boiteux… ajouta le rôdeur.
- Taux de… de quoi? Demanda Gimli. Et je n'ai pas de jambe boiteuse pour votre information Aragorn!
- Vous êtes soul, dit-il en levant les yeux. Je crois que cela va être tout pour vous ce soir, mon cher ami.
Sur ce, il contourna la table et prit le nain par les épaules.
- Je vais aller reconduire notre ami à sa chambre, il en a bien besoin.
- Je ne veux pas dormir! Protesta Gimli est essayant vainement de retourner sur le banc.
- Bonne nuit Legolas, dit Aragorn en empoignant plus solidement le nain.
En s'accotant sur une des colonnes de la pièce, Legolas regarda sceptiquement ses deux compagnons se diriger vers le couloir qu'Astaldo avait emprunté plus tôt. Sous le sourire amusé des convives aux alentours, Aragorn poussait Gimli pour qu'il avance plus vite malgré les protestations plutôt médiocres de ce dernier. Le nain levait ses deux bras dans les airs, essayant de freiner avec ses pieds la force du Dunedain.
Quand ils eurent tourné le seuil de la porte, Legolas détourna le regard et le porta vers la Lune qui filtrait sa douce lumière à travers les fenêtres du mur Est en face de lui. Encore une fois, des milliers d'étoiles éclairaient l'immensité des plaines du Rohan, offrant ainsi à l'œil humain un spectacle renversant. Même pour Legolas qui lui en avait vu plusieurs durant sa longue vie, il ne se tannait jamais de porter son regard perçant vers le firmament que tous les peuples de la Terre du Milieu partageaient.
Mais au loin à l'horizon, il pouvait percevoir une ombre grandissante qui s'élevait. Une menace, qui de jour en jour, étendait sa main plus loin à chaque fois et qui frapperait bientôt à leur porte. De sombres nuages illuminés par des éclairs, une ambiance des plus sombres, fidèles aux plus terribles cauchemars, et des bancs de fumée noire engloutissant tout sur leur passage. Quelques fois, il pu entrevoir une infime lumière, représentant l'œil de Sauron. Au plus haut de sa tour, l'Œil sans paupière du seigneur du Mordor braquait son regard partout à travers la Terre du Milieu, à la recherche de son trésor perdu. Formé d'un immense cratère noir et de feu, jamais il ne s'arrêtait, poursuivant son but sans relâche jusqu'à tant qu'il l'ait atteint. Legolas essayait d'y penser le moins possible, tâchant de continuer sa quête avec ses compagnons, malgré cette menace de plus en plus grandissante.
Secouant légèrement la tête, il se dirigea vers l'extérieur pour se changer les idées, son esprit étant embrumé par ses sombres pensées. Délicatement, il referma la grande porte derrière lui, saluant brièvement les gardes de nuit. Puis, il se rappela soudainement que la bouillante Eänwen ne devrait pas être très loin. Legolas se retourna vers le village, mais n'eut pas besoin de chercher bien longtemps. Dos à lui, la jeune femme était assise sur le sol, ses longs cheveux noirs de jets volant en harmonie avec la brise. Le pas léger, il descendit les escaliers et s'arrêta à la cinquième marche pour être à sa hauteur.
Assise sur le rebord de la plate-forme de pierre, les pieds dans le vide, Eänwen était perdue dans ses pensées. Son regard vide d'expression laissait voir qu'elle était dans sa transe quotidienne de récupération de sommeil. La tête légèrement vers le haut, elle admirait les montagnes blanches et le firmament. Ses yeux gris, habituellement vivants et farouches, exprimaient à présent la paix et la sérénité, un état d'esprit dont Legolas n'était pas habitué à voir sur Eänwen.
Après quelques secondes, la présence de Legolas réveilla la jeune femme endormie. Clignant des yeux pour la première fois depuis de longues minutes, elle revint à elle.
- Que voulez-vous? Me poignarder dans le dos pendant mon sommeil? Ironisa-t-elle sans même lui adressa un regard.
- Je ne vous veux aucun mal… commença-t-il.
- Ce n'est pas ce que pense votre ami Aragorn n'est-ce pas?
- Alors, je corrige mon tire : nous nous ne vous voulons aucun mal, dit-il en appuyant sur le « nous ». Votre frère a raison…
- Mon frère ne connait rien des Hommes, coupa-t-elle sèchement. Ni de leur nature ni de leur comportement.
- Aragorn n'est pas un Homme comme les autres…
- J'ai cru le remarquer, accorda Eänwen toujours les yeux braqués vers l'horizon. Je l'ai senti, mais j'attendrais toujours à ce qu'il fasse ses preuves.
- Il les a déjà faits il y a bien longtemps!
- Mais pas envers nous, cracha-t-elle.
- Regardez-moi je vous pris quand je vous parle!
D'un mouvement brusque, elle tourna la tête le regard rageur et un rictus mauvais aux lèvres. Mais elle perdit tout de suite sa concentration quand elle déposa son regard dans le sien. Au clair de Lune ainsi, il avait tellement l'air divin. Ses longs cheveux blonds encadrant son visage aux traits délicats, ses deux oreilles pointues légèrement courbées lui donnaient un air tout à fait charmant. Ses lèvres pulpeuses, son nez parfaitement proportionné et son corps svelte lui rendaient une beauté saisissante. Mais ce fut ses yeux à l'endroit où Eänwen s'attarda le plus. Des yeux bleus glacés et durs, qui eux aussi eurent l'air de s'attendrirent l'instant où leurs regards se rencontrèrent.
Du côté de Legolas, il avait déjà détaillé cette femme du désert à plusieurs reprises, mais ce fut la première fois qu'il l'a voyait d'aussi proche. Une longue chevelure noire tombant au niveau de ses seins, des yeux gris d'acier qui vous fixent sans relâche. Une peau brunie par le Soleil, des oreilles plus longues et plus pointues que les siennes. Son petit nez fin et discret, un long cou fin reposant ainsi sur ces fines épaules dignes des femmes elfes. Mais ce fut là que s'arrêtaient les ressemblances avec son peuple elfique. Retenant sûrement de sa mère d'Haradwaith, elle abordait une poitrine plus volumineuse et une taille plus large que la moyenne des femmes elfes venant de la forêt noire. Bien sûr, les elfes de sa ville natale étaient attirantes, mais ce fut un certain étonnement de voir ainsi une elfe en modèle réduit. Parce qu'on doit spécifier, elle n'était pas très grande…
Le moment de silence s'étira entre les deux elfes, chacun perdu dans le regard de l'autre. Ce fut Eänwen qui rompit le regard, les joues légèrement rosies par l'embarras. Même en tentant néanmoins de le cacher, Legolas s'en rendit compte le sourire aux lèvres.
« Femme timide cachée derrière un masque d'insensibilité… » se dit-il pour lui-même.
Elle chercha ses mots, ne sachant pas quoi dire.
- On… on parlait de quoi… au juste? Réussit-elle à bafouiller malgré l'embarras grandissant en elle, le regard fixé sur ses pieds.
- Je vous disais de me regarder quand je vous adressais la parole, répondit calmement Legolas.
- Ahhhh oui…
« Oups.. »
Legolas eut un sourire.
- Pourquoi fuyez-vous le regard des gens?
- Je… commença-t-elle.
Elle hésita. Legolas lui laissa le temps, patientant à ses côtés.
- J'ai peur d'y trouver quelque chose de malsain, quelque chose de mauvais. J'ai un certain pressentiment instinctif lorsque je croise le regard de quelqu'un qui est de nature mauvaise. Si je m'attarde assez longtemps, je peux voir s'il a vu trop de guerres, les atrocités que la personne aurait faites… C'est dans ces cas-là que j'ai peur d'y trouver quelque chose que je ne voudrais pas voir…
- Fuyez-vous le regard de tout le monde?
- Non… seulement des étrangers.
- Suis-je un étranger? Demanda Legolas.
Elle se retourna vers lui et le regarda dans les yeux.
« De si beaux yeux en plus… Bleu acier, je pourrais y nager durant des heures… »
« Ahhhh arrête! Ressaisis-toi! »
- Je ne crois pas, répondit-elle.
- Content de l'entendre dire. Je commençais à croire que vous alliez nous en vouloir à jamais…
- Oui moi aussi, avoua-t-elle. Je peux être très rancunière quand je le veux, je ne pardonne pas facilement.
- J'ai cru un instant m'en rendre compte, ironisa Legolas le sourire aux lèvres.
Eänwen ria à son tour, « Ouais pas si pire finalement celui-là… »
- Puis-je m'asseoir? Demanda Legolas qui était toujours debout dans les escaliers.
- Oh oui désolé, assoyez-vous, s'excusa Eänwen en pointant à sa gauche.
D'un geste agile, il se propulsa légèrement à l'aide son bras sur la plate-forme de pierre et y atterrit en position assise.
- Alors, vous voyagez depuis l'Haradwaith n'est-ce pas? Demanda immédiatement Legolas.
- Oui… un assez long trajet je dois vous dire.
- J'imagine. Moi et mes compagnons voyageons aussi depuis déjà quelques mois ensemble.
- Vous parlez d'Aragorn et Gimli? Demanda Eänwen
- Oui, Gandalf aussi. Mais d'autres étaient avec nous auparavant. Au début, nous étions neuf.
- Neuf? Et vous êtes à présent quatre!
- Oui.
- Sont-ils tous… morts?
- Non, précipita Legolas. En fait oui, un seul est mort devant nos yeux, Boromir. Suite à cela, nos chemins se sont séparés.
Ainsi, Legolas passa le reste de la nuit à lui raconter leur histoire en n'y omettant aucun détail, y compris l'Anneau. Sachant qu'elle finirait par le savoir d'une manière ou d'une autre, il lui raconta tout, depuis le début. Eänwen l'écouta avec grande attention, fascinée par ses paroles. Elle qui adorait les histoires, elle était servie.
Ils parlèrent jusqu'aux petites heures du matin. Les lueurs de l'aurore commencèrent à percer tout doucement les ténèbres. À l'Ouest, on pouvait voir les lueurs perlées sur les sommets des Montagnes Blanches.
- Et bien, ce fut une longue discussion, constata Legolas.
- Mais toutefois très intéressante. On se souviendra de vous et de vos compagnons durant des milliers d'années à travers les écrits, sourit Eänwen. Vous le méritez.
- Je l'espère pour Frodon et Sam.
- Deux jeunes hobbits vous dites? Je n'avais jamais entendu parler de cette race auparavant…
- Votre frère ne va pas se demander où vous êtes? Demanda Legolas pour changer de sujet.
- Honnêtement, je ne m'en préoccupe guère.
- Votre dispute d'hier n'a guère arrangé les choses n'est-ce pas?
- Nous nous disputons quelques fois, admit Eänwen. Mais normalement, nous avons une très bonne relation. En fait, je crois que c'est le mal du pays qui nous rend si irritables.
- Peut-être…
- En tout cas, dit-elle en se levant debout. Je crois qu'il serait mieux que je retourne à ma chambre avant que mon frère ne se rende compte que j'ai déserté pour la nuit. Je ne voudrais pas qu'il se mette à me chercher partout dans le château, pensant que j'aurais fait une niaiserie ou quelque chose dans le genre!
- Oui effectivement. Alors, vous allez être là lors de l'interrogation des deux petits ce matin?
- Oui absolument, assura la jeune femme.
- Alors, à tout à l'heure, dit Legolas d'un signe de la main.
- À plus tard! Dit-elle en s'éloignant.
Elle franchit la porte d'entrée et la referma délicatement derrière elle. La salle du trône était, évidemment, vide. Longeant les colonnes, elle sentit une certaine vie autour d'elle, une effervescence. Les serviteurs étaient déjà réveillés et commençaient les préparatifs pour la journée. Pourtant aux oreilles d'un Homme, le château était plongé dans un épais silence. Dans cette salle, c'était le seul moment d'accalmie de la journée.
D'un pas feutré, elle franchit le reste de la pièce et atteignit le couloir correspondant à sa chambre à coucher. Le long des murs, plusieurs peintures et sculptures de rois racontaient l'histoire des Rohirrims depuis sa fondation. Plus tôt dans la journée, Eänwen s'était attardée à ses pièces d'art, mais pour l'instant, ses urgences étaient ailleurs.
Arrivée devant sa chambre, elle poussa délicatement la porte, les pentures rouillées criant sous l'effort. Elle la referma tout aussi doucement et relâcha son souffle quand la porte fut accotée contre son seuil. Toujours absorbée par la discussion qu'elle venait d'avoir avec l'elfe, elle enleva machinalement sa robe et la laissa contre la chaise de bureau. Puis elle se dirigea vers sa petite armoire où elle rangeait le peu de vêtements qu'elle avait.
La chambre à coucher que la jeune femme occupait était plutôt modeste, ce qui était déjà très au-delà des conditions qu'elle avait vécu en Haradwaith. Située dans le sous-sol de Meduseld, la lumière du Soleil était filtrée par une petite fenêtre en face de la porte. Au pied du mur de gauche, un lit simple était installé à côté d'une table de chevet où une chandelle faisait danser sa lumière. À l'autre extrémité de la chambre, il y avait un bureau de bois où Eänwen avait étalé les livres et les papiers de son père. Chaque soir et ce depuis le début de leur périple, Eänwen écrivait dans son journal les évènements marquants de la journée, comme l'avait fait son père il y a de cela des décennies.
Après s'être attaché les cheveux, elle s'installa à sa chaise et ouvrit son journal. Elle trempa sa plume dans l'encrier, la taponna légèrement sur le rebord du pot et commença à écrire. Sa main s'agita frénétiquement sur la feuille, essayant de retranscrire avec la plus grande exactitude les propos de Legolas. Le cœur d'Eänwen battait au rythme de ses mots : elle venait de rencontrer quelqu'un qui avait côtoyé l'Anneau! Sa plume bougeait de plus en plus vite; la jeune femme ne voulait oublier aucun détail. Elle commença par décrire le parcours de la Communauté : leur départ de Fondcombe, l'attaque de Saroumane et du Kraken, leur passage dans la Moria, puis la mort de Boromir. Aussi, comment la séparation de la Communauté avait été difficile et qu'ils n'avaient aucune idée de ce qui était advenu de Frodon et Sam. Le court séjour en Fangorn et puis finalement la résurrection de Gandalf.
Eänwen jubilait. En fin de compte, son frère avait raison : ils avaient atteint leur but et prochainement, ils se bâteraient pour la bonne cause… celle de leur père.
À cet instant, quelqu'un cogna à sa porte.
- Entrez… dit-elle toujours concentrer sur son écriture.
Astaldo apparut dans le cadre de porte, trouvant sa sœur le nez dans son journal.
- Bon matin frère, salua Eänwen sans lever son regard.
- Bonjour. Que fais-tu?
- Je mets mon journal à jour...
- Ah désolé. Tu veux que je revienne plus tard?
- Non non, j'ai terminé de toute façon.
Elle laissa son livre ouvert et balança nonchalamment sa plume dans l'encrier.
- Alors, qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-elle en se retournant vers lui.
- Et bien premièrement, commença-t-il en refermant la porte derrière lui. Je voudrais qu'on parle de notre dispute d'hier soir.
- Ah oui. Et bien je…
- Je m'excuse, l'interrompit Astaldo. J'ai été… trop brutal avec toi. J'aurais du être plus patient à la place de lever le ton.
- Excuses acceptées. Mais je dois te présenter les miennes aussi cela va de soit, dit-elle en se levant. J'ai été stupide et aveugle. Je ne voulais pas voir la vérité en face, ces gens sont géniaux finalement.
- Sur quoi tu te bases pour dire cela?
- J'ai mes sources, affirma-t-elle avec un clin d'œil.
Astaldo leva un sourcil, sceptique.
- Et aussi, je m'excuse d'avoir été aussi susceptible envers tout le monde durant les derniers jours, mais plus particulièrement envers toi. J'aurais dû te faire confiance hier, tu es mon frère pourtant.
- Excuses acceptées aussi. Allez viens là… dit-il en ouvrant les bras.
Il s'avança et les deux elfes s'étreignirent pendant un instant.
- Et c'est quoi l'autre chose que tu voulais me dire? Demanda Eänwen.
- En fait, je me demandais si tu allais venir à l'interrogation des deux enfants? S'interrogea-t-il en rompant l'étreinte.
- Oui c'est sûr! Répondit-elle les yeux brillants. C'est dans combien de temps?
- Dans une heure environ, juste après le petit déjeuner.
- Alors très bien je vais être là. Laisse-moi juste le temps de m'habiller et je te rejoindrais dans la salle du trône d'accord?
- Bien, alors à tantôt!
Alors sur ce, il se retourna et sortit de la chambre, laissant sa sœur vaquer à ses occupations en attendant le premier repas de la journée.
Le petit déjeuner était terminé. Pour cette occasion spéciale, Théoden avait invité les voyageurs d'Haradwaith et la Communauté à se joindre à son entourage proche pour le repas. Il ne restait à présent que les deux petits rohirrims qui n'avaient pas terminé leur bol de soupe. Le garçon et sa jeune sœur étaient toujours vêtus de leurs habits délabrés par le voyage de la veille. Malgré la bonne nuit de sommeil, ils n'avaient guère une belle mine. Les cheveux en bataille, le regard vide, quelques blessures légères ici et là; Eänwen était sûr que ces enfants avaient vu des choses horribles.
Eowyn était à leur côté, les encourageant à manger tel une mère l'aurait fait. Ses longs cheveux blonds normalement détachés étaient à présent relevés pour former un chignon serré. Elle portait une longue robe bleue à velours, qui reflétait son sentiment profond qu'elle avait à l'égard des deux petits survivants.
- Ils ont été surpris, affirma Eowyn en se relevant vers son oncle. Ils étaient désarmés. Aujourd'hui, des sauvages traversent Ouestfolde, brûlant tout sur leur passage.
Sur une table plus loin, Legolas et Aragorn échangèrent un regard entendu. De son côté, Eänwen n'avait pas quitté des yeux les deux enfants.
- … les arbres, le foin, les paillasses.
- Où est maman? Demanda soudainement la petite fille en relevant son regard plein d'espoir vers Eowyn.
- Chut… dit-elle en lui mettant une couverture sur le dos.
Découragé Théoden, calé sur son trône, s'appuya sur sa main, pensif.
- Ce n'est qu'un avant-goût de la terreur que Saroumane peut répandre, dit Gandalf en pointant la détresse des enfants. Toujours plus puissant, car il est mû à présent par la peur de Sauron.
Théoden s'était relevé quelque peu, le regard perdu en avant de lui.
- Chevauchez et attaquez-le de front. Éloignez-le de vos femmes et de vos enfants, continua le magicien en mettant sa main sur bras du trône. Vous devez combattre…
- Oui ! Intervint Astaldo. Vous avez une force de frappe assez grande pour leur résister et le Gouffre de Helm saura nous protéger.
Le roi toujours pensif, ne disait rien, plongé dans une profonde réflexion.
- Vous avez 2000 hommes qui chevauchent vers le nord à l'heure où nous parlons, rajouta Aragorn en enlevant sa pipe de sa bouche. Eomer vous est loyal. Ses hommes vont revenir et se battront pour leur roi.
Théoden se releva en direction du rôdeur.
- Ils doivent être à 300 lieues d'ici, à présent.
Il accorda un regard aux enfants qui mangeaient péniblement leur soupe.
- Eomer ne peut rien pour nous… désespéra-t-il.
Gandalf s'approcha, voulant lui répondre, mais Théoden fut plus vite.
- Je sais ce que vous voulez de moi! l'interrompit le roi en haussant le ton. Mais je ne ferai pas subir de nouvelles pertes à mon peuple et je ne risquerai pas une guerre ouverte.
Gimli écoutait attentivement la conversation, mais était toutefois toujours concentré sur son repas.
- Elle est pourtant déclarée, que vous le vouliez ou non, osa répondre Aragorn.
Eowyn se retourna vers Aragorn, le regard surpris. Jamais on n'avait provoqué Théoden de la sorte. Même Eänwen, qui elle ne se gênait jamais pour répondre à ses supérieurs, arqua d'un sourcil.
Insulté, le Seigneur de la Marche se retourna vers le rôdeur assis à la table. La colère venait de le piquer à vif, répandant une sensation de chaos à travers son organisme. Ses muscles étaient tendus, ses poings serrés. Comment il pouvait lui répondre de la sorte! Mais pourtant, Aragorn le regarda s'approcher avec un regard impassible.
- Aux dernières nouvelles, c'était Théoden et non Aragorn le roi du Rohan, cracha le roi en mettant son regard brûlant dans celui du rôdeur.
Ils se toisèrent pendant un instant, personne n'osa prononcer quoi que ce soit. Tous retenaient leur souffle. Une grande tension s'était levée dans la salle.
- Alors quelle est la décision du roi? Demanda Gandalf en s'avançant un peu plus pour essayer de calmer les deux hommes.
Théoden lâcha le regard d'Aragorn et se retourna légèrement vers le magicien blanc, pensif.
- Par ordre du roi, annonça Hama en essayant de couvrir le brouhaha des villageois autour de lui. La cité doit être évacuée! Nous partons nous réfugier au Gouffre de Helm. Ne vous chargez pas outre mesure! Ne prenez que le strict nécessaire!
Autour de lui, les habitants d'Edoras courraient dans tous les sens. Tous se préparaient le plus rapidement possible pour pouvoir quitter la ville. Enfants, parents et aînés s'acharnaient à la préparation du départ vers le Gouffre qui était prévu dans l'après-midi. Les villageois étaient inquiets. Des rumeurs racontaient que la cité allait bientôt être attaquée, ce qui expliquait la raison de leur départ précipité. Edoras n'était pas assez forte et solide pour affronter un siège de l'ennemi, la mort de tous était assurée ici si une attaque survenait. C'était pourquoi le Gouffre de Helm était la grande forteresse du Rohan. Se dressant sur les rives des Montagnes Blanches, l'immense bastion avait une des réputations les plus glorieuses de la Terre du Milieu : elle était imprenable, jamais personne n'avait réussi percer ses murs. La longue muraille de pierre impressionnait quiconque s'en approchait.
Hama, qui continuait à donner des directives sur la grande place, remarqua Astaldo, sa sœur et les autres Haradrims qui étaient déjà prêts à partir. Tenant chacun leur cheval par la bride, ils attendaient patiemment l'heure du départ au pied des escaliers de pierre de Meduseld. Armés et vêtus de leurs habits de combats, les soldats et Eänwen regardaient d'un œil discret les préparatifs.
- J'ai un mauvais pressentiment… confia la jeune femme à ses compagnons.
- Moi aussi, approuva Mosta en passant sa main sur son crâne chauve. C'est trop facile.
- Oui, beaucoup trop simple.
- Mais on n'a pas le choix, dit Astaldo. Si on reste ici, on va se faire massacrer.
- Il a raison, défendit Derek. Nos moyens de défense ne sont pas assez aiguisés devant une armée comme celle qui nous attend! On pourrait se faire attaquer sur tous les fronts ici et nous n'avons pas assez d'hommes pour tous les défendre.
- Effectivement, accorda Eänwen. Mais il reste que je sens que ça va mal tourner. Saroumane ne nous laissera pas partir aussi facilement…
- Mais nous ne sommes pas de taille… pour l'instant. Dit Astaldo en se croisant les bras dans un soupir.
- On verra bien, de toute façon j'aimerais bien me dégourdir un peu le bras, sourit Kuilo en bombant les muscles de son bras gauche. Ça fait longtemps que je ne me suis pas amusé à écraser de la cervelle d'orques.
- OOHHH moi aussi! Souria Mosta en claquant sa main sur l'omoplate de Kuilo. Jamais le combat ne m'a autant manqué!
- Et bien tant mieux pour vous mes amis, dit Eänwen. Moi aussi ça me manque.
- Toi te battre? Ricana amicalement Kuilo. Tu ne vas pas te casser un ongle?
- Arrête ça! La défendit Astaldo. Tu sais très bien qu'elle manie aussi bien une arme que toi la montagne!
- Ouais c'est ça, fit-il en croisant les bras. J'ai bien hâte qu'elle me le montre un jour.
- On verra, dit Eänwen en ignorant les commentaires de Kuilo.
- De toute façon, renchérit Derek, il va bien falloir montrer à ses Hommes comment se battre pour de vrai non?!
- Avec nous ils ont dix fois plus de chances de gagner cette bataille, sourit Kuilo.
- Ne t'enfle pas trop la tête Kuilo, reprocha Eänwen. Ces hommes ont une histoire et une culture beaucoup plus ancienne et profonde que la nôtre. Tu pourrais être surpris par tout ce qu'il pourrait t'apprendre.
- Ravale tes paroles mon frère! Recommanda Astaldo en souriant.
- Jamais, dit-il.
- Ah ben justement, voilà la petite Communauté qui vient se mêler à la foule! Annonça discrètement Derek.
Furtivement, il pointa derrière lui. Descendant rapidement les marches de Meduseld, Gandalf à la tête du petit groupe, Aragorn, Legolas et Gimli semblèrent parler nerveusement. Apparemment, ils n'approuvaient pas la stratégie de Théoden de se réfugier au Gouffre de Helm. La conversation semblait être animée principalement par le nain, faisant à son habitude des grandes mimiques et en parlant fort pour que tout le monde puisse l'entendre. Tenant sa lourde hache appuyée contre son épaule, il s'arrêta un instant dans son long discours pour saluer le groupe des Haradrims.
Peut-être qu'il s'en voulait encore d'avoir insulté Astaldo la veille…
Arrivés à la fin de l'escalier, les trois autres compagnons s'arrêtèrent aussi pour les saluer d'un signe de tête. Les voyageurs du sud leur renvoyèrent la salutation tout aussi poliment. Apparemment, eux aussi étaient prêts à quitter la ville remarqua Astaldo. Legolas était armé de son arc et de ses deux longues lames. Gandalf s'appuyait sur son éternel bâton blanc et son épée était accrochée à sa ceinture. Gimli balançait toujours sa lourde hache sur son épaule et Aragorn armé de sa longue épée accrochée à sa taille leur adressa en franc sourire.
Eänwen chercha des yeux le regard de Legolas mais celui-ci ne sembla pas l'avoir vu. Avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, il était déjà parti, le dos tourné à elle. Déçue, elle rabaissa tranquillement sa main, sans toutefois laisser paraître son désarroi sur son visage. Mais malheureusement pour elle, son frère la connaissait trop.
- J'ai tout vu! Fit Astaldo un peu trop fort au goût de la jeune femme.
- Non mais de quoi tu parles?
- Ton petit regard pour l'autre aux oreilles pointues!
- Non mais tu l'as ferme?! Fit Eänwen en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
- AOUCH!
- Ça t'apprendra!
L'ouïe fine, Legolas se retourna vers l'origine du cri. Tout ce qu'il vu, c'était le groupe des Haradrims qui riaient, visiblement, d'Eänwen. Cette dernière était en train d'asséner des coups de poing sur son frère, le sang monté aux joues. Le sourire aux lèvres, il haussa les épaules et rejoignit ses compagnons qui se dirigeaient vers l'écurie. Peut-être qu'il aurait l'occasion de demander à la jeune femme à propos de cette montée de « colère » envers son frère un peu plus tard…
- Le Gouffre de Helm! S'exaspéra Gimli. Ils fuient vers les montagnes alors qu'ils devraient rester et se battre! Qui les défendra si ce n'est leur roi?
La porte de l'écurie se dressa devant les quatre compagnons. Délimitant chaque enclos, des colonnes de bois ornées au centre par des chevaux délimitaient l'espace. La paille recouvrait la totalité du sol que les cavaliers foulaient leurs pieds. L'ambiance était sombre, les chevaux étaient nerveux. Ils percevaient l'effervescence qui se mouvait autour d'eux. Les oreilles redressées, à l'écoute de tout, ils appréhendaient tout mouvement trop brusque. Mais parmi toute cette énergie, au fond de l'allée de l'écurie, un seul cheval gardait son calme. Gardant ce prestigieux animal, la porte de l'enclos sculptée dans le bois représentait deux chevaux dont les têtes se rencontraient, l'emblème du Rohan. À l'intérieur de cet enclos, Gripoil releva la tête pour voir son maître arriver.
- Il fait ce qu'il croit être le mieux pour son peuple, affirma Aragorn. Le Gouffre de Helm les a sauvés par le passé.
- Il n'y a aucun moyen de sortir de ce ravin, dit Gandalf en marchant côté à côté avec le rôdeur. Théoden fonce dans un piège. Il croit les mettre en sécurité, alors qu'ils vont droit au massacre.
Il ouvrit la porte de l'enclos, toujours concentré sur ses pensées.
- Théoden a une volonté de fer, mais j'ai peur pour lui. J'ai peur pour la survie du Rohan. Il aura besoin de vous avant la fin, Aragorn. Le peuple du Rohan aura besoin de vous. Leurs défenses doivent tenir.
Aragorn acquiesça.
- Elles tiendront.
Gandalf eut une lumière d'inquiétude dans son regard, puis se retourna en direction de Gripoil qui l'attendait. Il tendit la main sur le dos de l'animal et commença à le caresser. Un subtil sourire planait sur ses lèvres, content de revoir son fidèle ami.
- Le Pèlerin Gris, c'est ainsi qu'ils m'appelaient, dit-il.
Il ne se préoccupait plus de ce qui l'entourait, son esprit était déjà ailleurs dans le passé. Son regard bleu sembla se perdre dans ses souvenirs lointains, comme si un brouillard l'empêchait de voir clair.
- Depuis 300 vies d'hommes, je foule cette terre, et aujourd'hui, le temps me manque.
Aragorn lui ouvrit la barrière avec un sourire pendant que Gandalf montait sur son destrier.
- Avec de la chance, ma quête ne sera pas vaine. Attendez ma venue aux premières lueurs du cinquième jour. À l'aube, regardez à l'Est.
- Partez, dit Aragorn en s'écartant de l'allée.
Gandalf inspira un bon coup et s'élança à toute vitesse dans l'allée vers la sortie. Surpris, Legolas et Gimli, qui s'occupaient de leur propre cheval, s'écartèrent rapidement de son chemin.
Quelques heures après que le magicien blanc soit partit, ce fut au tour à la population d'Edoras de quitter les lieux. Mené par le roi, une longue ligne de paysans s'étendait sur les plaines en face d'Edoras. Éparpillés un peu partout à travers les paysans, des cavaliers les accompagnaient, offrant leur cheval au plus démuni. Pour ce qui était d'Eänwen et de ses confrères, ils avaient tous prêtés leur cheval à ceux qui en avait besoin. En haut de la plus proche colline, Théoden était à la tête de la grande ligne de villageois. À ses côtés, Hama et Gamelin l'accompagnaient, suivit de proche par Aragorn, Legolas et Gimli.
Le roi se retourna une dernière fois vers sa cité. Perchée au-dessus de tout ce qui l'entourait, rien n'animait à présent les rues d'Edoras, aucune vie n'y habitait à présent; on aurait dit une ville fantôme. Les maisons abandonnées, les écuries sans vie, les rues désertées. Du coin de l'œil, Théoden pouvait apercevoir le cimetière de ses ancêtres… et de son fils. Mais malgré que tout soit immobile, il savait pertinemment que c'était une illusion. Il était parfaitement conscient que ses ancêtres prendraient soin de sa cité en son absence. Depuis des générations ils arpentaient les avenues d'Edoras, refusant d'accepter le repos éternel.
Tout d'un coup, un gros poids venait de lui tomber dans l'estomac : qu'adviendrait-il si il échouait? Si son peuple tout entier devenait que ruine? Le Rohan n'était pas très peuplé, comment la province pourrait-elle s'en remettre? Serait-ce la fin du Pays des chevaux?
Rien ne pouvait promettre son retour.
Un grand désespoir envahit son cœur.
…
Absolument rien.
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