Me revoilààààà, moins d'un mois après, mais c'est parce que j'ai eu un pic d'inspiration assez surprenant ce dernier mois, les chapitres 8 et 9 sont même déjà écrits. J'en posterai donc un le mois prochain, et un autre le mois suivant. Je ne promets pas un rythme super régulier ensuite, mais bon !
Je répondrai aux reviews à la fin du chapitre !
Playlist du chapitre :
Torn, de Nathan Lanier
Thief, de Ansel Elgort
Agoraphobie.
Chapitre 7 :
- Sasu-chan...
L'enfant bougea dans son lit, enfonça son visage dans l'oreiller alors que l'autre le secouait doucement.
- Sasu-chan, réveille toi...
- Mh...
- Sasu-chan, allez. Sasu-chan.
Sasuke ouvrit un œil, puis l'autre. Il observa son ami qui le secouait légèrement depuis quelques secondes.
- Naru-chan... ?
- Sasu-chan, j'ai fais un cauchemar. Je peux dormir avec toi, dis ?
- Bah oui...
Sasuke se poussa, se libéra des couvertures et laissa de la place à Naruto qui se réfugia dans les bras de son ami. Le petit brun resserra ses bras autour du blond qui se colla contre lui.
- Bonne nuit, Sasu-chan.
- Bonne nuit, Naru-chan.
Shikamaru soupira fortement pour évacuer cette sorte de stress qui le prenait aux tripes depuis de longues minutes déjà. S'il était honnête avec lui-même, il dirait même que ce stress était présent depuis plusieurs heures et qu'il ne voulait pas le quitter. Oh, évidemment, il n'y avait aucune raison apparente pour ce stress qui le prenait aux tripes et qui semblait vouloir lui retourner l'estomac, mais il n'empêche qu'il avait cette angoisse, à l'intérieur de lui, et que rien ne semblait la faire disparaître.
Sa mère lui aurait sûrement dit, s'il lui en avait parlé, que rien ne valait un bon thé et un bon bain pour faire disparaître son angoisse, mais il savait que si le shõgi ne l'avait pas aidé, un bon thé et un bon bain n'en ferait rien. Alors Shikamaru avait décidé de sortir en avance, de marcher un peu, de faire un détour avant de rejoindre l'objet de toutes ses angoisses, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
En ce début de mois d'août, la chaleur était oppressante, étouffante, et une fois dehors, il s'était dit que c'était vraiment une mauvaise idée de sortir plus tôt : il aurait pu profiter de la climatisation plus longtemps s'il était parti pile à l'heure, et pas en avance. Toutefois, il n'en pouvait plus de tourner et virer dans sa chambre, sans savoir quoi faire... et Dieu seul savait à quel point Shikamaru adorait ne rien faire de ses journées, surtout lorsque la chaleur était accablante.
Après quelques longues minutes de marches qui ne semblaient que plus longues encore et encore sous le soleil, même en rasant les murs pour profiter de l'ombre, il arriva à destination. Et lorsqu'il aperçut la chevelure blonde au loin, si reconnaissable, puis les yeux turquoises se tourner dans sa direction, son angoisse augmenta un peu plus, lui retournant définitivement l'estomac. Il s'avança encore un peu, les mains dans les poches, et quand Temari arriva à sa hauteur, déposant un baiser sur sa joue, son angoisse disparut. Il la regarda, lui sourit quand elle s'accrocha à son bras et, ensemble, ils partirent se balader dans le parc.
L'angoisse disparut totalement, et ne refit plus surface.
- Sasuke sait.
Il l'avait enfin dit. Il avait enfin enlevé ce poids de ses épaules et pourtant, elles semblaient toujours aussi lourdes. Son père releva la tête, l'observa. Les deux parents échangèrent ensuite un regard alors que Naruto détaillait son dîner sans vouloir relever les yeux.
- Et c'est pour ça que tu n'arrives pas à avaler une seule bouchée de ton dîner ? le questionna Minato, déposant ses baguettes non loin de son assiette.
Le silence de Naruto ne servit en aucun cas de réponse et Minato soupira. Son fils avait maigri, encore. Certes, ses notes étaient de nouveau en hausse comme il l'avait demandé, mais les cernes sous les yeux de son fils, son teint pâle, ses yeux rouges... tout cela était de mauvaise augure, il le savait. Kushina ne disait rien, elle attendait, patiemment, et pourtant elle était loin d'être patiente. Mais elle prenait son mal en patience, elle se faisait violence pour ne pas remettre les pendules à l'heure et secouer son fils comme un prunier avant de lui dire d'arrêter de voir Sasuke aussi souvent. Elle aurait du mettre des limites au tout début, bien avant que Sasuke soit dépendant de Naruto.
Car Sasuke était dépendant de Naruto. Il l'était devenu. La faute était celle de Naruto, mais également la leur, eux qui n'avaient pas mis des limites, des restrictions aux visites incessantes. Ils ne pouvaient pas en vouloir à Mikoto et Fugaku, c'était la vie de leur fils qui était en jeu et, pour eux, Naruto n'avait aucun problème de santé apparent. Ils ne le voyaient pas, pas comme Kushina et Minato. Elle allait ouvrir la bouche quand Naruto prit la parole, fixant toujours son dîner qu'il avait à peine touché :
- Je trouve ça juste... horrible. Qu'il l'ait appris sans même que ce soit moi qui lui dise. Personne n'était là quand il l'a su. Personne.
Personne pour le soutenir, personne pour calmer sa crise, ses vomissements, sa panique, son angoisse qui lui avaient retourné l'estomac pendant des heures et des heures. Sasuke n'avait eu personne lorsqu'il s'était souvenu, comme lorsqu'on se souvient d'une soirée trop alcoolisée quelques longues minutes après le réveil douloureux. Non, Sasuke n'avait eu personne, et il avait porté les souvenirs de son enfermement, de son enlèvement, seul. Il n'avait rien dit à personne, il avait continué de manger avec ses parents, il avait continué les conversations, il avait continué de rire avec lui. Et Naruto...
- J'ai rien vu du tout... J'ai même pas su qu'il le savait.
- Naruto ce n'est pas...
- J'ai plus faim, je peux sortir de table ?
- Naruto.
- S'il te plaît, maman, je peux ?
Le regard bleu la fixait avec tellement de douleur qu'elle ne put rien dire, elle resta là, la bouche ouverte pendant quelques secondes avant de hocher la tête. Naruto quitta la table, abandonnant son assiette, et monta directement dans sa chambre.
Mikoto releva la tête lorsqu'elle entendit un bruit bien trop violent à l'étage. Prise d'une panique soudaine, elle abandonna le repas du soir qu'elle préparait à peine depuis quelques minutes et monta à l'étage. Au milieu des escaliers, elle discerna les éclats de voix, aperçut Itachi devant la porte de la chambre de son frère, la main sur la poignée, tentant d'ouvrir la porte.
- Itachi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que...
- Je sais pas !
La panique, vorace, prenait possession de leur corps, de leur âme, faisant trembler leurs membres et accélérer leur cœur. Derrière la porte, ils entendaient la rage de Sasuke, sa colère, sa peur. Sa peur panique.
« Tu ne sais pas ce que c'était ! » hurlait la voix de son petit frère, hurlait cette voix trop aiguë qu'ils reconnaissaient tous deux. Cette voix, c'était la voix de ses crises de panique, d'angoisse. C'était la voix de ces crises, si violentes, qu'ils en avaient oublié les sons, les images, depuis l'arrivée de Naruto. Cette crise était si forte, si brusque, si soudaine, qu'Itachi comprit.
Naruto le lui avait dit.
D'un coup d'épaule sur la porte, appuyant en même temps sur la serrure pour la forcer, Itachi l'ouvrit violemment. Le spectacle qu'il vit lui glaça le sang.
La chambre était dans un état lamentable. Les livres étaient par terre : Sasuke avait du les jeter à la figure de Naruto pour qu'il recule, le plus loin possible de lui. Le bureau avait légèrement bougé, et Sasuke... Sasuke était presque collé contre le mur, le lit mettant une barrière entre lui et Naruto, entre lui et le monde. Il pleurait, il hurlait, il sanglotait avant de repartir dans une rage soudaine. C'était seulement de l'autodéfense, Itachi le savait, Mikoto le savait, et pourtant, ni l'un ni l'autre ne purent faire un seul pas.
- Sasuke... commença Itachi.
- Tais toi ! Tais toi ! Tu ne sais pas ! Tu ne sais rien ! Rien... du tout...
Il n'arrivait plus à respirer, à parler, à bouger. L'air entrait dans ses poumons, ne voulait pas en sortir. Deux mille. Mille neuf cent quatre vingt dix neuf. Mille neuf cent quatre vingt dix huit. Mille neuf cent quatre vingt dix sept. Il fallait qu'il se concentre sur ce décompte, sur ce décompte qui allait réussir à le faire de nouveau respirer.
Pourquoi Naruto avait voulu en parler ? Pourquoi Naruto avait lancé le sujet ? Pourquoi Naruto voulait qu'il y fasse face ?! Il y avait déjà fait face, il n'avait pas besoin d'y refaire face, tout le temps ! Ce tatouage, sur ses épaules, il était assez significatif de tout ce qu'il était, de tout ce à quoi il avait pensé. Ce tatouage, il représentait tout ce qui ne pouvait pas être dit, tout ce qui ne pouvait pas être énoncé. Alors pourquoi... pourquoi Naruto, Naruto qui le connaissait si bien, qui savait à quel point c'était difficile, dur, pénible... pourquoi avait-il lancé le sujet avec calme, prêt à l'éventualité d'une crise, préparé à faire face avec lui ?! Pourquoi ?!
Il faut que t'en parle.
Non. Non. Il ne fallait pas qu'il en parle. Il n'avait pas besoin d'en parler. Il n'avait pas besoin de vider son sac. Il n'avait pas besoin de hurler sa rage contre le monde, contre cet homme dont le visage était flou dans ses souvenirs, qu'il ne pouvait pas reconnaître, qui n'avait jamais été retrouvé. Sasuke le savait, au fond de lui, qu'il n'avait pas était retrouvé. Que lorsque la police était arrivée sur place, il était seul, il s'en souvenait. Il se souvenait des sirènes, de leurs couleurs, de leur son. Il s'en souvenait parfaitement. Mais Sasuke était seul quand ils étaient arrivés. Et il n'avait pas été retrouvé. Personne n'avait pu le retrouver. Sasuke avait cherché, il avait mené l'enquête, il avait... recherché partout sur internet, dans les archives des bibliothèques, il avait même réussi à pirater quelques données.
Mais cet homme, qui l'avait détruit, n'avait pas été retrouvé.
Personne ne l'avait retrouvé.
Il faut qu'on en parle.
Il le lui avait répété, comme si ça allait changer quelque chose, comme si lui savait tout.
- Tu...
Aide moi, aide moi, aide moi, avait-il envie de dire. Il aurait pu le supplier, s'il avait pu parler. Va-t-en, aide moi. Fais quelque chose. Mille neuf cent soixante dix huit. Mille neuf cent soixante dix sept. Mille neuf cent soixante seize. Mille neuf cent soixante quinze. Mille neuf cent soixante quatre.
Deux bras entourèrent sa taille sans qu'il ne s'en aperçoive, le serrèrent contre un torse qui l'empêcha de respirer pendant quelques secondes. Puis à travers ses sanglots, à travers sa panique, à travers les pulsassions qui lui martelaient les tempes, il entendit un cœur qui était tout aussi effréné que le sien, tout aussi paniqué que le sien.
Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum.
- Je suis là, Sasuke, je t'abandonnerai pas, jamais. Je suis là.
Il sentait des larmes mouiller son cou. Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum.
- Je suis désolé d'être parti, je suis désolé... je suis là, je te quitterai pas.
Les bras de Naruto l'enserraient, si fort. Les larmes de Naruto mouillaient son cou et son débardeur. Le cœur de Naruto battait si fort dans sa cage thoracique, calmant sa respiration. La voix de Naruto l'apaisait, murmurait contre son oreille. Naruto. Naruto tout entier lui promettait de ne jamais partir, d'être toujours là, de ne jamais l'abandonner. Naruto tout entier partageait sa peur, son angoisse, ses pleurs et ses larmes. Naruto.
Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum. Poum poum.
Il avait l'impression d'entendre une mélodie. Une mélodie qui se calmait, peu à peu. Une mélodie qui le calmait lui aussi. Une mélodie qui calma ses larmes, qui endormit ses blessures. Une mélodie qui lui fit fermer les yeux.
Il sentit ses jambes lâcher, et celles de Naruto suivre le mouvement dans une quasi symbiose. Il était effondré sur une surface molle, douce. Son lit, sûrement. Et Naruto... Naruto le serrait toujours contre lui, avec cette force qui pouvait déplacer des montagnes.
Naruto referma la porte de la chambre avant de poser son front contre, fermant les yeux... et enfin, enfin, il s'autorisa à laisser les larmes couler de nouveau. Seul dans le couloir sombre, Naruto s'autorisa même à glisser contre le sol, et à sangloter comme un enfant.
Suite à la violence de la crise de Sasuke, Mikoto avait tout de suite appelé Fugaku, et, inquiète au sujet de Naruto, elle avait également appelé Kushina et Minato. La première avait fait le déplacement immédiatement, le second, à l'hôpital, ne pouvait pas se libérer immédiatement, mais viendrait dès qu'il le pourrait. Se rongeant le bout des ongles, Mikoto, assise sur le canapé avec son mari, son fils et son amie, attendait que Naruto descende. Ils avaient entendu la porte de la chambre de Sasuke s'ouvrir, puis se refermer, mais Naruto n'était toujours pas redescendu.
Elle croyait entendre des sanglots, mais elle n'osa pas bouger cependant.
Kushina passa une main lasse sur son visage, jeta un regard à son téléphone lorsqu'il vibra, Minato lui envoyant un message en lui disant qu'il partait de l'hôpital.
- Minato ne va pas tarder. On partira quand il arrivera.
Fugaku hocha la tête, se leva pour aller récupérer dans la cuisine la théière ainsi que des tasses, posa le tout ensuite la petite table basse. Il servit Kushina, sa femme, son fils aîné puis lui-même.
- Sasuke savait. Naruto ne le lui a pas dit.
Kushina voyait bien le regard noir et brûlant de haine d'Itachi. Elle voyait bien qu'il voulait s'énerver, qu'il voulait hurler contre Naruto, sûrement pour extérioriser sa propre haine, sa propre peine. Mais Kushina ne le laisserait pas faire, non. Naruto était en bien trop mauvais état pour qu'elle laisse quiconque déverser sa rage sur son fils, elle avait été trop longtemps passive, et elle ne le serait plus désormais.
Les minutes, longues et silencieuses, passèrent, jusqu'à ce que la sonnette retentisse dans la maison, et alors, Fugaku se leva pour aller ouvrir à son vieil ami. Kushina, et les deux autres Uchiha, se levèrent et Minato salua tout le monde rapidement.
- Où est Naruto ? demanda le nouvel arrivant à sa femme.
- En haut, il n'est toujours pas descendu.
- Il est avec Sasuke ?
Une négation lui répondit et Minato abandonna son sac sur le sol pour monter les escaliers, sans une once d'hésitation. Kushina mordilla sa lèvre inférieure, son cœur se serrant devant son inutilité.
A genoux devant la porte de la chambre de Sasuke, la tête baissée et les larmes ruisselant sur ses joues, Naruto sentit sa respiration se couper quand une main se posa sur son épaule. C'était une main puissante, une main qui l'avait tant de fois relevé, c'était celle de son père. Pourtant, il tenta d'arrêter ses larmes et ses sanglots, il tenta de calmer sa respiration, comme s'il ne pouvait pas flancher devant cet homme qui lui avait tout donné, devant cet homme qui avait tout fait pour lui, devant cet homme qui l'avait toujours soutenu, contre vents et marrées.
- Ça va aller, Naruto, ça va aller, d'accord ?
- Je voulais juste... je voulais juste qu'il en parle, qu'il... il peut pas, il peut pas garder tout pour lui...
- Je sais, Naruto, je sais. Mais ça va aller.
- J'peux pas l'aider, papa, j'peux pas...
- Si, si Naruto, tu l'aides tous les jours. Tu l'aides tous les jours en étant toi, et c'est suffisant.
- Non, non c'est pas... c'est pas...
Un sanglot traversa la barrière de ses lèvres et de nouveau, quelques larmes coulèrent sans qu'il ne puisse les en empêcher.
- J'peux pas... c'est pas suffisant, c'est pas assez...
- Si, si Naruto, bien-sûr que si... T'as juste besoin de te reposer. On va rentrer, et tu vas te reposer, okay ?
Minato attendit que son fils hoche la tête pour se redresser, l'aidant ensuite. Naruto essuya ses larmes d'un revers de poignet, renifla une ou deux fois, mais resta debout, sans bouger. Le père vint alors glisser ses bras autour de son fils, le serrant contre lui dans une étreinte tendre, que son fils lui rendit immédiatement, l'enserrant si fort que Minato crut un instant que Naruto allait de nouveau s'effondrer... ce ne fut pas le cas.
Ce n'est que deux jours plus tard que Naruto réapparut chez les Uchiha, Itachi lui ouvrant la porte avant même qu'il ne sonne. Les deux jeunes hommes se jugèrent du regard et, pendant un instant, Naruto se revit au début du mois de mai, lorsqu'il avait remis les pieds dans cette maison pour la première fois.
- Tu me laisses entrer ou tu joues au con ?
Itachi ne bougea pas, resta planté devant Naruto, l'empêchant d'avancer, l'empêchant d'entrer de nouveau. Le plus jeune serra les poings.
- Tu sembles ne pas vouloir comprendre que certaines de tes décisions sont mauvaises.
- Que certaines. Les tiennes l'ont toujours été.
Itachi fronça les sourcils et se redressa. Plus grand que Naruto, il semblait vouloir le faire taire d'un simple regard. En soit, Naruto n'avait pas tort, et Itachi le savait, mais il n'arrivait pas à passer outre l'irrespect total dont Naruto faisait preuve tous les jours, envers lui et envers ses parents. Parce qu'il avait réussi à faire ce qu'ils avaient échoué, il ne prenait pas la peine de réfléchir, fonçait tête baissée, et au lieu d'y aller doucement, de prendre le temps et d'être patient... Naruto prenait chaque jour le risque de détruire son petit frère, et ça, Itachi ne pouvait pas le laisser passer.
- Tu devrais juste prendre l'air, okay ? Laisser un peu Sasuke tranquille, le laisser respirer, et te laisser respirer aussi.
- C'est quoi ton problème, Itachi ? T'es jaloux ? Tu te sens merdique, hein ? De n'avoir rien pu faire pour l'aider, tu te sens comme une merde, hein, Itachi ? T'as l'impression d'être une sous-merde parce que t'as pas réussi à le faire sortir de sa chambre, à le faire parler, rire ? Tu te sens comme une merde, hein, Itachi ? Parce qu'en trois mois, j'ai fais ce que t'as pas réussis à faire en huit ans, hein, Itachi ? Tu sers à quoi, en fait ? T'es qui, finalement, comparé à...
- Tu vas t'arrêter là, avant de dire quelque chose que tu vas regretter.
Naruto avait avancé d'un pas, forçant le passage, forçant Itachi à ouvrir un peu plus la porte sans s'en rendre compte. Les yeux de Naruto trouvèrent ceux d'Itachi, et il ne les lâcha pas une seule seconde, un seul instant, sa voix devenant plus basse, légèrement amusée, peut-être un peu trop hautaine :
- Sinon quoi, Itachi ?
- Tu...
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Naruto releva la tête alors qu'Itachi se retournait pour faire face à Sasuke, au milieu des escaliers, qui les regardait mi-inquiet, mi-suspicieux. Ils restèrent un moment silencieux avant que Naruto ne s'avance, dépassant Itachi, le bousculant légèrement au passage.
- Rien.
La porte d'entrée fut refermée et Itachi lança un dernier regard à son frère et son meilleur ami qui remontaient les escaliers avant de retourner dans le salon.
Arrivé dans la chambre, Naruto se laissa tomber sur le lit alors que Sasuke refermait la porte. Toujours inquiet et légèrement suspicieux des cachotteries, il demanda :
- Vous vous disputiez ?
L'autre ne répondit pas, relevant à peine le visage pour l'observer un instant. Sasuke humidifia ses lèvres de sa langue avant de se mordiller l'une d'elles et de se racler la gorge, gêné. Ils ne s'étaient pas vraiment reparlé depuis la dernière fois, et s'il avait été déçu de ne pas voir Naruto à son réveil, il n'avait pas vraiment eu le courage d'envoyer un message pour prendre de ses nouvelles. Sasuke était même surpris que Naruto soit là si rapidement, à sa place, il n'était pas sûr qu'il serait revenu aussi vite, surtout en ayant reçu des livres à la figure.
- Naruto...
- C'est rien, okay ?
- Okay.
Un silence que Sasuke brisa presque immédiatement :
- Je suis désolé. Pour la crise, et les livres que je t'ai jeté dessus.
- Je suis désolé d'avoir voulu te forcer à en parler alors que tu ne voulais pas, répondit l'autre sans lui laisser réellement le temps de finir sa phrase.
Sasuke ouvrit la bouche, la referma avant de détourner les yeux, glissant son regard sur le sol. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas. Non, non ce n'était pas ça le problème. Le problème, c'était qu'il ne pouvait pas. La simple idée d'en parler, de mettre des mots sur la peur, sur l'horreur, sur les coups, sur les menaces qu'il ne comprenait pas à l'époque, qu'il avait compris à force d'y penser... non, non, il ne pouvait pas en parler, c'était plus fort que lui. Peut-être qu'il n'arriverait jamais à en parler véritablement, et surtout pas à Naruto. Il ne pouvait tout simplement pas. Non, il ne pouvait pas.
- Fais voir ton tatouage.
Sasuke sursauta, quittant ses pensées. Naruto laissa échapper un rire et répondit à la question muette :
- Je veux savoir si ça a commencé à peler, et si tu auras besoin de retouches.
Sasuke se mordilla la lèvre avant d'enlever son t-shirt et de se mettre dos à Naruto qui s'était levé. Lorsque son regard se posa sur le dos de son meilleur ami, le blond fronça les sourcils, glissa trois doigts sur la peau abîmée. La peau était sèche, trop sèche même.
- Tu mets de la crème ? demanda-t-il, légèrement sévère.
- Oui, pourquoi ?
Sasuke se retourna, prêt à enfiler son t-shirt de nouveau, mais Naruto l'arrêta dans son geste.
- Tu t'en mets tout seul ?
- Oui...
Un soupir lui répondit et il ne sut pas trop comment le prendre. Sasuke s'y prenait mal, ne mettait pas assez de crème, ne la faisait pas assez pénétrer, et Naruto ne comprenait pas pourquoi il ne lui en avait pas parlé. Après tout, la peau devait tirer, voire démanger. Il n'en parlait même pas à Itachi ? Ou à Fugaku ? Même à Mikoto ? Ils auraient très bien pu lui mettre la crème. Certes, les tatouages au Japon étaient très mal vu, mais tout de même.
Naruto récupéra la crème sur le bureau et l'appliqua directement sur la peau de Sasuke qui jura quand la crème froide atteignit ses épaules.
- Chochotte, rit légèrement le tatoueur.
Naruto commença à faire pénétrer la crème sur les épaules, puis sur le milieu du dos cela dura quelques minutes dans lesquels ils furent tous les deux très silencieux. Ses yeux glissant sur les ailes déployées, Naruto ne peut s'empêcher de détailler la courbe des muscles, de se rendre compte de la douceur de la peau. Il remarque même un grain de beauté qu'il n'avait pas vu lorsqu'il avait tatoué Sasuke, là, juste sur l'épaule, à quelques centimètres d'une plume. Sa respiration se coupa un court instant avant qu'il ne retire sa main pleine de crème. Il se recula, récupéra un mouchoir, puis un deuxième et s'essuya la main.
- Voilà. Il faut que tu en mettes plus souvent, tu sais ? Tu devrais demander à quelqu'un de le faire, pour bien en mettre partout.
Sasuke hocha la tête, renfilant son t-shirt. Une grimace barra son visage en sentant le tissus coller à sa peau et il fit rouler ses épaules avant de s'asseoir sur sa chaise de bureau. Naruto s'assit sur le lit, tendant ses jambes devant lui.
Ils restèrent silencieux.
Et Sasuke détesta ce silence.
J'espère que ce chapitre vous a plu !
Il est plus court que le dernier et les deux prochains qui vont suivre, mais on voit pas mal de choses se passer !
Pour ce qui est des reviews que j'avais reçu sur la suppression de la première version d'Agoraphobie, j'ai donné une explication plus ou moins complète sur mon profil, pour ceux que ça intéresse !
Réponses aux reviews :
Gloria : Pardon de ne pas t'avoir répondue au chapitre précédent, j'avoue avoir posté le chapitre un peu rapidement ! Promis, ma fiction n'est pas tombée dans l'oubli, c'est juste que je publie rarement à cause du manque d'inspiration pour la réécriture et du manque de temps, aussi. Je suis contente que tu préfères la deuxième version à la première ! Des biz à toi ! (et je suis revenue, je suis revenue ! je sais pas pour combien de temps, mais je suis là)
J : Je ne sais pas comment te dire à quel point ta review m'a fait plaisir, et je ne sais pas vraiment si je pourrais trouver les mots pour te remercier de ce message qui m'a énormément touchée. Savoir que tu as lu ma première fiction, qu'elle t'a accompagnée et que désormais, sa deuxième version va t'accompagner aussi, je sais pas comment dire ça, mais ça me rend heureuse ! (en passant, pas bien de parler des fictions pendant les cours !) J'ai mis les raisons de la suppression d'Agoraphobie, mais pour faire bref, c'était plus égoïste qu'autre chose. Merci à toi de m'avoir laissé un review, ça m'a fait extrêmement plaisir. Merci à toi de me lire et de continuer de le faire, même si les chapitres risquent d'être balancé ici et là un peu n'importe comment. N'hésite pas à laisser de nouveau une review quand tu en auras l'envie, pour me dire ce que tu penses de cette réécriture ! Biz à toi !
Penny : Hello toi ! Alors oui, je vais continuer Agoraphobie, même si les chapitres risquent d'être balancés un peu n'importe comment suite au manque de temps et d'inspiration (le chapitre 10 stagne à la ligne 1 depuis une semaine). Dans tous les cas, je terminerai Agoraphobie, même si elle risque de mettre du temps à arriver, promis ! J'espère que ce chapitre t'a plu et est à la hauteur de tes espérances !
Biz à tous,
Ky' !
