Note : Hello ! Comme prévu, nouveau chapitre (où il sera beaucoup question de la SALE) ! J'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes :). Comme d'habitude, je remercie tous ceux qui lisent et laisse des review de manières assidue, je vous adore :D.


Dans les semaines qui suivirent, le Tournoi des Trois sorciers devint le principal sujet de discussion des élèves de Poudlard. Tous étaient impatients de connaître la date de l'arrivée des délégations des écoles étrangères ou l'identité de la personne qui serait choisie comme Champion de Poudlard. D'après ce que John avait pu entendre dans les couloirs, Cédric Diggory semblait être un compétiteur sérieux. Pour sa part, le Tournoi n'occupait qu'une place secondaire dans ses pensées, qui avaient tendance à être moins divertissantes.

Sa première préoccupation était les cours qu'il suivait cette année :entre les remontrances habituelles de McGonagall, les sarcasmes toujours plus insupportables de Rogue, et les bestioles répugnantes qu'Hagrid leur faisait étudier, il y avait fort à faire. Les Scroutts à Pétard étaient des créatures dangereuses à bien des égard, et tout comme certains élèves de Serpentard John ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi exactement ils devaient s'occuper de créatures explosives et pourvues de dard ou de ventouses. John appréciait sincèrement Hagrid mais des fois il songeait que nommer le garde chasse à l'ancien poste de Brulôpot n'avait peut être pas été la meilleure idée de Dumbledore. Les cours de Maugrey Fol Œil fournirent également à John son petit lot de sensations fortes – ils furent notamment l'occasion pour lui de découvrir que la « tendance à être un peu paranoïaque » évoquée par Ron était un bel euphémisme. Le Gryffondor apprécia cependant d'avantage le professeur après qu'il eut temporairement transformé Malefoy en fouine et l'eut fait sauté dans tous les sens.

Son autre préoccupation était évidemment les affaires dans lesquelles lui et Sherlock s'étaient déjà embarqués et qui semblaient se compliquer de jour en jour.

Le lendemain de leur retour à Poudlard, Sherlock avait enfin pu expliquer à John sa théorie sur l'affaire Croutpon :

- « Barty Jr est en vie. » avait-il déclaré de but en blanc alors que John venait juste de sortir de son dernier cours de la journée

- « Quoi ? Mais tu m'avais dit que... »

- « Qu'il était mort à Azkaban, je sais. C'est ce que je pensais. En fait, c'est ce que tout le monde pense . Dans le livre que j'ai lu dans le train, ils évoquent bien la mort de Croupton Jr un an après le début de son enfermement, ainsi que la mort de Mme Croupton peu de temps après. Et d'après la généalogie des sorciers de sangs pur, la famille Croupton n'avait pas d'autre descendance directe. »

- « Et donc ? Qu'est-ce qui te fait que penser Barty Jr s'en est tiré après tout ? »

- « Réfléchis John. Si les deux autres sont morts, cela fait de Croupton Sr le dernier membre encore vivant de cette famille et donc le seul à pouvoir être considéré comme un maître pour Winky. Or nous avons déjà établi qu'il n'avait pas pu faire apparaître la Marque. En conséquence, un des deux « décédés » ne doit pas vraiment l'être. »

- « Je vois. Et donc quitte à ce qu'il y en ait un qui revienne d'entre les morts pour faire de la magie noire, autant que ce soit celui qui avait déjà été accusé d'être un Mangemort auparavant, n'est-ce pas ? » poursuivit John d'un ton sarcastique.

- « Exactement. » répondit Sherlock, visiblement ravi que son ami soit déjà arrivé au même point que lui. « Sans compter le fait que la voix que nous avons entendu lors de l'apparition de la Marque des Ténèbres était indubitablement masculine. »

- « Je plaisantais enfin. Tu ne penses pas plutôt que ça serait plus logique de penser que tu t'es trompé quand tu as dit que Winky avait forcément dû obéir à un de ses maîtres pendant la Coupe du Monde ? Si ça se trouve, quelqu'un l'a juste menacé et forcé à voler la baguette de Harry, et s'est ensuite débarrassée d'elle en la stupéfixiant. »

- « Non, elle a agi par loyauté lorsqu'elle a menti à Diggory en disant qu'elle ne savait rien du tout, pas par peur. »

« Tu te rends compte que ta théorie implique que Barty Jr ait réussi de un, à se faire passer pour mort aux yeux de tous, de deux à s'évader Azkaban, de trois à se cacher du monde pendant une dizaine d'années pour ensuite réapparaître soudainement. » énuméra le Gryffondor en comptant sur ses doigts.

- « Tu as conscience que toutes les difficultés que tu as évoqué ont déjà été surmontées au moins une fois auparavant soit par Pettigrow, soit par Black ? Et on ne peut pas vraiment les qualifier de génies, en particulier Pettigrow. Je sais que leur situation n'ont rien à voir, mais ça montre que c'est possible. »

- « Et comment est-ce que Barty Jr aurait fait son coup alors ? Tu vas me dire que c'est un animagus, lui aussi ? »

- « Non. » coupa Sherlock en secouant la tête. « Je pense que les Détraqueurs ont bel et bien enterré un corps humain à Azkaban, mais que ce n'était pas celui de Barty Jr. »

- « De qui, alors ? »

- « De Mme Croupton. D'après ce que j'ai lu, elle est tombée gravement malade après la condamnation de son fils, ce qui aurait entraîne sa mort soudaine. Deux décès consécutifs ? Ça commence à faire beaucoup de coïncidences. Les Détraqueurs ne voient rien, ils sentent juste la présence et les pensées des humains. Si ça se trouve, étant déjà malade, elle a voulu se sacrifier et a pris la place de Croupton Jr à Azkaban, pendant que lui retournait aux côtés de son père incognito. Il suffisait ensuite à Croupton père de déclarer que sa femme était morte elle aussi, et le tour est joué. »

- « Ce qui suppose que Barty Croupton a décidé d'aider son fils condamné à perpétuité à Akzaban pour avoir... » John s'arrêta un instant et se tourna vers le Serdaigle. « De quoi était-il accusé, au fait ? Tu ne me l'as toujours pas dit. »

- « Il aurait, avec l'aide du couple Lestrange, torturé jusqu'à la folie deux aurors à l'aide de sortilèges provocant une douleur intense, pour obtenir des informations sur Tu-Sais-Qui après sa mort. »

- « Typiquement le genre de personne qu'on serait ravi de voir gambader librement dans la nature. » commenta sombrement John. « Tu penses qu'il était vraiment coupable ? »

- « C'est très probable oui, » s'impatienta Sherlock. « Qu'est-ce que tu voulais dire au sujet de Croupton père ? »

- « Qu'il est juste impossible qu'il ait envoyé sa femme à la mort pour protéger son fils criminel, surtout pour ensuite enfreindre la loi en l'aidant à se cacher. Tu as dit toi même que cet homme n'avait aucun sens de la famille, et qu'il ne tenait à rien plus qu'à sa carrière. Il n'aiderait pas son fils pendant aussi longtemps, surtout si c'est pour qu'à la première occasion ledit fils cherche à prouver sa foi en Tu-Sais-Qui en faisant apparaître la Marque des Ténèbres. »

- « Je sais. » répondit le Serdaigle en fronçant les sourcils. « La théorie à laquelle je suis parvenue est pour l'instant la plus probable, mais il est vrai qu'elle présente une faille à ce niveau. Il se peut que Croupton Jr ait eu recours à une autre astuce pour s'en sortir. En revanche je suis absolument sûr qu'il est en vie actuellement et que c'est lui que nous avons entendu lancer le sort de la Marque cet été. »

- « Très bien. » soupira John. Il savait que son ami ne changerait pas d'avis, du moins pas dans l'immédiat, et il n'avait pas envie de perdre son temps à essayer de le convaincre. De plus, il était malheureusement fort possible que Sherlock ait raison sur toute la ligne « Je te préviendrais dès que je verrais un Mangemort psychotique se balader dans le coin. »

- « Je n'en attendais pas moins de toi John. » répondit le Serdaigle, impassible, mais un sourire menaçait au coin de ses lèvres.

John ne repensa pas à l'affaire Croupton jusqu'à son premier cours avec Maugrey, le jeudi de cette même semaine, où elle lui fut rappelée de manière plutôt douloureuse. Le Gryffondor avait passé l'heure à écouter avec une fascination grandissante le professeur de Défense contre les Forces du Mal énumérer les différents sortilèges impardonnables et leurs effets. Comme le reste de sa classe, il avait tour été amusé, puis révulsé par les gesticulations et la mort de l'araignée cobaye. Mais ce qui l'avait le plus marqué durant ce cours, c'était le visage de Neville Londubat au moment où Fol-Oeil avait utilisé le sortilège Doloris contre l'araignée: il était empreint d'une terreur inimaginable. Même après la fin du cours, John remarqua qu'il avait toujours l'air aussi déboussolé, fixant le mur avec une expression d'horreur. Il n'avait pas osé intervenir, laissant à Harry, Hermione et Ron le soin de s'en occuper. Après tout, il n'avait jamais été particulièrement proche de Londubat. Il désirait cependant en parler à Sherlock le Gryffondor était curieux de voir si son ami aurait une explication à lui proposer.

Après l'avoir cherché en vain près de la salle commune des Serdaigles, le blond finit par le trouver dans la bibliothèque, entouré de parchemins et de grimoires posés en équilibre instable. John s'effondra à ses côtés en soupirant :

- « Le cours de Maugrey était très intéressant. Il nous a parlé des sortilèges impardonnables... »

- « Je sais John. Dois-je te rappeler que j'ai eu le même cours dans la matinée ? » coupa Sherlock d'un ton agacé.

- « Non. Mais il s'est passé quelque chose d'inhabituel durant l'heure, et j'espérais que tu pourrais m'éclairer. » Le Gryffondor resta quelque instant à fixer le brun, espérant une réaction de sa part. Après quelques secondes de silence, celui ci finit par relever la tête :

- « Qu'est-ce qui est arrivé ? »

- « Eh bien pour commencer c'est Neville Londubat qui a cité le Sortilège Doloris... »

- « Londubat réussissant à répondre à une question est déjà en soi un événement inhabituel. » marmonna le grand brun. John l'ignora et poursuivit :

- « ...et il a eu une réaction très étrange quand Fol-Oeil a ensorcelé l'araignée avec Doloris. Il est devenu blanc comme un linge, et il paraissait complètement terrifié. Maugrey semblait savoir quelque chose. »

- « C'est une conduite tout à fait logique étant donné que les parents de Londubat sont devenus fous suite à l'usage sur eux de ce même sortilège. » répondit Sherlock d'un ton impassible.

- « Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? » s'exclama John, ne voulant pas croire ce qu'il venait d'entendre.

Le Serdaigle le fixa pendant quelques secondes, cherchant visiblement à déterminer si il plaisantait ou non, avant de lui expliquer, exaspéré :

- « Je te l'ai déjà dit, non ? Mr et Mme Londubat sont les deux sorciers qui ont été torturé par les Lestrange. Ils sont hospitalisés à Saint Mangouste depuis. »

- « Non, ça Sherlock tu ne me l'as jamais dit, sinon crois moi, je m'en serais souvenu. Tu n'as pas précisé le nom des aurors à qui c'était arrivé, d'ailleurs je pensais que tu ne le connaissais pas.. »

- « Bien sûr que si je le savais. J'ai dû considérer lorsque je t'en ai parlé que tu étais déjà au courant pour les parents de Londubat et que tu ferais le rapprochement par toi même. »

- « Et comment est-ce que j'aurais été au courant, hein ? » commença à s'énerver John. « Je connais à peine Neville. »

- « Tu es dans la même maison que lui. Je t'ai déjà vu plusieurs fois discuter avec lui et les autres. Il aurait pu vous l'expliquer auparavant. »

- « Sherlock, ce n'est pas le genre de chose dont on parle entre deux cours de potions, bon sang ! Tout ce que je sais, et je suis sûr que c'est pareil pour le reste des quatrièmes années de Gryffondor, c'est qu'il vit avec sa grand-mère. C'est tout. Il n'a jamais mentionné ses parents devant nous. »

- « Pourquoi est-ce que ça t'énerve autant John ? » demanda le Serdaigle calmement.

Le blond se rendit compte seulement à ce moment là que sous le coup de la colère, il avait agrippé la table avec une telle force que ses articulations en avaient blanchi. Il desserra aussitôt ses doigts.

- « Sérieusement, tu me poses la question ? Je viens d'apprendre que les parents de quelqu'un que je côtoie depuis quatre ans sont devenus fous après avoir été torturés par des Mangemorts, et pour couronner le tout tu en parles comme si ça n'avait strictement aucune importance. Est-ce que tu t'en soucies ne serait-ce qu'un peu ? »

- «Non. Le fait que ce soit les parents de Londubat qui ont été victime de Croupton Jr ne change rien pour moi en effet. Eux ou d'autres, le résultat est le même en ce qui concerne l'enquête. »

- « Je ne te parle pas de l'enquête, Sherlock. »

- « Est-ce que tu pourrais m'expliquer ce que tu attends de moi exactement alors, John ? » interrogea le grand brun en haussant les sourcils. Il tapotait d'un air agacé sur la table, comme si la conversation qu'ils étaient en train d'avoir l'insupportait.

- « Je ne sais pas. De la compassion peut être. » répondit le Gryffondor sèchement. Devant l'expression incrédule de son ami, il esquissa un rire sans joie. « J'aurais dû me douter que c'était stupide de ma part. »

Sur ces mots, il se releva, balança son sac sur son épaule, et quitta la bibliothèque sans se retourner. Sherlock ne chercha pas à l'arrêter.


Lorsque John se rendit dans la salle commune des Gryffondors ce soir là, il était déjà d'une humeur massacrante suite à sa dispute avec Sherlock. Plusieurs heures passées à essayer d'étudier sa métamorphose tandis que non loin de lui Harry et Ron inventaient des histoires invraisemblables pour leur horoscopes de divination en riant bruyamment ne l'améliorèrent pas outre mesure.

Aussi lorsque Hermione finit par s'asseoir à ses côtés, un sourire radieux aux lèvres et une boîte remplie de badges colorés sur lesquels apparaissaient les lettres « SALE » à la main, John n'avait ni l'envie, ni la patience de faire preuve de diplomatie.

- « Qu'est-ce qu'il y a Hermione ? »

- « Je lance une association pour soutenir les elfes de maisons, et protester contre les traitements injustes dont ils sont victimes depuis des centaines d'années. Tu voudrais y adhérer ? »

- « Tu as décidé d'appeler cette association sale ? » demanda le blond d'un air incrédule. « C'est censé être un jeu de mots ? »

- « Euh non, en fait c'est la Société d'Aide à la Libérations des Elfes. » marmonna Hermione. « Mais oublie le nom. Le but de cette association sera de sensibiliser la communauté des sorciers afin d' aider les elfes à obtenir des conditions de travail décente. Pour la modique somme de deux mornilles, tu auras droit à un badge et tu deviendras membre officiel de la SALE. Les sommes récoltées permettront de financer une campagne de tract, qui.. »

- « Je t'arrête tout de suite. » coupa John, qui désirait mettre fin rapidement à cette conversation absurde. « Tu penses sincèrement que je vais payer deux mornilles pour porter un badge ridicule, afin d'adhérer à une association dont je ne suis pas d'accord avec les objectifs ? Je t'ai déjà dit que les elfes se contentent très bien de ce qu'ils ont. Tu les embêteras plus qu'autre chose en faisant ça. »

- « Mais est-ce que tu as bien réfléchi à l'injustice de leur statut au sein de la société magique ? » insista la jeune fille.

- « La réponse est non, Hermione, au cas où tu n'aurais pas compris. » interrompit le blond, en reprenant ses parchemins sous le bras. « Maintenant si ça ne te dérange pas, je vais aller dormir, en espérant que personne ne viendra me harceler cette nuit au sujet des trolls de montagnes opprimés. Merci. »

Il avait tout à fait conscience qu'il venait de se montrer à peu près aussi désagréable que Sherlock , et cette pensée l'énerva encore plus. Ignorant le regard incrédule de Hermione et d'Harry et Ron, tous trois surpris par cet accès soudain de colère, il se dirigea d'un pas décidé vers le dortoir des garçons. Décidément, il y avait des jours sans.

Le lendemain matin, John resta un moment à contempler les rideaux de son lit à baldaquin, répugnant à se lever. Lorsqu'il s'était réveillé, il lui avait fallu quelques secondes pour se remémorer les incidents de la veille et maintenant qu'il se souvenait qu'au cours de la même soirée il avait réussi à se disputer avec son meilleur ami et à rembarrer plutôt sèchement une fille qui s'était toujours montré aimable avec lui, cela ne lui donnait pas la moindre envie d'affronter le monde extérieur. Il finit toutefois par se redresser et s'habiller en soupirant, avant de dégringoler les marches de la tour de Gryffondor pour aller petit-déjeuner. Lorsqu'il pénétra dans la Grande Salle, John résista à l'envie de regarder à la table des Serdaigles pour voir si Sherlock s'y trouvait à la place il se rendit directement à celle des Gryffondors, et s'assit à un coin un peu en retrait des autres élèves. C'était sans compter sur Hermione, qui se matérialisa soudainement à ses côtés. Le blond reposa avec regret le toast qu'il venait de commencer à tartiner.

- « Écoute Hermione, à propos d'hier, je voulais te dire que je suis vraiment désolé. Je n'aurais pas du m'emporter comme ça. »

La jeune fille sourit, et fit un petit signe de la main comme pour signifier que l'incident était clos.

- « T'inquiètes pas, ce n'est rien. J'aurais dû me douter que tu n'étais pas d'humeur. Tu t'es disputé avec Sherlock hier soir, non ? »

En temps normal, le premier réflexe de John aurait été de lui faire remarquer que cela ne la concernait absolument pas, mais étant donné qu'il s'était déjà montré agressif envers elle la veille, il décida de se montrer patient.

- « Qu'est-ce qui te fais dire ça ? »

- « Eh bien, c'est évident, non ? Tu as passé des heures tout seul dans la salle commune hier soir, ce qui ne t'arrive strictement jamais, et il n'est pas venu te voir ce matin au petit-déjeuner. Ça, et tu sembles de très mauvaise humeur...Qu'est-ce qui s'est passé ? »

John ne put s'empêcher de tiquer en entendant cette déclaration si la possibilité qu'il aie juste eu envie de passer douze heures sans Sherlock paraissait aussi inconcevable à la jeune fille, peut- être était-il temps pour lui de s'inquiéter.

- « Rien de particulier. On n'a pas la même opinion sur certains sujets, c'est tout. » finit-il par répondre en haussant les épaules. Hermione lui lança un regard, mi-amusé mi-exaspéré, qui semblait signifier « Ah, les garçons... »

- « Et évidemment vous êtes tous les persuadés d'avoir raison ? »

John réalisa alors qu'Hermione avait déjà dû se trouver au milieu de disputes de ce genre auparavant, étant inséparable de Harry et de Ron. Mais aucune d'elles ne devait porter sur le thème « mon meilleur ami a tendance à se comporter comme un sociopathe. » Aussi renonça-t-il à s'expliquer plus en détail.

- « Effectivement. Mais mon opinion est la seule valable dans ce cas précis . »

- « Très bien. Je comprends si tu n'as pas envie d'en parler » répondit Hermione en souriant. John ne put s'empêcher de culpabiliser en repensant à ce qu'il lui avait dit la veille.

- « Hermione, au sujet de la SALE... »

- « Oui ? » L'enthousiasme de la jeune fille était audible.

- « J'ai bien réfléchi...et en fait je crois que ça m'intéresserait. » réussit-il à articuler, forçant un sourire. Il ne désirait pas plus qu'auparavant y adhérer. Mais il fallait bien qu'il se rattrape d'une manière ou d'une autre – et cela lui permettait de changer de sujet.

- « C'est vrai ? » s'exclama Hermione, ravie. « Figure toi que j'ai justement des badges sur moi. Je peux t'en passer un tout de suite si tu veux, tu me donneras les deux mornilles ce soir. »

Avant même qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche pour objecter, John se retrouva avec un badge SALE épinglé à sa robe de sorcier.

- « Super ! Si jamais des gens te posent des questions , explique- leur bien le but de l'association, d'accord ? »

- «Je n'y manquerais pas. » répondit le blond, essayant de gommer au maximum le sarcasme dans sa voix.

- « Et si tu as d'autres problèmes avec Sherlock... »

Hermione n'acheva jamais sa phrase. L'intéressé venait d'apparaître juste en face d'elle, et elle resta un instant la bouche grande ouverte, incertaine sur la démarche à suivre.

- « John. » se contenta de dire le Serdaigle. Le blond ne put s'empêcher de rougir ; la dernière chose dont il avait envie, c'était que Sherlock pense qu'il allait se plaindre auprès de ses petits camarades de Gryffondor au moindre désaccord. Hermione se leva précipitamment.

- « Je dois y aller. John, on se retrouve en cours, d'accord ? »

- « Tu n'es pas obligée de partir. » répondit aussitôt le blond en posant sa main sur son bras. Elle se dégagea en souriant.

- « Il n'y a aucun problème. De toute façon, je dois absolument parler avec Harry ce matin. » expliqua-t-elle avant de s'éloigner à grandes enjambées. Sherlock s'assit aussitôt à sa place.

Lui et John restèrent un instant à se fixer dans un silence inconfortable.

- « Tu es au courant que tu portes un badge sur lequel il y a marqué sale? » finit par demander le Serdaigle, imperturbable.

- « Hem oui, en fait c'est pour soutenir une association qu'Hermione vient de lancer pour aider les elfes de maisons. En échange de deux mornilles, j'ai un badge et je deviens un membre officiel de la SALE. »

- « Ah. Tu as payé pour pouvoir le porter. Voilà qui explique tout. »

John aurait très bien pu décider de frapper Sherlock en l'entendant se moquer de lui ainsi. A la place, il éclata de rire. Le Serdaigle l'imita et quelques secondes plus tard, ils étaient tous les deux effondrés sur la table en hoquetant. Il leur fallut plusieurs minutes pour réussir à se calmer et à reprendre leur souffle. Les élèves de première année assis non loin de John s'étaient écartés prudemment de quelques places, mais il n'y prêta pas attention. Il se contenta de regarder Sherlock, qui était occupé à détacher le badge de sa robe.

- « Tu diras à Granger que tu préfères le garder pour les grandes occasions. »

- « Ou alors qu'un militant acharné voulait absolument avoir le même, et que je lui ai donné dans ma grande générosité. »

Sherlock sourit, d'un de ses sourires sincères qu'il n'accordait que rarement, et fourra le badge dans son sac.

- « C'est ça. Tu permets que je le prenne ? Je l'offrirai à Mycroft pour Noël. »

- « Pas de problème. Tu mettras nos deux nom sur le paquet cadeau. » répondit John en souriant largement. Sherlock émit un rire bas, puis reprit soudainement son sérieux.

- « John, en ce qui concerne hier.. »

- « Je n'ai pas envie d'en parler. » interrompit le Gryffondor. Il savait qu'il n'obtiendrait pas d'excuse Sherlock se contenterait de dire qu'il n'aurait pas pu deviner que son ami allait se montrer aussi sensible sur le sujet. Et c'était la dernière chose qu'il avait envie d'entendre.

- « Très bien. » répondit aussitôt le brun, et il semblait soulagé. « A propos d'associations avec un nom bizarre, j'ai du nouveau sur La Ligue de Soutien Au Rouquins. »

- « Mais la première convocation de Jabez n'a pas encore eu lieu, non ? » questionna John. « Comment as-tu réussi à dénicher quelque chose ? »

- « Mme Hudson m'a envoyé un hibou avec toutes mes archives de la Gazette du Sorcier. J'ai trouvé ce que je voulais savoir au sujet de John Clay : son père James Clay, a été arrêté il y a quelques mois pour tentative de vol à Gringotts. Il a essayé de pénétrer dans une des chambres fortes, mais il s'est fait repérer avant d'avoir eu le temps d'effectuer quoi que ce soit. Apparemment, il avait de nombreuses dettes. »

- « Et quel est le rapport avec son fiston ? »

- « Peut être aucun. Mais le fait de voir son père déshonoré et ruiné pourrait constituer un motif suffisant pour qu'il passe à l'action. »

- «Ça ne veut pas forcément dire qu'il va lui aussi tenter de cambrioler quelque chose... » objecta le Gryffondor, mais Sherlock le coupa avant qu'il n'ait eu le temps d'en dire plus :

- «En attendant, je vais avoir besoin de ton aide dimanche après-midi. »

- « Pourquoi faire ? »

- « Du travail de terrain. » répondit le Serdaigle d'un ton joyeux.


« Sherlock Holmes, un de ces jours tu me le paieras » marmonna pour lui même John, alors qu'il était dissimulé derrière un des buissons du parc de Poudlard, occupé à surveiller Anderson et Donovan. Les deux était assis sur un banc quelques pas plus loin, et lorsqu'ils ne s'embrassaient pas, le Poufsouffle se chargeait de faire la conversation en parlant de la semaine qu'il venait de passer. John ignorait combien de temps il pourrait rester dans cette position sans mourir d'ennui, mais ce dont il était sûr, c'était qu'il n'avait pas cela en tête quand Sherlock avait évoqué quelques jours auparavant « un travail de terrain. » Le Serdaigle avait alors vaguement expliqué qu'il devrait se charger de filer quelqu'un, ans préciser qui, pour savoir comment il occupait son dimanche de 14h à 16h. Le Gryffondor avait appris qu'il s'agissait d'Anderson seulement le matin même. Son ami avait déclaré qu'il se chargerait lui même de Clay et qu'ils devraient se retrouver tous les deux à 16h près de la bibliothèque pour pouvoir discuter avec Jabez Wilson. John avait obtempéré, mais il ne voyait pas du tout quel était le but de la manœuvre, et surtout, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait mieux à faire de son après-midi.

Au moment où ses jambes commençaient à s'engourdir après être resté dans la même posture aussi longtemps, John jeta un coup d'œil à sa montre et vit qu'il ne restait que quelques minutes avant son rendez vous avec Sherlock . Il s'éloigna de quelques mètres, toujours accroupi, avant de se redresser le plus discrètement possible. Époussetant en marchant les feuilles qui se trouvaient sur sa robe, il se dirigea d'un pas assuré vers l'entrée principale du château. Ayant entendu les bruits de pas, Anderson se retourna et l'interpella, goguenard :

- « Hé, Watson ! Pas en train de nous espionner j'espère ? »

- « Tu crois vraiment que j'ai le temps pour ça ? » se contenta de dire le Gryffondor en haussant les épaules. « Je faisais juste un petit tour dans le parc. ». Il accéléra le pas pour ne pas avoir à entendre la réponse d'Anderson.

Au quatrième étage, Sherlock l'attendait déjà devant la bibliothèque, avec sur le visage une expression de profond ennui.

- « Tu es en avance. » se contenta-il de dire.

- « Rappelle moi pourquoi je devais me charger d'Anderson, déjà ? Je suis resté deux heures assis derrière un buisson Sherlock, deux heures ! »

- « Étant donné notre différence de taille, tu as tendance à passer plus inaperçu. Et Anderson devient paranoïaque si il a l'impression que je suis dans un rayon de cent mètres. Alors, comment est-ce qu'il a occupé son après-midi ? »

- « A ton avis ? Il est resté deux heures à embrasser Donovan. Franchement Sherlock si c'est tout ce que tu voulais savoir, j'aurais pu te le dire sans même avoir à me renseigner. »

- « Il était important de s'en assurer. Sa précédente copine m'avait dit qu'il l'emmenait dans le parc le dimanche après-midi, je voulais juste vérifier qu'il n'avait pas changé ses habitudes. »

- « Super. Content d'avoir pu aider. » marmonna John d'un ton sarcastique. « Qu'est-ce que tu as appris de Clay ? »

- « Pas ce à quoi je m'attendais. » répondit le Serdaigle en fronçant les sourcils, visiblement contrarié. « Je suis passé dans leur dortoir il y a quelques minutes pour voir Clay. Je pensais qu'il y aurait passé son après midi. Mais il venait tout juste de rentrer. Ses chaussures étaient encore couvertes de boues. Je suppose que tu ne l'as pas vu quand tu étais dans le parc ? »

- « Tu crois vraiment que j'ai fait attention à toutes les personnes qui sont passées devant moi pendant deux heures ? J'étais censé rester caché, je te rappelle. »

- « Qu'importe. Tout ceci n'a rigoureusement aucun sens. Si on envoie Wilson effectuer ce travail inutile, c'est forcément pour le tenir éloigné, non ?Clay, sachant qu'Anderson n'est jamais là le dimanche, n'a plus qu'a s'occuper de Wilson pour avoir la chambre libre. Mais quel est l'intérêt si il s'absente lui aussi ? »

- « Peut être qu'il n'était pas dehors tout l'après midi. Si ça se trouve, il revenait juste d'un petit tour quand tu es arrivé. »

- « Non. » répondit Sherlock en faisant un geste de dénégation. « La boue sur sa chaussures était solidifiée par endroit. Son escapade a duré au moins une heure. »

- « Au fait, comment est-ce qu'il a réagi quand il t'a vu ? »

- « Il était un peu surpris au départ, mais apparemment Wilson lui avait déjà parlé de moi. Je lui ai juste dit que je devais faire quelques recherches et je lui ai demandé ce qu'il pensait de toute cette histoire. Il s'est contenté de hausser les épaules et de prétendre qu'il n'en savait rien. »

- « Et tu penses qu'il t'as menti ? »

- « Évidemment. Il a forcément quelque chose à voir là dedans, même si il n'est peut être pas le cerveau de l'affaire. »

John fut dispensé de répondre par l'arrivée de Jabez Wilson, qui venait tout juste de sortir de la bibliothèque. Il s'avança vers eux en souriant :

- « Tout s'est très bien passé ! Duncan m'a indiqué le coin de la bibliothèque où je devais m'asseoir pour être sûr que personne ne viendrait me déranger, m'a donné les deux Gallions et ensuite il m'a laissé travailler. Je dois juste passer aux sous sols pour lui montrer ce que j'ai écrit. »

- « Très bien. » acquiesça Sherlock distraitement. « Ross n'est pas revenu te voir pendant les deux heures, donc ? »

- « Non, pas une seule fois. Il m'a dit qu'il me faisait confiance. » répondit Jabez gaiement. « Bon, si ça ne vous dérange pas, il faut que j'y aille, il m'attend en bas. Merci encore de continuer à vous soucier de moi. »

Et sur ces mots il disparut, ses parchemins et son livre de Bathilda Tourdesac sous le bras.

- « Il ne doute vraiment de rien. » soupira Sherlock en le regardant partir.

- « Pourquoi, parce qu'il pense que tu t'inquiètes réellement pour lui ? » releva John d'un ton sarcastique.

- « Non. C'est juste qu'il n'a pas remarqué que Ross était resté deux heures devant la bibliothèque pour vérifier qu'il n'en sortirait pas. Il a quitté son poste il y a seulement dix minutes. »

- « Comment est-ce que tu peux en être aussi sûr ? »

- «Je me suis débrouillé pour passer régulièrement au quatrième étage cet après-midi. Et à chaque fois Ross s'y trouvait également. »

- « Pourquoi est-ce qu'ils tiennent tant à ce que Jabez ne quitte pas la bibliothèque ? »

Sherlock se contenta de lui lancer un regard qui signifiait « si j'avais la réponse, l'enquête serait terminée », avant de se diriger vers les escaliers d'un pas rapide.

- « Pas d'illumination subite pour l'instant, alors ? » interrogea le Gryffondor tandis qu'il s'efforçait de marcher à sa hauteur.

- « Je n'ai pas d'illumination John. Toutes mes découvertes sont le fruit d'intenses réflexions, pas des éclairs qui surgissent quand bon leur semble. »

- « Sherlock, tu restes allongé sans rien faire pendant des périodes de temps infinies jusqu'à ce que tu réussisses à trouver l'élément qui te permettra de reconstituer toutes les pièces du puzzle. Sans compter toutes les fois où tu te mets à baragouiner des choses incompréhensibles alors que nous sommes en plein milieu d'une recherche..Comment appeler ça autrement que des éclairs de compréhension ? »

- «C'est parce que tu ne saisis pas l'essence de mes méthodes de raisonnement que tu dis ça. Tu t'arrêtes à l'apparence sans chercher l'essentiel. » balaya le Serdaigle d'un signe d'un signe de main. « On peut savoir à quoi ressemble quelque chose sans vraiment comprendre. De la même manière, quelqu'un qui cherchait à simplement imiter mes méthodes sans y réfléchir d'avantage n'arriverait pas aux mêmes résultats que moi, parce qu'il n'aurait pas appréhendé ce qui est réellement important.. »

A ce stade de la conversation, John avait plus ou moins cessé d'écouter : il savait quand Sherlock s'apprêtait à se lancer dans une grande diatribe sur son art de la logique, comme il aimait l'appeler. Il savait aussi qu'il n'avait pas besoin d'y prêter vraiment attention. C'est pourquoi il ne remarqua pas tout de suite que son ami s'était arrêté au beau milieu de sa phrase, et commençait à marmonner de manière à priori décousue. Le petit blond finit cependant par se rendre compte que quelque chose clochait – en partie parce qu'ils avaient tous deux cessé d'avancer et qu'ils se tenaient au beau milieu du couloir.

- « Sherlock ? »

Le moment où il prononça son nom coïncida avec celui où les yeux du Serdaigle s'éclaircirent brusquement et où il laissa échapper un « Oh » ravi. Le brun se retourna ensuite vers John, un sourire extatique aux lèvres :

- « Mais bien sûr ! Pourquoi, pourquoi, n'y ai-je pas pensé avant ? C'était tellement flagrant ! »

- « Est-ce que tu pourrais m'expliquer de quoi est-ce que tu parles exactement ? »

- « De La Ligue de Soutien aux Rouquins évidemment ! J'ai trouvé la solution de l'énigme !»

- « Est-ce que tu pourrais m'éclairer, alors ? » répondit John, essayant de dissimuler son excitation. « Et au fait,tu viens d'avoir une illumination. »

Sherlock, ignorant le sarcasme, se rapprocha du Gryffondor jusqu'à ce qu'ils ne soient plus séparés que de quelques centimètres, et articula trois mots :

- « Du Polynectar, John. » Et sur ce, il partit en courant dans la direction opposée. Avant même que le blond n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche pour demander des précisions, le Serdaigle n'était plus nulle part en vue.

John dut attendre le dîner pour avoir des explications supplémentaire. Sherlock surgit au beau milieu du repas, et s'assit à ses côtés avec une expression réjouie.

- « J'ai eu la confirmation de tout ce que je pensais. » s'exclama-t-il, un grand sourire aux lèvres.

- « Très bien » soupira John « Mais je n'ai toujours pas la moindre idée de quoi il s'agit. »

- « C'est vrai ? Je pensais pourtant avoir été assez clair tout à l'heure. » répondit le brun en fronçant les sourcils.

- « Sherlock, tu plaisantes j'espère ? Tu t'es contenté de dire « Polynectar » avant de filer à toute allure. Peut être que ça t'a paru évident, mais pour moi ça ne l'était pas. »

- « D'accord. Je dois tout recommencer depuis le début alors ? »

Le Gryffondor se contenta de lever les yeux aux ciels, ce qui incita Sherlock à poursuivre sans plus de commentaires.

- « Le plan de John Clay consiste à utiliser du Polynectar en quantité suffisante pour pouvoir prendre l'apparence de Wilson durant une période de deux heures, chaque semaine. Il se débarrasse ensuite du vrai Wilson en le cachant à la bibliothèque, où personne ne pourra le voir. Ainsi, il a la voie libre pour prendre sa place. »

- « Et quel serait l'intérêt ? » demanda le Gryffondor en souriant. « Jabez n'est pas un être exceptionnel au point qu'on veuille se faire passer pour lui... »

- « Enfin, réfléchis John » siffla Sherlock en baissant d'un ton. « Si tu pouvais prendre la place de quelqu'un, de manière à ce que les gens croient que c'est un autre qui agit plutôt que toi...tu en profiterais pour faire quoi ? »

- « Hé bien je suppose que je pourrais enfreindre le règlement et faire accuser quelqu'un d'autre si jamais je me faisais prendre.. »

- « Très bien, tu suis » répondit le Serdaigle d'un ton sarcastique. « Tout à l'heure, je suis allé vérifier les empreintes dans le parc : celle de Clay menaient jusqu'à la cabane de Hagrid, puis repartaient vers la forêt interdite. »

- «Je vois pas exactement ce qu'i voler chez Hagrid ou dans la forêt. » marmonna John, sceptique.

- « Est-ce que tu te souviens qu'au cours de notre première année, il gardait un œuf de dragon chez lui ? Ça vaut une fortune. Je doute qu'il en entasse beaucoup, mais en tant que garde de chasse il doit avoir accès à des ingrédients magiques plutôt rares. Et tu sais combien coûte le crin de licorne à l'unité ? Je t'assure, Clay pourrait vite rentabiliser son affaire en faisant des descentes régulières chez Hagrid. Idem pour la forêt interdite, si on sait où chercher. »

- « Et tu as des preuves de ce que tu avances ? Je veux dire, à part des traces de boues ? »

- « Bien sûr. » répondit Sherlock, indigné. « Je suis allé voir Hagrid et il m'a dit qu'il avait promené les Scroutts tout l'après midi dans la forêt. Je lui ai demandé si il avait vu quelque chose d'inhabituel, et il m'a répondu qu'il avait eu l'impression d'avoir aperçu un Poufsouffle là bas, aux environs de 15h – il était trop loin pour le décrire précisément, mais apparemment il était plutôt grand et avait les cheveux roux. Hagrid l'a appelé, mais l'élève a couru dans la direction opposée lorsqu'il l'a entendu. Évidemment Hagrid n'a pas l'intention d'en parler aux autres professeurs. »

- « Donc tu penses, » commença John en articulant lentement, pour s'assurer qu'il avait bien suivi « qu'il s'agissait de Clay ayant pris l'apparence de Wilson pour se rendre dans la forêt ? »

- « Exactement. La description correspond à Wilson, et pourtant on sait qu'il se trouvait à la bibliothèque à cette heure là. Clay est sorti au cours de l'après midi, et je ne pense pas qu'il y ait beaucoup d'autres élèves de Poufsouffle qui s'amusent à se promener dans la forêt interdite. »

- « Qu'est-ce qu'on fait alors ? On prévient Wilson et on lui explique ce qui se passe ? »

- « Non. On attend un peu. »

- «Et pourquoi ça ? »

- « Je ne ne sais pas du tout où Clay garde les objets volés et je ne pense pas que j'arriverai à fouiller son dortoir correctement. Mieux vaut patienter jusqu'au moment où il aura de la marchandise en quantité suffisante pour la repasser à son complice. C'est là qu'on pourra le coincer »

- « Qui te dis qu'il a un complice ? »

- « Je ne pense pas que Clay soit suffisamment intelligent pour penser à un plan d'une pareille envergure. Attendre nous permettra de savoir pour qui il travaille. Et puis comme ça Wilson pourra encore se faire un peu d'argent de poche. »

- « Je ne pense pas qu'il nous remerciera quand il sera suspecté d'un vol qu'il n'a jamais commis.. »

- « Ça n'arrivera pas John, en tout cas pas tout de suite. Ce n'est pas le but de Clay .Et si jamais ça ne se passe pas comme prévu, on pourra toujours prendre la défense de Wilson et expliquer ce qu'on sait aux professeurs... »

John se contenta de rire silencieusement.

- « Qu'est-ce que ça a de drôle exactement ? » s'enquit le Serdaigle en haussant un sourcil

- « Rien. C'est juste que tu n'as pas idée du nombre de tes plans qui pourraient se résument par « occupons nous de tout nous même, et informons les personnes concernées seulement en dernier recours.. » »

- «Ces plans marchent en général, non ? » répliqua Sherlock en souriant, avant de faire signe à John de se lever. « Dépêche toi de terminer ton repas, il faut absolument que je repasse à la Salle sur Demande ce soir. »

- « Encore une expérience que tu as laissé en plan, pas vrai ? »

- « Elle est relative à l'enquête. J'ai réussi à relever de la boue que Clay avait laissé dans son dortoir – en l'analysant, on pourra savoir très exactement où il s'est rendu. La lutte contre le crime n'attend pas, John ! » répondit le brun en quittant la table pour rejoindre l'entrée de la Grande Salle. Le Gryffondor reposa aussitôt ses couverts et se leva à son tour, marchant rapidement pour essayer de rattraper son ami. Après tout, il pourrait toujours manger à un autre moment.


Note de fin : C'est fini pour aujourd'hui :). A dans deux semaines, avec au programme la résolution finale du mystère de la Ligue des Rouquins...