Chapitre 7. Inglorious Bastardes.

Le petit brun regarde dehors, puis son tableau. Avec son pinceau il mélange la peinture. Cherche une teinte… Puis rectifie… Applique par touche sur son tableau. La place de Florence encore, mais sous un autre angle. Et de cette peinture c'est sûrement mieux. Il voit mieux la profondeur, la force…

Sa montre à côté de lui fait un bruit insupportable, chaque seconde s'égraine trop lentement. Plus vite… L'attendre.

Répondre aux questions insipides. Éviter les indiscrètes. Fumer clope sur clope. Dean fatigue, il a l'impression que c'est toujours la même chose. Il n'a pas la liberté de Cas pour ses toiles. Il a juste son foutu caractère et des réponses préétablies.

La journaliste désire savoir s'il a des projets en cours. Une seconde, une seule, il a envie de répondre que c'est rejoindre l'homme avec qui il a baisé ce matin et lui dire qu'il lui a manqué encore plus que de raison. Non, c'est impossible de répondre ça. Dommage.

Castiel attend. Le retour de son chat, il s'inquiète, il se demande quand il va revenir. Mais bien sûr les chats n'en font qu'à leur tête, ne préviennent pas… Et puis il l'imagine en chat, Dean serait surement un grand chat roux aux yeux verts, ouais. Pas de doutes là dessus. Comme un idiot il sourit tout seul en se demandant s'il ne ferait pas mieux de lui mettre un collier et l'attacher pour ne pas se faire approcher par les autres matous, le garder près de lui.

Pas le droit. Son amant. Rien de plus.

Dean sort de la banque à son heure de fermeture, soit dix-neuf heures. Il a réussi à obtenir un rendez-vous tard mais « Vous êtes Dean Winchester ? Ah oui très bien, on va s'arranger. ». Tout est tellement plus facile avec de l'argent. Il a ouvert un nouveau compte d'ailleurs qu'il va garder secret un moment. Il planifie son futur. Enfin. C'est rare.

Il doit encore passer chez lui se changer. Au passage, il s'arrête pour faire des courses pour John. Mauvaise idée. Il se fait sauter dessus pour des autographes. Jamais tranquille, il commence à fatiguer. Alors il fuit, en taxi encore, donnant toujours la même adresse.

Castiel attend, assis sur le canapé, il regarde d'un œil la télé, dépité par toutes les conneries qui passent. Il finit par s'allonger et regarde le plafond. Pourquoi a-t-il fallu que Dean le force à vouloir le voir prendre son pied… Ça le fait se sentir mal, et pourtant terriblement encore plus attaché. Il n'aime pas ça. Mais n'y peut rien. C'est pire que du manque.

Dean gratte enfin à sa porte aux alentours de huit heures. Il sait qu'il va se faire détruire par John d'arriver avec une heure de retard mais ce qu'il craint d'avantage c'est la réaction de Castiel... Pourtant il n'aurait pas dû. Castiel se lève précipitamment et ouvre la porte, vite, tellement qu'il s'emmêle dans ses gestes.

Dean est là sur le pas de la porte, lui se jette à son cou, à son corps. Le toucher, le sentir, le ressentir à nouveau. En soupirer de soulagement.

Dean se sent mal de le sentir comme ça. Il ferme la porte derrière lui et s'y adosse, tenant Castiel comme s'il y avait des jours que leurs peaux ne s'étaient pas touchées. Juste une poignée d'heures. C'est horrible.

« Cas... Tu veux que j'annule ou... Ça va ? s'inquiète-t-il.

Non… Non maintenant ça va… Je veux juste être avec toi., souffle-t-il à ses lèvres.

Comme chaque fois ses ongles vont se planter dans sa nuque. Oui, le garder avec lui, le retenir. Dean le laisse faire. Il aura de nouvelles ronces avec ses traces d'ongles. Ça lui va.

Bon... Moi aussi. On va ? J'suis déjà en retard et faut que j'amène des fleurs, sa coloc en raffole., babille-t-il.

Oui, oui… J'arrive. »

Castiel éteint la télé, prend ses clefs, son portable et son paquet de clopes, puis rejoint Dean à la porte. Il est prêt ! Dean remarque enfin que son amant est très sexy ce soir. Dans une chemise blanche et avec un jean noir bien moulant. Il passe ses mains sur ses fesses pour lui dire qu'il aime beaucoup et sourit. Ça plaît foutrement à Castiel qui lui lance un petit sourire aguicheur. Il le traîne jusqu'aux escaliers qu'ils descendent rapidement pour rejoindre un taxi en bas.

« La classe… !

On s'y habitue. » rigole Dean en s'y engouffrant.

Il donne l'adresse de John mais fera arrêter le taxi un peu avant, il y a un fleuriste ouvert à tout heure. Quand ils y arrivent, Dean paye et tire Cas hors de là. Ils sont loin du centre, il y a moins de monde dans les rues et l'acteur apprécie de faire le dernier trajet à pieds vers chez John. Son portable sonne, son ami qui s'inquiète, mais ils arrivent, tout va bien. Au moment de raccrocher, Castiel regarde les mains fines de Dean sur le portable. Puis le portable lui-même. Ça lui tire un énorme sourire ainsi qu'un battement de cœur oublié.

« Joli fond d'écran… !

Merci trésor... J'ai eu envie ce matin. » sourit Dean.

Il s'arrête en face d'un portail dont il connait le code et rentre dans une cour intérieure qu'il traverse jusqu'à l'immeuble d'en face. Là il appelle John par l'interphone. Il lui ouvre de suite.

Quelques secondes plus tard, alors que Dean et Castiel attendent devant la porte de John, l'acteur enlace délicatement ses doigts à ceux de Cas. Castiel en a des frissons qui lui remontent dans le dos. Rien qu'avec sa main il arrive à le faire réagir déraisonnablement, c'est dingue. Alors qu'il était en train de le manger des yeux, la porte s'ouvre enfin.

« Ah enfin la star daigne être là ! se moque John en lui faisant la bise.

Oui j'aime bien me faire désirer. John, j'te présente Castiel... »

Dean lui jet te un regard lourd de sous-entendus. Pas intérêt à dire quoi que ce soit devant lui. Son meilleur ami cligne ses yeux verts pour acquiescer et tend la joue à Castiel, lui souhaitant la bienvenue.

« Salut ! »

Castiel lui fait la bise, toujours souriant. Il est pas bien difficile, mais ce soir c'est un peu spécial. Depuis qu'il connaît Dean, il n'a toujours été qu'extérieur à ses amis, eux l'ont vu renverser la bière sur Dean, l'allumer comme un dingue… En espérant que les préjugés ne soient pas trop forts.

En entrant dans le salon, Sarah vient de suite vers Dean et surtout... Les fleurs ! Comme toujours, elle est touchée par l'attention de Dean. Elle souhaite également la bienvenue à Castiel, de son sourire accueillant et d'une bise sur chaque joue. Elle s'en va mettre les fleurs dans l'eau. Elle est la seule fille ce soir. Trois autres garçons sont déjà à table et ont reconnu le petit brun. Guillaume et son homme n'en disent rien, ils ne peuvent pas juger. En revanche, Yves comme toujours doit ouvrir sa gueule.

« Et bien Dean, on dirait que t'aimes vraiment la bière !

Dean serre les dents. Yves devient vraiment insupportable... Castiel fronce les sourcils et rit un peu. Non mais franchement… C'est tellement charmant comme arrivée !

Si tu veux je pourrais toujours recommencer avec toi, mais je doute que le pantalon mouillé t'aille aussi bien qu'à lui.

John rigole, Guillaume et Hugo se joignent à lui, Sarah éclate carrément de rire. Dean porte le coup final.

Tu vois lui il a du caractère au moins.

Ouais mais bien mauvais., maugréé Yves.

L'hôpital se moque de la charité. Bref, allez Yves dis bonjour et fais un sourire, tu vas voir, ça change la vie ! »

Les autres rigolent encore de la joute verbale. Yves se force à desserrer les dents. Il n'en pense pas moins... Castiel lance un petit regard complice à son amant. C'est tellement bon.

Il le suit pour aller dire bonjour au reste des amis de Dean, même à Yves, bah , il ne faut pas être mal élevé pour autant.

Sarah les place à côté autour de la table ronde. Visiblement, on n'attendait qu'eux pour commencer le repas ! John leur demande quand même s'ils veulent voire un truc avant mais Dean décline l'alcool. Juste un Perrier citron pour lui. John fait un sourire à Cas et lui demande pour lui. Castiel prend la même chose que Dean, il n'est pas vraiment d'humeur à boire de l'alcool. Il est bien, n'a pas envie de plus. Après le vide de cet après-midi, Dean est là, alors le manque ne se fait plus sentir. Seul son pied vient se colle à celui de son amant. Dean a besoin d'un peu plus alors juste après avoir posé son téléphone sur le bar derrière pour être tranquille, il va emmêler leurs doigts.

Yves à côté de Dean n'a pas loupé une miette de la scène. Telle une pie, il a aussi remarqué le nouveau jouet de Dean. Hum...

John les sert avec Sarah, ils ont cuisiné tous les deux. D'habitude, Sarah s 'y colle seule, mais en échange Dean amène les fleurs et Guillaume fait le dessert. Ils ont leurs petits rites de retrouvailles quand même. Et c'est ce qui fait que ça se passe bien à chaque fois. Presque...

« Alors Castiel tu fais quoi dans la vie ? demande la jeune femme.

À part renverser des bières ouais..., glisse Yves.

Artiste peintre... Je suis serveur pour éviter de me retrouver à la rue !

Castiel a décidé de ne plus prêter attention à Yves qui visiblement a une petite pointe d'amertume envers lui.

Ouah ! On a un acteur et un peintre maintenant, pas mal !, sourit Sarah. Tu exposes, ça marche bien ?

Oui j'expose dans le Marais, et ça marche… Bah… Ça va on va dire ! J'ai eu pire !

John sourit. Ça va Castiel arrive à bien s'intégrer, en même temps avec Sarah c'est facile. Sa coloc lesbienne sait bien faire la conversation !

J'me sens tout seul à avoir fait des études scientifiques là ! rit Guillaume.

Oui mais avoir un informaticien à la maison, c'est cool. » roucoule sa moitié.

Castiel ne peut s'empêcher de sourire, ha bah c'est deux là ils sont pas les moins mignons ! Il n'ose pas vraiment poser des questions de peur d'être trop curieux mais bon… Pour le moment il se contente de garder la main de son amant dans la sienne, bien au chaud, bien contre lui.

Dean la garde tant qu'il peut, même si pour ça il doit manger d'une seule main. John s'en moque, lui disant qu'il ne veut même pas savoir ce à quoi elle est occupée ! Tout le monde rit, même Yves. Enfin bref, le temps passe bien comme ça. Dean caresse de temps en temps le visage de Cas, sans regarder parfois, juste cherchant du bout des doigts., Castiel se laisse bien volontiers faire, ne peut s'empêcher de sourire et d'embrasser le bout des doigts de son amant quand celui-ci est plus près de sa bouche que de sa joue. Il se sent presque niais, c'est pas top…

Enfin, il continue de manger discutant avec Guillaume de son boulot, et tout… Le repas touche à sa fin alors John réquisitionne du monde pour la vaisselle, dont Castiel et Guillaume. Il veut toucher deux mots au premier à propos d'Yves pour lui expliquer son comportement... Alors au-dessus de l'évier, les mains pleines de mousse, il dit à Cas :

« Désolé pour Yves, il a toujours du mal avec les nouvelles connaissances de Dean...

Il a quoi ? Jaloux de Dean ? amoureux contrarié ?

Ah bah j'ai compris pourquoi Dean est avec toi. Quelle perspicacité ! rit John.

J'admire aussi ! dit Guillaume en sortant son gâteau.

En fait Yves a voulu tirer son coup avec lui, mais Dean a refusé, j'étais avec lui et ce soir-là il était pas d'humeur. Et bon Yves est resté avec nous, j'me le suis fait en fin de compte et on est resté potes.

C'est comme ça dans la bande., dit Guillaume. Chacun vient se greffer au fur et à mesure.

Haan je vois… ! Donc maintenant il joue les chiens de garde près de Dean. Je pense que c'est un grand garçon quand même, faudra lui rappeler ça.

John éclate à nouveau de rire.

Dean est pas facile mais Yves encore moins, pour leur faire entendre raison à ses deux là…

Genre j'suis pas facile ! s'exclame Dean en entrant dans la cuisine.

Il va prendre un torchon et fouette les fesses de Cas avec avant d'essuyer les assiettes.

Non t'es pas simple Dean ! disent en chœur John et Guillaume.

Aïeuh ! Mais tu te calmes oui ! Ça fait mal ! » rit Castiel en lui donnant un coup de hanche.

Les rires qui parviennent aux oreilles de Yves lui sont insupportables. Alors, par vengeance, il décide de prendre l'iPhone de Dean. Non pas le voler non, mais il veut juste regarder s'il trouve un truc intéressant... Et bingo. Rien que le fond d'écran est une bombe. Il le cherche rapidement dans les photos, la trouve et se l'envoie par Bluetooth. Il finit pile quand tout le monde revient.

Il a sa petite vengeance face aux deux nouveaux tourtereaux. Personne ne se doute du petit manège de leur « ami » et hélas… Castiel reste près de Dean, cherchant à lui rendre la monnaie de sa pièce coup le coup de torchon.

Dean ne se doute de rien, il a été assigné à la tache de servir la crème anglaise avec le gâteau au chocolat. Sarah ne peut malheureusement pas rester, elle a un rencard... ! Tous les mecs lui souhaitent bon courage et à peine a-t-elle fermé la porte que chacun se demande...

« Mon Dieu mais comment elle peut aimer les filles ?

Comme elle doit se demander comment on peut aimer les hommes !, rit Castiel.

Mais c'est que t'es pas bête toi ! sourit Dean avant d'aller lui voler un baiser.

Yves en est d'autant plus content. Sa vengeance aura encore plus de goût

Comme si tu en doutais !

C'est dingue quand même, c'est la première fois que Dean nous ramène un de ses mecs, en général il se les garde pour lui tout seul !, note John.

Là j'avais envie qu'il vous rencontre..., sourit Dean. Ça fait un moment que j'le connais.

Combien ? demande Hugo.

Un mois et demi., répond John. J'étais là., explique-t-il.

Ouah Castiel tu dois être un sacré bon coup pour que Dean te garde aussi longtemps !, éclate de rire Guillaume, le taquinant.

Castiel en rit aussi, on dirait vraiment qu'il a décroché le gros lot là avec la façon que les autres ont de l'interroger sur sa relation avec Dean.

Disons que ça, ça restera entre nous hun ! »

Dean va caresser la cuisse de Castiel. Ça, ça restera entre eux mais il n'en pense pas moins de la façon qu'il a de sourire. Ses potes le remarquent mais ne disent rien. Qu'est-ce que ça peut faire de toute façon ? Il est bien c'est tout ce qui compte. Castiel lui non plus n'ajoute rien, il pose sa main sur celle de Dean. C'est presque dérangeant ce besoin qu'il a toujours de le toucher, le sentir près de lui… Mais c'est bon aussi, chaque fois c'est comme un soulagement. Il est là. C'est bon.

La soirée touche à sa fin. Guillaume et Hugo vont se rentrer, et Dean a envie de les imiter. Yves les tannes un peu pour sortir alors Dean demande quand même à Castiel ce dont il a envie. Castiel reste contre lui, il veut bien sortir si ça fait plaisir à Dean et ses amis. Au moins ils vont pouvoir profiter de la soirée tous les deux ! Dean leur propose alors de les amener à une soirée dans une nouvelle boîte, il a eu une invitation. Il aurait bien passé la soirée chez lui Cas à regarder un film mais la perspective de danser contre lui... Alléchante... Castiel pense bien la même chose et ne peut s'empêcher d'anticiper et se coller tout contre lui, caressant son tatouage à l'intérieur de son poignet. Dean le laisse le tenir par-là alors qu'ils sortent, avec John et Yves. Dean a une fois de plus fait venir un taxi, il a appris par son agent qu'il pouvait ne plus les payer en donnant son nom, parfois il en profite, comme là. Yves monte à l'avant pour être tranquille, et Cas est à l'arrière entre Dean et John.

À l'arrière ça discute sans arrêt, ils jouent les pipelettes, débattant sur la boîte où aller, les fréquentations, puis les bars... Ça dévie, ça rigole. Sauf devant Yves qui tire la tronche, ne supporte plus l'enthousiasme débordant de Dean, les gestes tendres qu'il a envers son amant, et aussi la sympathie de John... Pourtant il va devoir faire avec. Et peut-être même que ça va l'aider pour la suite de son plan...

Ils finissent par se mettre d'accord et arriver à la boîte. Dean passent en premier pour ouvrir la voie, un sourire à quelques fans et aux vigiles et c'est dans la poche. Ça lui servira encor e à l'intérieur, au bar... Pour le moment, il entraine Cas au milieu de la piste. Envie d'être collé tout contre lui pour danser... Castiel se sent envahi par la musique, la force des basses. Avec Dean tout est terriblement mieux. Plus intense. Alors danser contre son corps, se tenir à son cou. Voir ses yeux noirs... Désir. Dean ne fait même plus attention à la musique, il s'en fout. Il se rapproche de la bouche de Castiel et l'embrasse, encore et encore, jusqu'à souffler :

« Tu viens prendre de la coke avec moi ?

J'ai jamais essayé..., avoue Castiel.

Dean sourit. Putain si Castiel accepte ça va être encore meilleur. Une première fois...

T'as envie d'essayer ? Avec moi..

Si tu veux… Si ça va pas tu t'occupes de moi hun ?

Parce que tu me crois capable de te laisser mal en point ? Après ce que tu as fait pour moi hier ?

Castiel lui sourit doucement. Oui c'est mieux que ce qu'il voulait.

Alors d'accord... »

Dean le tire par la main. Il va voir John et le prévient qu'ils sont aux toilettes. Il désigne la poudre blanche enfermée dans un sachet. John sourit et leur demande de leur un laisser un peu, pour lui et Yves. Il accepte déjà de rester avec lui, hum...

Dean amène Castiel dans une cabine des toilettes vide. Il baisse la cuvette et étale une partie de la poudre dessus avant de sortir sa carte bleue. Il fait des petits rails, fins et longs. Pour une première fois ça ira. Castiel le regarde faire, c'est angoissant et excitant. C'est toujours ça quand c'est dangereux et interdit… ! Il reste accroupi à côté de Dean dans un bruit ambiant des basses qui leur arrivent assourdies.

Dean se penche en avant, se bouche une narine et de l'autre aspire la poudre blanche. Prenant son temps pour que Cas voie comment il fait et juste un rail, un seul. Maintenant il a deux minutes avant que tout commence. Cas sait parfaitement que c'est vraiment n'importe quoi, que ça change pas grand chose et que pire encore, c'est foutrement mauvais pour la santé, mais là, il se sent complètement entrainé par Dean, il ferait bien toutes les conneries avec lui.

« Cas fais pareil que moi. Ça va aller vite après. Et je te laisse la surprise de l'effet trésor... » sourit-il.

Castiel est nerveux, mais l'imite. Pas facile, la narine bouchée, penché… Ça lui monte dans le nez, ça fonctionne. Il rouvre les yeux et se frotte le nez, c'est étrange. Quelque chose de chaud coule sur ses doigts, il regarde et voit du sang.

« Merde…

Attends Cas, penche la tête en avant, un peu...

Dean déroule du papier PQ et le lui met là où ça saigne. Il faut que l'hémorragie passe putain, vite, après il a peur d'être trop euphorique pour s'en préoccuper... Castiel se laisse faire, il sent que ça ne va pas durer.

J'aurais du m'en douter, je saigne du nez pour un rien… Dès qu'il fait trop chaud, dès que je suis au soleil…

Okay... C'est bon ça passe... »

Dean tamponne un peu encore jusqu'à ce que le mouchoir soit vierge. Il remballe sa poudre, sa carte et les fait sortir de là. Besoin de bouger, de se défouler. Il se sent à nouveau le plus beau, aucun nuage noir au-dessus de sa tête, tout va tellement mieux comme ça.

Castiel suit Dean à la trace, il se sent d'un coup empli d'une euphorie dingue, il se sent comme Dean. C'est pire qu'exaltant. Danser devient un besoin, rester contre Dean pour l'allumer encore plus. Il sait qu'il en est capable, le rendre dingue de désir juste en restant contre lui à danser. Dean se dit que la vie vaudrait mieux la peine d'être vécue si c'était toujours aussi planant. Il est content de partager ce moment avec Castiel, sans mensonge, sans inhibition. Plus rien s ce n'est le vrai et le fond.

Yves sort discrètement son portable. De loin il les photographie dans les bras à s'embrasser… Plus il y a de photos mieux il les vendra…

Ni Dean, ni Castiel ne voit quoi que ce soit. Ils sont bien trop concentrés à se dévorer des yeux, de la bouche, à danser, à s'enflammer. Le petit brun meurt de chaud mais continue quand même. Rien ne peut le déconcentrer, pas même la soif. Juste Dean, là sous ses yeux, Dean son amant et chat. Dean soupire à ses lèvres tout son désir de lui. Il lui demande s'il veut boire et vu la façon dont Cas hoche la tête, il va y aller. Il a tellement de mal à se détacher de lui pourtant... Castiel pour ne pas le lâcher décide de le suivre jusqu'au bar, prend un coca, il reste contre lui.

Le temps passe sans qu'ils ne le voient vraiment mais au bout d'une heure ils commencent à redescendre, rejoignent John (qui lui est occupé à bécoter un mec plutôt pas mal.) à une table pour se reposer un peu. En plus Castiel commence à avoir mal à la tête.

Dean en a conscience alors qu'il passe la main sur son front. Il lui propose à son oreille de rentrer chez lui ou dans son appart à lui et qu'ils passent la nuit ensemble. Castiel sourit à son amant et accepte, c'est une bonne nouvelle. Il n'est peut-être pas trop tard mais bon… Ça va pas trop là…

Ils laissent John et Yves là, ils sont tous les deux occupés, ils ne leur en veulent pas, du moins en apparences. Dean tire Castiel de la boîte surchauffée en le tenant bien contre lui. Le choc de température est assez fort et vu leur état fragile… Quelques taxis sont là, Dean s'engouffre dans le premier et demande à Castiel :

« Chez toi ou chez moi ?

Chez toi… »

Castiel laisse tomber sa tête contre l'épaule de Dean, exténué alors qu'il est à peine deux heures du matin. Dean donne son adresse et vingt minutes plus tard il ouvre enfin la porte de son chez-lui. Le chat vient miauler à sa jambe, mort de faim, Dean s'excuse dans un sourire et va lui donner son bol de croquettes alors qu'il invite Castiel à aller dans la salle de bains s'il le désirait. Castiel n'a même pas envie, il se glisse à la chambre et se déshabille avant de s'allonger sur le clic clac pas refermé. Dean vient se blottir contre lui à peine après, sans s'être déshabillé. Il commence à bader là, c'est horrible, heureusement que Castiel est dans son lit...

« Visiblement Yves ne m'aime pas…, sourit Castiel en le collant.

Dean retire sa chemise noire, une fois sur le dos. Il sourit au plafond.

Il n'aime que lui je crois...

Charmant garçon…

Castiel passe son bras sur le torse de Dean et lui embrasse un mamelon mollement. Dean passe sa main dans ses cheveux, les entortille autour de ses doigts.

Tu as encore envie trésor ? J'suis épuisé moi et... Triste...

Moi aussi… J'aurais envie mais je suis trop crevé… J'ai juste envie de rester tout contre toi.

On a passé la soirée collés... T'en as pas marre de moi ?

Dean entreprend de virer son pantalon après avoir laissé tomber ses chaussures.

Non pas du tout, je suis bien contre toi, tu es grand et moi je me sens tout petit… Et j'aime ta peau… Tu sens bon, tu sens le miel…, marmotte Castiel en le goûtant.

Dean lui rend doucement son baiser.

C'est la cigarette ça... Toi aussi tu sens un peu le miel, mais avec ton gel douche ça fait un beau mélange.

Il enlève ses chaussettes et son caleçon. Il lève le drap pour le poser sur eux. Le chat arrive après et monte sur le bas du lit, roulé en boule.

Tu pars à quelle heure demain matin ?, souffle Castiel.

J'ai pas envie de le savoir..., sourit Dean.

Castiel caresse sa joue.

On aura le temps de s'envoyer en l'air tu penses ?

J'trouve toujours du temps pour ça..., sourit Dean. Même si ça fait un peu pute je m'en fous.

Castiel rigole.

On a tout le temps envie de toute façon, matin soir… Enfin quasiment parce que ce soir… ! La prochaine fois que tu viendras mon chat faudra me sauter direct dessus… Mais sois gentil et gratte à la porte d'abord !

Cette fois c'est Dean qui esquisse un sourire en le regardant dans les yeux.

Promis. Et c'est pas que j'en ai envie... C'est que j'en ai besoin., ajoute Dean dans un souffle.

Ce que j'adore c'est qu'on pense toujours la même chose… J'en ai besoin aussi… Comme de te toucher…

Viens là alors... »

Dean lui ouvre ses bras pour qu'il s'y installe, s'y emmêle. Il ne demande rien d'autre, le chat, que de ronronner contre son maître. Castiel ne dit rien de plus, il reste contre Dean, le sent, le touche. Il n'a besoin de rien d'autre.

« Bonne nuit… Et merci de bien vouloir de moi encore…

De rien trésor. Même si je sais pas pourquoi je ne voudrais plus de toi..., rit Dean en lui caressant les cheveux.

Je t'adore…, souffle timidement le petit brun.

Dean en a le cœur qui s'emballe de l'entendre dire ça. Il s'arrête de respirer. Non, là il doit dire quelque chose. Et quelque chose de vrai.

Je t'adore aussi Cas.

Ça rassurement tellement Castiel, sans savoir pourquoi, il avait besoin de l'entendre.

N'attends pas deux semaines encore avant de revenir me voir, même si je sais que tu as beaucoup de travail.

Pourquoi ?

C'est la curiosité qui anime Dean, à le pousser à poser cette question. Il sait pourquoi. Il veut juste en connaître l'ampleur.

Parce que tu me manques plus que de raison… J'ai failli péter un câble toute la journée…

Moi aussi., souffle Dean presque soulagé. J'en pouvais plus. Et j'ai cru mourir en passant ta porte. C'est pas normal Cas, tu le sais ça ?

Dean n'a plus envie de dormir maintenant. À tâtons, il cherche son paquet de cigarettes et s'en allume une.

Non c'est pas normal… Ça m'est jamais arrivé… Je suis un peu perdu face à ça. J'ai été très amoureux mais j'ai jamais souffert autant du manque…

Dean ne dit rien, juste fume. Il n'a jamais été amoureux et jusque là, il était bien content de ne pas savoir. Maintenant... Tout s'embrouille en lui.

Je comprends... Allez on dort, la nuit porte conseil pas vrai ?

Oui tu as raison… Allez, bonne nuit chaton… «

Castiel caresse son torse à nouveau et ferme les yeux. Lui aussi est perdu… Il aurait bien voulu lire dans son cœur là au travers de la peau de Dean pour savoir ce qu'il pourrait sentir, ressentir… Il aurait juste vu la même confusion que dans le sien.

Dean laisse la cigarette se consumer dans le cendrier de verre posé à côté du bocal. Regarder son poison rouge lui apporte le calme et la sérénité qu'il lui manquait. Il finit par s'endormir après avoir serré Castiel contre lui. Une dernière fois.

Yves finalise ses photos. Il les a mises sur son ordi à peine est-il rentré chez lui, trop excité de ce qui allait advenir. Il les retouche, agrandit les prises, recadre. Il est enfin satisfait du résultat alors qu'il envoie un mail à Closer et puis Voici aussi et puis hum... Pourquoi pas Public aussi ? Voilà. Voir qui sera le plus offrant pour ces deux clichés de la star de cet été. Gay. Et plus ou moins en couple. Une petite bombe.

Evidemment qui aurait pu se douter de ça ? Que l'acteur star, le beau gosse de ses demoiselles était gay ! En tout cas pas les rédactions des magasines. Si Yves avait su qu'il allait déclencher la curiosité malsaine, paranoïaque et obsessionnelle des paparazzi… Surtout aurait-il demandé plus cher pour ces photos. Histoire d'en profiter, quand certains triment dans un boulot de merde et que d'autres tournent un film et n'ont plus qu'à attendre que le fric rentre dans les poches par magie. Un juste retour des choses selon lui.

Il n'a peut-être pas tort. N'empêche que sa conscience lui fait dire qu'il est malhonnête, que c'est à un de ses amis qu'il fait ça... Non en fait. C'est juste un pauvre type qui l'a refusé dans son lit. Et lui a été encore plus con de vouloir rester près de lui. Mais il va bien s'en sortir. L'argent résout tous les problèmes, Dean le lui confirmerait.