Epilogue
Kaamelott
Perceval fixait son assiette.
« Ben quoi, demanda la reine, vous mangez pas ? Je l'ai faites pour vous vous savez. Vous allez voir, avec ça, vous serez sur pied en un rien de temps !
- Euh, merci, c'est super gentil, répondit Perceval.
Il prit sa cuiller et l'enfonça dans le truc qui se trouvait dans son assiette. C'était mou et marron mais surtout c'était -
- Hey, fit le roi en entrant dans la salle à manger. Ca sent super bizarre, grimaça t-il. Ne me dites pas que vous vous êtes encore livrée à une de vos expériences culinaires.
Il se pencha sur le plat et son visage se durcit.
- Ben quoi, dit Guenièvre qui ne comprenait pas ce qui se passait. Elle est un peu cramé sur le dessus mais je suis certaine que ça donne du goût. Et puis, y'a plein de sucre dedans. Ça va le requinquer en un rien de temps !
- … des pommes, dit juste Arthur.
- Oui, ben quoi. C'est une tarte aux pommes. C'est plein de vitamines. Regardez le, il est tout pâlot votre chevalier. Il a besoin – HEY !
Arthur saisit le plat et l'envoya valser par la fenêtre.
- Mais qu'est-ce qui vous prend ! Cria Guenièvre.
- C'était une tarte aux pommes, dit juste Arthur.
- Oui et alors, qu'est-ce que … oh. Oh. Seigneur Perceval, je suis désolée, j'avais complètement oublié. Je vais vous chercher autre chose, ne bougez pas.
Guenièvre sortit de la salle, laissant Arthur seul avec Perceval.
- On dirait que vous allez mieux, dit le roi. Enfin, tant que ma femme n'essaye pas de vous faire la cuisine.
Perceval sourit.
- Elle croyait bien faire.
- Ouais, elle croit toujours bien faire.
Le silence s'installa.
- Perceval.
- Oui, sire ?
- J'ai reçu une visite ce matin.
- Une visite, sire ?
- Ouais, et pour une fois, ce n'était pas pour m'annoncer la fin du monde ou une autre connerie du même genre. Morgane. La fée Morgane. Elle cherche quelque chose. Quelque chose dont elle a grand besoin pour … fluffy.
- « Fluffy » sire ?
- Ne faites pas l'idiot Perceval, ou du moins ne faites pas plus l'idiot que d'habitude. Nous avons laissé Fluffy endormi sur cette foutue colline. Vous devez la rendre.
Perceval se renfrogna.
- Perceval …
- Non, répondit sèchement ce dernier.
Arthur, peu habitué aux actes de désobéissance venant du gallois, écarquilla les yeux.
- Non, comment ça non ? Mais je ne vous donne pas le choix. C'est un ordre Perceval !
Perceval se leva et mains appuyées sur la table se pencha vers le roi.
- Et bien je vais pas les suivre moi vos ordres !
Et avec ça, il sortit de la salle laissant derrière lui un Arthur interloqué.
- Et bien ça alors, qu'est-ce qui lui prend à ce con ?
- Laissez lui un peu de temps, fit une voix familière.
- J'croyais que vous en aviez besoin de manière urgente de votre harpe, grogna arthur.
La fée Morgane s'installa à la table et examina l'assiette de Perceval.
- Est-ce que c'est … ?
- Oui, l'interrompit Arthur, c'est une tarte aux pommes. Enfin, si c'était une tarte, elle serait aux pommes. Les membres féminins de la famille royale ont un don pour dénaturer les matières premières.
- Je vois.
- J'en doute. Bon, écoutez pour votre truc là, je vous le récupère pas de souci même si je dois lui botter le cul. Il -
- Non.
- Quoi ? Mais vous avez passé une heure à me faire chier ce matin avec votre harpe !
- Nous trouverons autre chose. Tiens, Merlin ! Prêtez-moi Merlin quelques jours.
- Merlin ? Vous voulez mettre votre île à feu et à sang ou quoi ?
La fée sourit.
- Il a un don avec les animaux. C'est un druide après tout. Et un grand druide si je dois en croire Diviciacos. Fluffy sera content de pouvoir discuter avec lui.
- Ouais, ben c'est vous qui voyez.
- Et soyez patient avec Perceval. Dumnorix l'a un peu secoué.
- Oui, je sais, je sais, soupira Arthur. Karadoc reviens demain, je suis certain que dès que son pote sera là, tout ira bien. En attendant, j'ai chargé Grudü d'une petite mission qui va lui redonner le moral à votre petit protégé.
- Perceval de Galles n'est pas mon « petit protégé », fit remarquer la fée. Ce serait plutôt le votre, non ?
- Ok, à votre « Elu » si vous préférez, concéda Arthur, ignorant la remarque de la fée. Même si, si vous voulez mon avis, pour le moment votre histoire de « destinée exceptionnelle » c'est plutôt un gros fiasco, grogna t-il.
Le silence s'installa.
- Une mission ? Finit par demander la fée. Quel genre de mission ?
Arthur sourit.
- Le genre qui requiert doigté et diplomatie.
CRAAAAAAAAAAAAACK !
- Qu'est-ce que c'était que ça ? Demanda la fée.
- Hum, ah bah ça, je dirais que c'était le « doigté » …
- Le quoi ?
Elle se leva et se pencha par la fenêtre.
- Mais … mais il est en train de couper les pommiers votre homme de cro-magnon ! Cria-t-elle. Et là, c'est Perceval. Avec une hache !
- Huhuhu, je me suis dit qu'il avait besoin d'exprimer ce qu'il ressentait sans avoir à me gueuler dessus. Un exutoire quoi.
- Mais … mais la pomme est l'emblème de la Bretagne, gémit la fée.
- Non, c'était. J'ai envie de changement. Perceval propose le furet en remplacement.
CRAAAAAAAAAAAAACK !
- Le furet ? Dit la fée d'une toute petite voix.
- Ouais, pas très classe …ce qui s'en rapproche le plus, c'est l'hermine. C'est sympa l'hermine (34), vous ne trouvez pas ? »
Pas très loin de là …
Elle se sentait vide.
Son esprit était vide, son âme aussi.
Debout sur la falaise, elle ferma les yeux. Dans quelques instants, tout serait enfin fini. Elle se sentait si légère qu'elle n'était même pas sûre qu'elle allait tomber. Peut-être s'envolerait-elle comme les mouettes pour disparaître à l'horizon. Elle aimait cette idée.
Elle fit un pas en avant. Plus qu'un seul et ce serait fini …
« Bonjour, fit une voix.
Elle sursauta et se retourna.
Juste à côté d'elle, sur la falaise, se tenait un homme. Les derniers rayons du soleil passaient à travers lui. Un fantôme ? Etait-elle déjà dans le royaume de l'au-delà ? Son pauvre esprit malade lui jouait-il des tours ? Avait-elle sauté sans s'en rendre compte ?
L'homme – le fantôme se mit à rire.
- Non, non, vous êtes encore bien vivante. Et moi aussi, d'une certaine manière. Je voulais juste vous faire une proposition.
Quoi ?
- Oui, je sais, le moment parait bien inopportun mais … ni vous ni moi n'avons vraiment choisi n'est-ce pas ? Et donc, vous êtes en vie et je suis presque mort.
Comment pouvait-on être « presque » mort ? Pensa t-elle.
- C'est une longue histoire sourit le fantôme. Comment vous appelez-vous ?
- Viviane, murmura t-elle.
- Très joli. Et donc Viviane, vous souhaitez mourir.
Elle hocha la tête et ses yeux se remplirent de larmes.
- Et moi, je souhaite revivre. Voici donc ma proposition. Un échange.
- Un échange ?
- Si vous prenez ma main, vous mourrez et moi, je vivrais. Qu'en pensez vous ? Votre mort me redonnera la vie. Une mort utile en quelque sorte.
Utile. Etre utile. Compter pour quelqu'un. Etre reconnue. Juste une fois. Une toute petite fois. Etre importante pour quelqu'un.
Viviane hocha la tête.
Le fantôme lui sourit et lui tendit la main.
- Et … et vous, quel est votre nom ? Demanda t-elle.
C'était sans doute ridicule mais elle voulait connaître le nom de celui que sa mort allait sauver.
- Dumnorix, répondit le fantôme. »
Leurs mains se touchèrent au moment où le soleil disparaissait derrière l'horizon.
Zi Endeuh … enfin, peut-être !
Aucune pomme ou pommier n'a été maltraité lors de la rédaction de cette fic' !
(34) Les puristes objecteront d'une part que Brittania, ce n'est pas la Bretagne mais la Grande-Bretagne et, d'autre part, que le drapeau breton est composé de mouchetures d'hermine (qui représentent la queue de l'hermine) et non d'hermines. Peuh, tant pis.
