Notes de l'Auteur : Il y a un peu d'Elfique ici. Plutôt que de tout mettre en notes de bas de page, c'est entre crochets dans le texte.

Chapitre 6 : Les Elfes tiennent Compagnie (J)

« -C'est brillant, balbutia John avant de pouvoir s'en empêcher. »

Sherlock cligna rapidement des yeux en considérant John comme si c'était complètement inattendu. John rougit et haussa les épaules, parce que c'était brillant, et il n'allait pas être embarrassé de l'avoir dit.

« -Oui, dit Sherlock avec un grand sourire. Définitivement intéressant.

-Je n'ai jamais voyagé avec qui que ce soit qui n'était rien de moins que fascinant, interrompit Gandalf, arrivant avec commodité après que le combat ait pris fin, perché sur un cheval qu'il ne possédait pas la dernière fois que John l'avait vu.

-Vous perdez votre temps avec les humains, fit dédaigneusement Sherlock. Les seuls gens pires sont les Nains.

-Considérant que vous méprisez la plupart des créatures, Maître Sherlock, je prendrai votre opinion avec une quantité adéquate de scepticisme. »

Le cheval massif qu'Arwen et John montaient toujours souffla, comme s'il trouvait Elfe et Magicien ridicules.

« -Ne faites pas semblant de ne pas être d'accord, rétorqua Sherlock, caressant doucement le museau du cheval pour l'empêcher d'interférer. Vous pensez simplement que vous les Istari(1) doivent être considérés comme approchables, et avec Saruman occupé à ricaner et Radagast parti s'occuper de ses arbres, la responsabilité retombe sur vous. S'ils vous laissaient vous débrouiller vous—

-Feriez exactement ce que j'ai toujours fait, interrompit Gandalf. »

Les ténèbres de la nuit se coagulèrent autour du magicien, projetant des ombres sur son visage et le faisant paraître bien plus féroce.

« -Tu oublies, Sherlock Naenwauva(2), que j'ai été l'élève de Nienna(3) bien avant que tu ne sois une pensée dans la tête de ta mère. Avant que ton peuple ne naisse de la bonne terre me suis-je assis à ses pieds et ait appris la compassion comme tu ne t'es jamais soucié de la comprendre. »

Gandalf enfla donc il n'y avait pas moyen de dire où il finissait et où les ombres commençaient, mais contre Sherlock, qui se tenait là sans rien d'autre qu'une épée entre lui et un Magicien furieux, il avait toujours l'air petit. John remua dans l'optique de glisser du cheval et de se placer entre le Magicien et l'Elfe pour empêcher toute effusion de sang, mais Sherlock se contenta d'avoir un rictus. D'un souffle à l'autre Gandalf se rétracta, et un sourire presque réticent s'étira sur son visage. Le Magicien l'effaça et haussa un sourcil broussailleux comme si Sherlock était un vilain petit Hobbit ayant besoin d'aller se coucher sans dîner.

Sherlock sourit comme s'il s'était habitué au mécontentement de Gandalf et en retirait une étrange sorte de satisfaction. Gandalf eut un reniflement dédaigneux et descendit de son cheval, faisant une révérence polie à destination de la jeune fille Elfe assise derrière John.

« -Dites-moi Dame Arwen, pourquoi Sherlock vous a envoyés vous et John me chercher ?

-Elle n'est pas supposée être là, expliqua Sherlock avant qu'Arwen en ait la chance.

-Non, fit Gandalf avant de faire une pause. Je n'arrive pas à imaginer qui a pu être assez idiot pour supposer que c'était une bonne idée d'amener Arwen Undómiel dans la longue étendue d'Eriador4 avec rien d'autre qu'une poignée d'Elfes pour la protéger de la menace d'Angmar.

-Désolé, Angmar ? interrompit John. Qui est Angmar ?

-Qu'est-ce que Angmar, invectiva Sherlock. Pas qui.

-D'accord alors, répondit John, imperturbable. Qu'est-ce que Angmar ?

-Ceci, mon garçon, est quelque chose dont nous aurons à discuter plus tard, intercéda Gandalf. Pour le moment, nous sommes seuls dans une forêt jonchée d'Orcs morts, et lorsque leurs compagnons découvriront qu'ils ont échoué, davantage arriveront. Nous devons bouger. »

Sherlock pinça les lèvres, de toute évidence frustré qu'on lui refuse l'opportunité de frimer, mais il ne pouvait réfuter la nécessité.

« -Venez, vous nous accompagnerez à Rivendell. »

Sherlock tourna les talons et s'enfonça à grands pas plus profondément dans les ténèbres, ne regardant pas s'ils suivaient ou pas. Gandalf arriva à côté d'eux en soufflant.

« -Je garde espoir qu'un jour il apprendra à dire s'il vous plaît. »

John eut un reniflement sarcastique.

« -Je pense que vous allez attendre un moment.

-Allez ! cria Sherlock depuis quelque part dans les bois. C'est vous qui êtes tant inquiet d'être attaqué par des Orcs. »

Arwen fit avancer leur cheval et Gandalf se plaça derrière, protégeant leur flanc. John les laissa trotter en silence durant quelques minutes avant de commencer à se tortiller, essayant de trouver comment poser ses questions exactement. John n'était en rien contre une aventure, mais il aimait quand même savoir ce qu'il se passait. Finalement il s'éclaircit la gorge et demanda :

« -Donc, où allons-nous ? »

Il put entendre le sourire dans la voix d'Arwen.

« -Nous retournons au camp.

-Uh huh, et j'avais l'impression qu'un de ces gens vous a vendue à des Orcs ? »

John supposa que s'il avait pu voir Gandalf, le Magicien aurait eu l'air surpris, mais en l'état des choses, il put entendre le ton léger forcé avec lequel il demanda :

« -Pardon ? »

Depuis quelque part sur le côté, toujours entouré de ténèbres, Sherlock répondit :

« -Vous ne pensiez pas que je suis assez stupide pour crier sur les toits que je faisais traverser Eriador(4) à l'enfant la plus jeune d'Elrond pour visiter les Havres Gris, n'est-ce pas ?

-Je te pense capable de tout, Sherlock, répondit Gandalf, et cela ne sonnait pas comme un compliment. »

Le souffle de Sherlock parvint à sonner blessé, offensé, et irrité à la fois, ce qui était des plus impressionnants pour juste une expiration.

« -D'après tous ceux qui ne sont pas Elrond, toute notre compagnie est partie pour Lothlórien.

-Et la raison pour laquelle vous n'êtes pas encore arrivés ?

-J'ai déclaré que nous prendrions la Trouée de Calenardhon à travers les montagnes au lieu du Col de Caradhras. Les Havres Gris sont à 800 kilomètres en ne se pressant pas vers l'ouest, la Trouée est à 800 kilomètres de chevauchée soutenue.

-Ah, vous avez l'intention de revenir à Rivendell avant d'être attendus à Lothlórien. Et je suppose que tu as déclaré qu'il était trop tôt dans l'année pour prendre le Col de Caradhras, que les gentils compagnons d'Arwen seraient incapables de supporter les dernières neiges de printemps ? »

John décida qu'il aimait beaucoup Arwen, parce que pendant que l'Elfe et le Magicien étaient occupés à discuter des plans dans les plans de Sherlock, chacun essayant de raisonner l'autre comme si c'était leur sport favori, Arwen faisait une carte à John. Elle avait gentiment retiré sa main du pommeau de la selle et tendu sa paume vers le haut horizontalement. Elle tapota la dernière articulation de son majeur et murmura :

« -La Comté. »

Puis l'extrémité de son majeur.

« -Les Havres Gris. »

Puis son pouce fut tendu, et elle traça une ligne descendant l'intérieur du doigt qui traversa la base de sa main pour ajouter :

« -Les Monts Brumeux. »

Lorsque Gandalf mentionna Eriador elle traversa de ses doigts toute la longueur de sa main, et John supposa qu'Eriador était la région de la Terre du Milieu qu'il avait appelé sa maison toute sa vie.

Lorsqu'ils avaient ignoré sa question à propos d'Angmar, Arwen avait tapoté le point en haut de son pouce et agité ses doigts au-dessus de leur carte temporaire, alors John supposa qu'Angmar était un pays du grand nord lointain qui causait des problèmes, lesquels rendaient Gandalf nerveux. Rivendell était un point à la jonction entre la paume de John et son pouce, pendant que Lothlórien était le point central où sa main et son poignet se rejoignaient. Le Col de Caradhras était la ligne traversant la base du pouce de John, pendant que la Trouée de Calenardhon était en bas du talon de sa paume. Cela semblait en effet être un chemin terriblement long à parcourir lorsqu'on essayait juste de traverser les montagnes. John pensa que si la décision avait vraiment été du ressort de Sherlock, il aurait pris le Col de Caradhras, neige ou pas neige. Et il aurait aimé dire à tous les gens qui ne pouvaient pas le traverser qu'ils n'étaient pas autorisés à venir.

« -Tu penses vraiment qu'un Elfe d'Imladris(5) vous a vendus aux Orcs ? demanda Gandalf.

-Je pense qu'il est bien plus probable que celui qui nous a trahis l'a fait sans le réaliser. A faire part d'indices avec un Elfe quelconque suffisamment intelligent pour se rendre compte de la vérité derrière ce qui lui a été dit. »

Arwen fit une pause dans ses tracés sur la paume de John et déclara :

« -Ils ne sont pas aussi simples que tu les rends.

-Peu de gens sont aussi compliqués que tu ne les rends. »

La voix de Sherlock s'effaça légèrement et John eut l'impression qu'il s'éloignait d'eux, élargissant les cercles qu'il faisait autour de leur petite troupe pour éviter d'avoir à expliquer son raisonnement. Dans le dos de John, Arwen souffla de façon si frustrée qu'elle sonna presque humaine.

« -Mon Adar [Père] aime plaisanter que Sherlock aurait mieux été en Magicien qu'en Elfe. »

John émit un 'hmmm' pensif et demanda :

« -Pourquoi ça ?

-Sherlock n'est rien qu'impitoyable dans son application de la logique.

-Et les Elfes sont connus pour leur douceur, n'est-ce pas ? demanda John, incapable d'exclure le ton légèrement sarcastique de sa voix. »

Arwen se raidit, mais il y avait suffisamment de lumière filtrant à travers les arbres pour que John puisse voir la bouche de Gandalf s'étirer en un sourire. Le reste de leur trajet se déroula en silence, inconfortable pour Arwen et quelconque pour John (il avait enduré des conversations bien pires au fil des années).

Finalement John vit le vacillement d'un feu de camp à travers les arbres. Sherlock revint dans la ligne de mire de John, comme s'il n'avait pas ressenti le besoin de rôder dans le noir et de s'assurer qu'ils n'étaient pas épiés. Sherlock entra à grands pas dans le camp elfique sans ne serait-ce qu'une pause, et alla droit vers une petite pile de sacs qui avaient de toute évidence été séparés de tous les autres. Les Elfes regardèrent silencieusement Sherlock, observant son état mécontent, puis presque d'un seul mouvement ils se tournèrent pour fixer Arwen, comme si elle pouvait leur offrir quelque éclaircissement. Puis, ils semblèrent se rendre compte qu'Arwen n'était pas seule.

A la vue même d'Arwen un des plus jeunes – du moins John supposa qu'il était plus jeune, et probablement amoureux – Elfes sauta sur ses pieds et les rejoignit, paniqué.

« -Man marte ? [Que s'est-il passé ?] »

Pendant que le reste des Elfes avait l'air trop déconcerté pour bouger, le jeune Elfe leva les bras et souleva John de son siège, puis leva une main pour stabiliser Arwen lors de sa descente. Avant que Gandalf ou Arwen ne puisse expliquer, Sherlock déclara :

« -Ni nowa naglân. i'Glam cronhe he. [Cela devrait être évident. Les Orcs l'ont attaquée.]

-i'Glam ? [Des Orcs ?] demanda l'Elfe à Arwen, pendant qu'un des autres Elfes se hérissait et déclarait « Manen nánern gerlye sinwa ? [Comment aurions-nous dû le savoir ?] »

John regarda le dialogue avec confusion, mais il découvrit rapidement que connaître le contenu des mots n'était pas aussi important que de regarder les réactions de Sherlock. Ce que l'Elfe avait dit en réponse au commentaire sarcastique de Sherlock fut suffisant pour que ce dernier fasse volte-face et déclare :

« -John, si tu entends une femme hurler dans des bois sombres au milieu de la nuit, qu'est-ce qui est probablement en train de se passer ? »

John mit ses mains dans ses poches et ignora l'attention frustrée que le paquet d'Elfes commençait à lui porter et répondit :

« -Probablement que quelque chose a mal tourné et qu'elle est en danger.

-Pourquoi John, quelle étrange notion, répondit sarcastiquement Sherlock avant de lui envoyer un paquet de quelque chose qu'il cherchait dans son sac. »

John eut un rictus à la stupéfaction feinte de Sherlock, mais resta collé à côté du cheval pendant que le jeune Elfe pinailleur menait Arwen à leur campement et que Gandalf était interpellé pour le reste du groupe. Il se tint là un long moment, laissé seul juste assez longtemps pour se demander ce que diable il faisait là, et ce fut l'instant où il sentit le cheval faire un pas derrière lui.

La monture de Sherlock était une chose massive, aussi noire que les cheveux de son maître et possiblement la créature la plus large que John ait jamais croisée. Et durant un unique instant terrifiant, John s'inquiéta que le cheval puisse essayer de le manger dans les faits. (D'après la façon dont quelques Elfes essayaient fort d'être subtils dans leur manière de regarder John non sans grand déplaisir, ils s'attendaient à ce que le cheval ait un tempérament aussi odieux que son cavalier, réduisant possiblement John en morceaux de la même façon que ces Wargs.)

Mais à la place, la créature souffla et posa son menton sur la tête de John.

John se figea, juste comme les Elfes qui avaient abandonné tout simulacre de subtilité. Le cheval gigota, comme s'il essayait de se nicher dans les boucles de John comme s'il était une créature beaucoup plus petite. John leva une main prudente et la posa sur le museau du cheval. La créature donna une poussée dans la paume de John et il ne put qu'entendre la voix de Sherlock à l'arrière de sa tête déclarant « eh bien, continue », alors il commença à caresser. Le cheval hennit de plaisir et commença à se pelotonner dans les cheveux de John, poussant nonchalamment ce dernier en avant. John rit au tournant brusque d'amabilité, seulement pour lever les yeux au silence soudain et retentissant dans le camp. Chaque personne présente fixait John comme s'ils hallucinaient, Sherlock inclus. Le cheval souffla juste de façon sardonique comme s'ils étaient des imbéciles et commença à pousser John vers l'avant une nouvelle fois.

John releva le menton, et traversa la longueur du campement temporaire, ayant l'air de ne rien trouver d'anormal à cette situation, pendant que le cheval massif le suivait comme un chiot.

Comme John était certain que c'était commun pour Sherlock, l'Elfe se débarrassa de son choc en plissant les yeux, allant au-delà de la confusion qui avait paralysé tous les autres et droit dans la déduction de ce qui se passait. Pendant que Sherlock faisait travailler son cerveau massif, John ouvrit le petit paquet que Sherlock lui avait lancé. Cela n'avait l'air d'être rien d'autre qu'une galette, mais lorsqu'il cessa de marcher et la fixa un peu trop longtemps Sherlock interrompit :

« -Tu es supposé le manger.

-Ouais, j'ai pigé cette partie, mais… »

Sherlock roula des yeux de frustration et fit signe à John de venir dans son coin du camp.

« -C'est du Lembas, cuit spécialement pour voyager. »

John brisa un des coins du pain pour que le cheval le grignote.

« -Et c'est spécial parce que… ? »

Sherlock roula des yeux et dit :

« -Tu étais trop enthousiaste puis trop dégoûté pour manger correctement à l'auberge ce soir alors tu meurs de faim. Maintenant prends une bouchée du pain et regarde. »

John soupira à l'impatience de Sherlock et prit une large bouchée exagérée juste pour l'apaiser, avant de se figer lorsqu'à mi-chemin de la bouchée il fut repus.

« -Eh bien, c'est brillant, marmonna-t-il. »

Sherlock eut un large sourire inattendu à la réponse de John et les Elfes semblèrent encore plus désarçonnés par la marque d'approbation de Sherlock que par celle de son cheval. Le cheval se baissa et commença à donner des petits coups au paquet dans les mains de John, cherchant à avoir une autre bouchée.

« -Man den agor ? demanda le plus hardi des Elfes à Sherlock. [Que fais-tu ?] »

John cessa de mâcher pour regarder les Elfes autour de lui, lesquels semblaient tous complètement déconcertés et mal à l'aise par le fait qu'ils aient laissé Sherlock hors de leur vue pendant une demi-heure et qu'il soit revenu avec un Magicien et le nouveau meilleur ami de son cheval. Lorsque Sherlock ne daigna pas répondre, un des autres Elfes, un homme qui avait accaparé l'attention de Gandalf dès que possible, continua :

« -Sâdenc ingae nadolen. [Notre position est supposée être secrète.]

-Aegel ? [Ce qui signifie ?] »

L'Elfe échangea un long regard exaspéré avec ses compagnons et invectiva :

« -Ne thel lerta û tog gwaith an sâdenc. [Ce qui signifie que tu ne peux pas amener de gens ici.] »

Sherlock glissa comme de l'eau pour envahir l'espace de l'Elfe, le dominant de sa taille plus élevée.

« -E avornië. [Il reste.] »

L'Elfe essaya de rendre la pareille à Sherlock, mais plissa le nez et recula à la place.

« -Amadad. [Tu n'es qu'un imbécile.] »

Sherlock fixa l'Elfe d'un regard déclarant que c'était la déclaration la plus ridicule qu'il ait jamais entendu. John regarda la conversation silencieuse entre Sherlock et le reste des Elfes et fit de son mieux pour ignorer tous les murmures qui s'élevèrent quand il revint à côté de John. Sherlock passa des doigts habiles et doux dans la crinière du cheval, murmurant :

« -Kwíd torso ai ricdiped. [Tu pourrais au moins tenter d'être discret.] »

John tendit un autre morceau de Lembas, amusé que Sherlock montre davantage d'affection envers son cheval qu'envers son espèce.

« Donc » essaya de commencer John, seulement pour que Sherlock n'interrompe :

« -Son nom est Faun.(6)

-Le cheval ?

-Bien sûr le cheval, de qui d'autre parlerais-je ?

-Je ne sais pas, peut-être du type qui ne cesse de te foudroyer du regard comme si me parler était une offense méritant le bannissement. Ou peut-être que tu parlais du garçon qui pinaillait autour de Miss Arwen.

-Pourquoi parlerais-je d'eux ? »

John haussa les épaules.

« -Tu es un Elfe, comment suis-je supposé savoir comment tu fais les choses ? »

Faun émit un son moqueur, comme s'il savait très bien que John taquinait Sherlock. John sourit au cheval et lui donna une autre petite tape affectueuse avant de demander :

« -Donc, tu aimes les énerver ?

-Eux ? »

Sherlock lança un regard sardonique au reste des Elfes.

« -Non.

-Mais tu aimes énerver les autres ?

-De toute évidence, déclara Sherlock avant de s'éloigner de Faun et de commencer à dérouler son sac de couchage.

-Mais pas ces gens, alors ?

-Bien sûr que non. Ils sont trop ennuyeux pour répondre de quelque façon qui soit le moins du monde utile.

-Sherlock ! siffla John. Ils peuvent t'entendre. »

Sherlock roula des yeux.

« -Ils m'ont entendu dire bien pire sur eux, John.

-Cela ne veut pas dire que tu devrais le dire. Et si tu les trouves tous si terriblement ennuyeux, alors pourquoi t'es-tu lancé à la poursuite de Miss Arwen ? »

Sherlock souffla quelque chose dans sa barbe en Elfique et John tendit sa jambe pour donner un petit coup dans son flanc de son pied nu et fit avec un grand sourire :

« -Désolé, qu'est-ce que c'était ? Je ne parle pas l'Elfique.

-Je pensais que peut-être que l'expérience pourrait être intéressante, rétorqua Sherlock avant de se laisser tomber sur le dos et d'ignorer délibérément le sourire de John.

-Du tout, grand sentimental. »

Sherlock se redressa et bafouilla d'indignation pendant que John continuait :

« -Tu es allée à sa poursuite parce que c'était la bonne chose à faire. A présent dites-moi Maître Sherlock, qu'est-ce que cela dit à propos de vous ?

-Je n'ai pas la moindre idée de quoi tu parles. Le père d'Arwen l'a placée sous ma protection, j'ai respecté ma responsabilité. »

John se contenta de rire, sans aucune malice dans le son. Sherlock fut tellement stupéfait par l'expérience qu'il gratifia John d'un large sourire et derrière eux Gandalf déclara :

« -Je vous laisse seuls une demi-heure et je découvre que vous avez cassé Sherlock.

-Je suis toujours plus intelligent que toi, espèce de vieux fou gaga, rétorqua Sherlock. »

Gandalf eut un reniflement sarcastique et s'installa de l'autre côté de Sherlock avec un de ses sourires sournois.

« -Un vieux fou gaga qui t'a amené un mellon. [Ami]

-Mellonea ilante. [Les amis ne sont pas nécessaires.]

-Uma, that's tea mankoi lle lole elendili ilya ilmen quena a Periannath n'lembe tar Bree n'ala a're. [Oui, c'est exactement pourquoi tu as ignoré tes compagnons toute la nuit pour parler avec un Hobbit qui n'a jamais été au-delà de Bree avant ce jour.]

-Messieurs, interrompit John. Je n'ai aucune idée de ce que vous êtes en train de dire, mais je peux dire que c'est sur moi. Maintenant arrêtez. »

Sherlock souffla vers John mais continua la conversation en Westron(7) et ignora délibérément le rictus content de lui qu'arborait Gandalf. Bientôt toute la bande d'Elfes s'installa dans leurs sacs de couchage, avec l'Elfe orageux qui avait défié Sherlock montant la garde en cas d'Orcs approchants. Gandalf s'installa sur le bord extérieur de leur petite troupe, se plaçant entre le reste et la forêt, pendant que Sherlock s'allongea à côté de lui, avec Arwen de l'autre côté. John avait eu l'intention de prendre place sur le côté et plus près d'Arwen, mais Faun attrapa la couverture de John entre ses dents et traîna le Hobbit vers le maigre espace entre Sherlock et Gandalf.

Le sol était trop dur et l'air de la nuit juste un peu trop froid pour que John s'endorme rapidement, alors il était réveillé lorsque les derniers Elfes s'endormirent et quand Sherlock se leva silencieusement sur ses pieds. Il avait été si flagrant dans la fouille de son sac précédemment que lorsqu'il avait lancé à John le Lembas c'était tout ce qu'ils avaient vu. Personne n'avait remarqué la petite pochette de poudre finement moulue qu'il avait mise dans sa poche durant la manœuvre. La petite pochette qu'il versa au-dessus du feu toujours en train de se consumer niché entre le reste des Elfes.


Notes de l'Auteur :

(1) : Istari est le nom véritablement correct pour les Magiciens.

(2) : Na = préfixe signifiant voir, Enwa = demain, -uva = met les choses au futur. Donc Naenwauwa se traduit par « Celui qui voit les lendemains ».

(3) : Nienna – Une des Valars (l'équivalent en gros des anges dans l'univers de Tolkien) qui a aidé à créer la Terre du Milieu. Elle est connue comme la Dame de la Clémence, et ce fut son pouvoir qui a apporté le chagrin en premier dans le monde. Aussi terrible que cela semble, sa préoccupation pour le chagrin et le deuil signifie qu'elle prend en pitié la souffrance des autres, ce qui mène à la guérison, l'espoir, et l'endurance de l'esprit. Avant que Gandalf ne vienne sur la Terre du Milieu, il était son meilleur élève.

(4) : Eriador est le nom de toute la région entre les Monts Brumeux et les Montagnes Bleues. Elle s'étend depuis le port des Havres Gris, traverse la Comté, dépasse Bree, et à travers Rivendell. Comme référence, les Monts Brumeux contiennent la Moria dans le Seigneur des Anneaux, et la Ville Gobelin dans le Hobbit. Tout dans les histoires qui prend place avant ça, se passe dans la région d'Eriador.

(5) : Imladris est le nom elfique de Rivendell.

(6) : Pas 'faune' comme la créature aux pattes de bouc, c'est un mot Elfique pour nuage. Et d'après mon guide des langues de Tolkien, cela se prononce f-ow (comme how), ou comme la façon dont mes cousins champêtres disent 'phone'. J'appréciais la pensée d'avoir le cheval de Sherlock s'appelant comme la seule chose sans laquelle il ne semble pas pouvoir vivre, son téléphone. (Si j'avais pu trouver un mot Elfique qui sonnait comme 'texter' j'aurais pris ça.)

(7) : Le Westron est la Langue Commune, l'équivalent de l'anglais si vous préférez.