Chapitre 7

Keito réfléchissait à toute vitesse. En combien de temps Segutera allait-il savoir que ses deux tueurs avaient échoué et qu'Akihito se trouvait de nouveau dans les bras de son cher Asami ? Le mieux serait de l'appeler tout de suite.

-Tu devrais rentrer chez toi. Ce qui vient de t'arriver a du être très traumatisant, suggéra t-il en contemplant le visage pâle du jeune journaliste.

-J'ai vécu pire, dit Akihito en se dirigeant vers les hommes assommés.

-De plus, ton rhume semble s'aggraver. Avales au moins de l'aspirine.

-Plus tard, est ce que tu as ton appareil photo sur toi ?

-Oui, bien sur.

-Viens prendre avec moi les hommes, après on file au journal et demain on fait la une.

-Je ne sais pas si c'est une bonne idée de s'attaquer à Segutera...Qu'est ce que vous vous êtes dit dans la voiture ?

Akihito lui raconta brièvement l'épisode, laissant perplexe Keito. Segutera n'avait rien avoué et ils n'avaient rien de solide pour le discréditer maintenant. Il nierait connaître les deux types et cela suffirait. Ils prirent des photos et dépouillèrent les hommes de ce que contenaient leurs poches en un rien de temps.

-Tu peux rester ici quelques minutes ? Demanda Keito, je dois passer un coup de fil.

-Vas-y, je vais regarder les photos que nous avons fait.

-Ne bouges surtout pas hein.

Keito s'éloigna pour ne pas être écouté, gardant Akihito de vue.

-Asami.

-Monsieur, je suis avec Akihito et je tiens d'abord à dire qu'il va bien.

-Son rhume ? Le coupa t-il.

-Il s'aggrave parce qu'il refuse d'avaler ses médicaments mais je vais régler cela rapidement.

-Que s'est-il passé ?

-Segutera vient de tenter de kidnapper Akihito. Les deux hommes gisent devant l'entrepôt Tyu dans le district Johan. Akihito ne semble pas bouleversé, il souhaite se rendre au journal afin de publier un article sur ce qui s'est passé. Il a eu l'occasion de parler avec Segutera. Ce dernier n'a pas avoué être le responsable du dernier événement. Cependant, il a clairement souhaité ne plus vous voir impliquer dans les élections...

-Ne vous souciez pas des hommes. Faites rentrer Akihito, rapidement. L'article sera refusé de toute façon. Quant à Segutera, je vais m'en occuper personnellement.

-Dois-je rester avec lui ?

-Je serais de retour avant 20h, partez avant.

Le coup de fil fut coupé brusquement. Keito soupira et se mit en marche. Approchant pas à pas d'Akihito, Keito se demandait à quoi pouvait bien ressembler le lieu où vivait Asami. Il imaginait un tas de chose. Serait-il dans le vrai ? Cependant, pour l'instant il devait convaincre Akihito d'oublier l'affaire en cours. Keito ne cessait d'essayer de comprendre le jeune homme et cela n'était pas très concluant. Il ne connaissait pas ses véritables intentions. A quel degré Asami influençait-il le journaliste ? Ou était-ce le contraire ? C'était comme mélanger la glace et le feu, aucun ne pouvait sortir indemne.

-J'ai appelé un taxi, annonça Keito.

-Parfait, les photos sont chouettes. On va pouvoir en glisser une ou deux. Demain, Segutera changera de ton quand il pensera à moi, se réjouit Akihito.

Attaquant le dernier mouchoir du paquet, Akihito débarqua dans son bureau. Le bruit discret qu'il fit en se mouchant attira l'attention de son chef. Ce dernier ne tarda pas à se retrouver en face.

-Akihito, qu'est ce que tu fais ici ?

-Je viens écrire la une de demain ! Tu sais ce qui vient de m'arriver ? Segutera a menacé de me tuer car je gène les élections ! J'ai des photos et déjà l'article dans ma tête. Tu peux imprimer ça pour demain, il est encore assez tôt.

-Hey calme toi, de quoi me parles tu ?

-Des élections !

-Tu es toujours là dessus ! Tu sais que notre journal est neutre ? On n'en a rien à fiche des élections ! Notre priorité c'est les peoples, pas les politiques !

-Mais...

-De toute façon, tu n'as rien à faire ici ! J'ai reçu ton arrêt maladie ce matin. D'ailleurs, je trouve très en forme pour quelqu'un d'arrêté...

-Qui te l'a envoyé ?

-Peu importe, tu rentres chez toi immédiatement avant que je ne te paye pas ton arrêt.

Akihito se vit bousculé en direction de la sortie. Keito le suivait.

-Tu devrais aller travailler avant d'avoir des problèmes.

-Pas d'inquiétude, je suis stagiaire. Que compte tu faire ?
-Je vais aller travailler chez moi. Tu vas pouvoir venir voir comment on travaille en chambre noire.

-Super ! Allons-y.

Le gardien de l'immeuble dévisagea Keito lorsqu'il franchit en compagnie d'Akihito la porte du hall.

L'ascenseur les guida jusqu'au plus haut du bâtiment. La porte d'entrée n'était gardé par personne mais Keito soupçonnait des caméras braquées sur eux. Akihito le fit entrer .

-Je n'y suis pour rien dans la décoration des lieux. Ça tiendrait qu'à moi, ça ne serait pas aussi déprimant.

Keito fit un pas en avant avec prudence. C'était comme mettre les pieds dans un lieu sacré. Ici Asami allait et venait au plus naturel. C'était chez lui, là où son masque froid et le patron qu'il était n'avaient plus aucune raison d'être.

Après s'être débarrassé de leurs chaussures, ils avancèrent dans l'appartement.

-Qu'est ce que tu veux boire ?

-Euh...de l'eau je veux bien.

-Déconne pas, je dois avoir de la bière quelque part. Enfin, je crois.

-Non ça ira, répondit poliment Keito, son cerveau imprimant chaque détail de ce qu'il voyait dans l'appartement.

-Bon très bien. Hésite pas si tu as faim ou soif. Je vais chercher la clef de la chambre, ne bouges pas.

Akihito fila dans les couloirs. Keito l'entendit fouiller dans une armoire et revenir. D'un mouvement de tête, il indiqua à Keito de le suivre. Il déverrouilla la dernière porte du couloir. Un verrou avait été ajouté grossièrement.

-Asami souhaitait que j'ai ma chambre ici. Je ne voulais pas qu'il puisse voir sur quoi je travaille alors j'ai prit des précautions.

-Il n'a rien dit ?

-Non, il a comprit. Puis, ce n'est pas si ça pouvait l'arrêter...

-Tu dois quand-même avoir des choses sur lui.

-Son nom apparaît souvent c'est vrai...

Keito remarqua le coup d'œil que lança Akihito aux armoires que contenait la pièce. Il arriva à les voir quelques secondes à la lumière naturelle car bientôt elle devient artificielle et rouge.

-Tu connais le principe de la lumière inactinique ?

-Oui, elle est produite à l'aide d'une lampe à incandescence ou d'une lampe à vapeurs de sodium. Elle fonctionne uniquement pour les photographies en noir et blanc.

-C'est exact ! Tu t'y connais en tirage.

-Je ne sais que la théorie, je n'ai jamais eu l'occasion d'essayer.

-Tu vas le faire tout de suite alors, dis moi quelles sont les étapes ?

-Sur quelles photos ? Tu utilises un numérique !

-Pas mon appareil photo chéri, sourit amoureusement Akihito en le sortant de sa poche, c'est un cadeau, j'y tiens beaucoup. J'ai pu prendre Segutera dans la voiture avec. Allez, dictes-les moi.

-D'accord. L'exposition, la révélation, le bain d'arrêt, fixation de l'image, le virage qui n'est pas obligatoire, le lavage, l'essorage et le séchage. C'est bien ça ?

-C'est parfait. On peut commencer dans ce cas.

Akihito prépara les pellicules et ils purent se mettre au travail. Keito fut impressionné par la technique du jeune homme. Ses gestes étaient précis, sans aucune hésitation. Si Keito montrait des difficultés Akihito le guidait avec beaucoup de patience. Ses mains intervenaient rapidement lorsque Keito commettait une erreur. Au final, devant la motivation et le plaisir qu'ils prenaient à faire cela ensemble, Akihito développa toutes les pellicules en attentes sur le bureau.

-Il y en a pour le travail, les dernières sont personnelles, précisa Akihito quand ils attendaient devant le révélateur que les photographies apparaissent sur le papier.

Le visage d'Asami apparut en effet sur les dernières photos. Keito en attrapa une avec une pincette et la leva prêt de son visage. Il la détailla et la reposa, regardant ainsi les autres photos. Le point de vue qu'adoptait Akihito pour le prendre laissait complètement apparaître les émotions du photographe. Le modèle était parfait. Beau, photogénique au possible Asami apparaissait comme un dieu sur les photographies d'Akihito. Keito découvrit également un visage différent de son patron. Celui qu'il venait chercher en entrant ici. Un regard, un sourire qui n'appartenait qu'à la personne que l'on aimait. Asami fixait l'objectif comme cela. Un mélange d'émerveillement, de tendresse mais surtout d'amour féroce visant à transpercer celui qui tenait l'appareil émanait des photographies. Akihito les accrocha avec beaucoup de soin.

-Il pose pour toi ?

-Rarement malheureusement ou alors je suis obligé de négocier avec lui, renifla t-il.

-Au prix fort j'imagine.

-Non, justement c'est inimaginable, s'exclama Akihito. La lumière rouge cachait la gène qu'il avait à parler de cela. Étrangement, s'il y arrivait avec Keito, pourquoi s'en abstenir ? Le jeune homme pourrait peut-être l'aider.

-Tes portraits sont très beaux !

-Merci, répondit Akihito en se raclant la gorge. Il les observa.

-Tu en veux une dédicacée ? demanda t-il, taquin, après avoir remarqué que Keito faisait la même chose que lui.

-Quoi ? sursauta t-il.

-Une photo d'Asami...

-Tu es barge ! it Keito.

-Allez, je vois bien que tu le trouves beau.

-Il l'est c'est sure, mais ce n'est pas vraiment mon genre...murmura Keito en ne détachant pas son regard.

Akihito le fixa dans la pénombre rouge.

-Je plaisantais, remarque rien que pour voir la tête qu'il ferait si je lui demandais...

Keito ne dit rien mais sourit. Si Asami se doutait de quoique ce soit, cela se terminerait si vite. Observer était suffisant pour lui maintenant. Comme la photo. Il s'interdisait de fantasmer sur l'idée de prendre un cliché semblable à ceux d'Akihito. Et puis il n'y avait aucun intérêt à copier. Il fallait surpasser pour être aimer. Il n'entendit pas Akihito lui demander :

-Je vais me chercher des gâteaux en attendant, tu veux quelque chose ?
-Je veux bien de l'eau s'il te plaît.

-Surveille bien les photos.

Akihito sortit en trombe de la pièce, laissant à Keito la possibilité de l'examiner de plus près. Il regarda les autres photographies. Il y avait beaucoup d'événements, des mariages, des banquets par exemple. Keito le trouvait toujours aussi doué. Il ne doutait pas une seconde du succès futur d'Akihito. Pour l'instant, il devait juste trouver l'article qui lui donnerait la gloire.

Keito avança dans la salle quand son genou gauche tapa contre un objet dur. Il baissa les yeux et découvrit dans la pénombre un coffre fort. Ce dernier était entrebâillé. Le jeune homme se pencha après s'être assuré de ne pas entendre Akihito revenir. Il trouva à l'intérieur une arme et une boite de balle. Elle ne semblait pas avoir été utilisée. Dessous, il distingua une chemise cartonnée dont les papiers dedans débordaient. Il la saisit et l'approcha de la lampe. Les initiales A.R avaient été gribouillées au feutre noir sur le devant. Keito ne réfléchit pas deux fois, il ouvrit rapidement la pochette et feuilleta les documents. Il y avait un tas de photos d'Asami en présence d'un tas de personnes célèbres au Japon, auxquelles s'ajoutait des rapports de police, des témoignages et divers autres papiers impliquant le mafieux. Interdit, Keito se dépêcha de remettre en ordre le dossier et de le replacer dans le coffre.

IL eut le temps de s'éloigner du coffre lorsqu'Akihito revint.

-Tu en fais une tête ! On va pouvoir retirer les photos, dit-il la bouche pleine de biscuits. Il avala sa bouchée et retroussa ses manches.

Keito partit directement après, passant par le combini avant de rentrer chez lui. Son repas dans la main, il regagna son appartement, méditant ainsi sur ce qu'il avait découvert. Akihito se servait-il d'Asami pour avancer dans sa carrière ? Quel genre de personne était capable de prendre ce risque là ? Keito frémit à l'idée de ce que pourrait faire son patron s'il venait à découvrir que son amant enquêtait sur lui.

Keito se promit d'enquêter un peu avant de faire quoique ce soit.

Une pièce avait été aménagé dans l'appartement afin d'installer une salle de sport. Keito l'utilisait tous les jours, y passant au minimum heure. Le corps ruisselant de transpiration après avoir enchaîné plusieurs séries d'abdominaux, il se débarrassa de son t-shirt quand la porte d'entrée sonna. Il jeta un coup d'oeil à l'heure et s'aperçut que la soirée commençait. Surprit par la vision que donnait le judas, Keito ouvrit la porte rapidement.

-Yu ! Qu'est ce que tu fais ici ? S'exclama t-il.

-Je viens rendre visite à un ami, t'es pas content de me voir ?

-Bien sur que si, entre vite.

Il lui ouvrit la porte en grand et le laissa entrer.

-Sympa ta tenue, fit Yu en le matant.

-Je sais, désolé tu peux m'attendre le temps que je prenne une douche ? Sers toi dans le frigo et installe.

Une dizaine de minutes plus tard, Keito revint dans son salon en enfilant un t shirt, les cheveux humides et ébouriffés.

-Qu'est ce que tu fais en dehors de l'école ?

-On a une permission. Beaucoup de nos camarades ont été recruté pour la période électorale, vu le petit effectif on a eu droit à un cadeau.

-C'est cool que tu sois venu me voir.

-Oui, je me suis dit que tu devais te sentir un peu seul. Ça se passe bien avec Asami ?

-ça peut aller oui. Le jeune ami d'Asami est sujet à pas mal de danger...

-Forcement, être avec un tel homme...

-Pas seulement, Takaba est du genre à sauter tête la première dans les ennuis. Rien que cet aprem, il a failli se faire kidnapper parce qu'il a suivit un type dans une voiture...

-Je vois. Bon courage ! Fais attention à toi !

-Et toi ? Pas de boulot ?

-Non, pas encore. Tant mieux, je suis tranquille à l'école en attendant. Dis,tu me fais visiter ton appart' ?

-Si tu veux...

Keito se leva du canapé et entraîna Yu. Le jeune homme était beaucoup plus petit que lui mais son corps était un circuit de muscles secs. Ses cheveux très courts lui donnaient l'allure d'un militaire. Il n'était peut-être pas beau comme pouvait l'être Asami mais son physique attirait un tas de personne parce qu'il possédait des yeux plus clairs que le reste des japonais.

Il lui montra toutes les pièces ainsi que les photos qu'il avait prit depuis qu'il était dans Tokyo. Leur amitié datait maintenant et Keito avait toujours pu se confier à lui. Il l'entraina dans la dernière pièce, choix non anodin dans le sens de la visite. Sa chambre était très simple. Un lit blanc d'une place en face de la fenêtre et une lampe murale. Yu ricanna.

-Tu as une salle de sport mais un lit pourrit !

-J'ai pas vraiment besoin de plus.

-Asami te force au célibat, plaisanta Yu pour détendre l'atmosphère électrique qui commençait à se faire sentir.

-C'est à peu prêt ça, répondit Keito, d'un ton enroué, s'approchant de son ami.

Ce dernier fit le pas final entre l'espace qui les séparait encore. Il dut tendre kes jambes pour l'embrasser chastement.

-Remarque, pas besoin d'avoir plus de place.

Un rire s'étrangla dans la gorge de Keito quand Yu commença à le toucher. Cela faisait un bout de temps qu'il n'avait pas fait ce genre de chose. Sa peau était extrement sensible. Il avait pu le remarquer ces derniers jours. Combien de nuit avait-il passé à rêver de ses mains sur lui, ses lèvres sur sa peau le dévorant petit à petit et tandis que son regard d'or ne le lâcherait pas, ses reins le laboureraient. Yu se déshabilla rapidement et fixa Keito.

-Qu'est ce qui ne va pas ?

-Fais le moi.

Un sourire naquit sur les lèvres de Yu.

-Tu es sure ?

-Oui, dépêche toi avant que je change d'avis, abruti.

-Merci ! Une fois tout les cents coups, c'est pas assez ! Dit-il précipitamment en cherchant dans les poches de son jean au sol un préservatif.

Keito l'attendait sur lit.

-Tu n'as pas de lubrifiant ?

-Non.

-Tant pis.

Yu attrapa la nuque de Keito et l'agrippa. Il fondit sur ses lèvres pour lui dévorer. Le sexe entre eux était violent. C'était pour cette attirance physique qu'ils avaient commencé à se fréquenter. Yu avait un jour coincé Keito en sortant d'un entraînement. D'abord réticent à l'idée d'avoir un amant dans l'enceinte de l'école, Keito avait refusé. Puis ils s'étaient battu et Keito avait remporté le combat. Cependant au lieu de lui demander de l'ignorer, il lui avait juste dit qu'il serait le dominant. Le sexe, bien que très bon n'avait pas suffit et ils étaient bien meilleur ami, même s'ils couchaient ensembles quand le besoin se faisait sentir.

Keito ne voulait pas se battre se soir. Il voulait sentir la sensation d'être en dessous. D'être celui dont le corps s'ouvrait pour l'autre et se laissait envahir par les émotions. Il entendit Yu cracher dans sa main et bientôt une chaleur se répandit, partant d'un endroit tabou. C'était si bon. Keito ferma les yeux, se concentrant sur ce qu'il ressentait. Il pensa à Asami et à ce qu'il voulait qu'il lui fasse.

-Fais moi mal, réclama t-il.

Yu ne se fit pas prier et s'enfonça jusqu'au bout.

-Tout est rentré, susurra t-il à son oreille avant de la mordre.

Hello !

J'espère que vous êtes toujours motivé à me lire malgré mes publications aléatoires. Cette histoire avance bien quand-même, je n'ai aucune idée du nombre de chapitre qu'il reste.