Nouveau chapitre! Je tenais au moins à poster celui-ci avant Noël, vous allez comprendre pourquoi!
Merci encore à tous ceux qui continuent de reviewer chaque chapitre, je ne réponds pas forcément mais ça me fait extrêmement plaisir!
Joyeux Noël à tous!
"Tu as fait un câlin au Hulk."
Le cœur de Tony battait dans sa poitrine au rythme d'un marteau-piqueur, et c'était tout ce que son ami pouvait lui sortir?
"Oui…"
"Tony… Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce que je viens de voir…" admit Bruce sincèrement confus.
"Tu viens de me voir… discuter avec Hulk."
Bruce quitta l'écran des yeux pour regarder Tony. Son expression stupéfaite se fendit en un rire joyeux et retentissant.
"Tu es un putain de taré, Tony Stark," dit-il. Mais sa joie s'estompa et il fixa de nouveau Tony d'un regard vide.
"Dis-moi à quoi tu penses," le supplia Tony. Il ne pouvait plus supporter ça.
"Je pense que tu as couru dans la pièce verte sans armure, dit au Hulk que tu l'aimes avant de lui faire un câlin…"
Tony ne pouvait dire si Bruce avait manqué la véritable nature de son aveu, ou s'il était encore trop abasourdi pour lui demander des comptes.
Mais ce n'était pas si important. Ce n'était pas pour ça qu'il lui avait montré l'enregistrement.
"Et?" répliqua-t-il d'un ton presque désespéré. Si Bruce ne comprenait pas, alors il aurait risqué beaucoup pour rien.
"Et… et Hulk s'est montré… gentil."
Voilà. Tony dût se retenir de pousser un cri de victoire.
"Alors… est-ce que… tu vois où je voulais en venir maintenant?" demanda-t-il.
"Hulk n'est pas si mauvais?" répondit Bruce.
"Oui," confirma Tony.
Sa réponse fut accueillie par un silence. Bruce se contentait de le regarder fixement.
"Tony… Je peux admettre, en me basant sur les faits qui me sont montrés, que c'est vrai et que tu as raison. Mais du coup, ça renverse complètement tout ce que j'ai cru savoir sur moi pendant des années, et là ça met vraiment le bordel dans ma tête, donc excuse-moi si je suis un peu lent à l'accepter."
Tony fut tenté de mentionner le fait que ses croyances à lui sur lui-même avaient été pas mal renversées, et qu'il s'était très bien débrouillé pour l'accepter, mais il doutait que détester Hulk ait la même valeur aux yeux de Bruce que son hétérosexualité en avait pour lui.
"Pourquoi tu as… pourquoi tu as dit au Hulk que tu l'aimais?" demanda Bruce.
Ah. Nous y voilà.
C'était le moment de vérité. Plus précisément, Tony allait-il dire la vérité, ou inventer une excuse? Il était convaincu que Bruce croirait plus facilement à un mensonge qu'à la réalité. Ça réglait totalement la question pour Tony. Mais était-ce le bon moment? Y aurait-il jamais un bon moment? Ou les sentiments de Tony allaient-ils s'ajouter au bordel que le pauvre cerveau de Bruce tentait déjà de régler?
Il avait les mots sur le bout de la langue, et ils n'attendaient qu'à être dits. Ça ne prendrait que six mots, "parce que je suis amoureux de toi" et ça serait fait.
Et il ne pourrait jamais les retirer.
"Parce que, je… j'avais une théorie." Théories. Très bonne idée. Très scientifique. Pas romantique du tout. "J'ai pensé que si Hulk était si haineux c'est parce qu'il a toujours été détesté, alors j'ai pensé…"
"Tu as pensé que tu pourrais le guérir avec de l'amour," termina Bruce pour lui, le fixant comme s'il venait de proposer de se faire opérer des canards à la place des pieds.
"Ben, oui." répondit Tony.
Ça n'avait pas été le bon moment.
"Et ça a marché," continua Bruce avec étonnement, croisant les bras d'un air pensif.
Tony plongea en avant pour attraper le pantalon trop grand de Bruce avant qu'il ne tombe au sol.
"Oh!" s'alarma Bruce. Il se mit à rougir. "merci," fit-il, s'agrippant de nouveau à son pantalon.
"Je devrais… aller m'habiller. Et-et penser," bégaya-t-il, sans raison. "J'ai beaucoup à réfléchir."
"D'accord," acquiesça Tony alors que Bruce se dirigeait vers l'ascenseur.
"Tu viens?" demanda-t-il, forçant les portes à rester ouvertes.
La seule chose qui empêcha Tony de considérer que monter dans l'ascenseur avec Bruce serait de la torture, c'était d'avoir expérimenté la vraie torture. Dans une pièce étroite avec l'homme à qui, sans que ce dernier s'en rende compte, il avait avoué son amour, il n'était pas question qu'il se soumette à ça. Et encore moins si cet homme était à moitié nu. Il n'était pas si masochiste.
"Non merci, je vais jeter un œil aux dégâts, voir ce qu'il faudra rafistoler," répondit Tony, inventant l'excuse sur le vif. Il suivrait un peu Bruce en bas.
"D'accord," dit Bruce, il laissa les portes de l'ascenseur se fermer.
Dans l'ascenseur, Bruce s'appuya contre le mur et se laisser submerger par l'ébahissement.
Ces choses que Hulk avait dites… Il avait dit à Tony qu'il l'aimait. Il rougit malgré le fait que Tony l'ait dit en premier. C'était quand même un peu embarrassant pour une raison qu'il ignorait. C'était comme dessoûler et être mis en face de toutes les choses qu'on avait fait bourré.
Mais… Hulk n'était pas lui. Ou l'était-il? Il n'était apparemment pas le monstre que Bruce avait toujours pensé qu'il était. Il avait l'impression de ne plus pouvoir être sûr de rien. Parce qu'Hulk était provoqué par la rage, Bruce était toujours parti du principe que c'était tout de dont il était capable. Mais il était capable d'être affectueux, de faire la conversation, et faire un câlin à quelqu'un.
Bruce fut pris d'une vague de culpabilité. Hulk s'était comporté comme un enfant avec Tony. Et il l'avait traité comme un monstre tout ce temps. Il se sentait comme... comme un parent violent.
Non. Bruce grimaça, horrifié. Il ne pouvait pas penser ça. Il ne devait pas le penser. C'était trop douloureux. Beaucoup trop douloureux.
Je ne suis pas mon père, se dit-il. Il ne l'était pas. Il n'avait fait de mal à Hulk; comment aurait-il pu? C'était la faute d'autres personnes. Bruce avait fait tout ce qu'il pouvait pour mettre Hulk à l'abri de ceux qui lui voudraient du mal. Il l'avait fait pour lui-même, bien sûr, et pour que les gens soient en sécurité, mais maintenant il voulait penser qu'il l'avait fait pour Hulk aussi. Ce n'était pas le cas, mais il pouvait quand même s'attribuer le mérite. N'importe quoi pour se soulager de la culpabilité qui le rongeait.
Il voulait lui dire qu'il était désolé. Je ne comprenais pas. Je ne comprends toujours pas. Mais je vais essayer. Je vais essayer de t'aider, pas de te détruire. Tu m'entends? Tu es là?
Bruce ne sentit aucune réponse venant de Hulk. Tout ce qu'il perçut fut cette zone maussade en lui, celle qui vibrait constamment d'agressivité. À moins que Tony ne soit pas loin.
Tony. Rien de tout ça ne serait arrivé sans Tony. S'il n'avait pas été l'enfoiré le plus courageux de la planète. Sérieusement, Bruce ne jurait pas souvent, mais il n'y avait pas d'autre mot suffisamment fort pour résumer ce que Tony avait fait. Si Bruce s'était retrouvé en face de Hulk, l'air hideux car consumé d'une rage meurtrière, il n'y aurait vraiment aucune chance pour qu'il marche vers lui. Mais Tony l'avait fait.
Parce qu'il avait une théorie.
Tony, si tu t'étais trompé tu serais mort. Sérieusement, quand Tony Stark allait-il cesser de l'étonner?
Bruce venait d'arriver dans l'appartement. Il pouvait voir le ciel s'assombrir dehors. Cette journée beaucoup trop longue arrivait enfin à sa fin.
"J'arrive pas à croire que j'ai seulement été là trois jours…" marmonna-t-il à haute voix. Ça lui semblait faire une éternité.
Il aperçut sa porte qui pendait avec son cadre tordu, et ses draps en vrac, et tout d'un coup il n'eut plus du tout envie d'y rentrer. Lit confortable ou pas, c'était là qu'il avait commencé à se transformer. C'était aussi là qu'il avait eu sa crise de panique. C'était un peu trop chargé de souvenirs pour lui, à cet instant.
Pendant une infime fraction de seconde, il eut l'envie soudaine d'aller s'allonger dans le lit de Tony à la place. Il secoua la tête, se demandant d'où ça lui était venu. Il se força à aller dans sa chambre et se changea, avant de revenir dans l'appartement et de s'asseoir sur le canapé.
D'où était-il censé repartir maintenant? S'il n'essayait plus de se débarrasser de Hulk, quel était son but? Pendant si longtemps, il avait été tellement inflexible au sujet d'un remède, en pensant à tous les innocents qui seraient en danger s'il n'en trouvait pas.
Mais apparemment Hulk était aussi innocent qu'eux. Il n'y pouvait rien s'il était grand et en colère en même temps, en particulier lorsque des gens lui tiraient dessus en continu.
Par contre il aime beaucoup écraser des trucs. Il n'était pas entièrement innocent. La destruction qu'il avait causée ne disparaissait pas juste parce qu'il avait été gentil en étant calme. Il ne m'aime pas beaucoup en revanche. Il comprenait d'où son grand alter ego tenait ça. Il ne s'aimait pas beaucoup non plus.
Alors il essayait de coexister avec Hulk maintenant? Pouvait-il le faire? Était-il disposé à partager sa vie avec ce qui n'était en gros qu'un parasite irradié géant? Si ça voulait dire qu'ils auraient tous deux une vie meilleure, Bruce ne pouvait pas vraiment refuser. Il n'y avait aucun moyen de prévoir comment Hulk serait lorsqu'on commencerait à le traiter comme une personne au lieu d'un monstre, en tout cas les résultats avaient été très bons lorsque Tony avait essayé.
L'ascenseur s'ouvrit derrière lui.
"Hey," le salua Tony, ayant apparemment terminé à l'étage du dessus. Il vint s'asseoir à l'autre bout du canapé.
"Je réparerai ta porte après dîner," dit-il de façon décontractée en jetant un œil aux dégâts.
Et là, à ce moment précis, tout changea.
Bruce se sentit soudain comme s'il venait de rencontrer Tony Stark pour la première fois de sa vie. Tout d'un coup il fut conscient de chaque infime détail lié à cet homme. La façon dont ses hanches bougeaient quand il marchait, la façon dont ses yeux s'allumaient quand il souriait, la façon écervelée qu'il avait de faire des bonds lorsqu'il était heureux. Les rides qui apparaissant lorsqu'il riait et qui dessinaient son beau visage. Le désordre calculé de ses cheveux. Les chansons qu'il fredonnait lorsqu'il travaillait. L'odeur tellement agréable qui émanait de lui. Seigneur, il adorait son odeur. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte?
La mémoire de Bruce était remplie de tous ces détails, et il venait juste de rendre compte de leur présence, comme frappé d'une vague géante. Soudain tout ce à quoi il pensait s'était évaporé, et tout ce qu'il voyait était Tony.
Qu'est-ce qui lui arrivait?
Tony choisit un magazine sur la table basse et commença à le feuilleter, complètement inconscient du regard de Bruce fixé sur lui.
Il m'a offert un endroit où rester. Il m'a offert son amitié. Il est resté avec moi pendant que je paniquais et il m'a fait face quand je me suis énervé. Il lui avait fait la cuisine, lavé sa vaisselle et catalogué ses lamelles au labo.
N'importe laquelle de ses choses aurait pu être l'élément déclencheur, mais ce qui ôta le voile de ses yeux, ce fut le moment où Tony lui proposa de réparer sa porte, avec autant de désinvolture que s'il s'était contenté de respirer. La réaction de Bruce ne pouvait être confondue avec aucune autre.
Il se sentait soudain extrêmement attiré par Tony.
"Tony…" dit-il, obtenant son attention. Tony leva les yeux, vit la façon dont Bruce le regardait, et posa son magazine.
"Quoi? Ça va pas?" demanda-t-il, l'air inquiet.
"Non," lui répondit simplement Bruce. Son esprit était silencieux, tellement vide. C'est comme si tout avait été purgé hors de lui, tout sauf cette unique impulsion, qui l'attirait inexorablement vers Tony.
"Tony," répéta-t-il, bien que Tony soit déjà en train de le regarder.
Tu m'as montré comment faire des pancakes, pensa Bruce, avant de plonger vers le milieu du sofa et de poser ses lèvres sur celles de Tony.
