Auteur : Ariani Lee

Bêtalecture : Lyly u

Disclaimer: Le cheval appartient à Bethesda Softwork

Fandom : The Elder's Scroll – Oblivion

Collab : L'idée m'est venue du petit comic de Flock, que je vous conseille d'ailleurs de lire !

Note: Ce n'est pas la seule idée de euh… d'intolérance à l'eau que j'ai. Il y en aura d'autres, sans doute.

Si c'est du steak de cheval noyé, j'en veux bien!

Mettez vous en situation.

Vous êtes un chevalier, vous êtes relativement lourd et plutôt lent. Vous tronchez du gobelin et de l'orque depuis dix heures, vous avez laborieusement amassé cinq cent neuf pièces d'or. Vous arrivez en vue d'une ville, vous êtes soulagé. Vous vous demandez comment vous allez dépenser vos sous durement gagnés. Vous auriez bien besoin de passer une nuit à l'auberge, de vous offrir une nouvelle arme, de l'équipement – parce que vous vous trimballez toujours votre armure du début du jeu – et de renouveler votre stock de potions. Mais alors que vous remontez la rue principale, voilà que vous tombez devant l'échoppe d'un maréchal-ferrant. Vous êtes frappé par la lumière de la révélation, tel Saint-Paul sur le Chemin de Damas. Ça semble évident, tout à coup : un cheval ! Voilà ce qu'il vous faut ! Ça vous permettra de rejoindre plus rapidement les endroits où vous désirez vous rendre, d'esquiver certains combats plus facilement qu'en étant à pied – rappelez-vous, vous n'êtes pas prêt de gagner une compétition de cent mètres, loin s'en faut, et il pourra transporter une partie de votre équipement. Vous entrez.

Le prix d'un cheval passable vous laisse sonné aussi sûrement qu'un coup de massue. Une monture plus l'équipement rudimentaire – selle, mors, bride, harnachement de base – vous coûterait cinq cent pièce d'or, c'est-à-dire quasiment tout ce que vous avez. Vous réfléchissez très longuement, décidez que finalement, c'est le meilleur investissement possible. Vous concluez l'affaire et partez sur votre canasson, heureux comme un roi et fier comme un paon. Vous avez l'estomac vide et vous portez toujours votre armure de péquenot mais vous vous voyez déjà fendant campagne et bois, arpentant les routes avec votre fidèle destrier tel un preux paladin au temps des grandes légendes !

Vous lançant dans une grande envolée lyrique et héroïque, vous galopez droit devant, plein de fougue, les cheveux au vent et l'épée brandie, la crinière de votre cheval tout juste acquis claquant majestueusement (et vous fouettant la gueule au passage mais vous vous en cognez : vous êtes un valeureux héros, mordieu !).

Et là, c'est le drame.

Tout à coup, devant vous, une rivière. Emporté par votre élan, vous ne parvenez pas à freiner à temps et vous vous enfoncez dans l'eau. Pire, vous coulez à pic ! Impossible de faire avancer davantage votre monture. Qui se noie. Crachant et toussant, vous parvenez à vous sortir de l'eau en rampant, à moitié mort. Ça ne pourrait pas être pire…

…En fait si, et ça ne loupe pas. En haut de votre écran, un petit, tout petit, insignifiant temps de chargement vous signale que la sauvegarde automatique s'est effectuée.

C'est le genre d'aventures dont vous auriez préféré ne pas être le héros. Là, soit vous balancez votre manette contre votre écran de rage, soit vous éteignez la console et décidez de faire autre chose, soit vous changez de jeu et jurez que jamais on ne vous y reprendra (ou tout du moins pas avant une semaine). Ou alors, vous êtes un adepte fervent de la méditation zazen, vos chakras sont super ouverts et vous prenez la chose philosophiquement. Car après tout, les martyrs ont un excellent karma ! Vous avez perdu dix heures de jeu, un cheval et tout votre blé, mais peut-être, dans une autre vie, accéderez-vous au Nirvana…