Une forte odeur me parvenait aux narines, j'ouvris les yeux ne comprenant pas ce que je faisais encore ici.

- Mademoiselle s'est réveillée, dit Wonka qui me regardait inquiet, Wonka va prévenir maitre Rogue ! Dit-il en s'éclipsant

Je refusais qu'on me voie ainsi, je refusais qu'il me voie ainsi. Je voulais me dégager mais je n'y parvins pas, elle m'avait attaché trop fermement. Je vis le professeur accourir vers moi, me détachant les poignets, il me rattrapa avant que je n'atteigne le sol puis m'allongea par terre.

Il avait à peine frôlé mes cicatrices que je frémis. Il me fixait toujours ne sachant pas vraiment quoi faire. Une petite brise me fouetta à nouveau, me faisant trembler de douleur. Les larmes recommencèrent à couler, j'avais si mal que je crus que la mort allait m'accueillir cette fois.

- Dans mon laboratoire, la potion antidouleur ! Hurla-t-il à Wonka

Le petit être me fixa une demie seconde avant de disparaitre. Il passa sa main sur mon visage, essayant de me réconforter ou du moins de faire en sorte que je cesse de pleurer.

Je poussais une sorte de grognement incompréhensible tout en essayant de ramper jusqu'à la salle de bain mais j'étais à bout de force

- Ne parlez pas ! Je vais vous soigner ! Dit-il s'impatientant

Lorsque Wonka revint, il lui arracha la fiole des mains et la posa sur mes lèvres. Je secouais la tête, refusant d'avaler quoique ce soit.

- Pour une fois, ne faites pas l'enfant et laisser-moi vous aider, supplia-t-il presque

Sans un mot de plus il m'obligea à boire le truc qui était infecte. Alors que j'allais le recracher, il m'obligea à tous avaler.

- Ça va aller ! Je suis là maintenant, dit-il en essuyant mes larmes

Le truc qu'il m'avait donné, ne tarda pas à faire effet. La douleur s'était presque envolée et je m'endormis presque aussitôt.

Je me réveillais un peu plus tard, tous mon corps me faisaient souffrir. Je me redressais et vis le professeur accourir à mes côtés. La première chose que je lui demandai fut « quand doit passer ma tante pour me prendre ? ». Il me lança un regard noir avant de détourner la conversation

- Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il en posant sa main sur mon front

- J'ai … j'ai mal mais … mais je l'ai mérité ! Dis-je voyant mes mains trembler

- J'exige une explication, demanda-t-il en allant chercher plusieurs fioles dans un tiroir de la chambre

- Elle est venue, elle m'a demandé de monter, c'est tout ! Dis-je en grimaçant de douleur

- Vous trouvez encore le moyen d'être effronté après être presque morte ! Dit-il en regardant chaque fiole

- Vous n'avez pas répondu à ma question ! Dis-je en essayant de lui lancer un regard noir

- Combien en avez-vous reçu ? Demanda-t-il subitement

- 30 pour la punition, 30 pour mes larmes et 30 pour mes sanglots, répondis-je spontanément. Maintenant quand doit-elle passer ?

- Votre tante a abandonné tout pouvoir vous concernant, elle était assez contente de s'être débarrasser de vous je dois dire, dit-il toujours en examina chaque fiole

- Je … je ne le savais ! Dis-je en ayant un pincement au cœur, elle a fini par lâcher l'affaire elle aussi, dis-je en détournant le regard de lui versant une larme. C'était peut-être mieux ainsi, dis-je en me mordant la lèvre pour réprimer un sanglot

- Qu'est-ce qui est mieux Evans ? Demanda-t-il soudainement

- Qu'elle m'abandonne, je … après tous ce que je lui ai faits, je le mérite ! Dis-je avec une envie de disparaitre

- Et que lui avez-vous fait ?

- Quelle pauvre conne j'ai été ! Penser qu'elle pourrait me pardonner d'être partie, dis-je en levant les yeux aux ciels. Si je ne l'avais pas mordu, j'aurais encore un toit, je n'ai pas envie de retourner à la rue, dis-je en posant ma main sur ma bouche

- Même si vous êtes une gamine insignifiante, elle n'avait aucun droit de vous traiter de la sorte ! Dit-il d'une voix posée

- Avec un peu de chance, si je l'implore elle pourrait revenir sur sa décision, dis-je à moi-même avec une lueur d'espoir

- Je ne vous laisserai pas retourner là-bas ! Dit-il élevant un peu la voix. De toute façon, votre responsabilité a déjà été déléguée à quelqu'un d'autre !

- Qui ? Demandai-je pleurant ma tristesse

- …, il ne me répondit pas

- Conseillez lui de me mettre dans un orphelinat, là au moins je ne ferais pas mal à personne !

- Vous avez une si mauvaise estime de vous-même Evans mais si vous voulez tous savoir, c'est à moi que l'on a transféré l'autorité, dit-il enfin

Je tournais la tête subitement vers lui cherchant à savoir s'il blaguait mais il avait l'air apparemment sérieux. Je n'arrivais pas à déchiffrer ses expressions, il me fixa un moment avant mettre les fioles de côté

- Super ! Dis-je dégoûtée, on vous a imposé ma présence, c'est génial ça ! Repris-je sarcastiquement, franchement il faut être complétement taré pour accepter de m'héberger. Envoyez moi dans un orphelinat, vous vous emporterez que mieux, dis-je en le voyant partir dans la salle de bain

- Je n'ai jamais dit que j'allais déléguer votre garde, vous vous faites des idées si c'est ce que vous pensez ! Dit-il en faisant couler l'eau

- Après tous ce que je vous ai faits ! Dis-je en reniflant, vous devez être taré, faites-vous interner mon pauvre vieux !

Il passa la tête à l'entrée de la porte avant de me regarder sévèrement

- Surveillez vos paroles Evans, je ne saurais tolérer autant d'insolence de la part d'une gamine de 8 ans, prévint-il me faisant tressaillir

Je détournais les yeux, je ne réalisais pas ou plutôt je ne voulais pas réaliser que j'étais réellement seule au monde. Peut-être que c'était vraiment mieux, j'étais partie il n'y avait aucune raison qu'elle me garde près d'elle. Lorsqu'il sortit enfin de la salle de bain, il me fixait un moment avant de m'envoyer prendre un bain.

Je regardais l'eau fumante, je craignais le pire. Je me plongeais dans l'eau, remplie d'appréhension mais il s'avérait que l'eau me revigorait et qu'en plus elle avait l'air d'absorber mes blessures. J'étais restée un bon moment à réfléchir de ce que j'allais faire ses prochains jours. J'avais la conviction que si je la suppliais de revenir elle reviendrait sur sa décision.

Je sortis de l'eau une vingtaine de minutes plus tard, il m'attendait avec des fioles en mains. Par simple précaution, j'avais juste enfilé le bas privilégiant un débardeur trois fois trop grand.

- Assis ! Dit-il en versant le contenu de la bouteille dans la cuillère

L'aspect en elle-même me donnait une étrange sensation de vomir. Il me fit avaler une cuillérée de chaque bouteille avant de me demander de descendre. Je n'avais pas le cœur à manger et encore moins à être en compagnie de quelqu'un. La seule chose que je voulais réellement, était de disparaitre.

Il partit dans le salon, où il s'installa avant de me demander de m'asseoir. Je m'efforçais à garder le sourire même si c'était dur, je positivais ou du moins j'essayais. La vie s'acharnait sur moi et la seule chose que j'aimerais savoir c'était jusqu'à quand allait-elle me faire payer et aussi à quel prix ? Une chose était sûre, j'allais me faire la plus discrète possible et peut-être que je finirais par vraiment disparaitre

- A quoi pensez-vous Evans ? Demanda-t-il m'interrompant dans mes pensées

- J'aimerais savoir quel est le tarif ici ! Demandai-je en me mordillant l'intérieur de la joue

- Le tarif ? Demanda-t-il avec beaucoup d'incompréhension

- Combien ça va me coûter si vous préférez, répondis-je en fixant la fenêtre

- Cessez de faire l'idiote et expliquez-vous ! Dit-il énerver

- Euh … je vous dois combien par semaine et … combien de tâche ménagère je dois accomplir pour avoir droit à un repas

- Vous plaisantez j'espère ? Demanda-t-il en me fixant troublé. Quel était le tarif chez votre tante ?

- Euh …120 £ par semaine pour l'eau, les vêtements qu'elle trouvait et la nourriture et c'est 20 £ par jour pour le matelas. Sinon … sinon je … je crois qu'il fallait faire 15 tâche dans la journée pour du … du pain et de l'eau et les repas ne sont pas cumulable, avouai-je en fixant mes mains

- Vous dormiez à quelle heure ? Demanda-t-il agacé

- A 2h00 du matin et … et je me réveillais à 4h00 pour faire mes leçons. Je … je n'ai besoin que de deux heures de sommeil par jour et je serais opérationnelle si vous avez quelque chose à faire, je peux le faire le soir pour ne pas vous insupporter, ajoutai-je docilement

- Vous n'aurez rien à faire ! Dit-il implacablement

- Bien professeur ! Répondis-je automatiquement

- Et vous trouvez ça normale ? Demanda-t-il sévèrement

Je hochais les épaules sans répondre, je fus surprise qu'il soit moins exigeant que ma tante. Cela me surprenait un peu je devais l'avouer

- Le repas est prêt, allez-vous mettre à table ! Ordonna-t-il furieux

Il me rejoignit une minute plus tard avant de faire léviter les assiettes jusqu'à nous. Wonka me servit un peu de jus de pomme et à son maitre du vin.

Le repas se déroulait en silence, malgré le fait que le repas soit très bon, je tremblais beaucoup. Je frottais mes mains plusieurs fois pour les réchauffer un peu à cause de la peur. Il me jetait un vif regard sans rien dire m'examinant de prêt

- Nous parlerons des nouvelles règles après le dîner, dit-il brisant ainsi le silence

J'hochais la tête, il le dit qu'une façon qui ne prêtait pas à protestation. Cela ne me surprenait pas vraiment nouvelle maison, nouvelle règle, nouvelle peur. Il m'obligea à tout manger pour reprendre des forces, m'obligeant ainsi à vider mon assiette de légume.

Nous partîmes nous asseoir dans le salon, mon estomac faisait des siennes et mon cœur s'emballait.

- Je ne le dirais qu'une fois ! Dit-il sévèrement

- Oui professeur, répondis-je docilement

- Il est interdit de sauter des repas, j'exige votre présence à chaque repas ! Vous irez au lit à 22h00, dit-il en me fixant. Souffrez-vous une allergie particulière ? Demanda-t-il

- Euh … je me suis faites hospitalisée une fois quand j'ai mangé des noix, les docteurs en on conclut à une allergie, répondis-je timidement

- Bien ! En ce qui concerne les punitions, je privilégie la fessée elles peuvent selon vos actions être plus ou moins sévère

- Oui professeur ! Répondis-je toujours sur le même ton

- En ce qui concerne votre chambre il sera de votre responsabilité de la laisser en état ! Faites ce que vous voulez mais lorsque j'inspecterais votre chambre, elle devra être propre et rangée ou je confisquerai tous ce qui traîne, dit-il en me fixant sérieusement

Au fond je me disais que je n'allais rien toucher ni même utiliser. Je me demandais sérieusement ce que je faisais ici alors que j'aurais été mille fois mieux dans un bagne.

- Oh ! Et j'y pense, ceci vous appartient, dit-il en me le tendant

- Mon collier ! Dis-je en ne m'empêchant de sourire

Je me précipitais pour le prendre et le remettre dans mon cou. Avec lui à mes côtés, j'avais le sentiment de ne pas vraiment être seule au monde … enfin juste le sentiment

- Merci, dis-je avec les yeux remplis de gratitude

- Vous avez l'air de beaucoup y tenir !

- C'est le seul souvenir que j'ai de mes parents ! Répondis-je en passant ma main sur collier avant de le serrer contre moi

- Il est bientôt 22h00, préparez-vous à aller au lit

Je me levais et montais dans ma chambre, il me suivit de très près puisqu'il vint me donner des médicaments. C'était assez gentil à lui de s'occuper de moi, même si ce n'était pas obligatoire. Je passais une très mauvaise nuit ce jour-là pour tout vous dire, je n'avais pas dormi de la nuit, il était 1h00 du matin et je venais d'effectuer un autre round aux toilettes. Il faisait atrocement froid et je tremblais atrocement. Je m'appuyais sur le rebord de la fenêtre pour souffler un peu et prendre un peu d'air. Je ne m'attendais pas à voir débarquer le professeur Rogue qui accourut à mes côtés plaquant sa main froide sur mon cou

- Vous avez de la température ! Remettez-vous au lit, ordonna-t-il

- Ne … ne vous dérangez pas pour moi ! Ça … ça va passer, dis-je en toussant légèrement

Il ne m'écouta même pas, préférant me donner des médicaments qui calmèrent mon estomac et mes vomissements et qui me firent dormir. Le reste de la nuit se passa paisiblement, je m'étais levée à 8h00, le professeur qui avait été prévenu de mon réveil vint voir comment j'allais, c'était assez gentil de part. Il m'examina brièvement avant de me laisser descendre pour le petit déjeuner. En entrant dans la cuisine il était déjà assis à boire son café et lire son journal. Wonka m'apporta un bol de céréale avec des fruits secs à l'intérieur

- Merci ! Lui dis-je en souriant

Je le vis plier son journal pour commencer à manger son petit-déjeuner. J'avais du mal à commencer mais je devais le dire, c'était bon.

- Pourquoi ne m'avez-vous pas réveillé ou du moins prévenu Wonka que vous n'alliez pas bien ? Demanda-t-il calmement mais avec quelque chose qui me fit frémir par derrière

Je déposais la cuillère dans le bol penchant la tête au maximum pour éviter de croiser son regard.

- Je … je ne savais pas que j'y étais autorisée ! Dis-je toujours docilement

- Je ne vous ai jamais interdit de m'appeler Evans !

- Je m'excuse de ne pas connaitre toutes les règles de la maison, dis-je sans émotion.

- Pardon ? Demanda-t-il agacé

- Veuillez m'excusez, dis-je en me levant de table, merci pour le petit-déjeuner

Je tournais les talons avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit. J'avais passé ma journée sous l'arbre recroquevillée sur moi et faisant des cercles dans la terre. Je reprenais les mêmes activités qu'à mon arrivé, c'est-à-dire rien. En fin de journée, j'aimais bien regarder les plantes pousser lentement et paisiblement. Le coucher de soleil était magnifique, cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu d'aussi beau ou plutôt que je n'étais pas trop fatiguée pour le regarder.

Wonka m'appela pour que je rentre avant que la pénombre ne s'installe réellement. Je m'assieds à la cuisine avec Wonka qui préparait le repas, devant une bonne tasse de thé. Je le regardais couper les légumes magiquement alors qu'il remuait sa casserole

- Tu veux de l'aide ? Demandai-je espérant qu'il dise oui

- Mademoiselle peut se reposer, mademoiselle n'a besoin de rien faire, dit-il gentiment

- D'accord, dis-je en me levant

Je montais à l'étage où après un bain, j'enfilais un tee-shirt. Je m'étais attardée sur les nouvelles marques eu récemment mais bon c'était loin maintenant. Je m'efforçais en tout cas de les oublier ou du moins j'essayais.

Je m'étais assise à la fenêtre à regarder les étoiles qui étaient magnifiques comme d'habitude. Je ne savais pas trop quoi dire ou penser, me détestaient-ils ou bien m'aimaient-ils ?

- Quelle question ! Il est évident qu'ils te haïssent tous les deux, dis-je en poussant un petit soupire. J'aimerais bien que tu me dises ce que je t'ai fait pour que tu me détestes à ce point, demandai-je à Dieu, je ne le mérite peut-être pas mais … mais … ce n'est pas grave, tu as sûrement des choses plus urgentes que moi !

Une semaine était passée et ma routine s'était imposée. Je me levais mangeais un peu et restais le plus loin possible de tout le monde et je restais plantée sous mon arbre à ne rien faire.

Un soir après avoir pris un bain et fait semblant de dormir pour ne pas descendre manger parce que je n'en voyais tous simplement pas l'utilité, je m'étais tournée vers le ciel pour lui poser la même question tous les soirs. Je n'avais pas remarqué que je n'étais plus seule, je pâlissais à vue d'œil me demandant ce que j'avais encore pu faire. Il avait les yeux rivés sur moi, je me demandais ce que j'attendais pour l'implorer.

Il s'approchait de moi alors que je reculais instinctivement, mon cœur s'accélérait alors que je mes jambes ne voulaient plus me tenir je tombais, je le sentis me prendre le poignet et me tirer derrière lui

- Je … je suis désolée, je ne le ferais plus, je ferais n'importe quoi, je vous promets que je ne le ferais plus, pardonnez-moi, dis-je affolée

Sans prêter attention à mes supplications, il continua à me tirer vers lui. Je crus rêver en voyant ma tante dans le salon, elle avait enfin décidé de me reprendre avec elle. Je me mise à pleurer essayant de rester à une bonne distance d'elle, elle s'approcha de moi, m'agrippant les cheveux et les tirants vers elle.

- On ne me salue plus ? Demanda-t-elle en me secouant dans tous les sens

Je l'aurais fait, je vous jure que je l'aurais fait si je n'étais pas paralysée par la peur, ma gorge était tellement sèche qu'aucun son n'était sorti. La seule chose que je faisais était pleurer, mes yeux s'écarquillèrent en la voyant sortir un fouet et pendant que le maitre des lieux s'installait. Alors qu'elle m'agrippait à une sorte de poutre je me sentais secouée dans tous les sens pour au final me réveiller en sursaut. Je me redressais précipitamment, plaquant ma main sur ma bouche pour éviter de hurler en pleine nuit. Devant l'homme qui me regardait inquiet, je retenais mes sanglots, essayant de reprendre mon souffle du mieux que je pouvais

- Pardonnez-moi seigneur si … si j'ai pêché puisse Dieu entendre mes prières et venir me prendre, dis-je en me recroquevillant sur moi-même et ravalant mes sanglots et tous ce qui s'en suivaient

Lorsqu'il posa sa main sur mon dos, je resserrais mon étreinte. Je voulais qu'il me laisse dans mon cocon, et qu'on me fiche la paix

- Je ne te veux aucun mal ! Dit-il tendrement

Je hochais la tête pour qu'il parte et me laisse tranquille mais il s'obstinait. Contre toute attente, je le sentis me prendre dans ses bras maladroitement. Je levais la tête surprise, réalisant ce qu'il faisait. Il me tapota le dos ce qui eut pour effet de me faire pleurer et laisser tous sortir. J'avais pleuré une bonne partie de la nuit, laissant chagrin, frustration, colère sortir. J'en avais gros sur la patate mais il était resté toute la nuit avec moi ce qui me touchait beaucoup. Le lendemain, je constatais que je m'étais endormie sur lui et que lui s'étaient endormie dans la chambre. Je me levais sans bruit me regardant dans le miroir, je vis un visage creusé par les cernes et la fatigue et les yeux rouges à force d'avoir pleurer

En pénétrant dans la chambre, il était déjà réveillé mais toujours en pyjama. Je rougissais en repensant à la situation gênante dans laquelle je l'avais mise.

- Je … commençai-je avant d'être interrompu

- Allez prendre votre petit-déjeuner et allez m'attendre dans la bibliothèque, ordonna-t-il

Je descendis à toute vitesse mangeant une pomme et buvant un grand verre de lait avant d'aller à la bibliothèque. Mais qu'est-ce qui m'avait pris d'éclater en sanglot dans ses bras mais quelle conne j'étais, j'aurais pu le laisser partir avant d'éclater en sanglot.

J'étais vraiment trop pensive pour remarquer sa présence dans la pièce, ce n'était qu'en entendant un raclement de gorge que je compris que je n'étais plus seule.

- Pouvez-vous m'expliquer ce qui s'est passé hier ? Demanda-t-il en s'asseyant à son bureau

- Je … je n'avais pas voulu vous déranger dans votre sommeil, vous avez perdu une partie de la nuit à cause de moi et j'en suis désolée, dis-je lamentablement

- Je ne vais ni vous punir, ni vous gronder alors détendez-vous ! Dit-il calmement sans me quitter des yeux, vous avez fait un cauchemar, je l'avais compris seul … j'aimerais savoir ce que vous avez vu pour vous mettre dans un état pareil, demanda-t-il enfin

- Rien ! Dis spontanément

- De quoi avez-vous peur ? Demanda-t-il atteint par ce qui passait

- Rien, répondis-je plus fermement

- Evitez de mentir surtout à moi ! Ajouta-t-il sévèrement. Cela se voit que vous êtes effrayé, répliqua-t-il avec conviction

- …, je baissais les yeux agacés qu'il se mêle de truc qui ne le regardait pas

- Je n'ai pas l'intention de vous traiter comme une esclave ou quoique ce soit, informa-t-il tendrement pour me donner confiance, si je vous ai adopté c'était pour avant tout vous donner une chance d'avoir une enfance normale ajouta-t-il sincèrement

- Et qui vous dit que je mérite une enfance normale ? Demandai-je sachant qu'il ne s'y attendait pas

- Vous daignez enfin utiliser votre langue, c'est bien, dit-il sarcastiquement

- Pour le bien de tous, restez loin de moi ! Rétorquai-je dégageant une mauvaise aura

- Serait-ce un ordre ? Demanda-t-il sévèrement

- Juste un conseil ! Répondis-je simplement

- Vous avez du mal à me faire confiance je le conçois mais ne vous détruisez pas pour cette femme, supplia-t-il presque

- Vous ne savez pas de quoi elle est capable, moi si. Dis-je un poil agacé, si elle le voulait, elle me tuerait sans même lever le petit doigt, l'informai-je

- Au contraire, je sais de quoi elle est capable, j'ai vu les cicatrises qu'ont laissé le temps qu'elle soit ou non visible, répliqua-t-il toujours d'un ton calme

- Pourquoi vous faites tous cela ? Je ne le mérite pas ! Demandai-je désespéré

- Vous êtes une enfant qui ne sait pas sourire et qui n'a goût à rien, dit-il tendrement voulant me faire entendre raison

- La vie m'a tout enlevé sauf moi, je dois être vraiment une nullité pour que la mort elle-même me refuse auprès d'elle, répliquai-je

- Ce qu'elle vous a fait, est indigne d'une mère, d'un être humain, reprit-il sévèrement ou plutôt en colère

- Oui … je suis une sorcière, un monstre, un démon, un fruit du pêcher, je n'ai rien d'humain ! Affirmai-je avec dégoût

- Vous avez un cœur qui sait pleurer, rire, crier comme elle !

- Je suis désolée qu'on vous m'est imposé, repris-je en ignorant ses paroles

- On ne m'a rien imposé, j'ai tout simplement décidé de vous adopter. Vous n'êtes pas seule, je suis là à présent, dit-il avec conviction

- Vous allez finir par y laisser des plumes, j'ai … j'ai assez fait de mal autour de moi pour vous rajouter à ma liste professeur, expliquai-je avec une voix qui tremblait

- Sauf que je ne vous laisse pas le choix ! Ajouta-t-il fermement

- Vous n'êtes pas mon père et encore moins un membre de ma famille ! Alors mêlez-vous de ce qui vous regarde, répondis-je énervé qu'il ne veuille pas comprendre

- Vous me parlez sur un autre ton jeune fille ! Intervint-il avec un ton sévère qui me fit trembler, il me lança un regard noir qui me transperçait l'âme. Je vous ai adopté, je suis donc à vos yeux et aux yeux de tout le monde votre père, que je ne vous entende plus remettre mon autorité en cause

Je gardais le silence devant de tel propos qui me surprise un peu. Je ne savais pas s'il était sérieux ou pas. Je n'osais le regarder tellement je refusais d'assimiler cette information.

- Est-ce clair ? Demanda-t-il sévèrement

- …, je levais les yeux vers lui le fusillant du regard

- Je vous ai posé une question Evans et j'attends ! Reprit-il sévèrement

- Oui, répondis-je sèchement

- Oui qui ? Demanda-t-il toujours sur un ton tranchant

- Oui professeur ! Répondis-je en serrant les poings

- Pardon ? Reprit-il sévèrement

- Oui papa ! Dis-je enfin

- Maintenant que les choses sont claires, dites-moi exactement de quoi parlez votre rêve

J'hésitais un peu mais je n'avais pas vraiment le choix. Il avait apparemment le don de savoir quand je mentais et lui mentir ne serait pas la meilleure option. Pendant l'histoire, j'avais caché mes yeux empêchant mes larmes de tomber par la même occasion. Ma voix s'était enrouée mais après une longue inspiration, je parvenais à ne pas céder devant mes émotions.

- Je n'oserai jamais battre un enfant de la sorte ! Reprit-il beaucoup plus calmement

- Je m'en fous, faites ce bon vous semble, si cela vous amuse de me voir vous supplier, il ne faut pas se gêner pour moi, j'y suis habituée maintenant, répliquai-je cachant toujours mes larmes

- Je ne vous ai pas adopté pour vous faire souffrir ou autre ! Je vous l'ai déjà dit si vous faites une bêtise je vous punirai. Une fessée n'a jamais tué ni blessé personne, informa-t-il

- Je vous ai dit que je m'en foutais un peu, que vous preniez le fouet, une ceinture, une branche de bois ou même un couteau, je ne ferais vous ferez pas changer d'avis, répliquai-je sur le point de craquer

- Lily écoute-moi ! Tu es une enfant qui plus est ma fille … je ne vais pas te faire de mal, dit-il en posant sa main sur mon épaule

- …, une larme tomba sur la table montrant que j'avais craqué

- Regarde-moi ! Demanda-t-il tendrement

- …, je levais difficilement les yeux vers lui. Il était à quelques centimètres de mon visage

- Tu es une petite fille formidable et je suis fier de toi. Ne retiens pas tes larmes parce qu'on te l'a dit, dit-il en posant sa main sur sa joue

- Pleurer est un signe de faiblesse, répondis-je

- Non ! Pleurer n'est pas un signe de faiblesse mais un signe que tu as un cœur et que ton cœur souffre, répondit-il toujours tendrement

- Pourquoi moi ? Il … il y a tellement d'autre enfant qui mérite tout ça plus que moi, demandai-je en essayant de comprendre

- Je ne suis pas d'accord, tu le mérites aussi, dit-il avec amour

- Pourquoi elle me déteste ? Je lui ai fait quoi ? Demandai-je en reniflant

- Tu n'as rien fait rassures-toi ! Tu n'as rien fait, c'est juste qu'elle est faible puisqu'elle s'en est prise à plus petite qu'elle, dit-il avec amertume

- Je la hais ! Je la hais ! Je la hais de tout mon être mais … mais c'est la sœur de ma mère, je … je n'ai pas le droit de la haïr, dis-je passant une main dans ma chevelure pour dégager mes yeux

- Ce que tu ressens est tout à fait normal vu ce qu'elle t'a fait, tu n'as pas à culpabiliser

- Vous êtes plus gentil que je ne l'aurais pensé, lâchai-je en souriant

- Je ne fais que mon rôle de père. Je t'ai laissé une semaine pour que tu t'ouvres mais tu t'es renfermée sur toi-même, expliqua-t-il en replaçant ma mèche en arrière

- Pardon, dit-il honteuse de moi

- Ne t'excuse pas ! C'est une réaction assez normale, dit-il toujours aussi gentiment

- Vous ne m'en voulez pas de vous avoir réveillé ? Demandai-je

- Dans d'autre circonstance jeune fille, je vous aurais volontiers mis une fessée pour n'avoir prévenu personne que vous n'alliez pas bien, dit-il sérieusement

- J'ai l'habitude de m'occuper toute seule de moi, vous n'aviez vraiment pas à venir me voir hier soir, répondis-je pour ma défense

- Hum ! C'est vous qui le dites, pas moi ! Désormais c'est mon rôle de s'occuper de vous alors oubliez cette idée saugrenue, ordonna-t-il

- Merci, répondis-je sincèrement

- Si maintenant Miss se sent mieux vous pouvez aller jouer, j'ai bien dit jouer et non broyer du noir ou sinon vous pouvez me tenir compagnie et me parler, précisa-t-il pour que tout soit clair

- Je peux vraiment rester ici avec vous ? Demandai-je rougissant légèrement

- Ne viens-je pas de le dire ?


Laissez moi vos avis sur ce chapitre qui ne signe que le début d'une grande aventure.