La Luxure

-Si je te libère, tu compte faire quoi?

Drago redressa la tête.

-Tu me libères? demanda-t-il, surpris qu'elle entrevoie enfin la possibilité de le détacher.

-Réponds à ma question.

-J'essayerai de détruire ces foutues sphères, je pense.

-De force?

-Pour commencer.

-Et si ça ne marche pas?

Il sourit.

-J'improviserai...

Hermione n'avait pas du tout envie de le laisser faire ce qu'il voulait, mais elle savait pertinemment qu'elle ne pouvait pas continuer ainsi encore bien longtemps. Car aujourd'hui, cela faisait quatre jours qu'ils étaient enfermés et ne pouvaient se nourrir que de ce que la salle décider de leur donner. Parfois, Hermione faisait grâce d'un ou deux toasts à Drago, ce qui ne semblait pas le combler.

Enfin, elle prit sa décision.

Elle stoppa de sortilège.

Drago, ahuris, se leva avec difficulté, dégourdissant ses muscles endoloris et alla vers la fenêtre pour prendre la boîte. Quand il l'ouvrit, quelque chose le frappa : il ne restait qu'une seule et unique sphère: il fallait croire qu'ils avaient tout deux vaincu l'envie de partir en restant ainsi, sans bouger, pendant presque deux jours. Pour la Paresse, il ne comprenait pas vraiment, après tout, ils n'avaient rien fait depuis des heures.

Mais peu importait en fait, car, suivant sa promesse, il n'avait pas dormis et était maintenant plus fatigué que jamais.

-Granger, je peux dormir sans que tu t'en prenne à moi?

-Non.

-Quoi?

-Je ne compte pas rester dans cette salle un jour de plus alors il faut trouver une solution et vite. Aujourd'hui. Il faut déjà vaincre la Paresse et l'Env...

-L'Envie? Non Granger ça on l'a déjà fait.

-Les deux?

-Il faut croire. Donc, il ne nous reste plus que la luxure...

En prononçant ce dernier mot, le sepentard croisa le regard anxieux de la brune, mettant le plus de charme possible dans ses yeux, ce qui fit détourner rapidement la gryffondor. Comme si son courage n'était valable que contre les forces du Mal.

-Granger? Regarde-moi.

-Non merci je préfère garder la faculté de ce sens et ta simple vue pourrait la détruire.

Il alla la rejoindre, ignorant totalement l'insulte qu'elle lui avait lancée, à croire que ce séjour dans cette salle l'avait rendu moins susceptible. Il lui prit durement le menton et la força à le regarder.

-Tu compte faire quoi maintenant? Parce que ne compte pas sur moi pour te mâcher le travail.

-« Le travail? »

-On aurait pu appeler ça autrement mais si c'est toi ma partenaire, je ne pense pas que ce sera une partie de plaisir.

-Tu sous-entends quoi là Malefoy? Tu sais très bien que c'est simplement hors de question que je... que je fasse ce genre de choses avec une fouine telle que toi!

-Je croyais que tu voulais sortir d'ici aujourd'hui.

-On peux toujours attendre un peu que quelqu'un vienne nous chercher, après tout ici on a de la nourriture, une salle de bain et...

-De l'occupation?...

Regard noir.

-Déjà, définissons la luxure, je pense qu'une Miss-je-sais-tout comme toi devrait savoir ce que c'est précisément, non?

-C'est la débauche, le sexe sans modération...

-Alors il faut le faire une fois mais se contenter de cette seule et unique fois.

-Ça me parait logique... mais c'est hors de question Malefoy!

-Quoi? Je te révulse?

Silence.

-Réponds! Je te révulse oui ou non? Et sois sincère!

-NON! Non. C'est juste que...

-Tu ne veux pas perdre ta vertu de la pire des façons, donc avec moi. Alors je vais te dire Granger, je ne suis une brute que quand on m'énerve et justement attendre comme ça que tu te décide ça ça m'énerve!

-Alors énerve-toi en silence!

À peine ces mots sortis de sa bouche, la lionne sentit un poids sur sa poitrine, la propulsant à terre, minime face à Drago. Alors qu'elle redressait la tête, elle vit un éclair de terreur traverser le regard du blond, tandis qu'il la fixait de ses yeux sombres. Il tomba à genoux sur le tapis aux couleurs d'émeraudes, à côté d'elle, elle sur le sol, elle allongée, elle ensanglantée. Car la plaie qu'il lui avait faite alors que la rage le prenait il y avait de cela quelques jours s'était rouverte, tâchant le tapis de sa couleur rubis, comme si Gryffondor se mélangeait à Serpentard, comme si deux ennemis ne formaient plus qu'un.

Hermione le scrutait en silence, étudiant chaque mouvement, chaque changement d'expression qui pourrait traduire ses intentions, mais même lui ne semblait pas savoir comment réagir. Elle avait peur, pourtant elle ne bougeait pas. C'était loin d'être sa blessure qui l'en empêchait, c'était plutôt la fascination qu'elle avait pour ce visage glacé et l'Envie brûlante qui traversait son regard.

Elle ne voulait rien entendre, elle ne voulait pas qu'on lui dise quoi que ce soit, alors quand les lèvres de Drago bougèrent pour prononcer son nom elle posa aussitôt sa main sur elles.

Et ferma les yeux, appréciant leur chaleur et leur douceur.

Drago voulut dire quelque chose mais la pression s'en fit plus forte alors il lécha du bout de sa langue les deux doigts qui le faisaient taire et sourit lorsqu'il croisa le regard surpris de la lionne, toujours allongée. Il prit sa main et y déposa une multitude de baisers, de plus en plus pressés, de plus en plus enfiévrés.

Il commença alors à enrouler sa langue autour de son index puis le prit en bouche, passant et repassant, venant et revenant tandis qu'elle cachait son regard honteux derrière ses paupières lourdes de désir.

Drago s'installa à califourchon sur Hermione qui sursauta brièvement, amenant son bassin contre celui du blond. Il abandonna sa main et vint vers son visage, caressant de ses lèvres chaudes la peau de la brune, redessinant les contours de son visages, puis embrassa le coin de sa bouche, la mordilla tandis que ses doigts décrochaient les boutons de son fin chemisier. Hermione cherchait ses lèvres, tentait d'embrasser le garçon mais elles fuyaient toujours, lui donnant encore plus envie de les sentir contre les siennes. Et pendant que le blond lui retirait son chemisier, elle passa sa main dans les cheveux de Drago et enfoui son nez derrière son oreille, respirant le plus possible son odeur mentholé. Il défit sa propre chemise et enleva ses chaussures puis celles de la lionne avant de revenir embrasser son cou. La brune ondula son bassin, le frottant à l'entre-jambes de Drago. À mesure des gestes de la fille, il sentit son sang arrêter d'entretenir son cerveau et descendre jusqu'à son début d'érection. Une léthargie instable le prenait, guidant ses mains jusqu'à la jupe d'Hermione qu'il enleva. Puis il fit de même avec les collants, caressant sa peau au fur et à mesure qu'il les descendait.

Il termina par son soutien-gorge, examina les fines bretelles dentelées noires qui soutenaient les deux collines d'Hermione et détacha le tout empressement pour l'envoyer au loin et venir lécher un des tétons durcis d'excitation.

Puis, la lionne prit sa main et la fit glisser le long de son ventre pour atteindre sa culotte de coton noir. L'humidité qu'il y sentit acheva de l'exciter et il s'empressa de lui enlever. Et pendant qu'elle cherchait encore à l'embrasser, il descendit son visage jusqu'à son antre de plaisir et happa une partie du fluide, faisant entrer et ressortir sa langue, se délectant des gémissements d'Hermione.

-Malefoy...

C'était comme une demande, une supplication pour qu'il fasse plus, mais le blond n'était pas du genre à répondre aux demandes alors il enfonça plus sa langue mais ne vint pas aux choses plus sérieuses. Il profita de sentir son ennemie de tordre sous lui tandis que ses mains touchaient tout son corps.

La brune pressa sa main sur la tête de Drago, l'incitant à y aller plus fort mais le blond s'arrêta et remonta son visage jusqu'à pouvoir voir dans les yeux d'Hermione la plus folle envie qu'il eut vu.

Puis, elle le fit de redresser et entama de défaire, ceinture, boutons et fermeture du pantalon du jeune homme, passant sa main sur son ventre puis remontant sur son torse et revint sur son caleçon. Drago la regarda faire, sentant son érection se faire de moins en moins supportable, et, il se dégagea de la brune et enleva entièrement son pantalon. Allongé à son tour sur le dos, il la vit s'installer sur lui et venir embrasser son torse, son cou, son visage et quémander ses lèvres. Mais il ne lui donna pas satisfaction, la faisant languir. Mais bientôt, ce fut lui qui fut à bout de sa patience et il la fit se remettre sur le dos et enleva son caleçon pour se positionner sur elle. Il attendit un instant, et alors qu'elle murmurait son nom il entra en elle. Trop vite. Car elle cria plus fort qu'elle n'aurait dû. Alors il se sortit, doucement cette fois, tandis qu'il examinait les expressions d'Hermione, son visage tendu, sa mâchoire contractée. Il entra à nouveau en elle, plus délicatement et les lèvres de la brune s'entrouvrirent, laissant échapper un gémissement des plus excitants.

Alors il entama ses va et viens, sentant ses sens le quitter peu à peu et toute notion partir loin de cette sensation d'extase. Et plus il allait, plus il allait vite et plus elle criait sous lui, cherchant pourtant toujours à l'embrasser. Il continua, cherchant toujours à entendre ces hurlements, les voulant plus forts encore. Il ne ferma pas une seule seconde les yeux alors qu'elle les gardait cachés sous ses paupières.

Et alors qu'il sentait l'orgasme lui venir, Drago accéléra un peu plus et Hermione s'arcbouta contre lui, atteignant l'orgasme la première, puis ce fut au tour de Drago qui se vida en elle, fermant enfin les yeux.

Après quoi, il se retira et resta allongé sur elle un instant, leurs bouches l'une contre l'autre, tous deux essoufflés.

Ils ne se parlèrent plus, incapables de trouver quoi dire, incapables de savoir ce que pensait l'autre. Alors ils fixaient l'autre quand il ne voyait pas, ils pensaient à ce qui s'était passé sur ce tapis, tandis que la tâche de sang leur rappelait inlassablement qu'ils se détestaient sans cesse et depuis toujours. Drago vérifiait fréquemment si la sphère disparaissait ou pas, se demandant combien temps ils devaient encore moisir dans cette salle avant que celle-ci ne décide qu'ils n'étaient pas des débauchés.

Mais ils attendaient depuis quatre jours désormais et aucune porte n'apparaissait.

-Tu crois qu'on a bien fait? demanda finalement Hermione, la voix tremblante. Et si on n'aurait pas dû, si la salle ne voulait pas qu'on... le fasse?

-Je n'en sais rien Granger, je ne vois pas ce qu'on aurait pu faire d'autre.

-Et si c'était trop tard? Si jamais...

Mais Hermione ne pu terminer sa phrase. Un vacarme incessant emplissait la pièce entière, provenant du plafond. Et alors que les deux ennemis se jetaient des coups d'œils inquiets, un nuage de suie remplis le lieu, noircissant murs, objets et personnes. Drago toussa à s'en déchirer les poumons et Hermione utilisa sa baguette pour faire disparaître la suie autour de sa tête et pouvoir respirer. Le nuage disparut peu à peu et la brune rendit ses vêtements ainsi que ceux du serpentard propres.

Alors, elle observa la salle et tomba sur le visage noirci du directeur.

-Professeur?

À ces mots, Drago redressa aussitôt la tête.

-Vous?

-Oui Mr Malefoy, moi. Cela fait plus d'une semaine que nous vous cherchons, l'école et le Ministère entier et voilà qu'un seul élève réussi à vous retrouver. Je ne sais pas si Mr Londubat a fait exprès de perdre Trevor dans un conduit de cheminée mais toujours est-il qu'il vous a vu il y a de cela quatre jours et m'a directement appelé pour qu'on trouve un moyen d'entrer dans ces conduits de façon sécurisée. Donc maintenant il faut repartir, allez suivez-moi!

-Nous... commença Drago. On va passer par la cheminée?

-Et bien oui, par où voulez-vous que nous passions?

Drago se tut et regarda Hermione l'air de la supplier de trouver un autre moyen. Mais aucune solution ne s'offrait à eux et Drago ne pouvait s'empêcher de penser qu'une fois sortis, il ne pourrait jamais plus caresser sa peau, embrasser ses seins, goûter à son liquide de désir et jamais plus la faire sienne.

Puis, Dumbledore, armé de sa baguette, commença à remonter dans la cheminée. Mais une autre boule de suie s'écrasa à terre et vint remplir de nouveau la pièce entière. Alors, Drago en profita pour se jeter sur la lionne et l'embrasser dans un baiser remplis de ses espérances et de ses envies. Et tandis que leurs lèvres se touchaient pour la première fois, la dernière sphère disparut et une porte s'ouvrit enfin.