Bonsoir,
Pfiou, j'ai réussi à finir ce chapitre à temps. Je m'excuse, il est très court mais comme je pars une semaine à l'étranger je n'ai pas eu le temps de faire plus long. Mais au moins, vous avez la suite du baiser^^
Bonne lecture !
CHAPITRE SEPT
Était-ce un rêve ou était-ce la réalité ?
Perdu dans les méandres d'un plaisir utopique, Stiles avait toutes les peines du monde à garder les pieds sur terre peinant à réaliser ce qu'il était en train de se passer. Pourtant, ce n'était pas une hallucination de son esprit ni même un quelconque enchantement. Derek venait bien de fondre sur sa bouche comme un aigle sur sa proie, sa langue forçant la barrière de ses dents pour venir y dévorer sa jumelle en toute impunité. Et bon sang, sa manière de l'embrasser n'avait rien de tendre, ou langoureuse. Non, c'était carrément une invasion barbare, dominatrice, un assaut viril et autoritaire. Une condamnation pour avoir osé lui tenir tête, une punition pour lui avoir ordonné de le cogner si tel était son bon vouloir. S'il s'était attendu à ça...
Prisonnier des mains de son bourreau, le jeune homme n'avait d'autre choix que de subir le fougueux baiser que Hale lui imposait, sa langue bataillant avec la sienne pour avoir le dessus, ses dents s'escrimant à déguster sa lèvre inférieure le faisant gémir. Personne ne l'avait jamais étreint ainsi et c'était comme si la moindre de ses pensées venaient s'écraser contre le désir ardent qui explosa en lui. Ce baiser n'était pas juste irréel ou surprenant. Il était en tout point comparable à celui d'un prédateur dévorant un diner bien mérité. Et bien que cela fut pénible de l'admettre, Stiles aimait ça. Non, c'était même plus que ça, il en voulait davantage mais, paralysé contre le corps de Derek, il n'était capable d'aucun mouvement. Seule sa langue s'était mise en mouvement répondant avec une fièvre démultipliée au baiser du brun.
L'hyperactif n'avait pas de mot pour décrire ce qu'il ressentait, il avait juste envie de crier tellement c'était bon, tellement il en voulait plus. Les sensations étaient bien trop virulentes, bien trop chimériques. Mais une secousse du bus éclata brusquement la bulle dans laquelle il baignait et il reprit malgré lui conscience de la réalité, ses illusions s'éparpillant au gré d'un vent inexistant. Merde ! Qu'était-il en train de se passer au juste ? Tout était arrivé si vite et il lui fallu plusieurs secondes pour réaliser l'ampleur de la situation et reprendre possession de ses moyens.
Il avait une furieuse envie du brun c'était un fait, mais pas comme ça, pas maintenant, pas en public. Et visiblement, Derek semblait avoir oublié leurs spectateurs, égaré dans sa colère. Le silence scandalisé des autres passagers lui paraissait soudainement assourdissant, et il renâcla sous les assauts de l'architecte allant jusqu'à lui mordre la lèvre et le repousser pour reprendre son souffle.
- Arrête, Derek ! s'écria-t-il une main posée sur sa poitrine pour rétablir une distance raisonnable entre eux.
- Ne refais plus jamais ça ! gronda Hale en tapotant sa lèvre inférieure pour vérifier qu'elle ne saignait pas.
- Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça ? s'étrangla Stiles en regardant autour de lui, affolé, le cœur cognant comme un fou furieux dans sa cage thoracique.
Le brun le scruta froidement et souffla de dédain devant la réaction de son cadet. Pour sa part, il n'avait pas l'air le moins du monde gêné par son entourage, trop concentré sur la source de ses problèmes.
- Je croyais que tu te fichais pas mal des autres passagers ! fit-il hargneusement remarquer.
- Oui, jusqu'à ce que tu viennes sans crier gare me dévorer la bouche ! rétorqua farouchement le jeune homme en venant planter un regard brillant d'excitation dans les yeux de son vis-à-vis. Regard auquel répondit Derek par une œillade lubrique.
Stiles ne savait quel comportement adopter. Celui de la surprise ? de la joie ? de la haine ? Ou encore de celui qui en voulait indéniablement plus ? C'était complètement fou ce qui venait de se produire entre eux. Mais aucune de ces émotions n'étaient la bonne. Aussi, opta-t-il pour la question essentielle, de celle qui était à double tranchant. Et il savait que Derek ne ferait pas dans la demi-mesure quand il lui répondrait.
- Pourquoi avoir fait ça ? demanda-t-il sans ciller.
Malgré son impétuosité du moment, l'hyperactif n'en menait pas large et il dut se faire violence allant jusqu'à se mordre l'intérieur de la joue jusqu'au sang et serrer les poings pour ne pas détourner les yeux. Soutenir le regard de Derek n'avait jamais été aussi difficile qu'à cet instant. Il tentait de se dominer du mieux qu'il pouvait tâchant de respirer lentement sans rien montrer de son angoisse. Et il y parvint avec succès. Son visage restait de marbre patientant anxieusement que le brun daigne ouvrir la bouche. Mais rien ne venait. Bordel, pourquoi ce mec ne disait-il rien ? Il se contentait de le toiser dans un silence de glace une expression dure lui barrant le visage. Pourquoi ne répondait-il tout simplement pas à sa question ? N'avait-il encore rien compris ? Stiles allait vraiment finir par croire que le cerveau de l'architecte était défectueux.
- Pourquoi Derek ? réitéra le jeune homme au bout d'un moment, nerveux. J'exige de savoir. On n'embrasse pas les gens sans raison et encore moins un mec.
Il vit la figure de son compagnon s'assombrir en même temps qu'il soupirait de désillusion. Son expression devint encore plus impénétrable, ses yeux comme deux morceaux de glace.
- Tu voulais la vérité ? scanda Hale au bout d'une longue et interminable minute. Je te les servi sur un plateau d'argent ! A toi d'en faire ce que tu veux.
Stiles fronça les sourcils ne pigeant rien à cette phrase pour le moins nébuleuse.
- Cesse de parler par énigme tu veux ! Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça me paraît pourtant clair, grinça Derek en détournant la tête pour regarder droit devant lui. Ou peut-être souhaites-tu un second round ! railla-t-il, un sourire fielleux au coin des lèvres. Je te pensais pourtant intelligent.
Hale croisa les bras sur sa poitrine et ne porta plus la moindre attention à son cadet.
- Tu n'es qu'un idiot, conclut-t-il en baissant les yeux et se refermant sur lui-même.
Ce que l'hyperactif aurait voulu dire resta bloqué dans sa gorge pour mourir dans un souffle. Un second round ? Un autre baiser ? Il était d'accord bien sûr, mais pas ici, pas dans ce bus dont beaucoup de regards étaient encore rivés sur eux, et surtout, il était hors de question d'avouer qu'il mourrait d'envie de goûter une nouvelle fois aux lèvres doucereuses du brun. Oui, parce qu'il avait eu tout le temps d'apprécier le velouté de ses lippes et s'ils avaient été seuls, il aurait certainement pris du plaisir à les pourlécher avant d'entamer une nouvelle danse avec sa langue. Mais Derek ne faisait certainement que jouer avec lui. Oui, c'était surement ça. Pour quelle autre raison, à part celle de le faire taire, l'aurait-il embrassé sinon ? Et cette histoire de véracité était juste loufoque. Il ne comprenait pas les mots de son aîné et encore moins son attitude. Et par dessus-tout, il ne parvenait à démêler ses propres sentiments et ses doutes, car jamais, jusqu'à très récemment, il n'avait expérimenté pour Derek une autre opinion que celle du mépris. Pourtant, il avait envie de croire que le brun éprouvait les mêmes émotions que lui, les mêmes envies, et surtout, le même désir flamboyant. Oui, il avait envie de penser que, peut-être, la vérité dont il parlait était parce qu'il souffrait des mêmes symptômes que lui. Les stigmates d'un amour débutant...
Il fut tiré de sa rêverie quand le bus s'arrêta en même temps que le chauffeur annonçait 'Camacha' au micro et qu'il entendit Hale se lever sans un mot pour descendre prestement du véhicule sans un regard en arrière. Il l'observa s'éloigner le détaillant des pieds à la tête des images plein la caboche, et le cœur gonflé d'espoir, puis se décida à l'imiter pour le rejoindre sur le trottoir. Il s'arrêta alors près de lui attendant qu'il ouvre la bouche mais rien ne vint. Tout au contraire, Derek ne lui adressa même pas un coup d'œil et fila sans attendre au cœur du village à grandes enjambées, les mains fourrées au plus profond des poches de son jean.
Stiles souffla face à tant de désinvolture et d'indifférence. Que se passait-il encore dans l'esprit de ce mec ? Décidément, avec Derek Hale, le mystère restait entier. Ou tout noir, ou tout blanc, ça en devenant lassant.
Le reste de la journée allait être plus qu'éprouvante.
Hop, et voilà. La suite dans une semaine.
Bon week-end à tous.
Pouki
