Bonjour à tous.
Voilà un nouveau chapitre, que j'ai finalement réussi à écrire malgré les désagréments… Plus court que d'habitude, je sais. Mais je ne me voyais pas le finir autrement.
Ma vie personnelle est actuellement un véritable désastre, aussi je vous demande de bien vouloir m'excuser si toutes mes histoires prennent encore du retard (pour changer). Je ferais de mon mieux pour qu'il n'y soit pas d'impact sur les publications !
Pour ceux et celles qui se demanderait quel est le rôle de Léo dans l'histoire, sachez qu'il est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait (ce qui a la base n'était pas du tout prévu) et que sa petite crise de folie du dernier chapitre peut parait exagérée, mais qu'elle était nécessaire. De plus, je vous préviens que la fin est déjà connue. Ecrite, même (oui, c'est bizarre d'avoir la fin avant le milieu, mais j'ai eu une espèce d'illumination pour cette fin) !
Avis aux reviewers du chapitre précédent : merci à tous, même si je n'ai pas eu le temps de répondre pour la plupart, je vous suis très reconnaissante ! Quant à ceux de ce chapitre, sachez que pour chaque reviewers, un extrait exclusif du prochain chapitre et le nom du personnage qui va faire son grand retour ! Je dis ça, je ne dis rein…
Bonne lecture !
« -Tout a commencé pendant ma première année au lycée. Je n'étais pas encore à McKingley, mais au lycée de Carmel. Là-bas, ils possèdent un programme de cheerleaders très réputé- autant pour ses résultats que pour la sévérité de son coach. J'ai vite compris que j'avais un certain avantage physique par rapport aux autres garçons, étant souple et gracile. J'ai donc postulé pour entrer dans l'équipe. C'est à ce moment que ma vie a changé. »
Il n'y avait aucun accent dramatique dans la phrase de Kurt, pas de plainte. Il constatait simplement quelque chose, et Blaine devina qu'ils n'étaient pas encore arrivés à la source du problème. Le châtain fixait un point au loin, perdu dans ses souvenirs. Blaine sourit doucement, se callant plus confortablement contre le mur sur lequel il avait pris appui.
« -Bien sûr, je n'ai pas eu de problème pour être accepté. La rumeur a vite couru que le coach était gay comme pas possible, et que je lui avais fait des avances pour réussir. Mais au bout de quelques mois, ils ont été obligés d'admettre que je savais me servir de mon corps. Et le coach, lui, n'en a jamais rien su, en revanche. »
Blaine lâcha un petit rire en saisissant le double sens de la phrase de Kurt. Un petit sourire naquit sur les lèvres de ce dernier, alors qu'il continuait son récit.
« -J'étais un des garçons les plus populaires du lycée. J'avais toutes les filles- et certains garçons- à mes pieds, je pouvais être moi-même dans ma petite bulle protégée. Je savais que personne n'oserait remettre en cause ma supériorité : je tenais leurs réputations au bout de mes doigts. Telles des marionnettes, je les guidais. Leur vie entière au lycée dépendait de mes humeurs. Je trouvais ça tellement… grisant, à l'époque.
Et puis Sebastian est arrivé. Clairement gay, il tripotait tous ce qui lui passait à portée de main, mais ne prenait jamais d'attache. On y a cru pendant un moment avec un certain Chandler, mais ça s'est fini en drame. Bref, sa réputation de tombeur est vite remontée jusqu'à moi. Mais à l'époque, je m'en contre fichais royalement. Puis j'ai commencé à me sentir concerné quand je suis devenu sa proie. »
La voix de Kurt avait vacillée sur le dernier mot et ses yeux brillaient de larmes. Blaine pinça ses lèvres pour se retenir de le prendre dans ses bras, comprenant que ce ne serait pas la meilleure chose à faire. Il laissa Kurt se reprendre, doucement, avant qu'il ne prenne à nouveau la parole.
« -La vie est devenue beaucoup moins rose à partir de ce moment-là. Beaucoup de personnes disaient qu'il se passait quelque chose, que Sebastian avait changé. Il était vrai qu'en temps normal, il ne s'accrochait pas à ceux qu'il draguait quand il obtenait une réponse négative. Mais cette fois ci, c'était différent : il m'a littéralement harcelé pendant deux mois. J'avais de plus en plus peur et sortir seul dans les couloirs n'était même plus envisageable. Et puis un soir, pendant une soirée ou nous étions tous les deux bien imbibés, il a commencé à me faire des avances… Bien sûr, je n'ai pas résisté. Je- Nous sommes monté dans sa chambre et on a… couché ensemble. Baisé, en fait. »
Kurt riva ses yeux dans ceux de Blaine, à la recherche de la moindre trace de désapprobation, de jugement ou de dégout. Mais il n'y lu qu'une grande interrogation, une envie d'en savoir plus. Il ne lui voulait aucun mal.
Il va falloir réapprendre à faire confiance aux gens, Kurt. Tu te crameras forcement des plumes dans l'affaire, mais ça vaut le coup.
Il soupira, maudissant sa conscience qui savait toujours appuyer là où la douleur était la plus forte. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour justifier son attitude à cette fameuse soirée, Blaine le devança :
« -Je ne te jugerais pas pour des actes pour lesquels tu t'es assez blâmé toi-même, à ce que je vois dans tes yeux. L'alcool et la solitude nous pousse à faire des choses stupides… Mais dis-moi, quel était le rôle de Léo là-dedans ?
-Ok, tu en sais plus que je ne pensais… » Soupira Kurt. « Il était mon meilleur ami. Mon ancre à la réalité. C'était lui qui me ramenait à terre quand ma popularité me rendait un peu dingue. Je suppose que je ne serais pas là sans lui… Mais quand l'affaire Sebastian Smythe a commencé, il s'est éloigné, je n'ai jamais su pourquoi. Je pense qu'il était jaloux : il me disait sans cesse que j'accordais beaucoup trop d'importance à ce type qui ne faisait que me pourrir la vie, selon ses dires… Mais ce que je ne m'avouais pas, c'était que j'aimais cette attention. Je veux dire, j'avais bien compris qu'il ne s'agissait que de sexe pour lui, mais voir quelqu'un s'intéresser à moi pour autre chose que ma popularité était… Plaisant.
Au lendemain de cette fameuse soirée, Sebastian a fait la chose à laquelle je m'attendais le moins : il m'a demandé d'être son petit ami. Il m'a bafouillé deux trois trucs comme quoi il était tombé raide dingue de moi la première fois qu'il m'avait aperçu, et qu'il s'était senti obligé d'attirer mon attention… Au début, je ne le croyais pas. Mais j'ai décidé de jouer le jeu, pour voir jusqu'où il irait. Et il est allé bien plus loin que je ne le pensais.
Et ce que je n'avais pas prévu, c'est que je tombe amoureux de lui. »
Blaine avait le souffle coupé par ce récit. Kurt le regarda à nouveau, les yeux brillants de larmes contenues. Il revivait peu à peu la souffrance endurée, la désillusion. Le temps avait passé mais la douleur était toujours là. Ancrée au plus profond de lui, ravivée par le moindre souvenir ou la plus petite allusion.
« - Nous sommes sortis 7 mois ensemble. Pendant les 5 premiers, il a été le parfait gentleman. Il a arrêté de sauter sur tout ce qui avait une queue entre les jambes, les commentaires graveleux et les mains aux fesses à longueur de journée. Il est devenu gentil, attentionné, aimant. A l'époque, je ne pensais pas que je pourrais un jour utiliser ce mot en parlant de Seb… Mais si. Il était devenu tout ce que je cherchais.
Puis au bout de ces 5 mois. La descente aux enfers a commencé. »
Kurt passa une main sur son visage d'un geste las. Revivre cette histoire encore et encore était éprouvant : il devait lutter contre des sentiments qu'il n'aurait plus jamais voulu ressentir. Mais il devait le faire. Pour Blaine. Pour détruire définitivement ces vieux démons qui hantaient sa vie jusqu'à ses cauchemars.
« - Il s'est éloigné, a commencé à trainer avec les joueurs de l'équipe de foot. Les chuchotements sur mon passage dans le couloir, les coups de coude accompagnés de ricanements… Tout a commencé à cet instant. Et je n'ai jamais su pourquoi. Et je m'en foutais. »
La voix de Kurt démentait ces paroles mais Blaine n'y prêta pas attention. Chaque chose en son temps.
« -Et puis il y a eu cette soirée. J'étais sorti avec Seb, puis au moment de partir de la boite ou nous étions allés, il m'a dit de partir devant et de l'attendre sur le parking. Mais quand il est revenu quelques minutes plus tard, il n'était pas seul. Il y avait 4 gars avec lui. Armés. Et à voir leurs sourires sadiques, ils n'avaient aucun états d'âmes à l'idée de ce qu'ils allaient faire. »
Blaine s'était crispé en comprenant le tournant que prenait cette histoire. Il ne put empêcher des larmes de rage de monter à ses yeux, noyant son regard. I serra les poings pour ne pas laisser éclater sa colère, laissant Kurt finir son récit.
« -Je ne garde pas beaucoup de souvenirs clairs des 2 heures qui ont suivies le moment ou ils ont commencé à me frapper. Je ne me rappelle que du rire de Sebastian, de ses brutes qui frappait partout, chaque fois à un nouvel endroit, et que chaque coup était un coup à l'âme. Je me rappelle de la joie malsaine qui déformait les traits de Sebastian, de cette jouissance de me voir me rouler en boule en gémissant. La dernière chose que je revois avant de sombrer dans l'inconscience, c'est Lui, qui s'est approché de moi et qui m'as murmuré à l'oreille « Tu as voulu jouer, tu as perdu, Hummel. Sache que ce que tu viens de voir n'est qu'une infime partie de la rage que tu as créé en moi. ». »
A partir de cet instant, ni l'un ni l'autre ne cherchèrent à retenir leurs larmes. Elles coulaient, silencieuses, le long de leurs joues, de leurs cous, faisaient briller leurs yeux.
Blaine s'approcha doucement de Kurt, à petits pas, comme on s'approcherait d'un petit animal craintif que l'on ne veut pas faire fuir. Mais Kurt ne ressemblait pas à une biche ou à un animal sauvage quelconque. C'était tellement plus complexe que ça…
Lentement, il prit son visage entre ses mains, et se mis à le parsemer de baisers-papillon. Partout, sur ses paupières, ses joues, son front, ses oreilles. Puis lentement, il suivit du doigt les traces de larmes sur les joues de Kurt, les séchant par la même occasion. Il porta sa main à ses lèvres, puis à celles de Kurt.
Fasciné, ce dernier suivait du regard les mouvements de Blaine. Il n'avait jamais vu quelqu'un être aussi doux avec lui. Il sentit à nouveau la main de Blaine sur lui : à plat sur son ventre, il redessinait les contours de ses abdominaux finement dessinés sous le tee-shirt. Il remonta ensuite le long de son cou, s'attardant dans sa nuque, créant un frisson qui parcourut le dos de Kurt.
Les mains, douces caresses, vinrent se rejoindre dans le dos du châtain, retraçant cette fois chacune des vertèbres. Arrivées au bassin, elles se postèrent sagement sur les hanches, chacune d'un côté.
Blaine captura le regard de Kurt dans le sien, y lisant tant de choses : amour, tristesse, espoir, douleur.
« -Je t'aime, Kurt. »
Un mot murmuré à l'oreille. Douce litanie, plus belle des mélodies. Pas de chichis autour. Pas de grande déclaration le genou à terre et la larme à l'œil. Juste Blaine, juste Kurt, perdus dans leur bulle de bonheur.
« -Moi aussi, Blaine. Ça fait mal à ma dignité de l'avouer, mais moi aussi. » Répondit Kurt, plus ému qu'il ne voulait le laisser paraitre.
« -Je peux rien te promettre, je suis pas magicien. Mais je peux essayer de faire de mon mieux pour rendre ta vie plus belle. T'aider à surmonter ces obstacles, t'aider à créer des ponts au-dessus de ces rivières que tu pensais insurmontables. Je peux t'aider à combattre tes peurs, je peux sécher tes larmes. Je peux être une partie de ta vie si tu le veux. Je peux te défendre mais quand tu auras tort. Je peux te faire des cookies au moins deux fois par an. Je peux répondre à tes appels, peu importe l'heure qu'il sera. »
Les larmes coulaient à nouveau sur le visage de Kurt. Mais cette fois, Blaine ne fit rien pour les effacer. Il savait pourquoi elles étaient là et rien ne le rendait plus heureux.
Aussi, quand les lèvres de Blaine se posèrent sur les siennes, sans précipitation ni haine, il sut qu'il s'agissait simplement de la continuité des choses. Blaine lui avait sauvé la vie. Il était une part entière de lui maintenant, et il allait devoir faire avec. Mais étrangement, cette pensée ne le perturbait pas plus que ça.
Au contraire.
Alors ? Toujours aussi bateau ? N'oubliez pas une review, un extrait… *part en sifflotant « I'm a poor lonesome cowboy… »*
