Dernier chapitre à la santé de Saanak ) Alors avez-vous été bien sages, hum ? Avez-vous mérité un petit bonus en guise d'épilogue ? À vous de m'en convaincre par review interposée, n'est-ce pas ?
L'auteur sadique.
Chapitre 6
Walter lui avait dit qu'il allait disparaître et se réveiller comme après un cauchemar, à n'importe quel moment de sa vie. Mais il n'avait pas précisé ce qu'il ressentirait au moment où il détruirait l'avenir dans lequel il était venu au monde et avait vécu. Quand la balle de révolver passa à travers le corps de l'homme, Aaron eut l'impression que tout son être se déchirait. Il cria, et l'arme lui glissa des mains car il n'avait plus la force de la tenir. Il entendit le choc du métal contre le ciment comme s'il résonnait. Il tomba sur les genoux et se plaqua les mains sur les oreilles. Il bascula sur le côté. Il fut surpris de ne pas s'écraser sur le sol. Des bras le rattrapèrent et il sentit l'odeur de sa mère. Il sourit. L'ombre de son père le recouvrit un bref instant, le temps que Peter n'éloigne l'arme avec son pied, puis il s'agenouilla près d'eux. Olivia tenait Aaron dans ses bras.
- Aaron… ?
- Tu vas bien ?
L'enfant sourit en entendant leurs voix. Leurs visages inquiets penchés sur lui, leurs mains autour de lui lui avaient manqué. Il voulut dire « Vous m'avez manqué », mais il s'aperçut qu'il ne pouvait pas parler. Ça n'était pas grave. Maman le berçait doucement et Papa caressait ses cheveux en disant quelque chose. Qu'est-ce qu'il disait ?
- Pardon, j'aurais pas dû te laisser, pardon…
Pendant un instant, Aaron se souvint de la raison pour laquelle il avait fait tout ça, et il se tortilla dans les bras d'Olivia pour essayer d'apercevoir l'homme qui ne tuerait jamais ses parents parce qu'il l'avait… Parce qu'il l'avait tué. Mais il y avait trop de gens autour de lui et il ne put voir que ses pieds. Il eut peur, tout à coup : et s'il avait échoué ? Il puisa dans ses forces, tout au fond de lui, et murmura quelque chose d'incompréhensible. Olivia se pencha sur lui.
- Qu'est-ce que tu dis, mon chéri ?
- …c'qu'il est mort ?
- Je vais voir, répondit Peter.
Il se leva et écarta les agents et les passants qui se pressaient autour de l'inconnu, cet inconnu qui était censé le tuer un jour. La voiture de Broyles venait de s'arrêter le long du trottoir, une ambulance annonçait sa venue, au loin. Peter regarda l'homme couché dans une mare de sang, mais il s'interdit de s'abîmer dans ses pensées et se pencha sur lui pour chercher son poul. Il toucha son poignet, son cou, sa poitrine. Ne sentit rien. Il chercha sa respiration sans la trouver. Il y avait tellement de sang qu'il n'arrivait pas à distinguer où Aaron avait tiré. Mais l'homme avait les yeux ouverts et ne bougeait plus, il ne trouvait ni son poul ni son souffle, alors il considéra qu'il pouvait se permettre de rassurer le petit garçon qui allait bientôt disparaître, quelques pas plus loin. Il revint s'agenouiller près d'Olivia et se pencha pour murmurer à l'oreille du petit garçon :
- Je crois que tu as réussi…
Aaron poussa un profond soupir de soulagement. Peter eu du mal à attraper sa main. Elle blanchissait. Pas seulement la peau, mais aussi les vêtements, la veste, le sweat, le pantalon, la capuche, les mèches de cheveux. Aaron parla encore, et ses parents se penchèrent de nouveau pour l'entendre.
- À bientôt…
- Que s'est-il passé ?
Broyles fulminait, debout à côté d'eux. Son regard tomba sur l'enfant presque transparent, dans les bras d'Olivia. Puis il regarda les pieds de l'inconnu qui dépassaient toujours du cercle de curieux. Renonçant à s'imposer auprès de ses deux subordonnés, il apostropha les agents qui l'avaient accompagné ainsi que ceux affectés à la surveillance de celui qui était désormais la victime :
- Mais ne restez pas plantés là, virez moi tout ça, allez !
Sur les injonctions du FBI, la foule commença à se disperser, un peu mollement. Peter et Olivia se sentaient de plus en plus seul, tandis que le poids de l'enfant s'amenuisait dans les bras de la jeune femme. Quand l'enfant disparut complètement, Olivia s'aperçut qu'elle avait retenu sa respiration. Peter chuchota, la voix un peu tremblante :
- À bientôt, Aaron…
Ils se regardèrent, à genoux sur le bitume, seuls tous les deux. Olivia surprit une peur froide qui venait se glisser insidieusement en elle, une peur qui avait une voix, et qui s'en servait pour chuchoter dans ses oreilles : « Tu crois que tu le reverras ? » Elle qui n'avait, jusqu'ici, jamais vraiment envisagé d'avoir des enfants, réalisa subitement qu'elle ne retrouverait complètement la paix que lorsque l'enfant qu'elle venait de perdre viendrait au monde. Elle trouva le même désir dans le regard de Peter, et s'y accrocha pour ne pas se noyer dans la peur qui l'envahissait et la glaçait.
- Ça dépend de nous, maintenant, plaisanta le jeune Bishop, quelques heures plus tard, après que Broyles leur ait fait passer le pire quart d'heure de leur vie, après avoir mis au point les réponses à donner si on leur posait des question sur ce qui s'était passé, après être rentré chez Peter et Walter, et après un verre ou deux pour se remettre de cette journée.
Peter avait dit ça avec un sourire malicieux qui en disait long, et Olivia éclata de rire avant de l'embrasser.
- Alors, on va le faire, ce bébé ?
Ils titubèrent un peu dans l'escalier, heureusement que Walter avait le sommeil lourd. Dans le fond, il n'y avait probablement pas de meilleure façon de se rassurer sur le sort d'Aaron qu'en le prenant en main, n'est-ce pas ?
Fin ! (ou pas)
Si vous voulez un épilogue tout chou et tout niais, bah vous voyez le joli bouton bleu avec écris « review » dessus ? Bah voilà…
