Salut à tous! Je poste ce chapitre moins d'un mois après le précédent vous avez vu?^^Merci beaucoup à tous les reviewers ça fait chaud au coeur! Surtout pour le chapitre dernier vous avez été beaucoup j'ai adoré!
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Rapide réponse aux reviews:
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clochette: Merci! En effet Sachi va souffrir, mais...tu verras bien.^^
Les-fictions-de-niils: Merci à toi aussi, j'attends la review promise avec impatience ;)
Yakimeni: Je radote mais merci beaucoup, j'avais mis du temps à publier le précédent à cause des exams surtout, mais je vais essayer de publier plus régulièrement pour le bonheur de tous, en passant du temps sur les détails quand même :)
Hey: C'est loin d'être parfait mais merci beaucoup^^
La Psycho: Voici la suite!Je vais arrêter je pense, sauf si tout le monde se plaint d'un coup x)
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Disclaimer:
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Auteur, qui chante: "Sea, sexe and sun! Le soleil au zénith..."
Flo: Qui est-ce que tu imites au juste?
Auteur: Gainsbourg, t'as pas reconnu les paroles?
Flo: Disons que c'est pas trop ce que j'écoute... Et en quel honneur on a droit à cette chanson?
Auteur: Pour fêter les vacances, ça décrit parfaitement les nôtres, puis c'est un des hymnes de l'été!
Flo: En enlevant le sexe et en remplaçant pour toi la mer par la piscine, d'accord. Mais quel est le rapport avec ton histoire?
Auteur: Y en a pas, comme d'hab, à part que Sachi va avoir chaud, trèès chaud...aux fesses!
Flo: Tu peux donc laisser dès maintenant les lecteurs tranquilles avec un chapitre posté plus qu'à l'heure?
Auteur, super fière: Yup, avec en prime l'annonce que le chapitre 7 est lui aussi écrit, mais qu'ils ne le liront pas toute suite!
Flo: Magnifique, enfin une action sensée, essaye de maintenir cette avance.
Auteur: Aye Bêta! Sur ces belles paroles, on vous souhaite une lecture trépidante ! (Et One Piece appartient à Oda, il n'y a que Mia (principalement) qui est à moi! *mouhahaha!*)
Auteur, en s'éloignant: et t'as vu Flo, j'ai même pas été assommée cette fois!
Flo, amusée: Tu progresses!
Auteur: Ça me rappelle une blague qui dit que *BIM!*
Flo: C'était trop beau...
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Bonne lecture!
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Chapitre 6: la vengeance d'une sœur (14/08/2016)
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- Putain Shachi décampe vite avant que je t'étripe!
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Je me lève brusquement en envoyant valdinguer la couverture à l'autre bout de la pièce pour poursuivre sur quelques mètres mon frère en hurlant:
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- Je croyais que t'étais mon frère Shachi, barre-toi très loin dans un coin que seul toi connais car si je te retrouve tu vas prendre cher!
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C'est un bruit de course frénétique qui me répond, provenant déjà d'un lointain couloir.
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" Je voulais repartir sur de bonnes bases mais puisque tu veux redémarrer notre relation sur ce ton, tu vas être servi!"
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Je retourne sur mes pas tout en continuant de m'égosiller dans le couloir, mais en m'adressant cette fois au petit attroupement d'hommes encore présent :
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- Puis vous, dès la première nuit sans fille ça y est c'est la testostérone qui remplace votre cerveau, je vous imaginais un poil plus perspicaces!
- On a juste voulu faire un gentil bizutage de bienvenue, maintenant promis on s'enferme dans nos chambres et on recommence plus jamais!
- Maintenant c'est trop tard pour fuir les gars... Vous vouliez découvrir mon corps, mais c'est avec mes poings que vous allez faire connaissance! Je rétorque en affichant un sourire glacial.
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Je distingue leurs visages grâce à la faible lueur des lampes éparpillées dans le couloir: les ombres accentuent leurs traits anxieux, même si je discerne une once de confiance sur quelques uns d'entre-eux quant à l'issue de la dérouillée qui s'annonce.
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"Ils vont moins faire les coqs dans quelques minutes, je vais bien m'amuser" je ricane intérieurement.
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"Ma" chambre étant la dernière du couloir, ils sont acculés dans une impasse, moi en face de sorte qu'il n'y ait -pour eux- aucune solution de repli. Je n'attends pas qu'ils se mettent en position de défense pour utiliser ma première attaque: je remonte mon t-shirt jusqu'à mon cou, histoire de les déstabiliser. Avec la lumière faiblarde, aucun risque qu'ils remarquent mon tatouage, surtout qu'ils ont tous le regard plus haut...
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J'adore cette technique: elle marche à tous les coups dans ce genre de situation. Ils ne comprennent plus rien: je n'étais pas censée les punir parce qu'ils ont voulu reluquer cette partie de mon anatomie?
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J'en profite pour attaquer réellement, en remettant mon haut en place, faudrait pas abuser non plus. Je fonce sur eux en balayant deux paires de jambes. Je me retourne vers les trois derniers et envoie mon genou dans l'entre-jambe d'un premier, tandis que les deux autres embrassent -violemment- mes poings.
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Les premiers envoyés à terre sont à nouveau debout et ripostent en vociférant et en se jetant sur moi à la manière de catcheurs. Sauf que je les vois venir et roule in extremis à l'abri. À terre, j'en profite pour faire tomber un homme en me jetant sur lui, lui coupant ainsi le souffle et l'envoie faire mumuse avec les étoiles en l'assommant d'un coup de poing bien placé sur le crâne.
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Quelqu'un me tire par la cheville, je me contorsionne en envoyant ma jambe libre à l'aveuglette tout en bougeant comme un asticot pour essayer de me libérer de cette emprise. J'arrive à toucher une cuisse il me semble puisque mon pied s'enfonce violemment dans de la chair assez flasque. Mon assaillant me retient néanmoins et m'élève dans les airs, toujours en me tenant par une cheville. Je cesse de me débattre, ayant une meilleure idée face à la situation.
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- C'est tout? Je te pensais plus coriace Mia-chan. C'est encore une jolie vue que l'on a avec toi dans cette position, ...Ouch bordel de merde!
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Je retombe à quatre pattes devant lui, satisfaite. Je lui ai mordu l'intérieur d'une cuisse, un endroit particulièrement sensible, ce qui l'a fait lâcher prise.
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Je me lèche les lèvres, tous les sens en éveil grâce à mon activité préférée : la baston. Je me laisse emporter par l'adrénaline, en veillant toutefois à ne leur laisser que des ecchymoses ou des coupures sans gravité, plus quelques courbatures éventuellement, tout comme ils le font avec moi: je sens bien qu'ils ne se battent pas à cent pour cent. J'ai juste le temps de leur envoyer à chacun mon poing dans le visage, et eux de me retourner leurs coups, avant qu'une voix ne nous interrompe:
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- Je peux savoir ce que signifie tout ce boucan en pleine nuit? Grogne notre capitaine en allumant la lumière. Plusieurs de vos camarades sont venus me chercher en racontant qu'un bizutage avait mal tourné, et j'ai croisé Shachi qui fuyait quelque chose, ou quelqu'un. Est-ce que je dois faire le lien entre lui et vous?
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Les rapporteurs se tiennent derrière le capitaine, l'air endormis et très énervés.
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- On a fini capitaine, on a juste voulu tester les réflexes de la petite en pleine nuit.
- Vu vos têtes elle doit en avoir d'excellents, je me trompe?
- C'est qu'elle a de sacrées techniques de diversion, du coup on était moins concentré et elle nous a bien eu,... Confesse l'un des hommes, virant au rouge au souvenir de cette "diversion", comme les autres.
- Même si on s'est rattrapé juste avant que t'arrives! Se fend un deuxième
- Enfin, à cinq contre une vous auriez dû vous en sortir plus facilement, vous deviez vous sentir sacrément fautifs pour vous laisser battre. Désolé, ajoute Bepo en sortant de l'ombre du capitaine.
- Vous me raconterez demain matin ce qu'il s'est passé. Je ne veux plus de problème pour le reste de la nuit, entendu? Et debout 5h30 pour vous, toi aussi Mia, ça vous apprendra peut-être. Comme ça vous remplacerez vos camarades qui se tiennent derrière moi, ça leur permettra d'être plus efficace car plus reposé quand ils vous remplaceront.
- Mais capitaine! Je me suis simplement défendue, j'allais pas les laisser me reluquer sans que je le veuille quand même! Surtout que c'est Shachi qui a "organisé" ce bizutage. Il va payer cet enfoiré, même moi je lui ai jamais infligé une telle chose...
- Vu le sourire que tu affichais, je pense que tu en as bien profité aussi...
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Il réfléchit un instant devant mon air renfrogné puis reprend:
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- Je veux te voir à six heures tapantes dans la cuisine, et dix minutes plus tard en salle de commande, compris?
- Merci capitaine.
- Maintenant tout le monde regagne ses quartiers, je ne veux plus aucun problème jusqu'à demain!
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Nous nous dispersons aussitôt et je me glisse pour la deuxième fois de la nuit sous mes couvertures en imaginant avec délice ce que je pourrais bien infliger à mon cher petit frère pour lui rappeler que, de nous deux, c'est moi la meilleure à ce jeu.
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Quand mon mini-réveil sonne à six heures moins cinq, je l'éteins rudement et le jette à ma droite. Il rebondit sur un matelas et me revient presque en pleine figure. Je grogne mais me lève, sans manquer de l'insulter. J'enfile rapidement mes vêtements d'hier et au moment de quitter la chambre, je remarque que le lit de Shachi - celui sur lequel le réveil a rebondi - est vide: il n'a pas du revenir et passer la nuit ailleurs, sinon je l'aurais entendu se lever ce matin.
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À peu près réveillée mais de mauvais poil à cause de mon réveil et de la courte nuit que je viens de quitter, j'entre dans la cuisine et me sers un grand bol de café.
- Bonjour Mia, bien dormi?
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Je jette un coup d'œil à Vego avant de retourner mettre le nez dans mon café.
- Salut... Il est super fort ce café dis-moi!
- Je le dose comme ça car la plupart ne prennent qu'une grande tasse, pas un bol. Après j'en fais bien assez pour que tout le monde ait sa dose, t'en fais pas, Il rajoute devant ma mine un peu gênée tout en déposant deux croissants à côté de moi. Rassurée, je continue la conversation :
- Pourquoi il n'y a personne d'autre de levé?
- La majorité de l'équipage commence sa journée vers huit heures en temps normal. Après chacun est libre de se lever à l'heure qu'il veut, du moment qu'il fait tout ce qu'il doit faire, le capitaine est sympa là-dessus. Certains ont des postes qui les obligent à se lever plus tôt, comme c'est le cas pour Shachi par exemple car il est chargé de la bonne santé du "Canari". Il fait un roulement avec Penguin, histoire de pouvoir profiter d'une grasse mat de temps en temps.
- Le Canari? Vous avez un oiseau ici?
- Le Canari c'est le surnom affectueux qu'on donne au sous-marin, il le porte bien! Le capitaine n'est pas un partisan des animaux à bord- mis à part Bepo évidemment, quoique c'est un mink lui-, pourtant ça pourrait être divertissant...
- C'est vrai que vu sa couleur il n'y a pas mieux. Concernant mon frère, tu ne saurais pas où il est terré par hasard? Je le...disons, cherche.
- Il est passé en coup de vent prendre son petit déjeuner, il doit bosser en salle des machines le connaissant. Je suppose que c'est à toi qu'il devait sa mine d'animal traqué?
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Je souris de toutes mes dents en affirmant:
- Tout à fait, et dès que je le retrouve je lui fais payer ma trop courte nuit...
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Remarquant soudain l'heure affichée par la pendule au dessus de la porte d'entrée, j'engloutis mon bol plus les deux croissants, demande la direction de la salle des commandes, après quoi je me mets en route en remerciant le cuisto : j'ai exactement deux minutes pour la trouver et je n'ai pas du tout envie de mettre en colère Trafalgar dès mon premier vrai jour.
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" Continuer tout droit jusqu'à la cabine du capitaine, tourner à gauche puis à droite à l'intersection, descendre l'échelle et suivre le tuyau rouge... Je t'en donnerai moi du tuyau rouge, y en a au moins trois qui vont dans des directions différentes !" je maugrée à voix basse.
- On est perdu miss? Me souffle une voix dans l'oreille.
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Je sursaute et me retrouve face à un capitaine qui a l'air particulièrement moqueur, comme à son habitude si je me base sur ma courte expérience auprès de lui.
- Celui qui t'as indiquée le chemin a peut-être voulu tester ta chance ? Il reprend en s'écartant de moi.
- Je suis partie en courant du réfectoire et n'ai pas bien entendu la fin des indications de Vego, c'est tout. Je réplique en prenant la défense du cuistot, que je commence à apprécier.
- Aiguise davantage ton ouïe dans ce cas, ça te servira toujours. Tu as cinq minutes de retard Mia, et je n'aime pas les retardataires.
- Si tu avais poussé jusqu'ici la visite guidée d'hier au lieu de l'écourter j'aurais été à l'heure.
- Tu sais tout à fait te débrouiller, à quoi bon perdre mon temps?
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Après ce rapide échange du tac au tac, il emprunte le couloir droit devant l'échelle, s'enfonçant dans la semi-obscurité des lieux. Je m'empresse de le suivre en maugréant contre lui à voix très basse, ce qui ne l'empêche pas d'entendre puisqu'il me jette un coup d'œil sombre par dessus son épaule en guise d'avertissement.
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Il s'arrête très rapidement devant une large porte et s'y engouffre tout aussi vite, moi toujours sur ses pas. Une bonne odeur de lessive et de linge propre plane dans l'air et m'enveloppe doucement.
- Capitaine, j'ai le droit de me moquer si c'est ça votre "salle des commandes ?"
- Tu le fais déjà. Pika!
- Aye capitaine? Répond le jeune garçon d'hier en surgissant du fond de la pièce.
- Il reste des tenues neuves pour la miss?
- Bien sûr, t'en avais fait plusieurs exemplaires de presque toutes les tailles. Il répond en ouvrant un placard. Les deux tas ici sont complets, c'est du 38. Trafalgar s'avance au côté de Pika et me lance simultanément grâce à son pouvoir plusieurs t-shirts et débardeurs ainsi que deux combinaisons semblables à celles des autres. Les habits sont soit blancs, soit noirs et toujours ornés de l'emblème des Hearts à l'emplacement du cœur.
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- Enfile la tenue noire, tu rangeras l'autre plus tard avec tes affaires.
- Au moins on a échappé au jaune! Je rigole.
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Comme il ne semble pas apprécier la remarque, je me dépêche de me changer sur place en enfilant la tenue demandée, veillant à masquer le haut de ma cuisse gauche. Le jeunot, gêné au point qu'apparaisse sur ses joues deux cercles rouges, se retourne mais Law ne bouge pas d'un pouce et en profite pour laisser ses yeux dériver. N'étant pas pudique ça ne me dérange pas, d'autant plus qu'il détourne rapidement son attention en s'éloignant vers un autre dressing.
- Ta pointure?
- 41 pourquoi? Je lance distraitement tout en refermant ma combinaison.
La réponse fuse à travers la pièce et je l'attrape de justesse: une paire de bottes noires en cuir, arrivant un peu en dessous du genou. J'enfile d'abord les chaussettes JAUNES se trouvant à l'intérieur avant de tester la souplesse de mes nouvelles chaussures.
- Pas mal du tout les bottes, mais pourquoi les chaussettes sont jaunes?!
- C'était la seule paire de cette couleur et vu ta remarque de tout à l'heure j'ai pensé que ça te conviendrait mieux. Il dit goguenard.
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"Grrrrrr, j'aime pas le jaune canari à cette dose là..."
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Je ne laisse rien paraître et le remercie mielleusement.
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" Je vais trouver un moyen de te rendre cette charmante attention capitaine, tu vas voir", me laisse penser mon penchant joueur suicidaire.
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Nous repartons, le sac que m'a fourni Pika avant de repartir pour ranger ma deuxième tenue en bandoulière, et nous arrivons cette fois dans la salle des commandes.
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Je ne peux cacher ma surprise et mon enchantement quand je découvre cette pièce. Une immense baie vitrée bombée offrant une vue dégagée et imprenable sur l'océan occupe presque tout le pan de mur qui fait face à l'entrée, tandis qu'un tas d'appareils de navigation, d'écrans et autres consoles de commandes meublent le vaste espace. Des sièges, pour la plupart occupés, dispersés stratégiquement finissent de compléter le décor. Nous sommes accueillis par un bonjour général, auquel le capitaine répond d'un hochement de tête.
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- Chapeau pour cette salle, elle est superbe.
- Et surtout très fonctionnelle. M'apprend fièrement Ban en se retournant vers moi. Jean peut s'y déplacer sans problème. C'est lui le pilote principal, moi je suis le second !
- Charge-toi de lui inculquer les bases des commandes du sous-marin aujourd'hui.
- Toute la journée ?
- Tu n'auras qu'à la confier à quelqu'un d'autre pour te remplacer si besoin.
- Pas besoin, Mia tu vas voir, c'est très simple... Il commence, enthousiaste en repositionnant son bandana bordeaux sur ses cheveux blonds.
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Lorsque retentit enfin la sonnerie annonçant la pause déjeuner, je suis tout simplement lessivée. Les noms, notices et autres informations sur les commandes du sous-marin tourbillonnent dans ma tête à un rythme effréné, se mélangeant presque. Tellement lessivée que je me suis assise sans faire attention à mes voisins de tablée, ni aux conversations alentour: c'est à peine si j'enregistre le changement de voisin à ma droite.
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C'est seulement au bout de quelques minutes, alors que Vego apporte l'entrée, que je vois mon frère dans le réfectoire. Lui par contre m'a remarquée depuis longtemps et semble nerveux. Il se trouve à mon exact opposé et me jette des coups d'œils furtifs, se doutant qu'il passera un mauvais quart d'heure dans peu de temps. Sauf que je préfère le surprendre et lui adresse simplement un grand sourire, ce qui le déstabilise.
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Le reste du repas se passe normalement, si on omet l'absence du capitaine et la joie de certains membres de l'équipage quand ils ont remarqué que je portais la combinaison des Hearts.
Vego m'appelle à la fin du repas tandis que j'aide à débarrasser, pas du tout pressée à l'idée de retourner dans la salle de contrôle :
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- Mia, tu as un peu de temps devant toi?
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J'acquiesce à l'affirmative et le laisse poursuivre.
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- Très bien. Apporte son repas au capitaine dans ce cas. Il devrait se trouver à sa cabine ou à l'infirmerie, il travaille sur de nouvelles plantes. Sa cabine est tout au fond du couloir, à la proue du Canari, tu ne peux pas la rater. Et désolé pour ce matin, j'avais oublié qu'ils avaient repeint les tuyaux, je n'y descends pas souvent...
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Il paraissait vraiment gêné, ça ne colle pas vraiment avec sa carrure: c'est qu'il est un grand gaillard à l'air un peu bourru quoique dégageant une aura amicale et bienveillante.
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Ce constat me fait rire sous cape et je le rassure sur le fait que je ne me suis pas attirée d'ennuis pour ça. Je le laisse à sa cuisine et me dirige, plateau repas à la main, vers l'infirmerie tout d'abord.
Je toque à la porte mais personne ne me répond. Je l'entrebâille tout de même pour vérifier qu'il n'y a personne. Une odeur de plantes et de produits de laboratoire flotte encore dans l'air mais la pièce est vide. Je referme la porte en soupirant et m'empresse de trouver sa cabine. Je toque à nouveau et une voix masculine m'enjoigne d'entrer. Je rentre et cherche du regard le propriétaire de la voix. Trafalgar Law est à son bureau, penché sur des résultats d'analyses et ne me prête aucune attention. Je pose le repas sur un espace libre de la table et jette un coup d'œil sur les résultats par dessus son épaule:
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- Quelle plante est-ce?
- C'est ce que je cherche à découvrir. Je l'ai trouvée sur l'île précédente, mais aucun n'a su me renseigner sur elle. À croire qu'ils ne l'avaient jamais vue auparavant.
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Il me désigne une sorte de ronce aux feuilles grossièrement ciselées et anormalement épaisses.
- Tu l'as mouillée ?
- Non, c'est une toxine sécrétée par la plante. C'est quand je l'ai coupée qu'elle s'en est couverte. Je te conseillerais de ne pas la toucher à mains nues, elle provoque d'affreuses démangeaisons qui durent plusieurs jours, des sensations de brûlures, plus de la narcolepsie et une coloration aléatoire de l'endroit touché. Shôta et moi-même en avons fait les frais le mois dernier.
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- Elle fait sûrement partie de la famille des rubus gympie, il y en a près de mon hôpital, en moins nocif. L'apparence est presque la même. Quelles étaient les couleurs observées?
- Shôta a eu la partie inférieure du visage bleu turquoise pendant cinq jours, tandis que ma main est restée grise quelques heures, le temps que mon fruit élimine la substance. Il faut en tirer une information de plus?
- Les villageois se plaisaient à raconter que la coloration de la zone touchée dépend de l'humeur dominante de la personne. Plus les couleurs sont vives, plus l'individu est heureux, amical, tourné vers l'avenir. Beaucoup d'interprétations circulent!
- Je pensais que tu étudiais la médecine, pas les contes destinés aux enfants.
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Je ne relève pas la pique et saisis le mot étude pour lui demander quelque chose qui me brûle les lèvres :
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- En parlant de médecine, pourrais-tu finir ma formation s'il te plaît?
- Ça dépend de ton niveau actuel, je n'ai pas envie de m'embarrasser d'une ignorante.
- J'ai déjà dirigé des opérations courantes, ainsi qu'un bras dont l'os avait été en partie réduit en petits morceaux, et un cancer, le tout couronné de réussites.
- Aucun échec ? Il réplique, toujours en continuant d'analyser la plante.
- Un grand prématuré atteint de graves malformations internes que j'ai sorti par césarienne n'as pas survécu à son premier jour, malgré la prise en charge très rapide en salle d'opération. J'ai dû annoncer seule la nouvelle aux parents.
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J'ai parlé plus bas et je serre les poings à ce souvenir, je supporte très mal la mort de bébés.
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- Graves malformations internes? C'est une bonne chose qu'il soit mort jeune. Des souffrances et contraintes inutiles ont été épargnées aux parents et leur entourage. Il commente froidement. Je vais te préparer un test afin d'estimer correctement tes capacités, sois prête la semaine prochaine. Des ouvrages de médecine se trouvent dans la bibliothèque. Maintenant laisse-moi travailler, j'ai suffisamment pris de retard. Merci pour le plateau.
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Je hoche la tête et rejoins Ban, en m'interrogeant sur le caractère distant du capitaine : moqueur, froid, cynique et acerbe d'un côté, mais à l'écoute de son équipage et proche de certains de ses membres de l'autre.
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" J'ai au moins trouvé le 'cadeau' pour Shachi"
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Le reste de l'après-midi s'est déroulé sans accrocs, Ban m'a libérée longtemps avant le dîner pour que je puisse m'installer avec Sacha, ce qui a été plus compliqué que prévu. Il a d'abord fallu déménager ses explosifs dans la pièce spécialement aménagée à cet effet sans rien faire tomber ou déclencher, et en restant le plus calme possible sous les cris autoritaires de la propriétaire hystérique.
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Ensuite on a vu qu'il manquait plusieurs vis au lit en hauteur retrouvé au fin fond d'une pièce poussiéreuse du premier étage. J'ai été obligée de courir chercher Penguin pour qu'il déverrouille les tiroirs à vis. Il a fini par installer le lit presque tout seul, il ne voulait personne dans ses bottes.
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Pour terminer ce déménagement mouvementé, j'ai dû dégoter un autre placard, ma colocataire ayant encombré les deux déjà présents d'un tas de bibelots et souvenirs en tout genre.
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Une fois tout cela terminé, il me restait juste assez de temps pour cueillir ma vengeance avant le repas. Je retourne donc à l'infirmerie et m'y infiltre discrètement : personne à l'horizon, ni dehors, ni à l'intérieur.
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Je suis l'odeur de sève et je tombe sur la même plante que celle aperçue dans la cabine de Trafalgar, dans une plus grande quantité. Munie d'un gant de toilette et de ciseaux, j'en coupe une petite extrémité et glisse le morceau de végétal dans le tissus puis fonce vers la salle de bain. Je repose dans le bon casier le gant de toilette après avoir un peu frotté l'intérieur à un coin de la serviette du même casier et me dirige vers la cuisine à l'entente de la cloche, satisfaite.
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"Petit frère, merci de ne pas verrouiller ton casier".
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Je passe la soirée en compagnie des autres dans la salle commune avachie sur un canapé, occupée à digérer le formidable gratin de macaronis au cinq fromages et la salade de fruit ingurgités en trop grande quantité un peu plus tôt. Je regarde Bepo s'excuser platement alors qu'il vient de gagner pour la troisième fois d'affilée au poker et empocher les jetons.
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"Shachi ne devrait plus tarder à revenir de la douche, j'ai hâte de le voir" Cette pensée me fait rire silencieusement.
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- C'est les leçons de Ban qui te mettent d'aussi bonne humeur?
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Law vient se s'installer nonchalamment à côté de moi, les bras croisés derrière sa nuque.
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- Plus la tendance qu'à Bepo de s'excuser à tour de bras, mais de continuer à gagner et à empocher les gains.
- Toi aussi tu devrais t'excuser miss, tu ne trouves pas?
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Devant ma mine interrogative, il continue :
- De quoi avais-tu besoin dans l'infirmerie tout à l'heure?
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Ma discrétion n'est décidément pas à toute épreuve...
- Simplement de désinfectant, je m'étais entaillée le doigt avec un tournevis rouillé... Et j'ai emprunté un petit quelque chose à des fins personnelles que tu ne tarderas pas à connaître. Au bout de combien de temps les démangeaisons se font sentir?
- Celles causées par la rebus gympie fortissima? Dès le contact avec la peau, la sensation va croissante au fur et à mesure que l'on se gratte. Bien joué pour avoir trouvé sa famille aussi rapidement, même si tu connaissais sa cousine.
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Il semble comprendre la raison de cette question et affiche un sourire grandissant, légèrement inquiétant.
- J'espère pour toi que tu connais un calmant efficace, Shachi est intolérant aux plantes urticantes, mais tu le savais déjà n'est-ce pas?
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Mon sourire mesquin lui apporte la réponse. Nous n'avons pas à patienter longtemps avant que surgisse un Shachi mi- Orange, mi- normal avec quelques teintes de rouges aux endroits grattés, couleurs savamment réparties dans un marbrage assez appréciable. Il est suivi d'un Penguin portant un jaune flashy, mais avec des tâches moins nombreuses et plus démarquées. Tous les deux ne sont vêtus que de leurs caleçons, mais je devine aisément que les couleurs s'étendent partout sous le tissus. Pendant que je m'écroule de rire sur l'accoudoir du canapé et que les autres nakamas restent dubitatifs sur l'origine de l'état des deux amis, Trafalgar calme les deux hommes apeurés avant de les questionner:
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- Pourquoi êtes-vous tous les deux atteints?
- J'avais ma serviette au sale, donc j'ai partagé celle de Shachi. Qu'est-ce qui nous arrive capitaine?
-Pourquoi tu ris comme ça Mia, c'est pas drôle ! À moins que tu sois à l'origine de notre état...J'en suis sûr c'est toi ! Gronde le rouquin en entendant mon fou rire redoubler, suivi par quelques autres.
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- Capitaine, c'est grave ou pas? S'inquiète Penguin, même s'il commence à se rassurer en voyant le capitaine sourire distinctement.
- C'est la même plante que le mois dernier et qui avait embêter Shôta pendant presque une semaine. Rien de mortel, uniquement d'importantes démangeaisons qui vont croissantes si vous vous grattez, donc arrêtez ça ne fait qu'empirer votre état.
- T'étais au courant de son coup foireux? S'insurge Shachi, qui se couvre petit à petit de boutons semblables à la varicelle.
- Seulement depuis quelques minutes. Ta soeur est très vive d'esprit pour avoir trouvé la vengeance parfaite aussi rapidement. Vous en serez débarrassés d'ici une semaine.
- Je me permets de corriger cette affirmation : si cette variété réagit de la même manière que celle que je connais mais de manière plus exacerbée, si elle est au contact d'une peau mouillée ou humide les effets sont prolongés d'une semaine d'après mes estimations.
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Alors que mon frère est retenu de justesse par Ban pour qu'il ne puisse pas se jeter sur moi, je rajoute :
- Je connais les remèdes qui soulagent et atténuent ses effets, il faudra simplement les adapter à votre cas. Mais je ne dirais rien tant que vous promettez de ne pas vous venger.
- Mais j'ai rien fait moi! Se plaint Penguin.
- Si j'ai tout ce qu'il me faut, je règle ton cas ce soir, j'ai de la pommade déjà prête. Mais pour toi pauvre frérot, c'est un peu long à préparer puisque tu es intolérant à une des plantes utilisées, il va falloir lui trouver une remplaçante.
- Tant que je reste pas dans cet état deux semaines j'accepte toutes tes conditions... Il geint presque de frustration face à l'envie irrésistible de se gratter.
- Attends Mia avant de les soigner, depuis le temps qu'on cherchait une vengeance nous aussi après toutes leurs conneries, tu nous l'offres sur un plateau d'argent !
- Capitaine faites quelque chose par pitié! Implorent les deux compères, ne supportant déjà plus leur état.
- Je vous donne trois jours les gars, après quoi vous leurs donnez le remède. Mia tu me feras la liste des ingrédients, que je vois si on a tout ce qu'il faut. Tu connais autre chose sur les effets?
- Oui, il ne faut surtout pas de chocolat, ça aggrave les symptômes pour une raison qui m'échappe.
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Mes deux victimes (dont l'une collatérale) se lamentent et plongent d'un coup vers le sol.
- Ils ne sont qu'endormis. Souffle Pika en prenant leurs pouls.
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Le chirurgien de la mort me demande :
- C'est quoi cette histoire de chocolat?
- C'est ça le composant principal du remède, plus le sucre. Ça permet réellement d'accélérer la guérison, en principe.
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Il s'en va en me jetant un dernier coup d'œil, l'air de penser que j'ai de sacrées bonnes idées en matière de vengeance fraternelle.
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" Mia 2, Sachi 1"
