Chapitre 7

Quartier général du JAG

Falls Church, VA

_Bonjour, colonel

Mac leva à peine les yeux de l'écran de son ordinateur et lui fit un simple bonjour d'un hochement de tête.

_Vous n'aviez aucune affaire à l'extérieur hier, dit Harm en croisant ses bras sur sa poitrine.

Mac concéda finalement à lever sa tête vers son partenaire. Elle avait voulu l'appeler hier soir. Il l'aurait certainement écouté jusqu'au bout de la nuit, mais cela devait rester une histoire entre elle et son passé.

_Vous avez fait des recherches ? Demanda Mac en haussant un sourcil

_Mac, dit Harm sur un ton qui annonçait la morale. Le caporal Robertson a la moitié de votre âge

_Vous ne savez rien, Harm, le coupa Mac en le menaçant du doigt.

Elle ne comprenait pas la jalousie dont faisait part son ami. Il l'avait juste surpris alors qu'elle dînait avec Julien Robertson.

_Il a mis une poupée gonflable dans la voiture de son supérieur, Mac, rajouta Harm pour donner plus de point à son argumentation.

_Arrêtez, Harm, soupira Mac sur un ton las.

Harm fronça les sourcils. Ce n'était pas dans les habitudes de Mac de réagir de la sorte. Dans son meilleur jour, elle aurait répondu par une pique. Dans le pire, par un renvoi express dans son bureau. Mais jamais, elle n'avait utilisé ce ton pour lui demander d'arrêter.

Il l'observa plus attentivement avant de remarquer les traits tirés. Il était certain qu'elle n'avait pas dormi depuis quelques temps. Peut-être que le caporal Robertson n'était pas la raison qui la tenait éveillé une bonne partie de la nuit.

_Mac ?

_Quoi ? S'exclama-t-elle irritée

Elle inclina la tête et se frotta les yeux qui commençaient à lui brûler. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment pour craquer. Ses yeux s'humidifiaient au fil du temps qui s'écoulaient. Elle prit plusieurs respirations pour contrôler ses nerfs et releva la tête vers Harm.

Harm comprit d'un simple regard que rien n'allait dans la vie de Sarah Mackenzie. Il prit le soin de fermer la porte derrière lui et s'assit dans l'un des fauteuils prévus pour les visiteurs.

_Qu'est ce qui se passe Mac ? Demanda Harm d'une voix conciliante

Mac haussa simplement les épaules et attrapa son crayon de papier qu'elle se mit à tordre pour évacuer le stress. Le silence se fit dans la pièce.

_Je pensais que nous étions amis, dit Harm en se penchant vers le bureau. Ne m'excluez pas de votre vie, Mac

Elle ouvrit la bouche pour parler mais la referma, incertaine de ce qu'elle pouvait dire. Bien sur, qu'ils étaient amis, mais leur relation avait été toujours tellement ambiguë que parfois elle ne savait plus trop où placer cette relation.

_C'est personnel, Harm, répondit finalement Mac qui avait décidé d'éloigner Harm de cette histoire

Le visage de Harm s'assombrit. Il se leva et rouvrit la porte du bureau. Il savait pertinemment que lorsque Mac était aussi fermée, rien ne pouvait la faire parler. Il s'apprêtait à sortir quand Mac l'interpella.

_On pourrait dîner ensemble ce soir, proposa Mac en souriant bien malgré son air triste

Harm lui renvoya son sourire en acquiesçant d'un hochement de tête et quitta le bureau, heureux de voir que Mac ne l'excluait pas totalement de sa vie.

Mac le regarda s'éloigna vers son bureau et conclut qu'elle prit la bonne décision. Harm était un ami, certainement le plus proche qu'elle ait et elle n'avait pas le droit de le repousser. Elle se concentra à nouveau sur l'écran de son ordinateur et pria silencieusement pour que la journée se finisse sans anicroche.

_Au fait Mac, chez vous ou chez moi ? L'interrompit Harm en pénétrant à nouveau dans le bureau, la faisant sursauter.

_Chez vous, répondit Mac la main sur le cœur. Mais évitez moi ce genre de frayeur à l'avenir, l'avertit gentiment Mac en lui accordant le premier vrai sourire de la journée

_Alors on devra passer par le centre commercial, je n'ai plus rien de convenable dans le frigo, lui dit Harm en haussant les épaules

_Je pourrai contrôler le contenu du panier ? Demanda Mac en plissant les yeux.

Harm rit et referma la porte, laissant Mac de bien meilleur humeur que plus tôt dans la matinée. Harm n'était pas son ami pour rien. Malgré les bas qu'ils connaissaient de temps à autre, l'un ne pouvait pas trouver meilleur réconfort auprès de l'autre. C'est cela qui rendait leur relation si exceptionnelle et exclusive.

_Merci, Harm chuchota Mac consciente qu'elle se sentait plus sereine que ce matin.