Bien le bonjour ! Je vous remercie de votre soutien ainsi que vos conseils prodigués dans vos très plaisants commentaires (sourire de l'auteur :D). J'ai modifié quelques peu mes derniers chapitres écrits afin de les suivre au mieux, dans la cohérence de l'histoire cependant.

Vous souhaite une agréable lecture et un bon week-end (peut-être lirez vous ce chapitre un dimanche soir.. - ' mais en rajoutant ce petit mot, je suis en week-end après huit heures de chimie intensive alors WAPETI PETOU ! ).

Pour satisfaire une demande honorable de Kuumquat, voici un petit résumé afin que vous ne vous perdiez pas !

Nous sommes à l'époque de la septième année d'étude des personnages principaux (soit en 1977 il me semble). Dans les derniers épisodes (musique de générique !), Bonnie Truman, Alice Hitton et Lily Evans se lancent quelques paris histoire de remonter le moral d'Arthur Londubat qui broie du noir. Par la suite, Lily découvre que la famille proche d'Arthur est tournée vers les forces du mal et projette de le lier par le mariage à Pénéloppe Avery, qui est de sang pur et cela d'ici la fin de l'été prochain. La famille Potter de son côté connaît un événement terrifiant : Gloria Potter, femme de l'auror Yulard Richard Potter et maman de James Potter, a été enlevée par les hommes de mains du Mage noir qui sévit en Angleterre. Elle est cependant saine et sauve et fait sa convalescence à Ste Mangouste. Le ministère et la Gazette du sorcier démentent l'implication d'un quelconque mage noir dans cette histoire. Par le même temps, James attaque cruellement Dolohov. Lily est témoin de la fuite du Serpentard et trouve James sur les lieux. Dumbledore voulait obtenir du bureau des aurors plusieurs employés pour renforcer la sécurité de Poudlard. Craignant que cela n'affole les parents des élèves, Yubley, le ministre de la magie actuel refuse. Richard Potter accepte cependant de venir renforcer les cours de défense contre les forces du mal contre l'avis de son patron suprême. Dernier détail anodin : Lily appelle désormais son ex et premier petit ami par son nom de famille, ce qui interpelle vaguement Bonnie.

Sur ce : Z'AVEZ PLUS QU'A LIRE ! :D


Lily dut ralentir le rythme de sa course dans les escaliers en raison d'un méchant point de côté. Sa respiration était bruyante. Elle se dit qu'après tout, rien ne pressait, ils seraient certainement toujours là. Elle se dit également qu'il était stupide d'avoir cette réflexion après avoir sprinter dans cinq couloirs et quatre escaliers. Lorsqu'elle arriva devant le portrait de la Grosse Dame celui-ci s'ouvrit instantanément sur trois des maraudeurs qu'elle voulait justement voir. Ceux-ci ne parlaient pas, gardaient la tête baissée et semblèrent même ne pas la remarquer. Lily les suivit des yeux, la bouche en o.

-Ils sont étranges n'est-ce pas ? Un jour ils beuglent comme des mandragores et le lendemain, ils sont affreusement silencieux ! commenta la Grosse Dame.

-Ils ne faut pas se fier aux apparences ! sourit malicieusement Lily.

-Qu'est-ce que vous voulez dire ? interrogea la Grosse Dame, curieuse.

-Veritaserum !

-Vous savez quelque chose ? Dites-le moi ! Je ne le répéterai qu'à Violette !

-Veritaserum ! s'écria Lily, impatiente cette fois-ci.

La Grosse Dame capitula, grincheuse. Lily entra dans la salle commune. Elle y trouva Jane Rainbow en train de somnoler auprès du feu. Visiblement, Jane ne l'avait pas aperçue. Lily se faufila à pas de loup jusqu'à l'escalier en pierre. Elle monta les marches à toute vitesse et entra sans sommation dans le dortoir des garçons de septième année. Comme elle l'avait prévu, James, Peter et Sirius dormaient profondément, chacun leur baguette à la main. Lily s'approcha doucement et entreprit de la leur retirer. Ce fut aisé avec Peter. James se retourna en grognant mais lâcha également sa baguette sans plus de résistance. Avec Sirius cependant, Lily éprouva plus de difficultés.

Elle songea qu'il avait du dormir souvent avec sa baguette magique bien serrée dans ses poings, au Manoir des Black. Elle tira sa propre baguette et jeta un maléfice gluant sur la main de Sirius. Sa baguette glissa sur le lit. Lily la déposa sur sa table de chevet, comme précédemment. Elle revînt ensuite au centre de la pièce de façon à être bien en vue depuis leur trois lits puis elle agita sa baguette dans leur direction. Quelques secondes plus tard, ils émergèrent dans un plissement de draps.

-Evans... souffla James. Comme tu es belle...

Sirius grogna puis se leva pour donner un coup sur la tête de son ami.

-Il croit qu'il rêve, s'excusa-t-il auprès de Lily.

-Et il ferait mieux de rêver ! s'exclama-t-elle. Vous avez encore recommencé à faire n'importe quoi ! En année d'ASPICs en plus !

-Du calme Lily, dit Peter d'une voix pâteuse. Nous n'avons fait de mal à personne.

-Là n'est pas la question ! s'indigna-t-elle.

James s'étira une dernière fois en baillant d'une manière ostentatoire puis s'avança vers Evans.

-Si j'ai bien compris, dit-il en la regardant dans les yeux, tu t'inquiètes pour notre réussite scolaire. Tu t'inquiètes cette fois-ci... pour nous.

Sirius sentit l'atmosphère devenir tendue. Il échangea un regard avec Peter. Plus personne ne remuait un cil tandis que Lily affrontait James du regard. Elle prit conscience de la situation. Après tout son attitude dénotait clairement qu'elle trouvait aberrant qu'il puisse sécher les cours avec tous leurs examens de fin d'année. Elle s'était mise dans une position inconfortable. Que voulait-elle finalement ? Quelques mois auparavant, elle aurait remis Potter à sa place car en tant que Préfet, il se doit de montrer l'exemple. Mais n'était-elle pas venue également pour réparer son erreur ? Elle l'avait jugé avec empressement la semaine dernière alors qu'elle ignorait les réelles motivations de Potter. Son esprit s'embrouillait un peu et elle finit par baisser le regard.

James trouva dommage qu'elle rompe ainsi leur contact visuel. Il lui semblait que pour la première fois depuis qu'il s'intéressait à Lily, elle le regardait vraiment.

-Des homologues magiques, dit Sirius en souriant franchement. On est vraiment doué non ?

-Si ce n'est qu'ils n'ont aucune consistance physique ! répliqua Lily amusée et soulagée à la fois.

James se demandait à quel instant elle les avait touché. Il vit Lily se repentir de l'avoir injustement traité. Il s'imagina Lily s'excuser et le prendre dans ses bras. Cette pensée lui procura une chaleur infinie qui fut rompue presque immédiatement. Lily lui tournait le dos. Il était le seul à qui elle ne répondait pas. A ce moment il aurait donné beaucoup pour connaître les sentiments de Lily à son égard. Peut-être cela lui aurait fait mal de les découvrir... James se sentit soudain très malheureux.

-Et qu'ils dorment pendant les cours. Ce n'est pas très convaincants, affirma Lily.

-Justement ! S'ils écoutaient sagement et prenaient des notes, les professeurs trouveraient ça louche ! raisonna Peter.

-Peut-être même qu'ils nous donneraient une retenue pour avoir été aussi audacieux, rit Sirius.

Lily capitula. Un bruyant soupir s'échappa de ses lèvres puis elle tourna les talons. La question n'était pas de savoir comment, ça elle avait deviné. Il fallait surtout découvrir pourquoi ? Pourquoi étaient-ils fatigués au point de ne pouvoir se lever ce matin. Cela avait-il un rapport avec la mystérieuse maladie de Lupin ? La maladie... Lily se faisait des illusions. Severus ne lui avait-il pas fait part, un siècle plus tôt de son idée à ce sujet ? Lily se rua dans son dortoir, attrapa le calendrier ouvragé de Bonnie et le tapota de sa baguette en murmurant la date d'hier, le 14 Octobre. Un dessin représentant un dragon qui coursait un sorcier sur un balais apparut. Une petite case se forma également au dessus racontant les faits sorciers importants s'étant déroulés le 14 Octobre. Enfin, tout ceci disparut et le calendrier afficha :

Mardi 14 Octobre 1977, nuit de pleine lune.

La stupéfaction glaça tous les membres de Lily. Puis l'horreur de cette découverte s'insinua lentement dans son esprit. Rémus était un loup-garou. Toutes ces fois, Lily avait volontairement rejeté les hypothèses de Severus, sa haine pour les maraudeurs lui ôtant toute crédibilité. Pauvre Rémus... Et elle qui lui appliquait son ridicule baume contre la fièvre. Quelle sottise de penser qu'il était simplement souffrant d'un mal bénin. Une énorme pitié l'envahit, elle eut envie de pleurer, de s'époumoner devant l'injustice qui s'abattait sur Rémus. Un élève si brillant, si altruiste. Lily comprenait soudain ses réactions, sa timidité, son éternelle peur d'être de trop, toute cette aura qu'il dégageait. Une heure s'écoula tandis que Lily ne pouvait décoller les yeux de ce foutu calendrier. Elle aurait voulu se tromper, qu'il n'inscrive jamais cette terrible mention, que Rémus soit simplement un garçon qui manque de confiance, que tout ceci n'ait jamais existé. Et pourtant...

Pop.

Sirius et James se disputaient pour savoir lequel de leur deux homologues paraissait le plus vivant. Dans ces cas là, Peter n'osait pas prendre parti, bien qu'il sache que leurs amis plaisantaient. D'ailleurs, il les trouvaient véritablement doués, lui-même n'avait pas réussi à produire sa propre représentation magique. Pourtant, les homologues n'était qu'une illusion qu'on pourrait apprendre à faire apparaître en quatrième année, si ce sortilège n'était pas interdit à Poudlard. L'homologue n'avait ni l'odeur, ni la consistance du personnage représenté. Il lui est même impossible de parler car ce n'est qu'une représentation factice de la vie sans intelligence, sans pensée propre.

Les trois maraudeurs arrivèrent enfin devant les portes de l'infirmerie qui s'ouvrirent... sur Lily.

Le cœur de James manqua un battement. Il sentit ses paumes devenir moites et sa respiration s'accélérer. Il avait aimé tomber sur Lily par surprise des années durant. Cela lui permettait de se rendre intéressant, de lui montrer combien c'était un type bien. Il se sentit ridicule de repenser à son attitude, même extrêmement mal à l'aise. Comme il avait été pathétique ! Mais maintenant qu'il était conscient de ses sentiments pour Lily, il sentait qu'il allait détester ce genre de rencontre imprévue. Lui qui se croyait si fort moralement, il avait du mal à contrôler ses émotions. Son cœur s'emballait furieusement puis se serrait jusqu'à la souffrance.

Lily tint la porte que Peter rattrapa puis s'éloigna à grands pas. James garda obstinément le regard sur le sol. Au moment où elle passa à son niveau, son épaule le frôla et ses doigts glissèrent imperceptiblement sur la peau nue de son avant-bras. Un furieuse décharge électrique traversa le corps de James tandis que l'effluve du parfum de Lily l'assaillait. Il flottait dans une sorte d'extase magnifique.

La porte de l'infirmerie se rouvrit et Sirius passa la tête.

-Tu as l'intention de l'ouvrir en clignant des yeux ?

James retomba brutalement dans « le bas monde matériel » comme disait Trelawney. Il se souvint en un éclair que Lily le méprisait et se fustigea mentalement. Tout ceci n'était que fantasme et imagination gratuite et destructrice.

-Parce que dans ce cas, j'ai le regret de t'annoncer que tu as échoué...

Une voix retentit derrière lui :

-Monsieur Black ! L'infirmerie n'est pas un théâtre ! Cessez de jouer avec cette porte !

-Les animaux sont interdits à l'infirmerie Patmol, attends-moi dehors, dit James en entrant.

-C'est l'hôpital qui se fout de la charité Cornedrue !

-Tu es un animal domestique, répliqua James. En ce qui me concerne, j'ai parfaitement le droit d'entrer ici !

-Oh que oui tu y entres ! s'écria Sirius. Dépecé dans les antidotes !

James attrapa Sirius aux hanches et tenta de le faire tomber. Il se trouvait malheureusement qu'en tant que batteur depuis plusieurs années, Sirius possédait une carrure similaire à celle de James. Un combat silencieux s'engagea jusqu'à ce que James renverse un bocal de potion contre la toux dont la substance nauséabonde se répandit dans l'infirmerie. Madame Pomfresh accourut pour les réprimander mais alors qu'elle avait à peine ouvrit la bouche, Sirius s'expliqua :

-Nous sommes désolés, James est toujours un peu réticent mais regardez cette tignasse !

Il tenait encore James par la gorge et fit mine de lui aplatir les cheveux.

-Après tout, il ne peut pas aller voir Rémus dans cet état, il n'est pas présentable ! continua Sirius. Vous êtes d'accord ?

Madame Pomfresh eut un sourire imperceptible avant de les mettre dehors, leur ordonnant de ne visiter leur ami le soir-même pour leur apprendre à être si chahuteur.

James traîna les pieds et mit les mains dans les poches.

-Elle a quand même sourit ! se félicita Sirius.

James eut un soupir déchirant.

-T'arrêtes de bramer un peu ! Bientôt ta compagnie sera aussi agréable que celle du premier de la classe !

-Nous sommes les premiers de la classe, répliqua mollement James.

Le nom de Lily flottait dans l'air mais Sirius se retint bien de le prononcer.

-En tant que Capitaine de l'équipe de Quidditch, je déclare que nous aurons désormais une séance d'entraînement tous les soirs à compter d'aujourd'hui !

James protesta qu'Il était le Capitaine. Mais l'idée eut du bon. A chaque fois qu'ils le pouvaient Sirius et James se rendaient sur le Terrain. Lorsqu'ils avaient pu le réserver pour la soirée, l'équipe au complet se rejoignait. Le froid commençait à sévir et Franck du intervenir auprès de James pour obtenir un soir de repos à l'équipe exténuée. James accepta mais se rendit tout de même sur le terrain pour se divertir et s'oublier un peu lui-même. Cet être vil qui avait réussi à dégouter la plus merveilleuse personne de la Terre.

Il fit quelques cabrioles mais s'arrêta rapidement. Puisqu'il était seul, il pensait tout de même à Lily et ses efforts pour la chasser de son esprit paraissait de plus en plus désespérés. De toute façon, le week-end arrivait et il n'était pas annonciateur de joyeux projets pour James. Le temps qui le séparait de la réunion de Préfet paraissait s'accélérer de façon proportionnelle avec son appréhension.

James resta environ une demi heure sous la douche dont l'eau lui brûlait la peau. Il frissonna en coupant le robinet puis s'appliqua un sort de séchage. Une fois sa cape enfilée, il sortit la Carte du Maraudeur et y chercha automatiquement Lily. Il vit son nom avancer dans un couloir du troisième étage. James vit rouge. Elle se promenait en compagnie de... Faucett ! Cet idiot avec qui elle était sortie un temps. James se rua hors du vestiaire.

Pop.

Franck Londubat était allongé sur son lit, le jour déclinant derrière la fenêtre. Jim lui avait offert quelques chocogrenouilles pour le récompenser de ses performances sur le terrain. Son ami n'avait de cesse de l'encourager. Il était très enthousiaste à l'idée qu'une fête ait lieu dans la Tour de Gryffondor après leur victoire sur les Serpentard. « Tu comprends, il faut donner un petit coup de pouce au destin » répétait-il. Franck trouvait Jim très galvanisé lorsqu'il était amoureux. Franck l'observa par l'ouverture de ses baldaquins, jouant une partie d'échec version sorcier avec Peter, loisir dans lequel ce dernier excellait. Franck se demanda s'il pensait à Bonnie même lorsqu'il était occupé. Avec le recul, il se sentait vraiment en colère. Tous ces magasines féminins pour expliquer l'amour, la psychologie des couples, de la séduction ! Pourquoi se donnait-on tant de mal à préparer les jeunes femmes tandis que les hommes étaient complètement lâchés dans la nature ? Comment fallait-il s'y prendre ? Pour la énième fois, Franck soupira. Il finit par se lever et mettre de l'ordre dans ses affaires. Il entreprit d'abord de s'attaquer à son armoire de vêtements. Soigneusement, il plia chacun de ses habit, les empila avec rigueur puis se recula pour contempler son travail. Satisfait, il referma la porte de son armoire. Il espérait qu'en ordonnant ses biens, ses idées s'éclairciraient. Il avait secrètement observé Rémus le faire lorsqu'il était en proie à un dilemme. Il appliqua cette même logique avec ses affaires personnelles et vida pour cela sa malle entière sur le sol. Il crut entendre Jim se moquer mais se contenta de hausser les épaules.

Enfin, une heure plus tard, cinq piles trônait au sol. Franck s'assit un instant sur son lit en contemplant son travail. Il voulut recommencer à réfléchir posément quand BANG !

James entra en trombe dans le dortoir, courut jusqu'à son lit. Il ouvrit sa malle avec fracas, y prit quelque chose et repartit sans plus de cérémonie. En chemin, il donna un coup de pied involontaire dans les affaires triées de Franck. Il les regarda, horrifié, s'éparpiller par terre et vit James lui faire un signe d'excuse avant de disparaître. Le cognard qu'il avait hérité de son père roula jusqu'à ses pieds. Jim et Sirius, voyant la mine déconfite de Franck, n'eurent même pas le cœur de le charrier mais s'autorisèrent un petit sourire désolé.

Franck ramassa le cognard et s'allongea sur son lit. Il soupira à nouveau, se disant que ses efforts étaient de toute façon purement et simplement vains. Il espérait une avancée affective et déployait tous ses efforts dans le domaine ménager... C'était lamentable.

Il lança son cognard à travers la pièce puis ferma les yeux. Il ne prit même pas la peine de se lever pour constater que la balle était entrée de façon remarquable dans l'étroite corbeille du dortoir.

Pop.

Depuis quelques semaines, Mark et Lily avaient coutume de se retrouver de temps en temps avant que le couvre feu ne les oblige à gagner leur maison respective. Mark était un garçon attachant mais bien trop timide. Lily avait du compter sur toute sa patience. Mais finalement, la deuxième semaine de septembre, il avait fini par lui avouer ce qui le tracassait. Il vivait dans l'ombre de Ludo Verpey, excellent joueur de Quidditch, le prometteur Ludo, son meilleur ami. Jusqu'ici, Mark s'était accommodé de cette place, mais l'âge arrivant, il avait développé un cruel défaut : la maladresse. Il avait trouvé en son ancienne amie, une confidente. Lily avait compris qu'il ne servait à rien de prodiguer des conseils à ceux qui en cherchaient car nul ne pouvait savoir ce qui était bon ou non pour quelqu'un. Elle tentait simplement d'amener ces personnes à se poser les bonnes questions. Mark se sentait à l'aise avec Lily car ils avaient auparavant acquis une certaine complicité.

-J'avais pensé pour le banquet d'Halloween que nous aurions pu organiser un bal costumé, raconta Lily.

-Tu voulais y inclure un thème particulier ? interrogea Mark.

-Non, justement, dit Lily en secouant la tête. Les tensions entre les maisons augmentent avec la pression des examens, l'insécurité en dehors de l'école, les rivalités sportives. Tout le monde est à cran ! Le bal costumé aurait pour but de permettre une diversité de personnages moldus et sorciers. Tu comprends, je pensais à renforcer l'intérêt des élèves issus de familles de sorciers pour le monde non-magique et inversement.

-C'est très brillant ! la félicita Mark, enthousiaste. J'ai l'impression que le climat de tension qui règne au sein de la communauté magique te rend anxieuse, beaucoup plus anxieuse que quiconque.

Lily acquiesça. Mark mit une main sur son épaule tout en marchant. Lily se sentait comprise et cela la rassura infiniment. Une odeur ravissante lui fit tourner la tête un moment. Elle prit une longue respiration mais ne la sentit plus, comme si elle s'évaporait. Peeves vint troubler ce moment de quiétude et Lily lui en voulut pour cela.

-Les amoureux font une promenade ! caqueta-t-il de sa voix affreuse.

Oh Evans, la préfète ! A un rendez-vous galant !

Le fantôme se mit à faire des bruits grossiers puis leur lança des craies au visage. Lily ne fut pas atteinte, les craies rebondirent à quelques centimètres de sa peau. En revanche, Mark en reçut une dans l'œil et ne vit plus grand chose. Il dit précipitamment au revoir à Lily et courut se réfugier dans son dortoir. Peeves continua de piailler une chanson vulgaire en sautillant dans les airs. Lily préféra s'éloigner avant qu'il ne recommence à vouloir célébrer.

Pop.

James regarda les cheveux de Lily onduler au rythme de ses pas. Il rangea sa baguette, satisfait que Peeves soit intervenu avant lui...

Pop.

Il régnait dans la salle commune des Gryffondor, un brouhaha agréable, celui des vendredis soirs. Tous les élèves se reposaient, profitant de cette soirée de repos, libres de toute obligation scolaire. Le visage de Jane se colora en vert puis reprit sa teinte naturelle. Elle s'essuya délicatement le nez et les joues. Des gouttes de savon y dégoulinaient. Plus loin, Sirius avait ensorcelé un jouet à bulles pour les enfants moldus. Les bulles de savon devenaient énormes et colorées et voletaient dans la pièce. Il les faisait ensuite exploser. Après la deuxième bulle rouge et la quatrième bulle or explosées sur sa propre tête, Rémus déclara forfait et monta dans le dortoir. Il croisa Franck qui descendait et se posta devant Sirius.

-Ma plume ! ordonna-t-il.

-C'est un surnom très laid Londubat numéro un, répondit Sirius en lui explosant une bulle kaki au visage. Je préfère que tu m'appelles Sirius.

Franck lui lança un regard accusateur mais ne put rien répliquer. Il toussa un instant à cause du savon. Sirius interpréta :

-Bon d'accord ! Toi et toi seul es autorisé à m'appeler ma liqueur si tu le veux. C'est plus fort ! Plus masculin que ma plume ! Regarde-moi ! dit-il en bombant le torse. Ai-je l'air d'une plume ?

-Tu as encore volé ma plume ! accusa Franck, exaspéré.

-Le mystère s'éclaircit ! s'écria Sirius après avoir soufflé une bulle vers un élève de deuxième année. Je rectifie, tu permets ? Je t'ai emprunté ta plume dans le but d'appliquer certains de mes talents magiques à des fins...

-Malhonnêtes, compléta Franck.

-Expérimentales !

Sirius arracha un poil de la plume à Franck -qui retint un hurlement- et le déposa dans son flacon. Il jeta ensuite un sortilège à la bulle qu'il venait d'envoyer dans les airs. Lily entra dans la salle commune des Gryffondor et ressentit un étrange frisson dans la nuque. Elle leva les yeux en l'air et remarqua que ses cheveux étaient collés à une énorme sphère volante. Elle tira sa baguette magique de sa poche et la plongea dans la boule. Celle-ci explosa dans un poc sonore. Au même instant, la plume de Franck prit feu. Les yeux de Sirius s'ouvrirent de surprise mêlée de ravissement tandis que ceux de Franck lançaient des éclairs. Il beugla une phrase indistincte et tendit un mouchoir à Lily.

-Quelle découverte ! s'émerveilla Sirius.

Bonnie pouffa et proposa sa propre plume à Franck qui l'accepta. Il consentit à lui faire un sourire avant de monter quatre à quatre les marches du dortoir.

Une éternité plus tard, Lily se glissa dans son lit qui lui parut être l'endroit le plus confortable au monde. Elle écouta un instant le silence jusqu'à ce que les bougies s'allument et qu'un troupeau d'hippogriffes défoncent la porte.

-Détends-toi ma vieille ! Black est un grand gamin ! C'était pas méchant.

Lily reconnut la voix de Bonnie. Elle trouva également que c'était drôle que Bonnie considère Sirius comme un grand enfant alors qu'elle même riait de tout.

-Tu le défends bien-sûr ! Pourquoi suis-je étonnée ! Tu es pareille que lui !

Lily se releva dans son lit. Jamais elle n'avait entendu Alice parler avec ce ton agressif, encore moins à Bonnie. Celle-ci ne trouva rien à répondre, estomaquée d'être ainsi traitée.

-Toi comme Black vous vous moquez éperdument des sentiments d'autrui ! Égoïstes et immatures que vous êtes !

Lily décida de ne pas intervenir. Bonnie s'exprima d'une voix douce :

-Alice, tu es un peu dure. Je suis ton amie...

-Arrête un peu d'être mielleuse !

Le cœur de Bonnie se serra davantage si c'était encore possible. Bientôt, il imploserait sous la pression. Comment en était-elle venue à ce cauchemar ?

-Je vous ai vu tous les deux, Franck et toi ! hurla presque Alice. Vos regards, vos sourires complices ! C'est écœurant !

Bonnie fut si soulagée de comprendre ce stupide malentendu qu'elle éclata de rire. Ce qui fut le comble pour Alice, jalouse et folle de chagrin. Elle attrapa sa baguette et s'écria :

-Fulgur maxima !

Lily se leva d'un bond brandit sa propre baguette pour éteindre le feu qui brûlait les sourcils de Bonnie. Lorsque le jet d'eau, l'atteignit elle cessa de crier et Lily l'emmena dans la salle commune. Elle emporta également son matériel de potions. Bonnie était sous le choc et c'était bien la première fois depuis que Lily la connaissait que les mots lui manquaient.


Encore un ! C'est à votre tour ! Remarques, conseils, commentaires, la plume est entre vos mains :P