Chapitre 7

Je crois qu'il y avait longtemps que je n'avais vu les choses aussi clairement qu'à cet instant. Il était si simple de se perdre quand rien n'avait de sens. Et justement, je savais maintenant ce qu'il y avait. C'était en réalité évident mais, j'étais capable de me cacher les yeux, juste pour ne pas admettre que je m'étais totalement trompée. Ma vie avec Edward avait toujours été platonique. Quand je lui annonçais que je sortais avec garçon, il n'y avait rien, pas de jalousie, pas de mensonges. Et même Alice n'osait rien dire mais aujourd'hui, je comprenais les grimaces à chaque mauvaise interprétation. Ce que j'avais pris pour de l'inquiétude était en réalité l'envie caché de me dire qu'Edward ne ressentait rien. Et, je savais ça. J'avais mis beaucoup de temps à m'en rendre compte. Quand l'idée qu'il ne m'aimerait jamais fut plutôt évidente, quand il me demanda d'être son témoin, il paraissait surexcité. Madame Cullen me l'avait souvent sous-entendue. Elle me souriait gentiment quand je le regardais et après, elle lâchait des choses comme : Quand je le vois jouer les casse-cous comme maintenant, je ne peux pas m'empêcher de te rappeler de prendre soin de toi, Isabella. C'était si particulier de l'entendre me dire cela. Et pourtant, tant de mot, tant de vérité se cachait. Je n'avais jamais pu admettre que tout cela n'était rien d'autres que du vent. Je réfléchissais constamment au « et si » sans prendre en compte la réalité. Edward ne m'aimait pas. Je ne voyais plus aucune raison d'en douter. Edward aimait Tanya, j'en étais certaine. Et je ne pourrai jamais changer cela. Avant, l'admettre m'avait arraché le cœur. Aujourd'hui, je le vivais mieux.

Mon chignon débordait sur le côté droit de ma tête et mon nœud de cravate ne ressemblait en fait pas à un nœud. Je ne savais qu'il était autant possible d'être déphasé le jour d'un mariage. C'était encore pire dans la mesure où j'étais le témoin. Edward avait ce teint blafard qu'il arborait constamment quand le stresse était trop pesant. En fait, je crois que ses ondes négatives m'enfermaient dans la même torpeur bizarre. Je fini par abandonné le nœud en soupirant. Je me suis laisser tomber sur le siège près d'Edward qui regardait vaguement la fenêtre.

-Bon, tu vas m'expliquer maintenant pour le futur marié est flippé ?

Il tourna lentement la tête vers moi avec cette mine désabusée.

-Je ne suis pas flippé, arrête de raconter des conneries…

-Franchement, je pense qu'il n'y a que toi qui croit à tes salades, mon cher.

Il ne cilla pas l'espace d'une minute avant de plongé la tête en avant dans ses mains. Frottant son visage encore et encore. Oui, il n'était absolument pas fatigué. Bref, il n'était point dans la mouise.

-Racontes, c'est quoi le problème ? Tu as peur de te marier.

Il ne répondit pas, se contentant de rester dans cette position recluse.

-Tu veux que je t'aide à t'enfuir ?

Il releva la tête en esquissant le premier vrai sourire de la journée.

-Non, ça ira. J'ai juste les mêmes doutes que tout le monde a le jour de son mariage. Enfin, je suppose.

Je l'observais avec un peu trop de pitié pour lui donner l'assurance dont il avait besoin.

-Ne me dit que je fais une bêtise, ce n'est pas le moment.

Je savais qu'au fond de moi, remuait toutes cette tension qui m'avait maintenu en éveille depuis des années. Quand je devais me taire parce que j'étais trop fébrile, trop sotte pour être honnête avec lui. Mais à force d'attendre, ça avait retourner en moi beaucoup trop de choses pour que je puisse rester de glace ce jour-là. J'ai compris qu'il était juste temps de lui dire. J'ai pris une inspiration. Juste une.

-Edward…

Il semblait à des années lumières de moi. Comme si je devais faire encore plus batailler pour lui dire tout. Il me regardait sans comprendre. Parce que ce jour-là tout prenait un tournant sérieux, catastrophique. Mais je ne pouvais pas retenir l'orage. Ça devait exploser sinon, je ne pourrais jamais avancer. Peut-être que je choisissais mal mon jour. Peut-être que le fait que ce soit son mariage, devait m'arrêter…

-Oui ?

Je soupirais. Non, je ne pouvais pas lui dire ?

-Je dois te dire quelque chose depuis longtemps. Il y a en fait trop longtemps que ça me reste sur le cœur. Je t'avoue que c'est mal choisi, mais il faut vraiment que je te le dise. Tout ça me pèse tellement.

Il était tellement attentif, tellement prêt à entendre le drame de ma vie que je commençais à sentir mes forces s'amoindrir sous le poids de la maladresse mais surtout de la peur. Cette même peur qui me bloquait déjà quand j'étais une gamine découragée par tout.

-Isabella…

-Bon les enfants, on va devoir se dépêcher la voiture arrive dans 10 minutes pour nous conduire à l'Eglise.

On regardait en silence le père d'Edward qui venait d'entrée dans la pièce sans ménagement. Je décidais de rebrousser chemin et m'activais. Je passais les dernières minutes à réparer le désastre de mon chignon et entre les mains de Mr Cullen qui refaisait mon nœud. Au moment de quitter la chambre, Edward se retourna.

-Au fait, Isabella, tu voulais me dire quoi ?

J'ai frémi. Non, j'avais perdu mon tour.

-Non, rien.

-Si, dis-moi. Tu avais l'air tellement bizarre.

-Pas autant que toi, i peine, une heure.

-Très bien tenté, mais je veux savoir. Allez craches le morceau.

Je soupirais.

-Je voulais juste t'avouer que c'était moi qui avait cacher ton super robot de la mort et qu'il l'a planqué dans la chambre de Jared. Ce n'était ni lui, ni Alice le coupable.

Il me dévisagea avant d'éclater de rire.

-Ce n'est pas vrai ! Je pensais que tu allais m'annoncer que quelqu'un est mort. Bordel, j'ai eu peur…

Je souris vaguement. Oui quelqu'un était mort. La vieille version de moi. Celle amoureuse de cet homme. On sortit de la maison deux minutes plus tard et on partit vers l'Eglise. Edward allait se marier pour de vrai. Je sentais la réalité venir petit à petit. J'envisageai de partir le plus vite possible de cette ville. C'était étrange. Tout avait changer. Mes sentiments, la vie, les gens. Nous n'étions plus des enfants, ni des ados en quête de réponse. Nous étions des adultes qui vivaient leur existence. Quand on arriva sur les lieux du crime, les invités étaient déjà présents dans les rangés bavardant forts et rigolant comme si on était heureux de voir ce jour arriver. J'ai salué mes parents invités par Edward, Alice et ses parents. Le père d'Alice me parla longuement. Voulant savoir comment j'allais depuis mon voyage. Il semblait parfaitement au courant de la situation. Je me demandais aussi s'il était au courant qu'il avait une petite-fille ? J'ai préféré éviter le sujet. Je n'avais pas envie d'entreprendre de lui annoncer la nouvelle s'il ignorait ce détail.

-Hum-hum. On ne dit pas bonjour ?

Je me retournais sous le sourire amusé du père d'Alice. Je regardais cet homme avec beaucoup d'intérêt pour oser admettre qu'il ne me faisait aucun effet.

-Tu es là ?

Il sourit en enfonçant les mains dans les poches.

-Je pense bien. A moins qu'il s'agisse de ton esprit débridé qui s'imagine avoir un vrai canon devant elle ?

Je souris avant de le prendre dans mes bras. J'ai respiré son odeur avec un plaisir certain. Je me suis décalée de peur de mettre la puce à l'oreille de son père. Après tout, personne ne savait.

-Comment t'as fait ?

-J'ai menacé de quitter le groupe s'il ne me laissait pas venir au mariage de mon cousin.

Alice ne mit que deux minutes avant de repérer son frère et de foncer sur lui.

-Ah ! Tu ne voulais pas manquer le spectacle, je le savais !

Il passa un bras autour de ses épaules en souriant. Il avait toujours cette allure légère qui ne le quittait donc jamais. Je dus les quitter pour rejoindre Edward sous l'autel. Il gigotait regardant autour de lui de plus en plus nerveux.

-Prêt ?

Il me regarda de nouveaux bizarrement. Me rendant un peu nerveuse moi aussi. Je pouvais sentir la catastrophe arrivée. Mais impossible de déterminer comment ça allait se passer.

-Je… Bella…

Mon cœur battait de plus en plus fort. Cette peur qui ne cessait de croître. Je voyais ses lèvres bouger mais la musique démarra et il secoua la tête se tournant vers l'entrée. Les demoiselles d'honneur arrivèrent dans leur robes rose poudrée. Mon cerveau tournait à mille à l'heure. Edward allait parler… Edward allait dire quelque chose… Je savais que ce ne serait pas n'importe quoi. Quand enfin Tanya se présenta, mon cœur bâta à mes tempes. J'avais de plus en peur de ce qui allait arriver. Edward bougea de nouveau. Je regardais vers le clan Cullen qui était concentré sur la mariée. Alice fronça les sourcilles en me regardant. J'espérais qu'elle aussi ait compris ce qui arrivait. Quand Tanya prit la main d'Edward, j'eu un petit espoir, aussi petit qu'il soit, que tout ça n'était que mon imagination. Le pasteur commença son sermon, j'étais un peu distraite. J'avais fini par prendre la réaction d'Edward pour le stresse qu'il avait de se lier à vie à quelqu'un d'autre.

-Edward Andrew Nicolas Cullen, souhaitez-vous prendre pour épouse Tanya Annabelle Denalie ici présente ?

Edward regarda Tanya longuement sans qu'aucun ne sorte.

-Edward ?

Le pasteur insista. Mais il ne réagit pas.

-Heu… je…

-Edward ?

Cette fois, c'était Tanya qui l'appela. Edward lâcha ses mains.

-Heu. Je suis désolé, je ne peux pas…

Un mouvement parcouru l'assemblée. Il se recula comme un enfant qui craignait de se faire enguirlander. Bon sang, le drame était arrivé. Il se retourna vers moi. Il avait l'air tellement terrorisé que j'en avais de la peine pour lui.

-Isabella… murmura t'-il.

Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même pas si j'arrivais à comprendre la situation.

-Mais Edward…

Je regardais Tanya qui était chancelante. C'était tellement horrible la façon dont tout se déroulait. Il se tourna à moitié, n'osant plus la regarder alors qu'elle méritait de savoir.

-J'aime Isabella depuis toujours…

Mon cœur rata un battement parce que si je pouvais prédire la catastrophe, je n'avais pas prévu ça. J'avais l'impression que tout s'écroulait autour de moi. Pourquoi faisait-il ça ? J'avais envie de pleurer. Le regard de Tanya était sombre et loin de pouvoir décrire entièrement toute sa fureur. Elle sera les poings si fort que son bouquet semblait craquer. Des tiges tombèrent sur le sol pauvrement. C'était là la fin ? C'était là qu'on ne pouvait plus rien contrôler ? Qu'on se lançait dans la bataille ?

-Tu oses me quitter, là ? Maintenant ? Tu te rends comptes de ce que ça représente, espèce d'idiot ?

Je ne pouvais pas voir Edward. Il était tendu, ça je pouvais le parier.

-Et tout ça pour quoi ? Parce que tu viens de te rendre compte que tu es amoureux de ton empoté de meilleure amie ? Ah oui ? Le pire dans l'histoire, mon pauvre Edward est que tu es un stupide imbécile. Tu ne comprends rien à rien.

Je commençais à ne plus rien comprendre moi non plus, de ce qui se passait.

-Tu pensais m'épouser pour des circonstance « spéciales ». Tu m'épouser pour cet enfant…

Un murmure parcourra l'assemblé et je restais figé. Je n'osais pas bouger, de peur de chuter pour de bon. Un enfant… Un enfant. Tanya passa une main tremblante sur son ventre. Elle pétait littéralement une case, oubliant totalement le contrôle dont elle faisait toujours preuve. La Tanya guindé, sérieuse et figé était un vague souvenir. Surtout lorsqu'on voyait son désappointement, sa colère face à cet homme perdu. Edward flippait, je le sentais depuis le moment même où il avait compris dans quoi il venait de s'embarquer.

-Tu pensais précipiter ce mariage juste à l'idée de voir ce bébé arriver. Mais tu es tellement stupide, idiot, que tu n'as rien vu. Je l'ai perdu, Edward.

Sa voix se brisa dans le silence de la salle. Elle était au bord des larmes malgré la fureur. Tout à coup, j'éprouvai de la pitié pour elle. Chose que je n'aurai peut-être jamais oser croire. Mais, il était évident que je voulais compatir. C'était moche ce qu'il lui arrivait et je n'étais pas un monstre.

-Tu… l'as perdu ? répéta Edward tremblant.

J'étais sûr d'avoir entendu l'émotion dans sa voie.

-Trois semaines exactement après que tu aies décidé que nous devions nous marier pour son bien.

Elle se tu, observant l'effet qu'avait produit la bombe sur Edward. Je savais à quel jeu, elle jouait. Elle voulait lui faire regretter tout, absolument tout. Et je lui donnais raison.

-Mais, Edward, tu n'es pas malin. Tu ne t'es pas rendu compte qu'il n'y avait plus de bébé. Et que de surcroît, tu es amoureux de cette…

Elle sembla remarquer ma présence pour la première fois depuis qu'elle se trouvait sous l'autel.

-Cette pauvre imbécile d'Isabella Swan. Pauvre Isabella qui a toujours été le poids mort de ta vie, Edward. Mon Dieu, cesse de faire comme si tu ne savais qu'elle est amoureuse de toi depuis toujours. Je l'ai vue directement. Impossible de passer à côté de ses grands yeux pathétiques. Il n'y a que toi pour ne pas avoir remarqué l'évidence. Même ta famille le sait.

Edward tourna la tête pour la première fois vers le clan Cullen qui se contentait d'observer. Je glissais un œil sur Jared qui hochait la tête imperceptiblement avec un sourire de convenance mais je pouvais parier qu'il pensait à s'en fumer une. Son père sembla penser la même chose et lui colla un coup dans l'épaule. Comme si son attention était requise. « On s'en fichait non ? » Sembla t'-il sous-entendre en jetant un regard à son père. J'eu envie de ricaner. Je ne savais plus ce que je fichais debout. Je crois que mes nerfs lâchaient. J'eu soudain envie d'éclater de rire. Je dû me mordre les lèvres pour ne pas rigoler. Pourquoi je me retrouvais mêlée à une querelle de fiancé. J'ai réfléchi un instant à toutes ces années passées avec Edward. Tout ce que je ressentais ou bien… Ce que je croyais ressentir. J'ai fixé le profil de mon ami comme si l'évidence me frappait enfin. Mon cœur ralentit progressivement. Je laissais tomber ma tête sur le côté. Je cherchais ce qui m'avait toujours fait défaut. L'honnêteté, la vérité. La vérité était pourtant là toute crue, depuis le début. J'avais perdu trop de temps à croire en un fantôme. Robyn me l'avait toujours sous-entendue. Elle devait me trouver un peu stupide tout ce temps mais j'étais sûr qu'elle n'avait jamais rien dit franchement de peur d'être repousser loin de moi. Je pouvais être si dure avec les gens.

-Je croyais pouvoir te donner raison, Tanya.

Elle tourna la tête vers moi, les yeux fendus en de toutes petites fentes.

-Mais, je ne suis pas amoureuse d'Edward. Pas plus qu'Edward est amoureux de moi.

Ce dernier se retourna face à moi pour la première fois depuis que cette cérémonie avait débutée. Il était surpris par cette étrange révélation. Pourquoi devrais-je continuer à me voiler la face ? Qu'est-ce que je pouvais gagner dans tout ça ?

-J'ai tout mélangé. J'ai cru que c'était des sentiments amoureux que je ressentais pour toi parce que je n'étais jamais tombée amoureuse. J'ai cru que ce que je ressentais pour toi…

Je me suis tu le regardant droit dans les yeux. C'était moins inconfortable que d'habitude. C'était même plus simple que ce que j'aurai cru.

-Je t'aime, mais comme une sœur aime son frère. C'est ainsi Ed, on n'a jamais eu que de l'affection l'un pour l'autre. Sois honnête. Ce n'est pas moi dont tu es amoureux. Tu le crois mais ce n'est pas vrai. C'est juste une excuse parce que tu as la trouille de tout ça.

Il entrouvrit la bouche comme s'il allait dire quelque chose. Mais rien ne sortit.

-Sois raisonnable.

Il baissa les yeux un instant comme si l'idée, la réflexion s'insinua en lui. Je savais que je commençais à laisser les sentiments s'envoler. C'était plus simple. Les souvenirs des derniers mois partirent comme une brise. Le visage d'Edward changea d'expression, il sourit. Je le lui rendis. C'était la paix qui arriva.

-Je crois que tu es déjà amoureux. N'est-ce pas ?

Il hocha légèrement la tête et se retourna vers Tanya qui pleurait silencieusement. Son corps tremblait et Edward se mit à genoux prenant ses mains. Il leva les yeux vers elle.

-Je pense que la situation a déraillée. Je sais de quoi j'ai l'air et tu as raison, je suis un imbécile. Je ne t'ai laissé aucune chance alors que je le savais. De tout mon cœur.

Elle renifla, fermant les yeux. Elle tomba elle aussi à genoux.

-Mon Dieu… Je suis si désolée.

Edward prit son visage remplit de larme et la regarda droit dans les yeux.

-C'est moi qui suis désolée. Le bébé…

Il ne dit rien de plus et la prit dans ses bras. Sanglotant à deux. Je tournais un regard vers la famille Cullen qui s'était levée. Rosalie sembla décidé à changer le cours de la situation. Elle s'approcha du couple et attrapa la main fébrile de Tanya sous le regard désapprobateur des deux sœurs de Tanya.

-Viens, je vais rattraper le massacre. Après tout, tu dois te marier aujourd'hui.

Tanya sembla reconnaissante et lui lança un sourire timide. Elle sortir par une porte à gauche tandis qu'Emmet qui releva le futur marié. Il fit ôter sa veste à Edward. Celle-ci était chiffonner et humide par endroit.

-On peut pas dire, tu vas avoir le mariage le plus scandaleux de la décennie.

Je souris amusé. Edward se tourna vers moi.

-Ça te tentes toujours d'être mon témoin ?

Je l'ai regardé sobrement avant de secouer la tête.

-Tant qu'on y est, autant y aller jusqu'au bout.

Il m'a décoché un clin d'œil et s'est dirigé tout droit vers ses parents. Alice s'est matérialisée près de moi.

-C'est sans doute le mariage le plus amusant auquel j'ai assisté. Même celui de ma cousine, Jane n'était pas aussi drôle. Et pourtant, elle s'était évanouie au moment des vœux.

J'ai rigolé avec elle puis, le champ nuptial a retenti et tout le monde à retrouver sa place et le silence en moins de deux. Rosalie a traversé l'allé pour venir s'assoir près d'Emmet. Edward était plus détendu qu'il y avait une demie heure. Il souriait plus et quand Tanya a pris sa main, ils avaient l'air radieux. J'ignorai à quoi tout cela retournait mais au moins, les langues avaient été déliée. Au moment d'échanger les vœux Tanya sourit à Edward. Elle sembla serrer plus fort ses mains et s'approcha de son oreille. Il écouta silencieusement souriant plus à chaque chuchotement. J'étais trop éloignée d'eux pour pouvoir entendre mais je sentais que le retournement de situation n'était pas terminé. Quand Edward se détacha d'elle, tout le monde les fixait attendant le prochain coup de massue. Tous deux se tournèrent main dans la main vers l'assemblée.

-Mesdames et messieurs, avec Tanya, nous avons décidé de ne pas nous marier. Nous avons encore trop à réparer. Bien sûr, la soirée continue. Le bar et le buffet sont ouverts. Alors, amusons-nous.

Je me mordis les lèvres jusqu'à ce que je ne puisse plus retenir mon rire. Je riais si fort que j'eu le droit à des regards étonnées. On rigola derrière moi et je me rendis compte avec stupéfaction qu'il s'agissait de Tanya. Elle m'adressa le regard le plus agréable qu'il lui fut donné de m'adresser. J'ignorai si je devais voir là, l'armistice mais en tout cas, j'étais certaine que je pouvais enfin me libérer de tout cette animation. Je me sentais enfin libre. Je vis Jared m'adresser un regard approbateur alors qu'il était avachi sur le banc. J'étais aussi libre que lui quand enfin, il avait pu retrouver Robyn et tirer un trait sur cette part de sa vie.

La salle était bruyante alors que tout le monde s'amusait. On entendait rire et les gens dansaient gauchement. J'observais le spectacle adossé à un coin certaine de ne pas avoir pris autant de joie pendant un mariage qui n'en était plus un. Edward était avec Tanya sur la piste, collés et tous les deux riaient forts. A une époque, j'aurai trouvé ça déchirant. Aujourd'hui j'étais contente et presque heureuse du tournant de la journée. Je savourais la torpeur qui s'emparait de moi quand je sentis deux bras autour moi. Je fermais les yeux.

-J'ai une surprise pour toi.

Je rouvrais les yeux en tournant la tête.

-Un surprise ?

Il rit doucement. Puis, il bougea pour se mettre face à moi, tenant mes mains fermement.

-Tu restes là, et tu ne bouges pas, d'accord ?

Je hochais la tête sans trop savoir quoi en penser. Je le regardais marcher vers la scène où il grimpa. Il s'installa devant le micro.

-Bonsoir, alors, j'espère que vous vous amuser ?

Il eut droit à des applaudissements enthousiastes.

-Je dédie cette chanson à tous ceux qui aiment sans condition. A tout ceux qui sont amoureux depuis toujours d'une personne très spéciale.

Il prit place alors au piano et se mit à jouer les yeux clos. Je m'étais redressée et j'avais avancé incertaine vers la piste ou les couples avaient commencé à danser. A ce moment, je compris réellement ce que signifiait être amoureux. Ce qu'impliquait le verbe aimer et ce qui en découlait. J'avais l'impression que tout en moi aimait cet homme, que j'étais prête à passer ma vie entière avec lui et que je pourrais faire n'importe quoi pour lui. J'étais totalement et irrévocablement amoureuse de Jared. Un jour, je lui avais demander de me dire ce qu'il se passait dans son cœur en chantant. Aujourd'hui, je pouvais entendre ce qui se passait. Je pouvais entendre, que je l'avais dépouillé de son cœur, que je l'avais pour moi toute seule. Je savais que si il m'était arrivé de croire sans certitude, d'espèrer sans arrêt, aujourd'hui, je pouvais le sentir avec tellement de force que je l'aimais et qu'il m'aimait.

Après ça, il était devenu impossible de redescendre sur terre. J'avais passé la vitesse supérieur avec lui. Onze ans plus tard, c'était la même certitude qui faisait battre mon cœur. C'était toujours lui et c'était toujours moi. Il vivait sans que rien ne lui soit dicté et je crois que je prenais beaucoup de plaisir à l'immiter. J'avais vu ce que c'était d'aimer et le bonheur n'avait rien d'effrayant. C'était juste une suite logique, la résultante de lui plus moi. Edward avait surmonter avec Tanya ce qui semblait difficile à surpasser. Une rupture et une thérapie de couple plus tard, un petit garçon avait vu le jour, un soir d'été. Simon Cullen était aussi beau que sa mère et aussi taciturne que son père. Il fut acceuilli avec beaucoup de chaleur par une famille qui s'était déjà agrandit. Entre Emmet et Rosalie qui avait eut une petite fille aussi brune qu'Emmet et deux jumeux turbulant, Alice avait prit la décision d'assumer sa vie au féminin, en épousant une fille plus verçatile qu'elle.

Et il y avait la douce, Isabelle, devenue adolescente. Belle comme un cœur, douce comme un agneaux et incroyable comme ses parents. Trois ans après notre première rencontre, Agathe se retira dans une maison de retraite à la périphérique de Phoenix, la ville où elle avait toujours vécue. Jared avait enfin pu prendre son rôle de père au sérieux. Déclarant la petite et l'acceuillant au près de nous. Ce n'est que quand elle eut onze ans qu'elle me demande de l'adopter. La première personne que je suis allée voire était Robyn. Penché sur sa tombe, j'ai pleuré longuement. Me tourmantant pour tout ce qu'elle n'avait pas vécu avec Isabelle. Pour tout ce qu'elle n'aurait pas la possibilité de voir d'elle. Je lui demandais si elle voudrait que je prenne ce rôle. Je ne voulais pas qu'Isabelle oublie Robyn. Je voulais tant qu'elle continue d'être là, dans son cœur. J'avais longtemps attendue, assise sur l'herbe humide. Jusqu'à qu'une brise fasse voler des pétale autour de moi. J'avais regarder le spectacle en étant persuadé que c'était sa réponse. Je suis partie en lui faisant une promesse.

-Je prendrais soin de ta fille, Robyn. Je te le promet.

FIN

Bonjour tout le monde, Alors je crois que je vous dois des excuses. J'ai totalement disparu des écrans… Bon, pour tout dire, j'ai eu des examens ces derniers temps qui ont bouffé absolument tout mon temps libre et aussi, je dois admettre que j'ai toujours remis à plus tard la fin de Wedding Cake.

Comme vous l'aurez compris, c'est le final. Ca semble soudain. Je sais bien. Mais, j'ai écris ce chapitre et ça s'est imposé à moi. J'espère sincèrement que vous aurez aimé lire Wedding cake qui est un peu sepcial pour moi parce que j'ai écris le chapitre voilà 4 ans quand l'inspiration était trop imposante. Il n'y a donc que quelque mois que j'ai décidé de la poster et surtout de la poursuivre. C'était une fiction particulièrement passionnante à écrire.

Pour ceux qui sont interessé en dehors de Into You, il aura d'autres histoires.

Je vous embrasse, Indie-tree.