XXX CHAPITRE SEPT : NOT SO ALONE XXX
« Nos chemins se séparent ici, » annonça soudainement Edwin à la cantonade.
Raynor s'arrêta en plein milieu d'un pas alors qu'il allait franchir les portes de la ville d'Athkala. « Comment ça ? » demanda-t-il, surpris.
« J'ai dit que je ferais route avec vous jusqu'à Athkala, et nous y sommes, » fit simplement le Sorcier en s'éloignant déjà. « Nous sommes à Athkala, par conséquent je n'ai plus rien à faire à vos côtés (Voyager avec ces simiens ? Ah ! Mort de rire.) »
Sans un mot d'adieu aucun, Edwin quitta le groupe pour disparaître à un coin de rue, la dernière chose visible du mage étant un claquement de sa robe écarlate.
« Il va vers l'ouest, » remarqua alors Keldorn. « Il se dirige vers les docks. »
« Parfait, c'est l'information la moins utile de la journée, » grogna Anomen. « Comme si nous allions courir après ce mage pour lui demander son aide. »
Raynor agita la main. « Laissez tomber. Venez, allons aux Bas-Quartiers, ça fait longtemps que je n'ai pas vu Bernard. Peut-être qu'il aura une chambre de libre pour nous. »
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Poussant la lourde porte aux lattes vermoulues de l'auberge La Couronne de Cuivre, Raynor se vit obliger de s'asséner deux claques pour détourner son esprit de l'odeur puante qui stagnait dans tout l'établissement. Derrière lui, Keldorn et Anomen firent de même, clignant des yeux plusieurs fois.
La grande pièce rectangulaire, au sempiternel éclairage défectueux et faible, n'avait pas beaucoup changé depuis le dernier passage de Raynor à Athkala – bien que ce dernier fut bref. Quelques tables en bois rondes étaient éparpillées ça et là, et au centre brûlait un foyer sur lequel grillait un porc – ou était-ce un mouton ? – entier. Au-dessus de toutes les tables les mouches voletaient, parfois se posant sur un steak mal cuit, parfois prenant place sur des vêtements crasseux.
Raynor savait que la porte en face de l'entrée menait aux cellules des esclaves ainsi qu'aux arènes de paris, et l'escalier du fond donnait sur quelques chambres à coucher. A côté de l'escalier, le comptoir, derrière lequel on ne pouvait jamais trouver Bernard, le tenancier. L'homme grassouillet préférait trottiner dans la salle et observer les clients plutôt que de les attendre derrière le bar, jouant occasionnellement avec un pan déchiré de sa veste qui, à l'origine, devait être vert pomme.
Raynor finit par apercevoir le tavernier, penché au-dessus d'une table, et en grande discussion avec deux ivrognes demi-orcs. Non loin derrière, le rôdeur reconnut Hendak, le guerrier nordique réduit en esclavage qu'il avait secouru il n'y avait pas deux mois. L'humain, assis sur les premières marches de l'escalier, aiguisait une dague à l'aide d'une lime.
Le fils de Bhaal se préparait à aller à la rencontre de Hendak quand une forme blanche courut vers le groupe. Raynor reconnut non sans difficultés un paladin, ou du moins un apprenti à en juger par l'armure branlante. « Sir Anomen ! » s'écria le jeune homme. « Je vous ai enfin trouvé ! »
Delryn cligna des yeux. « Teri ? Mais que fais-tu ici ? Se passe-t-il quelque chose à l'Ordre ? » demanda-t-il précipitamment.
Le dénommé Teri secoua la tête. « L'Ordre va bien, Sir Anomen, mais ce n'est pas le cas de votre famille ! Vite, vous devez venir avec moi ! C'est un malheur, un grand malheur ! »
Anomen insista, mais le garçon ne dit pas un mot de plus pour éclairer cette histoire. C'est donc anxieux qu'il se tourna vers Raynor. « Je vais aller à ma demeure, dans le district du gouvernement, pour éclairer cette affaire. Je ne serai pas long. »
« Prends tout ton temps, Anomen, nous ne bougerons pas de cette ville, » assura Raynor.
Le chevalier hocha la tête et s'éloigna, suivant Teri d'un pas pressé. Ce ne serait pas gentil de dire « bon débarras », mais ce serait hypocrite de dire « quel dommage », sourit intérieurement Raynor. Il les connaissait bien les soi-disant problèmes des chevaliers.
Il leva la tête ; Bernard était occupé à servir quelques clients. Il décréta que la meilleure façon d'attirer ce dernier serait de s'asseoir à une table – pas trop collante ni tâchée – et de laisser le flair naturel du tenancier pour détecter des clients le mener jusqu'à eux.
C'est ainsi que Raynor se retrouva assis sur une chaise vacillante, les coudes posés sur la table devant lui, à observer la salle qui fourmillait d'activité. Des serveuses passaient devant lui, et il avait d'ici une très belle vue de l'arène dont la porte était fièrement gardée par Burly, un humain qui aurait pu rivaliser avec Minsc au niveau de la taille comme de la force.
Un bruit sourd attira l'attention du fils de Bhaal. Non loin de l'arène, deux nains semblaient se chamailler avec ardeur. L'un d'eux, dont la barbe et les cheveux blancs étaient tressés en de minces nattes, criait en langage nain et donnait l'impression d'insulter à profusion son camarade. La balafre qui zébrait son visage et la hache à double tranchant qu'il brandissait aurait suffi à dissuader Raynor de le combattre, malgré l'apparence assez faible de son armure de mailles, mais ce n'était apparemment pas le cas de son camarade.
Le second nain était assez grand, même pour la moyenne de ses pairs. Lui aussi parlait en son langage natal, mais malgré le fait qu'il haussait le ton Raynor avait l'impression qu'il tentait de calmer son compagnon. De là où il était, il ne pouvait pas voir grand-chose excepté les cheveux et la barbe rouge flamboyant, presque à l'identique des siens, tressés en une natte solide maintenue par deux anneaux d'or. Son armure grise et or laissait deviner un corps solidement bâti, et ajoutée aux deux haches surdimensionnées qu'il portait dans le dos, Raynor put déduire qu'il s'agissait d'un guerrier – bien qu'il ne portât pas de casque.
Autre fait étrange ; Raynor sentait qu'il connaissait ce nain. Pas de vue, pas de renommée, mais par un procédé assez abstrait qui relevait presque de l'intuition psychique. Raynor avait l'impression qu'il savait tout de ce nain. Exactement la même impression que lorsqu'il se retrouvait en face d'Imoen.
Se pourrait-il… non c'était impossible.
Raynor grogna et tendit la main pour attraper sa chope de bière qui n'existait pas. En le réalisant il grogna une seconde fois.
« Tu as vu, Raynor ? » dit alors Aerie joyeusement. « Ce nain, là-bas, a les mêmes yeux et la même couleur de cheveux que toi ! C'est drôle, non ? »
Comment ça les mêmes yeux ? Raynor se rappela alors que les elfes possédaient une très bonne vue, il n'était donc pas étonnant qu'Aerie puisse discerner la couleur des yeux du nain même dans cette pièce mal éclairée. Et puis, depuis quand Aerie savait-elle exactement quelle était la couleur de ses yeux ? Tout cela devenait bizarre.
« Oui, Aerie, c'est… drôle, » dit-il en forçant un sourire.
Il n'eut pas le temps de dire plus. Le nain énervé avait finalement décidé de partir et s'était brusquement retourné. Alors qu'il s'éloignait de son confrère, il n'avait pas aperçu Raynor qui se tenait assis là ; le rôdeur se retrouva sur le sol plus rapidement qu'un dragon grille un poulet.
Aussitôt, une main attrapa le poignet de Raynor pour l'aider à s'asseoir. Il s'attendait à voir Minsc ou Keldorn, mais en ouvrant les yeux le rôdeur tomba nez à nez avec le nain aux cheveux rouges. D'ici, il pouvait constater que la couleur de ses yeux était bien d'un bleu profond et sombre. « Veuillez excuser mon camarade, » dit-il alors de la voix grave caractéristique de son espèce. « Il ne sait pas trop ce qu'il fait quand il s'énerve. »
« Oh, aucun problème- » commença Raynor.
« Comment ça, je ne sais pas ce que je fais ! » hurla presque le nain aux cheveux grisâtres. « Dis tout de suite que je suis un moins que rien ! Que je ne sais rien faire ! »
« Ce n'est pas ce que j'ai dit et tu le sais très bien, Korgan, » grogna le nain plus grand en aidant Raynor à se relever complètement. Le rôdeur se rendit compte que ce dernier lui arrivait à l'estomac. « Arrête de déformer ce que je dis. »
« Je ne déforme rien, tu le penses ! Khaan, si c'est ma hache dans la tête que tu cherches, je te jure que- »
« La ferme ! » aboya le dénommé Khaan.
« Non, toi la ferme ! Et si tu ne la fermes pas je vais te renvoyer dire bonjour à papa Bhaal dans l'Enfer où il doit être ! »
Raynor se figea. Avait-il entendu correctement ? « Bhaal… ? »
Khaan soupira. « Korgan, je t'ai déjà dit qu'il n'était pas nécessaire d'annoncer à tout Féérune l'identité de mon père. »
« Et pourquoi pas ? Moi, si j'étais un demi-dieu, je le crierais sur tous les toits ! » fit Korgan.
« Mais pas moi ! » Khaan se tourna vers les six compagnons. « Désolé s'il vous a fait peur, enfin je veux dire, vous êtes sûrement au courant pour les enfants de Bhaal, et il se trouve que je suis l'un… d'eux. »
A la surprise du nain, Aerie attrapa la main de Raynor. « Tu vois, Raynor, tu vois ! Je t'avais dit qu'il te ressemblait ! Il est trop beau pour ne pas te ressembler ! Euh, je veux dire… » Réalisant à contretemps son erreur, Aerie rougit violemment alors que Khalid et Keldorn riaient sous cape.
Khaan, pour sa part, était confus. « Que voulez-vous dire ? »
Le rôdeur de ChateauSuif tendit la main. « Raynor, rôdeur. Fils de Bhaal également. »
Khaan écarquilla les yeux et en oublia presque de serrer la main offerte.
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Khaan et Raynor étaient assis près des escaliers ; le nain tenait une pipe de bois à sa bouche, exhalant de temps à autres la fumée d'un air pensif. « C'est pas croyable, je ne pensais pas qu'il existait quelqu'un d'autre… enfin je veux dire, un rejeton de Bhaal… qui ne soit pas maléfique, » dit-il.
« Je le pensais aussi, après toute cette histoire avec Sarevok. »
« Ah oui, j'ai entendu pour cette affaire, » dit Khaan en hochant la tête. Il acquiesça en formule de bienvenue quand Khalid vint prendre place à côté de Raynor sur les marches en bois. « Sombre, sombre affaire. Et à mon avis ce ne sera pas la dernière. »
A ce moment Korgan trottina vers les escaliers et poussa les trois compagnons avec peu de cérémonie. « Pardon, pardon, poussez-vous, » grogna-t-il joyeusement comme seuls les nains savent le faire.
« Où cours-tu si vite, Korgan ? » s'enquit Khaan.
L'interpellé tourna un grand sourire goguenard vers le nain. « La druide, là, l'tavernier m'a dit c'était laquelle sa chambre, » fit-il avant de grimper le reste des escaliers.
Khaan secoua la tête. « Je n'en ferai jamais rien… seul l'or et les femmes l'intéressent celui-là, » soupira le frère de Raynor. « Je croyais que ça allait lui passer, mais à chaque fois qu'on s'arrête c'est pareil. Désolé qu'il jette son dévolu sur ta partenaire. »
« Oh, ce n'est pas vraiment à moi qu'il faut dire ça, » sourit Raynor en remarquant du coin de l'œil que Khalid était en train de bouillonner.
Khaan fronça les sourcils et allait demander une explication quand Khalid se leva, feignant la fatigue. Il grommela quelque chose ressemblant à « Bonne nuit » et monta les escaliers en direction des chambres. Une fois le demi-elfe hors de vue, Raynor se laissa aller à rire. « C'est à moi de m'excuser, Khaan ! Tu risques de retrouver Korgan dans un état pitoyable. »
« Comment ça ? » s'étonna le nain.
« Jaheira, la druide dont il parle, et bien elle est mariée, » sourit le rôdeur. « J'aime autant te dire que Korgan va sentir par où ça passe. Quand Khalid s'y met, on oublie vite les bégaiements et le petit air confus. »
Khaan cligna des yeux. « La druide ? La demi-elfe grande et confiante aux répliques acérées ? Mariée au guerrier qui bégaie comme ça devrait être interdit ? Tu me fais marcher. »
« Nous sommes à Amn, mon ami. Il faut s'attendre à tout. »
Khaan émit un rire grave et bourru, et leva sa chope pour trinquer avec Raynor. Avant que les deux parois de verre ne s'heurtent, toutefois, il y eut un grand bruit à l'étage. On entendit des pas de course lourds, quelques cris, un grand coup résonnant, puis… plus rien.
Raynor poussa un long soupir avant de se lever, étirant ses bras. « Dix pièces d'or que c'est Khalid que l'on va retrouver étalé au sol, » bailla-t-il.
« Tenu, dix pièces d'or que c'est Korgan, » renvoya Khaan, qui pour sa part était déjà en haut de l'escalier.
En quelques enjambées lestes, Raynor eut vite fait de rattraper son frère dont les jambes trapues mais courtaudes ne pouvaient rivaliser avec celles, plus longues et plus rapides, de l'humain. Ils atteignirent ensemble la chambre depuis laquelle s'était échappé le cri et s'arrêtèrent dans l'embrasure.
A leur grand étonnement, ils ne trouvèrent ni Korgan, ni Khalid étendu au sol, mais bien Minsc. Le rôdeur géant était allongé de tout son long et de tout son poids sur le plancher, immobile. En s'approchant un peu plus, Raynor se rendit compte que le guerrier Rashemi était simplement endormi.
Le rôdeur aux cheveux écarlates se massa une tempe en soupirant. « Je ne vous ferai pas l'affront de demander ce qui a bien pu se passer… » Il leva la tête vers Jaheira et Khalid, qui se tenaient le plus proche de la porte. Du coin de l'œil, Raynor entrevoyait Aerie qui avait l'air à bout de souffle et un peu terrifiée ; à ses côtés, Keldorn la soutenait du mieux qu'il pouvait.
Ce fut Jaheira qui commença à relater l'histoire. « J'attendais Khalid alors j'ai laissé la porte ouverte, » dit-elle, les sourcils froncés. « Je n'ai pas vu tout de suite Korgan entrer, mais je m'en suis vite rendue compte quand Minsc est entré à son tour. »
« Ce sale nain, » grogna Khalid entre ses dents.
« Dame Aerie et moi-même étions juste derrière Minsc, » ajouta Keldorn. « Korgan et Minsc donnaient l'impression de se connaître. »
« Et ce qui devait arriver arriva, » acheva Jaheira. « Nain et humain se sont emballés, ont haussé la voix, et ce stupide Korgan a eu l'excellente idée de se mettre à insulter la mémoire de certains compagnons défunts. »
Raynor avala sa salive. « Tu veux dire… ne me dis pas que Korgan l'a insultée, elle, en présence de Minsc ? »
« En présence armée de Minsc. »
Raynor ne se retint pas cette fois-ci ; il se gifla. Par tous les feux de Kossuth, qu'est-ce qui avait poussé Korgan à cracher sur la mémoire de Dynaheir en face de Minsc ? Déjà sans colère, le rôdeur du Rashemen pouvait faire des dégâts incroyables, mais avec… Raynor ne serait pas surpris si on lui annonçait que Korgan avait été frappé si fort qu'il avait disparu.
Il s'éclaircit la voix. « Et que s'est-il passé ensuite ? »
« Korgan a trouvé une brèche et a filé, pendant que Aerie a endormi Minsc, » continua Jaheira. « D'ailleurs, je n'ai jamais vu personne jeter un sort aussi vite. »
« Bon écoutez, » soupira Raynor. « Il est tard, on a encore beaucoup de choses à voir, à faire, alors tout le monde va se coucher illico et je ne veux aucune histoire. On discutera de ça plus tard, avec du recul, sans ça je sens que des têtes vont tomber. »
Personne, même pas Keldorn et son courage légendaire, n'osa contrer le rôdeur furieux en disant que Korgan était le seul fautif.
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Une bête. Un monstre horrible le regardait.
Il tenait de tout : il avait la silhouette d'un démon, une peau rouge comme si elle était enflammée, toute hérissée de pics longs comme des lances, et noirs comme l'enfer. Ses quatre membres, longs et désarticulés, se terminaient en quatre griffes acérées grosses comme un avant-bras humain. De ses deux coudes jaillissaient des lames arquées, les répliques mêmes de celles qui lui sortaient des genoux.
Les huit yeux jaunes le fixaient, à la fois transis et inquisiteurs. Raynor n'osait plus respirer, de peur que le monstre ne le voit et ne décide d'en faire son déjeuner. L'humain ne pouvait détacher son regard de la gueule entrouverte, où il pouvait apercevoir quatre rangées de crocs gros comme le poing, et des canines tout aussi surdimensionnées. D'un coup de mâchoire, Raynor savait qu'il pouvait être coupé en deux.
Après quelques secondes d'immobilité, l'humain bougea légèrement la tête sur le côté. A sa grande surprise, le monstre fit de même, ne le quittant jamais des yeux tout comme Raynor ne le quittait jamais des yeux. Le rôdeur sentait son cœur qui tambourinait contre ses côtes comme s'il voulait fuir, fuir loin de cette abomination. Il exhala un soupir, et se figea quand le démon poussa un léger grognement.
Tentant le tout pour le tout, Raynor esquissa un pas en arrière. De nouveau, le monstre fit de même, et le rôdeur réalisa alors que quelque chose allait mal. Très mal. Presque à contrecoeur, et en même temps poussé par une volonté morbide, Raynor baissa les yeux.
Il cria, mais ce fut un rugissement qui se répercuta entre les murs qui étaient peut-être inexistants. Raynor n'en savait rien ; pour l'instant, il fixait ses mains, ses dix doigts réduits à huit longues griffes, ses paumes lisses transformées en creux écailleux où reluisaient des pics couleur ébène. Ses yeux remontèrent, encore et encore : une peau rouge feu, des lames sortant des coudes, des genoux…
Mais qu'était-il ? Que s'était-il passé ? Pourquoi ! Pourquoi était-il la bête !
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Avec un cri, Raynor s'éveilla.
