Deux dans la foulée, on vous le garantit cela ne durera pas forcément. Mais voilà, on n'est pas resté uniquement sur la plage à bronzer, on a fait tourner nos petites méninges pour fournir une histoire qui tienne la route, hein !
Voili, sans plus attendre la sweeet ! enjoy !
La Fête du Solstice (part 2)
Cité d'Eel, dans la soirée
Nous croisâmes Keroshane en pleine discussion avec Leiftan et une femme à plumes que je ne connaissais pas. Duncan s'excusa pour aller voir la personne en question tandis que je m'avançais vers les garçons. Mon compagnon de balade s'éloigna avec la vieille harpie et je profitais de ce moment de flottement pour entamer la discussion. Leiftan fut interpellé par une jeune femme à moitié serpent avec qui il parla un moment. Je me retrouvais seule avec Kero, non pas que ça me dérangeais, mais sur le moment je ne savais pas trop quoi dire. Il me complimenta sur ma tenue, fronçant néanmoins les sourcils en voyant mes oreilles, mais il était bien trop poli pour faire la remarque. Nous fîmes quelques pas, nous éloignant un peu de Leiftan et de la jeune femme. Puis, la licorne me félicita pour ma participation à la soirée et tenta de me rassurer sur un point :
« Tu verras, maintenant que tu as prouvé ta valeur, en quelques sortes, les gens ne te regarderont plus de travers.
-C'était vraiment déstabilisant ! On aurait dit que j'avais tué quelqu'un…
-Mais non ! Tu exagères ! C'est vrai que les humains sont mal vus à Eldarya, mais Miiko a bien fait les choses.
-C'est-à-dire ?
-Tu n'es pas humaine.
-Si.
-Enfin oui, en grande partie, mais tu as du sang de Faeries, ahah ! bredouilla-t-il avec un rire nerveux. Ce que je veux dire, c'est qu'elle a fait en sorte de mettre en valeur ou si tu préfères, d'insister sur cette information tout à l'heure.
-C'est vrai, d'ailleurs cela m'a un peu étonnée de sa part. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me présente comme ça.
-Elle l'a fait pour ton bien, pour que tu puisses t'intégrer plus facilement. Elle a bien compris que cela ne venait pas de toi.
-Comment ça ?
-Elle sait que tu es gentille et que tu veux bien faire, tu l'as d'ailleurs démontré ces trois derniers jours. Elle le sait et elle sait aussi que les gens ont un peu de mal avec ce qui vient de l'extérieur ou ce qu'ils ne connaissent pas. Alors, elle t'a donné un coup de pouce. Pour que les gens puissent t'accepter telle que tu es. »
Je réfléchissais aux paroles de Kero et je ressentais de plus en plus de sympathie pour la Kitsune. Il faudrait que je la remercie dès que j'en aurais l'occasion. Alors que je regardais pensivement le sol, je vis une ombre sinistre se déplacer vers Kero. La forme terriblement familière aux huit pattes me fit frissonner et je levais prestement les yeux vers le Brownie pour voir un monstre gigantesque se glisser derrière lui, prêt à attaquer, la bouche grande ouverte sur une rangée de crocs acérés. Ses six yeux d'un noir de jais brillaient d'une lueur mauvaise, fixant sa proie sans défenses. L'espèce d'araignée géante dirigea deux de ses membres en direction du cou de Keroshane. J'allais hurler, et Kero me voyant paniquer se retourna, frissonnant à son tour, mais ce fut trop tard. La créature entoura ses bras autour de lui et l'emprisonna.
« Kero-choouuu ~~ !
-Oh ! C'est toi, ma chérie? Tu m'as fait peur !
-Désolée mon lapin, c'était trop tentant ! Tu m'as tellement manqué !
-Tu m'as manquée aussi ! »
Je faillis tomber tellement je fus surprise, mais l'on me rattrapa. Je regardais mon sauveur et eus un brusque mouvement de recul, cherchant à me dégager. Je tombais sur les fesses, terrorisée. La chose qui m'avait retenue à l'instant tendit un bras osseux –au sens littéral, c'est-à-dire dépourvu de chair- vers moi, fronçant des sourcils imaginaires.
« Bah alors ? On tient plus d'bout ? lança la chose avec un air moqueur sur le visage –absent, vu que c'était un crâne d'os. On croirait que t'as vu un revenant ! Allez attrape ma main, fillette ! Je le dévisageais, incapable de bouger ou parler. Ce fut Kero qui me releva et je m'accrochais à lui de toutes mes forces. Le squelette m'observa en se grattant le crâne, un air interrogateur dans ses orbites vides.
-Ben qu'est-ce qu'il lui arrive ? Elle a perdu ses os qu'elle est mollasse comme ça ? J'peux p'têt' lui en prêter un peu ? plaisanta-t-il en déboitant son radius et en le tendant vers moi.
- Arrête un peu Soren, tu vas lui faire peur, le réprimanda la licorne.
- Je crois que c'est d'jà fait ! affirma-t-il avec un sourire entendu, me gratifiant d'un clin d'œil. Mais t'inquiète biquette, chuis pas méchant, dit-il à mon intention.
-Mon chéri, c'est qui cette fille ? interrogea la femme araignée, tentant de cacher son mécontentement, haussant un sourcil légèrement agacé dans ma direction.
-Oh, c'est vrai tu n'étais pas là tout à l'heure. Il s'agit de Sylfe, une amie. Elle est très gentille tu verras ! lui répondit Kero, me souriant avec bienveillance.
- Quelle genre d'amie ? grinça la jeune femme avec suspicion, ses sourcils tiquant d'impatience.
- AHAHAHAH ! Ma p'tite Poison Yvi, la jalousie te sied très mal ! s'amusa le squelette dans un éclat de rire. Allez viens-là, petite, ces deux-là ont plein de choses à se dire » continua-t-il en enroulant son bras autour de mes épaules, m'écartant des deux tourtereaux.
Il m'avait éloignée du couple –détonant, il fallait bien l'avouer- que formaient Keroshane le Brownie Licorne et Yvelnis la Rachnéra dont le corps velu rappelait celui des araignées-loup. A observer par-dessus mon épaule la créature, je frissonnais de dégoût, mon aversion pour ces petites bêtes refaisant surface. Arachnophobe un jour, arachnophobe toujours. Alors imaginez ces choses immondes à taille d'homme ! /(TAT)/ Déjà qu'une mygale m'aurait tuée sur place rien qu'en la voyant, alors une femme à l'abdomen démesuré couvert de poils supporté par huit énormes pattes articulées se terminant par deux petits crochets à chaque fois et c'est la rigidité cadavérique assurée au premier coup d'œil. Surtout qu'elle ne semblait pas hyper accueillante. M'enfin, le dénommé Soren m'assura que ce n'était pas dans le caractère de la Rachnéra et qu'elle était en réalité plutôt réservée voire un peu timide. Mais quand il s'agissait de défendre ses affaires –autrement dit Kero, pour faire simple- elle était impitoyable.
La surprise passée, je pus observer avec plus d'attention l'être dépourvu de chair qui me faisait la conversation. Un squelette mut par je ne sais quelle magie, voilà ce qu'il était. Il avait revêtu un costume de mon monde, soit petite chemise blanche ouverte sur son sternum aux manches retroussées sur ses avant-bras osseux et un pantalon de smoking. Un petit nœud papillon sobre venait compléter le tout, bien que détaché. Toute son ossature était recouverte par des motifs tribaux, sortes de tatouages creusés à même l'os. Pour un squelette, simple crâne blanc et poreux, je le trouvais très expressif. Comme nous bougerions nos muscles, il parvenait à « remuer », si je puis dire, ses os avec souplesse, fronçant les arcades, haussant les orbites, souriant, sifflant… tout un tas de mimiques et d'expressions en temps normal impossibles sans un minimum de muscles ou de zygomatiques.
Dans l'ensemble, il était plutôt avenant. Il eut même la gentillesse de m'offrir un verre d'hydromel à l'un des stands. Je le remerciais et nous nous assîmes un peu plus loin pour discuter. Il adorait plaisanter et jouer sur les mots. Je le voyais vider son verre à grands traits, me demandant où le liquide doré pouvait bien disparaître, sans doute absorbé par une espèce de trou noir invisible derrière ses dents. Il était très tactile et enjoué et j'en oubliais presque sa nature. Par curiosité, je lui demandais ce qu'il était exactement et il me répondit faire partie des derniers spécimens « vivants » d'Ahkiyyini. Des êtres maudits qui autrefois avaient une apparence humaine. Des immortels dont on ignorait tout et qui eux-mêmes ne se souvenaient pas de leur vie d'avant. Cela semblait tellement invraisemblable, mais après ce dont j'avais été témoin, peu de choses pouvaient encore m'étonner.
Une jeune femme à la peau bleutée et à la longue chevelure blanche, légèrement ondulée au niveau des pointes, s'approcha de nous un air enjoué sur le visage. Elle était très jolie malgré ses yeux à la sclère noire. Ses iris dorés fixaient Soren d'un air gourmand. Le squelette s'interrompit net en voyant la jeune femme, lui rendit son sourire d'un air complice, se leva et dans une courbette exagérée, tendit son bras vers elle. Je l'entendis glousser, accordant sa main à l'Ahkiyyini qui s'empressa d'y déposer un baisemain théâtral du bout des dents. Tenant toujours la main bleutée entre ses phalanges, le squelette charmeur haussa des arcades se voulant séductrices, complimentant la belle sur sa tenue, dont une écharpe assortie à la robe venait cacher son cou. A mesure que le tas d'os déclamait quelques vers, je voyais la jeune femme rougir –ou plutôt bleuir- de plaisir, s'amusant des bêtises de son interlocuteur. Interrompant Soren dans sa sérénade surjouée, elle lui demanda si j'étais la jeune humaine dont tout le monde parlait. Sans se vexer, l'Ahkiyyini acquiesça et nous présenta. La jeune femme en question, dénommée Raven, était l'ancienne Chef de la Garde Obsidienne.
Il m'apprit aussi, qu'après lui-qui devait avoir plus de 1000 ans-, Raven était la personne la plus âgée du QG avec ses presque 666 ans. Elle était assez rigolote et j'avais du mal à imaginer qu'elle fut un jour à la tête des Obsidiennes. Elle était très accessible et nous discutâmes comme si nous étions de vieilles amies, car malgré son grand âge elle avait l'apparence d'une jeune fille à peine plus âgée que moi. Nous formions un trio très enjoué où les discussions et les plaisanteries allaient bon train. Ils s'amusèrent à me raconter quelques anecdotes plus ou moins embarrassantes sur quelques habitants du QG, insistant sur les débuts terribles d'une petite Miiko tyrannique ou sur l'entrée conjointe dans la Garde-assez improbable- d'un vampire et d'un elfe bleu. Petite curieuse que j'étais, je ne pus m'empêcher de demander :
« Oh ! Mais alors vous devez sûrement connaître Valkyon ?!
-Si elle connaît Valkyon ?! s'offusqua Soren, désignant sa comparse du pouce. Elle l'a quasiment élevé comme si c'était son propre fils ! » lâcha-t-il comme si c'était l'évidence même.
Je le fixais, interdite. Comment j'aurais pu le savoir ? Puis je regardais la jeune femme partir dans un éclat de rire, bientôt accompagnée de l'Ahkiyyini. Tout deux se tordaient de rire, se tenant les côtes. Puis se redressant, le squelette essuya une petite larme au coin de son orbite creuse.
« T'en as de bonnes, toi ! Bien sûr qu'on le connaît, tout le monde le connaît ! C'est le nouveau chef de la Garde Obsidienne, forcément qu'il est connu… Bon, pas pour ses tirades à rallonges, je te l'accorde, mais quand même.
-Comment jpouvais savoir !? rétorquais-je presque vexée.
- Ne le prends pas mal, petite Sylfe, c'est juste que ta question était tellement spontanée et sincère que ça nous a fait rire, excuse-nous, me rassura Raven. Je dois bien t'avouer ne pas être souvent confrontée à pareille question, vu qu'il est de notoriété publique que j'ai élevé Val depuis qu'il est enfant. Et crois-moi que ça n'a pas été facile tous les jours. Il peut paraître un peu difficile à discerner, même pour moi, mais tu peux me croire, c'est le plus gentil des enfants !
-Tu dis ça comme s'il avait toujours trois ans… Jte rappelle qu'il en a presque le décuple ! la reprit Soren.
-Oh beh euh ! C'est pas de ma faute s'il vieillit comme un humain normal, hein !
-Je crois surtout que pour des êtres comme nous, 30 ans c'est rien… déplora le squelette. ¯\_(- _-)'_/¯
-27.
-27 si tu veux, mais c'est pareil. Pour nous c'est comme si c'était hier… »
Je les vis partir dans une discussion où je n'y entendais rien, m'oubliant un peu au passage. Je n'osai pas les rappeler à l'ordre et les laissai divaguer. Pris par leurs échanges, ils se déplacèrent en marchant et je pouvais observer Soren gesticuler pour s'expliquer. Je restais alors assise sur mon banc, cherchant des yeux mon petit Duncan qui avait disparu je ne sais trop où avec Gia. J'étais un peu dépitée et je ne savais pas trop quoi faire. Je sirotais mon fond d'hydromel en regardant sans voir les gens qui passaient devant mes yeux. Il commençait à faire frais et je me mis à contempler le ciel se parsemant d'étoiles. Comme je l'avais supposé lors de mon séjour sur le bateau, les constellations étaient les mêmes que dans mon monde. Je soupirais et baissais les yeux sur mon verre vide. Je le posais à côté de moi, fixant de nouveau le ciel avant de fermer les yeux, la tête reversée vers l'arrière.
Une voix me tira de mes pensées et j'ouvris les yeux sur un Leiftan, tout sourire. Il s'excusa de n'avoir pu m'accorder son attention au moment où je les avais rejoints avec Kero. Nous entamâmes la conversation lorsque la musique changea soudain de rythme, passant de balades paisibles à quelque chose de beaucoup plus entraînant. Un sourire aux lèvres, Leiftan me tendit sa main, m'invitant silencieusement à être sa cavalière. J'hésitais un moment, me demandant si je connaîtrais les pas de danse de ce monde. Mais j'acceptais car cela semblait lui faire plaisir et que j'avais envie d'essayer pour voir. Bien sûr, c'était loin d'être aussi rock'n'roll que les concerts de mon guitariste d'ex, mais la musique avait envahit mon corps et je commençais à dansoter en marchant jusqu'à la piste. Aux percussions, quoi de plus normal de retrouver un Soren qui se déchaînait comme un fou sur ce qui ressemblait à une batterie préhistorique. De temps à autres, je le voyais faire voltiger ses radius qui lui servaient de baguettes, agrémentant la musique de notes directement jouées sur lui-même : il passait ses doigts ou ses radius sur ses côtes découvertes– il avait ouvert sa chemise- et des sons semblables à ceux que produisaient les xylophones nous parvenaient.
Mon cavalier attrapa ma main, plaçant la sienne dans mon dos et nous commençâmes à danser. Bon d'accord, j'avoue, c'était loin d'être aussi fun, c'était même un peu vieillot et ringard, mais bon c'était sympa quand même. En plus, Leiftan se trouvait être un excellent danseur, me faisant valser à la vitesse de l'éclair. Les pas n'étaient pas compliqués à comprendre et même s'il m'en montrait de nouveaux, je suivais sans trop de difficultés. De nombreux autres couples se lancèrent sur la piste et la musique s'accéléra, changeant d'air. Je m'amusais comme une petite folle, le blond me faisant tournoyer comme le feraient les danseurs de salsa. Et c'était loin de me déplaire. Etant par définition quelqu'un qui ne pouvait pas vivre sans musique pas plus que s'empêcher de danser dès que j'en avais l'occasion, c'était juste parfait. Un bon défi à relever pour ma souplesse.
Des spectateurs battaient en rythme la musique, tapant des mains pour accompagner les musiciens qui se démenaient autant que nous. Syliale et Karenn affichaient un air radieux, jouant frénétiquement de leurs cordes pour suivre Soren qui imposait le tempo. Puis le public se mit à entonner les paroles dans une langue que je ne connaissais pas, mais c'était assez joli à entendre. Les musiciens enjoignaient les gens à chanter de plus belle, se déplaçant parfois devant les enfants dont les yeux émerveillés traduisaient la joie de se trouver si près de ces « stars ». Je vis des petits s'amuser à faire une ronde désordonnée et à danser du mieux qu'ils pouvaient, ce qui donnait lieu à un joyeux bazar. Les rires et les gazouillis des enfants égayèrent la soirée. Leiftan continuait de me faire danser, infatigable, sur les basses endiablées de l'Ahkiyyini.
Il était presque minuit et toutes les activités avaient momentanément cessé. Tout le monde s'était rassemblé au centre du terrain d'entraînement sur l'ordre de Miiko. Toujours au bras de mon cavalier, je traversais la foule sans problème, les gens s'écartant pour nous laisser passer. Arrivés sur place, Leiftan prit congé et s'avança vers la Kitsune. Les trois autres chefs de garde ainsi que Jamon les rejoignirent pour faire une nouvelle annonce. Ce coup-ci, ils nous invitèrent à nous rendre à la plage pour une petite surprise. Les gens savaient pertinemment de quoi il retournait, contrairement à moi. Mais ce n'était pas gênant, j'aimais bien l'idée de la surprise justement. Alors comme tout le monde, je suivis les chefs de Garde vers la plage.
Je regardais les enfants courir au devant des chefs de Garde, mais ceux-ci leur demandèrent de rester derrière. Jamon attrapa deux petits garnements qui lui tournaient autour et il en plaça un sur chacune de ses larges épaules au plus grand plaisirs des enfants. Nevra les chassait sans vergogne au contraire d'un Ezarel qui ne leur prêtait même pas attention. Quant à Valkyon, il venait de relever une petite fille qui avait trébuché dans la pénombre et qui pleurait, dont la mère avait accourut en vitesse pour la récupérer tout en remerciant le militaire. La belle Miiko, radieuse au bras de Leiftan, semblait ravie du bon déroulement de la soirée et conversait avec le blond. J'étais en train de me dire qu'il formerait un beau couple ces deux-là.
Ce fut Ykhar qui me sortit de mes pensées et commença à discuter avec moi. Elle m'amusait à être essoufflée comme ça à force de courir après tout le monde. Cela me faisait plaisir de la retrouver, n'ayant pas eu l'occasion de lui parler de la soirée. Les tresses qu'elle s'était faite la rendaient encore plus mignonne que d'habitude, accentuées par la petite robe beige en daim qu'elle portait et dont les franges volaient au vent. On aurait une petite indienne dont les oreilles de lapin remplaçaient les plumes. Bien sûr, j'imaginais qu'elle n'en avait pas conscience puisqu'elle n'avait sans doute pas la référence. Je lui faisais le compte rendu de ma soirée comme elle me l'avait demandé, quoique je m'amusais à le faire de façon laconique comme s'il s'agissait d'un rapport officiel. Cela la fit rire et elle me donna un petit coup de coude entre les côtes pour que j'arrête de me moquer d'elle.
Arrivés à la plage, les habitants du QG se tassèrent sur le sable ou sous les arbres qui poussaient sur le petit carré d'herbe. D'autres s'étaient assis dans les escaliers de pierres. J'avais reconnu Duncan qui se tenait derrière sa sœur, l'enserrant dans ses bras, posant son menton sur son crâne. J'avais aussi repéré Eweleïn, la tête posée sur l'épaule de son compagnon qui avait passé un bras dans son dos. Kero et Yvelnis, main dans la main ou même Soren et Raven, accrochée à son coude. Les enfants sur les épaules, les couples enlacés, les amis agglutinés… c'était vraiment convivial. Je voyais des ombres se profiler un peu plus loin, là où d'ordinaire l'eau venait lécher le sable. La marée avait fait retirer l'océan un peu plus loin que d'habitude et je soupçonnais les alchimistes d'avoir un peu bidouillé de leur côté. Ykhar confirma mes hypothèses en m'expliquant la présence d'une barrière magique pour éviter que les animateurs ne soient pris par surprise par la mer. Comme Amaurus –le plus grand des satellites d'Eldarya- brillait d'une lueur vive, nous étions tous descendus sans éclairage aucun. C'est alors qu'Ezarel, grand absent de la soirée, se fit remarquer. Une torche à la main, l'Elfe se tint devant nous et entama un bref discours. Il nous remercia de notre présence, s'inclina, recula de quelques pas et planta le bout enflammé de la torche dans le sable.
Comme en réponse à ce geste, je vis une traînée rougeoyante parcourir le sol à toute vitesse arrivant près d'un petit monticule. La première fusée décolla pour venir éclater très haut dans le ciel dans un bruit de tonnerre. Les plus jeunes hurlaient tandis qu'on applaudissait les retombées de la première fleur de feu. Les artificiers lancèrent les suivantes, et le spectacle put enfin commencer. C'était littéralement une explosion de couleurs et de formes que nous offraient les artificiers. Le sol tremblait sous nos pieds à chaque détonation, ce qui me ravissait. C'était magnifique. Bien que semblables à ceux de mon monde sur le principe, ces feux d'artifices avaient quelque chose de féérique, à l'instar de ceux de Gandalf pour l'anniversaire de Bilbõ. Des animaux qui bougeaient dans le ciel, des familiers mis en scène, des petits sketchs qui faisaient rire enfants et parents. Si l'on était assez observateur et qu'on ne gardait pas les yeux rivés sur ce qui se passait dans le ciel, on pouvait voir les reflets dansants des étincelles changer de couleur à la surface de l'eau.
D'ailleurs, la surface plane commença à se rider et je vis sortir des gerbes d'eau projetées dans les airs. Des sirènes sautèrent hors de l'eau jetant au passage de petites fioles qui explosaient dans les airs avec des sifflements terribles. Des harpies volaient au-dessus de nos têtes et s'amusaient elles aussi à faire exploser les petits contenants. Des paillettes de liquide venaient se poser sur le sol pour se transformer en petits papillons ou en bulles que les enfants cherchaient à attraper ou qu'ils regardaient avec émerveillement s'échouer sur leur tête. Du haut des falaises, d'autres animateurs éclairaient l'océan et les sirènes qui nous offraient des danses et des acrobaties incroyables avant de disparaître dans l'eau. Puis vint le moment du bouquet final.
J'ignorais d'où venait la détonation, mais elle explosa si fort au-dessus de nous que la plupart des spectateurs se baissa par réflexe. Surprise, Ykhar m'avait agrippé le bras sans s'en rendre compte. J'entendis les hourras de la foule et regardais à nouveau l'océan. Un Pégase majestueux aux larges paturons semblait flotter à la surface de l'eau, ses sabots faisant friser l'ondée. Sous la surface, les sirènes suivaient les déplacements de la projection lumineuse pour donner l'impression qu'il marchait sur l'eau. Déployant ses ailes dans un hennissement sonore, l'animal artificiel s'éleva dans les airs pour se transformer en oiseau de feu gigantesque. Un phœnix dont les plumes formaient une traîne vola au-dessus du miroir d'eau, poussant des cris stridents, tournoyant et touchant du bout de ses ailes l'étendue liquide. Une fois encore les sirènes fendaient la surface aux endroits prévus. Dans un dernier demi-tour, l'oiseau s'enflamma avec fureur avant de disparaître.
Des applaudissements se firent entendre et j'allais les imiter lorsqu'un grondement sourd nous arriva de l'endroit où le phœnix s'était éteint. D'autres nous parvinrent et j'observais le public aussi étonné que moi. Quelqu'un leva un doigt, pointant une lueur qui tendait à s'agrandir entre les étoiles. D'un rouge vif et grossissant à vue d'œil, le point se métamorphosa bientôt en une immense créature aux ailes de cuir dont la gueule remplie de crocs acérés crachait des flammes d'un bleu azur. Les enfants criaient mais les adultes ne semblaient pas plus rassurés lorsque la bête s'éclipsa au-dessus de la falaise. Tous les visages se levèrent, cherchant le dragon des yeux. Plus un bruit, à part le reflux des vagues.
Alors qu'on se demandait si tout était fini, une lueur chatoyante tomba sur nos têtes avec une rapidité ahurissante et les ailes démesurées s'abattirent sur nous. Je sentis un vent chaud souffler dans mon dos tandis que les écailles incandescentes composant le dragon traversaient chacun d'entre nous d'une chaleur bienveillante. La créature cracha un nouveau jet de flammes bleutées sur la plage, activant les derniers feux qui se dispersèrent dans le ciel en une gerbe d'étincelles tout aussi bleues. Le cracheur de feu s'en revint vers nous dans un looping vertigineux, ouvrant grand la gueule, prêt à s'écraser sur nous. La foule se baissa à nouveau pour éviter le choc (bien qu'inexistant, mais que voulez-vous, les réflexes ont la vie dure) dans quelques cris surpris. Avant qu'il n'ait atteint le mur de roc, il s'évanouit soudain en fumée et un rideau de petites lucioles floconneuses descendit devant nos yeux, aussi froids que la neige.
Un tonnerre d'applaudissements et de sifflements accueillirent ce final grandiose alors que l'Elfe pyromane aux cheveux bleus vint à nouveau devant nous pour nous saluer, accompagné des artificiers. Puis, doucement, lentement, la foule remonta les escaliers pour retourner au QG. Je restais un moment à regarder l'océan refluer, la barrière ayant été annulée –principalement parce que j'avais la flemme de me coltiner les escaliers en pierre, en fait. Je rassurais Ykhar en lui disant qu'elle pouvait partir devant et que je la rejoindrai plus tard. Je m'assis sur le sable, prenant soin de ne pas salir la robe, et profitais de la légère brise en attendant que tout le monde ait fini de monter les marches. Alajéa s'approcha de moi et s'assit à son tour.
« C'est beau, hein… commenta la sirène.
-Oui, c'était très réussi ! J'ai beaucoup aimé le spectacle aérien et tout ! Elle me regarda dans les yeux, me signifiant que j'étais à côté de la plaque.
-J'te parlais de la mer…
-Ah… Oui, c'est vrai, c'est assez apaisant.
-J'aimerais bien y retourner un jour… C'était bien, l'autre fois, quand on y est allée toutes les deux me confia-t-elle en posant sa joue sur ses genoux qu'elle avait entourés de ses coudes, me souriant doucement.
-Oui, je pense d'ailleurs qu'il m'effraie de moins en moins depuis cette fois-là…
-J'aimerais tellement te ressembler… soupira-t-elle. Je la fixais, surprise.
- Pourquoi ça ?!
-T'es belle, t'es forte, tu arrives à affronter tes peurs… les gens t'aiment…
-Tu dis n'importe quoi !
-C'est vrai! Qui a été acclamée tout à l'heure ? A qui a-t-on fait confiance pour ce Festival, qui a-t-on chargé d'une mission aussi importante ? Certainement pas moi…
-Alajéa…
-Tu es quelqu'un de bien tu sais…J'ai entendu plein de monde dire du bien de toi…T'es vraiment gentille et... Elle s'interrompit, laissant sa phrase en suspens.
-Et c'est ça qui t'embête ? lui demandais-je doucement, passant une main dans ses cheveux aux reflets bleutés. Elle secoua la tête. Tu sais, si j'ai participé à ce Festival, c'est surtout parce que je me suis proposée. A vrai dire à la base ce n'était même pas prévu, c'est juste que je me trouvais au bon moment au bon endroit, rien de plus. Je pense que si Miiko a accepté, c'est parce que elle savait que je pouvais aider en cuisine avec mes connaissances culinaires. Sinon personne ne me fait confiance… Regarde, quand Miiko m'a présentée à l'assemblée, tout le monde chuchotait et me regardait mal, j'avais l'impression de suffoquer tellement ils me foutaient les jetons…
-Oui, mais après, tout le monde t'a félicitée. On te confie plein de missions, tu t'en tires super bien à chaque fois, les gens commencent à te connaître et à t'apprécier… Je t'ai vue avec Duncan …o-ou même Folaras enchaîna-t-elle en rougissant. Je continuais de caresser sa douce chevelure avant de reprendre tout aussi calmement.
- Et qu'est-ce qui t'ennuie ? Je ne suis pas ton ennemie, tu peux tout me dire, même si ce n'est pas gentil, je t'écoute, dis-moi. Je n'aime pas te voir comme ça. Elle eut un rire forcé, puis elle cacha son visage dans ses genoux.
- T'es vraiment quelqu'un de bien. C'est juste que… que… c'est bête tu sais, j'me sens terriblement stupide maintenant que tu me dis ça, j'ai l'impression de passer pour la méchante.
-Mais non, la rassurais-je. Qu'est-ce qui ne va pas ?
-J'ai… j'avais peur que tu ne me remplaces… que tu me laisses tomber pour… je sais pas en fait, y'a plein de choses. Je sais que tu es gentille et tout, mais des fois, tu me fais peur.
-Pourquoi ça ?
- Ben, et c'est pas pour être méchante, hein, mais t'es une humaine et quand je vois la facilité avec laquelle tu t'acclimates à tout ça, c'est flippant !
-Mais j'ai énormément de mal à m'y faire ! Au début je pleurais tous les soirs, j'ai fait plusieurs cauchemars, mon père me manque horriblement et je n'ai qu'une envie : c'est de le retrouver, de le serrer dans mes bras, de reprendre une vie normale et d'oublier tout ça !
- Ça… ça veut dire que tu m'oublierais moi ? Je soupirais. Elle avait raison en un sens, comment je pourrais oublier tout ça… ?
-Je ne sais pas… non. Peut-être ? Ou peut-être que je garderais ça dans un coin de ma tête comme si c'étaient les bribes d'un rêve incroyable…
-Et tu plaquerais tout ? Comme ça sur un coup de tête ? Juste pour une personne ?
-C'est mon père, c'est la seule famille qu'il me reste… J'ai l'impression de l'avoir abandonné, je n'imagine même pas dans quel état il doit être à me rechercher partout ! Ici, ce n'est pas chez moi, c'est plutôt une prison pour moi… Alajéa m'adressa un regard triste. Bon d'accord, j'avoue, ça a plutôt des allures de prison dorée avec vous et toutes les petites merveilles qui s'y trouvent, dis-je en plaisantant.
-Mais ce n'est pas chez toi… Je soupirais à nouveau.
-Nan, pas vraiment… ce n'est pas pour insister ou pour être méchante ou quoi que ce soit, mais une prison reste une prison. On m'a dit que je ne pourrais pas retourner chez moi, que la loi me l'interdit… Si seulement j'avais la possibilité d'aller et venir comme bon me semblerais, ce serait déjà un très gros plus… Je voudrais au moins m'assurer que mon père va bien, lui expliquer…
-Mais est-ce que tu reviendrais ? Après tout, on est ta famille nous aussi… »
Que pouvais-je bien répondre à ça ? Moi aussi, je l'ignorais. Comment pourrais-je savoir ce que je ferais une fois de retour au bercail ? Est-ce que je serais revenue, est-ce que je serais partie ? Est-ce que j'aurais tout plaqué comme l'avait dit Alajéa ? Comment savoir ? Je restais perdue dans mes pensées, à fixer un point imaginaire devant moi.
« J'ai peur que tu partes, mais en même temps, j'ai peur que tu restes aussi… reprit la sirène.
-Je t'ennuie tant que ça ?
-Non, non ! Excuse-moi ! Mais…Mais c'est juste que… Enfin, je sais pas trop, moi non plus et pis j'veux pas te forcer à rester…
- C'est juste que j'ai perturbé ton quotidien, c'est ça ? Elle acquiesça en silence. Si je reste, tu as peur que je te fasse de l'ombre… Elle se redressa promptement, un peu gênée, avant de baisser les yeux. Et si je pars, tu as peur que je t'oublie, toi et les autres…, c'est ça ? » Elle acquiesça de nouveau.
Je me rapprochais d'elle, passais un bras autour de ses épaules et alors qu'elle me regardait sans comprendre, je déposais un petit bisou sur son front en écartant quelques mèches. Elle hésita un moment, puis elle me serra dans ses bras, et je sentis une larme couler sur mon épaule. Elle s'excusa de tout, d'être égoïste, méchante et possessive et je la rassurais, lui disant que je n'étais pas mieux, mais que cela me touchait qu'elle soit venue me dire les choses en face. Et puis, une fois calmée, nous nous décidèrent à remonter au QG avant que les portes ne ferment pour la nuit. Et ce fut juste ! On a dû courir comme des folles pour éviter de se voir enfermées dehors. Les sentinelles avaient fait un dernier tour près des plaines pour s'assurer que personne ne restait et quelle ne fut pas leur surprise quand ils nous virent arriver. On se fit gronder, mais une fois à l'intérieur de l'enceinte et en sécurité, ce fut l'excitation qui l'emporta. On éclata de rire toutes les deux, malgré notre essoufflement, et bras dessus bras dessous, nous rentrâmes rassérénées et rabibochées dans la Tour. On se quitta dans la Salle des Portes et je partis dans ma chambre.
Truc dormait profondément et je ne demandais qu'à en faire autant. Cette petite montée d'adrénaline m'avait donné comme un coup de fouet, mais en même temps m'avait vidée de toute énergie. Je retirais ma robe en vitesse, m'emmêlant un peu dans les fils, me décoiffais à la va-vite et m'allongeais sur mon lit en culotte, sans même prendre la peine d'enfiler un pyjama ou de me démaquiller, me recroquevillant sous les draps.
Le lendemain matin fut on ne peut plus décapant. Alors que j'ouvrais les yeux et m'étirais comme une fleur, je fus prise en flagrant délit de nudité matinale par un Nevra peu scrupuleux, assis sur mon lit, tentant de se cacher les yeux mais qui se rinçait l'œil entre deux doigts. Je cachais ma poitrine à la vitesse de l'éclair avec mes mains et faisant semblant de se détourner, il attrapa un pan de drap et me le présenta pour que je me cache derrière. Je l'attrapai vivement en engueulant l'intrus comme un poisson pané. Ouuh celui-là ! Si j'avais pu le baffer, je l'aurais fait !
Cela avait l'air de l'amuser, mais croyez-moi que si je n'avais pas été à poil, je l'aurais trucidé sur place. J'avais plaqué le drap contre moi et j'ordonnais au vampire de quitter les lieux. Mais celui-ci n'obtempéra pas, se contentant de sourire en jaugeant mon corps comme un gamin baverait sur une friandise. Qu'est-ce qu'il pouvait me mettre mal à l'aise, ce crétin ! Pis encore, il s'installa de manière à me bloquer sous les draps, un bras au-dessus de mes jambes, appuyant sur le tissu et me coupant ainsi toute retraite. Il me fixait de ses yeux gourmands et haussant des sourcils charmeurs, il se lécha les babines d'avance. Ne tenant plus, d'un coup pied sous les draps, je lui retirai son appui et il tomba à la renverse. Je lui jetais le drap à la tête et profitais de sa surprise pour lui balancer un oreiller à la tronche et le maintenir sur son visage, en prenant garde de ne pas l'étouffer quand même. Il leva les bras en signe de reddition, mais je ne lâchais pas pour autant.
« Reste là-dessous, vieux pervers ! Et si jamais tu oses mater, jte crève le seul œil qu'il te reste ! assénais-je sèchement, en rogne contre le vampire.
- Oh ! Ohoh ! On se fâche ?!
-La ferme !
-Mais c'est qu'elle mordrait presque, la petite !
-Va te faire fo-… »
Avant même que je n'ai eu le temps de le voir venir, le vampire m'enserra de ses deux bras, dégageant l'oreiller d'un coup de tête et me retourna comme une crêpe, inversant nos positions. Un genou sur le lit, l'autre pied au sol pour prendre appui, un bras appuyé sur le matelas pour se tenir à distance respectable –c'était d'ailleurs énervant de l'admettre- et une main plaquée sur mon ventre, le vampire haletait doucement, plantant son regard dans le mien avec délice. Même si je balançais mon genoux entre ses jambes, rien ne garantissait que j'attendrais mon objectif, ni que ça ait un quelconque effet sur lui ou qu'il n'eut pas tôt fait de me contrer. Aussi, vaincue et frustrée, j'abandonnais, revalant des larmes de colère et détournais le visage. Comme mon corps se détendit, le brun retira sa main, se releva et tira le drap pour me recouvrir. Je me roulais en boule à l'intérieur du tissu.
« Hum, j'préfère ça !
-Dégage, sale vampire ! grommelais-je.
- Hé ! C'est pas gentil ça ! Alors que je suis venu te réveiller ~~!
-Sors de là !
-Jamais ~~ !
-MAIS VAS-TU SORT-… hurlais-je.
-Hey ! On se calme, chuis pas venu pour qu'une petite gamine dans ton genre me fasse une scène ! se renfrogna Nevra en haussant le ton à son tour.
–ALORS SORS DE CETTE P*TAIN DE CHAMBRE !
-Pas besoin d'être agressive ! Je suis juste venu parce qu'il est bientôt 14 h et que Miiko veut te parler !
-RIEN A FOUTRE ! SORS !
-Maintenant ça SUFFIT! Espèce d'andouille d'humaine qui dort à poil ! Je suis là sur l'ordre de Miiko, alors je ne quitterai pas cette pièce tant que tu ne seras pas prête !
-J'ai pas besoin de toi pour me babysitter, jpeux m'habiller toute seule comme une grande et surtout sans qu'un voyeur dans ton genre vienne me mater pendant que jme change ! rétorquais-je, lui lançant le regard le plus noir que j'avais en réserve. Il eut un mouvement de recul quasi imperceptible, mais soupira et finit par céder. Certainement que l'envie de meurtre dans mes yeux ne lui avait pas échappée.
- Très bien ! Mais dépêche-toi ! Tu connais Miiko…
-Et toi tu vas connaître mon poing si tu ne sors pas très vite de cette chambre !
-C'est bon ! C'est bon, jm'en vais ! dit-il en attrapant la poignée de ma porte. Puis il reprit avec un sourire entendu. Et à l'avenir, pense à te mettre quelque chose sur le dos… à moins que tu n'aies envie que je te rende visite un de ces soirs … ?! ».
De rage, j'attrapais la première chose qui me tombait sous la main-un oreiller- et le balançais de toutes mes forces vers l'insolent qui s'empressa de se cacher de l'autre côté de la porte avec un sourire malicieux. Rhaaa ! Qu'est-ce qu'il pouvait m'énerver celui-là ! Je me laissai tomber sur le lit de dépit, ravalant avec difficulté ma colère et mes larmes. Qu'est-ce que je pouvais me sentir humiliée ! Et le pire dans l'histoire, c'est qu'il avait été correct… ses yeux, enfin son œil, peut-être pas, mais lui si ! A aucun moment il n'a essayé d'en profiter… Pour lui, c'était comme un jeu, rien de plus. Mais tout de même ! J'attrapais des fringues en vitesse et mon nécessaire de toilette et allais prendre une douche. Je tournais le robinet d'eau froide et restais dessous pour me calmer. J'aime autant vous dire que j'étais d'humeur massacrante après ça.
Alors que je me dirigeais vers la salle du Cristal dans ma toute nouvelle tenue Sweet Darling, que je ne pris pas le temps d'apprécier, je croisais une jeune femme à la lourde chevelure de nuit d'où dépassaient deux cornes enroulées en pointe et qui me toisa d'un air mauvais voire agacé. Je voyais sa queue pointue fouetter l'air, mais je n'y prêtais pas vraiment attention. Je supposais que j'avais ma sale tête des mauvais jours et que la jeune femme l'avait pris pour elle alors que j'agonisais Nevra d'injures silencieuses.
J'entrais dans la salle et appris la nouvelle. Sur le moment, l'idée me déplaisait fortement et je ne pus m'empêcher de râler. Les autres chefs de Garde parurent étonnés de mon comportement tandis que Nevra sifflotait innocemment dans son coin, d'un air absent. Mais comme je m'y attendais, je n'eus pas mon mot à dire et dû me plier aux ordres de la Kitsune.
Ouf ! Que de nouvelles têtes à prendre en considération avec cette fête ! On espère que ça vous aura plu et que la féérie du feu d'artifice a bien été retranscrite (Sylfe s'est creusée la tête pour y parvenir...) Pour le coup, ce chapitre est assez lourd en informations : les personnages, le monde, la confession d'Alajéa et le coup de gueule de notre petite Sylfe, ce sont de véritables montagnes russes que l'on vous a donné.
Bon on espère tout de même que vous arriverez à digérer le tout pour la suite. Comme toujours à droite les tomates et les cailloux, et à gauche les cadeaux (faites votre choix, y a un peu de tout : câlins, peluches, bonbons, chocolats, nougats, guimauve...) [Psst ! Si vous vous demandez pourquoi il y plus de choix à gauche c'est parce qu'on préfère les sucreries : ça entretient la ligne, vous ne saviez pas ?]
Bref, on espère que vous avez apprécié, n'hésitez pas à laisser votre avis !
Pleins de bisous,
Chu~~
