Cher Cormac,

Mon chéri, je ne sais pas comment t'annoncer ça. J'aurais tellement voulu te dire ça en personne, mais les vacances de Noël sont tellement loin encore, et j'aurais trop peur que tu l'apprennes autrement, entre-temps, et que tu me détestes de ne pas te l'avoir dit avant.

Cormac, mon amour, Travis est mort hier soir.

Tu le sais peut-être, le ministère vient de commencer à recenser les nés-Moldus, des fois à les convoquer devant un tribunal pour je-ne-sais-quel prétexte. Travis croyait qu'il avait le temps, qu'ils ne se concentraient que sur Londres en ce moment en qu'il aurait amplement l'occasion de disparaître avant qu'ils ne se tournent vers Bristol. Mais il avait tort, et une équipe de ce que le ministère appelle des Rafleurs est arrivée chez lui hier. Ils voulaient que Travis les raccompagne jusqu'à Londres, mais tu connais ton parrain, il a résisté. D'après les voisins, ça n'a duré que quelques minutes. Les Rafleurs ont préféré le tuer à l'emprisonner.

Je suis tellement désolée, Cormac. J'espère que tu as quelqu'un, à l'école, à qui tu peux parler de tout ça. En tout cas, tu sais que tu peux m'écrire quand tu veux.

Sois fort, mon amour, comme je sais que tu peux l'être.

Je t'aime fort,
Maman

P. S. Ne fais rien de stupide.

Cormac essuie les larmes qui ont coulé sur ses joues d'un geste rageur, puis froisse la lettre de sa mère dans son poing et lance la boule de parchemin vers le feu.

Depuis des mois, il entend parler à droite et à gauche de gens qui perdent la vie. L'oncle de Philip, le fils du patron de sa mère, la femme du propriétaire de la librairie magique de Bristol. Mais il n'a jamais cru que ça pouvait s'appliquer à lui, n'a jamais encore eu peur pour les siens.

Et il a honte, maintenant. Peut-être que s'il avait craint pour sa sécurité, Travis serait encore en vie aujourd'hui. Travis, le meilleur ami de sa mère, son parrain, qui a été un père pour lui à partir du moment où Cormac a perdu le sien, à l'âge de cinq ans.

Il profite d'avoir une chambre seul, pour la première fois de ses études, pour enfoncer son visage dans son oreiller et laisser libre cours à ses sanglots.