Titre : Âme glacée, cœur scellé.
Source : GRAVITATION
Auteur : Syn-san
Disclamer : Aucun des personnages du manga ne m'appartient, seul ceux que j'ai inventé m'appertiennent. Dommage j'aurai bien voulu posséder Yuki
Commentaires : Oui oui enfin le chapitre 6, on n'y croyait plus ! J'avoue avoir un peu honte de moi sur ce coup là, j'espère tout de même que cela vous plaira.
Remerciements : Cha-chaan et Chawia (vous pouvez l'applaudir grâce à elle ma fic est écrite en bon français , merci infiniment miss)
Chapitre 6
Les pensées de Yuki Eiri furent interrompues par le cri d'une fan hystérique. Une jeune femme brune courait à toute vitesse dans sa direction. Au grand soulagement du blond elle ne lui porta aucune attention, et s'arrêta stoppa face à son amant les yeux brillants d'admiration.
« Shindou-san ! Je n'arrive pas à le croire ! Je… Je suis votre plus grande fan ! Je suis tellement heureuse de vous rencontrer que je pourrais… Setsuna fit claquer sa main sur l'arrière du crâne de l'inconnue, qui interrompit son monologue sous l'effet de la surprise avant de porter ses mains à sa tête en grimaçant.
- Makai-san ! Mais vous êtes malade ! De quel droit frappez-vous l'une de mes admiratrices ? Ne refaites plus jamais ça ! Shûichi eut le plus grand mal à se retenir de se ruer sur la chanteuse. Vous allez bien mademoiselle ?
- Itai (aïe) ! Onee-san (grande sœur) ! Le visage du chanteur passa de la colère contenue à l'étonnement le plus total suite aux paroles de la jeune femme brune.
- Onee-san ? demanda Shûichi, pas certain d'avoir bien compris.
- Tu n'as qu'à pas faire un boucan de tous les diables, répliqua sèchement Setsuna.
- Okaa-san (maman) ! s'écria Mitsuki en tendant les bras vers la nouvelle venue.
- Okaa-san ? Les yeux du chanteur s'écarquillèrent plus encore.
- Excusez-moi, je suis tellement contente que j'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Makai Satomi, sœur cadette de Setsu-nee-san et elle c'est Mitsuki, ma fille.
- Mais… Je croyais que…
- Baka ! Setsuna toisa Shûichi avec un léger sourire moqueur. Ne me dis pas que tu as été assez stupide pour croire que Mitsuki était ma fille. Désespérant ! Et pourquoi ne pas m'attribuer un mari tant que tu y es ! »
Ryûichi vint reprendre Mitsuki à Satomi, voulant encore jouer avec l'enfant. Shûichi resta médusé par ces révélations et baissa les yeux lorsque Setsuna se moqua ouvertement de lui. Yuki Eiri était resté de marbre tout au long de la conversation mais intérieurement il n'en menait pas plus large que son amant. Il détailla discrètement Satomi. La jeune femme avait des cheveux raides d'un noir d'ébène, les yeux d'un bleu cobalt, bridés comme les Asiatiques alors que ceux de sa sœur ne l'étaient que très légèrement. Autre différence notable Satomi avait les caractéristiques d'un corps asiatique ; petite, menue, peu de fesses et une poitrine adaptée à sa morphologie. Contrairement à Setsuna qui était formée à l'européenne, un peu plus grande que sa cadette, mince sans être frêle et de jolies formes : des fesses rebondis ainsi qu'une poitrine généreuse sans être excessive. À part un très léger air de famille quand elles sourient et la même blancheur de peau, elles ne se ressemblent vraiment pas. Mitsuki n'est pas la fille de Setsuna et elle n'est pas mariée ! Je n'arrive déjà pas à te comprendre Setsuna alors si en plus tu me donnes de mauvaises informations, je ne vais pas m'en sortir ! Et qu'est-ce qui m'a pris de spéculer sur ton mariage ? Rah…Depuis quand est-ce que je me prends autant la tête ? ça m'énerve, je m'énerve… Pourquoi ? La voix tranchante de Setsuna extirpa le romancier de ses interrogations.
« Qu'est-ce que tu fais Mitsuki ?
- Elle mange des bonbons, laisse-la, répondit sa cadette.
- Hors de question ! On va manger dans quelques minutes, elle ne va rien ingérer à table. »
Setsuna tendit la main à Mitsuki attendant qu'elle y dépose le sac de friandises. Satomi voulu s'interposer mais un regard noir de sa sœur l'en dissuada, la fillette donna les bonbons à sa tante, sachant pertinemment qu'aucun caprice ne serait toléré, avant de repartir vers Ryûichi. Sentant la tension monter chez son aînée Satomi s'empressa de changer de sujet.
«Onee-san tu aurais pu me dire que tu travaillais avec Shindou-san ! Setsuna leva un sourcil interrogateur. Ne me dis pas que tu as oublié, je te parle des Bad Luck depuis des mois !
- Depuis quand est-ce que je t'écoute lorsque tu me parles ? Mais cela explique pourquoi le nom du groupe me disait très vaguement quelque chose.
- Tu me l'aurais dis si tu te souvenais que je suis une de leurs plus grandes fans ? demanda timidement Satomi.
- Iie. (non)
- Doushite ?! (pourquoi ?!) Les yeux de la jeune femme brune s'écarquillèrent, mi-choquée mi-furieuse. Elle avait l'air d'une enfant faisant un caprice, avec ses poings sur ses hanches.
- Parce que cela t'aurais donné un prétexte pour venir me voir. Déjà que là tu débarques sans raison et sans prévenir ! Alors si je te donnais une excuse valable tu passerais les trois quart de ton temps collée à moi. Et ça c'est intolérable !
- Mais euh... Tu es méchante onee-san. Mitsuki fais moins de bruit, il y a des gens qui travaillent.
- M'enfin peu importe puisque tu l'as découvert par toi même. Mais ne t'avise pas de venir me harceler de questions ou quoi que ce soit d'autres !
- Je ne t'embêterai pas, promis. Je viendrai directement ici ! Enfin si ça ne vous dérange pas Shindou-san ?
- Bien sûr, on fera connaissance comme ça ! répondit Shûichi enthousiaste à l'idée.
- Mitsuki ! Je t'ai demandé de faire moins de bruit !»
L'enfant n'écouta pas sa mère et sa voix monta encore d'un cran dans les aigus suite à une pitrerie de Ryûichi. Le bruit sec d'un claquement de doigts stoppa net le fou rire de Mitsuki, qui se retourna pour rencontrer les yeux froid de sa tante. Le regard de Setsuna passa de la petite fille à une chaise avant de se reposer sur sa nièce. Mitsuki compris parfaitement le message et s'installa sur la chaise désignée en silence, avec un petit sourire d'excuse. Satomi fusilla sa sœur du regard mais malgré sa colère, elle ne put rivaliser avec la froideur de son aînée.
«Tu nous prends pour tes chiens ?!
- Exactement ! De petits toutous, et obéissants avec ça. Setsuna toisa sa cadette avec un sourire hautain. J'ai faim, je vais chercher mon sac et on y va.
- Ne vous inquiétez pas Satomi-san, Makai-san plaisante, s'empressa d'ajouter Shûichi en voyant l'air effondré de la jeune femme qui regardait sa sœur s'éloigner.
- Iie. Onee-san ne m'aime pas. Si elle m'adresse la parole c'est uniquement parce Sakura lui avait demandé de faire un minimum attention à moi. Ne faites pas cette tête Shindou-san, ce n'est pas comme si elle me détestait, c'est juste qu'elle n'a jamais aimé les gens et le fait que je sois sa sœur ne fait aucune différence.
- Okaa-san, dis, Ryûichi-san peut manger avec nous ?
- Bien sûr mon ange, Ryûichi-san vous êtes toujours le bienvenue !
- Super, merci Sat-chan !
- Plus on est de fous, plus on rit, répondit Satomi en entraînant sa fille et le chanteur vers la sortie. Au revoir Shindou-san, à bientôt.
- Et plus vos chances de survivre à ce repas sont minces, murmura Setsuna en arrivant à la hauteur d'Eiri et Shûichi.
- Mais à quoi vous jouez, Makai-san ? demanda Shûichi, complètement désemparé.
- Pour tout t'avouer, j'hésite encore entre assistante maternelle et pet-sitter », répondit Setsuna en se penchant vers lui, sur le ton de la confidence avant de rejoindre le petit groupe qui l'attendait pour déjeuner.
Shûichi resta médusé face aux paroles de la chanteuse, ce fut la voix de son amant qui le tira de son hébétude.
« On nous attend…
- Heu… Oui, on y va. Dis Yuki ?
- Hn ?
- Comment tu fais pour rester impassible face à quelqu'un comme Makai-san ? Elle est si cruelle ! L'intéressé n'avait aucune envie de répondre mais s'il voulait être à l'heure pour le déjeuner, il devait fournir un effort.
- Elle n'aime pas les gens, je suis mal placé pour la blâmer.
- Mais toi tu es juste froid et distant. Bon tu peux aussi être blessant mais ça c'est juste quand je deviens trop insistant. Alors qu'elle… Elle est délibérément méchante, c'est une manipulatrice et une égoïste !
- Shûichi… » Eiri le poussa légèrement pour l'inciter à marcher, histoire de ne pas arriver au rendez-vous lorsque son éditeur sera en train d'en savourer le dessert.
La petite tête rose était aux anges aujourd'hui, il allait déjeuner avec son homme à l'extérieur. Ce n'était pas une activité extraordinaire en soit mais cela arrivait si rarement que ça suffisait à l'emplir de bonheur. En plus c'était mon idée ! Kyaaaah ! Yuki m'a écouté et m'a approuvé pour une fois. Bon ok, s'il a accepté c'est uniquement pour ne pas avoir à subir la tentative de séduction de la cousine de son éditeur et encore j'ai dû le supplier et lui promettre de me tenir à carreaux. Mais je l'ai fait céder !! Mwahahahahaha ! Houla du calme mon petit Shûichi, ne fais pas de gaffe. Si j'assure aujourd'hui, Yuki acceptera sûrement de me sortir à nouveau.
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Installés à l'ombre d'un parasol les Makai et Ryûichi déjeunaient à la terrasse d'un petit restaurant. Les deux chanteurs étaient restés cachés derrière leurs lunettes de soleil pour éviter de provoquer une émeute. Entre les plaisanteries enfantines de Mitsuki et Ryûichi ainsi que les éclats de rire de Satomi le repas était très animé. Setsuna ne contribuait pas à la conversation, elle mangeait tranquillement, s'arrêtant souvent pour griffonner sur son bloc note entre deux bouchées. Satomi ne s'étonnait pas du manque de participation de son aînée mais était sidérée par son calme, aucune trace non plus d'agacement sur son visage alors qu'avec le vacarme qu'ils faisaient, en temps normal elle les aurait menacés de leurs arracher la langue depuis longtemps. En effet Setsuna paraissait sereine, se nourrissant sans précipitation, tout en établissant posément ce qui ressemblait de loin à un planning. Elle n'avait pas gratifié ses compagnons d'un seul regard depuis le début du repas, elle semblait avoir tout simplement oublié leur présence. Sentant que quelqu'un la fixait depuis quelques minutes la chanteuse se décida enfin à lever les yeux de sa feuille pour rencontrer ceux, interrogateurs, de Satomi. Setsuna vit les lèvres de sa cadette prononcer des mots mais aucun son ne lui parvint, délicatement elle mit ses cheveux derrière son oreille et pencha légèrement sa tête sur le côté pour mieux lui exposer la boule Quies qui bloquait son ouïe. Les yeux de la plus jeune s'écarquillèrent de surprise tandis que les mains tremblantes légèrement d'indignation, elle regarda sa sœur remettre gracieusement ses cheveux en place sans essayer d'attirer son attention malgré son désir de voir un peu de considération dans ces iris vert émeraude. Ce que tu peux être cruelle onee-san. Ne méritons-nous pas mieux que ton éternelle indifférence ? Satomi se replongea dans la discussion agitée des deux « enfants » pour y puiser son habituel enthousiasme.
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C'est dans une salle climatisée, à la lumière légèrement tamisée qu'Eiri et Shûichi déjeunaient avec Komatsu et sa cousine. L'ambiance y était bien plus placide, tous les quatre discutaient sans agitation excessive. Enfin, Shûichi était en grande discussion avec Chizu, la cousine de Komatsu. Tandis que ce dernier partait dans de grandes théories quant à la direction que devait prendre la carrière d'Eiri, l'écrivain ne lui répondait que par monosyllabes. Vivement que Kanna Misuki reviennent de vacances, ce type est vraiment trop bizarre… Je ne vois vraiment pas pourquoi il a fait une telle histoire par rapport à sa cousine qui souhaitait me voir, elle est timide comme tout cette petite. D'ailleurs j'ai bien l'impression que sa préférence va vers Shûichi maintenant, encore une qui était tombée amoureuse uniquement de mon image…
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Lorsqu'Eiri raccompagna son amant à sa boîte de production, tout le monde était déjà là. Hiro discutait avec Suguru et K, Ryûichi s'amusait avec Mitsuki et les sœurs Makai luttaient pour ne pas s'entre-tuer, si bien que leur arrivée passa inaperçue.
« Au fait, tu es descendue à quel hôtel, Satomi ? demanda Setsuna.
- Hé bien, euh… En fait vu que tu m'avais dis que tu as acheté une maison, je pensais que…
- Hors de question ! la coupa son aînée d'un ton sec.
- Mais tu ne peux pas nous refuser l'hospitalité, j'ai rien prévu d'autre. Tu ne vas tout de même pas laisser ta nièce à la rue ?
- Comme tu l'as si bien fait remarquer tout à l'heure, je ne suis pas sa mère. Alors débrouille-toi.
- Tu es cruelle, onee-san.
- Apparemment pas assez puisque tu trouves encore le moyen de faire de telles absurdités ! Partir à l'étranger sans te soucier de savoir si tu allais avoir ou non un endroit pour dormir, et en prime avec un enfant de cinq ans à charge ! Tu es vraiment stupide et inconsciente ! Setsuna cracha avec dédain ces derniers mots.
- Ne la traitez pas d'idiote, elle pensait pouvoir loger chez vous. Vous êtes sa sœur aînée Makai-san, c'est bien normal. Shûichi, avec son grand cœur, n'avait pu s'empêcher de prendre la défense de Satomi.
- Elle est stupide, elle sait pertinemment que je n'accepte personne chez moi. Je ne donne mon adresse à personne, ce n'est pas pour rien. Même Ryûichi ne sait pas où j'habite.
- Effectivement c'est une information bien gardée, même en étant son employeur je ne sais pas où se trouve son domicile. D'ailleurs le comptable n'arrête pas de râler Makai-san, vous ne lui avez même pas donné votre date de naissance.
- Je viens ici tous les jours, il n'a pas besoin de connaître mon adresse. Quant à ma date de naissance c'est facile, c'est le seul jour de l'année où il neige en enfer.
- Heu… Yuki c'est quand le seul jour de l'année où il neige en enfer ? demanda Shûichi avec toute sa naïveté, ce qui fit pouffer de rire son meilleur ami et exaspéra Suguru.
- Baka ! Elle ne veut pas que vous sachiez la date, certainement pour éviter que vous ne lui souhaitiez.
- Ah oui, c'est vrai qu'elle n'aime pas les anniversaires ! »
Pour calmer l'angoisse de Satomi et détendre un peu l'atmosphère, Ryûichi lui proposa de dormir chez lui, comme ça il pourrait jouer encore plus longtemps avec Mitsuki. La jeune femme accepta avec humilité et reconnaissance, et pour apaiser le courroux qu'elle voyait dans les yeux de sa sœur elle promis de chercher un hôtel dès le lendemain.
« Makai-san, je ne sais pas trop pour quelle raison mais Tatsuha-kun vous demande une place pour votre concert de samedi. Quelle réponse dois-je lui donner ? interrogea Tôma, persuadé qu'elle allait refuser catégoriquement au vu des rapports qu'ils avaient entretenus lors de leur précédente rencontre.
- Il espère certainement y voir son idole. Dis-moi Ryû, viendras-tu ?
- Oh oui ! Je veux encore te voir chanter !
- Dans ce cas, Tôma, tu diras à ce gamin que c'est accordé. Un léger sourire sadique s'étira sur les lèvres de la chanteuse.
- Oba-san ! (ma tante) Moi aussi ! Moi aussi ! s'exclama Mitsuki en sautillant.
- Hai. (oui) Hai. Donc avec Satomi ça fait quatre. Personne d'autre tant que j'y suis ?
- Heu… Moi j'aimerais bien, répondit timidement Shûichi de peur que Setsuna ne se moque de lui.
- Ok, six. Eiri se tenant à côté du chanteur elle l'avait inclus sans lui demander son avis, avant de se tourner vers les deux autres membres de Bad Luck qui lui répondirent d'un hochement de tête affirmatif. Cela fait donc huit places supplémentaire. Très bien je les apporterai demain. »
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Le lendemain, Satomi confia sa fille à Ryûichi pour aller chercher une chambre d'hôtel, priant tous les Kami pour qu'il en reste au moins une de libre malgré l'afflux de touristes. Elle avait du mal à quitter les locaux de NG, craignant la réaction de sa sœur si elle apprenait qu'elle avait laissé Mitsuki à quelqu'un d'aussi immature que Ryûichi. Prise de pitié pour la jeune femme, Noriko lui assura qu'elle prendrait bien soin de sa fille, étant mère elle même elle compatissait à son inquiétude. Ne voyant toujours pas sa sœur arriver et rassurée par la claviériste, Satomi se décida enfin à partir pour sa recherche.
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Pendant ce temps, Eiri en avance à son rendez-vous avec sa psychologue, s'était rendu dans une librairie du quartier, autant passer le temps de manière agréable. L'écrivain flâna entre les rangées de livres jusqu'à ce que son regard soit attiré par une silhouette tout de noir vêtue. Il se mit à détailler cette personne, le livre dans ses mains perdant tout à coup tout intérêt. Entre 1m70 et 1m73, trop grand et légèrement trop large pour être une fille bien que frêle pour un homme. Un tailleur pantalon cintré qui laisse deviner des jambes fines mais solides. Son chapeau m'empêche de voir la couleur de ses cheveux mais cela met en valeur sa nuque délicate. Décidément Shûichi m'a plus contaminé que je ne le pensais, voilà que je me mets à reluquer avec délectation un jeune homme en pleine librairie ! Heureusement que je suis caché derrière mes lunettes noires et que j'ai assez de self-contrôle pour ne pas baver. Kami-sama ça devrait être interdit d'avoir un aussi joli postérieur ! Eiri ne put s'empêcher de passer sa langue sur ses lèvres lorsque le dit fessier se dandina un peu, pendant que son propriétaire luttait sur la pointe des pieds pour attraper un ouvrage un peu haut pour lui. Je suis vraiment un salaud je pourrais l'aider au lieu de fantasmer sur ses magnifiques fesses ! Hum non, la vue est trop appétissante. Malheureusement pour lui le spectacle prit fin, et la silhouette tenant à présent le bouquin dans sa main laissa retomber ses talons sur le sol avec un bruit sec qui déconcerta le blond. Des talons ? Sa supposition fut confirmée lorsque l'objet de sa convoitise se retourna et passa près de lui, lui offrant une magnifique vue sur le décolleté de son bustier blanc. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais mais le côté face n'a rien à envier au pile. Pensa-t-il en suivant du regard la jeune femme, profitant de son léger déhanché pour faire mentalement ses adieux à cette jolie paire de fesses. Son chapeau et ses lunettes de soleil empêchèrent l'écrivain de voir à quoi ressemblait l'inconnue, qui sortit de la boutique après avoir réglé son achat. Il paya à son tour le livre qu'il avait choisi et reprit sa marche pour se rendre à son rendez-vous. Lorsqu'il pénétra dans le cabinet, la secrétaire l'informa que la psychologue avait eu une urgence, et par conséquent Nagata sensei avait une heure de retard sur son planning. Eiri ragea intérieurement mais n'en laissa rien paraître, bien dissimulé derrière son masque d'éternelle froideur, il prit posément place dans la salle d'attente.
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Satomi revint à NG rayonnante, elle avait trouvé une chambre pour elle et sa fille dans un hôtel près du bâtiment de production, elle pourrait donc venir souvent rendre visite à son idole. Elle profita de la pause des Bad Luck pour s'incruster et faire leur connaissance. Bien que Shûichi ait tenu une place privilégiée dans son adoration pour le groupe, elle prêta aussi beaucoup d'intérêt aux paroles d'Hiroshi et Suguru. Satomi faisait partie de ces gens qui avaient un don pour mettre les gens à l'aise ; elle était douce, toujours de bonne humeur, avait souvent des réactions et mimiques de petite fille mais elle était si attendrissante que personne ne lui en tenait rigueur. Elle demanda à K l'autorisation de rester dans les locaux le reste de l'après-midi ; le manager ne fut pas vraiment emballé à cette idée, après tout que devenait la sécurité si tout le monde pouvait entrer et se balader librement dans le bâtiment ? Bon ce n'est pas comme si c'était n'importe qui, c'est la sœur de Setsuna. Yes, precisely ! Qui sait ce dont la famille de cette tarée est capable ? Satomi lui lança un regard de chiot abandonné, suppliant et plein d'innocence, auquel même le grand blond ne put résister. Il céda et la jeune femme lui sauta au cou de joie en déposant un bisou sur sa joue, avant de lui adresser un sourire avec toute sa candeur et de s'installer à une table. Elle lança un enthousiaste « À tout à l'heure les Bad Luck, travaillez bien ! », lorsque le groupe s'éloigna pour aller répéter. Shûichi était ravi d'avoir pu parler avec la jeune femme, ils s'entendaient vraiment bien et s'étaient découvert plusieurs points communs. Le guitariste et le claviériste étaient eux aussi satisfaits de leur conversation et se demandaient sérieusement si elle pouvait réellement être la sœur de la reine des glaces ! Elles ne se ressemblent en rien et ce dans tous les domaines.
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À la fin de la séance Yuki Eiri avait la migraine, c'était toujours éprouvant de parler avec sa psychologue, ses souvenirs ne le laisseraient-ils jamais en paix ? La journée avait mal commencé avec son abruti d'amant, qui ne s'était pas réveillé à l'heure ce matin et par conséquent avait fait un boucan de tous les diables dans sa précipitation à se préparer. Vu le manager cinglé et extrêmement à cheval sur les horaires du chanteur il aurait pu se montrer compréhensif mais non, c'était au dessus de ses forces, le sommeil c'était comme la bière et la cigarette pour l'écrivain : c'était sacré ! Et après il avait fallu qu'il passe une heure et demi dans cette fichu salle d'attente, c'en était trop pour ses nerfs. Quelle journée de merde ! Et après Shûichi va encore râler comme quoi je suis de mauvaise humeur et désagréable… Seul point positif du jour la jolie paire de fesses de la librairie, en parlant de postérieur je sens que quelqu'un de ma connaissance va le sentir passer ce soir. Hum ! Autant passer ses nerfs agréablement.
« Uesugi-san vous ne m'écoutez plus. » Le ton de voix, plus appuyé qu'il ne l'était à l'accoutumée, de Nagata sensei le tira de ses pensées qui commençaient à sérieusement à dériver.
Constatant qu'elle ne tirerait plus rien de son patient aujourd'hui, Nagata sensei renouvela l'ordonnance de l'écrivain avant de mettre fin à la séance. Elle le raccompagna jusqu'à la porte du cabinet et Eiri, galant la laissa passer devant lorsqu'ils sortirent du bureau.
« Makai-san, bonjour. Pourriez-vous informer Tsukameda-san que son rendez-vous de demain est bien confirmé ? demanda la psychologue qui venait d'ouvrir la porte du cabinet en apercevant la chanteuse.
- Bonjour Nagata sensei, très bien je transmettrai à Renji. La voix de la chanteuse réveilla Eiri, qui s'était encore fois laissé emporter par ses pensées, il leva les yeux juste à temps pour s'arrêter avant de se prendre la porte du cabinet que la psychologue tenait perpendiculairement à lui.
- Bien entendu ma porte reste ouverte pour vous aussi. Le grand blond resta soigneusement caché derrière la porte, ne voulant pas montrer à Setsuna qu'il était suivi par une psychologue, car il pouvait s'avérer dangereux de lui montrer un signe de faiblesse.
- J'imagine qu'avec tout ce que Renji a dû vous raconter je dois paraître intéressante à analyser. Mais êtes-vous certaine de vouloir de moi comme patiente ?
- Je ne vois pas où vous voulez en venir Makai-san.
- N'avez-vous pas peur de vous retrouver enfermée dans votre bureau, toute seule avec moi, sachant à quel point je suis dangereuse ? Eiri porta une oreille attentive à la conversation qui devenait forte intéressante, quel danger pouvait-elle bien représenter ?
- Tsukameda-san est loin d'être un enfant de chœur et sans vouloir vous vexer, il est plus impressionnant que vous.
- Certes mais ce n'est pas une femme. Et c'est une figure maternelle qui vous a terrorisée enfant ; qui aurait dû se montrer aimante, douce, chaleureuse et compréhensive. Mais qui s'est avérée égoïste, égocentrique, colérique et violente. Vous êtes effrayée en ma présence, dès que je hausse la voix ou que je fais un geste brusque vous tremblez. Oh, rassurez-vous c'est léger, vous vous contrôlez bien, je pense que personne d'autre n'a remarqué.
- Comment ? Avez-vous fait des études de psychologie ? demanda Nagata sensei la voix et les mains tremblantes.
- Entre autres, comment croyez-vous que je sois devenue si bonne manipulatrice ? Pour rassurer son vis-à-vis la chanteuse répondit d'une voix douce et lui offrit un clin d'œil complice.
- Makai-sama, vous avez oublié de… La pauvre jeune femme qui venait d'intervenir se tut immédiatement sous la pression du regard noir que lui lançait la chanteuse.
- Appelez-moi encore une fois « sama » et vous êtes virée !
- Bien Makai-sam… Makai-san. C'est au sujet des papiers pour l'association, vous avez oublié de signer la dernière page du contrat. »
Avant de signer, Setsuna vérifia rapidement qu'il s'agissait bien d'un document dont elle avait pris connaissance. Son assistante la remercia et s'inclina au moins une dizaine de fois avant de repartir dans les locaux de l'association, à seulement deux portes du cabinet de Nagata sensei. La chanteuse s'apprêtait à dire au revoir à la psychologue lorsqu'elle entendit une voix sensuelle l'appeler « Seeeeeetsssuuuuunaaaaa ». Un homme d'une trentaine d'années adossé à un dormant lui souriait, ses cheveux ébène en bataille, il ne portait qu'un jean noir mettant à vue son torse musclé et nu. Mais ce qui interpella le plus Setsuna c'est la lueur de malice dans son regard.
« Aki, tu pourrais faire un effort pour t'habiller, comment veux-tu que mes employés se concentrent ? Le sourire de son vis-à-vis s'élargit plus encore. Qu'est-ce que tu mijotes ?
- J'ai besoin de toi pour finir un dossier, ma belle.
- Ah, non ! Là je rentre chez moi, je meurs de chaud, je n'ai qu'une envie c'est de plonger dans ma piscine !
- Demo (mais), j'ai vraiment besoin de toi, répondit-il de sa voix enjôleuse en lui montrant une coupe de glace.
- Tu comptes m'acheter avec un sorbet ?
- C'n'est pas pour t'acheter ma belle, c'est pour me faire pardonner. Puisque tu es gourmande je t'ai préparé trois boules, avec tes parfums préférés mais si t'en veux pas… Il laissa sa phrase en suspend, tout en caressant son torse avec la cuillère d'un geste aguicheur.
- Citron, cassis et noix de coco. Elle passa sa langue sur ses lèvres. Très bien, ce n'est pas comme si ma piscine pouvait s'envoler de toute manière. Je vous souhaite une bonne fin de journée Nagata sensei, on se retrouvera sûrement samedi.
- Bonne soirée à vous aussi Makai-san. Oui je serai présente pour assister à votre prestation de samedi. »
La chanteuse se dirigea vers Aki pour prendre son dû. Nagata sensei s'apprêtait à refermer la porte lorsqu'elle vit Eiri, durant sa conversation avec la jeune femme elle avait totalement oublié la présence de son patient. Ils se saluèrent et il sortit du cabinet. Tailleur-pantalon noir, et ce magnifique fessier. Oh ! Non ne me dites pas qu'il lui appartient ! Sous ses yeux la jeune femme de la librairie bataillait avec un homme pour prendre possession d'une coupe de glace, qu'elle ne mit pas longtemps à s'approprier mais en compensation le brun lui vola son chapeau, libérant ainsi ses longs cheveux violet foncé qui tombèrent en cascade dans son dos. La vision de Setsuna se délectant de sa première bouchée de glace confirma les doutes de l'écrivain, juste avant qu'elle ne referme la porte du bout du pied ne sans s'être aperçue de la présence du blond.
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Samedi soir lorsque les frères Uesugi et Shûichi arrivèrent à l'association la salle était déjà pleine. Journalistes, adhérents et fans de la chanteuse étaient présents en masse alors que le concert ne commençait pas avant une heure. Heureusement que Setsuna leur avait offert des places car le vigile refusait quiconque ne possédant pas d'invitation, le local ayant dépassé le nombre de personnes tolérées par la loi. Ils furent vite rejoints par Satomi, Mitsuki, Hiro et Suguru, Shûichi présenta les Makai à Tatsuha avant de partir en grande discussion avec la jeune femme brune. Au bout d'un quart d'heure Eiri sentit une migraine ainsi que quelques ondes meurtrières l'envahir, il ne supportait plus d'entendre les jérémiades de son frère qui n'en pouvait plus d'attendre l'arrivée de Ryûichi. Et se rendre compte de la complicité naissante entre son baka et Satomi ne l'aidait guère à se calmer. Il se sentait craquer, après tout enfoncer son point dans le crane de son cadet lui ferait le plus grand bien alors pourquoi s'abstenir ? Il retient son mouvement de justesse lorsqu'il reconnut l'homme se tenant à sa droite comme étant la personne avec qui Setsuna se chamaillait pour une coupe de glace, il avait l'air estomaqué. Intrigué l'écrivain suivit son regard pour comprendre ce qui le surprenait à ce point : Mitsuki.
« Impossible, murmura Aki en s'agenouillant devant l'enfant. Bonjour, c'est quoi ton p'tit nom ?
- Bonjour monsieur. Makai Mitsuki et vous ?
- Uchiran Aki, enchanté de faire ta connaissance, répondit-il avec un grand sourire, avant de murmurer, Kami-sama, Set nous a réellement cachée quelque chose d'aussi important.
- J'espère que ma fille ne vous embête pas, monsieur, intervient Satomi, un sourire innocent aux lèvres.
- Non pas du tout, c'est moi qui l'ai abordé. Elle ressemble tellement à une amie que j'ai cru que c'était sa fille, apparemment je me suis trompé.
- Ah ! Vous connaissez Setsu-nee-san alors ?
- Setsu ? petit rire nerveux. J'suis pas sûr qu'elle apprécie ce surnom.
- Elle le déteste, elle trouve que ça fait trop pelucheux. Elle a envie de m'étriper à chaque fois que… Satomi fut brusquement interrompue par Ryûichi qui se dirigeait vers elle en courant.
- Sat-chan ! Elle est où Set-chan ? demanda le chanteur, les yeux larmoyants, en s'agrippant désespérément aux bras de la jeune femme.
- Ne t'inquiète pas, vu l'heure elle doit sûrement être en train de se préparer pour son concert.
- Set se préparer ? Vous plaisantez ! Madame n'a rien trouvé de mieux à faire que de s'attaquer à un dossier pour l'assoc, les informa Aki avec une mine dépitée.
- Faudrait vraiment apprendre à ma sœur la définition du verbe « se reposer »…
- Tu parles d'une femme directrice d'une association, qui est chanteuse et en prime elle est sa propre manager et productrice. Kami-sama, Set cumule quatre métiers ! Les yeux d'Aki s'écarquillèrent lorsqu'il réalisa le sens de ses propres paroles.
- Ouais ben c'est pas gagné, ma sœur est vraiment tarée ! »
Ryûichi boudant un peu du fait que l'on dise du mal de sa Set-chan adorée, Satomi et Aki éclatèrent de rire. Ce dernier, à la demande de Mitsuki, emmena tout le groupe rejoindre la chanteuse. Ils la trouvèrent concentrée sur son ordinateur portable, Ryûichi hurla son prénom et se précipita sur elle au grand dam de Tatsuha. Surprise, Setsuna grogna légèrement avant de se préparer à réceptionner le boulet de canon humain qui lui fonçait dessus. Le chanteur s'accrocha à elle comme un koala à sa branche préférée, elle s'apprêtait à le virer sans ménagement mais changea ses projets sous le regard noir que lui lançait le cadet Uesugi. Un sourire sadique se dessina sur les lèvres de la chanteuse avant que l'expression de son visage ne reflète plus que la tendresse, elle se mit à caresser doucement le dos de son « animal de compagnie » et le serra plus fort contre elle.
« Je vois que tu m'as ramené de la compagnie, tu avais peur de que je m'ennuie Aki ? Le ton était doux mais le brun compris parfaitement le reproche sous-entendu dans ses paroles.
- T'aurais pu m'dire que t'avais une nièce, j'ai failli faire une crise cardiaque en la voyant ! » répliqua-t-il en montrant Mitsuki pour changer de sujet.
Ils discutèrent une dizaine de minutes, durant lesquelles Setsuna fit son possible pour agacer Tatsuha et garder l'attention de Ryûichi sur elle. Satomi et Shûichi s'entendaient si bien à présent qu'ils avaient l'air de vieux amis d'enfance, ce qui ne plaisait pas à l'écrivain mais comme à son habitude il ne dit rien préférant rester caché sous son masque d'impassibilité.
« Qu'est-ce qu'il y a Aki ? demanda la chanteuse intriguée.
- Quoi ? Rien… Je… Heu… Raaah ! Comment tu fais ?
- Tu tritures ton alliance à chaque fois que tu as quelque chose à me dire qui te rend nerveux.
- Pfff… Tu es trop observatrice. Ben c'juste que… je l'ai amenée.
- Quoi ?! s'étrangla Setsuna.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda un homme brun alerté par la voix anormalement haute de la chanteuse.
- Renji, ton meilleur ami est un abruti fini. Il a ramené sa femme, et après c'est moi qui suis sadique et cruelle !
- C'n'est pas vrai t'as pas osé faire ça ? Renji avait l'air complètement sidéré.
- Mais elle voulait te voir Set, depuis le temps que…
- C'est son idée à elle ? Le coupa Setsuna. Décidément les être humains sont tous masochistes !
- J'espère juste que ta femme restera tranquille, Aki, ramène tout ce petit monde. Set tu devrais aller te préparer il te reste à peine une demi-heure.
- Non, je veux rester avec Set-chan ! s'exclama Ryûichi en serrant la chanteuse de toutes ses forces.
- Désolée Ryû mais tu dois me laisser maintenant.
- Mais… Je…
- Tu n'oserais tout de même pas me dire non, Tenshi (mon ange) ? Le chanteur la lâcha et déposa un baiser sur sa joue avant de rejoindre les autres. Je préfère ça. Un sourire satisfait s'étira sur ses lèvres, qu'elle ne perdit pas lorsque Tatsuha se planta devant elle en la fusillant du regard.
- De quel droit vous… Le ton du cadet Uesugi était chargé de menaces.
- Tu n'as toujours pas compris, hein ? Ryû est à moi, abandonne. » Setsuna murmura ces dernières paroles à l'oreille du brun avant de partir vers son bureau.
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Aki installa les Makai, les Uesugi, les Bad Luck et Ryûichi dans un espace privé pour assister au concert, en leur expliquant que c'était le coin spécial invités. Ils prirent place près de Nagata sensei, seul espace libre pouvant tous les accueillir. Eiri n'était pas ravi de cette proximité mais à son grand soulagement la psychologue resta professionnelle et ne leur adressa qu'un simple bonjour général ne laissant pas deviner qu'ils se connaissaient. Alors qu'Aki prenait une femme brune dans ses bras et l'embrassa passionnément sous le regard énervé de Tatsuha.
« Non seulement Makai-san se joue de Ryûichi-san mais en plus elle se tape un homme marié, cette femme est vraiment une pourriture ! pesta-t-il à voix haute.
- Ma sœur ne couche pas avec Uchiran-san ! Satomi surprit tout le monde en se manifestant si agressivement, sa voix était grave et basse, ses yeux lançaient des éclairs.
- Très bien, alors pouvez-vous m'expliquer pourquoi c'est cruel qu'il ait amené sa femme ?
- Car aucune femme n'apprécie de n'être que la numéro deux dans le cœur de l'homme qu'elle aime. Setsu-nee-san laisse très peu de personnes entrer dans sa vie, mais elle devient la personne la plus importante pour eux. Uchiran-san et Renji-san en sont deux exemples, elle les connaît depuis qu'elle a huit ans, elle est comme leur petite sœur », ne put s'empêcher d'expliquer la jeune femme, ne supportant pas que l'adolescent traite son ainée de catin.
Au bout d'une vingtaine de minutes la salle fut plongée dans le noir le plus total, et les premières notes se firent entendre. Quelques lustres s'allumèrent plongeant le public dans une ambiance tamisée, au centre de la scène on découvrit sous un faisceau rouge Setsuna. Coiffée d'une demi queue de cheval, ses yeux « charbon noir » étaient clos, ses lèvres colorées d'un rose pale. Vêtue d'un simple débardeur bordeaux moulant, elle portait un seul gant noir au bras gauche remontant au dessus du coude, déchiré à plusieurs endroits. Un jean délavé et usé, lui aussi troué et tâché de rouge-brun comme quelques éclaboussures de sang séché complétait sa tenue. Pourtant habillée de «haillons» sa beauté était saisissante, elle dégageait un charisme fou. Sa voix se fit entendre chaude, sexy et envoûtante. Simultanément ses yeux s'ouvrirent brusquement, dévoilant une lueur prédatrice à en faire pâlir d'envie tous les plus grands félins, dans ses émeraudes légèrement plus foncées que d'ordinaire. Cette vision plongea toute la salle dans une admiration muette. Setsuna était aussi gracieuse et féline que prédatrice et dominatrice. Le mélange lui donnait un charme sensuellement dangereux et légèrement érotique.
Dans le coin spécial invités, Aki et Renji avaient les yeux humides tandis que Satomi et Ryûichi ne luttaient pas contre leurs larmes, les laissant couler silencieusement. Sans trembler ni sangloter, pas même un reniflement. Ce regard, cette aura ils avaient tant désespéré de les revoir, il n'y croyaient plus. Le bonheur les emplissait, ils étaient tout simplement heureux.
« Mais pourquoi vous pleurez, Ryûichi-san ? Faut pas se mettre dans un état pareil, Makai-san s'en sort bien mais à côté de vous elle fait pâle figure. »
Bien que lui même impressionné par la prestation de la chanteuse, Tatsuha essayait de rassurer son idole. Deux regards noirs le fusillèrent, effrayant surtout parce qu'il venait de personnes habituellement si douces. Une goutte de sueur froide coula le long de sa colonne vertébrale, arrachant un frisson au jeune moine.
« Onee-san n'a plus été comme ça depuis…
- Depuis la mort de Sakura-chan. »
Devant l'air sérieux de Ryûichi, la tristesse dans sa voix et le sourire qui s'étalait sur ses lèvres Tatsuha n'insista pas. Sur scène Setsuna poursuivit son show durant une heure et demi. Elle avait l'air d'une impératrice, elle dominait toute la salle et dans ses yeux chacun pouvait lire « Tu es mien. ». Cette sensation de lui appartenir n'était ni dérangeante ni oppressante, a contrario c'était rassurant comme si chacun pouvait s'abandonner à elle en toute sécurité.
Kanna Misuki est la responsable d'édition d'Eiri, c'est elle qui dans le manga vient chercher les manuscrits de notre écrivain préféré chez lui.
