Posté le : 22 Janvier 2013. Il neige !


Note : Eh oui, encore un chapitre en si peu de temps ! Étant donné que j'ai commencé à poster cette histoire en ayant rédigé tout ce qu'il se passerait avant l'arène, j'ai quand même pas mal de chapitres déjà prêts. Toujours grâce à vos votes, je peux prendre la température en ce qui concerne vos tributs favoris et mieux les faire évoluer dans les Hunger Games. Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à cette histoire. Je vous embrasse, D.

n. b. : A la question bonus du chapitre précédent ManoirMalfoys et SnowNeige ont répondu juste. Vous disposez donc de trois points pour le ou les tributs de ton choix. Il faudra juste me dire à qui vous les donnez via review à la fin du chapitre.

EDIT : Le personnage de Ferroh Sverre m'a été confié par Wor, celui de Evannah Abilgaard (originellement « Demetria ») par Ywena et celui de Ethan James par Jimmy.


CHAPITRE 6 : Les jeux d'alliance

Ferroh Sverre, District 11 – L'écriture et les arts picturaux, 18 ans

Je rejoins Séleucos et Trinity lors du déjeuner. Ils m'ont dit qu'il était désormais inutile de nous cacher car les autres semblaient déjà au courant en ce qui concerne notre alliance.

Nos portions de nourriture sont sciemment mesurées en fonction de nos besoins énergétiques. Trinity et moi, qui nous sommes rendus à la piscine en première heure, avons le droit à plus de féculents que Séleucos qui n'a que des légumes verts. J'imagine qu'il a sans doute passé son temps à des activités beaucoup plus cérébrales que la nage.

Je suis content de les avoir trouvés comme alliés car ils ont l'air plutôt fiables. J'ignore si une fois dans l'arène, nous accueillerons un quatrième membre à notre équipe, mais pour l'instant, je trouve ça parfait ainsi. Trinity trempe un morceau de pain dans sa sauce aux cèpes, apparemment conquise par le plat.

– Je crois savoir qui seront les alliés de Fay Pandorre, murmure Séleucos en se penchant vers nous.

Il lance un regard éloquent à Blue Kap, installée à une table seule, puis le colosse du District 3, Enris Kawel, qui discute avec sa partenaire de District. Rien ne les lie tous les trois, hormis peut-être le fait que Fay a parlé à Blue le soir dernier. Mais ça ne veut absolument rien dire. Pourtant, je fais confiance en Séleucos dont les déductions se sont toujours avérées justes jusqu'à présent.

Trinity mâche bruyamment son morceau de pain et je me demande si les caméras du Capitole sont en ce moment braquées sur nous. Je lève stupidement la tête vers divers recoins de la pièce en espérant voir un objectif. Je m'admets vaincu alors que l'instructrice des nœuds passe près de nous avec son plateau. Elle aussi a le droit à la ration de légumes verts.

Ce matin, mon mentor m'a averti que les différentes moissons seraient une nouvelle fois retransmises à la télévision. J'aurais donc la chance de pouvoir observer avec plus d'attention les réactions de mes rivaux. Lors de sa Moisson, Trinity était pétrifiée et regardait partout autour d'elle. Je pouvais sentir, même à travers l'écran, son affolement, comme si elle s'apprêtait à s'enfuir à tout moment.

Néanmoins, elle s'est laissée dignement guider jusqu'à l'estrade où son hôte l'attendait. Je n'ai pas vu celle de Séleucos, ni la mienne. J'imagine qu'ils ne passent régulièrement que les tributs qui leur semblent les plus intéressants.

Dans ce cas, la petite aveugle du 6 bat tous les records, talonnée de près par Blue Kap et Fay Pandorre – toutes deux volontaires, et enfin Noatak Oromy qui le doit sans doute à sa belle gueule. Je me demande si c'est un signe qu'ils auront plus de sponsors que les autres...

Demain soir aura lieu la grande Cérémonie où nous nous baladerons sur des chars devant tout le Capitole. Mon ventre se tord d'appréhension. J'ai peur d'être ridicule dans la tenue que m'aura confectionnée mon styliste. Je replace un de mes anneaux à mon oreille que j'ai failli perdre au fond de la piscine olympique puis m'attaque au dessert : c'est un délicieux fondant au caramel.

C'est vrai qu'ils nous soignent en tant que tribut. Je suis frustré de ne plus pouvoir me goinfrer comme la veille. La nourriture me manquera dans l'arène...

– À quoi tu penses ? demande Trinity avec un sourire jouant sur ses lèvres.

– Je me disais que ça serait dur de se nourrir dans l'arène.

– M'en parle pas, grogne-t-elle.

– Je me demande à quoi ressemblera l'arène cette année, ajoute Séleucos. Si y'aura des mutations effrayantes, ou des animaux complètement ordinaires comme lors des vingt-neuvièmes Jeux...

– Je pense qu'ils nous confronteront à des horreurs dignes de ce nom. C'est la seule chose dont je suis absolument certaine, répond Trinity. Au moins, on sera pas seuls.

Elle lance un regard équivoque et Séleucos et moi nous nous tournons vers le garçon du District 12 qui joue avec sa nourriture en se marmonnant des choses, éloigné de tous.


Ethan James, District 12 – Le théâtre, 17 ans

J'aime pas les Hunger Games. C'est toujours la même chose. Des gamins qui crèvent. Je me demande si ma famille me regarde en ce moment. Bien sûr que non, crétin. Ils ne te regardent pas. Tu ne comptes pas pour eux. Meurs dans l'arène, ils le fêteront avec les autres Districts de Panem.

Que pense Luth de moi ? de mon parcours ? Il est le seul sur qui je peux réellement compter. Il a toujours été là pour moi. Il ne joue que la comédie, tu le sais bien depuis le temps, non ? C'est un co-mé-dien. Comme tes parents, comme tous ces gens du 12 qui te regardent de travers. Tu te crois plus authentique qu'eux sans doute ? Non. Tu es strictement identique. Si tu veux t'en sortir dans les jeux, il faut que tu sois différent... que tu me laisses sortir de ta tête.

Je lève le nez de mon assiette et remarque le regard curieux que me portent les deux tributs du District 9 et celui du 11. Peut-être que si je leur montre à quel point je peux être utile, ils m'accepteront dans leur alliance. J'aimerais beaucoup être ami avec eux... En fait, créer des liens d'amitié dans les Hunger Games est sans doute ma dernière chance d'être normal, de faire tout comme un garçon de mon âge.

Je ne veux plus être guidé par cette voix dans ma tête. Elle devient trop dangereuse et je ne sais même pas à qui en parler. Au début, ce n'était qu'un jeu pour combler la solitude. Mais je me suis retrouvé pris dans mon propre piège. Luth aurait tellement honte de moi. Il doit me penser fou.

Pourtant, je lis dans le regard de la fille du 9 une once de pitié, comme une faille dans laquelle s'engouffrer. Je prends mon plateau et m'approche précautionneusement de leur table. J'arrive même à ignorer la voix dans mon crâne qui me hurle de faire demi-tour. Le môme de douze ans se décale et me laisse passer.

– Bonjour. Moi, c'est Ethan.

Le gars du 11 hésite un moment avant de serrer la main que je lui tends par-dessus la table. Il n'a pas l'air de savoir comment agir.

– Je m'appelle Ferroh Sverre, finit-il par dire.

Je le détaille un long moment : Il a des cheveux teints gris et courts, assez ébouriffés. Ses yeux sont d'un rouge bourgogne. Sa peau est parcourue de tatouages de formes tribales noirs, gris, bleu marine.

Celui allant de son front à son œil me déstabilise un moment. Encore un de ses crétins croyant être doués en art pictural. J'étouffe un grognement. Trinity me tend une cruche d'eau. Trinity. Oui, voilà, c'est ça son nom ! Je la trouve amicale sans réellement savoir pourquoi.

– J'espère que je ne vous dérange pas, je formule au bout d'un long silence inconfortable.

– Non, pas du tout, prononce un peu trop rapidement son partenaire de District.

Je sais que c'est faux, que je les dérange, qu'ils ne m'ont jamais invité implicitement à leur table. De toute manière, qui voudrait être ton ami ? Ethan, tu n'es qu'un garçon banal et sans aucun intérêt. Ils savent que tu vas mourir au bain de sang... Je plaque mes mains sur mes oreilles et me mets à gémir.

– Hey, ça va ? demande Trinity en passant une main dans mon dos.

Regarde comment elle s'adresse à toi. Elle t'imagine déjà sous terre dévoré par les vers. Tu n'es qu'un misérable insecte pour elle. Je retiens mes larmes et enfouis ma tête entre mes bras. J'entends Trinity appeler un instructeur qui accourt vers notre table.

Il m'emmène quelque part et je sais... je sais que si je veux gagner les Hunger Games, il faut que je laisse ma faiblesse au placard pour laisser IL briller sous les feux de la rampe.


Kiet Linj, District 6 – Les banques, 16 ans

Un instructeur emmène un tribut à l'infirmerie. De ma place, je n'ai pas très bien vu ce qu'il s'est passé, mais ça ne m'étonnerait pas que la fille du District 9 ait été odieuse avec lui. Elle doit sans doute s'imaginer très importante pour faire pleurer les autres.

Je cherche du regard Opale. Elle discute joyeusement avec le garçon du District 4. Ils ont passé toute leur matinée ensemble à l'atelier de survie. Je devrais sans doute m'y rendre après le déjeuner... Opale ne s'en sort pas très bien, mais tout à l'heure, elle a insisté pour que nous fassions notre entraînement séparément. Je crois qu'elle espère que je gagne pour nous deux.

Hier soir, en rentrant du dîner avec la Présidente, Opale m'a confié qu'elle ne voulait pas que je prenne de risques pour elle une fois dans l'arène, qu'elle se débrouillerait elle-même pour s'éloigner de la corne d'abondance. Je sais qu'elle n'y arrivera pas. C'est tout simplement impossible. Mais je lui ai promis et je ne brise jamais des promesses.

Un Muet sonne la cloche de la fin du déjeuner. Nous nous levons et déposons nos plateaux dans des casiers portant les numéros de nos Districts. Devant ceux-ci se trouve une instructrice qui vérifie si on a bien tout mangé. Elle jette un œil aux plateaux et renvoie Seven Glodith terminer ses légumes.

Pour nous autres, nous reprenons nos ateliers, sauf piscine qui a été interdite d'accès après l'heure des repas. Je m'oriente vers l'atelier survie où Cyl Vasdanci apprend comment rationner de la nourriture. Je m'agenouille à ses côtés et écoute les conseils de l'instructrice.

On passe ensuite à la construction d'un abri en cas de forte pluie. Elle nous donne des astuces pour bien l'orienter en fonction des vents et le rendre mobile ou détachable. Je sursaute légèrement en remarquant que depuis un bon moment déjà, Noatak Oromy est juste derrière moi, les bras croisés.

À la seconde heure, nous passons à l'orientation en milieu hostile. Nous avons différentes rubriques à lire, comme le repérage grâce aux étoiles ou à l'orientation du soleil. Ensuite, notre instructrice nous apprend à nous servir d'une boussole, mais elle passe rapidement dessus car elle est peu certaine que nous ayons la chance d'en avoir une une fois dans l'arène.

Aux alentours de quatorze heures et quart, je cherche Opale des yeux et ne la vois nulle part. Je dois faire deux fois le tour du gymnase pour entendre un rire discret provenant de l'atelier de camouflage. Je me penche, et là surgit Opale entièrement couverte de verdure. J'avoue être clairement impressionné et contemple son déguisement.

– C'est vraiment très réussi !

– C'est Gabi qui me l'a fait.

Elle se tourne et là, le garçon du 4 surgit près d'un rocher, la peau et les cheveux recouverts d'une terre argileuse imitation pierre. Si Opale ne m'avait pas dit qu'il était là, je ne l'aurais jamais vu.

– Tu veux qu'on te montre ce qu'on a appris ? propose Opale d'un ton guilleret.

J'hoche de la tête. Alors que son nouvel ami peint le contour de mes yeux, je ne peux m'empêcher de les trouver absolument insouciants. On croirait qu'ils s'amusent, que cet atelier n'est qu'un stand de kermesse où la pire chose qui puisse leur arriver est d'avoir un gros sac de friandises.

Une vingtaine de minutes plus tard, je suis méconnaissable. Notre instructeur semble particulièrement fier de Gabi qui rougit sous ses compliments. Nous levons finalement la main et deux Muets nous escortent jusqu'aux douches.

Une fois lavés, Gabi, Opale et moi nous nous rendons jusqu'à l'atelier réservé aux nœuds. Là, Nestine et Noatak Oromy s'essayent à différentes techniques. D'après leur exercice, je dirai qu'ils se situent aux modules 3 pour l'instant. Autant s'activer pour les rattraper.

Seven Glodith et Evannah Albigaard se joignent à nous et nous recevons de la part de l'instructeur cinq boîtes du module 1. Je profite de ce moment pour en apprendre un peu plus sur la vie des autres tributs. Nestine nous confie que son père avait obtenu plusieurs autorisations pour chasser dans les alentours du Capitole. Il capturait son propre gibier pour son restaurant.

Je me rappelle alors que Papa, Maman, Wanit, et moi nous nous y étions déjà rendus plusieurs années auparavant. Évidemment, je n'étais qu'un enfant et n'en ait que des souvenirs très vagues. Mais je sais que c'était le soir où Piam nous a présenté Cinna, le styliste dont elle est follement tombée amoureuse.

– Tu connais Cinna ? glapit Seven en croisant maladroitement son nœud. L'école de mode dans laquelle je veux me rendre porte son nom !

– Oui, c'était le petit-ami de ma grande sœur. D'ailleurs, elle a été choisie pour être styliste pour les Jeux cette année. Je me demande bien quel District elle a eu car ce n'est pas le mien, malheureusement.

– Elle doit être très douée, poursuit Seven. J'aimerais beaucoup être styliste... ou mannequin si on ne me reconnaît aucun talent.

– Et moi, ajoute Opale d'un ton léger, j'aimerais bien pouvoir voir ce que je porterai lors de la Cérémonie.

Gabi rit un bref moment avant de se taire en croisant le regard de Noatak. Il baisse la tête et tend sa boîte du module 1 avant de saisir celle du niveau suivant. Nestine reprend la conversation :

– Oh, et vous savez j'ai un petit frère qui s'appelle Peeta Junior. Vous croyez qu'on verra le vrai Peeta lors de la Cérémonie ?

– Je ne pense pas, minaude Opale. Il doit sans doute être dans son District à surveiller les choses.

– De quelles choses tu parles ? grogne Noatak en lâchant subitement son nœud. Parce que dans l'ancien District 12 il n'y a rien hormis des hectares de poussière, des demeures insalubres... et des prisonniers de guerre.

– Et qu'est-ce que t'en sais ? je réplique, plus par devoir de protection envers Opale que par conviction.

Noatak a un rire méprisant, hésite une seconde à répondre comme s'il jaugeait notre capacité à saisir ce qu'il s'apprête à prononcer :

– Parce que mon père a été envoyé là-bas.


Evannah Abilgaard, District 5 – L'architecture, 15 ans

Je jette un bref coup d'œil à Seven qui semble tout à coup affreusement mal à l'aise. Je mettrais ma main à couper que cette scène est retransmise en direct dans l'émission de Caesar. Je commence alors machinalement mes nœuds du troisième module alors que Kiet poursuit tête baissée sur ce sujet glissant :

– Il a fait quoi pour s'y retrouver ?

Pendant un moment, je crois que Noatak ne va pas nous le dire et simplement nous ignorer en changeant d'atelier. Mais contre toutes attentes, il nous explique :

– Ma famille a toujours été très proche du clan Snow. Disons qu'on leur a rendu pas mal de services et eux aussi. Durant la rébellion, ma mère et moi nous avons été séparés de mon père. Il a été emmené au tribunal révolutionnaire. Puisqu'il n'avait tué ou maltraité personne, on lui a laissé la vie sauve. Il a été ostracisé dans l'ancien District 12 pour haute trahison envers le peuple de Panem. (Il marque un temps d'arrêt durant lequel Gabi le dévisage avec une lueur étrange dans les yeux) On nous a alors enlevé notre fortune, nos terres, notre prestige... mais je ne garde qu'un très vague souvenir de notre vie d'avant. J'ai toujours vécu comme un gars normal, sauf que j'ai un nom d'aristocrate.

À le voir, à la façon dont il choisit ses mots avec soin, ça se sent qu'il accapare très peu la parole. Cette tirade doit lui coûter.

– Je crois que tout le monde a un peu payé durant la Révolte, prononce Gabi d'une voix mal assurée. Maintenant, le peuple de Panem désire de nous une sorte de... rédemption.

– Oui, mais... est-ce vraiment à nous de la payer ? fait remarquer Opale. Je veux dire... Je venais à peine de naître lorsque Snow est tombé. Je ne vois pas pourquoi j'aurais à payer pour ce que des gens ont fait bien avant nous et continuent de reproduire sous une autre forme...

– Opale ! s'écrie Gabi comme s'il craignait que le ciel commence à nous tomber sur la tête.

– Quoi ? J'en ai rien à faire que tout Panem entende cette conversation. En réalité, ils doivent l'entendre. Ils doivent savoir ce qu'on pense en tant que tribut. Nous sommes les premiers concernés, n'est-ce pas ? Alors autant qu'on nous donne la parole et je ne me contenterai pas d'une stupide interview devant le Caesar Flickerman's show. La vérité c'est qu'ils vont envoyer vingt-quatre enfants qui ont tous déjà souffert soit du système du Capitole, soit de la rébellion, voire des deux pour leur bon plaisir de vengeance. Et je m'en fiche de me mettre à dos les autorités. Je vais mourir au bain de sang. Rien ne peut m'arriver de pire...

– Ah, tu crois ça, prononce d'une voix dangereuse Noatak. Ils peuvent toujours mettre la main sur ta famille. Qu'est-ce que t'en sais si ce n'est pas déjà fait ?

Je vois Opale pâlir considérablement alors que Kiet tente de la prendre dans ses bras. Elle le repousse d'un geste déterminé et répond avec aplomb :

– Ils auront peut-être mon père, mais ils ne m'auront pas moi. J'ai beau ne rien voir, je me demande qui est le plus aveugle d'entre nous.

Opale se lève brusquement et se dirige à l'atelier consacré aux aiguilles et poisons où Trinity Meleen s'entraîne sur un mannequin sans faire attention à ce qu'il se passe autour d'elle. Seven semble toujours aussi mal à l'aise lorsqu'elle attaque le module 2 des nœuds, et je remarque que l'instructrice est anormalement absente. Oui, cette scène était filmée pour les Jeux.

Pris dans un élan narcissique, je me demande si je rends bien à l'écran, si je suis aussi belle que le jour de ma Moisson. Oh, et aussi comment je suis en maillot de bain puisque tout à l'heure j'étais avec les autres dans la piscine. Est-ce que des garçons de Panem ont fantasmé sur mon corps de jeune danseuse ?

Je me fais un rapide chignon et entraîne Seven avec moi vers l'atelier d'escalade. Deux instructeurs nous assurent tandis que nous grimpons. Seven est plus rapide que moi. Pendant la montée, j'espère lui arracher quelques mots à propos de son entente précaire avec Vulphy mais elle n'est pas très loquace, concentrée sur son objectif.

De là-haut, nous avons une vue imprenable sur le restant du gymnase : l'instructeur en chef discute avec deux tributs et en plissant des yeux je distingue les frères et sœurs Petrillus.


Axl Petrillus, District 7 – Les jeux, 14 ans

La piscine est toujours fermée. L'instructeur en chef ne veut prendre aucun risque. Ada et moi nous partons alors, résignés, vers l'atelier d'autodéfense où Lana Wypool exécute des mouvements saccadés. Nous nous asseyons sur le tapis en attendant que l'instructrice nous accepte.

À la fin de son exercice, Lana fait un clin d'œil à Ada, signe que sa proposition d'alliance marche toujours. Ada et moi nous en avons parlé à notre mentor, ce matin. Il a avoué être très sceptique.

Wren pense qu'il serait préférable que nous ne nous séparions jamais. C'est mieux pour attendrir les sponsors et plus fiable, car après tout, personne d'autre que moi ne prendra réellement soin d'Ada. Elle est toute petite, fragile, et un rien peut la faire pleurer. Si je laisse les autres tributs l'approcher et profiter de sa naïveté, ils la tueront dès qu'ils en auront l'occasion.

Et à travers Ada, c'est moi qu'ils cherchent à atteindre. Je meurs d'envie de m'expliquer avec Vulphy, que je devine l'investigateur de tout cela, mais il est formellement interdit de « s'en prendre à un autre tribut de quelque manière que ce soit ». Je sais que je ne pourrai pas conserver mon calme face à cet imbécile prétentieux. Je vais donc devoir attendre d'être dans l'arène... si j'ai l'occasion de survivre jusque-là.

Avec Wren, nous n'avons pas encore discuté de toutes les possibilités. La plus simple serait que Ada et moi mourions ou gagnions ensemble, mais dans les deux cas il faudrait un miracle.

Si Ada meurt avant moi, je serai absolument perdu car je me suis fixé pour unique objectif non pas de remporter les Jeux, mais de la protéger. Si je meurs avant Ada, je n'ose imaginer aux prises de quel esprit détraqué elle pourrait se retrouver. Elle est encore tellement influençable... Il faut que je lui fasse promettre de rester sur ses gardes. M'écoutera-t-elle réellement ?

Le garçon du District 2, Hason, et la fille du 11, Gwalenn, discutent un moment près de l'atelier réservé au tir à l'arc alors que Gabi Fedjmar décoche une première flèche qui rate de peu sa cible. Je me concentre sur la leçon d'autodéfense qu'on nous donne à Ada et moi. J'apprends une parade d'esquive, quelques feintes et comment jouer avec le poids de mon adversaire.

Peu de temps après que les Muets aient sonné la dernière cloche de la journée, l'instructeur en chef nous rassemble au centre de la piste principale. Djiena Ukiq dégouline de sueur tandis que d'autres semblent encore frais comme des pinsons.

Ils n'ont pas l'air d'avoir réellement saisi que d'ici quelques jours, nous serons dans l'arène. Je crois vraiment qu'ils prennent ce stage d'entraînement à la rigolade. Enfin, rira bien qui rira le dernier...

– Je suis plutôt satisfait de cette première journée d'entraînement. Demain, vous n'aurez que la matinée pour poursuivre vos ateliers. Après le déjeuner, vous rejoindrez vos stylistes qui s'occuperont de vous pour la Cérémonie de présentation au peuple de Panem. J'espère de vous distinction, honneur et sagacité. Ce soir avant de dormir, n'oubliez pas d'effectuer de derniers étirements afin d'éviter les courbatures. Ça serait regrettable. Vous pouvez disposer et rejoindre vos mentors et hôtes dans les appartements. Bonne soirée, tributs des douzièmes Hunger Games.

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Le sponsoring continue ! N'oubliez pas de voter pour votre tribut favori à la fin de ce chapitre. Et pour ceux qui ne votent pas, croisez les doigts pour que vos tributs favoris s'en sortent !

Bonus : Les personnes qui arriveront à donner deux réponses justes à cette question auront le droit à un double-point pour leur tribut préféré. Selon vous, quels tributs se retrouveront seuls une fois dans l'arène ?