Fandom : Bleach
Rating : T (13+)
Credits : l'univers et la plupart des personnages appartiennent à Tite Kubo. Certains des protagonistes sont de mon invention.
Warning : aucun.
Merci à Ywëna pour la bêta-lecture !
Donc désolée de poster aussi tard, mais j'ai eu quelques soucis de... timing avec ma bêta, dirons-nous x)
Sinon, je suis heureuse de vous apprendre ( pour ceux que ça intéresse ) que je n'ai foiré aucune de mes épreuves anticipées, donc je suis contente :3 Et je pars pour une semaine en vacances demain, sans ordi ( enfin, avec un ordi pour une famille de 5 ), donc ne vous attendez pas à ce que je donne signe de vie.
Merci à Miggyrow. Je t'assure que pour l'histoire du prénom du personnage de Smalville, c'est absolument involontaire, étant donné que je n'ai jamais regardé cette série de ma vie xD
Bonne lecture !
Chapitre 6
And THAT is an incident.
Akemi sortit dès qu'elle vit la porte s'ouvrir. Les autres familles grognèrent, mais la laissèrent passer. Lanae ne se réveilla pas. Cela l'inquiétait un peu : elle dormait depuis presque deux jours, maintenant.
Deux hommes se tenaient là, un blond aux cheveux très longs, à la bouche pleine de dents – c'était la seule façon qu'il y avait de décrire ça – et un autre, plus massif, à la tignasse grise – bien qu'il ne semblât pas plus vieux – coiffée étrangement. Ils portaient tous deux un kimono d'un noir d'encre et, à leur ceinture, un sabre.
La petite blonde s'avança vers les Shinigami en s'humectant les lèvres. Elle avait compris, dès qu'elles avaient été en sécurité – pour autant que l'on puisse être en sécurité dans cet endroit – qu'elles ne seraient pas tranquilles longtemps. Pas après que sa sœur n'ai fait littéralement exploser la maison où elles étaient, une partie de celles autour, et les hommes qui les menaçaient.
- Qu'est-ce que vous venez faire là ? demanda-t-elle avec brusquerie.
- Elle a bien une certaine force spirituelle, commenta l'un des soldats en noir.
- Oui, mais est-ce que... Hé, petite, tu étais là lors de l'explosion qu'il y a eu, il y a quelques jours ?
- On ne dit pas « petite », j'ai dix-neuf ans. Ensuite, oui, j'y étais. Pourquoi ?
Elle espérait sincèrement que sa voix était assez froide pour qu'ils ne remarquent pas l'appréhension qu'elle trahissait.
- Parce qu'alors, on aurait des questions à te poser, répliqua le blond.
- Du genre ? demanda Akemi en croisant les bras.
Ils échangèrent un regard.
- Peut-être pas ici, déclara l'homme aux cheveux gris.
Depuis trois jours, régulièrement, Lanae restait le soir. Akemi ne lui avait rien demandé, mais savait que sa sœur avait continué ses recherches dans le Rukongai, plus sérieusement car les disparitions s'étaient tellement multipliées que c'en était véritablement inquiétant. La rumeur avait commencée à se répandre que quelque chose rôdait au-dehors du Seireitei qui faisait s'évaporer les gens. Elle-même se faisait du souci.
Ainsi, cette fois-là, sur le chemin du bar, la petite troupe fut plus prudente qu'à l'accoutumée, et la plupart d'entre eux remarquèrent que Hayao les accueillit avec un soulagement à peine dissimulé. Lanae leur adressa de loin un sourire un peu forcé et continua son service tandis qu'ils s'asseyaient à leurs places habituelles.
Presque aussitôt, les buveurs habituels moins un – Kyoraku se tenait à l'écart, sévèrement surveillé par sa vice-capitaine – commencèrent à se saouler « comme il faut », c'est à dire que les premières bouteilles d'alcool se vidèrent en moins de temps qu'il n'en fallait à Yoruichi pour exécuter un Shunpo. Ladite Yoruichi s'était d'ailleurs une nouvelle fois incrustée sans que personne ne dise rien, et s'amusait beaucoup avec les autres.
Cependant, à peine une demi-heure après qu'ils soient entrés, Lanae vint les voir. Elle salua les Shinigami d'un air enjoué, mais elle semblait bizarrement sérieuse. Akemi fronça les sourcils et résista à l'envie de se lever pour aller voir sa sœur, qui arriva vite près d'elle.
- Dis-moi, tu n'as rien de prévu pour très tôt demain ? lui demanda l'albinos à voix basse.
- À moins d'un accident, non, pourquoi ? répondit-elle sur le même ton.
- Après qu'on les ait ramenés, tu viendras avec moi, lâcha la plus jeune en repartant vers l'autre côté de la salle.
La blonde la suivit du regard, intriguée, mais fut distraite par Mashiro qui commençait à se disputer avec Kensei. Elle se détourna, rangeant l'échange dans un coin de sa tête, et se plaça entre les deux protagonistes pour empêcher Muguruma d'étrangler sa vice-capitaine, sous le regard blasé de Lisa et rieur de Kyoraku.
Ils ramenèrent pour une fois tout le monde assez rapidement, surtout poussés par Lanae. Celle-ci se forçait à sourire, mais tous ceux qui étaient encore sobres remarquaient qu'elle n'avait absolument pas la tête à ça. Elles ne s'attardèrent même pas avec Lisa, car la cadette emmena presque en courant sa sœur à sa suite, vers des quartiers plus éloignés.
- Lana ! Lanae, tu vas m'expliquer, oui ? s'agaçait la blonde, énervée de devoir marcher aussi rapidement par la chaleur étouffante qui régnait à cette période.
- Tu comprendras quand on y a sera, répondit l'intéressée d'un air soucieux. Je suis tombée sur ça ce matin...
Elles s'arrêtèrent quelques centaines de mètres plus loin, dans une ruelle entre deux maisons. Un tas informe, à peine distinguable dans le noir, trônait au milieu. L'albinos s'arrêta, laissant à son aînée le temps de faire jaillir une petite lumière de Kido au bout de ses doigts, puis elles s'approchèrent.
Le tas étrange était en fait un amas de vêtements, dont certains étaient agencés étrangement, comme si on ne les avait pas défaits avant de les enlever. En dehors ce cela, c'était un spectacle des plus banals.
- Je suppose que tu as remarqué, commença la plus jeune.
- Oui, et ? Des vêtements dans la rue, ce n'est pas vraiment inhabituel, releva Kuhari en haussant un sourcil. Surtout ici.
Elles devaient se trouver dans les quartiers entre quarante et cinquante : si ce n'était pas encore une copie des bidonvilles humains, ce n'était certainement pas les endroits les plus propres et organisés du monde.
- Tu as aussi noté que c'était très silencieux ?
- Il est trois heures du matin, les gens dorment.
Le ton qu'elle utilisa laissait sous-entendre qu'elle aurait bien aimé faire de même.
- Non, répondit Lanae d'une voix curieusement atone. Ce n'est pas que les habitants dorment, c'est qu'il n'y a plus personne ici. Il y avait une famille de six ou sept personnes, ici, d'après les voisins. Du jour au lendemain, ils ont disparu.
- Quoi ?
- Et ceci, ajouta la jeune fille en désignant les habits, est tout ce que l'on a retrouvé d'eux, à quelques mètres par là, fit-elle en désignant un bout de la rue.
- Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? murmura la blonde, les yeux fixés sur le tas de vêtements.
La nuit ne lui apporta aucune réponse, mais elle commença à entrevoir certaines choses. Des choses qu'elle aurait préféré ignorer.
Yoruichi sortit du bureau d'Urahara en fulminant, se retenant d'écraser les pauvres soldats qui croisaient son passage. Si le blond avait fini par accéder en partie à sa demande et avait arrêté son étude du captif, il se refusait toujours à l'achever. Pourtant, il était visible que le Hollow – en était-ce vraiment un, finalement ? – agonisait et qu'il valait mieux le tuer plutôt que de le laisser souffrir, mais Kisuke n'arrivait pas à se résoudre à suivre son conseil. Il le traitait plutôt bien, par ailleurs, mais...
Shihoin expira bien fort en s'éclipsant d'un Shunpo, pour se rendre dans sa division. Pour une fois qu'ils étaient en désaccord, il fallait que ce soit sur quelque chose comme ça !
- Yoruichi-sama ? Où étiez-vous ? intervint une voix familière près d'elle.
- Chez Kisuke, répondit la capitaine d'une voix lasse, adressant tout de même un sourire à Soi Fon.
- Oh, fit simplement celle-ci.
Le « encore » sous-entendu fit grimacer sa supérieure. Elle savait qu'elle passait tellement de temps à essayer de le convaincre qu'elle en négligeait parfois ses devoirs, encore plus ses autres amis, mais ça lui semblait vraiment important. Du moins au début, car elle devait avouer qu'elle commençait à se décourager.
- Le capitaine commandant a envoyé un message, reprit la jeune fille. Il dit que, même si la neuvième division est sur l'affaire de ces événements, il serait bon d'avoir quelques observateurs de plus.
-Je vois. Combien de patrouille par jour avons nous, déjà ? réfléchit la capitaine à voix haute.
-Trente-deux, non ? répondit Soi Fon d'une voix hésitante.
-On va monter à trente-cinq, alors, déclara Yoruichi. Et remanier un peu les parcours, pour s'assurer de bien couvrir tout le Rukongai. Non, trente-sept, se corrigea-t-elle. Deux de plus dans le Seireitei aussi.
-Dans le Seireitei ? s'inquiéta sa garde du corps.
-C'est juste une mesure préventive, la rassura son idole avec un geste nonchalant et un sourire un peu forcé. Au cas où.
Ses paroles n'eurent pas l'effet escompté, loin de là, mais la petite brune ne dit rien de plus. Elle n'était pas idiote, et comprenait bien qu'il avait quelque chose qui couvait – seul un imbécile ne l'aurait pas vu. Tous les officiers étaient constamment sur le qui-vive depuis l'attaque de la seconde division, et ils avaient déjà augmenté le nombre de patrouilles. Mais elle se tut, et se contenta de suivre son capitaine vers son bureau, afin de mettre en place les changements qu'elles venaient d'évoquer.
Le lendemain, vers midi, le Seireitei entier était en effervescence. Lorsque Shinji vit arriver un messager de la seconde division à toute vitesse alors que lui même venait à peine de franchir les portes de sa division – il s'était pour une fois octroyé une grasse matinée légale et en avait profité – il comprit que les ennuis avaient commencé.
- Quoi ? demanda-t-il simplement.
- Le capitaine commandant souhaite une réunion d'urgence, déclara le messager. Il vous prie de vous rendre sur-le-champ à la première division.
- C'est bon, j'ai compris, maugréa Hirako. J'y vais.
Il ne passa même pas voir son vice-capitaine et partit immédiatement.
En arrivant devant les portes marquées du signe du chiffre un, il remarqua que les autres capitaines en avaient fait de même, même Kyoraku, qui pourtant était surveillé de très près par Lisa ces derniers temps. Tous affichaient un air grave. Sasakibe les invita à entrer juste au moment où il arrivait, et ils furent vite rejoints par les personnes manquantes, c'est à dire Kenpachi et Yoruichi. Ces derniers se mirent à leurs places habituelles respectives, et Yamamoto déclara la réunion ouverte.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire, Yama-jii ? demanda aussitôt le capitaine de la huitième division.
- Presque un quartier entier a été décimé par des Hollow ressemblant étrangement à celui que nous avons capturé il y a quelques semaines, répliqua le vieil homme. De plus, une patrouille était censée se trouver là-bas à ce moment-là, et nous n'avons plus aucun contact avec ses membres.
- Comment cela se fait-il que nous ne soyons alertés que maintenant ? demanda Love, étonné.
- Ils n'ont été détectés qu'il y a quelques minutes, ce qui leur a largement laissé le temps de tuer presque tous les habitants, répondit Yamamoto voix neutre.
- Les mêmes Hollow ? interrogea Ginrei Kuchiki après l'instant de stupeur général.
- Pas exactement, mais avec les mêmes caractéristiques, répondit Urahara. C'est à dire qu'ils semblent trop humains pour être des Hollow naturels.
- Donc quelqu'un les fabriquerait ? comprit Kyoraku.
- On dirait, acquiesça le blond.
- Et des Shinigami disparus... murmura Rose.
- Ce serait lié avec les autres disparitions ? songea Shinji à haute voix.
- Capitaine de la neuvième division Muguruma Kensei ! intervint le capitaine commandant, empêchant les autres d'interroger Kisuke plus avant.
- Oui !
- Vous et vos hommes allez vous rendre dans le secteur attaqué, ordonna le vieil homme. Voyez si vous trouvez des indices à ce sujet. Quant à tous les autres, mettez vos divisions en garde et soyez prêts à vous battre à tout instant.
- Bien ! commenta Kenpachi (1) en souriant de toutes ses dents.
- On dirait qu'il va y avoir des problèmes, remarqua doucement Ukitake à l'adresse de son ami de toujours.
Celui-ci lui adressa un hochement de tête las qui ne parvint pas à masquer son regard scrutateur. L'autre fronça les sourcils, comme pour lui dire d'arrêter de s'inquiéter en permanence pour lui, mais le brun secoua imperceptiblement la tête, et son ami abandonna. Shunsui ne cesserait de s'inquiéter pour son état de santé que lorsqu'il lui aurait annoncé lui-même, appuyé par Unohana, qu'il était guéri et n'aurait plus ces accès de toux ravageuse. Autant dire que ce n'était pas pour tout de suite.
Yoruichi, à l'autre bout des rangs, resta silencieuse, mais fixa Urahara avec un regard d'une telle intensité que celui-ci finit par se sentir mal.
- Contentez-vous de faire ce que je vous dis, reprit Yamamoto. La séance est levée !
Shinji n'ajouta rien, mais un pli soucieux barrait son front. Si ce qui s'était attaqué aux habitants du Rukongai prenait à présent des Shinigami pour cible, ils avaient un très sérieux problème sur les bras, car cela signifiait que les agresseurs étaient devenus assez puissants pour se permettre de s'attaquer à des proies nettement plus grosses que de simples âmes.
Les seuls encore à l'abri semblaient être les officiers. Et ce n'était même pas sûr...
Akemi s'était rendue en fin de matinée à la cinquième division, sachant que le capitaine n'y serait pour une fois pas. Elle espérait ainsi passer un peu de temps en compagnie de cet homme qui la fascinait, Sosuke Aizen.
Elle quitta sa division après s'être assurée que personne n'avait besoin d'elle, mais c'était, pour une fois, un jour plutôt calme. Elle put donc se rendre en toute tranquillité jusqu'au bureau que les deux hauts officiers de la cinquième division partageaient, pour une fois sans subir la tension qui y régnait perpétuellement ces temps-ci.
- Bonjour, vice-capitaine Aizen ! salua-t-elle d'un ton enjoué.
Le brun lui répondit d'un sourire étrangement las, puis posa son stylo et se redressa, faisant ainsi involontairement craquer ses vertèbres. La jeune femme se demanda fugitivement depuis combien de temps il était là, à travailler. Il avait l'air épuisé, malgré une satisfaction visible d'origine totalement inconnue.
- Kuhari-san. Comment allez-vous ? demanda-t-il poliment, sans cesser de sourire.
- Bien. Et vous ? répondit-elle en tirant tranquillement une chaise pour pouvoir s'asseoir en face de lui, rougissant un peu mais essayant de garder la tête froide.
Leur première entrevue avait été des plus étranges, et depuis, il gardait pour elle cette étrange aura de mystère : elle était persuadée qu'elle pourrait le comprendre, pourtant, mais il restait presque impossible à appréhender. Mais, en après quelques années passées au service du Gotei 13, elle avait peu à peu oublié sa première impression et ses multiples fouilles dans sa vie pour s'intéresser à lui. Lui, en tant que personne, physiquement et mentalement, avec qui elle pouvait discuter, qu'elle pouvait toucher. Et ça avait été le début d'une véritable obsession.
- Disons que j'ai du mal à dormir, en ce moment, avoua-t-il, ne faisant que confirmer l'évidence déjà indiquée par ses cernes. Avec tous ces événements étranges, auxquels notre capitaine semble beaucoup s'intéresser, il y a une surcharge de travail assez importante. Sans mentionner le fait qu'il ne passe plus beaucoup de temps à m'aider.
Sa voix laissait transparaître une certaine rancœur que la blonde choisit d'ignorer. Elle n'était pas là pour dire du mal de Shinji – même si ce n'était pas une activité qu'elle détestait.
- Vous n'êtes donc pas libre ce soir, je suppose ? lâcha-t-elle d'un air faussement dégagé.
Le brun haussa deux sourcils amusés et étonnés.
- Non, pas vraiment, répliqua-t-il d'un ton amusé. Peut-être une autre fois ?
Akemi sentit ses joues devenir cramoisie, mais elle réussit à sourire sans avoir l'air trop bête.
- Peut-être, oui, bafouilla-t-elle, essayant de cacher sa joie.
Il n'avait pas dit non !
Elle aurait put jurer, à ce moment là, que le sourire presque attendri d'Aizen l'aurait littéralement faite fondre sur place si elle ne s'était pas obligée à regarder ailleurs.
Elle continua à discuter un peu avec lui, et ils échangèrent quelques banalités sur le temps ou les derniers potins, puis elle s'excusa de l'avoir dérangé et partit en sautillant presque. Elle se calma à peine lorsqu'elle remarqua qu'il se passait quelque chose d'important et d'inquiétant, et ce ne fut que lorsqu'elle arriva sous la fenêtre habituelle, accompagnée de Lisa, qu'elle reprit son sérieux.
L'amusement qu'avait affiché le vice-capitaine jusque là se transforma en une grimace moqueuse lorsque la jeune femme fut sortie. Il n'aurait pas dit qu'elle était niaise, mais elle le décevait presque. Akemi Kuhari était loin d'être une imbécile, et elle avait plus d'éléments en main que la plupart des personnes autour de lui à force de fouiller dans sa vie – à part, évidemment, Shinji Hirako, et peut-être Kisuke Urahara. Et pourtant, cette étrange affection qu'elle avait développée pour lui l'aveuglait, et la rendait incapable de comprendre.
Il soupira. Il se demandait bien, d'ailleurs, comment elle avait fait pour tomber amoureuse de lui. S'il se souvenait bien, la première fois qu'elle lui avait parlé, il était dans une colère noire. Et elle avait quand même réussi à s'attacher à lui... Vraiment, cette fille était totalement tordue.
En y pensant bien, ça l'arrangeait.
-Voilà donc de quoi il retourne, acheva Unohana à l'adresse de Yamada et Kuhari.
Elle avait réuni sa division sitôt que la réunion des capitaines s'était terminée et leur avait exposé la situation dans les grandes lignes. Lorsqu'elle leur avait annoncé que le port de leur Zanpakuto était obligatoire, cependant, la plupart avait compris que c'était plus sérieux qu'elle ne voulait bien le dire il ne servait néanmoins à rien de trop alerter ses subordonnés. Elle avait ensuite demandé aux deux premiers sièges de la division de la suivre et leur avait expliqué plus en détails ce dont il s'agissait.
- Les Hollow sont-ils vraiment les seuls ennemis ? interrogea le brun.
- La multiplication soudaine d'un seul type de Hollow semble indiquer qu'il y aurait quelqu'un derrière tout cela, mais sans plus d'informations, nous devons nous concentrer sur la défense, expliqua la capitaine.
- Et les habitants du Rukongai ? s'enquit Akemi.
- Ta sœur s'en sortira sans mal, ne t'inquiète pas, esquiva la brune tout en répondant à la question muette de sa subordonnée.
L'expression à moitié indignée de cette dernière montra qu'elle n'était pas dupe, mais elle n'ajouta rien. Elle ne pouvait pas assurer la défense des habitants de la ville à elle seule.
- Nous allons envoyer deux unités de terrain en soutien à la neuvième, annonça Retsu après un court et lourd silence. Aucun de vous deux, car nous aurons besoin de vous en cas d'attaque ici. Seinosuke, je te laisse le soin de choisir.
- Bien, capitaine, s'inclina le brun.
- Et moi ? interrogea Kuhari d'une voix légèrement tendue.
- Prends quelques personnes avec toi et assurez vous que tous les dispositifs d'urgence sont prêts, ordonna Unohana. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, ni même quand, aussi devons-nous être sur le qui-vive.
- Bien, capitaine ! salua la blonde avant de sortir à la suite du vice-capitaine.
Retsu expira doucement. Elle avait un pressentiment. Rien de défini, simplement quelque chose qui la titillait, à la limite de sa conscience. Et à chaque fois que cela s'était produit, la suite des événements avait confirmé ce que son instinct avait tenté de lui dire quelque chose se préparait. Quelque chose qui allait avoir un impact impensable sur leurs vies à tous.
La brune empoigna Minazuki d'un air résolu et sortit à son tour aider ses soldats.
Lanae dépassa les dernières maisons du Rukongai avant le Seireitei d'un pas raide et rapide. Les murailles avaient été abaissées, mais cela n'avait rien d'étonnant, vu le massacre qui avait eu lieu...
L'albinos se dirigea vers les gardes qui encadraient le gardien. L'air grave qu'ils arboraient tous la fit frissonner d'appréhension. Une file de Shinigami s'étendait entre eux, devant la porte, avançant lentement à l'intérieur. Elle se plaça dedans, mais fut arrêtée par un des hommes qui gardaient la porte.
- Pas vous, dit-il d'un ton dur. Vous n'avez rien à faire là.
- J'étais en permission, mentit-elle. Je suis revenue en entendant ce qu'il s'est passé.
- Bien essayé, mais avec la cri... avec ce qu'il se passe, personne n'a eu de congé, répliqua le garde. Partez d'ici maintenant ou je fais prévenir des hauts placés.
La jeune femme songea fugitivement que les hauts placés en question devaient être les capitaines et vice-capitaines, qui la connaissaient presque tous, et qui donc pourraient la faire entrer, mais elle écarta cette idée presque aussitôt. Ce n'était sans doute pas le moment de faire un scandale.
- Je me contenterai d'une information alors, dit-elle en se résignant à sortir du rang. Où est le troisième siège de la quatrième division, Akemi Kuhari ?
- De quel droit demandez-vous cela ? s'enquit-il impérieusement
- Parce que c'est ma sœur, rétorqua Lanae. Je viens pour la voir, mais si je ne peux pas rentrer, ayez au moins l'amabilité de me dire où elle est ! Et, par la même occasion, expliquez-moi les mesures prises.
- Vous rêvez debout, railla le garde.
- Et vous vous allez bientôt rêver par terre, grinça l'albinos, alors vous allez me répondre.
- Impossible, soupira-t-il, visiblement agacé de devoir perdre son temps avec elle. Dégagez, maintenant, s'il vous plaît.
Elle faillit répondre quelque chose du genre « Et si ça ne me plaît pas ? », mais s'abstint, pinça les lèvres et partit d'un pas rageur. S'attaquer à un Shinigami ne serait pas la meilleure chose à faire, surtout vu la tension qui semblait régner. Elle pouvait cependant deviner que sa sœur n'était pas sortie du Seireitei, bien qu'elle ne puisse pas percevoir sa « signature » spirituelle à cause du Shakonmaku. Elle était donc, théoriquement, en sécurité, ce qui la soulagea un peu.
Lanae finit par se calmer lorsqu'elle eut parcouru presque tout un quartier, à force de se dire que cet homme ne faisait qu'obéir aux ordres – même si il aurait pu être plus poli.
Elle avait donc les mains libres pour essayer de comprendre ce qui était arrivé par elle même.
(1) pas le Kenpachi actuel, mais celui d'il y a cent ans, Kenpachi Kiganjo.
Voilà, j'espère que vous avez apprécié ^^
