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Nouvel OS écrit pour la communauté 31 jours.

Titre: Quand le sexe vient aux anges

Jour/Thème: 23 novembre - puberté

Personnages : Milo x Camus

Disclaimer: Tout à M. Kurumada, Shueisha, Toei.


Quand le sexe vient aux anges

- Debout là-dedans !

Camus du Verseau pousse un cri étouffé sous le poids des septante et un kilos adolescents qui se sont abattus sur le drap, lui coupant à la fois ses rêves et sa respiration.

- M'lo…

- Comment t'as deviné ? clame avec surprise la voix claire du jeune Scorpion.

- Il n'y a que toi qui viennes ici jouer les réveils-matin.

En fait, ce n'est pas vrai. Mais Camus ne veut pas avouer que son ami est le seul à pouvoir s'approcher assez près pour le surprendre en plein sommeil, que n'importe qui d'autre serait repéré comme une menace.

- Pfff, renifle l'adolescent grec, qui se remet à gigoter, jouant gaiement du trampoline sur le matelas et sur sa victime.

- Arrête ça ! se plaint Camus, secoué au-delà du raisonnable.

Il aime le calme et le silence, lui. Pour réfléchir, lire, et surtout, surtout pour se réveiller en douceur au son de la musique classique.

- D'abord, interroge-t-il, que fais-tu dans mon Temple de si bonne heure ? Toi qui est toujours le dernier à te lever…

- Ça dépend si j'ai découché ou pas, ricane Milo, se régalant d'observer son pudique ami rosir adorablement à l'idée sous-entendue.

- Tu sais, à ton âge, tu ne devrais pas… entame prudemment le Verseau, luttant pour se redresser enfin hors des draps dans lesquels l'agitation de Milo le maintient captif.

- Quoi, à mon âge ? s'enflamme aussitôt l'adolescent, boudeur. Justement ! C'est le bon âge pour expérimenter… C'est normal ! Et puis, tout le monde est fou de ma beauté, je profite de l'occasion !

- Pas tout le monde, le coupe Camus, sourcils froncés d'agacement devant cette auto-louange habituelle de l'ego bien conséquent de Milo, et ressentant un pinçon bizarre au cœur qu'il refuse d'analyser plus avant.

La mine du Scorpion s'allonge derechef.

- Tu me détestes alors ? geint-il, réussissant superbement à produire une humidité instantanée dans ses grands yeux d'azur.

- Mais non ! proteste le Français, estomaqué de tant de mauvaise foi. Cela n'a rien à voir ! Oh, et puis zut, laisse-moi me lever.

Pour Milo du Scorpion, cela a au contraire tout à voir. Camus est d'un aveuglement remarquable aux appels amoureux, vibrants de son meilleur ami, et aussi très sourd aux appels de son corps qu'il doit pourtant avoir comme chaque adolescent bardé d'hormones joyeusement frétillantes…

Non ?

On ne le dirait pas à voir le fin visage sérieux de Camus, ravissant mais empreint de la sagesse précoce et du détachement de soi seyant à tout bon moine d'une communauté religieuse.

Cela va encore être une tentative de rapprochement pour rien, déplore en lui-même le jeune Grec, prolongeant un peu le plaisir en restant affalé sur son Camus, respirant l'odeur fraîche de son cou et jouant avec une mèche de cheveux indigo.

L'autre se recroqueville un peu sur le côté mais ne proteste jamais vraiment, et cela donne le courage à l'adolescent de continuer inlassablement sa parade scorpionnesque de séduction.

- Milo, l'interrompt suspicieusement le ton assourdi du Français. Milo, il y a quelque chose qui sent le brûlé… Tu as…

- Oh, par Zeus ! braille l'envahisseur arachnide. Les œufs ! Je voulais te faire une surprise, un petit-déjeuner et…

Le Scorpion disparaît en un éclair, pressé de sauver sa production culinaire douteuse, et Camus soulève le drap avec un regard parfaitement rancunier à son entrejambes.

- Traître, murmure-t-il.

Quelle excuse va-t-il trouver la prochaine fois pour masquer ce corps qui n'est pas du tout dédaigneux à l'appel de l'âge, et surtout à la drague effrénée de Milo ?

Il ne veut rien de tout cela, lui. C'est plus facile de rester un enfant, pur et innocent de ces choses compliquées.

Cela ne risque pas de salir la relation étrange et privilégiée qu'il a avec son meilleur ami. Il ne veut pas que Milo le voit comme les autres, tous ceux ou toutes celles qui le mettent dans son lit seulement pour son physique. Et puis que Milo l'abandonne sans remords après une nuit, une fois obtenue la virginité qu'il convoite.

- Camus, c'est bon, j'ai tout sauvé ! glapit le timbre triomphant du Grec. Tu peux venir manger !

- J'arrive, répond le dormeur, bien assuré que tout est rentré dans l'ordre des convenances sous son caleçon, comme il se doit pour un insensible Chevalier des glaces.

Maudites hormones. C'était vraiment plus simple avant.

Il déteste la puberté.