Bonsoir à tous !
J'ai du batailler ferme avec mon ordinateur pour pouvoir poster ce chapitre.
Il rame, il plante… bref il m'agace au plus haut point et m'a fait perdre beaucoup de temps. Donc, je m'en excuse,mais je ne ferais pas de réponse aux reviews aujourd'hui.
Elles m'ont fait très plaisir, mais je n'ai vraiment pas le temps d'y répondre !!
Bonne lecture à vous tous !!
Rendez-vous au prochain chapitre !
oOoOoOoOoOoOo
Chapitre 6 : MissionLorsque Océane ouvrit les yeux ce matin là, elle mit un peu de temps avant de reconnaître l'endroit où elle était. Cela lui arrivait à chaque retour chez ses parents… La jeune femme se redressa alors dans son lit, fixa le réveil qui se trouvait sur la table de chevet et esquissa un faible sourire. Il était encore tôt, mais elle sentait qu'elle ne pourrait plus se rendormir, elle avait encore cette habitude d'écolière de se lever de bonne heure.
Néanmoins, la jeune femme réajusta les draps sur elle et ferma les yeux pour profiter encore un peu du calme de ce début de matinée, elle avait besoin de réfléchir. Elle n'avait pas tellement eu l'occasion de le faire la veille. Les retrouvailles avec ses parents s'étaient faites sur le quai de la gare. Elle était contente de les voir après tout ce temps, mais comme à chaque fois qu'elle restait si longtemps éloignée d'eux, elle mettait un petit temps avant d'être totalement à l'aise avec eux. Et puis, surtout, elle ne savait pas trop quoi leur raconter. Sa vie était sensée être banale… Il était bien évidemment hors de question de leur parler de Sirius !! Océane se mit à sourire en imaginant la tête que pourrait avoir ses parents si elle leur annonçait qu'elle avait un petit ami. S'ils ne mourraient pas tous les deux sur le coup, ils la consigneraient sans doute dans sa chambre jusqu'à ce qu'elle soit trop vieille pour pouvoir plaire à quiconque. Et c'était bien évidemment un cas de figure que la jeune femme refusait tout net d'envisager.
D'ailleurs, elle avait passé une bonne partie de la nuit à réfléchir au moyen de pouvoir aller le retrouver dans la journée et elle était assez fière d'elle-même. Elle espérait seulement que ses parents se laisseraient berner. Totalement réveillée désormais, la jeune femme se décida alors à quitter son lit. Elle enfila rapidement sa robe de chambre et se rendit dans la salle à manger. Il n'y avait pas de bruit, tout était calme. Lorsqu'elle entra dans la pièce, elle respira à plein poumon les délicieuses odeurs de son petit déjeuner que Moraz, leur elfe de maison avait dut s'efforcer de garder au chaud pour elle. Elle s'installa à la place qui lui était réservée et regarda un petit moment toutes ses bonnes choses qui se trouvaient devant elle. Puis, elle tendit la main pour se saisir de la théière et se servit un large bol. Elle allait attraper son premier toast quand la porte s'ouvrit à nouveau, sur Flumena Daquaria cette fois.
Océane ressemblait énormément à sa mère. Elle avait hérité d'elle ses longs cheveux blonds et ondulés et ses grands yeux bleus. Et, même si on ne pouvait pas les confondre, il était indéniable qu'elles étaient mère et fille. Flumena se mit à sourire en apercevant sa fille.
- « Tu es déjà levée ? » s'étonna-t-elle en s'approchant pour poser un baiser sur son front.
- « Oui, j'ai encore le rythme des examens ! » lui répondit la jeune femme en soupirant.
- « Oh, je te fais confiance pour corriger tout ça rapidement ! » lui rétorqua alors Flumena en prenant place non loin d'elle.
- « Papa n'est pas là ? » demanda Océane après un moment.
- « Non, il travaille beaucoup en ce moment, il est obligé de partir tôt…Et il rentrera tard ce soir… »
La jeune femme hocha doucement la tête. Si son père n'était pas là de la journée, il y avait peut être une chance que son plan fonctionne mieux que prévu… Il était tellement méfiant par moment…
- « Maman, tu as prévu que nous fassions quelque chose aujourd'hui ? » demanda-t-elle alors d'une voix toute innocente, calme et neutre.
Il ne fallait pas attirer les soupçons.
- « Non, je me suis dit que pour ton premier jour à la maison, tu aurais envie de rester calmement ici. Pourquoi ? »
- « Parce qu'avec une de mes camarades de classe, Beth, on s'était dit que pour fêter la fin de notre année scolaire, on pourrait passer la journée à Londres toutes les deux. » mentit la jeune femme avec brio.
Elle avait répété son mensonge une bonne partie de la nuit.
- « Tu comprends, il s'est passé peu de temps entre la fin des examens et notre départ et comme elle va poursuivre ses études à l'étranger, on ne se verra plus beaucoup. Alors j'avais envie de la voir… »
- « Tu ne nous a jamais parlé de ton amie Beth dans tes lettres… » se contenta de répondre Flumena d'un air grave.
- « Tu es sûre ? » s'étonna faussement Océane « Elizabeth Whisp… Elle est à Serdaigle et de la même année que moi ! »
- « Peut être… » souffla Flumena « Je ne m'en souviens plus. »
Il y eut un moment de silence durant lequel Océane attendit que sa mère prenne la parole, mais voyant que cette dernière ne semblait pas avoir envie de prendre la parole, elle prit les choses en main.
- « Alors, tu es d'accord ? » demanda-t-elle.
- « D'accord pour quoi, ma chérie ? »
- « Pour que je passe la journée avec Beth à Londres… » lui rappela poliment la jeune femme, bien qu'elle sache pertinemment que sa mère ce souvenait très bien de ce dont elle lui parlait.
- « Tu sais Océane, je ne suis pas sûre que ce soit bien prudent que deux jeunes filles se promènent seules dans Londres… » commença Flumena.
- « Maman ! Je t'en prie ! Je suis majeure maintenant et on restera sur le Chemin de Traverse ! Je rentrerais avant la nuit, si tu y tiens… »
- « Je ne sais pas trop ce qu'en penserait ton père… »
- « Je ne suis plus une enfant ! » rétorqua alors Océane.
Elle commençait à craindre qu'on ne la laisserait pas quitté la maison… Elle fixa sa mère d'un air suppliant et fut bien soulagée de voir un sourire naître sur son visage. Elle savait qu'elle venait de gagner la partie, mais tâcha de ne pas trop montrer combien elle était contente.
- « C'est d'accord, mais promets-moi que tu ne feras pas de folies et que tu ne rentreras pas trop tard. » lui recommanda sa mère.
- « Promis ! » assura la jeune femme qui sentait déjà son cœur s'emballer.
Elle se dépêcha de terminer son petit déjeuner et eu toutes les peines du monde à ne pas courir pour se rendre dans la salle de bain pour se préparer. Elle fut prête en un rien de temps, bien qu'elle ait pris grand soin de choisir sa tenue. Elle allait rejoindre Sirius, elle avait donc très envie d'être jolie. Elle attrapa rapidement un sac à main et passa dire au revoir à sa mère qui se trouvait dans le salon avant de partir. Océane n'écouta que d'une oreille distraite les recommandations que lui répétait sa mère, son esprit était déjà ailleurs. Elle sortit un peu de sa torpeur quand sa mère posa un baiser sur son front. Elle lui offrit un beau sourire et sortit de la maison. Elle traversa son jardin d'un pas rapide et transplana sitôt que ce fut possible.
Immédiatement, elle se retrouva devant l'immeuble de Sirius. Son cœur battait à une vitesse folle et elle se sentait sourire sans pouvoir le contrôler. Elle monta les marches deux à deux et se trouva bien vitre devant la porte de l'appartement du jeune homme. Elle prit quelques secondes pour réajuster sa tenue et frappa quelques coups à la porte. Il y eut un petit moment durant lequel, il ne se passa rien. Là, Océane se figea une seconde. Elle était tellement contente d'avoir trouvé une excuse pour partir de chez elle qu'elle avait oublié de prévenir Sirius qu'elle allait venir. Il n'était peut être pas chez lui. Elle sentit une petite vague d'agacement la gagner. Elle frappa une nouvelle série de coups et attendit une nouvelle fois. Elle allait se résigner et partir en se demandant quelle excuse elle pourrait bien donner à sa mère concernant son retour si rapide chez elle quand la porte s'ouvrit sur un Sirius encore endormi.
Océane le regarda un petit instant avec surprise. Il avait les yeux à peine ouverts, les cheveux dans un désordre ahurissant, il ne portait qu'un caleçon et avait la marque des draps encore imprimées sur ses joues.
- « Euh… Bonjour ! » souffla Océane en constatant qu'il semblait la fixer sans la voir.
Sirius eut effectivement un sursaut et ses yeux s'ouvrirent quand il la reconnut.
- « Océane ?! » s'exclama-t-il « Par Merlin, mais qu'est-ce que tu fais là ? »
- « Je suis venue te voir ! » lui répondit-elle d'un air amusé « Dis moi, tu comptes me laisser sur le pas de la porte ? »
- « Non ! Bien sûr que non ! Entre ! » lui lança-t-il alors pour la laisser passer.
Tandis qu'elle se glissait près de lui pour entrer dans son appartement, elle en profita pour lui voler un rapide baiser avant de se rendre dans le salon.
- « Tu dormais encore ? » demanda la jeune femme en se tournant alors vers lui.
- « Je dors toujours à cette heure là ! » lui répondit-il dans un bâillement. « Par Merlin, Océane il est à peine 09 h 00 ! Si ça n'avait pas été toi sur le seuil de ma porte, je serais retourné me recoucher sans même écouter la personne qui aurait osé me réveiller ! »
- « Je suis flattée d'avoir droit à tant d'égards ! » se moqua-t-elle gentiment en s'approchant de lui doucement.
- « C'est normal ! Tu es de loin la plus jolie de toutes les personnes qui me dérangent le matin ! » lui répondit-il avec un petit sourire en coin.
Océane se mit à rire doucement et passa doucement sa main sur son visage qu'une barbe naissante rendait un peu râpeux.
- « Que me vaut le plaisir de te voir de si bon matin ? » lui demanda alors le jeune homme en posant sa main sur la sienne.
- « J'avais envie de te voir… Pour bien commencer mes vacances ! » lui répondit-elle.
- « C'est une excellente raison je trouve ! Maintenant que tu es en vacances, on pourra se voir bien plus souvent ! » approuva Sirius.
Océane fronça alors les sourcils.
- « Eh.. il y a un problème ? » demanda alors le jeune homme.
- « En quelque sorte… » souffla Océane en se dirigeant vers le canapé de la pièce principale dans lequel elle s'installa.
Sirius vint la rejoindre et la jeune femme lui expliqua alors toutes les difficultés qu'ils auraient à se voir. Sirius grogna un peu, mais la jeune femme parvint à le calmer en lui disant qu'il n'était pas un Maraudeur pour rien et qu'il lui trouverait bien une excuse dont elle pourrait se servir auprès de ses parents. Flatté, Sirius sembla aller mieux. Il lui promit de chercher avec elle une solution à leur problème… mais plus tard. Car pour l'heure, il voulait un dédommagement pour avoir été réveillé alors qu'il dormait si bien. Océane se mit à rire et se laissa enlacer et embrasser avec plaisir. Après tout, elle aurait bien le temps de réfléchir à ces choses si compliquées plus tard. Pour l'instant, elle était avec de Sirius et rien d'autre n'avait d'importance.
oOoOoOoOoOoOoOo- « Vous serez prudent, hein ? »
Sirius se mit à sourire tandis qu'il attachait soigneusement sa cape sur ses épaules.
- « Bien sûr Lily ! Nous sommes toujours prudent… » répondit James.
La jeune femme soupira et passa juste devant eux. Elle les regarda, son mari et lui d'un air grave. Elle ne put s'empêcher de réajuster la cape que Sirius était pourtant certain d'avoir convenablement placé. Puis, elle alla répéter son geste sur la cape de son mari. James lui emprisonna ses mains dans les siennes et les porta à ses lèvres pour les embrasser.
- « Arrêtes de t'inquiéter ! » souffla-t-il doucement « Tout se passera bien, on a l'habitude de faire des missions ! »
Mais Lily ne semblait pas rassurée pour autant. Sirius les regarda et se sentit immédiatement de trop.
- « Je t'attends dehors, Cornedrue. » annonça-t-il alors en quittant l'entrée du manoir où ils se trouvaient alors.
Il
passa la porte de la grande demeure et fit quelques pas dans le
jardin en souriant d'un air amusé. Il se demandait combien
de temps il faudrait à son ami pour rassurer sa femme qui
s'était montré très réticente à
l'idée de les voir partir. Elle avait été
d'une humeur massacrante
toute l'après midi…
- « Au revoir mon cœur et repose toi bien surtout ! » lança la voix de James derrière lui.
Sirius se retourna juste pour voir son ami embrasser une dernière fois sa femme avant de venir le rejoindre.
- « Par Merlin, j'ai cru que je ne pourrais jamais partir de la maison ! » annonça James en soupirant.
- « Elle était déchaînée ! Je l'avais rarement vu d'aussi mauvaise humeur depuis que vous sortez ensemble ! »
- « Ce sont les hormones ! Une vraie plaie ce truc là ! » grogna son ami « Autant parfois c'est plutôt agréable pour moi, autant parfois, quand elle est inquiète comme ce soir, elle est infernale… »
- « C'est tout de même un comble que ce soit une mission qui permette de te détendre de ta journée ! » plaisanta Sirius en donnant une petite tape amicale sur son épaule.
James
se contenta de soupirer d'un air amusé. Et c'est ainsi que
tous les deux quittèrent la propriété des
Potter. Rapidement, ils transplanèrent et se retrouvèrent
presque immédiatement devant le Quartier Général
de l'Ordre du Phœnix où les attendait le professeur
Dumbledore
pour leur donner les dernières précisions
sur leur mission. Ils le retrouvèrent, installé dans un
fauteuil près de la fenêtre. Le vieux sorcier regardait
l'extérieur d'un air grave, comme perdu dans des pensées
très sérieuses. Quand il les entendit entrer, il tourna
longtemps la tête vers eux et se mit à sourire
doucement.
- « Vous voilà enfin… » lança-t-il en se levant « Etes vous prêt ? »
- « Oui ! » répondirent les deux jeunes hommes en cœur.
Le professeur hocha la tête d'un air amusé et leur fit signe de venir le rejoindre à la grande table autour de laquelle avait lieu toutes les réunions. Là, disposés un peu partout se trouvaient des plans, des notes et des parchemins de toutes sortes. Le professeur Dumbledore dégagea le tout d'un simple coup de baguette magique.
-
« J'ai appris de sources sûres grâce à un
sympathisant à notre cause au Ministère qu'il va y
avoir très prochainement une perquisition chez le frère
et la sœur Carrow. Ils sont soupçonnés de détenir
chez eux des artefacts de magie noire. Je suis convaincu que c'est
bel et bien le cas. Tout comme je suis pratiquement certain que
Amycus et Alecto Carrow sont aussi au courant que cette perquisition
va avoir lieu. Je vais donc vous demander d'aller chez eux pour
vérifier qu'ils ne puissent pas transférer ces
objets. Ce seront d'autant moins d'armes dans les mains
des
mangemorts ! » leur expliqua le professeur Dumbledore tandis
que sur un parchemin vierge s'inscrivait l'adresse de la maison
de famille des Carrow.
- « On doit juste s'assurer que le transfert ne se fera pas ce soir, c'est bien ça ? » demanda James en prenant le morceau de parchemin dans sa main.
- « Oui, mais je suis quasiment sûr qu'il aura lieu cette nuit. » lui répondit le professeur Dumbledore. « Dans ce genre d'affaires, les choses vont très vite. »
- « Très bien » souffla alors Sirius en hochant la tête.
Ils discutèrent encore quelques minutes avec le professeur Dumbledore sur la marche à suivre, puis les garçons quittèrent le Quartier Général de l'Ordre du Phœnix. Après avoir consciencieusement appris par cœur l'adresse à laquelle il devait se rendre, ils transplanèrent pour la demeure de la famille Carrow.
Ils arrivèrent devant de larges grilles sombres et noires. Ils se glissèrent dans un coin d'ombre non loin.
- « Comment on va s'y prendre ? » chuchota James
- « Il faut déjà qu'on arrive à entrer à l'intérieur, ensuite on verra. » lui répondit Sirius en inspectant le mur contre lequel ils s'appuyaient.
Il le fixa un long moment, mais dans la pénombre, il n'était pas facile de voir s'il y avait ou non des possibilités d'escalader le mur. Il décida pourtant de tenter le coup.
- « Tu me fais la courte échelle ? » demanda-t-il à son ami qui lui fit oui de la tête.
Sirius
ne mit que quelques secondes à monter sur le haut du mur. Il
aida ensuite James et peu de temps après, tous les deux se
retrouvèrent dans le jardin sombre et mal entretenu. Sirius
cherchait du regard un indice lui indiquant par où aller quand
James lui donna un coup de coude dans les côtes. Le jeune homme
se tourna dans sa direction et aperçut un peu plus
loin
deux silhouettes s'activer. Un simple regard échanger avec
son ami lui suffit pour savoir ce qu'il avait à faire. Le
plus silencieusement et le plus discrètement possible, tous
les deux s'approchèrent des deux silhouettes. Ils n'eurent
aucunes difficultés à reconnaître le frère
et la sœur York. Tous les deux étaient d'éminents
mangemorts reconnus et étaient pour l'heure en train de
déplacer de grandes caisses de l'intérieur de leur
maison à un coin isolé de leur jardin.
- « Ben dis donc » souffla Sirius à son ami « Il a vraiment du flair, Dumbledore ! »
- « C'est sûr ! » lui répondit son ami dans un chuchotis. « Mais maintenant, on fait quoi exactement pour les empêcher de faire disparaître ces trucs ? »
- « On pourrait d'abord les neutraliser eux, et puis après on appellera les aurors… » proposa Sirius.
- « Ca me semble être une bonne idée » murmura James en se replaçant un peu mieux dans l'ombre.
Les
deux garçons restèrent un moment encore, cachés
dans l'ombre pour être bien sûr qu'ils n'étaient
que deux. Une fois qu'ils en furent assurés, ils
entreprirent donc de passer à l'attaque. L'affaire était
délicate, ils devaient agir vite et être discret, il le
savait tous les eux très bien. Ils ne pouvaient pas courir le
risque que l'un d'eux puissent s'échapper et aller
chercher des renforts. A deux, jamais ils ne feraient le poids contre
plus de mangemorts. Sirius tapota doucement l'épaule de
James. D'un signe de tête, il lui fit signe
qu'il
partait sur la gauche. D'un hochement de tête, James lui
signala qu'il avait compris et partit lui-même vers la
droite. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que Sirius ne voit
plus son ami. Il se concentra alors entièrement sur sa
mission. Il alla se poster près de la porte d'entrée,
bien caché derrière un grand massif de fleurs. Il
attendit quelques minutes sans bouger avant d'apercevoir se
découper dans la lumière qui sortait de la porte de la
maison une silhouette. Il allait passer à l'attaque quand
une sorte de pressentiment le retint. Il laissa donc passer Amycus
Carrow sans esquisser le moindre mouvement, retenant même son
souffle pour passer le plus inaperçu possible. Il le regarda
s'éloigner, transportant à l'aide de sa baguette un
paquet savamment emballé. Il s'éloignait dans l'allée
obscure et Sirius commençait à regretter de n'avoir
rien fait. Il allait s'élancer à sa suite et le
neutraliser quand une nouvelle ombre apparut sur le sol. Il stoppa
son geste au tout dernier moment en se félicitant de ne rien
avoir tenté plus tôt. Sa baguette fermement tenue dans
sa main, Sirius attendit que la jeune mangemorte passe près de
lui et se glissa vivement derrière elle. Il lui attrapa la
main qui tenait sa baguette et la lui coinça dans le dos,
l'empêchant ainsi de jeter des sorts. De son autre main, il
la bâillonna et l'entraîna dans l'ombre. La jeune
femme se débattait violemment et mordit même Sirius qui
ne relâcha pourtant pas sa prise. Il observait l'allée
d'un air inquiet, craignant que les cris, bien qu'étouffés,
d'Alecto n'inquiète son frère.
Lorsqu'il fut bien assuré que le mangemort ne revenait pas sur ses pas, Sirius lâcha sa prise, juste un peu, le temps de lui jeter un sort. Une fois pétrifiée, la jeune femme se montra bien moins agressive. Sa main saignait et le faisait atrocement souffrir. C'est pourquoi il laissa Alecto Carrow retomber sans douceur sur le sol. Il essuya à la hâte sa main sanglante sur sa robe et se dépêcha de lancer un sortilège pour ligoter la jeune femme. Il vérifia attentivement que les liens étaient bien serrés et traîna la jeune femme dans un coin un peu plus reculé. Puis, il se dépêcha d'aller retrouver James, pour voir si jamais il avait besoin d'aide. Mais quand il le retrouva, James finissait de ligoter Amycus Carrow.
- « J'ai eu la fille ! » lui lança alors Sirius en s'approchant de lui. « Et crois moi, je préfère largement ne pas avoir à faire ce genre de choses avec une femme ! »
- « Celui là m'a donné du fil à retordre, mais il ne savait pas à qui elle avait à faire ! »
- « Ne m'en parles pas ! » souffla Sirius en lui montrant sa main.
- « J'ai moins de scrupules maintenant ! » répondit James.
Les deux amis tirèrent ensuite le corps d'Amycus Carrow près de celui de sa sœur. Puis, ils s'occupèrent de rassembler tous les objets douteux que les mangemorts voulaient faire disparaître. Ils contactèrent enfin la brigade des aurors et allèrent se cacher. Ils attendirent de voir les aurors arriver avant de partir sans se faire voir. Ils ne tenaient ni l'un, ni l'autre à se faire remarquer. Les membres de l'Ordre du Phœnix savaient qu'ils devaient se montrer extrêmement discrets. C'est donc satisfaits du devoir accompli que les deux jeunes hommes rentrèrent chez eux ce soir là.oOoOoOoOoOoOoOo- « Et donc, on les a regardés commencer à embarquer tout ce que les Carrow voulaient cacher avant de partir ! »
- « Il y avait beaucoup de choses ? » demanda alors Andromeda en terminant d'éplucher des pommes de terres à l'aide de sa baguette.
- « Pas mal d'après ce que j'ai vu ! Une vraie exposition ! » répondit Sirius.
- « Et le professeur Dumbledore était content ? »
- « Il a dit que nous avions fait du bon travail ! » répondit fièrement le jeune homme.
Et il vit clairement sa cousine se mettre à sourire largement.
- « Quoi ? » demanda Sirius.
- « Ca m'amuse de te voir toujours aussi enthousiaste à l'idée d'avoir réussit une mission. Ca me fait plaisir de te voir toujours d'aussi bonne humeur. » lui répondit Andromeda en s'attaquant à une botte de poireaux.
- « C'est bien d'être satisfait de son travail non ? » lui demanda Sirius.
- « Oui, c'est vrai » lui répondit-elle en souriant. « Nymphadora ! Ne mâchouille pas cette plume ! »
Installée
au bout de la table devant quelques parchemins vierges, la petite
fille faisait ses devoirs d'un air rêveur. En entendant sa
mère la rappeler à l'ordre, elle retira la plume de
sa bouche, malheureusement, ses lèvres étaient déjà
devenues violettes. Sirius se mit à rire, mais
Andromeda
soupira. Elle essuya ses mains sur un torchon et s'approcha d'elle,
une serviette en papier dans la main.
- « Tu es impossible, tu le sais ça ? » lança-t-elle à sa fille. « Tu devrais être plus concentrée sur tes devoirs jeune fille, plutôt que de rêvasser ! »
- « Mais c'est pas facile mes leçons Maman ! Je dois faire une rédaction sur ce que je fais à la maison mais tu veux pas que je parle de magie alors… »
- « Chérie ! Tu sais bien que tu ne peux pas parler de la magie »
- « Oui je sais mais c'est nul ! » grogna la fillette tandis que sa mère finissait de lui essuyer les lèvres.
- « Peut être, mais c'est comme ça ! » trancha Andromeda « Alors maintenant, tu me feras le plaisir de terminer tes devoirs avant le retour de Papa sinon, tu entendras parler de moi ! »
La petite fille lui fit alors oui de la tête et c'est avec une concentration toute retrouvée que la petite fille se replongea dans ses devoirs. Andromeda s'en retourna alors à la préparation de son dîner.
- « Ca doit être difficile pour elle de vivre entre les deux mondes… » murmura alors Sirius en voyant sa petite cousine écrire une ligne sur son cahier en tirant le bout de sa langue.
- « Ted et moi lui avons appris très jeune à ne pas mélanger ces deux mondes, elle s'en sort très bien sauf quand elle ne veut pas faire d'efforts. Tu sais ce que c'est ne pas avoir envie de faire ses leçons, pas vrai ? »
- « Oh oui ! » lui répondit le jeune homme en chipant un morceau de carotte crue qu'il croqua à pleins dents ce qui lui valut une tape sur les doigts de la part de sa cousine.
- « Si tu manges tout maintenant, tu n'auras plus faim pour le dîner ! » lui reprocha-t-elle d'un air faussement sévère.
- « Ce qui serait dommage parce que je sais que tu es une cuisinière hors pair ! »
- « Flatteur ! » lui reprocha Andromeda d'un air amusé.
Sirius lui adressa alors un clin d'œil et se mit à sourire. La jeune femme se dirigea vers ses marmites et y versa ses légumes avant de remuer le tout avec une longue cuillère en bois.
- « Sinon, comment va Lily Potter ? Cela fait longtemps que je n'ai pas eu de nouvelles. Son bébé est né ? »
- « Non, toujours pas. Mais il reste une ou deux semaines avant le terme…»
- « Oui, mais les bébés peuvent arriver en avance parfois. » lui lança Andromeda.
- « Comme moi, pas vrai ? » s'exclama alors Nymphadora d'un air joyeux.
- « Oui, comme toi mon lapin ! Tu es arrivée une semaine avant la date prévue, et tu étais en pleine forme »
- « Peut être, mais là, le bébé ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez ! » répondit Sirius « Et tu ne devrais pas finir tes devoirs toi ? » souffla-t-il d'un air amusée à la fillette.
La petite fille lui lança un regard noir avant de s'en retourner à ses travaux d'écriture.
- « Tu diras à Lily que j'aurais beaucoup aimé passer la voir avant l'arrivée du petit, mais je n'ai pour le moment, pas une minute à moi.»
- « Je le lui dirais, ne t'en fais pas. » lui assura Sirius.
- « Et ce sera une fille ou un garçon ? » demanda alors Nymphadora qui semblait incapable de se concentrer sur son travail.
- « Je ne sais pas » lui répondit le jeune homme.
- « Pourquoi ? »
- « Parce que James et Lily ne veulent pas savoir avant la naissance. Ce sera une surprise. »
- « Ted aurait bien voulu attendre lui aussi, mais j'étais trop impatiente à l'idée de savoir. » se souvint Andromeda en s'activant auprès de ses marmites.
- « En ce qui les concerne, c'est James qui regrette son choix pour le moment » répondit le jeune homme en souriant.
- « Ce serait bête qu'il craque si prêt du but » lança Andromeda.
- « C'est exactement ce que Lily n'arrête pas de lui répéter ! »
Andromeda se mit à rire doucement et à cet instant le bruit de la porte d'entrée se fit entendre. Immédiatement, Nymphadora sauta de sa chaise et courut dans l'entrée.
- « Bonjour mon Papa ! » s'exclama-t-elle joyeusement.
Andromeda se mit à sourire, essuya ses mains avec un torchon et accueillit avec un air radieux son mari qui entrait dans la cuisine, sa fille pendue à son cou.
- « Bonsoir tout le monde ! » s'exclama Ted. « Sirius, je ne savais pas que tu devais venir nous voir ! »
- « Je me suis invité à dîner ! » annonça le jeune homme en lui serrant la main.
- « Ca ne m'étonne pas de toi ! » lança alors Ted en allant embrasser sa femme, sa fille toujours accrochée à lui.
- « Tu as passé une bonne journée, chéri ? » demanda Andromeda.
- « Oui, ça a été une journée assez tranquille, mais je ne suis pas mécontent d'être rentré à la maison »
Il posa alors sa fille sur le sol.
- « Tu as terminé tes devoirs ma chérie ? » lui demanda-t-il.
- « Euh… presque… » lui répondit-elle d'un air gêné.
- « Nymphadora Tonks, nous avions un accord ! » gronda-t-il
- « Oui mais là, Sirius est venu à la maison alors j'avais pas beaucoup envie de travailler ! » se justifia la petite fille en lança à son père un regard suppliant.
Son regard fonctionna très bien car Ted soupira.
- « Tu as jusqu'au dîner pour finir tout ça ! Prends tes affaires et monte travailler dans ta chambre ! On t'appellera quand ce sera l'heure. »
Comprenant qu'elle ne pourrait pas négocier la petite fille récupéra ses plumes et ses cahiers et se dirigea en courant en direction de sa chambre.
- « Et encore une fois, elle a réussit à t'avoir. » lança Andromeda à son mari une fois qu'elle fut sûre que leur fille fut loin.
- « Je sais. » soupira Ted « Mais quand elle fait se regard-là, j'ai beaucoup de mal à lui résister ! »
- « Je crois que ça te perdra ! » lança Sirius en souriant.
- « Tu verras quand tu auras des enfants ! » lui rétorqua-t-il.
- « Ce n'est pas à l'ordre du jour ! Merlin merci ! » s'exclama
Sirius en croisant ses bras sur sa poitrine.
Le jeune homme surprit alors le regard amusé que Ted lança à sa femme qui quand à elle semblait plus agacée qu'autre chose.
- « Tu verras, tu ne penseras plus la même chose dans quelques années. » murmura sa cousine.
- « Alors ça j'en doute. » marmonna Sirius.
Et plus personne n'aborda ce sujet. Ted posa sa mallette de travail dans un coin de la cuisine et en sortit un journal qu'il jeta sur la table. Andromeda y jeta un coup d'œil et se mit à sourire.
- « Alors c'est toi qui l'avait ! » s'exclama la jeune femme en dépliant l'exemplaire de la Gazette du Sorcier. « Je l'ai cherché toute la journée, j'ai presque faillit écrire au journal pour leur demander de m'en renvoyer un exemplaire. J'ai bien fait d'attendre ! »
- « Oui, je l'ai trouvé sur le pas de la porte en partant ce matin. J'ai voulu te le rapporter, mais Mr Appelbaum regardait par-dessus la clôture et commençait à lire les gros titres, alors j'ai préféré le cacher dans ma mallette. Tu sais comment sont nos voisins, de vraies commères, je n'avais pas envie que tout le voisinage discute du compte rendu d'audience du Magenmaggot. Andro, fait en sorte que les hiboux de la Gazette puisse entrer dans la maison. Il ne faut plus qu'ils puissent livrer leurs journaux sur le pas de notre porte ! »
- « Je sais, mais c'est le vent qui a fait calquer le volet de la volière.»
- « Je ferais installer un clou pour qu'on puisse le retenir ouvert tout le temps. » déclara Ted.
Mais Sirius ne l'écoutait déjà plus. Un nom, à la une du journal attira son attention. Il tira à lui le quotidien, le déplia et lu avec stupeur les gros titres. Frénétiquement, il chercha dans les pages intérieures du journal à la recherche de l'article détaillé. Lorsqu'il le trouva, il ne lui fallut que quelques minutes pour le lire et là, fou de rage, il se leva d'un bond.
- « C'est pas vrai ! » hurla-t-il.
- « Quoi ?! » s'exclamèrent en même temps Andromeda et Ted, visiblement inquiet.
Mais le jeune homme était incapable de leur répondre, aussi se contenta-t-il de leur désigner l'article de l'index. Andromeda se saisit alors du journal et parcourut rapidement l'article avant de le reposer sur la table et de s'approcher de Sirius. Elle posa ses mains sur ses épaules et plongea son regard dans le sien.
- « Sirius, calme toi ! »
- « Que je me calme ! Que je me calme ?! Andro ! Ils les ont libérés ! »
- « De quoi parle-t-il ? » demanda alors Ted.
Sirius poussa un grognement de colère.
- « Assieds toi Sirius et laisse moi lui expliquer ! » ordonna alors Andromeda en appuyant fortement sur les épaules de son cousin « Et je t'en prie, calme toi ! »
Le jeune homme lui obéit, mais il fulminait.
- « Sirius et James était de mission pour l'Ordre il y a trois jours et ils ont largement participé à l'arrestation de Alecto et Amycus Carrow. » expliqua Andromeda.
- « Les mêmes Carrow dont ils ont parlé dans la Gazette ? Ceux qui sont passés devant le Magenmaggot et qui ont été relâchés ? » demanda Ted «Je l'ai parcouru ce matin au bureau… »
- « Oui ! Eux ! » hurla alors Sirius « Ces salopards ont été relâchés à cause d'un manque de preuve ! Un manque de preuve !! Par Merlin, il y avait des caisses entières de trucs maléfiques ! Ca puait la magie noire à plein nez ! »
- « Sirius, arrête de crier ! » demanda une nouvelle fois Andromeda.
- « Il y avait des TONNES de preuves ! » poursuivit donc Sirius d'une voix puissante.
- « Je le sais ! Sirius, je te crois, je te le jure ! Mais nous sommes dans un quartier moldu, alors je t'en supplie arrête de hurler ! » insista Andromeda.
Le jeune homme hocha la tête pour signifier qu'il avait compris. Mais il ne desserra ni les poings, ni les dents.
- « Ecoute, je sais que toute cette affaire te choque et je comprends entièrement ta colère. » continua la jeune femme « Elle est légitime Sirius, mais t'énerver ainsi ne servira à rien. »
- « Andro à raison Sirius » souffla Ted en s'installant près d'eux. « Surtout que d'après ce que j'ai lu, la décision du Magenmaggot est sans appel. »
- « Tu as retenu le nom du juge ? » lui demanda sa femme.
- « Hendersen. »
- « Ne cherchons pas plus loin dans ce cas ! » soupira Andromeda.
- « Tu le connais ? » demanda Sirius.
- « Oui, c'était un des associés de Père, un plus de sympathisants à la cause des mangemorts » lui répondit sa cousine. « Il y a fort à parier qu'il a du tout mettre en œuvre pour disculper les Carrow. »
- « C'est dégueulasse ! » s'exclama Sirius.
- « Tu as oublié comment ça se passe dans notre si belle famille ! Et bien, pour Hendersen, c'est exactement la même chose ! » soupira Andromeda.
Le jeune homme donna un coup de poing sur la table, mais cela ne le soulagea absolument pas.
- « Tu devrais aller voir le professeur Dumbledore. » souffla alors Andromeda « Tu as vraiment besoin de discuter de tout cela avec lui. »
- « Je ne sais pas trop… » soupira Sirius.
- « Ne fais pas l'enfant ! » le gronda Andromeda « Tu vas te rendre malade à refouler tout ça et je n'ai pas envie de te voir te torturer pour cette affaire. Alors tu vas me faire plaisir d'y aller dès maintenant ! »
- « Andro… »
- « File Sirius ! Je te garderais ta part bien au chaud. Reviens manger quand tu auras vu le professeur Dumbledore, d'accord ? »
- « On t'attendra et tu nous raconteras tout ça. » continua Ted en posant sa main sur celle de sa femme.
Sirius les regarda tous les deux un moment avant de prendre sa décision. Sans dire un mot, il se leva, posa un baiser sur la joue de sa cousine et quitta leur maison, bien décidé à retrouver James et à aller trouver le professeur Dumbledore.
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- «… Et la nièce de sa voisine portait une robe tout à fait divine ! D'un chic ! Mais tu sais, elles ont toujours eu tellement de goût… »
Océane soupira et fit jouer des petits pois sous les dents de sa fourchette. Elle s'ennuyait à mourir. Mais pourtant, aussi long que pouvait lui sembler ce déjeuner, elle ne pouvait pas y échapper. Pour ses parents, le moment des repas étaient tellement sacré qu'il était totalement inenvisageable qu'elle puisse s'en échapper avant la fin. D'autant plus que ce jour là, ses parents recevaient un collègue de son père et son épouse qui se trouvaient être des gens pour lesquels Océane n'avait aucun intérêts.
Par bonheur, on ne lui demandait pas beaucoup de participer à la conversation ce qui était plutôt une bonne nouvelle car elle n'avait rien à dire. Et tandis que les adultes discutaient entre eux des dernières nouvelles de gens dont elle n'avait que très vaguement entendu parler, cela lui donnait le loisir de laisser libre cours à ses pensées. Et c'était un luxe dont elle avait bien besoin parce qu'elle avait un problème qu'elle n'arrivait pas à résoudre.
C'était toujours le même problème en réalité. Celui qui hantait ses pensées le jour et même une bonne partie de ses nuits. Comment voir Sirius plus souvent ?
Cela faisait un mois qu'elle était en vacances et elle n'avait réussit à voir Sirius que huit fois. Huit toutes petites fois, et Océane trouvait que cela était trop peu, beaucoup trop peu. Et la jeune femme savait pertinemment que Sirius n'était pas enchanté par la situation lui non plus. Bien sûr, il ne le lui avait pas clairement dit, mais Océane sentait bien qu'à chacune de leur rencontre, il était plus pressé, plus empressé aussi. Leurs séparations étaient bien plus difficiles. Il avait énormément de mal à la laisser partir et elle devait bien avouer qu'elle avait aussi beaucoup de mal à le quitter. Plusieurs fois d'ailleurs, elle avait faillit se faire prendre par ses parents en arrivant juste avant qu'ils ne se doutent de son absence.
- « Un peu plus de viande, Océane ? »
La jeune femme sursauta en entendant sa mère s'adresser à elle et la fixa un moment avant de réaliser qu'elle lui tendait un plat de rôti.
- « Non, merci… » répondit la jeune femme en souriant.
- « Tu es sûre ? Tu n'as presque rien mangé ? » insista Flumena
- « C'est bon Maman, j'ai suffisamment mangé » assura Océane en lui offrant son sourire le plus convainquant.
- « Oh, Flumena, vous savez bien comment sont les jeunes filles de nos jours! » s'exclama alors la collègue de son père « Elles se privent de tout ! Tenez, pas plus tard que la semaine dernière… »
Et
soulagée de voir qu'on ne s'intéressait plus à
elle, Océane pu se replonger dans ses pensées. Et elles
n'étaient en fait pas très réjouissantes.
Lorsqu'elle avait quitté Poudlard, elle était pleine
d'espoir. Elle savait que ce ne serait pas facile de voir Sirius
autant qu'à Poudlard mais elle s'était dit qu'elle
pourrait facilement attendre la fin de l'été… Ce
qu'elle n'avait pas entièrement réalisé à
l'époque, c'est qu'elle n'avait pas prévu
d'après. Elle avait donc réalisé au fil des
jours que son « enfermement » chez elle durerait bien
plus de l'été. Il durerait le temps qu'elle prenne
son envol et jamais Océane n'avait eu tant envie de
s'envoler qu'en ce
moment.
Surtout, qu'elle entrevoyait quelque chose qui ne lui plaisait pas : ses parents semblaient prévoir son avenir à sa place. Bien sûr, elle n'avait que des soupçons. Mais elle avait entendu des bribes de conversation qui ne lui avait pas tellement plus. Des histoires de rencontres, ils parlaient aussi de son âge, qu'il allait bientôt « être temps »…
Océane sentait au fond d'elle-même qu'elle devait agir et vite pour prendre sa vie en main. Et pour cela, il lui fallait une idée.
- « … Mais elle a eu tellement de travail avec ses cours qu'elle n'a pas pu revenir pour Noël, c'est pourquoi j'espère bien que cette année, elle pourra passer les fêtes avec nous… »
Océane se redressa alors, intéressée et accorda toute son attention à la femme du collègue de son père qui monopolisait la conversation.
- « … Elle travaille trop, je me tue à le lui dire, mais elle tient vraiment à obtenir ses deux diplômes en même temps… »
- « Votre fille prépare deux diplômes en même temps ? » demanda immédiatement Flumena.
Océane réprima un soupir. Il était tellement évident de cette femme avait tout fait pour qu'on lui pose cette question qu'elle se demandait comment sa mère avait pu tomber dans le panneau. A moins bien sur qu'il ne s'agisse là que de la politesse…
- « Oh oui ! Notre petite Estellita a beaucoup de talent ! Elle compte parmi les meilleurs étudiants de l'Université. » répondit la convive d'une voix faussement modeste.
Mais Océane ne s'attachait plus à ça. Elle venait d'avoir une idée et une très bonne idée même. Elle se demandait même pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt. Elle cessa alors de s'inquiéter de la conversation pour mettre en place les rouages de son tout nouveau plan. Il lui faudrait argumenter pour convaincre ses parents, mais elle faisait confiance à sa capacité de persuasion et elle se mit à sourire. Elle se sentait tout d'un coup bien mieux.
