Coucou, me revoilà avec le dernier chapitre de cette fic. Désolée pour le retard, mais j'ai eu très peu de temps à moi ces derniers temps.

Bonne lecture !


Chapitre 6

Assise sur la banquette, Rose se remettait doucement de ses émotions. Son ami vint s'asseoir près d'elle.

- Si vous voulez rentrer chez vous, je comprendrais. J'ai déjà programmé les coordonnées.

La jeune femme tourna la tête vers lui, comme anesthésiée. Les mots mirent quelques secondes à prendre sens dans son esprit.

- Pourquoi ?

- Après ce que vous avez subi...

- Jamais ! Nous en avons connu d'autres Docteur. À Pompéï, dans le vaisseau des Pyrovilles, quand je vous ai aidé à déclencher l'éruption du Vésuve. Je savais que nous mourrions certainement. Je ne suis pas partie. Et ce n'est certainement pas parce qu'un fou a voulu briser un soi-disant verrou dans mon esprit que je vais partir. Jamais !

Le Docteur avait pris de plein fouet ce que la jeune femme venait de lui dire. Ses cœurs se serrèrent. Il ne lui restait qu'une seule chose à faire. Encore !

- On dirait qu'il a atteint son but.

- Quoi ?

Le Gallifréen garda le silence quelques instants. Il ne voulait pas laisser transparaitre sa tristesse dans sa voix.

- Je n'ai jamais été avec vous à Pompéï. J'y étais avec Donna. La mémoire des Seigneurs du Temps qu'elle vous a légué est en train de se réveiller. Je suis désolé.

Tout en disant ces mots, les larmes aux yeux, le Docteur approcha ses mains du visage de Rose. Éberluée, la jeune femme contemplait le visage de son ami, cherchant la vérité dans le regard du Gallifréen. Soudain, une vision de sa mère dans la même situation qu'elle l'assailli. Et elle comprit. Furieuse, elle se dégagea et recula.

- Non, Docteur ! Vous ne m'effacerez pas la mémoire !

- Rose, la mémoire vous tuera.

En pleurant, la jeune femme reculait toujours.

- Non, Docteur ! Je résisterais. Je ne veux pas vous quitter.

- Rose...

- Non ! J'ai vu ma mère. Elle ne vit qu'une demi-vie. Elle a perdu une partie d'elle-même cette nuit-là. Toujours un peu absente. Grand-père doit filtrer la moindre information pour la protéger. Il n'est plus tout jeune Docteur. Croyez-vous qu'il pourra faire ça pour deux personnes ? Je préfère mourir que de lui imposer ça.

Le Gallifréen se leva quand le TARDIS fut ébranlé par une violente secousse. Seul le Docteur en fut affecté, et il tomba au sol. Rose en profita pour fuir la salle de contrôle. Le Docteur se leva, hésita quelques secondes et décida finalement de vérifier ce qui se passait avec son TARDIS. Celui-ci s'était arrêté sur Calora.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Rose était adossée à sa porte, en proie à une importante migraine. Elle se prit la tête à deux mains et se mit à pleurer. Il l'avait prévenu, depuis le début. Pourquoi s'était-elle attachée au Docteur comme elle l'avait fait ? Pourquoi l'aimait-elle autant ? Elle avait peur. Elle avait peur de mourir, mais elle ne voulait pas perdre le Docteur. En fait, c'étaient ses sentiments envers lui qui lui faisait peur.

C'est alors qu'une voix nouvelle se mit à résonner dans sa tête.

- Fais-moi confiance. Laisse-toi aller.

La jeune femme leva la tête et une magnifique femme blonde auréolée d'or se matérialisa devant elle.

- Qui êtes-vous ?

- La conscience du TARDIS. Je me suis personnifiée quand Rose Tyler a regardé en mon cœur. Je suis là pour t'aider.

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Malgré tous les efforts du Docteur, le TARDIS ne répondait pas. C'était comme si sa conscience s'était déplacée. Mais c'était tout simplement impossible. Alors il se précipita vers la chambre de Rose. Il ne la laisserait pas seule. Mais il trouva porte close.

- Rose, laissez-moi entrer ! Rose !

Mais la porte restait désespérément close. Grâce à son lien télépathique, le TARDIS fit clairement comprendre au Gallifréen que rien de ce qu'il dirait ne ferait ouvrir cette porte. Désemparé, le Docteur s'adossa au mur et se laissa glisser à terre, à côté de la porte de Rose.

Il ne supporterait pas de la perdre. Quelque chose en lui s'était brisé. Il aurait dû le sentir. D'abord les voix, ensuite, sa connaissance des Cybermens, et enfin, l'Érudit qui avait détecté le verrou mémoriel. Tout ça, il aurait dû le voir. Il aurait dû tout faire pour que cette mémoire ne se réveille pas. Il n'aurait pas dû céder à Rose quand elle avait supplié de l'accompagner. Vieux fou qu'il était ! C'était toujours de cette façon que ça finissait. Il finissait toujours par perdre ses compagnons. Il baissa la tête. Au fond de lui, il savait qu'il avait vu et prédit tout ce gâchis. Il n'avait tout simplement pas voulu voir. Il s'était voilé la face. En fait, c'était lui-même qu'il avait voulu protéger.

Il ne voulait pas la voir partir. Mais il voulait encore moins la voir mourir. Et c'était ce qu'il était condamné à vivre.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

La chaleur du TARDIS décida Rose à suivre les indications que le vaisseau lui donnait. Elle abandonna toute résistance, et la douleur reflua. La jeune femme revit toute sa vie défiler devant ses yeux. Une vie peuplée d'étoiles. Elle s'était toujours imaginée voyager parmi elles, poussée par son arrière-grand-père. Et elle avait réalisé son rêve. Le Docteur l'avait fait devenir réalité. Un rêve fatal ! Elle le sentait. Petit à petit, la mort s'insinuait dans son être. Rose Noble mourrait loin des siens. Parmi les étoiles.

Peu à peu, la douleur laissa place à des souvenirs. D'abord les siens. Elle revit ses propres aventures avec le Docteur. De nouveau, elle rit avec le Docteur et pleura le sort des planètes condamnées. Elle se retrouva une nouvelle fois dans le jeu vidéo, à la recherche de Cathy. Elle libéra une nouvelle fois le Docteur de sa prison. Et une nouvelle fois, il l'empêcha de commettre un génocide.

Puis, Rose découvrit les aventures de sa mère. Pompéï - elle pleura avec sa mère la mort des habitants - la planète des Oods, la Terre volée. Elle contempla le paradoxe créé par le Maitre, contempla la folie dans laquelle ce Seigneur du Temps fou avait plongé la Terre. Elle donna sa mission à Martha et elle vit mourir le Maitre, dans les bras du Docteur. Elle ressentit la douleur de cette perte. Puis elle le retrouva après sa résurrection, voulant de nouveau dominer la Terre en ramenant Gallifrey. Et elle le vit se sacrifier.

Enfin, elle découvrit son homonyme, cette jeune femme qui semblait être sa jumelle. Cette femme que le Docteur aimait de tous ses cœurs. Cependant, elle était accompagnée d'un autre Docteur. Elle le vit sauver Rose Tyler et se régénérer pour devenir SON Docteur. Avec lui, elle sentit venir une tempête. Avec lui, elle envoya Rose Tyler dans un monde parallèle. Avec lui, elle vit la jeune femme revenir. Avec lui, elle la vit manquer d'être aspirée par le Voïd et être sauvée par Pete. Avec le Docteur, elle pleura cette immense perte. Celle de la femme qui lui avait rendu le sourire. Elle vit l'état dans lequel s'était retrouvé le Docteur. Elle vit devant elle un homme brisé devenir à moitié fou de douleur. Il s'était coupé du TARDIS et ne l'entendait plus. Mais Rose Noble, elle, l'entendait parfaitement. Elle entendait le TARDIS pleurer elle aussi cette perte en chantant une magnifique chanson. Mais une chanson triste, oh si triste ! Et elle vit Donna emmener son ami sur un autre chemin. C'était grâce à sa mère que le Gallyfréen n'avait pas sombré.

Puis, Rose Noble découvrit les anciennes incarnations du Docteur et ses anciens compagnons.

Et elle découvrit la Guerre du Temps.

Avec le Docteur, elle vit les Seigneurs du Temps et les Daleks s'affronter. Elle regarda les TARDIS partir au combat. Elle y participa. Elle vit les Seigneurs du Temps plonger petit à petit dans une folie destructrice. Et elle comprit pourquoi son ami ne voulait se souvenir que de la beauté de sa planète et des temps glorieux de son peuple. Elle fit face au dilemme du Docteur. Et avec lui, elle fit brûler Gallifrey.

Alors que, ravagé, son ami partait, elle resta contempler l'horreur. Elle vit les Daleks périr. Les flammes brûlaient son esprit. La douleur revint, s'étendant à son corps entier. C'était comme si les flammes lui parcouraient le corps, la brûlant de l'intérieur. Submergée, Rose hurla et s'évanouit. La Rose de Noël se mit à briller, et une vapeur dorée semblant provenir des pétales de la fleur commença à s'élever.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

En entendant hurler son amie, le Docteur se rua sur la porte. Il mit toute sa peine et toute sa colère à tenter d'ouvrir la porte, sans succès. Mais il continua. Il s'était rangé à l'avis de Rose. Il n'avait pas le droit de la forcer à oublier. Il s'en sentait incapable. Il l'aimait trop pour ça. Aussi, si elle devait mourir, il ne la laisserait pas mourir seule dans cette chambre.

Soudain, la porte s'ouvrit, laissant place à Rose, entourée d'un halo doré.

- Rose !

La jeune femme ouvrit la bouche pour répondre quand une vapeur dorée s'échappa de ses lèvres. Le halo qui l'entourait disparut alors.

- Docteur. J'ai résisté à la mémoire des Seigneurs du Temps. Elle est devenue une partie de moi.

- Comment ?

- Le Méchant Loup. Je suis son héritière. Il se trouvait dans la mémoire. Je n'ai eu qu'à le suivre. Il m'a aidé à survivre. Je suis comme vous maintenant.

- Vous êtes impossible, Rose !

La jeune femme sourit. De ce sourire que le Gallifréen aimait tant.

- Non. Juste improbable. Et je pourrais vous retourner le compliment.

Le Docteur resta à contempler son amie.

- C'est impossible. Je dois rêver...

- Non, Docteur. Mais comme l'a écrit votre ami William Shakespeare, nous sommes fait de la même matière que les rêves *.

Le Gallifréen ne répondit rien, ce qui fit éclater de rire Rose.

- Ce n'est pas souvent que vous ne trouvez pas vos mots.

- Ah, euh, phrphr...

La jeune femme rit de plus belle avant d'aller serrer son ami dans ses bras.

- C'est toujours moi, Docteur. Je suis juste plus forte. Je peux rester ?

Le Seigneur du Temps répondit à l'étreinte de sa compagne.

- Oui, Rose. Aussi longtemps que vous le voudrez.

Et il sentit contre sa poitrine les battements de deux nouveaux cœurs qui battaient à l'unisson des siens.


* "We are stuff

As dreams are made on ; and

Our little life

Is rounded with a sleep..."

William Shakespeare ; The Tempest


Voilà. Cette fic est à présent terminée. J'espère qu'elle vous a plu. À bientôt !