Disclaimer: je pense qu'il est bon de rappeler que je n'ai pas écrit Harry Potter et que par conséquent je n'ai fait qu'emprunter les personnages de ce merveilleux livre à JKR.

Bon ben voilà, 7ème chapitre!! J'ai été choqué par le nombre de mots qui s'est affiché dans le port-document quand je l'ai enregistré (plus de 3000 Oo ) Merci à tout ceux qui sont fidèles à cette histoire, c'est grâce à vous que j'ai trouvé la motivation pour continuer. La suite je ne sais pas quand elle arrivera désolé...

Pour résumer ce chapitre (et espérer vous donner envie de le lire) sachez que Selma va encore vivre des moments pénibles (eh oui sinon l'histoire n'aurait plus de sens) et sa relation avec Severus va évoluer.


Durant les heures qui suivirent la visite de Dumbledore, Selma eut le sentiment de basculer dans un autre monde: le temps s'était arrêté! Elle n'avait pour toute occupation que la contemplation en long et large et en travers de sa chambre qui, certes, était douce et confortable mais somme toute très sommaire. En dépit de l'ennui mortel qui la submergeait, Selma se sentait bien mieux terrée dans son repaire en solitaire qu'ailleurs. Elle fuyait toujours résolumment la foule. Bien qu'elle eût totalement récupéré ses forces, elle feignait d'être encore trop faible pour pouvoir quitter l'infirmerie ce que Madame Pomfresh était ravie d'entendre. D'ordinaire les élèves étaient trop inconscients et insistaient pour sortir de l'infirmerie le plus vite possible.

- Toi au moins tu prends soin de ta santé! dit-elle avec ravissement. Au moins je ne recevrai pas des lettres de plainte de tes parents...

Selma regarda la guérisseuse comme si elle la voyait pour la première fois. La lettre? Cela venait de rappeler à la jeune fille... son frère! Il ne lui avait pas écrit alors qu'ils étaient le deux du mois! Et voilà qu'elle subissait une attaque d'un monstre terrifiant. Alors son histoire de présage... c'était vrai, pensa-t-elle en proie à un abominable frisson, si je ne reçois pas de ses nouvelles le deux du mois... un grand malheur s'abat! Je ne me moquerai plus jamais de ses superstitions! Elle voulut partager ses pensées avec l'infirmière mais se ravisa; au fond celle-ci s'en fichait certainement.

A force de ne rien faire, Selma finit par s'endormir... et elle se mit à rêver. Ses rêves étaient très étranges, floues et pourtant très réalistes. Elle avait l'impression d'assister à une scène à laquelle elle était totalement étrangère comme une espionne observant à l'intérieur d'une maison à travers une vitre embuée. Elle crut voir la silhouette d'un enfant... oui ça ne pouvait être qu'un enfant à en juger par sa taille! Il avait les cheveux rouges. A travers son sommeil, l'adolescente se concentra intensément comme si elle cherchait à essuyer le givre qui recouvrait la vitre par la force de la pensée afin de lui permettre de mieux voir. Elle avait d'ailleurs l'impression de parvenir progressivement à ses fins: les décors devenaient de plus en plus nets. Elle allait finir par voir le visage de l'enfant dont elle avait des doutes sur l'identité. Ses soupçons s'en trouvèrent confirmés: il s'agissait bien de Jack, dix ans plus jeune. Il avait déjà ses cheveux rouges flamboyants mais coupés court et des tâches de rousseur plein le visage. Il avait une bouille d'enfant adorable mais Selma n'éprouva aucun attendrissement, sachant que ce garçon allait devenir une vraie vipère.

Pour l'heure, l'adolescente se demanda d'où provenait ces images étranges; elles ressemblaient à un souvenir mais de toute évidence il ne lui appartenait pas. Elle tâta son corps en se demandant si elle était un fantôme parce qu'elle avait conscience de rêver mais se sentait parfaitement lucide. C'était une sensation tout à fait incroyable. Je suis éveillée mais dans un rêve, se dit-elle en résumé de la situation, et comment je sors de là dedans? Il n'y avait aucune issue bien sûr, c'était une sorte de monde parallèle. Elle avait déjà vécu ce genre d'expérience en tombant par inadverdance dans la pensine de son père quand elle était plus jeune. Elle avait là aussi eu accès à un souvenir mais s'en était échappée grâce à son géniteur qui était venu l'en tirer avec mécontentement. Comme dans ce cas précis, il devait s'agir du souvenir de Jack, peut-être pourrait-il l'aider à en sortir. Elle s'approcha prudemment du petit garçon qui se tenait debout au milieu d'une pièce aux dimensions moyennes et à l'aspect lugubre: l'endroit était gris et sombre comme recouvert d'un voile de poussière. Il s'agissait d'une sorte de chambre d'enfant à l'abandon avec ses rideaux déchirés décorés de petits personnages de dessins animés, son lit de petite taille, son cheval de bois grinçant et abimé et des peluches singulièrement miteuses qui avaient presque quelque chose d'effrayant. Selma ne sut pourquoi mais cet endroit lui fila la chair de poule.

- Jack? appela-t-elle d'une petite voix étouffée.

Elle avait peur de trop crier, ne connaissant pas les effets qu'aurait sa voix sur le monde alentour. Son appel se répercuta comme un écho dans sa tête la faisant vaciller quelques instants. Elle vit alors les contours de la chambre se mouver très lentement comme les ondes à la surface de l'eau. Sa voix avait transformé une fraction de seconde l'aspect du monde comme si elle avait une emprise quelconque sur lui. Mon Dieu mais qu'est-ce qui se passe? pensa-t-elle prise de panique. Les vibrations de la salle lui donnèrent le vertige pendant une fraction de seconde. Lorsque tout fut remis à sa place, Selma s'aperçut que le visage du petit Jack avait pris une mine épouvantée comme s'il assistait à un spectacle terrifiant. Elle regarda dans la même direction que lui, intriguée, et vit un homme entrer en trombe dans la chambre. Il était immense et massif comme un géant mais la lumière émanant du couloir était tellement éblouissante qu'elle empêcha la jeune fille de distinguer très précisément l'apparence de l'homme. La silhouette fondit sur le minuscule Jack et leva une énorme chaîne hérissée de pics au dessus de sa tête. Lorsque Selma comprit ce qu'il allait se passer, elle fit un bond de recul mais ne put esquiver l'arme qui s'abattit violemment auprès d'elle. La chaîne la frôla mais comme elle était immatérielle pour le souvenir, elle se contenta de passer au travers sans rien ressentir. Ce ne fut pas le cas de Jack qui la reçut en plein dans le dos, après s'être recroquevillé préalablement pour minimiser les dégâts. Selma vit avec horreur le tee-shirt de l'enfant se déchirer et les pics entailler sa chair. Elle voulut hurler devant ce spectacle inhumain mais dut se retenir par peur de produire un nouveau phénomène incontrôlable. Elle fit volte-face et tomba à genoux sur le sol en se protégeant les oreilles pour ne plus entendre les cris de souffrance du petit garçon. Faîtes cesser ce supplice! pensa-t-elle de toutes ses forces. Il faut que ça cesse!!

Soudain un silence de mort s'abattit. Selma ouvrit prudemment les yeux qu'elle avait clos de toutes ses forces et vit les ténèbres l'entourer pendant une durée éphémère jusqu'à ce qu'un son perçant et inhumain lui vrille le crâne. Selma n'aurait su dire si c'était une sirène, un grincement ou un hurlement, peut-être un peu des trois à la fois mais c'était au delà du supportable. L'adolescente commença ) tourner de l'oeil, elle sut que si elle écoutait ce son encore un peu, elle basculerait dans la folie... peut-être était-elle déjà folle d'ailleurs, elle n'était même plus dans le monde réelle.

- Selma! l'appela soudain une voix du fin fond des abîmes.

La jeune fille vit alors le monde réel s'ouvrir à elle!! Elle était revenue dans son lit d'infirmerie et bien qu'elle n'en n'eut pas bougé, elle était en nage comme si elle avait parcouru un long voyage à pied. Autour d'elle étaient rassemblés Madame Pomfresh, le professeur Mc Gonagall et... Severus! Il portait des bleus, des pansements et des bandages sur diverses parties du corps mais il semblait bien plus éveillé et en meilleure santé que la jeune Serpentard. Il avait d'ailleurs une de ses longues mains effilées à quelques centimètres de son front comme s'il avait usé d'un charme mental pour la délivrer de ses chaînes psychiques. Selma comprit que c'était lui qui l'avait appelée.

- Severus, murmura-t-elle d'une voix faible presque mourante.

- Tout va bien, dit-il d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure, tu es en sécurité à présent.

Selma fut soulagée d'entendre ses mots, autant que de voir le jeune homme debout et en pleine forme ou presque. Celui-ci lui esquissa un très timide sourire qui aurait pu passer inaperçu mais que Selma ne put manquer et qui lui réchauffa le coeur.

- Merci, dit-elle d'une voix épuisée car cela lui coûtait un effort inestimable de parler, tu m'as sauvée... j'ai entendu ta voix dans les ténèbres...

- Dans les ténèbres? répéta Mc Gonagall d'une voix blanche. Mais que vous est-il donc arrivé, mademoiselle Shadow?

Selma ne savait guère comment raconter ce qu'elle venait de vivre, elle ne se sentait pas le courage de raconter cela à Mc Gonagall, elle aurait préféré une personne plus conciliante et se rappela que le directeur lui avait ordonné de le prévenir s'il se produisait un nouvel évènement inattendu et inexplicable... tel que celui-ci!

- Je veux parler à Dumbledore! dit-elle alors d'un ton qui se voulait exigeant.

- Rien que ça! grinça Mc Gonagall en fronçant le nez. Vous pensez vraiment que le directeur est à votre disposition.

- Il m'a dit que je pouvez l'appeler si j'avais besoin de lui parler, plaida Selma d'une voix suppliante.

- Oui mais le directeur ne peut pas vous écouter pour le moment, il est absent: il a escorté monsieur Nott à Ste Mangouste de toute urgence!

Quoi?? Jack à Ste Mangouste?? Selma eut un regard tellement incrédule que l'infirmière comprit aussitôt ses pensées et lui expliqua ce qu'il lui était arrivé.

- Il était plongé dans un délire inaltérable, dit-elle d'une voix tremblante le visage pâlissant à vue d'oeil, il hurlait de douleur en suppliant un être imaginaire de le laisser tranquille.

- On aurait dit qu'il se faisait flageller par... son père, ajouta Severus à voix basse, il se débattait dans tous les sens en criant "Arrête Papa!".

- Tous les sortilèges de stupéfaction ou d'endormissement que j'ai essayé n'ont eu aucun effet, expliqua Mme Pomfresh, et quand on a vu le dos de Nott se recouvrir de blessures sorties de nulles par comme si son esprit lui-même traduisait les coups qu'il recevait par la pensée... on a décidé de le faire conduire à Ste Mangouste.

Selma resta muette de stupéfaction en entendant ces révélations. Si elle n'avait pas été déjà allongée dans un lit d'hôpital, ses jambes se seraient dérobées sous son poids. Elle était donc bien entrée dans l'esprit de Jack Nott. Mais ce n'était pas lui qui lui avait imposé des visions de ses mauvais souvenirs d'enfance; c'était à l'inverse elle qui avait obligé Jack, sans savoir comment, à revivre ces ignobles instants. Il s'agissait de souvenir qui avait tellement traumatisé le garçon qu'il en avait fait un délire et son cerveau avait reproduit la sensation des coups de chaîne pîquante. Qu'est-ce que j'ai encore fait? songea-t-elle les larmes embuant ses yeux. Mc Gonagall remarqua son trouble et attaqua aussitôt.

- Vous n'avez aucune explication à nous fournir, j'imagine? lança-t-elle sèchement.

Selma garda résolument le silence, la gorge trop sèche pour pouvoir émettre un son. Severus vint à sa rescousse.

- Vous devriez la laisser tranquille, dit-il à voix basse et d'un ton poli, je vais rester à son chevet.

- Non! ordonna sèchement Mc Gonagall. Hors de question que vous restiez avec Mlle Shadow, M. Rogue! On ne sait pas ce qui peut se produire en présence de cette jeune fille!

L'infirmière et Severus lui lancèrent un coup d'oeil incrédule et celle-ci préféra s'en aller un peu déboussolée comme si elle-même ne comprenait pas ce qui l'avait poussé à prononcer ces mots.

- Il ne faut pas tenir rigueur de cela au professeur Mc Gonagall, dit aussitôt Mme Pomfresh à Selma en guise d'excuse, elle est inquiète pour les autres élèves.

Severus sembla sur le point de répliquer quelque chose mais il se ravisa au dernier moment et garda le silence. La guérisseuse tourna alors les talons et sortit à son tour de la pièce en marmonnant des paroles incompréhensibles. Le jeune serpentard attira un siège jusqu'à lui à l'aide d'un sortilège d'attraction et s'assit au chevet de la jeune fille sans prononcer un mot. Après quoi il l'observa longuement en silence de ses yeux noirs et ténébreux avec une telle concentration qu'on aurait dit qu'il la déshabillait du regard. A cette pensée, Selma releva malgré elle les couvertures jusqu'à sa poitrine, ce qui fit sourire Severus qui avait compris (ou lu dans son esprit) sa pensée.

- Pourquoi tu restes près de moi? grommela Selma au bout d'un moment, ne supportant plus le silence gêné. Tu n'as pas peur qu'il t'arrive quelque chose?

- Non, répliqua Severus avec une douceur inhabituelle, c'est plutôt pour toi que j'ai peur. C'est pour ça que je reste, pour veiller à ce qu'il ne t'arrive rien d'autre. Tu as eu de la chance que je sois intervenu tout à l'heure d'ailleurs!

Selma ne répondit rien, elle était bien trop surprise par ce que Severus venait de lui dire. Il n'avait pas assisté à l'accident sur le terrain de Quidditch parce qu'il était évanoui et n'avait par conséquent pas du tout conscience du danger auquel il s'exposait en restant auprès d'elle. La jeune fille aurait voulu insister, forcer le serpentard à partir pour sa propre sécurité mais elle ne put s'y résoudre. Sans oser se l'avouer, elle était heureuse d'avoir le jeune homme à son chevet et soucieux de son bien-être. Il était peut-être le seul à lui témoigner un minimum d'intérêt. A cette pensée, un voile passa sur le regard de Selma.

- Je crois que ça ferait bien plaisir aux autres qu'il m'arrive quelque chose de toute façon! ronchonna-t-elle.

Contre toute attente, Severus émit un petit rire. C'était la première fois que Selma l'entendait rire depuis toutes ces années qu'elle le connaissait. Elle regarda Severus les yeux ronds.

- Qu'est-ce qui te fait rire?s'étonna-t-elle incrédule.

- C'est toi qui me fait rire, répondit Severus en retrouvant son sérieux sans pour autant se départir de son sourire taquin, tu aimes bien jouer les enfants martyrs n'est-ce pas?

- Quoi?! s'insurgea Selma en se redressa brusquement en position assise. Je ne joue pas du tout!

- Tu fais toujours référence aux autres comme si tu étais le centre du monde! lança Severus direct. Tu crois que la terre tourne autour de toi? Les gens se fichent pas mal de ce que tu a fait, ils auront oublié cet incident dans quelques jours, ils ne se souviennent sûrement déjà plus de ton nom.

- Tu rêves, siffla Selma en roulant des yeux, comment peux-tu dire ça?

- Parce que c'est pareil pour moi, expliqua Severus avec le plus grand des sérieux, je suis transparent et je sais que c'est ton cas aussi ou du moins c'est ce que tu recherches. Tu n'aimes pas la compagnie des autres, tu es froide et distante avec tout le monde, tu n'as pas d'amis. Crois-tu vraiment que quelqu'un s'intéresse à toi si tu ne t'intéresses pas aux autres?

- Je ne sais pas, admit l'adolescente un peu troublée après quelques secondes d'hésitation.

- Tu n'as pas besoin de fuir les autres, dit Severus d'une voix soudain plus douce comme s'il cherchait à la rassurer, tu peux reprendre ta vie normale, tu verras que personne ne te tiendra rigueur de ce qui s'est passé. C'est l'avantage des "transparents" comme nous: même si tu commets des erreurs, elles passent au dessus de la tête des autres.

- J'espère que tu as raison, soupira Selma en évitant de le regarder.

- Il n'y a qu'un moyen de le savoir, déclara Severus d'un ton énergique.

Il se leva de son siège sur lequel il était assis en tailleur avec souplesse et tendit une main blafarde à Selma pour l'inciter à se lever. Celle-ci hésita à saisir cette main pleine d'espoir et d'encouragement. Elle ne savait plus très bien ou elle en était: était-elle vraiment prête à affronter le regard des autres? Elle n'avait pas la même capacité d'indifférence que Severus. Severus! Il était là devant elle, étrangement souriant comme s'il était émerveillé à l'idée de pouvoir venir en aide à quelqu'un. Selma ne s'était pas attendu à l'avoir lui pour soutien. En quelques années d'études à Poudlard, il était toujours apparu comme un garçon triste et taciturne et voilà qu'il s'improvisait comme son protecteur. La vie est pleine de surprises! se dit-elle en prenant sa main, les doigts tremblants.

- Viens avec moi! murmura Severus d'une voix lente comme s'il lui laissait le temps d'assimiler ses propos.

- Où ça?

- Tu verras, dit-il calmement, j'ai quelque chose pour toi!

Piquée par la curiosité, la jeune fille le suivit d'une démarche un peu gauche comme si elle n'avait pas encore récupéré son équilibre depuis le choc intra esprit de Jack. Severus la soutint par le bras pour l'aider à ne pas flancher. Selma se sentait ridicule être assistée comme ça.

- Je peux marcher toute seule! lança-t-elle sèchement en le repoussant.

- Je n'en doute pas! fit Severus en s'autorisant un de ses rares sourires.

Ils commencèrent à parcourir les couloirs étrangement déserts en longeant les murs comme des prisonniers errant dans une cellule en essayant de ne pas se faire repérer par des gardiens.

- Tu n'as pas l'air très à l'aise, remarqua le garçon.

- Je ne devrais pas être là, maugré Selma, Dumbledore m'avait demandé de ne pas bouger de l'infirmerie. En plus je n'ai même pas prévenu l'infirmière que je sortais... elle va piquer une crise quand elle verra que je ne suis plus dans ma chambre.

- Et alors? railla Severus. C'est de sa faute! Elle n'avait qu'à un peu plus s'occuper de toi au lieu de nous laisser tous les deux!

- Il y a quand même quelque chose qui me chiffone Severus, dit Selma en esquissant l'ombre d'un sourire, je pensais que tu chercherais à comprendre ce qui m'arrive mais tu ne me poses aucune question.

- Oui mais c'est parce que j'ai déjà mes réponses, trancha simplement l'adolescent aux cheveux noirs, je sais ce qui t'est arrivé: tu t'es fait attaquer par un détraqueur!

Selma se figea brusquement et se tourna vers son ami.

- Comment sais-tu ça?

- Ben... c'est la rumeur qui court..., marmona Rogue en haussant les épaules, le bonus d'être "invisible" c'est que tu entends et vois tout sans que personne ne le remarque.

Selma se força à sourire pour répondre à celui très chaleureux de Severus mais au fond d'elle, une peur panique lui glaçait le sang: quelqu'un avait assisté à la scène à l'exception de Malefoy qui s'était enfuit comme un lâche... et c'était ce même spectateur qui était venu lui sauver la vie en lui administrant quelques gouttes de cette potion inconnue qui lui avait rendu son âme. Severus et elle arrivèrent à la salle commune de Serpentard, quelques personnes discutaient déjà là, installées dans des fauteuils et ne leur accordèrent pas un regard lorsque les adolescents montèrent au dortoir des garçons. Selma était un peu intimidée: elle n'avait jamais mis les pieds dans un endroit réservé aux garçons. Leur dortoir était à leur image: totalement désordonné! Seul le coin de Severus était impeccablement rangé, ce qui tranchait avec ceux de ses camarades. Selma remarqua que Severus n'avait pas beaucoup d'affaires personnelles à l'exception de ses livres qui s'empilaient de part et d'autre de son lit. L'adolescente resta bouche bée.

- Tes parents sont libraires ou quoi? lança-t-elle incrédule.

Elle tendit la main pour attraper un livre au hasard mais Severus l'en empêcha d'un geste tellement sec que la jeune fille sursauta.

- Ne touche pas! ordonna-t-il d'un ton froid en évitant son regard. Tout est correctement rangé!

- Excuse moi! balbutia Selma avec un bond de recul. Je ne comptais pas tout mettre en désordre, je voulais juste...

Mais elle préféra se taire. Elle avait exécuté ce geste sans réfléchir par simple curiosité pour voir quelle genre de lecture pouvait posséder Severus; elle n'avait pas besoin de justifier une action aussi puérile. Celui-ci avait plongé la main sous son oreiller pour en sortir une petite boîte en carton de la taille d'une boîte à chocolats.

- Ferme les yeux! demanda-t-il intimidé.

Selma fronça les sourcils hésitante puis se résolut à obtempérer. Elle sentit Severus s'approcher dangereusement et dut se retenir pour ne pas reculer. Elle sentit alors deux objets de mousse se poser sur ses oreilles et de la musique retentit brusquement. Selma sursauta en poussant un cri et arracha les objets de mousse de ses oreilles.

- Tu as eu peur? s'étonna Severus en rigolant.

- Un peu oui! gronda Selma en regardant avec méfiance la petite boîte à laquelle était reliée les oreillettes. C'est quoi cette chose?

- C'est un cadeau pour toi, expliqua Severus innocemment, ça s'appelle un baladeur...c'est pour écouter de la musique... je pensais que ça te plairait... comme tu fais partie de la chorale et que tu aimes la musique...

- C'est un objet moldu, fit Selma intriguée, mon frère en a rapporté un de son collège moldu une fois.

- Oui c'est exact! acquiesça Severus amusé. Comme je suis d'origine moldue, je connais certaines choses à leur sujet.

- C'est un appareil... électrique c'est ça? (hochement de tête approbatif du garçon) Comment peut-il fonctionner à Poudlard?

- Je l'ai ensorcelé pour qu'il fonctionne, répondit Severus avec un sourire malicieux, c'est pour ça que j'ai voulu te le montrer ici à l'abri des regards. J'avais peur que Mme Pomfresh me le confisque.

Il lui tendit le baladeur dont la jeune fille se saisit les mains tremblantes. Elle était toute retournée devant tant de générosité, tellement qu'elle en aurait presque pleuré... sans doute le contre coup de tout ce qu'elle venait de vivre récemment.

- Mer... merci Severus, bredouilla-t-elle d'une petite voix les yeux brillants.

- Pas de quoi, répondit Severus en se grattant la tête avec un sourire qui se voulait dégagé, mais... tu pleures?

Son sourire s'effaça aussitôt en voyant les larmes silencieuses qui coulaient sur les joues de sa camarade.

- Oh non je t'ai fait pleurer! gémit Severus catastrophé. J'ai fait quelque chose de mal? C'est le baladeur? Tu n'aimes pas?

- C'est pas ça du tout, couina Selma d'une voix qu'elle s'efforçait de maîtriser, c'est juste que... tu es tellement gentil!

Elle laissa tomber l'appareil sur le lit de Severus et s'approcha de lui pour le serrer dans ses bras. Un peu troublé, le jeune homme se laissa faire puis enroula à retardement ses bras autour de la taille de l'adolescente. Il sentit ses battements cardiaques s'accélérer sans comprendre ce qui lui arrivait. Lorsqu'il se sentit trop mal à l'aise, il obligea à regret Selma à s'écarter de lui.

- Ca va mieux? s'enquit-il un peu inquiet.

- Oui, murmura celle-ci en sèchant ses yeux rougis, merci pour ta patience... qu'est-ce qui nous attend maintenant?

- On va devenir amis n'est-ce pas? proposa Severus avec espoir.

Selma approuva d'un signe de tête; elle avait bien besoin d'un ami. Alors que tous les deux s'apprêtaient à quitter le dortoir, deus garçons qui le partageaient avec Severus y firent irruption et se figèrent de stupeur en apercevant Selma. En voyant l'expression de leur visage, la jeune fille comprit qu'elle était loin d'être transparente et que tout ce qui lui était arrivé depuis le début de la journée ne passerait pas inaperçu.


Et voilà ainsi s'achève ce chapitre. Désolé pour cette fin un peu douteuse et à bientôt pour la suite des mésaventures de Selma Shadow à Poudlard.

Sempiternelle demande de reviews, si vous voulez laissez m'en un (ou deux on en a jamais trop XD!! bon ok j'arrête d'être exigeante...)!!!