Chapitre 7 : Remises en question ?…
Fébrilement Ron, qui n'en menait pas large, prit la Beuglante et l'ouvrit. Si bon nombre des personnes qui connaissaient Arthur Weasley n'avaient jamais eu l'occasion de le voir furieux, ils en avaient là un aperçu très convaincant. Un rugissement de colère s'échappa de l'enveloppe écarlate.
RONALD BILIUS WEASLEY !JE N'EN REVIENS PAS ! TE RENDS-TU COMPTE QUE PAR TA FAUTE UNE ÉLÈVE AURAIT PU MOURIR ?!! TA MÈRE EN EST TELLEMENT INDIGNÉE ET CHOQUÉE QU'ELLE EN RESTE SANS VOIX ! SAIS-TU À QUEL POINT TU NOUS FAIS HONTE ?! JAMAIS DE TOUTE MA VIE JE N'AI ÉTÉ AUSSI DÉSHONORÉ PAR UN DE MES ENFANTS QUE CE SOIT WILLIAM, CHARLES OU BIEN GINEVRA ET MÊME QUAND FREDERIC ET GEORGE ÉTAIENT À POUDLARD ! QUAND TE DÉCIDERAS-TU ENFIN À GRANDIR ET À COMPRENDRE QUE LE MONDE NE TOURNE PAS AUTOUR DE TOI ! MERLIN FASSE QUE LA SANCTION DU DIRECTEUR SOIT UN ANTIDOTE À TON ÉGOÏSME ET À TA LUBIE QUI A PRIS UNE AMPLEUR VRAIMENT INQUIÉTANTE : TU NOUS AS INTOXIQUÉS TOUT L'ÉTÉ AU TERRIER AVEC TA SATANÉE FLEUR ET, ARRIVÉ AU COLLÈGE, TU FAIS SUBIR LE MÊME TRAITEMENT À TES CAMARADES ! NE T'ÉTONNE DONC PAS SI TES AMIS S'ÉLOIGNENT DE TOI ! ET MOI JE NE LES EN BLAMERAI PAS, BIEN AU CONTRAIRE ! EN TOUT CAS J'ESPÈRE QUE TU MESURES VRAIMENT LA CHANCE QUE TU AS ! LA JEUNE FEMME VICTIME DE TON IMMATURITÉ AURAIT TRÈS BIEN PU PORTER PLAINTE ! D'AILLEURS ELLE LE PEUT ENCORE ! ET JE TE SIGNALE QU'ON EN A ENVOYÉ À AZKABAN POUR MOINS QUE ÇA ! ALORS MAINTENANT TU TE TIENS À CARREAU, COMPRIS ?!! SI JAMAIS J'AI ENCORE VENT D'UNE AFFAIRE T'IMPLIQUANT, JE TE RAMÈNE MOI-MÊME À LA MAISON PAR LA PEAU DES FESSES ET JE ME FICHE DE L'ÂGE QUE TU AS ! TANT QUE TU VIVRAS SOUS MON TOIT TU TE PLIERAS AUX RÈGLES, QUE CELA TE PLAISE OU NON !! SUR CE JE VAIS RÉCONFORTER TA MÈRE !
ARTHUR WEASLEY, PÈRE HONTEUX !
Puis la lettre explosa et des débris fumants retombèrent sur la table. Après ce soudain éclat de voix, le silence était retombé sur la Grande Salle. Le rouquin en question regardait fixement les restes de la Beuglante, les yeux exorbités par le choc. Jamais encore il n'avait vu son père se mettre dans un tel état de fureur ! Cela en était effrayant ! Encore plus que les légendaires colères de sa mère et encore plus que la Beuglante qu'il avait reçue de celle-ci lors de sa deuxième année !
Les autres personnes présentes étaient encore abasourdies par ce qui venait de se passer même si certains savaient mieux dissimuler leurs émotions que d'autres. Le plus parfait exemple était, bien entendu, le maître des potions qui avait des années de pratique derrière lui pour ce qui était de tenir un visage de marbre en toute circonstance. Mais, en cherchant bien, on pouvait deviner l'ombre d'un sourire satisfait et sardonique étirant le coin de ses lèvres.
Pour Severus cette scène était une véritable bouffée d'oxygène. Voir le meilleur ami de Potter se faire humilier de la sorte devant la totalité de l'école était pour lui la même chose que si on lui avait annoncé que cette année il y aurait deux Noël. Il comptait bien en profiter un maximum et ses yeux perçants se délectaient de la mine horrifiée du rouquin. Il avait l'air encore plus idiot que d'habitude – eh oui c'était possible ! – Qui aurait cru qu'Arthur puisse avoir un tel effet sur sa nombreuse progéniture ? Pour un peu il serait presque allé le féliciter chaleureusement. Toutefois il ne fallait pas exagérer, il était l'infâme sadique des cachots et avait donc une réputation à préserver. Même si cette dernière lui pesait de plus en plus. Mais que pouvait-il y faire ? Il avait appris à vivre avec ce masque par la force des choses et désormais il était comme une seconde peau et rien ne pouvait l'atteindre. Rien excepté ses cauchemars et…
C'était sa façon de se protéger de la souffrance des autres pour éviter de faire face à sa propre souffrance. Tout était tellement plus simple de cette façon seulement voilà, il y a toujours un grain de sable pour enrailler une machine bien huilée…
Machinalement, le maître des potions secoua la tête et se leva pour sortir sans même attendre que le repas soit terminé. Passant derrière son apprentie, il s'arrêta et lâcha ces quelques mots qui la firent sortir de la torpeur dans laquelle la Beuglante du roux l'avait plongée.
– Inutile de venir dans les cachots ce soir, votre présence n'est pas requise.
Et il était parti avant même que Hermione ait pu ne serait-ce qu'esquisser un signe de tête lui signifiant qu'elle avait compris.
Regardant fixement le plat devant elle, la Préfète en chef réfléchit à ce que son professeur venait de lui dire. Il ne souhaitait pas qu'elle soit dans les cachots ce soir… Il y avait forcément une raison à cela mais la jeune femme savait que ça lui coûterait très cher de tenter de découvrir ce qui en était la cause… Déjà que d'ordinaire sa présence dans le bureau du directeur de Serpentard était à peine tolérée, elle n'allait pas tenter le diable… Ce serait tout bonnement suicidaire ! Peut-être qu'Il l'avait appelé ?
Hermione secoua la tête. Non mais vraiment ! Il ne voulait pas qu'elle vienne dans le domaine des vert et argent ce soir. Point. Alors pourquoi se posait-elle autant de questions ? Au contraire : elle aurait dû en éprouver un certain soulagement eut égard aux semaines éprouvantes qu'elle avait passées en sa compagnie. Pourtant elle aurait voulu lui formuler quelque chose… Une demande, non… une requête que l'incident d'Elanor avait fait naître en elle… Elle essuierait certainement un refus net, catégorique, cela ne faisait aucun doute. Cependant, en digne représentante des sang et or qu'elle était, elle essaierait tout de même… Demain… Oui, demain c'était peut-être mieux finalement…
Dans son bureau, le professeur Rogue corrigeait des copies de sixièmes années. Il y a encore quelques mois cet exercice lui permettait de se vider la tête – tout comme l'étaient les parchemins qu'il raturait allègrement de son encre rouge – et de ne pas ressasser sans arrêt les mêmes pensées sombres ; mais cela ne fonctionnait plus, plus depuis ce fameux jour du mois d'août où il avait pris le Magicobus pour revenir du Chemin de Traverse… Le fameux jour où il s'était laissé aller à ce pitoyable constat : à savoir que personne n'était là pour lui donner un tant soit peu d'affection, que personne ne le regretterait s'il venait à périr du fait de la position précaire dans laquelle il était en tant qu'agent double. Pas qu'il y attachât réellement de l'importance… mais…
Severus secoua la tête tout en barbouillant d'encre rouge la copie de Salvius Pike, Serpentard de son état.
Tsss… Il savait depuis bien longtemps que la vie était fragile. Elle s'était chargée de le lui faire comprendre bien assez tôt. Fragile comme la flamme d'une chandelle qui vacille et qui, pourtant, continue à répandre sa douce lumière mais finit tout de même par s'éteindre, souvent à cause d'un coup de vent qu'on n'avait pas prévu.
La vie… petit papillon éphémère dont l'existence variait considérablement d'un individu à un autre.
La vie… et sa sœur de l'ombre : la mort… Et toutes deux effectuaient un incessant ballet autour du maître des potions, l'effleurant même à certains moments mais ne le touchant jamais… Son heure n'était pas encore arrivée…
Machinalement il se pinça l'arrête du nez et essaya de reporter son attention sur ses copies. Affligeant… Elles étaient censées appartenir à des élèves de sixième année et apparemment ceux qui les avaient écrites n'avaient guère plus de jugeote qu'un Scrout à pétard ! De quoi vous dégoûter de l'enseignement ! Heureusement parmi les septièmes années il y avait quelques exceptions notables même s'il ne l'avouerait jamais, faisant montre de son incorrigible mauvaise foi… Encore cette fichue histoire de masque et d'apparence !
Il soupira et, après avoir regardé l'heure, décida d'aller se coucher. Il ouvrit donc la porte qui se trouvait derrière son bureau d'acajou, celle-ci donnait sur un escalier menant à ses appartements.
Après un rapide tour par la salle de bain, le professeur Rogue se déshabilla rapidement, enfila sa chemise de nuit et se glissa dans les draps frais de son lit à baldaquin. Il avait toujours eu à l'égard du sommeil, une attitude assez ambiguë, il savait bien-entendu que cela était nécessaire à l'équilibre de tout être vivant mais ne pouvait s'empêcher de le redouter étant donné tout ce que cela impliquait. En s'endormant il quittait la pensée rationnelle qu'il pouvait contrôler et canaliser et laissait la part belle à son subconscient, à tout ce qu'il réussissait à refouler en étant éveillé. C'était cela qu'il détestait : ne pas avoir le contrôle sur les images que lui envoyait son subconscient quand il rêvait. Passé un temps il avait bien pris de la potion de sommeil sans rêves mais avait arrêté, ne voulant pas en devenir dépendant. Comme tout le reste, il avait fini par apprendre à vivre avec… Même si étant donné son passé ce n'était pas facile… Pas facile du tout…
C'est sur cette dernière pensée que le directeur de Serpentard finit tout de même par s'endormir. Son visage reflétait alors une expression détendue qu'on ne lui voyait que très rarement quand il était éveillé. Mais comme de coutume cela ne dura pas…
Il se trouvait dehors comme le laissait penser les étoiles qui éclairaient faiblement le ciel dépourvu de son disque argenté qu'était la Lune et comme le suggérait aussi la cime des conifères découpant l'horizon. Il était donc à l'orée d'un bois ou d'une forêt quelconque. Alors qu'il avançait prudemment sur le sentier serpentant devant lui, n'ayant pas rien – pas même une baguette – pour s'éclairer, un brusque brouillard l'enveloppa. Rassemblant tout son courage, Severus continua son chemin, se rapprochant progressivement de la forêt. Il s'arrêta quand il aperçut, à travers la brume, une silhouette qui lui semblait familière, sans pour autant qu'il arrive à mettre un nom dessus. Elle était assez éloignée de lui et le brouillard environnant n'aidait en rien le maître des potions dans sa quête de distinguer les traits de cette apparition. Puis, avant même qu'il ait le temps de le réaliser, la silhouette commença à partir, s'enfonçant de plus en plus dans la forêt et dans la brume, l'appelant d'une voix fantomatique comme l'aurait fait un enfant chantonnant doucement son prénom.
– Severus… Severus…
Ce dernier ne voulant pour rien au monde la perdre de vue et aussi découvrir à tout prix qui était cette jeune personne se mit à la suivre, guidé par le son de cette voix si familière et si douce à son oreille… Une voix pleine d'innocence… Au bout d'un moment, il s'aperçut qu'elle s'était à nouveau arrêtée, dans une clairière cette fois-ci. Elle était assise sur une étrange masse se découpant dans l'obscurité. Comme un grand disque mis à plat sur le sol… Un tourniquet… Il s'approcha lentement mais son pied fit craquer une branche sèche et la petite silhouette se releva brusquement, regardant autour d'elle. Elle s'arrêta, fixant un point dans sa direction… Elle l'avait vu… Rogue décida de se rapprocher encore, il devait savoir, il devait absolument savoir qui elle était… Elle lui sourit et lui fit un signe de la main avant de disparaître, laissant seulement entrevoir à Severus de longs cheveux dont il n'arrivait pas à définir s'ils étaient bruns ou châtains.
Il se retrouva alors seul et eut à peine le temps de réaliser que le décor environnant avait changé, que déjà une main froide, aux longs doigts faisant penser à des pattes d'araignée, se posait sur son épaule…Il frémit à ce contact mais n'osa pas se retourner, sentant dans sa nuque les picotements caractéristiques d'un regard le scrutant avec insistance à la recherche du moindre faux pas. Tout ce que sentit Severus fut un frisson d'effroi remonter le long de son échine alors qu'Il lui susurrait quelques mots à l'oreille avant de se mettre à ricaner diaboliquement. La suite était, pour ainsi dire, réglée comme du papier à musique : une douleur foudroyante qui irradiait de tout son être et surtout ce sentiment de dégoût qui le prenait à la gorge…
Haletant et couvert de sueur, le professeur Rogue ouvrit les yeux, se retrouvant alors confronté à l'obscurité qui emplissait ses appartements. Le jour n'était pas encore levé. Il alluma la lumière, peinant à retrouver un souffle régulier, et regarda l'heure à son réveil magique : trois heures du matin… Sans vraiment s'en rendre compte, il passa sa main sur son épaule comme pour s'assurer que plus rien ne l'enserrait, effleurant de ses doigts le fin tissu de sa chemise de lin. Severus soupira, sa respiration était redevenue presque régulière.
Ce n'était pas réel… Pas réel…
Pourtant au souvenir de son mauvais rêve la bile lui monta à la gorge et il se précipita dans la salle de bain. Lorsqu'il eut fini, il se passa plusieurs fois de l'eau froide sur le visage comme pour épurer son esprit autant que pouvait l'être son corps. Retournant finalement dans sa chambre, le maître des potions ouvrit la fenêtre en grand, histoire d'aérer la pièce, d'assainir l'air qu'elle contenait et, qui plus est, pour ne pas se sentir prisonnier des quatre murs de pierre qui l'entouraient. Inspirant et expirant profondément, les mains posées à plat sur le rebord de la fenêtre mais gardant ses yeux noirs bien ouverts, il essaya de se rappeler la première partie de son rêve, avant que celui-ci ne vire au cauchemar.
Cette silhouette qui lui semblait si familière sans pour autant qu'il arrive à la reconnaître. Certes Severus n'avait pas vu son visage mais il savait qu'il la connaissait… Et visiblement elle aussi elle le connaissait… Cette façon de l'appeler… Et cette voix… Elle était si… douce… Le sourire qu'elle lui avait adressé… même s'il l'avait deviné plus que réellement vu… Il savait qu'elle lui avait souri… Mais qui était-elle ? Pourquoi ne parvenait-il pas à se le rappeler ? Et surtout pourquoi était-ce aussi important pour lui ?
Le directeur de Serpentard secoua la tête tout en s'éloignant de la fenêtre. Peut-être que son inconscient le protégeait en lui cachant délibérément l'identité de cette personne ? Peut-être… Peut-être pas… Une nouvelle façon de le faire souffrir ? Très probablement…
Quelques heures plus tard – à sept heures précises plus exactement – quand Mrs Pomfresh vint rendre une première visite matinale à sa patiente encore endormie, elle fut stupéfaite de trouver le professeur de potions au chevet d'Elanor McLeod. En effet, assis dans un fauteuil non loin du lit occupé par la Préfète de Poufsouffle, Severus lisait avec attention un ouvrage du baron Heinrich Von Branbach intitulé : De la genèse des travaux sur les sérums de vérité et potions de mémoire à base de plumes de Jobarbille et leurs applications dans le Saint Empire Romain Germanique d'Othon Ier à Frédéric II (962-1250).
– Mais qu'est-ce que vous faites là Severus ?! demanda-t-elle ébahie. Je veux dire, je ne m'attendais pas à vous trouver ici… surtout à cette heure-ci.
Le professeur Rogue referma son livre n'oubliant pas, au préalable, d'en marquer la page. Puis il leva la tête vers l'infirmière et esquissa un sourire moqueur.
– Bonjour Poppy, moi aussi je suis ravi de vous voir, lui répondit doucereusement le sombre sorcier.
L'infirmière resta à le regarder, les yeux écarquillés.
Avec cet air elle ressemble à une poule qui vient de trouver un couteau, nota mentalement Severus avant de hausser un sourcil dans sa direction.
– O-oui, bonjour à vous aussi Severus… Maintenant si vous m'expliquiez le pourquoi de votre présence ici.
Rogue la toisa de ses prunelles obsidiennes, un rictus méprisant étirant le coin de ses lèvres.
– Je ne suis pas venu ici pour l'empoisonner si c'est ce que vous croyez. Et si telle avait été mon intention j'aurais laissé faire Weasley avec sa lavande et ne serais certainement pas venu lui porter secours et encore moins vous prêter main forte à l'infirmerie ! Sans compter que cela m'aurait fait davantage de paperasse à remplir et mon temps est suffisamment précieux sans que je le gaspille pour ces vaines futilités. D'autre part vous n'êtes pas sans savoir que je suis Maître des potions, n'est-ce pas ?
L'infirmière acquiesça, soutenant son regard.
– Comme c'est moi qui fabrique la potion anti-allergie, je suis venu m'assurer qu'il n'y avait pas d'effets secondaires suite à l'absorption massive de ce breuvage et aussi vous en apporter d'autres fioles qui aideront, je pense, à atténuer l'inflammation de ses voies respiratoires.
Et aussi parce que je n'avais pas envie de me rendormir et que je voulais m'assurer qu'elle se remettait correctement… D'autant plus que je n'avais rien d'autre à faire… en même temps à quatre heures du matin ce ne sont pas les élèves qui courent les couloirs…
Mrs Pomfresh hocha la tête visiblement convaincue par les explications de l'homme en noir. Elle s'avança vers sa patiente afin de commencer à l'examiner mais le directeur de Serpentard eut un geste pour l'en dissuader.
– Il est encore tôt, il vaut mieux la laisser dormir pour l'instant tant qu'elle n'éprouve pas de gêne notable.
Puis voyant des éclairs dans les yeux de la Médicomage, il arbora son si caractéristique rictus sardonique avant d'ajouter :
– Mais après tout vous faites ce que vous voulez, c'est votre infirmerie, n'est-ce pas ?
Poppy lui adressa un regard revêche qu'il ignora royalement et elle rétorqua :
– Vous avez raison Severus, ceci est mon infirmerie. Je vous remercie de l'intérêt que vous portez au cas McLeod mais maintenant je vous demanderai de sortir, je crois pouvoir arriver à gérer cela seule à présent.
Rogue la dévisagea avec raideur et prenant bien soin de ne pas oublier son livre, il se dirigea vers la sortie. Arrivé à la porte, il se tourna vers l'infirmière, le visage sans expression mais son ton était sans appel.
– Avant de partir, je vous recommande vivement de laisser Mr Finch-Fletchley la voir dès qu'il se présentera. Vous êtes peut-être infirmière mais vous ne savez pas de quoi un Poufsouffle émotionnellement perturbé peut être capable !
Et il franchit finalement la porte, ses lourdes robes noires tourbillonnant derrière lui.
Dans la Grande Salle, Hermione entamait son petit déjeuner tout en parlant Sortilèges avec Harry et Dean même si le cœur n'y était pas vraiment. Elle avait brièvement vu Justin ce matin et avait pu constater l'étendue de son inquiétude concernant la santé d'Elanor : ses yeux rougis et ses cernes parfaitement visibles parlaient d'eux-mêmes. A ce qu'elle savait, on ne l'avait pas encore autorisé à la voir. Il devait vraiment tenir à elle pour être à ce point rongé par l'inquiétude. Pendant un instant elle s'était demandé si elle serait un jour capable d'éprouver des sentiments aussi forts pour une personne… Bien sûr elle aimait ses parents, Harry, la famille Weasley et d'autres comme le professeur Lupin ou Tonks mais ce n'était pas la même chose ! Pourrait-elle un jour ressentir des sentiments semblables à ceux que Justin avaient vis-à-vis d'Elanor ? Il y avait eu Viktor bien sûr mais… Non. En réfléchissant bien ses sentiments vis-à-vis de l'attrapeur bulgare n'avaient pas été aussi forts… Et puis à quatorze ans sait-on réellement ce que c'est qu'être amoureuse de quelqu'un ? Non. Et avec trois ans de recul elle s'en rendait d'autant mieux compte. Non définitivement ce qu'elle avait ressenti pour Viktor ne pouvait certainement pas être de l'amour… Plutôt une relation amicale qui avait dérivé en léger flirt mais rien de plus. Et puis ils n'avaient pas grand chose en commun… Elle ne voulait pas paraître arrogante mais ce qu'elle recherchait avant tout c'était quelqu'un qui soit intellectuellement à son niveau voire même au-dessus pour ne pas avoir à rabaisser la personne en question mais au contraire avoir des conversations enrichissantes, soutenir des débats enflammés, car les avis divergents étaient toujours plus instructifs qu'un consensus général, quelqu'un qui soit aussi capable de la surprendre. Mais un tel homme existait-il ou n'était-ce qu'une rêverie stupide d'adolescente ? Et sur ces pensées quelques peu moroses, la jeune femme se resservit une tasse de chocolat chaud, espérant trouver un brin de réconfort dans le liquide onctueux et brûlant.
Ron quant à lui était silencieux dans son coin. Lavande était la seule à lui prêter attention, les autres membres de Gryffondor ayant choisi de l'ignorer tant qu'il n'aurait pas révisé son jugement concernant sa responsabilité dans ce qui était arrivé à la préfète de Poufsouffle. Sans oublier bien sûr d'aller lui présenter des excuses…
Et s'excuser de quoi d'abord ? songea amèrement l'adolescent aux cheveux roux. De ne pas avoir su qu'elle était assez idiote pour être allergique à la lavande ? Pfff, comme si c'était de ma faute ! Franchement si elle est aussi fragile je ne vois vraiment pas ce qu'elle fait ici !
Cependant il eut tout de même le bon sens de garder ses réflexions désobligeantes pour lui.
L'heure du début des cours se rapprochant progressivement, les élèves sortirent peu à peu de la Grande Salle. Hermione avait décidé d'aller voir son superviseur avant le début de son cours d'Arithmancie. Elle prit son courage à deux mains et se dirigea donc vers les cachots tandis que son homologue grimpait rapidement les escaliers en direction de l'infirmerie. Arrivée devant la lourde porte de bois, la Préfète en chef prit une profonde inspiration histoire de se donner plus de contenance même si elle savait que c'était parfaitement inutile et elle toqua. Aussitôt la réaction de l'occupant des lieux ne se fit pas attendre.
– Entrez !
Comme à son habitude son ton était glacial indiquant qu'il était hautement préférable pour la survie de l'importun qui osait le déranger que celui-ci fasse rapidement demi-tour. Cependant la jeune femme ne se laissa pas démonter suivant l'adage bien connu « qui ne tente rien n'a rien » et elle pénétra dans le cachot.
Rogue la dévisagea de la même façon qu'il l'aurait fait avec un insecte. Ses dures prunelles obsidiennes ne reflétant aucune émotion autre que la froideur habituelle du maître des potions.
– Il ne me semble pas avoir requis votre présence d'aussi bonne heure, Miss. Ou bien est-ce encore une façon pour vous de vous rendre intéressante ?
Hermione ne répliqua rien. Elle devait absolument rester calme si elle voulait avoir au moins une chance que sa requête aboutisse. Devant le silence de son apprentie, Severus poursuivit la jaugeant toujours de son regard aussi profond que les abysses.
– Vous déciderez-vous Miss Granger ? Je n'ai pas toute la journée, il se trouve que j'ai des choses beaucoup plus importantes à faire que de vous contempler indéfiniment en attendant que vous daigniez décrocher un mot.
Malgré tous ses efforts, son esprit ne maîtrisa pas sa voix et elle fit d'une traite :
– Professeur, je voudrais que vous m'appreniez à réaliser la potion anti-allergie.
Et voilà c'était dit ! La jeune femme regarda l'austère professeur de potions guettant sa réaction. Ce dernier avait le visage fermé même si une lueur que la Préfète en chef n'aurait pas su définir brilla dans ses yeux un court instant.
– Et pourquoi cette volonté soudaine, Miss ? s'enquit-il finalement.
La Gryffondor soutint son regard. Elle voulait vraiment apprendre cette potion et ainsi faire ses preuves devant l'homme en noir. En outre elle était censée être son apprentie – que diable ! – et elle n'allait pas passer l'année de ses ASPIC à récurer des chaudrons et rédiger des comptes-rendus plus rébarbatifs les uns que les autres !
– C'est une potion fort peu connue dont l'importance n'est pas assez mise en avant. La grande majorité des personnes ne savent pas à quoi elles sont allergiques et même quand elles le savent un accident est vite arrivé. Ce qui est survenu à Elanor le montre bien : si vous n'aviez pas eu cette préparation en votre possession qui sait ce qui aurait pu se produire…
Severus la jaugea silencieusement. La jeune femme savait ce qu'elle voulait, elle incarnait parfaitement la maison des sang et or. Sans oublier bien sûr qu'elle avait, avec Potter, contribué aux secours fournis à la préfète de Poufsouffle.
– C'est d'accord. Je verrai ainsi comment vous vous débrouillez avec un breuvage qui n'a rien à voir avec les potions basiques étudiées dans cette école.
Hermione ouvrit des yeux aussi gros que des soucoupes. Avait-elle bien entendu ? Le professeur Rogue venait d'accepter ou venait-elle d'imaginer ces mots ?
– Et cessez de me regarder avec cet air de carpe sortie de l'eau sinon je vais finir par changer d'avis ! s'exclama-t-il, agacé d'être dévisagé de la sorte.
La jeune femme opina rapidement du chef et baissa ses prunelles chocolatées. Après quelques timides mots de remerciement, elle sortit rapidement de la pièce le sourire aux lèvres. Elle ne parvenait pas à y croire et pourtant c'était vrai : il avait dit OUI !
Dans son bureau, Severus demeura quelques instants songeur. Il avait bien vu le scintillement dans les yeux de son apprentie lorsqu'il avait accédé à sa requête et en avait ressenti une étrange sensation sur laquelle il jugea préférable de ne pas s'attarder. Il secoua la tête. Après tout elle était censée être sa stagiaire, il fallait quand même bien qu'il lui fasse préparer quelques décoctions, d'autant qu'il imaginait déjà les réactions d'Albus et de Minerva si ces derniers découvraient, dans le rapport de fin d'année, que leur très chère Miss je-sais-tout n'avait fait que récurer chaudrons, fioles, bocaux et autres accessoires propres à la préparation de ces breuvages aux propriétés magiques. Travail fastidieux s'il en était, accompagné par la rédaction de comptes-rendus des derniers colloques de ceux qui se prétendaient experts en ce domaine mais n'étaient en fait – pour la majorité d'entre eux – que de vieux croulants dont la sénilité n'avait d'égal que leur bassesse d'esprit et leur appât du gain, avec comme unique objectif de trouver LA potion qui leur permettrait de remplir leurs comptes à Gringotts en espèces sonnantes et trébuchantes. Bref, ils le dégoûtaient, ces vieillards insipides qui avaient déjà un pied dans la tombe ! En effet, pour Severus, une potion était beaucoup plus que son équivalent en Gallions, c'était avant tout une œuvre d'art issue du pur produit du génie de son créateur : les ingrédients devaient être choisi avec soin et circonspection afin de se mêler harmonieusement, dans des proportions étudiées afin de ne pas altérer leurs propriétés ni l'efficacité du breuvage final. Un exercice et une maîtrise qui n'étaient pas donnés à tout le monde, il n'y avait qu'à voir le peu d'élèves réussissant à obtenir un tant soit peu de résultat pendant ses cours, domaine dans lequel Potter s'était étonnamment amélioré mais, parmi les septièmes années, deux noms se détachaient du lot : Elanor McLeod et… Hermione Granger.
Après tout… pourquoi pas ?Pendant ce temps devant l'infirmerie, Justin débattait de manière plutôt virulente avec Poppy Pomfresh afin de pouvoir accéder à la fameuse pièce blanche où se trouvait Elanor.
– Mrs Pomfresh, s'il vous plait, il faut absolument que je la voie ! Je vous en prie laissez-moi la voir !
La Médicomage secoua vigoureusement la tête.
– Et moi je vous dis que non Mr Finch-Fletchley ! Miss McLeod dort ! Elle a besoin de repos, alors cessez de faire tout ce raffut ou vous allez finir par la réveiller ! Vous entendez ? Calmez-vous !
– Que je me calme ?! s'exclama le Préfet en chef. Mais je suis parfaitement calme ! Et je le serai encore plus une fois que j'aurai vu Elanor ! C'est ma petite amie, Mrs Pomfresh, et je ne partirai pas avant de m'être assuré qu'elle va bien ! Et s'il le faut, j'escaladerai même la façade de ce château pour arriver jusqu'à elle !
Devant cette envolée lyrique digne d'un roman de cape et d'épée, Pompom leva les yeux au ciel tout en soupirant bruyamment.
– Suffit, Mr Finch-Fletchley ! aboya-t-elle. C'est d'accord pour cette fois... Je vous laisse entrer à la condition expresse que vous ne fassiez rien qui puisse troubler la quiétude dont ma patiente a besoin pour récupérer. Est-ce clair ?
Justin acquiesça frénétiquement sous le coup de l'émotion. Il réussit cependant à se retenir d'enlacer l'infirmière.
– Merci ! Merci Mrs Pomfresh !
Cette dernière soupira lourdement avant de retourner vaquer à ses occupations.
Heureusement que Severus m'avait prévenue ! grinça-t-elle intérieurement.
Dans la pièce immaculée, Justin avança avec précaution ne voulant pour rien au monde réveiller celle qui faisait battre son cœur. Il prit la main d'Elanor dans la sienne et la caressa tendrement de son pouce. La jeune femme, sentant cette douce pression, remua légèrement la tête et ses yeux bleus papillonnèrent doucement avant de se poser sur son petit ami. Ils étaient cernés et fatigués mais pétillaient toujours de cette étincelle de vie si caractéristique de la Poufsouffle.
– Ellie…, murmura finalement Justin. Si tu savais comme j'ai eu peur pour toi ! D'ailleurs je n'étais pas le seul, tout le monde s'est fait un sang d'encre à ton sujet !
A ces mots la préfète de Poufsouffle esquissa un sourire. Bien que sentant sa gorge sèche elle essaya tout de même de prononcer quelques mots mais cela lui déclencha une violente quinte de toux, comme si ses poumons et sa gorge étaient en feu.
Entendant cela Mrs Pomfresh arriva aussitôt et fit avaler une fiole à sa patiente tout en lançant au préfet en chef un regard qui signifiait très clairement : « Je vous avais bien dit de la laisser se reposer ! »
Ce à quoi le jeune ne put s'empêcher de répondre :
– Mais je vous assure que je n'aie pas voulu la réveiller !
L'infirmière haussa un sourcil sceptique et reporta son attention sur la jeune femme brune qui ne toussait plus.
– Est-ce vrai Miss McLeod ?
Cette dernière qui avait toujours la gorge en feu répondit par un hochement de tête.
– Bien, fit alors Poppy bien qu'elle ne semblât pas totalement convaincue cependant elle tourna quand même les talons et laissa à nouveau les tourtereaux seuls.
– Je ne sais pas encore combien de temps tu vas devoir rester ici, reprit doucement Justin.
Haussement d'épaules de la concernée, après tout cela ne servait à rien de s'acharner à essayer de parler alors que son organisme en avait décidé autrement.
– Mais ne t'inquiète pas, continua-t-il, on s'arrangera avec les autres pour te prendre les cours. J'ai vu Hermione tout à l'heure et elle s'est proposée de te prendre celui de potions et vu mon niveau, je crois que c'est préférable. Elle m'a aussi dit qu'elle passerait te voir dans la journée avec Harry puisqu'ils ont une heure de libre dans l'après-midi.
Elanor acquiesça. Sans l'intervention d'Hermione et d'Harry et, bien entendu, celle du professeur Rogue qui sait ce qui aurait pu se passer. Elle préféra ne pas y penser. Cela ne servait à rien d'échafauder des théories plus ou moins absurdes sur ce qui se serait produit si… Elle était en vie, c'était tout ce qui comptait et pour cela elle en remerciait infiniment ses amis.
Ses yeux commencèrent à la picoter et progressivement elle sentit la fatigue l'envahir. Elle ne put retenir un bâillement bien que la matinée soit à peine entamée. Voyant cela le préfet en chef esquissa un sourire attendri.
– Bon je vais te laisser. De toute façon, il faut que j'aille en cours sinon je me fais étriper par McGonagall et si je reste là je me fais massacrer par Mrs Pomfresh.
Sur ce il se pencha lentement vers Elanor, effleurant délicatement ses lèvres et il l'embrassa timidement, comme s'il avait peur de la briser par la seule pression de sa bouche sur la sienne. Puis, après un dernier clin d'œil, il sortit de l'infirmerie.
La matinée passa rapidement pour certains, trop lentement pour d'autres. Dans le réfectoire Hermione et Harry devisaient tranquillement.
– Je ne sais pas ce qui s'est passé pour toi Mione, mais je te trouve radieuse. Enfin, je veux dire… tu sembles être sur un petit nuage depuis ce matin…
– J'ai parlé avec le professeur Rogue avant mon cours d'Arithmancie, lui répondit la jeune sorcière puis, voyant que son ami ne disait rien elle continua :
– Et il a accepté de m'apprendre à brasser la potion anti-allergie.
Elle ne put s'empêcher de sourire à la fin de sa phrase en repensant à l'entretien de ce matin. Après tout peut-être cela marquerait-il un tournant important pour elle ? Peut-être cesserait-il de la dénigrer pour s'apercevoir finalement qu'elle était digne de recevoir son enseignement ?
– Eh bien il ne faudra pas s'étonner si le temps change brusquement, rétorqua Harry pince-sans-rire. Mais j'espère que le nouveau comportement de Rogue envers toi n'ira quand même pas jusqu'à provoquer un blizzard sur Poudlard.
Hermione lui tira la langue avant de lui sourire, elle n'en était pas offusquée. Rien ne pourrait venir ternir cette journée, la bonne humeur et la joie de vivre qui émanait de la jeune femme et tout cela grâce à un seul mot prononcé par l'austère maître des potions.
– En tout cas ça me rassure vraiment de te voir aussi joyeuse, reprit sérieusement le Survivant. Je ne t'en ai pas parlé pour ne pas t'énerver mais je dois dire que je m'inquiétais depuis un petit moment néanmoins je préférais attendre que tu m'en parles.
Hermione sourit de nouveau chaleureusement à Harry avant de lui ébouriffer les cheveux. Décidément c'était un véritable ami…
Tout à leur discussion et à leur déjeuner, ils ne prêtèrent pas attention, comme le reste des personnes présentes, à la silhouette qui sortit de la Grande Salle et se dirigea vers les escaliers.
Dans l'infirmerie, Elanor regardait d'un œil passablement las le bouillon aux vermicelles apporté quelques instants plus tôt par un elfe de maison juste après le départ du professeur Dumbledore, venu s'assurer qu'elle se remettait correctement. Elle continua de contempler un moment le potage, jouant avec sa cuillère dans son assiette creuse quand elle entendit la porte s'ouvrir doucement et quelqu'un pénétrer à pas de loup dans la pièce. En plus le paravent lui masquait complètement l'identité du nouveau venu. Peut-être Justin qui avait profité de la présence de la Médicomage dans la Grande Salle pour venir la voir à nouveau ? La mince silhouette avançait doucement, marchant toujours à pas feutrés entre les lits. Prise d'un doute Elanor ferma alors les yeux et ne les rouvrit que lorsque les pas ne se firent plus entendre. Et là elle découvrit avec stupéfaction que le visiteur qui se tenait maintenant au pied de son lit n'était autre que… Drago Malefoy.
– Salut…
Il regarda furtivement à gauche puis à droite avant de poursuivre.
– …Elanor. Je suis venu voir comment tu allais…
La surprise se lisait très nettement sur le visage de cette dernière mais elle se reprit néanmoins et hocha la tête, remarquant au passage que Drago avait une main derrière le dos et semblait danser d'un pied sur l'autre bien qu'en bon Serpentard il s'efforçât de rendre cela imperceptible.
– Je suis aussi venu m'excuser pour mon attitude le soir de la Répartition. C'était vraiment… stupide de ma part et je m'en rends compte maintenant.
Si Elanor n'avait pas déjà été muette, la tirade du préfet de Serpentard aurait provoqué le même effet. D'autant plus lorsqu'elle vit ledit Serpentard dévoiler ce qu'il tenait jusque-là dissimulé derrière lui : un bouquet de violettes.
– C'est de ma part… et aussi de quelques autres membres de ma maison… je sais que ce n'est pas grand chose… Voilà…
Et dès qu'elle attrapa le bouquet, il sortit à grandes enjambées de l'infirmerie laissant derrière lui une jeune femme aphone qui se posait beaucoup de questions… Drago était dans un tel état qu'en partant il ne remarqua pas que quelqu'un avait assisté à toute la scène, se tenant dans l'embrasure de la porte… le professeur Rogue…
