Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : T

Acteur : Heero.

Début d'écriture : 20/12/2016


Silence


La guerre était finie depuis longtemps. À trente ans, Heero avait enfin trouvé sa place dans la société. Cela n'avait pas été une mince affaire.

Solitaire dans l'âme, il ne ressentait pas le besoin de côtoyer des gens, seulement il fallait bien vivre et trouver une profession. Il ne pouvait pas pirater des comptes pour avoir de l'argent et puis son niveau en informatique n'était pas supérieur à la moyenne. Tout ce qu'il avait réalisé à l'époque du Wing, n'importe quel individu aurait pu le faire. Où était l'exploit de modifier des comptes surtout quand on se trouve sur le PC de l'école, que ce dernier n'a pas un mot de passe en plus ? La partie la plus difficile ayant été à chaque fois de s'introduire dans le bureau du directeur sans se faire voir et prendre.

Il avait voulu la paix même en risquant sa vie. Maintenant qu'elle était là et qu'il avait survécu, ce n'était pas pour continuer à avoir une arme en main, blesser ou tuer des gens. Il avait refusé d'intégrer la nouvelle police de l'univers, les Preventers, après avoir réalisé plusieurs missions. Il était vivant, c'était pour le rester et en un seul morceau.

Être le garde du corps de Relena Peacecraft, c'était le même problème : une arme et subir le babillage incessant de la jeune femme, se faire courtiser. En plus, il y avait les soirées mondaines et faire des politesses qu'on ne pense pas pour ne pas créer d'incident diplomatique. Il fallait subir la foule lors des déplacements, tout le contraire de ce à quoi il aspirait depuis que la paix était instaurée.

Ne pouvant pas rester sans rien entreprendre, il se décide à participer à un cursus de reconversion. Il a un peu d'argent de côté et peut prendre le temps de choisir quelque chose qui lui conviendra.

Au bout de trois entretiens, ce qu'on lui propose ne semble pas si faux. Il y aura bien du contact avec des gens mais ceux-ci ne chercheront pas sa présence ou sa compagnie. Il n'avait jamais répondu aux invitations de l'ex-04. Afin d'avoir la paix, il avait fini par changer d'adresse mail et de numéro de portable, il avait déménagé pour qu'on ne le retrouve plus. Il voulait faire une croix sur cette vie-là.

Après cinq ans d'étude, il sait qu'il a fait le bon choix. Il va pouvoir soulager les douleurs, ce qui était tout de même une de ses motivations dans tout ce qu'il a entrepris dans sa vie, même la guerre.

Il ne va pas devoir discuter avec les personnes sans toutefois être réellement seul. Son cursus lui a prouvé qu'il n'était pas si solitaire que cela. Il aime être entouré, il apprécie regarder les autres exister. Seulement, il déteste subir une discussion vide de sens, côtoyer des individus qui portent un masque. Il n'aime pas l'hypocrisie et les faux semblants.

En plus, il a la chance de pouvoir reprendre une salle de consultation d'un vieux praticien en lui reversant 40% de ses soins durant quinze ans. C'était cette durée qui ennuyait les étudiants tout récemment sortis du moule.

-« Heero, cette annonce est là depuis au moins trois ans. » Lui dit son professeur de biologie.

-« Pourtant, c'est intéressant. Un cabinet avec tout le matériel, une clientèle, un logement au premier étage. »

-« Oui, mais ce qui freine les autres, c'est l'ancien propriétaire des lieux dans une maison dans la cour et reverser 40% sur une si longue période. »

-« Il y a aussi 60% pour moi, peu de frais puisque pas de loyer et d'achat de matériel. »

-« C'est un point de vue. »

Heero, bien décidé à saisir sa chance, va rendre visite à l'homme. Il regarde convenablement les installations. Tout n'est pas récent mais tout fonctionne. Il remplacera certains instruments au fur et à mesure par du matériel plus pimpant.

C'est grâce à cela qu'il avait commencé à pratiquer. Certains clients étaient partis quand l'ancien docteur avait pris sa retraite, mais beaucoup étaient restés et appréciaient ses soins, son silence et le calme de ses gestes.

Une clientèle plus féminine et jeune était apparue également à la suite du bouche-à-oreille.

Ce qui lui plaisait surtout dans la profession de dentiste, c'était de ne pas devoir faire la conversation. Il y avait bien les politesses d'usage, la prise de renseignement sur les douleurs, le suivi médical mais ce n'était pas une discussion sans raison.

Durant ses cours, il avait souri en réalisant qu'il y avait de la psychologie. Il comprenait qu'ils doivent voir les signes de détresses, quelques méthodes pour calmer les phobiques mais pas au-delà. S'il avait pu, il aurait éclaté de rire quand tous les étudiants et lui-même étaient passés à l'étude de l'art d'entretenir une conversation et ne pas la laisser mourir.

Il n'était pas psychologue, il n'en avait pas la vocation, il ne tenait pas à papoter avec les clients et puis quand allait-il les poser ses questions ? Quand ceux-ci ont la bouche grande ouverte et ne peuvent pas lui répondre. Il avait toujours trouvé ça stupide, si durant ses études il avait joué le jeu pour avoir ses points, depuis qu'il pratiquait c'était une chose qu'il ne faisait plus.

Il était bien plus heureux dans son monde de silence, une radio dans son cabinet distrayait les patients sans devoir leur parler sauf pour expliquer les soins et rassurer certains.

Fin

Fin de l'écriture : 26/12/2016