Pour compenser le chapitre précédent où nous n'avions pas eu notre dose d'Edward en armure -) voici un nouveau chapitre !
Chapitre 6
PDV Edward
Je ne pus aller la voir que la veille de son mariage. J'avais essayé de me glisser dans sa chambre quand elle était ce matin-là en salle de prière mais Jake avait dépêché deux gardes. En début d'après-midi, je me postai derrière la porte arrière du couvent qui donnait sur la forêt.
« Tu devrais juste l'emmener avec toi loin d'ici. » me répéta Emmett pour la dixième fois depuis la veille.
Je redoutais ne pas être capable de dire à Isabella ce que je devais pourtant lui dire. Une discussion le soir précédent avec Emmett avait ouvert mes yeux, mon amante pensait que je pourrais la soustraire à son destin. Je devais affronter sa déception et perdre peut-être son amour. Mais en aucun cas je ne pouvais me résoudre à la condamner en la soustrayant à Jake.
« Tu sais que je ne le peux pas. » pestai-je plus fort.
« Elle sera détruite. »
« Je resterai près d'elle. »
« Sans la toucher, sans la regarder. Elle ne vous le pardonnera pas. »
« Ce serait mieux pour elle, j'en viens à regretter mon comportement. J'ai tout fait pour résister à cette femme, elle n'est pas pour moi, tu comprends ?! »
« L'amour est plus fort que tout, plus fort qu'une couronne ou qu'une promesse. »
« Chut… Je l'entends venir. Va faire le guet ! »
La porte fut tirée lentement, Isabella apparut, encore plus belle que dans mes souvenirs.
« Enfin ! » chuchota-t-elle en m'apercevant.
Elle me laissa l'enlacer contre moi, elle chercha mes lèvres tout comme je cherchai les siennes. Elle était encore à moi aujourd'hui, je n'avais pas la force de ne pas réclamer ce qu'elle me donnerait sans retenue. Elle ne résista pas, bien au contraire, quand je l'attirai plus loin dans la forêt pour l'allonger sur un tapis de violettes.
« Tu m'as manqué… » soupira-t-elle, offerte à mon désir.
Le temps nous était compté, je devais l'avoir encore et vite. Je soulevai sa robe et son jupon, j'arrachai son sous-vêtement tout en l'embrassant. Mon sexe libéré, je m'enfonçai en elle, râlant de la sentir si chaude et humide pour moi seul. Elle s'accrocha à mes épaules et susurra mon prénom encore et encore, telle une litanie sensuelle. Elle chevaucha à mes côtés les vagues de plaisir, elle fit écho à mes sensations, elle me porta aux nues avec ses baisers.
« Mon amour… » soupira-t-elle, ivre de joie après avoir mordu mon cou pour étouffer sa jouissance.
« Nous sommes quittes. » plaisantai-je en touchant ma peau sensible.
« Loin de là, j'ai encore les marques de tes mains sur mes hanches, et tu viens sans doute d'en faire de nouvelles. »
Je pâlis en réalisant que mes ardeurs risquaient fortement de la confondre. Elle se redressa en prenant appui sur ses coudes et vint s'allonger sur moi. Elle me dérida avec ses baisers, me faisant déjà oublier la terrible erreur que j'avais commise.
« Tu as tout arrangé ? » me questionna-t-elle plus tard.
« Que veux-tu dire ? »
Je savais exactement ce qu'elle venait de me demander mais j'avais besoin de quelques instants supplémentaires pour me préparer.
« Pour notre départ. »
« Isabella… nous ne partons pas. » lâchai-je aussi doucement que possible.
« Tu… tu vas me laisser ici ?! »
Résigné, je me relevai et passai une main sur sa joue déjà inondée.
« Nous n'avons jamais eu d'autre alternative. »
« Je croyais que tu m'aimais. » hoqueta mon amante.
« Je t'aime, plus que tout. C'est pourquoi je dois te protéger, même de moi. »
« J'ai cru mourir sans toi, et tu crois que je pourrais en épouser un autre ? Je suis à toi et tu es à moi. Nous sommes liés tous les deux. »
Elle était presque hystérique et moi-même je ne parvins pas à garder mon calme. Tout en moi me suppliait de ne pas abandonner ma seule raison d'exister.
« Nous le sommes, mais si je te prenais avec moi, si je t'emmenais, ils nous feraient poursuivre, ils n'auraient aucune pitié. »
« Le roi ? »
« Jake aussi, précisai-je. Et tu mérites une vie digne d'une reine, pas une vie de vagabonde, pauvre, affamée. »
« Peu importe la richesse, le confort, je te veux ! »
Je tombai à genoux devant elle, mes mains sur ses hanches, ma tête contre son ventre.
« Et tu m'auras, mon amour, toujours. Je ne partirai jamais loin, je te reviendrai toujours. Je serai dans l'ombre, prêt à bondir en cas de danger. » jurai-je.
« Non ! » hurla-t-elle.
Elle échappa à mes bras, ajusta sa robe et ses cheveux sans cesser de sangloter. J'étais désarçonné, je n'avais plus la force de la faire souffrir pour autant je n'oubliai pas que notre sacrifice était la clé à sa sécurité et, je l'espérais, à son bonheur. Elle ne comprenait pas mais un jour, elle me remercierait.
« Tu ne m'aimes pas, tu m'as menti. »
« Non, je ne peux pas te laisser croire cela», me révoltai-je, la forçant à me regarder dans les yeux.
« Tu m'abandonnes- »
« S'il te plaît, Isabella, ne doute jamais de mon amour. Jamais je ne pourrai cesser de t'aimer. Il n'y aura que toi dans mon cœur. »
Elle ne me repoussa plus, lovée contre moi, elle pleura en silence la perte de ses espoirs.
« Jure-moi de ne pas l'aimer. » ne pus-je m'empêcher d'exiger.
« J'en serais incapable, tu seras le seul amour de ma vie. »
La tombée de la nuit nous força à rejoindre la petite église, le monastère était bruyant à l'annonce de la prière du soir, elle n'aurait aucun mal à rejoindre discrètement sa chambre. Je lui volai un ultime baiser avant de la relâcher. Je ne rejoignis mon écuyer que lorsque j'entendis les pleurs de mon bel ange depuis la fenêtre ouverte de sa chambre.
_oOo_
« Où iras-tu ensuite ? » me questionna le prince lors du dîner.
Je n'avais pas du tout d'appétit, la seule vue du futur mari d'Isabella me donnait ma nausée. Comment allais-je parvenir à ne pas le tuer quand il me raconterait ses prouesses maritales, comme il en avait l'habitude avec ses précédentes maitresses ?
« Je resterai ici, je n'ai plus le goût aux aventures. » déclarai-je en serrant les poings sur mes cuisses, sous la table.
« Toi ?! Tu plaisantes ? »
« Non, je suis las de voyager. »
« Vas-tu enfin devenir un seigneur de terre ? Je pourrais te trouver une épouse- » proposa-t-il mais je le coupai.
« Non. Je ne crains pas la solitude. »
« Bon, c'est ta décision, se résigna-t-il. J'en suis en fait assez heureux, tu pourras m'être utile quand je serai roi. »
« Merci pour ta confiance. Je suis fatigué, excuse-moi. »
Je me levai, m'inclinai devant le roi et le prince puis courus pour rejoindre ma chambre.
« Seigneur Edward ! » m'appela depuis le couloir mon écuyer, quelques minutes plus tard.
« Qu'y a-t-il Emmett ? » demandai-je sèchement.
J'ouvris la porte, il resta sur le seuil, la mine sombre.
« Je pars avec Rosalie cette nuit. Je suis désolé mais je ne veux pas rester ici plus longtemps. »
« Où allez vous ? »
« Au royaume de Laigin, là où elle est née. »
Je repoussai mes souvenirs et souhaitai bonne chance à mon écuyer.
« Vous êtes certain de ne pas vouloir vous enfuir avec la princesse ? s'enquit-il. Vous pourriez venir avec Rosalie et moi. »
« Certain. » répliquai-je, la gorge serrée.
« Adieu, seigneur Edward. »
« Adieu Emmett, sois heureux et en paix. »
Nous échangeâmes une poignée de main ferme puis il partit. Sans plus pouvoir me retenir, je laissais couler mes larmes et priai ce dieu unique auquel je ne croyais pas d'empêcher ce mariage.
Pendant des heures, derrière mes paupières verrouillées, le sourire radieux d'Isabella me hantait. Dans mes oreilles résonnaient encore ses soupirs voluptueux. Mes mains déchiraient les draps à cause du vide laissé par mon amante.
Soudain je fus saisi d'un vertige, ma tête commença à me faire souffrir et mon cœur se mit à battre trop vite.
Qu'avez-vous pensé de leurs retrouvailles ? Et de leur séparation ? Que se passe-t-il pour Edward ? J'ai hâte de lire vos réactions.
