EAUX TROUBLES


Petites précisions : La plupart du temps, on s'adresse aux siamoises comme à une seule personne (d'où le nom Tia-Dalma). Par contre, pour les rares fois où elles ne parlent pas en même temps, il est précisé qui, de Tia ou de Dalma, s'exprime. Je sais, c'est n'importe quoi! XD

Vous allez constater que les filles de Gouzbomp entretiennent une relation plus familière avec leur(s) directrice(s) que les étudiants de Poudlard avec Dumbledore! ;-)

Un peu d'histoire : Vous vous demandez sans doute d'où proviennent les quelques étranges prénoms de nos Gouz-amies! Eh bien, Plectrude est l'héroïne d'un roman d'Amélie Nothomb (Le Robert des noms propres, si je ne me trompe pas). J'ai fait mettre ce nom sur ma carte d'employée, au travail, et une cliente s'est adressée à moi comme ça mdr! (du style : Excusez-moi mademoiselle regard sur la carte Plectrude…où sont les toilettes?) Alors après ça, tous les autres employés ont voulu des noms du même genre sur leur carte, et de notre foisonnante imagination collective sont sorties Pétancouche, Irondette et Cristofude. Bref on a bien ri. Quant a Afgaxumushno, mademoiselle Viennoiserie (et sans doute plusieurs autres lol) l'a deviné : j'ai placé des lettres au hasard et ça a donné ça.

16 reviews pour le dernier chapitre! « Pff, j'ai même pas ça dans mes mauvais jours » diront certain(e)s. Eh bien pour moi c'est du jamais vu!

Alors merci à : Malum-est, MorganneS, angel lily, Mayra5619, Antigone Shadow, malilite, Sunshiine, Chocolatine, Noriane, konomu-imouto, Plumiere, Selena Flowright, Laetitia Osbourne et Roze Potter !

Je tiens aussi à remercier chaleureusement mon amie Meadows, toujours infaillible pour vaincre le syndrome de la page blanche! T'es géniale! XD

Et maintenant, voici LA SUITE!

edit 23/06: Alors la si vous recevez l'alert en double c'est normal, je suis desolee!! J'avais repere quelques fautes et je les ai corrigees! Milles excuses


7
Laisser couler l'eau sous le pont

Cette nuit-là, dans la salle aux statues…

-OUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!!!!!!!!!!!!!!

-Leur tête quand Tia-Dalma a égorgé le poulet! hoqueta Plectrude, entre deux éclats de rire.

-Ah non, celle qu'ils ont faite quand elle a lancé le poulet décapité sur les statues, c'était meilleur encore! dit Priscilla en tentant de reprendre son souffle.

-Hahahahohuhuhu, j'en peux plus! hurla Violette.

-J'trouve pas ça drôle, lança soudain Alma.

-Aller, souris Alma! l'encouragea Sylvie, les épaules secouées par le rire. C'était marrant! Hihihi!

-Pas du tout! protesta Alma, l'air agacé. On passe pour de vraies barges, maintenant!

-Mais nous sommes barges! dit Pam, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

-Pas au point de sacrifier des volailles au cours de ridicules rituels fanatiques – mais arrêtez de rire!

-OUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHAHA !!!!!!!!

-Que se passe-t-il ici? dit alors Tia-Dalma en entrant dans la pièce.

La douce mélodie de l'hilarité diminua de quelques décibels. Muguette murmura « Oh-oh, on va avoir des ennuis! », mais elle était d'un naturel si paranoïaque que personne ne s'en préoccupa.

-Oh Tia-Dalma! Votre performance était tout à fait ma-gi-stra-le! s'extasia aussitôt Annette.

-Vous auriez fait un malheur à Hollywood! garantit Rosie.

-Je peux avoir un autographe? demanda Violette.

-C'est vrai que c'était très bien interprété, se rengorgea Tia-Dalma en apposant ses initiales dans le carnet de Violette. Surtout que le lancer du cadavre animalier était improvisé!

-Ce fut un franc succès! assura Annette, enthousiaste.

-Pff! fit Alma, dans son coin.

Les siamoises se tournèrent d'un bloc vers elle, sous les « Oh-oh! » craintifs de Muguette.

-Eh bien, Alma Aguilera? dit froidement Tia-Dalma. Ton sens de l'humour t'aurait-il désertée?

-Il n'y avait rien d'humoristique là-dedans! riposta vertement la jeune fille.

-Alma fait la gueule parce que son prétendant s'est enfui en courant, expliqua calmement Barbara en appliquant soigneusement une deuxième couche de vernis sur ses ongles.

Alma la fusilla du regard, mais Barbara poursuivit son opération esthétique sans lever les yeux.

-Ah! C'est donc ça, dit Dalma.

-Allons, Alma! la raisonna Tia. Tu t'en trouveras un autre. Ce château est bourré de mâles, maintenant!

Ce simple propos provoqua des cris hystériques de la plupart des filles de la pièce – Muguette, Pétancouche, Clover, Ursule et Pélagie oubliant de réagir pour des raisons caractérielles. Alma, quant à elle, roula les yeux : c'était Sirius Black qu'elle avait repéré, c'était Sirius Black qui allait obtempérer! Pas un autre!

-Vous allez enfin pouvoir laisser ce pauvre Bif respirer, continua Tia-Dalma. D'ailleurs, ou est-il?

-Sylvie et moi l'avons installé pour la nuit! s'empressa de répondre la dévouée Annette. Il voulait partager le dortoir des autres garçons, mais je l'ai enfermé à double sort dans ses appartements!

-Excellent! approuva Tia-Dalma. Il ne faudrait pas que ces autres barbares le fassent pleurer.

-Son isolement l'a tout de même attristé, dit Sylvie. Mais j'ai réussi à le consoler en le convaincant que c'était pour son bien.

-Bon travail! la félicita Tia-Dalma. Sinon, rien d'autre à signaler?

-Dorcas a encore disparu, dit Afgaxumushno avant d'enfourner une pleine poignée d'arachides.

Tia-Dalma haussa les épaules : rien de nouveau. La jeune fille devait probablement rôder quelque part dans le château ou ses environs.

-De toute façon, elle n'est pas des nôtres! défia Priscilla.

Il y eut un lourd silence dans la pièce et cette fois, elles étaient toutes d'accord avec Muguette : « Oh-oh…elle va avoir des ennuis! » Barbara en laissa tomber sa lime à ongles.

-PRISCILLA SPEARS! explosa Tia-Dalma.

-Quoi? grimaça Priscillla. C'est vrai…

-Nous te DEFENDONS de rejeter une de tes camarades, tu entends?! Qu'on ne t'y reprenne plus! Tu prendras la place de Pam aux cuisines demain, pour ton insolence!

-Yes! jubila Pam.

-C'est pas juste! bougonna Priscilla. Et puis, ce Dumbledore a emmené des elfes avec lui, non? Pourquoi c'est pas ces bestioles qui prennent le relais pour la cuisine?

-Ne recommence pas! commanda Tia-Dalma. D'ailleurs, vous devriez toutes vous estimer chanceuses que l'on permette à ces elfes de faire le ménage du château! S'il fallait qu'en plus ils fassent la cuisine…vous risqueriez de devenir oisives.

-Alors là c'est clair qu'on aura tout le temps de paresser! ironisa Priscilla. Faire la cuisine et le lavage de mille personnes de plus, ce n'est rien du tout!

Les plus braves osèrent grogner d'approbation. Les siamoises se consultèrent d'un regard.

-Nous allons tenter de négocier avec ce râleur d'Albus pour que ses élèves participent un peu aux corvées, eux aussi. Cela vous va?

-Bon, il y a peut-être une justice dans ce bas monde! dit Priscilla.

-Parce que vous pensez qu'ils vont accepter de coopérer avec nous maintenant? intervint Alma, poings sur les hanches. Avec nos brillantes simagrées de ce soir, je ne miserais pas sur leur collaboration!

-Tu ne vas pas remettre ça? dit Tia-Dalma en soupirant d'impatience.

-Et pourquoi pas? Je croyais que le but était de nous rapprocher d'eux, pas de les repousser!

-Tu n'as rien compris, ma chère Alma. L'objectif le plus urgent était qu'ils ne se mêlent pas de nos affaires! Nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que notre tranquillité est désormais assurée!

-Ce ne sera effectivement pas dur d'être tranquille si personne n'ose nous adresser la parole!

-Je suis sûre que vous saurez trouver une stratégie pour les amadouer, répondit Tia.

-Sans perdre de vue la mission sur laquelle nous nous étions entendues…n'est-ce pas? dit Dalma en regardant tour à tour les dix-sept filles.

Elles acquiescèrent toutes, certaines de bonne grâce, d'autres de mauvaise. Tia-Dalma sourit de contentement.

-Bien, dit-elle. Vous devriez aller dormir, maintenant. Les prochains jours risquent d'être éprouvants…

Toutes les filles se levèrent à sa suite et s'apprêtèrent à quitter la salle, lorsque…

-OUAAAHAHAHAHAHA !!!

-???

-Tout va bien, Pélagie? s'enquit Tia-Dalma.

-Oui, hihihihi! Je viens de comprendre pourquoi tout le monde riait tout à l'heure! Ah là là, la poule décapitée, c'était dément!

-…

-Aller, bonne nuit, dit Tia-Dalma en fermant la porte de la salle derrière elle.

0o0o0o0

Sirius était d'excellente humeur lorsqu'il se réveilla, le lendemain de leur arrivée à Gouzbomp. Il se leva avant tout le monde et se prépara tranquillement pour la journée. Après s'être aspergé le visage d'eau, il eut la brillante idée de prendre sa forme d'animagus et d'aller réveiller ses amis en s'ébrouant sur eux. Il manqua de peu les sortilèges de Stupéfixion (James détestait se faire réveiller et devenait plutôt dangereux), d'Attraction (Remus n'avait pas encore tous ses esprits) et de Jambencoton (heureusement que Peter était trop endormi pour viser correctement).

-Veux-tu bien me dire ce qui te prend? grogna James en enfilant ses lunettes.

-La journée est trop belle pour faire la grasse matinée! dit joyeusement Sirius après avoir repris sa forme humaine. Aller, amène-toi dans la chambre d'à côté, j'ai aussi fait le coup à Lunard et Queudver!

S'inquiétant sérieusement pour l'état psychologique de Sirius, James fit sa toilette, s'habilla et rejoignit ses amis.

-Je n'ai pas aussi bien dormi depuis des lustres! s'exclama Sirius avec un grand sourire.

Ses trois amis se jetèrent un regard ou brillait la même lueur de compréhension : voilà pourquoi il était d'aussi bonne humeur!

-Pas moi, grimaça alors Remus. Je ne suis pas en super forme et j'ai toujours le sommeil fragile quand je passe la nuit dans un environnement inconnu.

-Moi je trouve que ces lits valent cent fois les couchettes minables qu'on avait à Poudlard! dit Sirius. J'ai rarement eu l'occasion d'avoir un lit à deux places pour moi tout seul!

-Ah bon? Avec qui tu dormais avant? fit Peter.

James et Remus poussèrent un soupir, ennuyés à l'idée de devoir jouer les médiateurs si tôt, mais à leur grande surprise Sirius éclata de rire en s'émerveillant de la chance qu'il avait d'avoir un ami aussi marrant que Peter. Il agrémenta ses propos de grandes claques complices dans le dos de Queudver – le pauvre n'y comprenait plus rien.

-Pourvu que ça dure, chuchota Remus.

-Permets-moi d'être sceptique, répondit James.

0o0o0o0

Sirius était toujours aussi jovial lorsque les quatre garçons s'installèrent à une table du Gouzresto.

Ce changement d'humeur apportait également plusieurs changements sur le monde extérieur :

1) Sirius et Peter rigolaient comme s'ils avaient toujours été les meilleurs potes du monde et c'était l'harmonie totale chez les maraudeurs.

2) Apparemment, aucune fille ne pouvait rester insensible à un Sirius Black tout en sourires. Même celle qui servait le petit-déjeuner – et qui avait l'air plutôt fendante – ne put s'empêcher de verser le porridge en gloussant et en battant des cils.

3) La horde de filles qui jouèrent du coude pour avoir une table près de celle des maraudeurs ne plut pas du tout à Sara, qui n'adressait maintenant plus la parole à un James décontenancé.

Le plus drôle, c'était que Sirius ne semblait pas se rendre compte de tout ça. Il était en train de raconter le rêve plus qu'incongru qu'il avait fait cette nuit-là, lorsque Dumbledore surgit derrière eux et demanda à vois Remus dans son bureau.

-Je vous rejoins dans le hall, dit Remus avant de suivre le directeur.

-A plus tard, mon ami! dit Sirius en souriant.

0o0o0o0

Cela faisait exactement une heure et quarante-huit minutes que James, Sirius et Peter poireautaient dans le hall. Remus n'était toujours pas revenu.

-C'est pas que j'aime pas rester planté dans un hall durant un jour de congé…, commença Peter.

-Mais là y en a marre, compléta Sirius.

-Hum, fit James, l'air ailleurs.

-Moi je dis qu'on explore ce château et que Remus nous rejoindra quand il pourra! proposa Peter.

-Je suis d'accord! dit Sirius. Cornedrue?

-Hum.

-Eh beh? Qu'est-ce qu'il a? demanda Peter.

Sirius roula les yeux, l'air d'avoir tout compris.

-C'est bon, Cornedrue! Tu peux aller t'expliquer avec Williams, on se débrouillera tout seuls!

James sembla émerger de sa transe et regarda Sirius avec un faible sourire. Puis il s'approcha et lui donna une claque amicale sur l'épaule.

-Comme toujours tu comprends tout, mon cher Patmol. Je ne serai pas long…

Il s'enfuit promptement. Sirius roula à nouveau les yeux et se tourna vers Peter.

-Tu vois ce que ça fait les filles? Ça te gâche la journée! Et en plus, ça n'a aucun sens de l'humour, ça a des sujets de conversation peu dignes d'intérêt et ça n'aime même pas le Quidditch! Alors qu'on ne vienne plus me demander pourquoi je me tiens loin d'elles!

Il fit alors signe à Peter de l'accompagner et se dirigea vers les ascenseurs.

Peter mit un moment à réagir, trop occupé à regarder d'un air interloqué les six filles gloussantes qui suivaient Sirius en file indienne.

0o0o0o0

James marchait dans le couloir qui menait à la tour du dortoir des filles, lorsque Lily Evans tourna le coin et manqua de justesse de lui rentrer dedans. Pour la première fois de sa vie, elle eut l'air presque contente de le voir.

-Il faut qu'on parle! dit-elle en l'empoignant brusquement par le bras.

-Mais…

-Ne discute pas!

James n'insista pas. Lily l'entraîna à l'extérieur – ou régnait un froid polaire – et c'est seulement à quelques mètres de l'entrée qu'elle se rendit compte qu'elle le tenait toujours par le bras. Elle le relâcha aussitôt.

James entreprit alors de se défendre.

-Elle n'a aucune raison de faire la tête! dit-il rapidement. Je n'ai rien fait!

-Je le sais bien! dit Lily, agacée.

-Si c'est à cause de toutes ces filles…

-En doutais-tu? soupira Lily.

-…c'est après Sirius qu'elles en avaient!

-Je sais tout ça, Potter. Maintenant, du calme, je ne suis pas là pour te faire un procès!

-Non?

-Non.

James fronça les sourcils, intrigué.

-Ecoute, reprit Lily, je sais qu'on a fait un marché, qu'il était entendu que je ne me mêle de rien et que je laisse Sara se démerder, mais…

Là on y était : elle allait l'engueuler comme du poisson pourri – et pourtant, ça n'a rien demandé un poisson pourri.

-Mais franchement, tu me fais trop pitié Potter. Alors je vais t'aider.

Quoiiiiii?

-Ne me regarde pas comme ça, dit Lily en riant un peu. Eh oui, la compassion est un sentiment que je connais…de temps en temps. Il faut en profiter quand ça passe. Aller, ferme ta bouche, Potter, je vais t'expliquer. Brrr, on se les gelé carrément ici! On marche un peu?

Trop soufflé pour émettre un son, James se contenta de la suivre.

-Je connais Sara mieux que moi-même, dit Lily en enfouissant ses mains dans ses poches. Et je sais qu'elle est jalouse comme une teigne, même si elle ne l'admettra jamais. Alors toutes ces filles autour de toi, ce matin…

James ouvrit la bouche pour protester, mais Lily l'interrompit aussitôt.

-Je sais que c'est à Black qu'étaient réservés ces yeux de merlans frits, dit-elle. D'ailleurs, Sara le sait aussi. Mais bon, c'est plutôt commun, ce petit sentiment de possessivité…l'envie de protéger son territoire, quoi!

Lily coula un regard vers James. Elle l'aurait parié : il ne comprenait rien à ce qu'elle racontait.

-V'là autre chose, soupira-t-elle. Tu sais ce qu'est le vrai problème, Potter? Sara croit que tu ne tiens pas assez à elle.

-Je…

-Non! dit Lily en l'arrêtant d'un geste. Je ne tiens pas à ce que tu me le confirmes ou pas, je n'ai pas envie de jouer à ce jeu-là avec vous deux. Je t'informe, c'est tout. Et je peux t'assurer que, connaissant Sara, elle va essayer de te rendre jaloux à ton tour. Plus vite que tu ne le croies.

-Quoi, mais…

-Elle va te tester. Si tu ne réagis pas, elle va conclure que tu ne tiens pas à elle. Si tu réagis, tu la rassures et tout rentre dans l'ordre.

-Et qu'est-ce qu'elle va faire au juste? s'inquiéta James.

-Oh, elle va probablement se mettre à discuter et rigoler avec un de ses ex, répondit Lily. Je te nomme quelques noms pour que tu saches à quoi t'en tenir : Woodhouse, Miller, Bogosse, Finnigan, Samsbury, Fesdacier…hum, et peut-être Durpectoro, il est en septième. Ils ne sont jamais sortis ensemble mais ont été assez intimes durant un temps…ah, et puis il y a aussi Thompson et Gardner…

-Tant que ça? s'étrangla James.

-Je ne te nomme que l'essentiel, dit Lily en fronçant les sourcils. Tu connais ces garçons?

-Euh, oui, pour la plupart, balbutia James.

-Surveille-les. Sara va s'accaparer du premier qui va croiser son chemin lorsque tu seras dans les parages.

-Et qu'est-ce que je devrai faire?

-Ma suggestion de fille serait que tu balances ton poing à la figure de ce pauvre mec – là c'est sûr, Sara ne te fera plus jamais la tête –, mais mon conseil de préfète est d'arriver simplement derrière eux, de prendre Sara par la taille en disant un truc du style : « Salut chérie, ça va? » avant de fustiger le mec du regard pour bien lui faire comprendre qu'il empiète sur ton territoire.

-…

-Je te jure qu'après ça, c'est dans la poche, assura Lily.

Ils étaient arrives a l'orée de l'épaisse forêt. Lily fit quelques pas sur place pour se réchauffer.

-Potter?

-Oui.

-Un dernier conseil : si la compagnie de Sara ne t'importe pas tant que ça, si tu n'es pas certain de tenir à elle comme elle voudrait que tu le fasses ou si tu trouves que tout ce que je viens de te dire est une perte de temps, laisse tomber.

-Je…

-Je ne veux pas savoir ce que tu en penses, répondit Lily. Je te demande seulement d'y réfléchir. Sara est ma meilleure amie. Je veux ce qu'il y a de mieux pour elle…

-Désolé, dit James.

Lily se mit à rire.

-Suis mes conseils et ça ira, dit-elle.

-Oui chef!

-Impassibilité constante! dit alors Lily en reprenant son sérieux.

-C'est vrai, dit James en cessant de sourire.

C'est dans cette optique qu'ils reprirent le chemin du château, transis de froid. Lily laissa James devant un ascenseur, résolue à prendre l'autre à côté.

-Merci, murmura James avant de s'engouffrer dans l'ascenseur.

-Pas de quoi, répondit Lily en jetant des regards nerveux autour d'elle.

Elle poussa un soupir de soulagement lorsque les portes se refermèrent sur James. Si Sara apprenait ce qu'elle venait de faire, elle n'était pas mieux que morte!

0o0o0o0

Toujours pas de trace de Remus au dîner.

-Personne ne l'a vu? demanda James.

-Non, dit Peter, soucieux.

-C'est louche, dit Sirius. On devrait partir à sa recherche.

Les trois amis se levèrent dans un raclement de chaises et quittèrent le Gouzresto.

-Ah non ça suffit hein? s'emporta Sirius en voyant une dizaine de filles se lever à leur suite. Aucune intimité, dans cette école…

Apparemment, c'en était fini de sa joie matinale.

0o0o0o0

Rechercher quelqu'un dans un château comme Gouzbomp s'apparentait à rechercher une aiguille dans une botte de foin : impossible, à moins de procéder par section et d'être suprêmement patient.

Le château comptait en tout huit tours de quatre étages. D'innombrables couloirs reliaient les étages de chaque tour entre eux, à travers la montagne. Heureusement, des fourgons miniatures permettaient de se déplacer d'une tour à une autre, mais ce n'était ni très rapide, ni très agréable. Les ascenseurs, par contre, s'avéraient très utiles lors de multiples changements d'étage (malgré la musique horripilante qui donnait envie à James de s'arracher les tympans).

Nos trois maraudeurs découvrirent ainsi leur nouveau château de fond en comble. Voici ce qui le différenciait de Poudlard : les deux infirmeries (une occupée par Mme Pomfresh, l'autre par une espèce de clown plein de verrues), la présence d'une psychologue (la bonne humeur de Sirius fut définitivement de l'histoire ancienne lorsque la bonne femme le harcela pratiquement pour une séance privée. « Nan mais une psychologue qui rend dingue, j'vous demande un peu!? » s'était-il emporté), la présence d'une salle d'étude, d'un petit salon semblable aux salles communes de Poudlard et…

-C'est quoi cette pièce? demanda Peter, intrigué.

Ils étaient arrives au troisième étage de la septième tour et des effluves parfumés s'échappaient de la porte close.

-J'aime pas ça, c'est louche! dit Sirius.

-Toi d'abord! dit Peter en poussant James devant.

-Mauviettes, grommela James en poussant la porte.

« Quatre-vingt kilos! » dit une voix féminine lorsque James posa son pied sur la première dalle de la pièce.

« Petite potelée! commenta la deuxième dalle lorsqu'il avança. Tu dois perdre au moins dix kilos d'ici la prochaine fois! »

James regarda autour de lui, estomaqué.

-Vous pouvez entrer les gars, dit-il alors.

Sirius et Peter entrèrent et sursautèrent ensemble lorsque les dalles les taxèrent respectivement de « tas de graisse » et d'« irrécupérable obèse ».

-Mais c'est…, commença Peter.

-Un salon de beauté!?! acheva Sirius, incrédule.

La pièce était effectivement comblée par un spa, un sauna, une table agrémentée de mains masseuses, des meubles pleins à craquer de cosmétiques, une douche épilatoire, un miroir coiffeur…

-Quelle horreur! grimaça Sirius.

-Au moins, on est sûrs que Remus n'est pas ici, dit James.

-Les gars, à l'aide! hurla Peter.

Un bras – qui n'était rattaché à aucun corps – avait saisi Peter par le collet et l'avait cloué sur un siège, devant un tas de maquillage. Les produits cosmétiques s'animèrent d'eux-mêmes et, pour l'heure, une houppette magique s'affairait à trouver la couleur de fond de teint adéquate.

-Noooooooooon! cria Peter en se débattant, alors que la houppette lui tamponnait la couleur « sable chatoyant » sur le visage.

Il lui apparut qu'il était impossible de se détacher de ce siège. James et Sirius explosèrent de rire.

-OUAAAAAAHAHAHA AAAARRRGGGG!

Deus autres bras surgis du néant venaient de les empoigner à leur tour.

-AH NON, TU TOUCHES PAS À MES CHEVEUX!!!! hurla James alors que des ciseaux vivants s'approchaient dangereusement de sa tignasse.

-Tiens-toi tranquille, lui répondit le miroir. Elle est horrible ta tête!

-OUCH! CA VA PAS?!?! s'égosilla Sirius tandis qu'une pince à sourcils s'attaquait à ses poils faciaux.

Au bout de ce qui leur sembla une éternité, ces machines diaboliques les autorisèrent à quitter leurs sièges. Les trois garçons ne se firent pas prier et filèrent en quatrième vitesse.

Peter arborait un maquillage « dernier cri sur les podiums » (avait dit le miroir), James avait une coupe de cheveux qui lui donnait l'air d'un micro moldu (le crâne rasé, à l'exception d'une petite touffe frisée sur le dessus) et les seuls poils qui restaient à Sirius étaient ses cheveux, ses cils et une fine ligne de sourcils (« Harcèlement sexuel! » s'écria-t-il en avançant difficilement, les jambes arquées.)

Le couvre-feu était passé depuis longtemps lorsqu'ils s'éloignèrent du « salon de torture ». Ils allèrent explorer le quatrième étage de la septième tour et, quand ils découvrirent que ce n'était qu'une salle de gym, ils décidèrent que c'était assez pour ce soir-là. L'exploration de la huitième tour attendrait au lendemain.

-Fi fa fe trouve, Remuf est dévà dans fa fambre en train de dormir! grogna Peter en se frottant vigoureusement les lèvres pour en dégager le gloss.

-Probablement, dit James (Sirius et lui remerciaient le ciel d'être sorciers : tous les poils avaient repoussé à la bonne place.)

-Je ne crois pas, dit Sirius alors qu'ils passaient devant une fenêtre dans le couloir menant au dortoir.

-Explique, dit Peter en s'attaquant au fard à joues.

Sirius se retourna vers eux, le visage blême.

-C'est la pleine lune ce soir.


Mais ou est donc passe notre loup-garou prefere? Et surtout, pourquoi n'a-t-il rien dit? Reponses et plus encore, dans la suite!