Hello mes chers lecteurs - s'il y en a encore qui me lisent - voici le prochain chapitre !

Il fait grosso modo la même longueur que le chapitre précédent et j'espère qu'il vous plaira. Ce chapitre annonce de grands changements pour les dieux que nous suivons, des changements qui risquent de rebondir sur le caractère de nos élèves et, potentiellement, de révéler la face sombre de Harry.

Pauvre Harry.

N'hésitez pas à me donner votre avis, les critiques si vous en avez (oui oui, j'en suis à ce niveau puisque le chapitre précédent a eu droit à ... une review. J'ai failli repartir élever des lamas et puis je me suis dit que ça serait bien qu'une fois dans ma vie je finisse une histoire, quoiqu'il arrive. Bref, allez, on devrait avoir une vingtaine en tout, un peu moins peut être, donc accrochez-vous et restez avec moi dans cette aventure !

Tant que le navire n'a pas fait naufrage, on reste ensemble boudiou !


Chap VII : Anéantissement et Renaissance

— Qu'est-ce que tu as fait ?!

Hermione se précipita sur la sphère en feu, tenta de l'éteindre en la tapotant avec ses mains mais elle ne put que reculer en gémissant de douleur, ses mains fermement serrées contre son ventre. Harry la rejoignit, prenant ses mains entres les siennes pour les observer, incapable de regarder ce qu'il y avait derrière lui. Mais la jeune femme le repoussa immédiatement, les joues rougies par ses larmes.

— Ne me touche pas ! Aide-moi au lieu de rester planté là, comme un idiot ! rugit-elle alors qu'elle enleva son haut, utilisant le tissus pour éteindre les flammes.

Le jeune homme obéit, devenant un simple pantin alors qu'il lui prêtait main forte mais rien n'y fit. Harry serra les dents alors qu'il entendait le cri des peuples prisonniers de la sphère, voués à brûler vifs. Ce bruit fit bourdonner ses oreilles et il se rendit compte qu'il titubait, ses jambes refusant de l'aider à rester debout devant ce monde qui mourait devant eux.

Combattant pour respirer à travers la fumée, il agrippa Hermione et l'obligea à le regarder dans les yeux.

— Hermione, Hermione, concentre-toi ! Concentre-toi sur ma voix, non, ne regarde pas la sphère, regarde-moi.

— Qu'est-ce que, s'insurgea la jeune femme alors qu'elle essayait de se libérer de son emprise mais il ne fit que serrer plus fortement ses mains autour d'elle.

— Hermione ! Tu es une déesse de l'eau, réfléchis ! Tu peux éteindre ce feu, il suffit que tu te concentres !

Elle gémit, secoua la tête, ses boucles folles volant autour de son visage.

— C'est impossible, c'est impossible !

Cette fois, il n'hésita pas et la frappa. Et ce serait mentir, alors qu'il regardait la stupeur atteindre les yeux de Hermione, que de dire qu'il n'avait pas apprécier son geste, malgré la sensation douloureuse de sa main, pas alors qu'il admirait le visage rougi de ce qui aurait pu être son amie. Dans d'autres circonstances.

Cette dernière resta figée pendant un long moment, si long qu'il eut peur d'être un attaqué un milliard de fois, à moins que la fumée n'ait raison de lui avant. Mais non. Hermione se dirigea en silence vers le monde calciné, toujours rougeoyant à travers la fumée épaisse qui avait envahi la pièce. La jeune femme leva les mains devant elle, comme si un mur invisible se dressait devant elle. Harry s'approcha d'elle et se tint à une distance qu'il jugea sécuritaire. Il put ainsi s'apercevoir que sa camarade avait les yeux fermés et murmurait des paroles incompréhensibles. L'épaisse fumée lui piquait les yeux, l'empêchant de voir clairement ce qu'il se passait juste devant lui mais il n'avait pas besoin de sa vue pour comprendre qu'il ne se passait pas grand-chose, les flammes continuaient leur danse macabre, finissant le travail commencé un peu plus tôt.

Il toussa, écrasa les quelques larmes qui coulaient de ses yeux douloureux avant d'être obligé de pointer l'évidence :

— Il ne se passe rien, merde ! Qu'est-ce que tu fous ?

Il eut droit à un regard lapidaire alors que les mains de Hermione s'agitaient en l'air, agacées.

— J'essaye !

— Essaye mieux alors !

Il eut peur de se faire frapper mais non, la jeune femme referma les yeux, maugréant entre ses dents. Harry toussa de plus belle, la fumée agressant ses poumons, il ne voyait plus rien si ce n'était une lueur rouge, celle de la sphère finissant de brûler. Alors qu'il allait, une nouvelle fois, pointer l'évidence, ses oreilles entendirent de l'eau couler. Mais ce n'était pas un petit cours d'eau tranquille qu'il entendait, non, c'était plus proche de la chute d'eau et lorsque les particules d'eau rencontrèrent la fumée, ce fut encore plus irrespirable au point où Harry fut certain que, dieu immortel ou non, il allait y passer. Ici et maintenant. Mais non, il réussit à survivre à cette épreuve et, alors qu'il reprenait son souffle, sa vue revint peu à peu. Sauf que, pour ce qu'il y avait à voir, il aurait encore préféré ne pas avoir sa vue.

C'était un carnage qui s'étendait devant eux. Quelques braises résistaient encore bravement mais la plus grande partie avaient été détruites par l'eau. L'eau qui était censée être salvatrice était devenue presque aussi destructrice que le feu, il ne restait absolument rien du monde, si ce n'était une sorte de bouillie, bien plus de la terre glaise que de la terre d'un monde vivant il y avait encore quelques minutes. Harry lèche ses lèvres, incertain quant à l'attitude qu'il devait avoir, et tiqua alors que sa morsure se rappelait à lui. Sa camarade poussa un cri étranglé, l'obligeant à la regarder. Elle posa une main sur sa bouche, les yeux agrandis par la stupeur.

Un reniflement se fit entendre derrière eux et lorsque Harry se retourna, il put voir Ron, se tenant contre le chambranle de porte, apparemment peu atteint par ce qu'il se passait devant lui. Du moins, c'est ce qu'il essayait de faire croire mais ses yeux parlaient pour lui. Les trois échangèrent un regard, le silence de la pièce seulement brisée par le glissement de la terre glaise sur le sol.

Ils étaient dans la merde, n'est-ce pas ?

— Mais qu'est-ce qu'il s'est passé, ici ?!

Harry regarda à sa gauche mais Ron restait toujours aussi impassible que dans la pièce des mondes, alors il se tourna vers sa droite et put ainsi voir Hermione se rongeait les ongles, ses boucles caressant son visage en des vagues apaisantes. Alors, puisqu'il n'avait de réconfort ni à droite ni à gauche, il fixa un point devant lui, essayant de ne pas suivre des yeux la petite boule scintillante remplie de paillettes qui virevoltait devant eux. Personne n'était en colère, étrangement, du moins, pas ceux qui étaient censés être leurs « éducateurs ». Ou responsables. Ou peu importe ce qu'ils étaient censés être. C'étaient leurs camarades qui avaient été les plus touchés par la disparition du monde, surtout le propriétaire du monde en question, à savoir Harry. Il n'y avait plus de peuple-lézard, plus d'Aya la grande – même si elle était morte il y avait des siècles – plus de légendes à créer, de créatures à réconforter, il n'y avait absolument plus rien de ce monde magnifique et grouillant de vie que Harry possédait, il y a encore peu. Il n'avait pas compris que c'était son monde qui avait disparu, pas au moment du brasier, et puis ensuite il y avait eu le problème de la fumée mais c'était pourtant bien sa sphère à lui qui avait brûlé et subi un espèce de grand naufrage détruisant le peu de vie restant.

Des paillettes atterrirent sur son nez, le faisant éternuer.

Quelle vie de merde.

— Bien bien bien, gazouilla la petite boule rose scintillante. Reprenons depuis le début Ronny est descendu dans son monde, non pas pour accroître sa popularité en tant que dieu reposant son existence sur les prières de ses croyants, mais bien pour profiter des charmes de l'une de ses créatures – un reniflement agacé se fit entendre mais la boule continua – et vous – la petite boule versa des paillettes sur Harry et ses deux compères – vous avez décidé de jouer avec la vie de cette créature.

Harry pinça ses lèvres mais baissa les yeux sur ses chaussures, incapable de se défendre. Hermione s'en chargea pour eux deux :

— Vous oubliez qu'il n'y avait pas que nous deux. Nous avons fait des équipes, c'était un jeu certes idiot, du moins maintenant cela paraît idiot ce que nous avons fait, mais à ce moment-là, c'est ce qui nous paraissait être le mieux.

Ça obligea la boule à s'arrêter de voler, menaçant de s'écraser au sol, mais elle se reprise en voletant plus vigoureusement.

— Oh oui, vrai. Vous étiez plusieurs à vous amuser avec la vie d'un peuple qui n'était pas à vous. Comme vous êtes amusants !

Harry garda soigneusement les yeux blessés et se mit à compter silencieusement. S'il arrivait à 100, se promit-il, il disparaitrait de cette pièce et de ce moment très gênant. Même si, techniquement, il n'avait absolument rien à se reprocher, merde il avait même perdu son univers !

— Enfin bon, continua la petite boule volante, vous vous êtes amusés comme si vous étiez devant un plateau d'échecs, chacun ayant sa propre équipe et un objectif qui était soit de tuer la créature soit de la sauver, comme c'est amusant, gloussa la boule.

Un mouvement attira le regard de Harry. Les poings de Ron étaient serrés, remarqua le jeune homme, vraiment très serrés, ça devait faire mal tellement ils étaient serrés.

— Et tout allait bien, enfin aussi bien que ce que l'on pourrait attendre d'un tel jeu, jusqu'à ce que Ron, notre cher ami, se soit retrouvé entre les crocs d'un très très vilain serpent.

— C'était un dragon, grommela Hermione mais son camarade la fit taire en lui plantant son coude dans les côtes.

— Oui, si vous voulez, d'un dragon mais vous avez parfaitement maîtrisé la situation, oui, vraiment, vous avez réussi à tuer le dragon et à sauver le peuple de notre ami, ici présent, qui a même réussi à survivre à ses blessures pourtant mortelles, merci à vous, Pomona.

La dame hocha de la tête. Habillée d'un tailleur rouge, elle était aussi belle et classe que d'habitude. Et elle avait été l'héroïne après le « sauvetage » de Ron, n'hésitant pas à dépêcher un groupe du village de Ron, quelques-uns pas trop occupés à barboter dans l'eau, pour aller le repêcher dans le lac et lui administrer les plantes médicinales chuchotées par Pomona.

— Et ensuite, vous avez continué tranquillement votre petit jeu, comme si de rien n'était, et la vie de Ron a repris son cours, vous vous êtes marié – les paillettes redoublèrent et Harry éternua une nouvelle fois – et votre épouse, Ana

— Pas Ana.

Ce n'était qu'un murmure, si petit que Harry faillit ne pas y faire attention mais cela arrêta la danse de la petite boule scintillante qui se posa en face de Ron.

— Pardon ?

Ron leva les yeux, racla sa gorge et reprit :

— Elle ne s'appelait pas Ana. Ma femme s'appelait Anabelle. Ne l'appelait pas autrement, s'il-vous-plaît.

La petite boule resta silencieuse un moment avant de se remettre à voleter, distribuant ses paillettes à qui en voulait et surtout à qui n'en voulait pas.

— Très bien, Anabelle. Votre épouse est tombée enceinte et si certains en étaient très heureux, d'autres… Et bien, évidemment, d'autres l'étaient moins et le jeu s'est accéléré, n'est-ce pas ?

— Eh bien –

— Oui, c'est bien ce que je disais, merci beaucoup, chanta la boule. Et la grossesse s'est remarquablement bien passée, si on met de côté les nombreuses tentatives de meurtre et d'assassinat mais, une nouvelle fois, c'était le jeu.

Harry se mordit la lèvre inférieure, rouvrant sa blessure. Il sentit Ron s'agiter à côté de lui mais il n'arrivait pas à le regarder, c'était impossible, pas après ce qu'il s'était passé.

Ron avait tout ses souvenirs lorsqu'il était revenu parmi eux. Il ne lui avait fallu qu'une seconde pour se rappeler qu'il avait perdu sa femme. Une seule seconde et son monde avait volé en éclats. Et le sien avait brûlé.

— Puis vint le jour de la mort d'Anabelle. Elle est malheureusement morte dans son lit, après s'être vidée de son sang, n'est-ce pas ?

Un gémissement s'échappa de la bouche de Ron et se fut au tour de Harry de serrer les poings, enfonçant ses ongles dans sa peau. Il n'avait pas le droit de réagir, pas le droit de le regarder. C'était de leur faute si elle était morte, après tout.

Ça c'était pourtant bien passé. Ils avaient leurs yeux fixés sur la petite créature, sur son ventre qui s'arrondissait au fil des jours qui passaient. Harry avait réussi à empêcher un voisin d'embrocher le ventre de la jeune créature et Ron, enfin la personne qu'il était à ce moment, se rendit compte du danger qui entourait sa femme. Il mit cela sur le compte de sa famille, elle n'avait pas apporté son soutien au mariage après tout et avait du mal à accepter la femelle choisie par l'héritier de la famille. Il fit un scandale auprès de ses parents, qui avaient effectivement envoyé quelqu'un pour empoisonner la nourriture – c'était la 7e tentative d'assassinat ou la 9e – et se promit de rester auprès de son épouse peu importe ce qu'il se passerait, et ce, jusqu'à l'accouchement. Il s'était promis de les emmener, Anabelle et leur bébé, dès que possible pour aller autre part, c'était facile, ils n'avaient qu'à habiter dans le lac débarrassé du dragon. Mais le jour de l'accouchement s'était mal passé.

— Il me semble que le dernier coup, celui qui mit un terme à l'existence de Anabelle, venait de vous, non ?

La petite boule vola devant le visage de Hermione. La jeune femme était restée étonnamment silencieuse, seul le mouvement de ses boucles prouvait qu'elle était toujours vivante et qu'elle écoutait. Elle finit par lever la tête et affronta le regard de la boule scintillante.

— Oui, c'était moi.

Elle fut récompensée par des paillettes dans ses cheveux.

— Un très beau mouvement, vraiment, je suis certain que vous devez être très forte aux échecs. Personne n'a dut voir ce coup venir.

Et quel coup c'était, en effet. Tout ceux présents s'en souvenaient parfaitement.

— Prendre le contrôle de Ron pour qu'il donne une algue contraceptive à sa femme, sans qu'elle ne se doute de rien, vraiment, c'était un très bon geste. Bon, le fait qu'elle était proche du terme a été un problème pour la créature, cela l'a obligé à entrer en travail mais peut être que vous voulez raconter à ma place ?

Harry n'eut pas besoin de lever les yeux pour savoir que Ron allait exploser et incendier, une nouvelle fois, la pièce. La bonne nouvelle, c'est qu'il y avait encore plein de mondes à détruire. Et puis, cette fois, ce n'était pas le sien qui allait périr.

— Ca ira, merci.

Harry prit une profonde inspiration. Son cou lui faisait mal à force de rester bloqué dans cette position mais il refusait toujours de lever les yeux alors il allait devoir faire avec. Une chaleur émanait de Ron, une chaleur de plus en plus importante mais, pour le moment, il n'y avait pas d'étincelles alors on pouvait supposer qu'il n'y avait pas d'incendie à prévoir, du moins pas dans les minutes suivantes.

— Et cette pauvre créature a fait une hémorragie juste après la naissance. C'est souvent fatal ces choses-là, donc oui, vraiment, un très bon mouvement Mlle Granger.

Hermione se retint d'attraper son carnet. Ça devait être son nom de famille. Ou alors, la petite boule bizarrement rose parlait à quelqu'un d'autre. Tout était possible. Une main se leva dans la pièce avant qu'une voix ne se fasse entendre :

— Hum, est-ce que quelque chose va se passer pour eux ?

La boule papillonna dans la foule, les faisant étinceler.

— Mais que devrait-il se passer ?

— Oh, vous voulez dire à part le fait qu'ils ont tué une créature innocente et que quelqu'un a détruit un monde, je veux dire, littéralement ? Le monde n'était plus qu'un tas de boue.

Harry jeta un rapide coup d'œil en arrière, roulant des yeux lorsqu'il se rendit compte que c'était Draco-alias-je n'y suis absolument pour rien je le jure, qui s'était exprimé. Mais ce n'était pas lui qui avait demandé si une punition les menaçait, c'était un homme aux yeux de miel, un homme si discret qu'on finissait par l'oublier : Remus. Un nom de chien, pensa Harry, mauvais. Il avait fait de son mieux pour ne pas réfléchir à l'éventualité d'une punition.

— Pourquoi devraient-ils être punis ? Ils n'ont fait que s'amuser un peu.

Quelqu'un s'étouffa dans la salle et Harry ferma les yeux, se remettant à compter. 1. 2. 3. 4…

— Tout de même, un monde a été détruit !

— Oui, cela est effectivement regrettable mais qu'importe, ce qui est fait est fait etc etc. Mais c'est très bien car cela nous oblige à avancer votre formation, ou plutôt, à y mettre fin.

La stupeur envahit la pièce au point om plus personne n'osa bouger.

Oh, pensa Harry, c'était donc la fin. Il allait réellement mourir, cette fois, sans possibilité de se réincarner en un dieu immortel, maître de tout un peuple qui l'adorait.

La petite boule toussota d'un air théâtral avant de voleter devant eux.

— Très chers étudiants, toutes mes félicitations ! Votre formation, votre apprentissage se termine dès à présent, vous voilà officiellement des dieux ! Enfin, vous le serez dès que vous aurez appris la plus importante chose qu'une divinité doit savoir.

La foule regarda cette petite boule scintiller mais personne n'osa lui demander de quoi il voulait parler. La petite boule attendit, tellement longtemps que cela commença à devenir gênant, mais elle finit par se faire une raison, gonfla ses espèces de plumes, se racla une dernière fois la gorge avant de reprendre d'une voix pompeuse :

— La destruction. Et la création !

Eh bien, moi au moins, c'est fait, se dit Harry en admirant ses pieds. Il se balança d'avant en arrière avant de se tenir tranquille, Hermione lui avait rendu son coup de coude précédent.

Seule la petite boule piaillait d'excitation, contrastant avec la stupeur des bientôt anciens-élèves.

— Euh… Comment ça ? demanda de sa voix bourrue Hagrid, dépassant la foule d'une tête.

La petite boule tourna sur elle-même, des paillettes jaillirent de son corps avant que, d'une voix ravie, elle ne s'exclame :

— Il est temps de dire adieu à vos mondes !

— Quoi ?!

La foule s'agita, même Ron trépigna sur place alors que Harry posait ses yeux écarquillés sur la créature en face d'eux. Cette dernière semblait rayonner de plaisir, ce qui contrastait totalement avec ce qu'elle venait de dire, et mettait encore plus mal à l'aise Harry.

— Vous rigolez ?

— Vous ne pouvez pas être sérieux !

Draco et Bellatrix s'avancèrent, prêts à défendre leurs peuples et surtout l'univers dans lequel ils se trouvaient.

— Ce sont nos mondes ! Vous nous avez dit d'en prendre soin, que les peuples qui les composent assuraient notre survie !

— J'ai appris à mon peuple à voler !

Harry roula des yeux. 10. 11. 12…

— Tu n'as pas appris à ton peuple à voler Bellatrix, ne rêve pas. Tu as juste détruit des êtres parfaitement sains et les a obligeait à vivre dans le noir et à changer complètement leur vie.

— Ce qui montre que je suis puissante.

— Ou juste complètement folle, soupira Ron.

C'était pas faux. Mais Harry ne pouvait pas complimenter à voix haute celui qui avait détruit son petit monde.

— Le monde qui a été malencontreusement détruit allait l'être d'un jour ou l'autre. Vos peuples auraient subi des épidémies mortelles, des catastrophes naturelles, hum, il y aussi eu, une fois, une guerre tellement mondiale et chimique que cela avait fait exploser le monde. Un vrai feu d'artifices, magnifique à voir, vraiment.

— Donc euh, ce que vous êtes en train de nous dire, intervint Harry, c'est que nos mondes allaient être détruits un jour ou l'autre ? Ça aurait été bien de nous prévenir… avant, non ?

Des paillettes sur ses cheveux furent la seule réponse. La boule rose se mit à virevolter de manière rapide devant eux alors qu'elle continuait :

— Ne vous inquiétez donc pas au sujet de la destruction de vos mondes, vous ne serez pas seul ! Enfin, dans le cas d'une certaine personne, c'est un peu ce qu'il s'est passé, navré pour cela, mais pour vous autres, vous aurez droit à un superbe professeur qui vous apprendra les dernières choses que vous avez besoin de savoir en tant que dieu ! Vous allez voir, ça va être génial, on va bien s'amuser !

Harry ressentit un petit pincement à la mention de son monde, son peuple de lézards lui manquait, il s'était attaché à ces petits êtres à écailles.

— Et… Si on refuse ? demanda Remus.

Il avait un peuple bipède, si Harry se souvenait bien, un peuple ressemblant à des loups bipèdes, pas très beaux à voir, avec des yeux tellement lumineux qu'ils s'aveuglaient les uns les autres. Un peuple pas spécialement doué mais il avait le mérite d'exister, au moins.

— Vous ne refuserez pas, répondit la petite boule à paillettes.

— Pourquoi ?

Le petit être voleta de manière plus rapide, visiblement excitée par ce qu'il se préparait.

— Parce qu'il est temps de vous présenter votre professeur !

La petite boule ailée virevolta au-dessus du premier rang, des paillettes jaillissant gaiement sur la foule, faisant tousser Harry. Encore. Il tapota ses yeux, écrasa une larme en essayant de retrouver son souffle, avant de se redresser courageusement pour affronter la suite.

Oh. Quelle suite c'était.

— Bonjour.

Et la créature face à eux leur sourit, anéantissant le peu d'air contenu dans les poumons du jeune homme.

C'est qu'elle était belle. Du moins, à sa manière. Une peau claire, des taches de rousseur sur ses pommettes, mais ce qui était le plus admirable chez elle, c'était sa chevelure. De la couleur des violettes et… Oh, sous la lumière, la couleur penchait plus vers celle de l'aconit, d'une nuance de bleu tirant sur le mauve. Magnifique. Surréelle. Surnaturelle même.

Des mouvements et toussotements gênés se firent entendre alors que l'assemblée essayait de garder son calme. Cela ne fit que renforcer le sourire de la nouvelle créature, qui sourcilla à peine alors que la petite boule volante la saupoudrait de sa brillance.

— Je m'appelle Voyd. Et je suis votre nouveau professeur. Certains pourraient dire que… Je suis le Néant.

Tu m'étonnes, pensa stupidement Harry alors qu'il ne pouvait qu'admirer les lèvres bouger.

— Nymphadora ?

La foule se tourna vers la personne qui s'était exprimée. Remus ne put que leur rendre leur regard, tout aussi surpris que eux par ce qu'il venait de dire. Il passa une main dans ses cheveux, les plaquant en arrière, soupirant alors que quelques mèches revenaient vaillamment habillé son front. La créature fronça les sourcils, son sourire se figeant alors qu'elle posait son regard étrange sur l'homme au visage doux.

— Qui ?

— Je… Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça.

Comme tout le monde, sa main chercha le petit carnet qu'il gardait toujours sur lui, ses doigts le feuilletant à la vitesse de la lumière mais il fut obligé de secouer la tête.

— Je n'ai rien noté à ce sujet.

La nouvelle venue, Voyd, rit. Le son détendit les épaules du jeune homme qui ne put que soupirer de bonheur. C'est qu'elle était réconfortante cette inconnue. Et tellement belle.

— Qu'importe. Je suis votre nouvelle professeur. Celle qui… va vous apprendre à créer. Savez-vous de quoi je veux parler ?

— De la vie ? tenta d'une voix timide Hagrid, en jouant avec ses mains.

Sa voix s'étrangla et il dut s'y reprendre à deux fois mais il avait essayé. Et qui pouvait lui en vouloir ? L'aura qui s'échappait de la nouvelle venue était hypnotique. Réconfortant. Elle hocha de la tête, un sourire jouant sur ses lèvres.

— Aussi. Et, comme vient de vous le dire notre chère Perfection ici présente, nous allons, avant cela, détruire vos mondes. Et ça va être… Orgasmique.

Pansy demanda ce que beaucoup pensaient à ce moment :

— Mais est-ce obligé ? Je sais ce qu'il s'est passé et je suis réellement désolée pour Harry, je veux dire, ça doit être quelque chose d'horrible à vivre, Harry, et je suis vraiment navrée pour toi mais… Mais seulement ton monde est mort, les notre vont tous très bien. Pourquoi devraient ils être punis pour quelque chose auquel ils ne peuvent rien ? Pourquoi ne pas…

— Pourquoi ne pas punir mon monde ?

La voix de Ron était rauque, comme s'il avait hurlé pendant de longues heures, ce qui était fort possible. Ou alors, c'était l'effet de la fumée, même si Hermione refusait de croire qu'il y en avait. Harry ne pouvait avoir imaginé une telle fumée, c'était impossible. Comme il ne pouvait avoir imaginé la disparition de son peuple.

— Ce n'est pas…

— Non, non tu as raison l'arrêta le jeune homme en secouant la tête. Il n'y a pas de raison, il faut punir ce que j'ai fait. J'ai détruit un monde alors il faut détruire le mien. Œil pour œil, comme on dit.

La nouvelle venue rappela sa présence en toussotant

— Allons. Comme vient de vous dire notre Perfection chérie – la petite boule s'agita, éparpillant ses paillettes aux alentours -, chaque monde sera détruit. Ce qu'il s'est passé est malheureux et nous comprenons votre tristesse, nous avons tous du passer par là après tout, mais il est nécessaire de ressentir cette perte, la perte de quelque chose à laquelle on tient tellement que cela pourrait nous rendre fou. Ce n'est qu'en vivant cela, qu'en subissant cette douleur et qu'en l'acceptant que nous pourrons ensuite vous apprendre à créer la Vie, celle qui vous adorera et vous détestera tour à tour, selon ce que vous leur ferez.

Elle se mit à marcher en rond, faisant de la pièce sa scène alors qu'elle explicitait ce qui était attendu d'eux :

— Si c'est plus facile pour vous, voyez vos peuples actuels, ce que vous avez créé, comme des brouillons. Vous avez joué avec l'A.D.N, avec la chaîne alimentaire, vous avez modifié les comportements de vos spécimens et, parfois, vous avez participé à leur quotidien, ce qui vous a permis de créé des lignées mythiques et tout ceci vous a beaucoup appris. Toutes ces connaissances que vous avez cumulé grâce à ces brouillons vous seront très utiles pour ce qui vous attend vraiment.

— Et… Qu'est-ce qui nous attend exactement ?

La femme sourit, arborant fièrement des dents un peu trop avancés mais qui étaient loin de l'enlaidir. Au contraire, cela ne faisait qu'accentuer cette image de lutin farceur qu'elle avait avec une chevelure colorée et un visage perpétuellement espiègle. Elle tapa dans ses mains avant de les leur tendre, ravie :

— D'être des dieux, évidemment !

Ils se regardèrent en biais, Harry osant poser ses yeux sur le jeune homme à ses côtés. Depuis qu'il s'était exprimé, Ron se tenait immobile, le dos droit et le regard fixé sur un point derrière la nouvelle venue. Il semblait être décidé et cette impression ne pouvait qu'inquiéter le jeune homme, se souvenant encore très bien de son dernier éclat. Il était tellement concentré sur son camarade qu'il sursauta lorsque Ron lui retourna son regard avant de se mettre à parler :

— Ce sera sans moi, merci.

Même la boule arrêta de voler, sous le choc.

— Plait-il ? demanda-t-elle d'une voix aigüe.

Ron soupira avant de se mettre devant et de se tourner vers le reste de la pièce.

— Je suis arrivé ici avec vous tous et j'ai appris, autant que vous et avec vous. Mais je viens de perdre un être cher. Certains se sont excusés, d'autres non – son regard croisa celui de Hermione, un bref instant – mais cela ne change rien à la situation. Je viens de perdre quelqu'un et j'en souffre. Je n'ai pas la moindre envie de continuer cette formation, encore moins d'être un dieu pour un peuple qui finira, de toute manière, par disparaître, qui est voué à mourir, que nous le souhaitions ou non. Alors non, j'arrête.

— Mais, s'étouffa la jeune femme aux boucles.

Harry la retint par le bras, Tom faisant de même de l'autre côté. Mais ils comprenaient ce qu'elle essayait de dire. Cela prenait tout le monde de court. Et ce n'était pas logique comme décision, non, vraiment pas.

— Vous êtes sûr de votre décision ? demanda Voyd/Nymphadora.

Son ton resta égal à lui-même et rien dans son visage ne montrait sa surprise, si elle l'était. A ses côtés, la petite boule prit soin de s'agiter pour deux.

— Mais enfin, mais pourquoi donc ? Mais est-ce que vous savez ce qu'il se passera pour vous ?

Le jeune homme haussa les épaules en soupirant. Il passa une main dans ses cheveux roux avant de répondre :

— Est-ce réellement important ? Je suis sûr qu'en réalité, personne ne sait ce qu'il va se passer pour moi. Je ne prévois pas de me jeter de la falaise, si c'était cela qui vous inquiétait. Je ne deviendrais pas un nouveau Slughorn. J'ai simplement besoin de temps pour moi, pour réfléchir.

La petite créature agita ses ailes étincelantes, venant les frôler sous le nez de l'impudent.

— Mais enfin ! Vous pourriez être un dieu ! Et que va devenir votre peuple ? Personne n'abandonne son peuple !

Non. Il y en a qui se le faisaient cramer mais ça, par contre…

Hermione n'essaya plus de se libérer, préférant compter sur son charisme naturel pour convaincre Ron de sa stupidité.

— Mais tu vas partir où ? Dans les bois ? C'est une blague –

— Toi, je te conseille de te taire.

La rudesse des mots lui coupa le souffle et empêcha Hermione de continuer. Seule leur professeur ne semblait pas surprise.

— D'accord. C'est votre choix, monsieur… Weasley, c'est cela ? Weasley, celui qui détruisit un monde. En soit, vous avez déjà fait ce que nous vous demandions, même si ce n'était pas votre monde. C'est dommage, vous auriez appris quelque chose de réconfortant.

— Qu'est-ce qui pourrait me réconforter alors que j'ai le cœur brisé ?

Hermione renifla mais elle n'osa soutenir son regard, restant tranquille entre les bras des deux hommes qui la retenaient. Harry en profita pour desserrer son emprise, secouant discrètement son poignet. C'est qu'elle en avait de la force, cette crevette à la langue acerbe.

— Allons, my dear, intervint Pomona. Je comprends que vous souffrez, et vous avez tous les droits d'avoir besoin de vous retrouver mais n'oubliez pas une chose vous risquez votre existence même, vous risque de disparaître, si votre peuple arrête de croire en vous.

— De toute mon existence, je n'ai jamais entendu que, s'étouffa la petite boule mais elle fut arrêtée par la nouvelle venue.

— Je suis heureuse de voir que vous êtes une classe très proche mais je pense que certains d'entre vous refusent de voir à quel point il est décidé à nous quitter.

C'en fut trop pour Harry.

— C'est vous qui refusez de comprendre. Nous savons ce qu'il se passera s'il part. S'il décide de partir maintenant et qu'il n'a pas de peuple, il va disparaître. Il va mourir par votre faute, non, par notre faute à tous et, vous, vous nous dites « oh, tant pis, ce n'est pas grave » ? Non. Non !

Il secoua la tête, ses boucles lui cinglant le front avant de se tourner vers Ron.

— Je comprends ta peine et j'en suis désolé, désolé de ne pas avoir su protéger celle que tu aimais, désolé de ne pas avoir su te protéger toi mais… C'est trop tard pour elle, pas pour toi.

Les yeux qui le regardèrent le firent reculer d'un pas, persuadé qu'il allait avoir très bientôt une commotion cérébrale si la situation en donnait l'occasion. Mais non, l'homme devant eux ne bougea pas.

— Tu pourrais la retrouver, s'efforça Neville. Il y a quelque chose qui s'appelle des… lorsque vous êtes tellement fait l'un pour l'autre que vous ne pouvez que vous retrouvez…

— Des âmes-sœurs, sourit Nymphadora. J'en ai entendu parler.

Neville était une personne que l'on entendait peu, encore plus depuis qu'il avait découvert le jardin qui entourait de ses allées le bâtiment dans lequel ils se trouvaient. Sa peau était tellement pâle que, parfois, elle semblait translucide. Couplés à ses cheveux qui possédaient une vie propre, s'enroulant paresseusement sur eux même pour former des tourbillons qui pourraient se rapprocher à des nids d'oiseaux, il détonnait dans la foule, si on pensait à le regarder. Seuls ses yeux rappelaient qu'il avait été un être humain comme eux tous, avant.

Il fit de son mieux pour se redresser, se raclant nerveusement la gorge avant de reprendre :

— Tu pourrais la retrouver, Ron. Rien ne dit qu'elle ne reviendra pas. Pas comme tu l'avais connu, évidemment, et elle ne se souviendra pas forcément de toi mais tu pourrais tout recommencer.

— Pour que vous puissiez une nouvelle fois jouer avec sa vie ? Je préfère encore disparaître.

Un sourire triste joua sur ses lèvres et c'est l'expression de son visage qui convainquit Harry d'une chose : Ron ne changerait pas d'avis. Il semblait déjà prêt à disparaître. C'était une vision insoutenable pour le jeune homme mais rien de ce qu'ils disaient ne semblaient améliorer l'humeur du dieu, au contraire. Harry finit par détourner les yeux, les poings serrés. Il abandonnait son ami, c'était en tout cas ce que ses tripes lui disaient.

— Pars, alors, finit-il par murmurer, les épaules basses et les yeux brûlant.

Ron eut un autre sourire triste et sa voix était étranglée, comme prise dans un sanglot alors qu'il posait ses yeux sur le dieu qui venait de parler :

— Je ne demandais pas d'autorisation.

Harry gloussa, passa une main dans ses cheveux, la paume de ses mains brûlaient comme s'il avait fini par y percer la peau, et il eut tout le mal du monde à relever les yeux et à faire face à celui qui abandonnait. Celui qui choisissait de mourir plutôt que d'être un dieu.

— Je sais.

Le reste de la « journée » se passa dans le flou pour Harry. Il savait que la nouvelle venue avait parlé mais il n'avait aucune idée de ce qu'elle leur disait. Il arrivait tout juste à rester immobile aux côtés de Hermione et de Draco. Ce dernier avait pressé son épaule et il lui avait demandé comment il allait. Enfin, c'est ce qu'il pensait car, lorsqu'il répondit « je vais bien, ne t'inquiète pas », l'autre arrêta de parler pour écouter Nymphadora.

Elle avait dû faire un long discours car Harry trouva le temps à la fois long et court, comme s'il le passait dans du coton. Il se souvenait juste que Ron était parti, que beaucoup l'avaient regardé partir comme s'ils ne le reverraient plus jamais, ce qui était vrai, le rouquin partait pour disparaître silencieusement, cet idiot. Toujours était-il qu'à un moment, les personnes autour de lui bougèrent et Harry bougea avec eux. Ils allèrent dans la salle des mondes, là où les restes calcinés de son monde étaient toujours au sol.

Nymphadora lui parla, pointant du doigt le monde calciné avant d'attendre une réponse qui ne vint pas. Harry cligna des yeux, essaya de se concentrer mais il finit par hausser les épaules et se détourner de ce qu'il se passait pour observer les autres mondes, ceux qui allaient bien, qui continuaient leur petite vie alors que leurs dieux se rendaient compte qu'ici aussi, leur vie pouvait s'achever. Des dieux presque-immortels, à la merci de leurs petites créatures. Ce n'était pas ainsi qu'ils avaient vu les choses, du moins, pas Harry.

Il cligna des yeux stupidement alors que les gens autour de lui se bousculaient pour s'avancer, criant, certains pleurant alors que Nymphadora restait maîtresses d'elle-même, le même petit sourire jouant sur ses lèvres, comme si elle vivait la meilleure journée de sa vie. Harry se pinça les lobes d'oreilles, regrettant de ne pas pouvoir entendre ce qu'il se passait. Soudainement, il se fit attraper par les épaules et dû faire face à une Hermione furieuse. Encore. Cette fois elle n'hésita pas, elle lui mit une main au visage et sa tête partit sur le côté, sa peau devenant brûlante. Harry ferma les yeux, la tête sur le côté alors qu'il se sentait tiré en arrière. Alors qu'il ouvrait les yeux, il ne put voir qu'un dos, celui de Tom qui faisait face à la furie de la déesse de l'eau. Ses oreilles bourdonnaient et sa joue lui faisait mal mais il se força à reprendre conscience de ce qui l'entourait.

— Ce n'est pas de sa faute –

— Il vient d'accepter ! Tu ne l'as pas vu ? Il a accepté ce qu'elle a dit !

Accepter ? Il avait accepté quelque chose ? Mais quoi ?

— Quoi ? demanda-t-il d'une petite voix alors que Tom en était à prendre les épaules de la jeune femme, essayant de l'empêcher d'utiliser les mains à nouveau.

Une main douce se posa sur son épaule et il sursauta. Pomona apparut à ses côtés en lui souriant.

— Cela fait du bien de voir que vous êtes à nouveau parmi nous, my dear. Mais j'ai bien peur que vous n'allez pas apprécier ce que vous avez manqué.

Il cligna des yeux, se força à ne pas repartir là-où-tout-était-plus-facile, s'il ne prenait part à rien, rien ne pouvait lui arriver, n'est-ce pas ? Mais apparemment, même lorsque sa conscience partait pour aller dormir dans du coton, des choses arrivaient par sa faute.

— Que ? recommença-t-il alors que Tom finit par laisser place à la jeune femme qui se précipita devant lui, les larmes aux yeux, ses cheveux pris d'une vie propre, ondulaient comme si un typhon approchait.

— Tu as donné ton accord pour détruire les mondes !

— Il n'a donné son accord pour rien du tout, grogna Draco, en se plaçant à ses côtés. Ce n'est pas sa faute, arrête ça Hermione !

Harry se tourna vers la responsable de leur situation, qui semblait apprécier le spectacle qu'ils leur donnaient. Elle osa même lui faire un clin d'œil. Harry s'avança vers elles mais Tom l'en empêcha, lui barrant le passage de son bras. Il secoua la tête, comme s'il savait ce qu'il avait en tête.

— C'est trop tard. Tu n'y es pour rien, elle allait de toute manière les détruire, elle avait juste besoin de rejeter la faute sur quelqu'un et ce quelqu'un c'est toi. La décision ne reposait pas sur toi.

Quoi ?

Son esprit menaça de retourner dans le coton beaucoup moins dangereux que cette situation dans laquelle il se trouvait mais il s'entêta, forçant pour rester conscient de ce qu'il se passait.

— Explique moi ce qu'il vient de se passer, s'il te plaît, le pria-t-il en s'agrippant à son bras pour ne pas perdre pied.

Le visage de Tom se tordit, comme s'il ne comprenait pas pourquoi il lui demandait un résumé de la situation.

— Tu y étais, cracha Hermione.

Les larmes qui coulaient sur les joues de la jeune femme lui fit mal, comme s'il était effectivement à l'origine de son malheur. Mais comment était-ce possible ? Il s'était simplement tenu en retrait pendant tout les derniers évènements. Il avait besoin de réfléchir. Sur leur nature de dieux, sur le départ de Ron, sur leur réelle nécessité. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu disparaître à leur mort plutôt que de jouer avec la vie d'autres êtres ?

— Voyd a décidé que nous allions détruire les mondes, puisque le tien est déjà mort, résuma Draco.

Harry chancela alors que sa vision se troublait. Tom l'aida à se maintenir debout, ses deux bras l'entourant, lui offrant un cocon protecteur malgré ce qu'il s'était passé entre eux auparavant. Il glissa son regard sur les mondes qui allaient parfaitement bien et se retint de secouer la tête, de peur de s'évanouir.

— Mais…. Pourquoi ? finit-il par demander alors que ses jambes continuaient à le menacer de se retrouver au sol s'il était livré à lui-même.

— Parce qu'il est temps de devenir de vrais dieux, chantonna Nymphadora.

Son excitation rayonnait sur toute la pièce mais ses rayons ne faisaient que rebondir sur les visages contrariés de ses « élèves ».

— Mais nous ne l'étions pas ?

Elle ria, comme s'il venait de faire un trait d'humour.

— Les mondes sur lesquels vous vous entraîniez étaient fait pour cela : vous entraîner. Jouer avec la vie. Je suis certaine que la boule vous l'avait déjà dit. Vous aviez besoin de savoir de quoi vous étiez capable avant d'entrer dans le grand bain, dans celui des Dieux, avec un d majuscule !

Nymphadora se déplaça d'un pas aérien jusqu'au monde le plus proche d'elle, tourna autour avant de les regarder, une main à la surface de la sphère.

— Il est temps d'avoir votre diplôme, mes très chers élèves.

Et elle poussa. La sphère sous sa paume partit d'avant en arrière comme indécis, les eaux qui la parcouraient s'agitèrent, dérivant de leurs lits pour se déverser sur tout ce qui avait le malheur de se trouver à leurs côtés et, finalement, après une dernière secousse, le monde en parfait état alla s'écraser à leurs pieds, les éclaboussant d'eau salée.

Certains poussèrent des petits cris, reculant alors que le monde se déversait devant eux de sa vie, formant une flaque luisante sur le sol, alors que d'autres levaient les mains, voulant aider les petites créatures à retourner dans la chaleur de leur monde d'origine. Mais c'était trop tard.

Les créatures étaient pratiquement invisibles à l'œil nu, à moins qu'ils ne se concentrent sur un point précis, mais chacun des dieux savaient qu'il ne servait plus à rien de zoomer sur quoi que ce soit. S'ils n'étaient pas déjà morts noyés, ils devaient être ensevelis sous les glissements de terrains, les écoulements de boue et les tremblements de terre qui avaient suivi la chute de la sphère. Et, pour les survivants, si survivants il y avait, ils étaient en train de s'asphyxier dans un monde qu'ils ne connaissaient pas. Une mort lente et douloureuse.

Mais cela n'entacha en rien le sourire de leur dernier professeur qui se fit un plaisir de leur montrer des dents éclatantes avant de faire un geste vers le reste des mondes parfaitement intacts.

— Alors, dois-je encore vous aider ?


Aha, c'était un peu beaucoup un joli "coup de pute" de la part de Nymhadora mais j'ai beaucoup aimé conclure là dessus. Et puis, voyez le bon côté des choses: on recommence tout et cette fois, c'est pour de vrai ! Y a des vies en jeu (ahahahahaha) et c'est très vilain de jouer avec la vie des autres (ahhahahahahaha)

A la prochaine !