***

« Aurora, rentre vite à la maison ! » Lui ordonna sa mère.

« Mais maman ? »

« J'ai dit rentre à la maison immédiatement »

Devant elles, se tenait un homme, ou plutôt un vampire d'une grande beauté. De celle qui vous laisse transie de désir. Protectrice, sa mère, une grande dame à la beauté sans conteste, toisait d'un œil peu avenant cet étranger. C'était la première fois que la petite voyait une telle colère chez sa parente. Elle qui était d'un naturel doux et affectueux, devenait, face à cet étranger, un prédateur des plus menaçants.

« Elle peut rester Adelaïde, je ne lui ferais aucun mal. »

« Ne te vexe pas si je remets ta parole en doute. Je connais tes intentions envers MA fille. Il est hors de question que tu l'approches, tu m'entends Kronos ? »

Trois grognements résonnèrent dans la petite plaine qui se trouvait un peu plus loin de leur cottage en Bretagne. La mère et la fille aimaient par-dessus tout se promener dans les chemins piétonniers mais aujourd'hui quelqu'un avait perturbé cet équilibre si paisible. Arrivés près d'eux, les trois vampires composant le reste de cette famille pour le moins peu conventionnel, menaçaient à leur tour, le vampire.

« Kale, emmène ta sœur loin d'ici » Exigea son père.

« Mais, je veux rester avec maman moi » Pleurnicha l'enfant d'une dizaine d'années.

« Viens petite Rory, on va aller jouer »

***

« Rory.. Aurora.. Réveille-toi, tu vas finir par être en retard pour le lycée. Bon sang, c'est toujours la même histoire avec toi, tu es une véritable marmotte » S'énerva Nathanaël.

« Humm c'est toujours un plaisir d'être réveillée par ta douceur naturelle Nathou. »

L'air pas vraiment réveillée, Aurora s'étira avant de tendre les bras vers son frère qui la repoussa avec un petit rictus amusé. Sa sœur afficha une mine clairement moqueuse mais se leva tout de même non sans oublier d'embrasser le vampire. Voilà trois jours qu'il était arrivé à Forks et déjà, l'adolescente semblait plus épanouie. Une seule ombre planait sur ce tableau idyllique. Non deux. La première était que les autres membres de sa famille lui manquaient même si elle avait enfin pu leur parler par téléphone. La seconde concernait exclusivement Edward. Nathanaël et lui se battaient régulièrement. L'un reprochant au second d'avoir fait pleurer sa sœur, le second reprochant au premier de se mêler de ce qu'il ne le regardait pas.

« Aurora, dépêche toi, tu vas être en retard » L'appela Mélis en bas des escaliers.

« J'arrive » Cria la susnommée.

« Je te retrouve ce soir ? » Se renseigna-t-elle en se tournant vers son frère.

« Je ne pourrais pas être là, je dois vérifier quelque chose mais.. »

« Fais attention à Edward Cullen, je sais, j'ai bien appris ma leçon par cœur » Se moqua Aurora.

Un grognement lui répondit et elle éclata de rire tout en se dirigeant vers la salle de bain. Une demi heure plus tard, elle prenait place dans la voiture de sa tante, une tartine encore chaude entre ses lèvres tout en boutonnant les derniers boutons de sa chemise de ses mains. Un rituel dont sa tante était habituée depuis le temps mais qui l'amusait toujours autant.

Haut les cœur, voilà le comité d'accueil pensa-t-elle en observant la bande composée de Mike, Tyler, Jessica et compagnie. Depuis le retour de la Push leurs relations étaient glaciales pour ne pas dire hostile. Cependant, cela n'affectait pas beaucoup Aurora. Ce n'est pas comme si, cette bande d'adolescents allaient lui faire peur.

« Passe une bonne journée ma chérie. »

« Mouais, toi aussi. »

Contrairement aux relations entre la nièce et sa tante. Sa propre mère lui ayant fait la morale sur sa conduite d'une impolitesse sans nom. Aussi, avait-elle pris sur elle pour se montrer plus aimable sous le regard clairement moqueur de son aîné –qui, au passage, était le délateur dans toute cette histoire.

« Tiens, mademoiselle McAlister fait acte de présence au lycée. On a tous pensé que tu ne reviendrais pas. Dommage. »

«Mon dieu Jessica, laisse moi me remettre du choc. Tu sais penser ? Non. Je suis dans la quatrième dimension. Ouaw. »

Aurora lui sourit, ironiquement, avant de la dépasser, laissant une Jessica au bord de la crise de nerf. Un bras passé autour de sa taille la fit sursauter. Alice. Sa meilleure amie. D'un sourire complice, les deux jeunes gens continuèrent leur chemin, sans prêter attention aux regards désapprobateurs ou intrigués. Quelques secondes après, Rosalie Hale faisait son apparition. L'humaine du trio improbable lui fit un petit signe de la main, tandis qu'Alice lui enfournait un petit pain au chocolat dans la bouche.

« Mpfff » s'étrangla Aurora. « Alice !!! Je vais finir par avoir le tour de taille de mon oncle si tu continues comme ça. » Ajouta-t-elle, sans toutefois dire non à cette douceur.

« Cadeau d'Esmée »

« Comme si tu prenais pas plaisir à lui remplir l'estomac » Taquina sa sœur.

« L'un ne va pas sans l'autre ma chère sœur. »

Les trois amies se séparèrent à la sonnerie, chacune ayant un cours différent. Aurora était encore surprise de l'amitié naissante qui la liait à Rosalie. C'était encore très fragile mais il leur arrivait souvent de converser tranquillement. Les deux étant passionnées d'Art. Un sac lâché mollement sur la table lui fit tourner la tête. Bella ne lui accorda aucun regard mais l'anglaise sentait comme une sorte de jalousie. Elle avait été acceptée par les Cullen alors que la fille du chef de la police, les évitait depuis sa rupture d'avec Edward. Autant dire que leur relation n'était pas au beau fixe. L'arrivée de leur professeur de littérature désamorça la tension.

Le cours fut ennuyeux au possible pour les deux lycéennes qui se lançaient des regards en biais. Aussi bien l'une que l'autre mourrait de poser des questions sur l'autre, de savoir ce qu'elles ignoraient mais aucune ne faisait le premier pas. Le destin allait le faire pour elles.

« Bien ! » Commença leur professeur. « Je veux que pour mercredi, vous me faites en binôme, un compte rendu détaillé sur l'auteur que vous aurez tiré au hasard. Un exposé oral se déroulera pendant nos deux heures de cours. J'attends de vous que vous fassiez non pas du bon travail mais un excellent travail. Cet exposé pourra vous servir pour votre entrée à l'université. »

Rien que ça, pensa Aurora, tout en écoutant d'une oreille distraite le reste des instructions. C'est quand, il arriva prés de leur table qu'elle comprit que non seulement, c'était à elle de tirer le petit papier, mais que les binômes étaient déjà fixés. Elle se retrouvait à faire équipe avec Bella.

« G-é-n-i-a-l ! »

« J'en ai autant à ton service, Aurora » Soupira ma voisine de table. « Qui as-tu tiré ? »

« Shakespeare »

« D'accord. »

La sonnerie annonçait à peine la fin des cours qu'Aurora filait rapidement vers le suivant, sans plus accorder de regard à Bella. Cette dernière se mit tant bien que mal à lui courir après.

« Aurora, attends ! »

« Quoi ? »

« Pour l'exposé, on fait comment ? Tu viens chez moi, ou je viens chez toi ? »

« Bordel, j'avais oublié cet exposé. Viens chez moi, ce soir, à 18H. Je n'ai pas le droit de traîner. A croire que mon oncle a peur que je lui échappe. Enfin bref, sois pas en retard. »

Leur rendez-vous convenu, les deux lycéennes se quittèrent pour aller à leur cours respectif. La matinée s'enchaina avec lenteur avant que la pause de midi ne soit autorisée. Comme à son habitude, Aurora se dirigea un peu en dehors du lycée, à la lisière de la forêt jouxtant le bâtiment scolaire. Sa tante lui préparait une petite boite pour son déjeuner depuis qu'elle avait appris qu'elle ne mangeait pas le midi. Une attention dont elle ne l'avait pas encore remercié.

« Toujours dans ton coin ? »

« Tiens, Edward, tu ne fais pas acte de présence à la cantine ? Pourtant, tu y verrais ta Bella. »

« Ecoute Aurora, je suis désolé pour l'autre fois et.. »

« Non écoute moi Edward. Tu es bien gentil mais j'en ai marre de tes excuses. Tu es désolé pour ci, pour ça, mais au final, tu me blesses quand même. Qu'est-ce que je suis pour toi ? Une bouée de secours ? Un ersatz de copine ? »

« Tu n'y es pas Aurora. Je suis complètement paumé. J'aime Bella. »

« Heureuse de le savoir. Laisses moi finir de déjeuner en paix veux-tu. »

« Mais je ressens des sentiments pour toi aussi » Continua-t-il sans se soucier de son intervention.

« Edward, les remake des feux de l'amour, ce n'est pas mon truc, ni les ménages à trois. Tu aimes Bella mais elle est avec Jacob, du coup, tu tombes sur moi, la petite humaine élevée par des vampires. Tu crois ressentir des choses mais ce n'est que le fruit de ta frustration. Tu reportes sur moi, les sentiments que tu ne peux exprimer envers elle. C'est aussi simple que ça. »

A la moindre pensée que cela puisse être le cas, les yeux d'Aurora se voilèrent. C'était la première fois qu'elle songeait à un homme de cette manière. Le fils Cullen lui bouleversait le cœur. Il était son fruit défendu.

« Je t'interdis de te rabaisser ainsi ! Notre baiser n'était pas le fruit d'une frustration quelconque. Je le voulais !»

« Je t'en prie, arrête ! »

Aurora se leva souplement tout en prenant sa tête dans ses mains. Elle ne voulait pas résister mais elle savait tout aussi, que cette histoire ne rimait à rien. Le vampire s'approcha d'elle, déposant délicatement ses mains sur sa taille, pour l'approcher de lui. En réponse, elle posa les siennes sur ce torse de marbre.

« Tout comme je le veux encore. » Murmura-t-il en rapprochant leurs deux visages.

« Ed.. »

« Chuuut. »

Leurs lèvres s'effleurèrent avant de se retrouver une nouvelle fois, s'apprivoisant avant de ne faire qu'une. Le baiser se voulait tendre, les laissant se repaitre de toute cette tendresse qui naissait entre eux. Aurora y mit fin pour respirer, gardant obstinément les paupières closes. Comme pour ne pas que le rêve se termine. Edward comprit aisément, et lui baisa les paupières avant de parsemer son visage de baiser papillon.

« Tu veux bien que je reste avec toi ? Je ne vais pas encore cet après-midi, trop de soleil d'après Alice. »

« Hum hum »

Le vampire sourit de son manque de réaction, la serrant simplement dans ses bras, un court instant avant de la forcer gentiment à finir son déjeuner. Aurora nageait en pleine confusion, néanmoins, pour la première fois de sa vie, elle pensa que c'était bon, de ne pas tout contrôler. Advienne que pourra.

« Ton frère est-il vraiment obligé de te couper de mon pouvoir ? C'est frustrant de ne pas savoir ce que tu penses. Justement maintenant. »

« Et tu crois sincèrement qu'il y changera quelque chose, surtout s'il sait à quel point ça t'énerve ? Je crois que cela l'amuse de te contrarier. »

« J'avais cru comprendre oui. »

L'adolescente éclata de rire, sincèrement amusée par cette rivalité vampirique. Là, dans les bras d'Edward, elle profitait simplement du moment présent, du fait d'être en vie. Toute autre pensée la déserta complètement. Et le reste de l'après-midi se passa dans le même brouillard. Ce n'est qu'en rentrant chez elle qu'elle repensa à Bella, à leur exposé. Aussitôt, la douleur reprit ses droits sur elle et elle porta la main à son cœur.

Mélis qui se trouvait derrière elle, la fit s'asseoir, la scrutant de son regard inquiet. Aurora tenta de la rassurer mais elle échoua lamentablement.

« Je vais bien ! C'est fini. »

« Tu es sûre ? Tu veux que j'appelle le médecin ? »

« Non ça ira ! Je suis pas en sucre non plus, fous moi la paix ! »

Enervée, elle bouscula sa tante pour monter dans sa chambre. Aucune trace de son frère. Tant mieux, elle n'avait envie de voir personne. Cependant, une demi-heure plus tard, Bella toquait à la porte de sa chambre.

« Oh merde, j'avais encore oublié notre projet. »

« Je peux revenir demain si tu veux. Ta tante m'a dit que tu ne te sentais pas très bien. »

« Ma tante ne dit que des conneries. Bon entre, mets toi à l'aise, je vais chercher mon sac en bas. »

Deux minutes plus tard, elle remontait pour se figer dans l'embrasure de la porte. Dans sa chambre, immobile, Bella tenait un tube de comprimés. Aurora lui arracha de main tout en la fusillant du regard.

« Qui t'a permis de fouiller dans mes affaires ? »

« Non.. Non.. J'ai voulu.. poser mes livres sur ton bureau et j'ai fait tombé un truc.. Je suis désolée Aurora.. Tu.. es malade ? »

« Ça ne te regarde pas ! » Répondit-elle froidement.

« Pourquoi gardes-tu ça pour toi ? Pourquoi te caches-tu derrière cette insolence ? »

« Pour ne pas voir de la pitié dans le regard des gens, comme celle qu'il y a actuellement dans ton regard. »

Se laissant tomber sur son lit, Aurora posa une main sur son visage, comme pour dissimulée toute sa détresse. Elle avait toujours fait en sorte que personne ne découvre son secret et voilà que Bella, tombait dessus.

« Je ne ressens pas de pitié, juste de la compassion. Tu es.. »

« Gravement malade ? Je ne sais pas, si je te dis qu'il me reste six mois à vivre, c'est grave pour toi ? » Ironisa l'adolescente.

« Qu'est ce que tu as ? »

« Une maladie du cœur mais je n'entrerais pas dans les détails. »

Bella vint s'asseoir sur le lit, posant une main sur celle d'Aurora. Dans son regard chocolat, on pouvait y lire de la compassion, de la tristesse aussi. Chose qu'elle ne manqua pas de remarquer.

« Pourquoi es-tu triste ? Je pensais que ça te ferait plaisir. »

« Ne me force pas à te mettre une autre gifle McAlister ! Je ne suis pas si insensible et nous étions amies. Nous le sommes toujours. »

« Je ne peux être l'amie d'une adoratrice de loup garou. »

« Pourquoi ? »

« Parce que c'est un loup garou QUI A TUE MA FAMILLE ! »

Debout, Aurora la fixait avec colère avant de se détourner, une larme coulant sur sa joue. Le front appuyé contre la vitre de sa chambre, elle se mit à raconter son histoire.

« Je n'avais qu'un an quand c'est arrivé. Mes parents vivaient à l'écart de la ville, dans une petite ferme anglaise quand ils ont été attaqué par un loup garou. On raconte qu'ils sont les protecteurs des humains mais ce n'est que des foutaises. Ce sont des monstres. Je les détesterai jusqu'à la fin de ma vie. »

« Ils ne sont pas tous mauvais Aurora. Tu ne peux condamner l'action d'un seul et juger tous ceux de son espèce. »

« Je m'en fou ! Si j'en avais le pouvoir, je les exterminerai tous, jusqu'au dernier. »

« Si cela avait été un vampire, qu'aurais-tu fait ? »

« C'est DIFFERENT ! »

« En quoi ? »

« Parce que.. »

« Parce que tu as été élevée par des vampires ? »

« Comment le sais-tu ? »

« Alice. »

Un reniflement lui répondit. Elle n'en voulait pas à son amie d'avoir raconté ce secret à Bella. Elle devait certainement avoir ses raisons.

« Tu n'as jamais songé à devenir vampire ? »

« Si. Mais cela m'est impossible. »

« Pourquoi ? »

« Mon cœur.. Mon cœur est trop fragile, je ne supporterais pas la transformation. Je vis avec des êtres immortels, mais je suis condamnée à mourir. Lorsque ma mère me regarde, je sens toute sa tristesse. Je sais qu'elle aimerait que je devienne comme elle, pour que sa fille ne disparaisse jamais. Mon père pense la même chose mais le cache beaucoup mieux. J'ai souvent senti leur désir de me transformer mais aucun ne veut provoquer ma mort. »

« Lorsque je sortais avec Edward, je rêvais de devenir vampire. Pour que rien ne nous sépare, que nous soyons à jamais ensemble. »

« Pourquoi avez-vous rompu ? »

« Il ne voulait plus être la cause de mes souffrances, d'être responsable de ma mort. »

« Est-ce que tu l'aimes toujours ? »

« Plus que ma vie. Je donnerai tout ce que j'ai pour pouvoir l'aimer comme avant mais il m'évite. »

« J'aimerais être seule s'il te plait. »

« Oui. Repose-toi, je ferais l'exposé toute seule et je te donnerai une copie. »

« Je ne veux pas de ta pitié, je te l'ai dit. »

« Ce n'est pas de la pitié. Juste un geste d'une amie à son amie. »

Bella s'apprêtait à la quitter quand Aurora l'appela juste avant qu'elle ne franchisse la porte de sa chambre.

« Peux-tu me rendre un service ? »

« Oui, je t'écoute. »

« Tu veux bien, ce soir, m'attendre devant l'église vers 22H ? »

« Pourquoi ? »

« Ne discute pas s'il te plait. Je veux juste que tu m'attendes la bas. »

« J'y serais. »

Son amie la quitta sur ses dernières paroles, ne remarquant pas le regard déterminé d'Aurora où une larme s'y échappa. Elle avait pris sa décision. Cela serait son dernier cadeau, sa dernière bonne action. Lorsque vingt et une heure trente s'afficha sur son cadran, elle se coula en douce en dehors de la maison, faisant fit de toutes les recommandations de sa famille. Elle avait une mission.

Il lui fallu plus de vingt minutes pour arriver près de l'église. Aurora se glissa en toute discrétion dans une ruelle qui la dissimulait tout en lui offrant un magnifique poste d'observation. Dans sa tête, elle ne cessait de répéter que c'était la bonne solution, que c'est ce qu'il fallait faire mais son cœur, lui, s'éteignait à petit feu. Cinq minutes avant l'heure fatidique, Bella arriva, scrutant la place pour l'apercevoir. Quelques minutes plus tard, une volvo grise se garait sur le petit parking. La voiture d'Edward. Tout se déroulait à la perfection.

L'adolescente s'adossa au mur qui la soutenait, essayant de contrôler les battements de son cœur, qui semblait à l'agonie pour la scène qui se déroulait cinquante mètre plus loin. Une main sur sa poitrine, elle ferma les yeux, continuant de psalmodier silencieusement. Quand elle fut sure de ne pas avoir une crise, elle retourna à sa contemplation. Bella s'était rapprochée d'Edward et lui parlait avec ferveur. Puis, comme au ralentit, Aurora la vit poser sa main sur la joue du vampire, ce dernier la regardait fixement avant que la distance entre leur lèvre ne soit réduite à néant. La douleur la submergea et elle se laissa glisser le long du mur jusqu'à s'asseoir sur le sol bétonné de la ruelle. Des larmes glissaient le long de ses joues et pourtant, elle était heureuse.

Elle savait qu'en se sacrifiant, elle permettait à un couple de vivre leur amour. Edward n'était pas pour elle. Seule la mort l'attendait. Pour Bella, tout était différent. Si elle parvenait à convaincre le vampire, elle aurait l'éternité pour vivre son rêve. Aurora se releva doucement, s'éloignant sans plus de cérémonie du couple, de ce lieu qui signifiait tant de douleur.

Il est si facile de rêver mais tellement plus difficile de renoncer à ses rêves songea-t-elle.

Aurora s'apprêtait à remonter vers sa chambre quand elle constata que la lumière du vestibule était allumée, et que la porte d'entrée était entre ouverte. Elle était certaine d'avoir correctement fermé la porte en sortant. Un mauvais pressentiment lui noua l'estomac alors qu'elle s'engageait dans la maison. Tout était silencieux. Trop peut-être.

« Oncle Franck ? Mélis ? » Appela-t-elle.

Tant pis si elle se faisait prendre à faire le mur, la peur la faisait agir déraisonnement. La main tremblante, elle poussa la porte menant au salon, essayant d'entendre le moindre bruit familier.

« Nathanaël ? »

Rien, personne ne lui répondait. C'est alors que son pied glissa sur le sol, la faisant presque tomber. Apeurée, elle passa le doigt sur le parquet, le remontant vers son visage. Du sang. Une énorme flaque de sang s'écoulait depuis la porte.

« Il y a quelqu'un ? »

La porte d'entrée claqua alors brusquement, la faisant se retourner. Une masse sombre s'abattit alors sur son crâne, d'une rare violence qui lui fit perdre connaissance. Son corps retomba mollement sur le parquet, alors que la masse sombre se rapprochait d'elle.

A suivre…


Note de l'auteur :

Fanny : Merci de ta review =) Le mystère s'épaissit encore un peu, et surtout, Aurora se retrouve en danger ! Bientôt le dénouement de Cross The Line. Encore deux chapitres je dirais !

Liphya : MDR ! Merci pour le délire et pour la review. Quant à Nathanaël, il risque d'être très en colère qu'on est touché à sa sœur. =)

Chocolat-piistache : Merci pour tes reviews (je réponds directement à la dernière) et j'espère que tu continues à aimer cette histoire.

Amy : Merci à toi aussi d'avoir laissé une autre review =) Pour la confrontation entre les deux vampires, je me suis bien amusée à l'imaginer lol alors qu'elle fasse rire, c'est une belle récompense je trouve =)

Encore merci tout le monde ! Avant de vous quitter, j'ai deux petites questions :

** Préférez-vous un Bella/Edward ou un Aurora/Edward?

** Une fin heureuse, ou une fin triste?

A vous de voter !!