~ Une vie pas comme les autres ~
Chapitre 5
Souvenirs
Du côté d'Alice
Aucun moyen de m'effacer cette vision. En effet, bien malgré moi, je ne comprenais toujours pas pourquoi quelque chose que je n'avais pas cherché à avoir était tout de même apparu et je continuais donc à chercher une piste. Et malgré les nombreux efforts de Jasper pour me changer les idées -ce qui avait marché quelques fois je dois l'admettre, mon chéri étant très doué pour ce genre de choses-, cela ne m'était sorti de la tête qu'à de très rares occasions, tout simplement car ce genre de vision « impromptue » n'était pas dans mes capacités et de loin. Du coup, impossible de m'empêcher de réfléchir à une chose qui pour une fois, sortait de tout ce à quoi j'étais habituée. Et ce n'était pas notre passion commune pour le shopping qui aurait pu changer cette habitude à ce point, aucun doute !
Carlisle m'avait fait part de son idée, à savoir que cela venait peut-être du fait que je m'étais rapprochée très rapidement de Bella. Inutile de dire que je trouvais ça beaucoup trop simple. Et en étant sérieux deux secondes, il est évident que dans le monde des vampires, rien n'est simple. J'avais même répliqué qu'il n'était même pas sûr qu'une telle hypothèse puisse convaincre un humain et la discussion s'était arrêté là.
La vue de l'heure me donna envie d'étriper ma gentille-sœur-d'amour-qui-ne-m'a-pas-prévenue-qu'il-fallait-se-préparer- alors qu'il était déjà six heures et demie et que techniquement, pour être à l'heure, il me fallait commencer à six heures dix. Et pour répondre à vos questions, non, nous n'habitons pas loin du lycée, non, nous n'avons pas un bus qui passe très tôt -en plus on a des voitures- et non, je ne fais pas ça pour le plaisir, il me faut tout simplement une heure et demie -pour ma défense, je ne suis pas la seule en question- pour me préparer. Et si ce n'était moi et Rose, personne n'arrivait à comprendre comme un individu normalement constitué puisse avoir besoin d'autant de temps pour se préparer.
Quoi que pour ma défense, techniquement parlant, je ne suis pas normalement constituée…
Et ma sœur non plus.
Je commençais par prendre une douche, comme chaque matin. Et comme chaque matin, je savais aussi que j'aurais droit au fameux "mais ça te sert à quoi d'en prendre une tous les jours ?". Une fois sortie de ma douche, je m'habillais d'un haut blanc en soie, un jean slim de couleur foncée et des ballerines de Besson chaussures sur lesquels j'avais littéralement craqué, puis passais à ma coiffure. La fierté me prit lorsqu'en arrivant vers l'entrée, juste après avoir pris soin de regarder l'heure, je vis que je n'avais que trois minutes de retard par rapport à mon temps habituelle.
« Alice, on a failli attendre, commença Emmett dans un demi-sourire à peine mon pied posé dans l'entrée.
- Mon dieu Rosalie, tu veux tous les tuer aujourd'hui !
- Ne dis pas n'importe quoi Alice, je n'ai pas fait si fort que ça, répondit-elle dans un sourire éblouissant qui soulignait le caractère tout à fait ironique de sa phrase. »
Je pris le temps de la détailler de la tête au pied, nous mettant encore en retard mais m'en moquant comme d'une guigne. Celle-ci portait une robe rouge simple mais parfaite pour elle à laquelle elle avait accordé des chaussures aux talons vertigineux. Pas de maquillage, aucun bijoux, aucun artifice et pourtant même sans cela, elle était juste sublime. En une seconde, je me retrouvais à compatir pour les pauvres lycéens devant qui elle allait simplement marcher.
« Alice, surtout, fait comme si j'existais pas, se mit à dire Emmett d'un ton qui me fit exploser de rire.
- Mon cher frère que j'aime, excuse moi pour un retard dû au simple fait que je voulais paraître raffiné… »
Puis j'ajoutais en prenant mon air le plus modeste possible non sans retenir un sourire en coin « Comme chaque jour de l'année en fait.
- Parce que moi je ne le suis pas, rétorqua-t-il, offusqué.
- Moins que moi avec ton T-shirt et ton jean troué Em'. Mais en fait, qui peut être plus raffiné que moi ? »
J'adressais aussitôt un clin d'œil à Rose et c'est dans la bonne humeur générale que nous quittâmes la maison, non sans en avoir averti Esmé, comme chaque matin.
Le trajet se fit dans un silence de glace, mes partenaires de route, Jasper et Edward, n'étant pas des plus idéals, l'un sachant tout ce que je pense et l'autre ressentant toutes mes émotions. Et comme durant tout le trajet, mon intérêt se tourna une fois de plus vers la vision et que du même coup, ma tension augmenta, autant dire que l'ambiance n'était pas au beau fixe. Quand on arriva au lycée, Bella y était déjà, entourée de tous ses amis, souriante, mais d'un sourire faux, qui ne se reflétait pas dans ses yeux. Elle était complètement ailleurs, le pli entre ces deux sourcils en témoignant.
Je repensais à tout à l'heure, à ces une heure du matin où elle pleurait. Que nous soyons les seuls du lycée à le savoir, qu'elle ne partage pas ses souffrances avec quelqu'un, rien qu'une personne, m'énervait bien malgré moi. Mais à vrai dire, qui voudrait parler cauchemar à des individus qui discutent de la soirée qu'ils ont prévu ce week-end !
« Débile d'humain ! »
J'ignorais les regards de ma famille qui se retournèrent vers moi, leur curiosité aiguisée par ma soudaine perte de sang froid. Je vis cependant le sourire en coin d'Edward qui m'avait d'ailleurs appris récemment qu'il n'arrivait pas à lire dans les pensées de Bella. Maintenant que j'y réfléchissais, il n'était pas étonnant que celle-ci est un impact sur ma capacité propre puisqu'elle était carrément immune à celle d'Edward. Bella était de ces humaines qui ne sont pas ordinaires, une sorte d' "espèce inconnue" malgré le côté dévalorisant du terme. Restait à souligner que mon frère l'avait déjà appelé "ma perle rare" face à nous sans le vouloir et que nous avions rétorqué que le possessif et le mot perle n'était pas obligatoire mais que nous savions tous que Bella n'était pas ordinaire avant de rigoler.
« Laissez tomber ! C'est Alice qui se rebelle ! »
Je le regardais, narquoise. Il me rendit mon regard. C'est alors que je repensais à cette période où il était devenu Black Edward. Des images dont je savais qu'il n'apprécierait guère la vue. "Alors ?" avais-je lancé.
« Rien ! Cracha-t-il furibond. Alice, ce n'est pas parce que tu es ma sœur que tu peux te permettre de me remontrer de telles images et encore moins parce que tu es une...
- BELLA ! Comment vas-tu ma belle ? »
Il me semble avoir presque crié son prénom tant la situation aurait pu devenir dramatique si Edward avait terminé sa phrase. Le simple fait qu'elle est pu autant se rapprocher de nous sans que ni Jasper, ni Rosalie, ni Emmett ne fassent une remarque méritait déjà discussion. Pourtant, pour le moment, ce n'était pas ce problème qui semblait être intéressant mais bien la gaffe d'Edward, que tous regardaient de manière suggestive, lui faisant bien comprendre qu'il allait en prendre pour son grade et ce, le plus tôt possible. Après tout, quitte à relâcher son attention pour la première fois, il aurait pu choisir un autre endroit ! Celui-ci pourtant semblait à des lunes de ce genre de préoccupation, son regard tout entier absorbé à la contemplation silencieuse de Bella. Celle-ci agissait comme un calmant sur lui ce qui évidemment, serait très intéressant pour le futur. En effet, tous mes problèmes trouveraient leur réponse avec Bella. A la moindre saute d'humeur d'Edward à mon égard, je n'aurais qu'à sortir son prénom, le menacer et hop, je serais tranquille.
Mais au moment où ces pensées se faisaient leur chemin dans ma tête, je vis l'intéressé hausser imperceptiblement les épaules tout en s'avançant jusqu'à se retrouver derrière moi, me faisant ce que l'on aurait pu appeler une sorte de massage.
Soyons clair, mon plan ne lui plaisait pas…
« Hey ! Elle marqua une pause que nous n'avons pas compris avant de reprendre. Vous allez bien ? Je veux dire… On ne se connaît pas vraiment mais… »
Nous nous mîmes à rire de bon cœur devant une Bella qui rougit rapidement. Qu'est-ce qu'elle était apaisante ! Je m'approchais rapidement d'elle pour la prendre dans mes bras, suivie de Rosalie et d'Edward qui la pris avec plus de retenu. Un sourire bien ancré sur mon visage apparut aussitôt. Timide Edward était si mignon… Je sentis aussitôt le regard de l'intéressé se diriger à nouveau vers moi sans même le voir et fut aussitôt assailli par une vision dans laquelle celui-ci s'amusait à me torturer. Cette pensée non plus ne semblait pas lui plaire… Et puis pourquoi ne pouvais-je pas penser sans qu'aussitôt il soit au courant hein ? Monde injuste !
Alors que Jasper allait saluer Bella sans, tout comme nous, mettre une seule partie de son corps en contact avec le sien, la belle ne connaissant rien de sa froideur ni de sa « consistance » -ce que j'espérais, plus pour très longtemps-, Rosalie répondit à la question formulée par Bella.
« Je parlerais au nom de tous en disant que nous allons bien et toi ?
- Bien dormi ? »
La question était sortie toute seule, à peine la fin de celle de Rosalie et alors que Bella n'avait probablement même pas eu le temps d'enclencher un mécanisme de réponse. Je voulais aborder le sujet le plus vite possible. Avoir des réponses à mes questions le plus vite possible. Cependant, je compris très rapidement que j'étais allée trop vite au goût de mes compagnons lorsque ceux-ci me lancèrent un regard noir. Regard qui perdura malgré les bouffés de calme que semblait leur envoyer Jasper, ce que je voyais à sa concentration nouvelle.
« En fait, pas du tout et vous ? »
J'étais soulagée, elle n'avait pas esquivé.
« Pour ma part, j'ai passé une très bonne nuit ! »
Se succédèrent des réponses plus ou moins similaires de nous tous, réponses que Bella ne semblait pas écouter, beaucoup moins attentive à nos paroles depuis qu'Emmett avait parlé. Emmett... La raison s'insinua dans ma tête alors que je me traitais mentalement d'idiote pour ne pas y avoir pensé plus tôt. Bella ne connaissait pas Emmett et nous n'avions même pas fait les présentations ! Elle avait tout de suite compris que c'était l'un de nos frères évidemment mais les humains ne font pas forcément la conversation à une personne juste parce que celle-ci est le frère de vos amis... L'attitude de Bella était d'ailleurs une vraie confirmation de mes dires.
« Je te présente Emmett, l'amour de ma vie ! »
Amusée par les paroles de Rose qui s'était elle aussi rendu compte du problème, j'enchaînais tout en les reprenant moi-même.
« Et Jasper, que tu connais déjà, l'amour de ma vie !
- Enchanté ! »
Nous avions probablement tous vu le changement d'expression brusque de Bella lorsque Rosalie avait présenté Emmett. Elle n'osa s'approcher mais on voyait bien qu'elle pourrait lui parler sans gêne maintenant. Celui-ci pourtant étonna tout le monde lorsqu'il vint la porter -au départ, ce devait juste être une étreinte pour dire bonjour comme nous juste avant soyons clair- comme si son poids était celui d'une plume, ce qui finalement, était très proche de la vérité. Je me retournais avec une irrésistible envie de rire face à l'expression indescriptible de Bella.
« Et bien.. On peut dire que tu es très costaud… »
Il se mit à rire de son rire à vous faire écrouler la Tour Eiffel mais se stoppa vite, au moment même où je voyais quelques particules de poussières émaner des murs du lycée.
« Tu as dit que tu avais mal dormi, pourquoi ? »
Le silence se fit aussitôt après la prise de parole d'Edward. Nous n'avions pas masqué notre intérêt pour la nuit qu'elle venait de passer mais peu importe. Après tout, avant de réussir quelque chose, ne faut-il pas déjà s'en donner les moyens ? Autant dire que le rentre dedans était un moyen comme un autre. La réponse d'ailleurs, ne se fit pas attendre.
« Ho ! Seulement un vieux cauchemar pas très agréable qui revient. »
Je me mis presque à rire. Seulement un vieux cauchemar. Cette phrase repassait en boucle dans ma tête, me mettant de plus en plus en rogne. Si cela avait été seulement un cauchemar, elle n'aurait pas hurlé la mort et ne se serait pas effondrée comme elle l'avait fait ! La colère m'avait envahi. Totalement envahie. Dans pareille situation, un nouveau né l'aurait déjà tué. Et avec de telles pensées, c'est Edward que je voyais me pulvériser dans une vision qui me parut tout d'un coup bien réaliste vu la colère qui émanait de la personne en question. Je me reprenais vivement, aidée par les ondes de calme que relâchait Jasper à mon intention. Si c'était de cette façon qu'elle avait esquivé le sujet jusqu'à maintenant, alors sans aucun doute, cela avait été d'une facilité déconcertante.
« Tu as l'air... Tendu… Tu es sûre que tu vas vraiment bien ? »
Je me concentrais à nouveau sur la conversation non sans retenir un hochement de tête de satisfaction à l'action de Jasper. Qui plus que lui pouvait être à même de déterminer si Bella était sincère ou non ? Et à en croire ses dires, toutes mes pensées étaient confirmées. Nous voulions tous savoir exactement ce qu'il se passait et il n'était pas compliqué de deviner pour qui précisément Jasper avait à nouveau renchérit.
« Ce n'est rien je vous assure. Ce cauchemar était un vieux souvenir dont je n'aime pas… Et bien me souvenir… C'est tout. »
Malgré le ton catégorique -ou buté suivant le point de vue- de la fin de sa phrase, sa mine s'était assombrie en quelque secondes et alors que quelques minutes plus tôt, l'heure était aux présentations et à la bonne humeur, toute joie semblait avoir disparu pour faire apparaître un climat pesant. Et tant que nous ne savions pas ce qu'elle avait vu, à la moindre allusion à ce souvenir, sa mine s'assombrirait. Je voulais savoir. Edward voulait savoir. Surtout lui.
« Désolé de vous interrompre mais on va être en retard si on ne bouge pas maintenant. »
Nos regards se rencontrèrent tous et c'est dans un même souffle que mes frères et moi lâchions un tonitruant:
« Ouai... »
Notre motivation était incroyable. Compréhensible pour nous et ceux au courant de notre situation mais totalement incroyable pour toute autre personne extérieure. J'eus presque envie d'appeler le journal local pour que ce soit retranscris et finisse dans le livre des records.
•••••••
Durant toute la matinée, Bella resta dans ses pensées, ne s'intéressant pas au cours -ce qui était un exploit- ni à quoi que ce soit alors que je ne cessais de la fixer, sans ciller. C'est lorsque je pus enfin voir son visage entièrement et l'expression de mélancolie qui l'ornait ainsi que les mâchoires qu'elle serrait pour retenir ses larmes que ma colère l'emporta une fois de plus. Je m'adressais promptement à Edward.
"Lis dans ses pensées ! Et je précise au cas où tu n'aurais pas compris, c'est impératif !"
Aussitôt, le regard agacé d'Edward se dirigea vers moi et c'est d'une voix audible de moi et seulement de moi qu'il me répondit:
« Je ne peux pas espèce de vampiresse stupide ! Stimule ta mémoire si t'as du mal à te rappeler de ce genre de choses. Sinon ne t'inquiète pas, je l'aurais déjà fait, même sans ta bénédiction ! »
« Désolée » pensais-je tout en souriant. Il est vrai que cet aspect de Bella le frustrait plus qu'autre chose puisqu'il aurait été beaucoup plus simple pour lui de savoir s'il avait une chance avec elle en sachant ce qu'elle pensait en sa présence.
« Alice, tes pensées à toi je peux les lire alors abstiens toi de ce genre de commentaires internes. »
« C'est ce que je pense, un point c'est tout ! T'es pas content ? Arrête de t'infiltrer dans ma tête… Violeur d'intimité ! »
Nous nous mîmes à rire silencieusement d''un rire que nous eûmes du mal à contenir mais qui finalement ne se fit entendre que de Rose. Je la vis aussitôt elle, et le questionnaire interminable auquel j'aurais droit pour qu'elle connaisse la raison d'une telle bonne humeur aussi lui écrivis-je sur un mot qu'Edward ne pourrait pas lire, tout en chantant l'hymne national russe dans ma tête que je lui expliquerais plus tard.
Le repas passa vite puisque je ne faisais que réfléchir à des choses sans intérêt, tout en fixant un point tel que le mur en face de moi. Je n'attendais qu'une seule chose, le cours de maths, Bella étant ma voisine de table. Je pouvais ainsi espérer avoir des réponses à mes questions et donc implicitement à celle des autres pendant ce cours. En attendant, je préférais donc « somnoler », faute de mieux.
Assise sur ma chaise dix minutes avant la sonnerie, j'espérais sans trop y croire que Bella arriverait un peu avant le début du cours. Ce qu'elle fit. A trente secondes de la reprise. Je décidais donc d'attendre qu'elle s'installe et que le cours commence avant de démarrer l'enquête. Cependant, celle-ci me prit de cours.
« Alice, excuse moi, on est quel jour s'il te plait ?
- Bella voyons, nous sommes le 5 septembre pourquoi ?
- Ah... »
La colère réapparut, à croire que c'était devenu une habitude depuis ce matin et c'est de manière beaucoup plus sérieuse que je reprenais.
« "Ah" quoi ? Bella qu'est-ce que tu as depuis ce matin ? C'est insupportable pour moi de te voir dans cet état ! »
La seule réponse que j'eus fut un maigre sourire qui me donna envie d'étriper un ours, chose que j'allais probablement faire si la conversation continuait comme ça. Esquiver ne servait à rien avec moi. Et si Bella ne l'avait pas encore compris, elle allait bientôt le comprendre. Alice n'est pas du genre à renoncer, quel que soit le problème auquel elle se frotte. Et pour être franche, Bella comme problème, c'est du lourd.
Pendant la moitié du cours, je fulminais contre cette entêtée qui me servait de voisine jusqu'à ce que brusquement, un bruit qui ne m'était plus familier ne vienne jusqu'à mes oreilles. Je me tournais vivement vers Bella pour apercevoir des larmes descendre tranquillement son visage, passer sur ses lèvres, arriver à son menton puis descendre jusque son cahier de cours, déjà humidifié. Génial. Edward allait me tuer ! Et encore, heureusement que nous n'étions pas dans le même cours de maths.
« Monsieur, pourrais-je accompagner Bella à l'infirmerie ? Elle ne se sent pas bien. »
Le prof ne me porta pas un regard, trop concentré qu'il était à déterminer si oui ou non, Bella avait vraiment besoin de sortir. Celle-ci d'ailleurs, ne semblait pas avoir apprécié l'initiative que j'avais pris, en témoignait le coup de pied auquel j'avais eu droit et qui m'avait fait sourire intérieurement. Il vit comme moi ses yeux rougis qui retenait tant bien que mal les larmes, les mains crispées d'une jeune fille très mal en point.
« Bien sûr, finit-il par dire alors que j'étais en train de me demander s'il voyait vraiment la même chose que moi. »
Nous sortîmes de la salle sous les regards de toute la classe, tout comme je savais, ou plutôt voyais, que ce soir, Rosalie allait vraiment me poser un interrogatoire dont je me souviendrais, et que je n'avais pas intérêt de tenter d'y échapper ou elle ferait de beaux dessins sur mon argent de poche. Sans compter le fait qu'elle ferait un beau rapport juteux à Edward. J'imaginais déjà le sourire machiavélique qui ornait son visage et le fou rire qui aurait éclaté juste après si nous avions été partout sauf ici et dans cette situation.
Une fois arrivée dans le couloir principal, j'eus l'impression que le temps avançait à une lenteur abominable. Nous ne marchions pas vite. Du tout. En comparaison, un lapin aurait été plus rapide. Un bébé lapin. C'est pour dire. Bella continuait de retenir ses larmes ce qui me blessait autant que m'exaspérait. Mais de quoi avait-elle pu 'cauchemarder' bon sang ?
« Bella par pitié, dis-moi ce qu'il ne va pas, arrête de tout garder pour toi ! On est amie non ?
- Alice si tu savais... »
Ce fut comme si elle n'avait attendu que cette phrase de ma part depuis la sortie du cours. Elle se mit à pleurer, vraiment pleurer. Chaque larme versée par elle était comme un couteau de poignard pour moi. Je voyais des choses que je ne comprenais pas mais ce qui était compréhensible et qui pouvait aider, je ne le voyais pas ? A quoi sert un pouvoir s'il n'est pas là quand on a vraiment besoin de lui ? Bien que sachant que ma vision avait du sens, j'étais écœurée de ne pas avoir vu son cauchemar ou quelque chose qui aurait pu m'aider à deviner ce qu'il se passait.
Je pris Bella dans mes bras tout en lui frottant tendrement le dos. Je ne comptais plus le nombre de phrases réconfortantes et de câlins échangés jusqu'à ce qu'elle se calme mais quand elle se calma, c'est comme si toutes les barrières qu'elle avait créé étaient tombées.
« Il y a douze ans, ma mère est morte dans un accident et... Et j'étais dans cette voiture... Pourtant moi je suis toujours vivante. MOI mais pas elle. Il ne me reste plus rien d'elle si ce n'est ce souvenir et cette haine contre moi-même de ne pas être morte avec elle ce jour-là ! Si… Si tu savais comme ça fait mal… »
Elle se remit à pleurer. Doucement d'abord. Puis plus fortement alors que je ne bougeais pas. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je connaissais son histoire, toute la famille la connaissait. Carlisle nous en avait parlé un soir. Il nous avait parlé de Isabella, une fillette qui avait réchappé à un accident de voiture dramatique. La seule survivante. Lui et Esmé avaient prié pour elle, ce qui avait été exceptionnelle, car quel vampire prierait les dieux ? Bella n'avait pas fait son apparition dans notre vie il y a trois jours mais il y a des années…
Et dire qu'aucun de nous n'avait fait le rapprochement.
« Coïncidence ou pas, c'est aussi il y a précisément un mois que j'ai rompu avec mon ex-petit ami, juste après que celui-ci ait porté la main sur moi… »
Le silence se fit de plomb, comme si elle hésitait à relâcher ce nom. Les secondes passèrent, jusqu'à ce qu'enfin, dans un souffle, il ne sorte.
« Mike Newton... »
Du côté de Bella
Il fallait que je lui parle. A lui, mon meilleur ami, qui avait toujours été là pour moi, même durant les moments difficiles où il aurait tout simplement pu m'abandonner. Lui, que je ne pourrais jamais assez remercier. Je tapais rapidement son numéro, le connaissant par cœur et attendant, le cœur à tout rompre, qu'il décroche malgré l'heure tardive à laquelle j'appelais. Heureusement, celui-ci me répondit rapidement, un grommellement qui m'était familier retentissant à l'autre bout du fil.
« Jake ? Désolée si tu dors mais… J'ai besoin de parler. »
Propriété Stephenie Meyer -except Céleste-
Et oui, c'est Jacob qui fait enfin son apparition dans la fiction ! Que nous réserve-t-il ? Nous le verrons dans les chapitres suivants ;)
Je suis sûre que vous avez cru halluciner en voyant le chapitre -avouez que je vous ai épaté 8)- mais promis, le prochain arrivera plus rapidement T.T -lève sa main droite et jure de dire toute la vérité, rien que la vérité-
Chapitre quatre -de huit pages works !- fort en émotion et une histoire qui arrive doucement. Dans le chapitre cinq, les choses vont devenir intéressantes. L'ex de Bella ne devrait pas tarder à faire son apparition alors à votre avis comment cela va-t-il se passer ? Nous attendons votre avis ;).
Une nouvelle fois, je vous remercie pour toutes vos reviews qui font vraiment plaisir. Je crois d'ailleurs que ce n'est pas le moment où l'on a enfin achevé son chapitre et que l'on s'apprête à le poster qui est le meilleur pour un écrivain mais le ressenti de ses lecteurs -d'où cette excitation mêlée d'appréhension quand je vais sur ma messagerie-
A vous tous qui me lisez et me commentez, j'espère que ce chapitre vous aura plu autant que les précédents.
Il ne me reste plus qu'à vous dire à bientôt, pour le prochain chapitre.
En vous souhaitant une agréable lecture.
C. Kotomi
