Chapitre 7 : Les fleurs nées des cendres
OOOOOOOOO
On entendit un bruit de verre brisé.
Maman ?
Non, Orihime devait avoir mal entendu. Perdue dans les émotions produites par cette photo, elle avait imaginé des choses.
Le cœur battant la chamade, elle se retourna en faisant attention à ne pas marcher sur les morceaux du cadre lui ayant échappé des mains. Plaquée contre le mur, son cœur s'accéléra dangereusement, son souffle devint saccadé. Devant elle se tenait un petit garçon de quatre ou cinq ans la regardant fixement avec un sourire. La princesse secoua la tête. Peut-être… Oui, peut-être s'adressait-il à une autre femme. En jetant un œil dans la salle, elle fut pourtant obligée d'admettre qu'il n'y avait qu'eux.
- Tu es ma maman ? répéta l'enfant.
Sa supposée maman reporta son attention sur lui et recula avec des jambes tremblantes quand il fit un pas vers elle, une vieille peluche de lion rapiécée sous le bras. Il sembla amusé de sa réaction car il cessa de marcher et libéra un petit rire.
- Tu es dôle !
Orihime, pour sa part, n'avait pas la moindre envie de rire. Ses prunelles refusaient à présent de se détacher de cet enfant qui était le portrait craché d'Ichigo à quelques différences près. Outre le fait qu'il était petit, il avait des cheveux orange vif, le même sourire que lui, des yeux gris et un petit nez… un nez semblable au sien.
- O-Oh mon Dieu, souffla Orihime. Tes yeux, ton nez… ils sont comme… les miens.
Son cœur faillit s'arrêter de battre tandis que le garçonnet fronçait les sourcils d'une manière qui lui était familière, la tête penchée sur le côté. Les yeux de la belle se remplirent de larmes et il lui fallut un gros effort pour ne pas s'effondrer. En dehors de son nez et de ses yeux, ce petit garçon était vraiment un mini Ichigo.
- T-Tu es…, commença-t-elle.
Non, il ne lui aurait pas caché ça. Lui dissimuler qu'ils avaient été un couple lui avait déjà fait un choc, il l'avait vu ! Elle lui avait demandé si il y avait autre chose qu'elle devrait savoir et il n'avait... pas vraiment dit non. Oui mais même, Ichigo n'aurait pas pu la tenir éloignée d'une telle vérité. Non. Et pourtant...
- Tu es vraiment mon… notre…, retenta la jeune femme aux joues humides.
Lui cacher qu'ils avaient été un couple était déjà dur à encaisser, mais un… bébé né durant leur vie commune ? La tête dans les mains, Orihime s'obligea à se reprendre pour ne pas effrayer cet enfant qui la regardait d'un air alarmé à présent, se demandant visiblement quoi faire.
- Tu vas bien ? lui demanda-t-il en s'approchant d'elle, la main tendue.
- O-Oui, affirma-t-elle sans bouger cette fois. Comment tu t'appelles ?
- Sora ?
Au son de cette voix, Orihime se tendit.
- Papa !
Ravi comme tout, le garçon sauta dans les bras de son père qui avait les yeux rivés sur Orihime, le choc inscrit dans ses orbes marron.
- Orihime, qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais…
- Elle ressemble à maman, hein !? s'excita Sora, les bras autour de son cou. Elle ressemble à la jolie femme sur les photos à la maison ! J'ai voulu lui faire un câlin mais elle a eu peur de moi…, acheva-t-il avec une moue perplexe rappelant Orihime.
Père et fils reportèrent leur attention sur la concernée qui ne savait pas où se mettre, quoi dire, quoi faire ou même quoi penser. Ichigo sembla le comprendre.
- Sora, tu étais supposé rester avec ton grand-père, dit-il soudain d'un ton sévère.
- Je sais, mais je suis juste remonté chercher ma peluche. Pépé Isshin m'a dit oui ! jura-t-il.
Acceptant cette excuse, Ichigo le reposa au sol.
- Va mettre ton manteau et tes chaussures pendant que je vais le prévenir que je suis là. On rentre à la maison.
- D'accord !
Sora fila à l'entrée non sans adresser un immense sourire à Orihime qui semblait à des années-lumière d'ici. Son « petit ami » s'avança vers elle pour dire quelque chose quand ses yeux se posèrent sur le cadre brisé à ses pieds. Ichigo se rendit alors dans la cuisine pour prendre de quoi ramasser et jeter les morceaux de verre, et reposa le cadre à sa place -notant mentalement d'en racheter un. Celle qu'il aimait n'avait pas esquissé un geste, comme traumatisée et il ne désira pas la troubler davantage. Il alla donc vite voir son père pour lui annoncer qu'il rentrait chez lui avec Sora, puis revint dans le salon.
- Hime, dit-il, placé devant elle.
- …
Elle ne le regarda même pas, ses bras l'entourant, de l'eau continuant à couler sur ses joues.
- Je sais que tu dois te demander des tas de choses, poursuivit le fils Kurosaki qui se sentait très mal pour elle. Je te promets de t'éclairer mais viens avec nous à la maison, s'il te plaît.
- Papa, je suis prêt ! gazouilla une voix enfantine.
- J'arrive !
Il fixa sa princesse une dernière fois avant d'aller rejoindre Sora qui avait mis son manteau ainsi que ses chaussures. Sa peluche toujours en main, il se frottait un œil avec sa petite main tout en réprimant un bâillement.
- Tu es fatigué, conclut son papa.
- Oui…
Il tendit les bras pour retourner dans les siens. Ichigo se pencha et le souleva sans difficulté.
- Maman ne vient pas ? murmura Sora, la tête sur son épaule.
A cet instant, l'intéressée arriva derrière eux, apparemment prête à leur emboîter le pas.
- Je suis garé sur le parking au bout de la rue, les prévint le médecin.
Ils sortirent tous les trois dans l'air frais et marchèrent environ deux minutes avant d'atteindre la voiture. Durant tout le trajet, la beauté auburn ne prononça pas un mot, ses iris rivés sur le petit garçon devant elle et l'impression d'avoir un couteau planté dans le ventre. Son fils. Bon sang…
Ichigo désactiva l'alarme, ouvrit la portière arrière et installa Sora sur le siège adapté avant de le sécuriser avec la ceinture car il ne pouvait le faire lui-même : il dormait. Pendant ce temps, Orihime prenait elle-même place sur le siège passager. Lorsqu'il eut fini avec son fils, Ichigo s'assit au volant et attacha également sa ceinture comme les deux autres. Décidément, sa belle n'était toujours pas disposée à articuler le moindre mot ce qui le fit soupirer. Très bien, ils parleraient à la maison et c'était sans doute mieux ainsi. Il ouvrit la boîte à gants, en sortit un paquet de mouchoirs qu'il posa sur les genoux d'Orihime et mit le contact.
La voiture roula à travers Karakura vers leur domicile où de nombreuses choses devraient être abordées et le seraient sans aucun doute. Ichigo en avait bien l'intention.
{ … }
A peine entrée dans la maison, Orihime, toujours aussi bouleversée, ôta ses chaussures et se rendit dans le salon. Ichigo la regarda s'éloigner sans dire un mot, il devait en priorité s'occuper de son fils. C'est bien alors qu'il retira également ses chaussures, ensuite celles de Sora en le soutenant d'un bras puis monta à l'étage, dans la chambre d'enfant.
- Sora, réveille-toi, murmura-t-il en lui caressant les cheveux.
- Hmm ?
Le visage dans le creux de son cou, ce dernier ouvrit difficilement les yeux tout en serrant instinctivement sa prise. Il adorait être dans les bras de son père.
- On est déjà à la maison ?
- Oui, ton grand-père m'a dit que tu as déjà mangé. Je sais que tu es fatigué mais tu dois prendre ton bain avant de dormir. Déshabille-toi le temps que j'aille faire couler l'eau.
- Oui, papa.
Ichigo le reposa à terre, l'aida à retirer son pull et le laissa se charger du reste. Dans la salle de bain, il remplit la baignoire et ne tarda guère à voir sa copie miniature entrer derrière lui, une serviette autour de sa petite taille. Le jeune homme vérifia la température avant de l'autoriser à s'immerger en mouillant d'abord sa nuque. Il tendit un gant de toilette ainsi que le gel douche à Sora qui commença à se laver, une certaine moue digne de sa mère prenant forme sur son visage. Ichigo la connaissait bien celle-là.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, les sourcils froncés.
Sora leva les yeux vers lui et sut aussitôt que ce n'était même pas la peine de mentir quand papa sortait ce regard-là. Plongé jusqu'à la poitrine dans l'eau chargée de mousse, il baissa la tête.
- La dame chez pépé, c'était bien maman, pas vrai ?
Ichigo s'attendait à cette question inévitable. Il était mieux placé que quiconque pour affirmer que son fils avait énormément souffert de l'absence de sa mère. Il l'avait vu, senti, vécu. Depuis qu'elle avait « disparu » pendant son voyage en France, Ichigo lui avait parlé d'elle et montré des tas de photos tout en répondant à ses questions occasionnelles et l'aimant comme deux parents, mais cela ne remplaçait pas l'amour d'une mère.
Il ne lui avait pas dit qu'elle était de retour (encore moins avec un petit ami qu'il détestait), sinon Sora l'aurait harcelé -à juste titre- pour la voir alors que ce n'était vraiment pas le moment. En fait, Ichigo espérait les réunir une fois qu'il aurait aidé sa princesse à se souvenir du fruit de leur amour, mais c'était raté et cette situation imprévue ne lui plaisait guère. Il serra les dents en s'efforçant de cacher ses sentiments.
- Oui, c'est bien ta maman.
- Tu m'as dit qu'elle est très gentille et je te crois mais…
Des larmes se formèrent dans ses yeux gris expressifs.
- Pourquoi elle a reculé et n'a pas voulu que je lui fasse un câlin ? Pourquoi elle ne m'a pas pris dans ses bras ? pleura le petit garçon peiné. On dirait qu'elle ne m'a pas reconnu...
Entendre cela fendit le cœur du jeune médecin. Comme lui, son fils ne montrait pas devant les autres qu'il était blessé mais se libérait devant une personne de confiance. Et bien sûr, ces retrouvailles n'étaient pas du tout comme son imagination enfantine les avait imaginées. Ichigo s'accroupit pour mieux lui faire face et sécher ses larmes.
- Sora, Orihime est très gentille, ça n'a pas changé, lui assura-t-il doucement. Ta maman a vécu beaucoup de choses en très peu de temps, des choses de grandes personnes, ajouta-t-il en le voyant ouvrir la bouche pour satisfaire sa curiosité. C'est vrai que tu n'es plus le bébé qu'elle a laissé mais laisse-lui encore un peu de temps, tu peux être sûr qu'elle t'aime très fort elle aussi.
- C-C'est vrai ? renifla-t-il en s'essuyant le nez du revers de la main. Même si j'ai grandi depuis la dernière fois qu'elle m'a vu ?
- Elle te le dira elle-même quand elle se sentira prête, déclara son père avec un léger sourire en lui ébouriffant les cheveux. Et les parents n'aiment pas moins leurs enfants parce qu'ils grandissent, c'est même plutôt l'inverse.
Cela sembla rassurer son fils qui lui sourit en retour. Ichigo lui nettoya le dos, le laissa barboter quelques minutes avant de décider qu'il était temps d'aller dormir. Sora se sécha comme un grand, enfila son pyjama et vint aussitôt tenir la main de son papa pour qu'il l'accompagne au lit.
Dans sa chambre, il se coucha sous ses couvertures avec sa peluche lion baptisée « Kon », les traits très fatigués. Ichigo s'assit à ses côtés, arrangea les draps puis brossa des doigts les cheveux orange humides sur son front.
- Demain maman sera là quand je me réveillerai ?
Encore une question qu'il avait anticipée.
- Elle sera là.
- Tu me le promets, papa ?
Ce dernier hésita une fraction de seconde, hésitation vite dissipée par le regard suppliant lancé par la chair de sa chair.
- Promis.
Sora sourit, comme toujours réconforté par les promesses que son père tenait quoi qu'il lui en coûtait. Les paupières lourdes, il dériva rapidement vers le sommeil, sa douce respiration troublant le silence.
- Bonne nuit, papa, souffla-t-il à demi-conscient, sa petite main toujours dans la sienne.
Ichigo se pencha, lui baisa le front tout en passant son pouce sur sa joue. Il avait beaucoup souffert de l'absence de sa maman mais maintenant, il allait enfin pouvoir pleinement sourire et s'amuser comme tous les petits garçons de son âge. Il y veillerait. Doucement, il se leva, éteignit la lumière de la lampe de chevet et quitta la chambre sans bruit.
Les choses sérieuses commençaient maintenant.
Dans le salon, Orihime se tenait debout devant l'une des fenêtres, un cadre de taille moyenne pressé contre sa poitrine. Elle ne pleurait plus mais ses yeux étaient gonflés et un peu rouges.
- Orihime.
Cette voix derrière elle l'incita à se crisper.
- Il faut qu'on parle. Tu préfères que je te raconte tout ou que je réponde à tes ques…
Un bruit sec résonna comme un fouet dans le salon. Le visage tourné sur la droite, Ichigo fit juste rouler ses yeux dans sa direction pour voir qu'elle avait une expression choquée, la main toujours levée.
- Je… Je suis… Je ne voulais pas te gifler…, bafouilla-t-elle, les joues roses.
Ses perles cendrées se remplirent à nouveau de larmes.
- Je suis désolée, Ichigo. C'est juste qu'en un peu plus d'une semaine, j'ai appris que mon médecin est l'homme avec qui je partageais ma vie, que nous avons une maison et une longue histoire commune, que je devais faire un choix entre Uryuu et toi, et maintenant, il y a cet enfant dont je ne soupçonnais même pas l'existence, confessa-t-elle d'une voix éraillée. C'est beaucoup à encaisser après trois ans d'ignorance. ll y a tellement de sentiments qui se livrent bataille en moi que je ne sais pas… je ne sais plus…
Elle marqua une pause, le regard perdu, las et suppliant.
- Aide-moi. Aide-moi à comprendre, l'implora Orihime, son bras chutant à son côté.
Suggérer qu'elle était anéantie serait un euphémisme ridicule. On aurait dit qu'il suffisait de lui souffler dessus pour qu'elle s'effondre et ne se relève plus. Le roux comprit cela. Il la prit par les épaules et l'emmena en direction du canapé où ils s'assirent côte à côte. Ce n'était même pas la peine de lui proposer quelque chose à boire ou à manger, il savait qu'elle n'avalerait rien. Tout comme lui d'ailleurs.
Ils restèrent silencieux quelques minutes, les cheveux de la belle empêchaient le fils d'Isshin de lire son expression mais il vit nettement des larmes s'écraser sur le verre de la photo qu'elle avait posée sur ses genoux. Il la reconnut de suite, elle se trouvait à l'envers sur le manteau de la cheminée. Le cliché représentait Orihime enceinte de sept mois tout sourire appuyée le dos contre le torse d'Ichigo qui, comme elle, avait les mains sur son ventre bien rond, son visage baissé dans son cou.
- Tu te souviens du jour où cette photo a été prise ?
Elle hocha la tête.
- Oui, c'était avec Tatsuki chan, Rukia chan, Renji kun et Sado kun. Nous faisions un pique-nique dans le parc.
- Tu te rappelles d'eux ? constata-t-il avec un léger sourire.
La beauté auburn en revanche n'avait pas la moindre envie de sourire d'après son expression quand elle posa ses prunelles argentées sur lui.
- D'autres souvenirs ont refait surface il y a quelques jours. Mais comment puis-je me rappeler de mes amis et pas de mon propre… de mon propre fils qui porte en plus le même prénom que mon grand frère ?
- Je crois savoir pourquoi, Hime, dit-il doucement. Ça vient peut-être du fait que tu ne voulais pas de Sora au début.
Alors là, la pauvre était horrifiée.
- Q-Quoi ? J'ai rejeté mon enfant ?
- Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Tu es tombée enceinte à un moment disons… déterminant de ta vie. Tu étais sur le point d'achever tes études et d'ouvrir ta propre boulangerie. Tu n'étais pas certaine de pouvoir accorder du temps à ta passion et à notre enfant sans que ce dernier n'en souffre. Seulement moi, je désirais ce bébé alors j'ai assez vite dissipé tes doutes. Je suivais encore mes études de médecine mais nous avions déjà notre maison et papa nous aidait financièrement à cette époque, on pouvait s'en sortir.
- Je vois, se calma-t-elle sans cesser de caresser son ventre sur la photo. Quel âge a-t-il ?
- Quand tu es partie faire ton voyage, il avait pratiquement deux ans. Il va avoir cinq ans en août.
- Sora est donc né le mois séparant nos anniversaires à tous les deux, nous sommes même liés à ce niveau. J'ai néanmoins passé plus d'années hors de sa vie qu'à ses côtés.
- Tu peux encore arranger ça, Orihime, lui murmura Ichigo en lui pressant l'épaule.
Elle se figea soudain.
- Il avait deux ans quand j'ai fait ce voyage en France, dis-tu ? C'est un peu jeune pour se rappeler de souvenirs ayant eu lieu à cet âge et pourtant, il m'a reconnue chez ton père. Comment ça se fait ?
Le fils Kurosaki se leva en se frottant la nuque.
- Je lui ai parlé et montré des photos et vidéos de toi depuis qu'il est petit, en entrant dans les détails quand il a été en âge de comprendre.
La jeune femme regarda autour d'elle.
- De nombreuses photos sont pourtant retournées.
- Oui, approuva-t-il, le bras prenant appui sur le manteau de la cheminée, l'autre main dans sa poche. Certaines étaient trop dures à regarder chaque jour mais je ne pouvais pas t'oublier pour autant, Hime. Rien que voir notre fils me rappelait ta présence qui me manquait.
- … Lorsque tu m'as invitée à entrer ici le soir où toi et moi…
- Sora n'était pas là, non.
- Mais enfin, Ichigo, comment… ? débuta-t-elle, perdue.
- Je sais ce que tu vas me dire, la coupa celui-ci en lui tournant le dos. Quand tu as disparu en France, j'ai fait une dépression qui a duré de nombreux mois. Je n'étais plus moi-même et je ne me sentais plus capable de m'occuper de Sora à qui j'ai eu du mal à avouer que sa maman était peut-être…
Il se passa une main dans les cheveux avec une grimace. On sentait que ressasser tout ça lui faisait toujours beaucoup de mal.
- Papa s'est occupé de lui. Il a plus grandi à la clinique qu'ici -raison pour laquelle je ne t'y ai jamais emmenée- bien qu'il ait sa chambre à l'étage, et les deux fois où tu es venue me remercier ici, je ne t'ai pas proposé d'entrer car Sora était là, admit-il difficilement. Pour Sora, je suis resté en vie mais une part de moi était éteinte parce que tu n'étais plus là. C'était vraiment dur sans toi, de me dire que mon fils grandirait comme moi sans sa mère. Je savais qu'il avait besoin de moi mais je n'ai pas pu être autant présent qu'il le voulait. Ça ne fait que deux ans que Sora et moi tissons une vraie relation père-fils.
Ses orbes marron fixèrent le vide sans le voir. Des tas d'émotions s'y lisaient cependant.
- La troisième année de sa vie, j'étais peu présent. Je m'en veux mais je ne peux pas revenir en arrière alors aujourd'hui, je profite de lui. Par exemple, quand tu m'as invité à dîner le jour du départ d'Ishida pour l'Angleterre, tu m'as proposé de revenir le lendemain et j'ai refusé. En réalité, je n'avais pas prévu de voir mes soeurs mais de passer du temps avec notre fils.
Profondément touchée, Orihime posa le cadre sur la table basse, se leva et vint se placer derrière lui. Sans elle, le monde de l'homme qu'elle aimait s'était effondré, elle en prenait douloureusement conscience. Doucement, elle toucha l'épaule d'Ichigo qui se crispa.
- Je ne pensais pas que tu avais souffert à ce point.
- La souffrance que notre fils et moi avons ressentie après ta disparition ne peut même pas être définie en mots. Il te réclamait, Orihime, et moi aussi. Je n'ai pas pu lui apporter ce dont il avait si désespérément besoin.
Elle se mordit la lèvre.
- Je suis désolée.
A son ton très peiné et terriblement coupable, le roux pivota et attrapa son menton pour plonger dans ses profondeurs grises.
- Je ne t'ai pas parlé de Sora pour le protéger, je ne désirais pas qu'il sache que sa mère était malade, amnésique et en couple avec un autre homme que son papa, grimaça-t-il. C'est beaucoup trop à gérer pour un enfant de quatre ans, sa joie de te revoir s'en serait retrouvée altérée et je ne l'aurais pas supporté. Et aussi, je voulais que tu te rappelles de ton amour pour ton fils par toi-même et qu'on reforme une famille pour cette raison, dit-il sérieusement. Non parce que je t'aurais révélé une raison qui t'aurait forcée à rester peut-être contre ta volonté.
De grosses larmes coulèrent sur les joues de la demoiselle.
- Je ne serais pas restée contre ma volonté, Ichigo.
- Je sais, c'est pourquoi j'allais finalement tout t'avouer le jour où Ishida est revenu, mais tu m'en as empêché… Et puis Chad me l'a déconseillé.
- Je comprends, je ne t'en veux pas. Je ne t'en veux plus, je préfère avancer avec toi.
Il fronça les sourcils, sa main remontant vers sa joue qu'elle saisit.
- J-Je t'aime, souffla-t-elle sans rompre la connexion visuelle.
L'intéressé resta sans voix un instant.
- Tu… Mais Ishida ?
- On a rompu ou plutôt j'ai rompu avec lui cet après-midi, il vole actuellement vers l'Angleterre. C'est pour cette raison que je te cherchais partout, je voulais t'annoncer la nouvelle.
Le cœur du jeune homme se serra, son souffle se coinça.
- Orihime, commença-t-il, une main derrière sa nuque, l'autre sur sa taille, tu veux dire que…
- Oui, approuva-t-elle avec un vif hochement de tête. Mes sentiments pour toi étaient juste endormis et ont été entravés par ceux que j'éprouvais pour Uryuu. Seulement, ces derniers n'étaient pas aussi forts que l'amour que je ressens pour toi, pleura-t-elle. J'ai mis du temps à le comprendre mais j'y suis arrivée : tu es et as toujours été l'homme que j'aime, et ma vie est ici avec toi… avec vous.
Quelque chose céda en Ichigo qui ne sut que dire. Trois longues années qu'il attendait ce moment, pouvoir enfin serrer celle qu'il aimait dans ses bras avec l'espoir de reprendre leur vie là où ils l'avaient laissée. Il avait atteint le fond, pleuré, s'était senti extrêmement seul avec des pensées noires traversant son esprit, il avait cru mourir à petit feu avant de parvenir à remonter la pente et enfin, là, il y était à ce fameux sommet. Il y était en compagnie de la femme qu'il aimait et qu'il avait bien failli perdre à plusieurs reprises. Cette fois, il ne la laisserait plus s'éloigner de lui. Plus jamais.
Ichigo se pencha, frotta leur nez ensemble, tourna légèrement sa tête et appliqua ses lèvres sur les siennes. Les baisers d'Orihime avaient toujours été l'équivalent d'une drogue pour lui mais maintenant, c'était pire encore. Les mains sur ses joues humides, il traça la ligne de ses lèvres avec sa langue pour lui en demander l'accès qu'elle lui autorisa aussitôt. Ses petites mains agrippant son col, la princesse frissonna à cause de ce baiser plein de passion, d'amour et de soulagement. Ichigo tournoyait sensuellement sa langue autour de la sienne, glissait dans les coins de sa bouche et gémit faiblement lorsqu'elle répondit en retour. Ce baiser langoureux clôturait la page d'un chapitre néfaste de leur vie pour en commencer un autre qui débuterait sous un jour nouveau.
- Je peux regarder maintenant ?
Surpris, les deux adultes ouvrirent les yeux et se séparèrent afin de voir leur fils en pyjama, sa peluche lion sous le bras, debout à l'entrée du salon et se cachant les yeux avec ses paumes.
- Qu'est-ce que tu fais là, Sora ? l'interrogea son père, un bras autour de la taille d'Orihime.
Le petit écarta ses doigts, constata qu'il n'y avait plus de quoi rougir et se gratta la tête avec un sourire gêné.
- J'avais soif alors je suis descendu et j'ai entendu la voix de maman.
Le dernier mot fit chaud au cœur de la concernée.
- Ça y est papa, elle se souvient de moi ? questionna-t-il avec crainte.
- Et si tu lui demandais toi-même ? sourit-il.
Il fit un signe de tête à Orihime qui comprit et s'approcha de leur enfant. Celui-ci ne bougea pas, la regardant s'accroupir puis s'agenouiller devant lui avec un sentiment d'appréhension.
- Oui, je me souviens de toi, Sora, murmura-t-elle avec un sourire, les yeux remplis d'eau.
Elle leva une main pour lui caresser les cheveux et la joue.
- Tu es mon petit Sora chan, mon fils adoré.
Ce dernier eut les larmes aux yeux à son tour mais son large sourire dominait.
- Alors tu es vraiment de retour et tu vas rester avec papa et moi maintenant !? supposa-t-il, plein d'espoir. J'ai tellement voulu avoir une maman comme les copains, ajouta-t-il tristement. Papa était triste quand tu n'étais pas là et moi aussi…
- J'ai des tas de choses à te raconter comme les raisons de mon absence, mais oui, je vais définitivement rester avec ton papa et toi, lui jura sa maman, émue.
D'abord immobile, son fils finit par lui sauter dessus et l'enlaça fortement, le visage dans son cou.
- Tu ne partiras plus jamais, tu promets ?
- Je le promets, affirma la belle en sanglotant sur sa petite épaule, ses mains caressant son dos.
En retrait, Ichigo ne put nier qu'il était touché de voir cette scène dont il avait tant rêvé. Il les laissa profiter l'un de l'autre un moment avant d'intervenir.
- Va boire de l'eau et retourne te coucher, Sora. Tu as école demain.
- Oh, papa…, débuta-t-il, sa main dans celle de sa mère. Maman, dis-lui que je peux rester à la maison avec toi demain, la supplia-t-il avec des yeux de chiot.
- Eh bien…
- Ne tombe pas dans son piège, Orihime, l'avertit-il. Il tire cette tête à chaque fois qu'il veut quelque chose qu'il ne peut pas obtenir. Encore un truc que tu lui as transmis...
- Mais Ichigo…, commença Orihime avec la même tête que Sora.
- Demain on est jeudi, je tiens à ce qu'il aille à l'école pour les deux jours qui reste et puis tu seras là quand il rentrera, ne céda-t-il pas.
Cela donna une idée à la déesse.
- Sora chan, je pourrais t'emmener et venir te chercher à l'école demain si tu veux ?
Le visage du garçon s'éclaira comme le soleil.
- Vraiment ? Ce serait super !
- C'est donc réglé, soupira Ichigo en se grattant la tête. Allez, au lit maintenant.
Sora fila avaler son verre d'eau avant de traîner sa mère dans sa chambre. De nouveau sous ses draps, il la fixa avec émerveillement tandis qu'elle prenait place à ses côtés.
- Tu as vraiment des beaux cheveux, dit-il en glissant ses mains dans la longue chevelure de feu. Aussi jolis que papa me l'a dit et tu es belle comme sur les photos.
- Merci, rosit-elle. Les tiens sont pas mal du tout également.
- Hum ! J'ai les cheveux de papa ! dit-il fièrement. Les mamans de mes copains m'ont dit que je serai aussi beau que lui quand je serai grand, mais on a les mêmes yeux toi et moi. J'ai un peu de papa et de toi, pouffa-t-il de rire.
Orihime remonta ses couvertures jusqu'à son cou et plaça sa peluche près de son oreiller. Elle se souvenait que son grand frère la lui avait achetée quand elle était petite, et qu'elle l'avait donnée à son fils peu après sa naissance. Pour tout dire, ça la touchait de voir qu'il l'avait conservée.
- J'ai hâte d'être demain matin, marmonna Sora en se frottant les yeux. J'ai parlé de toi aux copains mais là, ils verront que j'ai la plus belle maman de l'école.
Ce petit devait avoir hérité de son père à ce niveau car une fois encore, elle sentit ses joues se colorer.
- J'ai hâte aussi, je t'avoue être surprise de constater que tu es déjà si proche de moi.
C'est vrai, son fils n'avait aucun souvenir d'elle. C'était dur mais elle était comme une inconnue pour lui. Sora dévia son regard gris sur sa table de chevet ou reposait un cadre montrant sa maman souriante dans la cuisine occupée à faire un gâteau apparemment, de la farine sur le visage, et un autre cadre sur sa commode représentait ses deux parents l'un dans les bras de l'autre, tempe contre tempe.
- Papa m'a toujours parlé de toi et j'ai grandi entouré de photos et vidéos de toi. Alors c'est un peu comme si tu avais toujours été avec nous, maman.
Quel enfant mature et heureux en dépit des épreuves traversées à un âge si jeune. Ne sachant quoi répondre, elle se pencha et lui baisa la joue.
- Bonne nuit, Sora chan, lui chuchota-t-elle.
- Bonne nuit, maman, répliqua-t-il d'une voix endormie.
- A demain matin, bonhomme.
Elle éteignit la lumière, se leva doucement et quitta la chambre en refermant sans bruit. En errant dans le couloir éclairé, Orihime réalisa qu'elle était passée devant la chambre de son fils sans le savoir durant son exploration la dernière fois, et elle put maintenant voir toutes les photos qu'elle n'avait pu distinguer ainsi que le plus grand cadre au-dessus d'un meuble près de la fenêtre. Il la montrait assise de profil sur une chaise, tenant Sora nourrisson dans ses bras tandis qu'Ichigo était accroupi près d'eux, une main sur son épaule, l'autre tenant la minuscule main de leur fils. Les yeux de nouveau humides, la jeune femme tendit le bras pour caresser le cliché soulevant d'autres souvenirs dans son esprit.
- Cette photo est notre préférée, elle a été prise une semaine après la naissance de Sora. C'est notre toute première en famille et c'est pourquoi on l'a faite agrandir.
Orihime n'eut pas le temps de se retourner que deux bras serpentèrent autour de sa taille et qu'un menton se posait sur sa tête.
- Sora t'aime beaucoup à ce que j'ai pu voir, continua Ichigo en lui caressant le ventre.
- Oui, j'en suis toujours surprise parce qu'il ne me connait pas.
- Tu es sa maman, Hime. Il t'a toujours aimée et il ne pourrait en être autrement. Tout ça prouve seulement qu'il y a bien un lien entre une mère et son enfant.
Il lui baisa le sommet de la tête avant de l'entraîner dans leur chambre d'où provenait la seule source de lumière maintenant le couloir éteint, et referma derrière eux. Les iris d'Orihime se posèrent instantanément sur l'immense lit et ses joues chauffèrent. Elle secoua la tête et se tourna vers Ichigo mais c'est une autre question que prévu qui franchit ses lèvres. De toute évidence, lui, ne songeait pas à leur fabuleuse nuit passée ensemble. Ou peut-être que si.
- I-Ichi, qu'est-ce que tu fais ? bégaya-t-elle, les joues en feu.
Torse nu, il acheva de retirer son pantalon pour ne conserver que son boxer.
- Comment ça ce que je fais ? Ça ne se voit pas ?
- Euh, si mais… euh…
Sa gêne l'amusa.
- Tu m'as déjà vu sans vêtement et plus d'une fois, Orihime.
- Je… Je sais ! s'emmêla-t-elle en regardant ailleurs. C-C'est simplement que…
- Viens avec moi.
Il lui prit la main et l'emmena dans la salle de bain attenante à leur chambre. Là encore, il les enferma. Collée à la vitre de la douche, la beauté auburn attendit. Oh, il avait un corps véritablement parfait : ses larges épaules, sa poitrine tonique, ses bras musclés juste comme il faut, ses hanches étroites, ses abdominaux visibles, ses longues jambes… Elle frissonna en le voyant revenir vers elle, l'observer avec des yeux chauds caractéristiques et placer une longue mèche derrière son oreille.
- Je veux juste passer un moment avec celle qui m'a manqué durant des années, lui chuchota-t-il en lui baisant le front.
Orihime s'apprêta à répliquer seulement sa bouche couvrit énergiquement la sienne. Elle couina en sentant la langue d'Ichigo se frayer rapidement un chemin à l'intérieur comme pour revendiquer tout ce qu'elle avait à offrir après avoir craint de ne plus jamais la tenir ainsi dans ses bras. Il déboutonna son chemisier bouton après bouton et le fit lentement descendre sur ses bras fins. Tout en ravageant ses lèvres, il déboucla sa ceinture, se chargea de sa braguette puis recula pour immerger ses iris bruns dans les siens aveuglés par une passion semblable.
Souriant légèrement à cela, Ichigo plaça ses mains au niveau de sa taille et glissa le pantalon ainsi que sa culotte le long de ses jambes en restant attentif à ses réactions. Orihime se tortillait, aimant à l'évidence ça et quand le tout atteint ses chevilles, elle s'avança d'elle-même et lui donna un baiser enflammé. Ça lui avait tellement manqué à elle aussi. Sentir sa peau contre la sienne, la force de ses baisers exigeants, ses caresses brûlantes traçant un sillage sur leur chemin…
- Ichigo…
Il abandonna ses lèvres pour son cou, ses doigts se baladant dans son dos à la recherche du fermoir du soutien-gorge qu'il dégrafa d'un simple geste. Le dernier vêtement la recouvrant rejoint les autres au sol et elle baissa ses mains pour lui retirer son boxer. Le jeune homme entièrement nu également sourit contre sa peau douce et alla embrasser son épaule qu'il mordilla avant de dévier vers sa clavicule qu'il lécha. La princesse se cambra contre lui, ses mains dans ses cheveux hérissés.
Lorsqu'il appuya sur ses fesses pour les rapprocher intimement, elle gémit et rougit fortement quand son bassin s'aligna avec le sien. Curieuse, elle baissa les yeux et sa tête faillit fumer. Il était si… grand. Elle se lécha les lèvres sans détourner le regard et ignorant que sa réaction amusait l'homme de sa vie. Le fils Kurosaki était conscient que la nature l'avait doté d'un corps pouvant en faire craquer certaines, et la réaction de sa Hime n'était pas nouvelle. Alors s'il continuait à lui faire de l'effet avec des parties de son anatomie après toutes ces années, il ne pouvait en être que fier.
Il entra dans la douche avec elle, coulissa la porte vitrée et ajusta l'eau à bonne température. La jeune femme se trouvait dans l'un des coins, dos à lui. Hum… en dépit de ce qui s'était passé entre eux, elle continuait à éprouver de la timidité. Très bien, autant y aller doucement pour commencer. Ichigo attrapa l'un des gants de toilette, l'imbiba de gel douche et s'approcha d'elle en passant un bras autour de sa taille, son torse contre son dos. Avec l'autre main, il savonna son estomac, ses bras, son ventre plat et enfin, ses cuisses. Orihime frissonna tout du long, la lèvre prise entre ses dents tant les sensations étaient exquises.
Voyant qu'elle appréciait cela d'après les petits miaulements qu'elle ne parvenait pas à contenir, le jeune médecin souleva ses longs cheveux flamboyants pour nettoyer son dos puis posa le gant. Les yeux clos, la belle se perdait dans cette vapeur et ce déluge de sensations, aussi ne remarqua-t-elle pas tout de suite ce qu'il avait en tête. Elle sursauta légèrement en sentant un liquide froid sur son sein droit puis sur le gauche. Avant qu'elle ne puisse dire un mot, les mains d'Ichigo se posèrent sur chacun d'eux et les massa doucement en les faisant mousser. Un gémissement quitta les lèvres de la déesse qui enfonça inconsciemment ses fesses contre sa virilité dressée, ce qui le fit gémir à son oreille. La tête tombant sur sa solide épaule, Orihime profita du traitement fort agréable dont elle bénéficiait.
Ichigo pencha la tête afin qu'ils soient tempe contre tempe et regarda ses mains en mouvement tout en balançant rythmiquement ses hanches contre ses fesses. Il pressait, caressait, pétrissait sa poitrine avec autant de douceur que possible. Au bout d'un moment, il pinça les extrémités avant de les tordre sans lui faire mal. Un cri de plaisir résonna dans la douche et Orihime ne put empêcher ses petites mains de venir recouvrir les siennes.
- Ichigooo ~
Ce dernier festoya dans son cou, baissa une main pour tracer des cercles sur son ventre et alla se perdre dans sa féminité. Être simultanément excitée sur ses seins et via son intimité incita Orihime à pivoter, l'embrasser et…
- Hime, qu'est-ce… ? Aah !
…le saisir à son tour. Certes, elle rougissait un peu mais tenir l'excitation de l'homme qu'elle aimait lui donnait l'impression d'être en position de force et lui, de faiblesse. Vraiment puisqu'il recula contre le mur carrelé par crainte de tomber et lorsqu'elle commença à pomper sur lui, son visage se contorsionna dans le plaisir le rendant encore plus beau qu'il ne l'était et ses lèvres s'ouvrirent pour laisser passer un cri traduisant sa béatitude.
- O-Orihime…
Celle-ci se dressa sur la pointe des pieds sans ralentir sa main, l'autre reposant sur son épaule et grignota son lobe d'oreille.
- Si je me souviens bien, c'est comme ça que ça a commencé le jour de la conception de notre fils, pas vrai ?
Le roux souleva ses paupières lourdes pour lui lancer un regard vitreux obscurci par le désir.
- Oui… en effet.
- Um…
Avec un sourire sexy qui lui fit rater un battement, Orihime s'aventura dans son cou, lécha sa gorge et suça un point qu'elle savait extrêmement sensible à cet endroit. Elle gagna un cri supplémentaire tandis qu'il saisissait sa hanche.
- Hime.
- Oui ?
- J-Je vais…
- Je sais, Ichi, alors ne te retiens surtout pas.
Sur ces mots et sans cesser de mordiller son point érogène, elle pressa son membre avant d'accélérer le mouvement. Ensuite, elle descendit baiser son torse et jouer avec ses tétons qu'elle lécha et roula entre ses doigts. C'en fut trop pour Ichigo qui tenta de résister, en vain à en juger par ses hanches allant et venant dans sa main. Le corps bouillant malgré l'eau de la douche, il atteint bruyamment son apogée en se laissant totalement aller et éclaboussant celle qu'il aimait de sa semence chaude. Cette dernière sourit, continuant de le masser dans le même rythme jusqu'à ce qu'il se calme, ce qui prit un certain temps car il n'envoya pas qu'une giclée. Ichigo lui-même ne se souvint pas avoir jamais ressenti un orgasme aussi puissant mais il en connaissait l'origine. La respiration erratique, ses jambes tremblaient et il dut tenir d'une main le mur glissant pour rester debout.
- Eh bien, il semble que tu aies beaucoup contenu en toi, Ichigo, le taquina-t-elle, les joues roses.
Sa tête rousse se prélassant mollement contre le mur, sa prise sur son corps en courbes ramollissant, il parvint à stabiliser ses iris dilatés sur elle, le souffle court.
- Je crois… que ça vient du fait que je partage ce moment avec toi. Avec toi qui as retrouvé une grande partie de ta mémoire et tes sentiments pour moi, ça a débloqué quelque chose en moi.
- Oui, je vois ça et tu as des réserves apparemment, rit-elle en pressant son membre partiellement dur avant de le lâcher.
Ichigo s'empourpra à son tour mais ne se laissa pas avoir. Retrouvant progressivement l'usage de ses jambes, il parvint à attirer sa Hime contre lui pour l'enlacer fermement sous le jet de la douche.
- Bon retour chez nous, Orihime.
Elle ferma les yeux, laissant ses mots couler en elle. Ils profitèrent l'un de l'autre encore un quart d'heure avant de se décider à sortir pour se sécher et s'habiller.
Ichigo avait conservé tous ses vêtements (ainsi que ses parfums, ses bijoux…) donc Orihime n'eut aucun mal à trouver une tenue pour passer la nuit. Son choix se porta sur une nuisette mi-cuisse jaune en dentelle noire. Quand elle fut fin prête, elle trouva son roux en t-shirt et caleçon dans le lit lui faisant signe. Elle ne se fit pas prier et bondit presque littéralement vers lui, lui vola un baiser et se servit de son torse comme oreiller pendant qu'il entourait sa taille d'un bras, son autre main caressant ses longs cheveux humides.
Nul mot n'avait besoin d'être prononcé en cet instant. Avant de s'endormir, Orihime se dit qu'elle ne s'était jamais sentie aussi complète et comblée sur tous les plans depuis plus de trois ans.
{ … }
Les jours puis les semaines passèrent. Elles se résumaient toujours de la même manière pour Orihime : joyeuses, merveilleuses et harmonieuses. Elle était parvenue à tisser un lien avec son fils, renouer avec son amour pour Ichigo, partager des moments complices avec son beau-père ainsi que ses belles-sœurs, quatre-vingt-dix pourcent de sa mémoire lui était revenue et elle avait repris son travail à sa boulangerie tenue par son assistante en son absence.
En ce dimanche en fin d'après-midi plutôt ensoleillé, Hime rentrait à la maison après avoir fait quelques courses dans un magasin ouvert 24/24 et 7/7. A peine rentrée qu'elle se livra à son petit rituel quotidien qui consistait à enlever ses chaussures et faire savoir aux deux hommes de sa vie qu'elle était de retour.
- Ichi kun, Sora chan, je suis rentrée !
La belle alla dans la cuisine située à gauche de l'entrée, posa ses courses sur le comptoir puis se rendit au bas des marches, les yeux sur l'étage.
- Ichigo ? Sora ? Vous êtes là ?
Aucune réponse, pas le moindre bruit. Elle se gratta la tête tout en se dirigeant vers le salon, la moue confuse.
- Ils seraient sortis tous les deux ? Je sais que Sora chan voulait que son papa l'accompagne au stade jouer avec ses copains, ce serait aujourd'hui ?
Appuyée contre la porte du salon, les bras croisés, la beauté auburn ne regardait rien de particulier, toujours dans ses pensées.
- Ils me l'auraient dit et j'aurais oublié ? Um, ça m'étonnerait… Ou alors…
- SURPRIIIIIIISE !
Orihime manqua de faire un arrêt cardiaque en voyant des corps émerger derrière ses meubles.
- Q-Qu'est-ce que… ? bredouilla-t-elle, choquée.
Devant elle se tenaient ses amis de toujours.
- T-Tatsuki chan, Rukia chan, Renji kun et aussi Sado kun !
Des larmes ne tardèrent pas à ruisseler sur son visage tandis qu'elle se faisait fortement enlacer par Tatsuki qui demeurait sa meilleure amie, puis par Rukia. Elle fut surprise, mais Renji et Chad lui accordèrent également une étreinte alors que ce n'était pas vraiment leur genre. Tous étaient habillés comme s'ils se rendaient à une soirée chic : Rukia portait une élégante robe violette courte à bretelles allant à merveille avec ses yeux, Tatsuki une jupe noire jusqu'aux genoux sous une chemise beige légèrement déboutonnée, et les garçons un costume classique couleur crème pour Sado et marron clair pour Renji mais sans la veste -il faisait chaud faut dire. Orihime s'étonnait de ne pas voir sa belle-famille mais était contente malgré tout.
- Tout le monde… qu'est-ce que vous faites là ? pleura-t-elle encore. Vous m'avez tellement manqué, si vous saviez !
- Tu nous as aussi manqué, Orihime, déclara Tatsuki émue également et fermement accrochée à son bras. On a voulu te rendre visite plus tôt mais on a préféré te laisser profiter de ta petite famille.
- Oh, c'est très gentil…
- Oui mais maintenant qu'on se retrouve enfin, on ne va plus te lâcher ! s'écria joyeusement Rukia en attrapant sa main dans la sienne. Avec Tatsuki, on a prévu des tas de choses pour nous occuper entre filles dès la semaine prochaine !
- J'ai hâte d'y être ! se réjouit la princesse en séchant sous ses yeux.
- On est vraiment contents de te revoir, lui lança Sado avec un grand sourire. Tu illumines cette maison, Inoue.
- Il a raison, approuva Renji en se grattant la nuque. Tu es la petite touche de douceur qui nous manquait.
- M-Merci beaucoup, les remercia la complimentée, les joues roses.
- Une minute ! Tu sous-entends que je suis dépourvue de douceur ? questionna Rukia à l'adresse de son copain qui recula par instinct de survie en levant les mains à cause du regard féroce qu'elle lui jetait.
- Nan, Rukia. Ce n'est pas ce que…
- Menteur !
- Aïe ! Arrête de me frapper puisque je te dis que tu es douce mais moins qu'elle, c'est tout…
- Tu t'enfonces, Abarai Renji !
Tatsuki roula les yeux, Chad se contenta de boire sa boisson alors que la beauté auburn pouffait de rire : ça faisait du bien de retomber dans les vieilles habitudes.
- Tu es vraiment magnifique, Orihime.
- Tu trouves, Tatsuki chan ? Je ne porte rien d'extraordinaire pourtant, vous êtes tous bien plus jolis que moi.
Cette dernière secoua la tête avant de lui caresser la joue avec un sourire.
- Non, je parle de ta beauté naturelle et de ton teint. Tu respires la santé et tu sembles très heureuse. C'est en partie à Ichigo que je le dois.
Sa meilleure amie lui sourit en retour, la serra à nouveau contre elle puis recula.
- J'ai beaucoup de choses à vous raconter mais pour le moment, je veux juste profiter de vous tous. Où sont Ichi et Sora chan d'ailleurs ?
- Je suis là, maman !
Celle-ci pivota et se fit aussitôt enlacer au niveau de la taille.
- Sora chan, tu es si beau !
Il décolla son visage de son ventre pour lui sourire de toutes ses dents. Lui aussi portait un costume mais noir avec un nœud papillon bien attaché au col de sa chemise blanche. Elle remarqua aussi qu'il avait essayé de peigner ses cheveux sauf qu'à l'image de ceux de son père, c'était peine perdue.
- Merci ! Pépé Isshin n'est pas là ?
- Non, tes tantes non plus d'ailleurs…
- Ils ne vont pas tarder, conclut-il.
- Où est ton papa ? lui demanda-t-elle en ébouriffant sa touffe orange tout en cherchant des yeux l'homme faisant battre son coeur.
Son fils lui fit signe de se pencher avec son petit doigt, ce qu'elle fit.
- Monte dans votre chambre, lui chuchota-t-il à l'oreille.
Là-dessus, il l'embrassa sur la joue avant de filer ailleurs.
- Tonton Renji ! cria-t-il en fonçant sur le mentionné. Tu m'as promis de m'emmener faire un tour en moto, c'est toujours d'accord, hein ?
Orihime regarda Renji soulever son enfant, lui murmurer sa réponse qui fit exploser de joie le petit garçon. Se rappelant ce qu'il venait de lui dire, elle s'excusa auprès de ses amis et monta donc au premier. C'était beaucoup plus calme qu'en bas.
- Ichigo ? appela-t-elle en traversant le couloir.
La porte de leur chambre fut rapidement visible.
- Ichi kun ? Tu es l… ?
Elle se figea à l'entrée de leur chambre à coucher. Il n'y avait personne mais une somptueuse longue robe rouge sang à fines bretelles et brodée de petites fleurs noires sous la poitrine l'attendait de toute évidence sur le lit. Ses escarpins écarlates étaient posés à côté du tapis.
- Oh Kami sama, elle est magnifique ! s'extasia Hime en la prenant dans ses mains.
N'apercevant son Ichi nulle part pour le moment, la déesse fila dans leur salle de bain essayer ce sublime cadeau et bien sûr, c'était exactement sa taille. Elle dut le reconnaître elle-même en s'observant dans le miroir : elle ressemblait à une vraie princesse.
- Tu es très belle, s'éleva une voix derrière elle.
- Ichigo kun.
Décidément, ils s'étaient bien passé le mot car lui aussi avait opté pour un costume couleur champagne mais avait gardé la veste. Orihime le trouva irrésistiblement beau et sexy, tellement fascinée par lui qu'elle ne le vit pas vraiment s'approcher. C'est le doux baiser sur ses lèvres qui la ramena sur terre.
- A quoi tu penses ? dit-il en frottant son nez avec le sien.
Elle rougit sous l'intensité de son regard ambré.
- Tu… Tu es très beau, articula-t-elle dans un souffle. Sexy même.
Il lui adressa un sourire à faire fondre, lui vola un baiser puis lui prit la main pour l'emmener hors de la chambre avec lui.
- Pour quelle occasion m'as-tu offert cette robe sublime ? l'interrogea-t-elle dans l'escalier. Um ? Où tu m'emmènes ? ajouta-t-elle en constatant qu'ils empruntaient la direction opposée à celle du salon.
Le roux ne dit rien, se contentant de lui lancer un regard mystérieux. Perplexe mais n'ayant rien à craindre de toute façon, Orihime se laissa tout simplement guider… dans le jardin.
- Oh, toi et Sora chan vous avez…
- Oui. Papa, Yuzu et Karin nous ont aussi aidés.
Orihime observa avec émerveillement leur grand jardin à présent bien entretenu. Lors de son retour il y a quelques mois, il était en friche puisque son petit ami et médecin n'avait pas eu le coeur de l'entretenir à sa place. A présent, des buissons, des fleurs, des massifs rivalisant de couleurs et de formes occupaient une bonne partie de l'espace, l'herbe était plus verte que jamais et quelques papillons volaient ici et là. Un cerisier s'épanouissait même dans le fond. Orihime aimait énormément son jardin qu'elle se souvenait avoir limite dorloté dans le passé. Quand elle avait émis le souhait de reprendre cette tâche, Ichigo le lui avait refusé et maintenant, elle comprenait pourquoi.
- Vous avez fait un excellent travail.
- Je suis content que ça te plaise.
Il se plaça devant elle et caressa sa joue pour capter à nouveau son attention.
- Hime, je ne t'ai pas emmenée ici uniquement pour que tu vois ça.
Cette dernière fronça ses délicats sourcils.
- Alors pour quoi d'autre ? Tu as fait venir nos amis, restauré notre jardin et tu m'as offert cette robe. Que pourrais-je vouloir de plus ?
Ichigo se frotta le cou. Elle reconnut là le geste signifiant qu'il était mal à l'aise.
- C'est plus moi qui désire quelque chose d'autre en fait.
- Un autre bébé ?
- Hein ? s'étouffa-t-il presque. Non ! Enfin, pourquoi pas mais… enfin, ce n'est pas le sujet pour l'instant.
- Quel est le sujet alors, Ichi kun ? Tu parais stressé, dit-elle en le regardant avec inquiétude, la main sur son front.
Le jeune homme inspira et saisit doucement sa main pour l'abaisser entre eux, ses yeux dans les siens.
- Il y a un truc que tu ignores, commença-t-il. A ton retour de France, j'avais prévu de te demander quelque chose.
- Quoi ?
Le fils Kurosaki fouilla dans sa poche avec sa main libre et en sortit un écrin rouge. La belle en eut le souffle coupé. Il pressa doucement sa main avant de la lâcher pour ouvrir la petite boîte. Trois ans. Trois interminables années qu'il rêvait de lui dire en face ses prochains mots, aussi sortirent-ils sans effort et débordant d'une sincérité touchante. Ces détails n'échappèrent pas à la femme qu'il chérissait dont le coeur se serrait dans l'anticipation.
- Je t'aime, Orihime. Et je sais que toi aussi, tu n'as cessé de me le répéter depuis que tu es revenue habiter ici avec Sora et moi, rit-il légèrement. J'aimerais souder notre famille et te garder toujours auprès de moi. Alors… Inoue Orihime, acceptes-tu de m'épouser ?
Orihime avait la gorge sèche mais les yeux extrêmement mouillés. Le corps parcourut de frissons, elle sentit parfaitement ses larmes glisser sur son joli visage pour s'éclater sur son généreux décolleté.
- Oui, sanglota-t-elle, la main tendue. Je veux bien me marier et lier mon existence à la tienne, Ichi.
Le sourire plus large, le chanceux lui passa la bague -qui lui allait à merveille- et un papillon vint se poser sur le diamant. Ils pouffèrent de rire.
- On dirait bien que notre mariage est approuvé, plaisanta-t-il.
- On dirait, oui.
Sur quoi, elle l'incita à se pencher et lui donna un doux et chaud baiser, ses doigts derrière sa nuque.
- Je t'aime aussi, Ichigo, lui chuchota-t-elle sur les lèvres.
Il lui baisa le front avant de reprendre sa main nouvellement décorée.
- Allons annoncer la bonne nouvelle à nos amis.
A peine poussa-t-il la porte donnant accès à l'intérieur qu'une chose semblable à un boulet humain faillit le renverser.
- Je suis si fier de toi mon fils !
- Bordel de... ! PAPA !
- Tu l'as fait ! Tu as enfin demandé à cette déesse de faire officiellement partie de la fabuleuse famille Kurosaki ! pleura son vieux sur son épaule. Oh, quand je vais dire ça à Masaki…
- Lâche-moi ! rugit son fils en l'expédiant dans un buisson. Putain, tu changeras jamais ! J'ai emmené Orihime ici pour lui demander sa main sans aucun témoin pour avoir un minimum d'intimité, mais il a fallu que tu écoutes !
- J'ai aussi entendu le passage de la venue de votre prochain enfant, s'enfonça son paternel en revenant près de lui à toute vitesse, les sourcils agités et le sourire niais.
- T'es là depuis le début !?
- Quand comptes-tu t'entraîner puis t'y mettre sérieusement au juste, fiston ?
- VA MOURIR DANS UN COIN ! hurla l'intéressé en lui donnant un immense coup sur la tête, les oreilles rouges. J'arrive pas à croire que tu aies pu devenir médecin, tu devrais te faire soigner au lieu de soigner les autres, bordel !
Orihime qui avait rougi à la scène finit par éclater de rire.
- Ta robe est très belle, Orihime chan.
Elle pivota vers l'entrée.
- Yuzu chan, Karin chan ! s'exclama-t-elle, ravie.
La première portait une robe rose pâle, la seconde une jupe bleu marine et un top blanc imprimé. Sans attendre, la princesse les serra fortement dans ses bras.
- Je m'étonnais de ne pas vous voir !
- On aurait pu arriver avant mais le vieux bouc était si excité qu'il conduisait comme un dingue, soupira Karin, les bras sous sa poitrine.
Ses cheveux bruns étaient élégamment relevés en un chignon bien fait. Sa sœur jumelle avait choisi de porter sa chevelure châtain détachée mais agrémentée d'un joli bandeau.
- Il a fallu un certain temps pour lui faire arrêter la voiture, le jeter sur la banquette arrière et que je prenne moi-même le volant histoire qu'on arrive ici en un seul morceau.
- Je vois…
- C'est juste que papa sentait qu'il allait se passer quelque chose et il a toujours aimé te rendre visite, Orihime chan, lui sourit Yuzu. Sans oublier Sora chan avec qui il jouait dans le salon avant de venir vous rejoindre.
- Espionner, corrigea son frère toujours remonté.
Sa future femme répondit au sourire de sa sœur avant de se pencher pour remettre son beau-père sur ses pieds.
- Vous allez bien, Isshin san ? s'assura-t-elle.
- Oui, oui ! A merveille !
Pour le lui prouver, il la serra dans une éteinte d'ours.
- Je suis fier de te compter officiellement comme un membre de ma famille, Orihime chan. Merci de rendre mon fils unique si heureux, déclara-t-il tout bas de sorte qu'elle seule l'entende.
Répondant à son étreinte, Orihime laissa ses paroles se diffuser en elle, la tête sur son épaule.
- Merci beaucoup. Et ne vous en faites pas, je compte rendre Ichigo heureux jusqu'à mon dernier souffle, lui promit-elle à voix basse également.
- C'est bon, tu peux la lâcher maintenant ! grogna le roux qui ne tarda pas à les séparer.
- Jaloux de ton propre père et toujours si peu enclin à partager, marmonna une voix traînante.
- Tais-toi, Karin, rosit-il. Allez, retournons à l'intérieur, ordonna-t-il sèchement, un bras autour de la taille de sa fiancée.
Isshin et ses filles partirent devant, laissant le jeune couple derrière.
- On nous accorde une autre chance, Ichi, dit Orihime, ses bras fins l'entourant aussi, sa joue sur sa poitrine dure. On ne doit pas la gâcher.
- On ne la gâchera pas parce que cette fois, on restera ensemble, répondit-il en lui baisant la racine de ses cheveux.
La beauté auburn leva son visage vers lui, gagnant ainsi un baiser lent et légèrement passionné. Son Ichigo avait cette lueur dans son regard qui était apparue la première fois qu'elle l'avait revu à l'hôpital, et il pensait pareil à son sujet. Ses océans gris scintillaient et ils se jurèrent intérieurement de tout faire pour entretenir la flamme de l'autre. Après avoir échangé un sourire, ils entrèrent enfin dans leur maison accueillante et confortable qui ne tarda guère à avoir du mal à contenir les effusions de joie.
Ils avaient vécu quatre ans tous les deux avant d'être séparés durant trois longues années marquées de souffrances et d'incertitudes. Aujourd'hui, ce qui était sûr, c'est qu'ils passeraient le reste de leur vie ensemble et ne se sépareraient plus jamais, décidés à préserver leur chance et leur bonheur.
OOOOOOOOO
The end ! Aah, je suis contente d'avoir achevé une fic de plus ici surtout que j'aime beaucoup celle-là ! ^^ Je remercie tous ceux qui l'ont suivie, particulièrement les lecteurs qui m'ont donné leurs avis ! =) En postant cette fic UA, je ne pensais pas qu'elle plairait autant mais je me suis trompée, et j'en suis ravie. Merci encore !
Je travaille sur une autre fanfiction IchiHime, je posterai le chapitre 1 quand je l'aurai avancé. A bientôt ~ !
