Intérieurement, elle jubilait, gloussais et souriait bêtement. Heureusement, elle contrôla son corps et se contenta d'un:
- Merci.
Puis, elle se tourna vers le tableau morbide que formait la scène de crime. Elle tremblait un peu. Elle se força à se concentrer sur ce qu'elle voyait et pas sur les paroles d'un certain détective consultant.
- Si mon analyse est bonne, je pense que vous devriez chercher un professeur d'histoire ou d'art. Ça me semble être une bonne piste.
Lestrade adressa un regard interrogateur à Sherlock.
- Faites ce qu'elle dit, Lestrade. Essayer de trouver un prof dans ses connaissances. D'après la hauteur a laquelle M. Chang est suspendu, je dirais que le meurtrier est de grande taille. 1m90 environ et c'est un homme. Une femme n'aurait pas du la force de soulever un homme de la corpulence de la victime. John, Kay, on y va. Textez moi quand vous autre du nouveau, Lestrade.
Et il tourna le dos au DI, les deux cousins à sa suite.
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- Je ne savais pas que tu t'y connaissais autant en art tribale et en chamanisme, lança John lorsqu'ils pénétrèrent dans leur appartement.
Kelly-Ann sourit au docteur en s'asseyant sur le fauteuil de ce dernier. Un de ses sourcils roux était relevé, lui donnant un air ironique.
- John... je suis sortie première de ma promo à la fac d'art, avec option restauration d'oeuvres, et mon père - ton oncle, je te le rappelle - est un historien spécialisé dans l'histoire amérindienne. Heureusement que j'ai su reconnaitre ça ! Je me serais fait honte à moi-même sinon.
- Et tes chevilles, elles vont comment, la nargua-t-il en allant à lui cuisine faire du thé.
- J'ai un peu de mal à passer les portes mais ça va, merci.
- Crâneuse.
- Vieillard.
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Kay se pencha par-dessus l'épaule de son cousin et fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu fabrique ?
- Je poste un article sur mon blog.
Elle haussa un sourcil.
- Tu as un blog ?
- Oui, et il prend un temps ridiculement long pour partager à des idiots mes enquêtes alors que c'est la chose la plus stupide au monde, débita Sherlock depuis la cuisine où il était en train de tester le temps d'évaporation de l'eau présente dans le corps après la mort - Kay ne préféra pas savoir où il avait trouvé cette main coupée.
John leva les yeux au ciel.
- Tu est juste irrité parce que j'avait posté que tu étais ignorant, et juste agacé parce que tu sais parfaitement que c'est grâce aux plus de 1895 d'idiots que nous payons nos loyers et notre nourriture.
Le détective eut un rictus qui amusa Kelly-Ann.
- N'importe quoi, gronda-t-il.
La porte de l'appartement claqua, Kay se retourna pour voir la Irène-la-conseillère-conjugale-Adler. Elle portait plusieurs sacs de magasins de luxe. Des qu'elle vit la jeune artiste, elle désigna de la tête l'escalier menant à la chambre de John et s'y engouffra elle-même. Kay supputa qu'elle attendait d'elle qu'elle monte et abandonna son cousin et Sherlock pour rejoindre La Femme. Elle trouva la dominatrice en train de sortir tout un tas de vêtements des sacs et ferma la porte derrière elle.
- Vous avez besoin d'un avis extérieur pour des tenues ? l'interrogea-t-elle.
- Non, bien sûr que non. Tout ceci est pour vous, Kay.
Irène avait l'air très fière d'elle lorsqu'elle vit la tête de trois pieds de long que tirait le jeune femme.
- Pourquoi faire ? J'en ai des vêtements !
Elle essaya de ne pas se vexer lorsqu'Irène regarda son T-shirt a l'effigie d'un groupe de metal et son jean dechiré aux genoux.
- Si vous appelez ça des vêtements... Mais si vous voulez séduire Sherlock, il va vous falloir plus que ça.
Mais de quoi elle se mêlait celle-là ?! Kay fronça les sourcils et un coin de sa bouche se tordit.
- J'ai déjà dis que je ne séduirais personne, à commencer par Sherlock. Et je ne vais sûrement pas me grimer juste pour vos beaux yeux, Irène !
- Je ne me souviens pas vous avoir demandé votre avis, Kelly-Ann, répondit calmement la dominatrice. Vous allez faire exactement ce que je vais vous dire, sinon je vais vous punir, chérie. Ne soyez pas vilaine.
L'artiste frémit en entendant ceci. Ce n'était maintenant plus à confirmer, cette femme était folle à lier !
- Pourquoi vous faite ça ? marmonna Kay moyennement enthousiaste au sujet de la suite des événements. Je ne vous apprécie même pas.
- Pour la même raison qu'y pousse Sherlock à enquêter et qui a pousser Moriarty a tuer tous ces gens. Je m'ennuie.
Kelly-Ann fut si surprise de la réponse qu'elle ressembla vaguement a un poisson hors de l'eau. Quoi ? C'était juste pour ça ?
- Je m'ennuie profondément et vous ce que j'ai vu de plus drôle et intéressant depuis mon jeu avec les frères Holmes. Prenez ça comme un compliment surtout.
Si elle avait bien compris, une dominatrice nymphomane allait la déguiser en quelque chose qui ne lui ressemblait ni de loin ni de près pour la pousser à séduire un sociopathe qui ne vous prêtait attention qu'à la condition que vous soyez mort alors qu'elle-même ne pouvait même pas dire si elle serait capable de le laisser la toucher ''comme ça'' tout ça parce que la dite dominatrice s'ennuyait.
Soit.
C'était totalement inconcevable de dire oui. Et pourtant ce fut l'exact opposé qui sortit de sa bouche.
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La première partie du plan ''Seduisons Sherlock Holmes'' consistait à donner forme humain à Kelly-Ann. C'était Irène qui avait utilisé ce terme. Elle trouvait que Kay ressemblait actuellement à un croisement entre un adolescent attardé et une folle furieuse.
Ce qui n'était pas très flatteur, mais elle avait l'habitude, Jonathan avait exprimé la même pensée à plusieurs reprises.
- Non, je ne veux pas me couper les cheveux.
C'était un non définitif et gravé dans le marbre, elle ne laisserait pas Irène lui faire changer d'avis là-dessus. Cette dernière observait avec désolation la longue crinière de Kay. Elles avaient enlevés les trois élastique qui les retenaient pour voir les dégâts. Il lui arrivait aux fesses et si elle disait ''crinière'' c'était pour une bonne raison. Les cheveux roux étaient aussi rêches, emmêlés et abîmés que ceux d'une jument après une folle galopade en forêt. Elle avait néanmoins prévu ce coup et sortit de sa poche une paire de ciseaux. Sans lasser à la jeune femme de réagir, elle attrapa à pleine main la tignasse et les coupa rapidement au niveau des omoplates. Kelly-Ann se retourna brusquement et eut juste le temps de voir ses cheveux tomber par terre, une grosse poignée restant dans la main d'Irène.
- Mais qu'est-ce que vous avez fait ?!
- J'ai coupé vos cheveux. Maintenant on va chez le coiffeur pour réparé vos dégâts et les miens et je ne tolérerais pas de rebuffades, c'est d'accord ?
- Je viens de vous dire que je ne voulais pas les couper !
Est-ce que Femme avait les tympans qui allaient avec les oreilles ?
- Je ne pouvais décemment pas vous laisser dans cette état, chérie. Alors c'est d'accord ?
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Lorsque John entra dans sa chambre, il eut un mouvement de recul. Mais qu'est-ce qui s'était passe ici ? L'armoire était grande ouverte et au pied du miroir qu'il y avait sur la porte de celle-ci, un masse rouge était abandonnée. Des robes, chaussures et même des dessous osés traînaient sur son lit et par terre. Il comprenait mieux l'air dépité qu'avait Kay lorsqu'elle était sortie - à son grand étonnement - avec Irène Adler. Voilà ce qui s'était passé entre les deux femmes.
Il savait qu'il ne devrait pas, mais il imagina un instant la tête que devait avoir sa cousine en ce moment et celle qu'elle aurait lorsqu'elle serait obligée de mettre les robes. Ça promettait d'être assez drôle. Il referma la porte de sa chambre - de toute façon il ne se souvenait même plus pourquoi il était monté - et redescendit au salon, un petit sourire narquois flottant sur ses lèvres.
Il allait rire comme jamais quand Kay rentrerait !
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Kelly-Ann était maintenant l'heureuse - ou non - propriétaire d'une coupe très simple qui lui arrivait aux épaules. Coupés et démêlés, il s'avéra que ses cheveux formaient naturellement des vagues douces. La seule chose que Kay avait pratiquement supplié à Irène qu'il y ait une longueur suffisante pour qu'elle puisse les attacher et qu'il n'y ait surtout pas de franges.
- Et bien voilà, chérie, ce n'était pas si terrible, se moqua Irène en voyant son air revêche lorsqu'elle sortirent du coiffeur.
Kay marmonna dans sa barbe des insanités tout en cherchant un élastique dans sa poche. Elle attacha rapidement ses cheveux, il y avait du vent et ils lui tombaient dans les yeux. Irène héla un taxi dans lequel elles s'engouffrèrent. Durant le trajet, elle observa la Femme. Elle ne pouvait rien dire sur son physique. Elle avait une plastique parfaite. Lorsqu'elles étaient dans la rue, tout les regard s'étaient retrouvés que Irène. Hommes et femmes confondus. Kay supposait qu'elle dégageait le genre d'aura qui attirait inexplicablement le regard des gens.
Elle se laissa dériver dans la contemplation des rues qui défilaient derrière les vitres du taxi jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent devant le 221B. Irène, en grand seigneur, paya la course. En sortant du taxi, un visage attira l'attention de Kay.
- Oh non, encore lui, grommela-t-elle.
Il était là, sur le trottoir opposé, et il la fixait avec un grand sourire candide qui lui donna envie de vomir. Avant qu'elle n'ait eut le temps d'entrer, il était là, à côté d'elle. Irène les observait curieusement.
- Bonjour, Kelly-Ann, comment vas-tu aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que tu veux ? lâcha-t-elle froidement.
- Je voulais te dire que je ne t'en voulais pas d'avoir confondu mon prénom. Gabriel et Gareth, c'est vrai que ça se ressemble. On ne se connait pas encore bien, c'est tout. Mais je ne voulais pas trop t'appeler parce que tu avais l'air un peu en colère la dernière fois. Quelqu'un t'avais énervée ?
- Ouais.
''Toi''
- Je voulais savoir si tu accepterais de me rejoindre ce soir dans un bar, histoire de boire un verre et de faire plus ample connaissance, dit-il joyeusement.
Il devait être en train de plaisanter. Elle était sur le point de l'envoyer balader comme jamais mais Irène se plaça entre elle et le jeune homme. Elle lui offrit son sourire Colgate ultra blanc.
- Kelly-Ann accepte avec joie ton invitation, mais elle préférerais aller au restaurant. Je m'occupe de réserver. Viens la chercher ici à 8h, OK ?
- OK ! Merci, Kelly-Ann !
Et il s'éloigna sans que la rouquine n'est même eut le temps de dire un mot. Elle se tourna vers Irène qui entrait.
- Mais pourquoi vous avez été lui dire que j'acceptais ?! s'énerva-t-elle, furieuse. Je ne sors pas avez des gens dans des bars. Je déteste ça !
- C'est bien pour ça que je lui ai dit de t'inviter au restaurant.
- Le fait que ce soit au restaurant ne change pas le fait qu'il est une personne aux dernière nouvelles !
Elles pénétrèrent dans le salon. John les regardaient avec des yeux ronds, sans comprendre pourquoi elles se disputaient. Enfin. Pourquoi Kelly-Ann s'énervait toute seule sur la dominatrice. Il ne pensa même pas à charrier sa cousine.
- Qu'est-ce qu'il y a, Kay ?
Elle se tourna furieusement vers le docteur.
- Il y a que ce malade était encore dehors ! Qu'il m'a invité à sortir ! Et que cette femme a accepté à ma place ! se plaignit Kelly-Ann.
- Ce n'est pas un vrai rendez-vous, chérie, c'est une répétition générale, dit calmement Irène. Maintenant, si tu es calmée, viens avec moi.
Et elle monta.
- Une répétition générale ?
Kay ne répondit pas à la question de son cousin mais monta à la suite de La Femme. Il se tourne vers Sherlock qui avait observé la scène silencieusement. Mais qu'est- ce qu'il se passait dans cet appartement ?
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Trente minutes plus tard, Kay était de nouveau calme. Effectivement, c'était une bonne façon de s'entraîner, même si elle doutait que Sherlock soit le genre d'amant a proposer des rendez-vous galants. Dans un coin se don cerveau non affecté par sa misanthropie, une petite voix lui dit que c'était injuste pour le pauvre Gareth qui en plus d'avoir un grain servait d'expérience. Mais une voix plus forte et qui occupait tout le reste de l'espace lui fit remarquer qu'elle s'en foutait royalement. Irène avait commencé les essayages et s'était attendrie en voyant les jambes imberbes de Kelly-Ann.
- On dirait un bébé, gloussa- t-elle.
Kay pinca les lèvres. Irène lui passa d'abord une robe noire à la forme géométrique et avec le décolleté le plus plongeant qu'elle avait jamais vu qui reçu un gros '' Hors de question''. Puis, il y avait du trois robes, une beige finalement trop simple au gout d'Irène, une verte trop courte et une rouge qui jurait avec la couleur des cheveux de Kay et qui était une taille trop grande. Et, après ce qui sembla être une éternité a Kelly- Ann, La Femme lui présenta une robe bleu recouverte de dentelle, très chic, avec un col rond qui flattait la poitrine - ou devrait-on dire l'absence de poitrine - de la jeune femme. Irène lui colla dans les mains une paire de chaussures à petits talons noires, des boucles oreilles simples, en argent, et un collier aussi en argent au bout duquel pendait une petit pierre verte, qui rappelait l'œil de la même couleur de Kay.
Kelly-Ann préféra éviter la crise cardiaque, elle ne demanda pas combien tout ça avait coûté. Elle détacha les cheveux de Kay qui les coiffa elle-même énergiquement puis la maquilla légèrement. Pas de couleurs vives pour ce soir. Et lorsqu'elles finirent, il était déjà presque huit heures. Ça mettait donc tant de temps pour se préparer. Kay n'était pas sûre de ré tenter l'aventure. Toutefois, lorsqu'elles descendirent au salon et que John ouvrit grand les yeux et la bouche, elle se dit qu'elle ne devait pas avoir l'air qui ridicule que ça après tout. Elle chercha fébrilement un réaction chez Sherlock et vit qu'il souriait légèrement.
- Tu est magnifique, Kay, la complimenta John en s'approchant pour l'examiner de près. Vraiment magnifique.
S'ils avaient été dans un film à l'eau de rose, il lui aurait dit qu'elle ressemblait à sa défunte mère, reine de beauté.
- J'espère que La Femme vous a fait penser a glisser quelques préservatifs dans votre pochette, lâcha Sherlock en désignant le petit sac noir. S'il est aussi fou que vous le dite, il va vous sauter dessus, Kay.
- Sherlock ! s'indigna John.
- Quoi ?!
Elle ne savait pas trop comment prendre ça.
La sonnette tinta.
Elle déglutit.
C'était l'heure.
