euh... Le titre du chapitre ? Les Doors, bien sûr.

Chapitre 7
The time to hesitate is through

Quelques semaines après la proposition de Dumbledore, et leur entrée dans l'Ordre du Phénix, alors que l'on sentait que peut-être dans pas trop longtemps, ce serait le printemps, la première réunion de l'Ordre eut lieu. Heureusement d'ailleurs parce que Sirius, Remus, Peter et James ne tenaient plus dans l'attente que quelque chose se produise. Il fallait croire que pendant tout ce temps rien ne changeait, tout le monde restait sur ses positions, préparaient ses troupes, et observaient les activités de l'autre camp. Il ne s'était donc rien passé, au plus grand désarroi des Maraudeurs qui pensaient passer à l'action bien plus tôt. Les garçons rouspétaient de plus en plus quand les choses s'accélérèrent.

Un matin alors qu'ils étaient en cours de botanique en train de se débattre avec une plante carnivore qui semblait trouver très à son goût de grosses souris grises, Minerva McGonagall vint les sauver. Elle fit mine de ne pas comprendre le regard reconnaissant que lui lança Peter. Elle appela les Maraudeurs et Lily Evans, et les invita à la suivre. Elle passa en chemin chercher Clare Dame, Jordan Smith, George Bastold, Denis Johnston, Zachary Zagreb, Lena Langrova, Mathéo Decoca, Tristan Spencer, Farfadelle Dentry, Victoria Shane.

Les Maraudeurs affichaient un grand sourire quand ils virent la liste des appelés s'allonger. Ils avaient bien compris, comme les autres, ce que cela signifiait. Et en effet, quelques minutes plus tard, ils étaient dans le bureau de Dumbledore.

-« Mesdemoiselles, Messieurs. » Commença sobrement le Directeur de l'école. « Vous avez tous accepté, ces dernières semaines, d'entrer dans l'Ordre du Phénix. Je ne vais pas m'attarder dans des longs discours embêtants, ne vous inquiétez donc pas Monsieur Potter, je laisse ça pour plus tard. Sachez simplement que ce soir, une réunion est organisée à Londres. A 20 heures, tout en étant les plus discrets possibles, rendez-vous à Pré-au-Lard où un Portoloin vous attendra. Quand je dis discrètement, ça veut dire qu'on évite de se balader dans l'école avec son balai en hurlant qu'on va s'acheter le tout dernier « World Destructor » de chez Nantando sur le Chemin de Traverse. »
En disant cela, il fixa les Maraudeurs de manière non équivoque.
-« Ca veut juste dire qu'on se promène d'un pas nonchalant dans les couloirs, comme d'habitude. Qu'on va jusqu'à la statue de Melchior le Sorcier Sixième Du Nom, qu'on se glisse derrière, qu'on pousse tout simplement le battant, et qu'on prend le passage secret jusqu'à Pré-au-Lard. »
Là, le Directeur marqua une pause pour vérifier que tout le monde le suivait bien.
-« Et pendant que j'y suis. Je vous donne à tous cette montre. Pour ne pas éveiller les soupçons, vous en aurez chacun une différente. Avec un sortilège un peu long à vous expliquer, cette montre vous permet de recevoir les messages de l'Ordre et en particulier les rendez-vous. Ces messages sont codés, seul vous, pourrez les lire. Vous comprendrez bien pourquoi. »
Dumbledore entreprit de distribuer les montres à leur nouveau détenteur. Puis, tous les élèves, dans des groupes séparés, repartirent vers leur salle de cours.
Peter Pettigrow, en particulier, se sentit extrêmement soulagé de constater que le cours de botanique était fini.

C'était l'heure de Divination. Le Professeur Fbner ne les empêcherait pas de dormir. Et dans l'obscurité et la douce chaleur de la salle du donjon, les élèves se reposèrent. Jusqu'au moment où voulant passer aux travaux pratique, le Professeur leur demanda de lire dans le marc de café, en prenant des notes de ce qu'ils voyaient. Comme d'habitude, Peter, Sirius, Remus, et James ne voyaient pas grand chose. Pourtant, ils écrivaient sans relâche des lignes et des lignes de divination toutes plus incroyables les unes que les autres. Quand le Professeur s'approcha de leur table, et qu'il lut les notes qu'ils avaient prises tout en regardant le fond de leur tasse de café, il fut subjuguée par l'indéniable perspicacité de ses élèves. Sirius semblait se destiner à la profession d'avocat pénaliste. James devait absolument éviter le saut en parachute. Peter serait un gourou reconnu. Quant à Remus, il devait se méfier des contours du lac et de leurs bords glissants. Sous les félicitations du Professeur Fbner qui les citait en exemple, les Maraudeurs quittèrent hilares le donjon pour prendre la direction des cachots. Ils ne pouvaient éviter le dernier cours de la semaine de Potions, même si visiblement c'était loin de les enchanter.

Les Gryffondor arrivèrent juste à temps pour ne pas écoper d'une retenue particulièrement malvenue ce jour au cours de Monsieur Slughorn, de l'autre côté de l'école. Ils s'installèrent bruyamment, comme à leur habitude et ce malgré le regard désapprobateur du Professeur. Les Serpentards les observaient d'un mauvais œil, mais là, encore, rien qui ne changeait de l'habitude. Sirius vérifia lorsque Monsieur Slugorhn énumérait les différents ingrédients dont ils auraient besoin pour la potion d'ubiquité (« depuis quand c'est au programme des Aspics ? » Avait dit Remus) si Remedios Listerdale était là. Effectivement, elle était assise sur la gauche à côté de cet abruti de Malefoy, juste devant Lily Evans et Eileen Connelly. D'ailleurs, elle était en train de se lever pour allumer le feu sous sa marmite…

-« Eh ! Black ! Tu dors ou quoi ? » Le réveilla d'un coup de coude bien senti Peter Pettigrow.
-« Moui, plait-il, très cher ?
-Potion d'ubiquité, ça te dit un truc ?
-Ca dépend s'il faut en faire une.
-Il faut en faire une, et en une heure seulement.
-Pas de problème, je t'arrange ça. »
Aussitôt, il se retourna vers la table de Potter et de Lupin juste derrière lui et demanda discrètement à Lupin les ingrédients. Une fois, toutes les armes en main, il entreprit, avec l'aide amusée de Peter, d'essayer une manière personnelle de fabrication de la Potion d'ubiquité, qu'il appela, en toute humilité, la « Siriusienne ». Il mit tous les ingrédients dans un ordre et dans un état qu'il inventa. A un moment, la fumée devint très dense, mais se calma dès que Potter y jeta de la Passiflore. A la fin de l'heure, Sirius constata, passablement déçu, que la Potion n'avait pas explosé.
Le professeur demanda à ses étudiants de mettre dans une éprouvette un échantillon de leur Potion. Défilant devant le bureau du Professeur, les Potions étaient de jolies couleurs et de jolis aspects, mais toutes radicalement différentes. Monsieur Slughorn eut un hochement satisfait de tête quand Rogue lui tendit son éprouvette. Il fit de même quand Remedios Listerdale et Lucius Malefoy leur remirent la sienne. Il se moqua ouvertement des deux Gryffondors qui suivaient. Au plus grand étonnement de tous, il hocha de nouveau la tête devant l'éprouvette de Lupin et de Potter. Et ne fit qu'une petite remarque sur la couleur de celle de Pettigrow et Black. Ce dernier, enchanté, se vanta dans le couloir que la qualité de sa potion n'était en rien un pur hasard, que tout avait été très précisément calculé, et qu'il était le plus grand génie de tous les temps, ou du moins, l'un des plus grands génies de tous les temps, lorsqu'il vit Remedios Listerdale s'approcher d'eux.

-« Euh… Les mecs, allez-y, je vous rejoins dans la salle commune dans un instant, j'ai oublié mon livre dans la salle de Potions. »
Les autres ne remarquèrent qu'à peine que Sirius les laissait.
Il se retourna, et suivit Remedios Listerdale qui était entrée avec une discrétion précautionneuse dans une salle. Il sortit la carte du Maraudeur de sa poche et vérifia que personne n'approchait. A peine fut-il entré que la porte se referma à double tour, Remedios y ajouta un sortilège d'insonorisation.

-« Alors, je te manquais, ma belle ? » Demanda Sirius sur un ton nonchalant.
-« A peu près autant qu'un Magyar à pointes. » Dit-elle d'une voix sans appel. « Ne me fais pas le même coup qu'au Professeur Slughorn tout à l'heure et écoute moi bien.
-Tiens ? Tu m'observes ?
-Comme toi. Maintenant, j'ai toute ton attention, je peux y aller ?
-Je n'ai d'yeux que pour toi, ma Serpentarde.
-J'ai appris toute à l'heure que Voldemort préparait quelque chose. Je voulais en parler à Dumbledore, mais je ne l'ai pas trouvé. Alors comme je sais que l'Ordre du Phénix se réunit ce soir, je voudrais que tu les préviennes.
-A ton service, ma belle.
-Déjà, je ne suis pas ta belle. Ensuite, d'après ce que j'ai compris, c'est très important cette fois-ci. Il faudra que tout le monde se mobilise. Dans les prochains jours, peut-être dans les prochaines heures, mais je ne serai prévenue qu'au dernier moment, Voldemort veut faire son entrée dans le monde des Moldus. Apparemment, à Londres, dans peu de temps, il va tuer je ne sais combien de gens tout ça pour montrer qu'il existe. Il y aura tous ses fidèles alliés. J'ai compté qu'il pouvait compter au minimum pour un millier de sorciers.
-On ne sera jamais assez nombreux. » Dit Sirius pour lui-même. Remedios entendit.
-« Ne commence pas à douter de l'Ordre alors que tu viens à peine d'y entrer. » Et après un silence, « Mais peu importe. Tu te souviendras de ce que je t'ai dit ? Tu le leur diras ?
-Tu sais à qui tu t'adresses là ? La crème de la crème en matière de sorciers ! Ne te pose aucune question, je gère. »
Remedios le regarda d'un air soupçonneux. Tellement bien que Sirius poursuivit d'une voix plus sérieuse :
-« oui, Remedios, tu peux compter sur moi, on sera prêt ». Le regard de la jeune fille se radoucit.
-« Et on dit que ce sont les Serpentards qui sont pédants… » Dit-elle en se dirigeant vers la porte.
-« Attends deux secondes !
-Quoi ?
-Il y a quelqu'un dans le couloir, et j'aimerais autant qu'on évite de tomber nez à nez avec lui.
-Pourquoi ? C'est qui ? Et comment tu sais ça ?
-Parce que j'ai entre les mains un bout de papier qui est, ma foi, fort utile, et que derrière la porte, c'est Lucius Malefoy. Ca y est, ce petit Voldemort en herbe, est passé. »
Il se dirigea à son tour vers la porte alors que Remedios observait avec attention la carte du Maraudeur.
-« Et on dit que les Gryffondors ne sont pas prévoyants… » Dit-il en sortant dans le couloir.

Le soir même à 20 heures pétantes, L'ensemble des élèves membres de l'Ordre du Phénix était à Pré-au-Lard, la main sur le Portoloin. Ils ressentirent tous cette étrange sensation de vide et de vitesse. Quelques secondes plus tard, ils étaient quelque part à Londres, devant une grande bâtisse qui ne paraissait pas très engageante. On frappa à la porte. Quelqu'un ouvrit. Les élèves de Poudlard entrèrent légèrement intimidés, même les Maraudeurs. Après un vestibule qui débordait de vêtements, de cartons, de valises, de grimoires, et d'accessoires magiques de toute sorte, ils entrèrent dans une vaste salle grise, à peine éclairée de quelques bougies. Une table ronde occupait toute la place. Des gens étaient déjà là. En petit groupe, ils parlaient entre eux. A l'entrée des élèves, tout le monde se tut. Sauf les parents de James qui s'approchèrent des nouveaux venus. Ils se précipitèrent d'abord sur leur fils.

-« Tu es bien certain de ce que tu fais, James ? » Demanda, visiblement très inquiète, sa mère.
-« Comme toi et Papa. » Répondit James sans hésitation.
-« Sirius, Remus, Peter, vous suivez aussi ? » Demanda son père.
-« Absolument. » Répondirent en chœur les garçons.
-« Et vous êtes ? » Demanda Madame Potter à Lily Evans qui se tenait à proximité.

La jeune fille n'eut pas le temps de répondre. Une foule de nouvelles personnes venaient d'arriver, et tout le monde commençait à prendre place autour de la table ronde. Quelqu'un pensa enfin à allumer un peu plus de bougies, et tout d'un coup, les élèves purent voir plus précisément ce qu'il y avait dans cette salle.

Elle était décorée de tapisseries et tableau, avec d'immenses lustres. Une salle riche, vieille, qui imposait rien qu'en elle-même un certain respect. Des sorciers présents, les Maraudeurs n'en reconnurent que peu : il y avait bien Dumbledore, Mcgonagall, Slughorn, Fbner, et quelques autres Professeurs. Au final, c'est une petite centaine de personnes qui s'assit autour de la grande table. Les élèves de Poudlard s'installèrent en bloc tous ensemble, tandis que les autres échangeaient quelques mots et poignées de mains. Des elfes de maison entrèrent et disposèrent tout autour de la table des tasses de thé et des petits gâteaux. Sirius se demanda si toutes ces mondanités étaient bien utiles.

Enfin, Dumbledore se leva et le silence se fit.

-« Mesdames, Messieurs. Cette réunion est un peu particulière puisque nous accueillons aujourd'hui de nouveaux membres. Malgré leur jeune âge, certains nous ont déjà rendu quelques services et, malgré la dangerosité de leur choix, ils ont décidé de se joindre à nous. Ils ne seront pas de trop. Voici donc Clare Dame, James Potter, Tristan Spencer, Jordan Smith, George Bastold, Peter Pettigrow, Farfadelle Dentry, Denis Johnston, Zachary Zagreb, Lena Langrova, George Bastold, Sirius Black, Mathéo Decoca, Tristan Spencer, Victoria Shane, Remus Lupin, et Denis Johnston. »

Les personnes présentes se tournèrent vers les élèves qui répondirent par des sourires gênés. Il n'y eut pas pour autant des vivas et de longs applaudissements, voire des cris de fans hystériques, juste quelques regards, et tout le monde ne s'attacha plus qu'aux paroles de Dumbledore.

-« Je vais céder la parole à ceux qui la voudront dans un instant. Je voudrais juste vous signaler qu'il semblerait que peut-être les choses s'agitent du côté du Ministère. Je viens de chez le Ministre, et il pense que la négociation est encore possible. Il a d'ailleurs envisagé de prendre rendez-vous avec Voldemort dans les prochains jours pour parler de tout ça, et éventuellement lui offrir un poste au Ministère. »

Quelques rires nerveux se firent entendre.

-« Je crois l'avoir à peu près convaincu de ne rien tenter de tel. Voldemort est devenu bien trop dangereux. Même si la voie des négociations est de loin la meilleure, je crois, et c'est ce que je lui ai dit, que nous l'avons aujourd'hui bien dépassée. Et qu'il serait peut-être temps de passer à autre chose. Enfin bref, il est encore à l'heure actuelle en train de réfléchir à notre conversation. Nous ne devons pas attendre de lui une aide immédiate. Voilà pour les dernières nouvelles que j'avais à vous communiquer. »
Sur ces paroles, le vieil homme se rassit.

Tout de suite après, une jeune femme se leva pour prendre la parole. Elle expliqua que les recherches sur les personnes disparues n'avançaient pas vraiment. Sauf au sujet d'une certaine Meliane Banes, ancienne employée au Ministère, qu'on avait vu dans des circonstances étranges quelque part en Hongrie. C'était un indice à ne pas négliger, et toutes les personnes présentes étaient encouragées à se rendre sur les lieux même et à ouvrir grand leurs yeux au cas où il y aurait du nouveau.

C'est ensuite un vieux monsieur qui dit que l'hôpital Sainte Mangouste allait bientôt être submergé par les demandes de soins. Il fallait donc réagir au plus vite, surtout que l'on savait que ces demandes ne cesseraient d'augmenter avant un certain temps. Des sorciers présents confirmèrent l'urgence de la situation. Une longue discussion s'engagea sur les différents moyens d'agrandir l'hôpital, chose qui s'avérait assez facile, mais surtout de former de toute urgence de nouveaux Médicomages. Il fut décidé que dans chaque école de Magie s'ouvrirait une formation anticipée pour les élèves volontaires, et accélérée pour tout sorcier confirmé.

Monsieur Potter prit ensuite la parole pour dire que les formations de défense devenaient de plus en plus nombreuses. Toutes les personnes présentes se félicitèrent de cet état de fait : cela voulait dire que de plus en plus de gens se sentaient concernées par l'imminence de la guerre.

Enfin, le silence se fit. Dumbledore se leva de nouveau. Il demanda si quelqu'un avait quelque chose à ajouter. Ce n'est qu'à ce moment-là que Sirius put en placer une.

-« Oui, Monsieur. J'ai quelque chose à dire ».
Seul Dumbledore ne parut pas étonné par la déclaration du jeune homme.
-« Voilà, je pense que je ne peux pas vous dire son nom. Mais une personne m'a chargé de vous dire que Voldemort était sur le point de passer à l'acte. »
Un brouhaha empêcha un instant Sirius de poursuivre. Dumbledore, très attentif, l'engagea à continuer.
-« Cette personne m'a dit que Voldemort envisageait de tuer à Londres des Moldus. Il voudrait faire son entrée officielle chez eux. Cette personne ne sait pas quand, mais ce serait dans quelques jours, ou peut-être même dans quelques heures. En tout cas, c'est imminent.
-De combien de 'fidèles' parlons-nous ? » Demanda Mme Potter.
-« D'à peu près un millier. »

Les élèves de Poudlard parurent catastrophés, les autres semblaient perdus dans leurs pensées.
Sirius se rassit. Et attendit avec anxiété que quelqu'un dise avec confiance que s'il fallait se tenir prêt, il n'en restait pas moins certain que l'Ordre du Phénix n'aurait aucune difficulté à prévenir et combattre ce qui allait se passer. Comme personne ne semblait déterminer à prendre la parole, se fut Dumbledore qui se leva.

-« On ne peut pas dire que cela soit surprenant. Même s'il est vrai que nous espérions tous que cette phase serait la plus tardive possible. Je vous remercie, Monsieur Black de nous avoir transmis ce message. Il faut maintenant que nous nous tenions prêts à toute éventualité. Je vais appeler nos renforts pour qu'ils se tiennent à Londres, puisqu'il y a toutes les chances que ça se passe là-bas. Et à vous tous qui êtes présents, faites bien attention aux messages de l'Ordre, et ne vous éloignez jamais de votre baguette. Encore moins maintenant qu'avant. »

Sur ces quelques paroles et comme personne ne semblait avoir quelque chose à ajouter, les membres de l'Ordre se levèrent. Certains partirent. D'autres se retournaient sur leurs voisins pour discuter. Les élèves restaient toujours en groupe.

-« Tu nous caches des trucs, Sirius ? » Demanda James. « Tu ne nous avais pas dit que tu connaissais un indic ! ».
-« En même temps, c'est pas le genre de trucs que tu cries sur les toits. » S'exclama Remus.
-« Ouais, ok, mais on est tes potes quand même, tu peux nous faire confiance » Ajouta Peter.
-« Mais je vous fais confiance ! Complètement ! Comprenez juste que je ne pouvais pas vraiment vous le dire, avant maintenant.
-Alors maintenant, on peut savoir qui c'est ?
-Certainement pas, Peter.
-Quoiqu'il en soit, Sirius, reste discret. Ne nous dit rien, ça vaut peut-être mieux, mais fais gaffe à toi si tu ne nous demandes pas d'aide alors que tu en as besoin. » Déclara Remus.
-« Et ça marche pour nous quatre. » Ajouta James.

Le lendemain matin, assis à la table de leur Maison devant des assiettes de toasts et d'énormes bols de chocolat chaud, les Maraudeurs ne cessaient de fixer leur montre. Ce comportement, bien que très inhabituel de bon matin chez ces jeunes gens, n'était pas remarqué. En tout cas pas à sa juste valeur. Les Maraudeurs, ainsi que tous les membres de l'Ordre du Phénix savait qu'une attaque de Voldemort était maintenant tout à fait imminente. Il faudrait réagir au plus vite quand la nouvelle tomberait. Les garçons étaient dans un état de surexcitation proche de l'ulcère. Ils ne parlaient plus que de stratégies de défense, de sortilèges, ou de duels. Ils échafaudaient tous les scénarii qui leur paraissaient envisageables, et s'y préparaient.

Toutefois, ce n'était pas parce qu'ils étaient membre actif de l'Ordre que ça les dispensaient de leurs obligations scolaires. Et une fois de plus, ils durent supporter le cours d'Histoire de la Magie. Peter dormait déjà. James et Sirius parlaient pour passer le temps. Remus quant à lui luttait pour ne pas fermer les yeux. L'étude des Runes ne fut pas vraiment plus passionnante, et là, même James et Sirius durent s'arrêter de parler quand le professeur les menaça d'heures de retenue pour la troisième reprise en moins de dix minutes. Il n'était absolument pas question qu'ils perdent leur temps à ce genre de bêtises… Ils obtempérèrent, bien malgré eux. Et ils se laissèrent aller à leur tour à l'ennui et au sommeil. Avec tout ce dont ils devaient parler, si ce n'était pas malheureux quand même !
Au déjeuner, ils étaient toujours aussi comateux. Il leur fallut quelques minutes, et quelques plats, avant de récupérer d'une matinée aussi désastreuse.
Dès qu'ils eurent finis, Sirius et James se précipitèrent dans le Parc, et en firent le tour deux fois. Ils revinrent essouflés, mais définitivement réveillés pour affronter l'après-midi. Qui ne fut d'ailleurs pas plus passionnante. Sirius en avait fini par se demander si ça valait bien la peine de passer ses Aspics. Après tout, il pourrait bien faire quelque chose sans son diplôme.

Il en était là de ses réflexions quand le dernier cours de la journée se finit. Il se demandait encore s'il retournerait à ses études le lendemain. Les autres se posaient la même question. Enfin, il ne restait plus qu'à regagner la salle commune et reprendre le travail. C'est donc d'un pas lent que les Maraudeurs se dirigèrent vers leur tour.

En chemin, Sirius entendit un grand « crac », et sentit soudainement plus léger. Et pour cause. Le sac qu'il portait venait de céder par le fond.

-« Décidément, il y a des jours où on ferait mieux de ne pas se lever. » dit Sirius plus pour lui-même. Et il ajouta à destination de ses amis :
-« Allez-y les mecs, je vous rejoins ».
Les 'mecs' obéirent. Et dès qu'ils ne furent plus en vue, une brune se manifesta.

-« Remedios ? Que me vaut l'honneur de voir mon sac complètement détruit ? » Dit Sirius en lançant un petit « reparo » de circonstance.
-« C'est pour ce soir, Sirius. Je cours donner les détails à Dumbledore. Va le rejoindre avec les autres. »
Aussitôt dit, elle partit dans un coup de vent, laissant le jeune homme surpris, malgré tout, par la nouvelle. Il ramassa à la va-vite ce qui traînait encore par terre et courut jusqu'à la tour de Gryffondor. Ses amis étaient déjà attablés, des livres étalés devant eux, et visiblement, leur esprit était ailleurs. Ils levèrent les yeux sur Sirius quand celui-ci parvint à leur niveau.
-« Ca y est, on y est. On m'a dit que c'était pour ce soir ! »

Là où d'autres auraient eu un temps de réflexion avant de comprendre de quoi Sirius était en train de parler, les Maraudeurs réagirent au quart de tour. Ils jetèrent dans un coin leurs affaires, et ne s'armant que de leur cape et de leur baguette, coururent sur les talons de Sirius qui étaient déjà en direction des autres salles communes. Enfin, au grand complet et quelques minutes seulement après que la nouvelle soit tombée, ils se présentèrent devant Dumbledore, au moment même où leur montre signalait le message destiné aux membres de l'Ordre.

La nuit était tombée. Il faisait un froid glacial. Mais Sirius n'avait pas remarqué tout cela. Il était dans une rue sombre, mal éclairée, et désespérément peu engageante. Il faisait partie d'un groupe de quelques personnes. Il y avait James, Remus, et Peter, mais aussi un certain M. Londubat, qui dirigeait l'équipe, et une dizaine d'autres personnes. Les Maraudeurs n'avaient pas tout compris à l'organisation générale. A priori, il fallait faire croire jusqu'au dernier moment à Voldemort que ses projets n'étaient pas connus. La zone était tout de même sous surveillance étroite de l'ensemble des Membres de l'Ordre, et l'impatience des uns et des autres de voir apparaître le Mage et les Mangemorts étaient de plus en plus palpables. Comme décidément, les choses ne bougeaient pas, Sirius, avec Peter, James et Remus sur les talons entreprit d'en savoir plus sur ce qui les attendait en posant la question à ce M. Londubat. Celui-ci ne répondit que dans un chuchotement.
-« En fait, là, on est juste à quelques mètres d'une rue très passante. A cette heure-ci normalement, il y a beaucoup de Moldus. Le Ministre de la Magie, heureusement, est allé voir le Premier Ministre, qui a vidé le plus discrètement possible la rue et les magasins de ses passants. On attend Voldemort et consorts pour les attaquer. McGonagall nous donnera le signal. Compris ?
-Mais il ne va pas trouver bizarre de ne trouver personne dans la rue à cette heure ? » Questionna Remus.
-Il ne trouvera pas la rue vide. Mais ça va lui faire un choc. » Répondit mystérieusement M. Londubat.

Sirius Black se dit que cette année, la chose qu'il aurait le plus appris était vraiment la patience. Les choses ne semblaient effectivement pas bouger à la vitesse de l'éclair. Enfin, il serait bien assez tôt… Quelques minutes passèrent qui semblèrent une éternité pour le jeune homme et ses amis. Quand enfin, on put entendre un tout petit grésillement. Ca émanait sans doute possible de la montre de M. Londubat. Tout le monde comprit.
Ca y est, c'était le signal.
Le petit groupe s'avança dans la rue, vers les lumières d'un proche carrefour. Ils s'avancèrent rapidement, puis de plus en plus lentement. Il ne s'agissait pas de tout faire rater. Finalement, ils parvinrent jusqu'au carrefour en question. Les Maraudeurs s'approchèrent du coin de l'immeuble et observèrent la situation.

La rue était remplie de personnes allant et venant. C'était loin d'être la cohue, mais il y avait du monde. En regardant de plus près, vers la gauche, près d'un grand magasin à la devanture dorée, quelques personnes habillées de capes commençaient à se regrouper. Les passants, peu à peu, s'écartèrent de cet endroit. Bientôt, il y eut des dizaines et des dizaines de sorciers en cape qui rejoignaient tous la devanture dorée. Ils venaient de partout. Sirius se sentit soudainement dépassé par l'ampleur de ce qui allait se produire. Sentiment qui ne tarda pas à se confirmer.

-« Qu'est-ce que je fous là ? » Eut juste le temps de demander Peter avant qu'un éclair vert d'une leur aveuglante annonçât le début des hostilités.
Une fois que Sirius put de nouveau observer quelque chose, il se rendit compte que les passants nonchalants n'étaient pas si nonchalants que ça. C'était en effet tous des sorciers. Qui avaient vite formulé un sortilège de protection pour ne pas être touché par l'éclair vert. Se rendant compte de ce contretemps, de nouveaux Mangemorts sortirent d'on ne sait où. C'est le moment où M. Londubat et son groupe sortirent de la petite rue pour s'engager dans la guerre.

James, qui n'était pas l'un des meilleurs joueurs de Quidditch de l'école pour rien, enfourcha son balai et s'élança dans les airs. Peter, lui, se cachait derrière Sirius qui trouvait ça exaspérant. Remus, quant à lui, s'élança à la suite de M. Londubat. Armé de sa baguette magique, il lança des « expelliarmus » comme s'il en pleuvait et s'avançait dans la foule. Sirius, sur ses traces, s'élança à son tour, Peter sur ses talons. Ils eurent tôt fait de perdre Remus et M. Londubat ainsi que leur groupe. Des sorciers continuaient à sortir des rues environnantes, les Mangemorts avec une longue cape noire, et les autres habillés à la mode Moldue. Sirius se fit la réflexion, même si ce n'était pas franchement le moment, que c'était bien pratique pour différencier qui est qui.
Dire que le jeune homme était perdu dans cette grande rue londonienne n'était pas peu dire. Il ne savait pus trop ce qu'il devait faire, quand il vit un homme grand, habillé d'une longue cape noire, lancer un « endoloris » à une jeune-femme. Aussitôt, Sirius retrouva toutes ses facultés, brandit sa baguette, et hurla « expelliarmus ». La baguette de l'homme à la cape s'envola aussitôt dans les airs. Black en profita pour le projeter contre une vitrine. Il avait fait cela avec une telle violence que s'il n'y avait pas eu de grillage, la vitrine aurait volé en éclat. L'homme était assomé, au mieux. Mais le jeune sorcier n'avait absolument pas le temps de s'attarder sur cette question.
Alors que la jeune-femme se relevait tant bien que mal, Sirius et Peter, courraient déjà vers trois autres sorciers qui les regardaient d'un air plus que menaçant. Les deux élèves bloquèrent les sortilèges qu'on essayait de leur lancer. La cadence de ces sortilèges était telle qu'ils ne pouvaient qu'essayer de les riposter. Pourtant, s'ils voulaient se sortir de là, il faudrait bien tenter quelque chose. Surtout que leurs forces commençaient à s'amenuiser. Le bouclier de protection ne pourrait pas durer bien longtemps.

-« Peter ! Couvre-moi ! » Hurla Sirius en sortant du bouclier.
Exposé de cette manière aux Mangemorts, il était effectivement en pole position pour tous sortilèges. Il évita d'ailleurs de justesse un « Expelliarmus », qui siffla à ses oreilles. Impressionné quand même par la réactivité de ses adversaires, Sirius n'en menait pas vraiment large. Il brandit pourtant sa baguette d'où un flux argenté sortit. Sirius prononçait des paroles incompréhensibles, les yeux fermés, la baguette fermement dirigée vers le trois Mangemorts. Ceux-ci avaient eu tôt fait de lancer un sortilège qui fit dériver le flux argenté. Sirius était toujours aussi concentré, et Peter pensa que s'il ne sortait pas rapidement de ses réflexions, la vie de son ami serait très largement compromise.

-« Sirius ! Bordel, mais réagit ! » Cria-t-il, lui-même toujours derrière le bouclier de protection et ne pouvant pas faire grand-chose pour aider le jeune homme.
Mais tout ça n'avait pas détourné Black de son flux argenté. Peter suivit cette lumière du regard. Elle s'échappait de la baguette, contournait les Mangemorts, et allait de plus en plus loin derrière eux. Enfin, le flux atteint la vitre d'un magasin. Aussitôt, et à une vitesse que Peter n'aurait pas soupçonnée, le flux revint vers les Mangemorts. N'étant pas protégé dans leur dos, ils s'effondrèrent sans que l'un d'entre eux ait le temps de réagir, dès que le filet argenté les toucha.

Peter sortit alors de son bouclier de protection.
-« C'était quoi, ça, au juste ?
-En fait, je ne sais plus bien. J'ai du lire ça quelque part. C'est fichtrement utile, la blague ».

Mais le jeune homme n'allait pas disserter sur cette question pendant des heures alors que des sorciers étaient en danger un peu partout autour d'eux. Pourtant, les rangs s'étaient un peu desserrés. Il y avait moins de gens, et Sirius espérait que tout cela était dû aux membres de l'Ordre du Phénix. En effet, un peu plus loin, il vit Remus et Macgonagal en train de réduire au respect un Mangemort particulièrement hargneux. Quelque peu rassuré, il se rendit compte que Peter avait disparu. Inquiet, il le vit un peu plus loin aider M. Londubat et quelques personnes à faire reculer les troupes du Mage.

Ne perdant pas plus de temps à contempler la situation, Black s'avança dans la rue commerçante. Il s'approcha d'un endroit où il y avait du monde. On aurait sûrement besoin de lui là-bas. Assez vite, il se retrouva à proximité de ce groupe. Ce n'est que trop tard qu'il se rendit compte que ce groupe de personnes n'était constitué que d'hommes arborant une longue cape noire… Il se fit la réflexion que pour plus tard, il devrait penser à éviter ce genre d'initiative.

Une dizaine de Mangemorts l'avait vu. Et au sourire menaçant qu'il lui adressait, Sirius n'eut pas à beaucoup réfléchir pour constater qu'il était, selon ses propres termes, bien dans la merde. Pas découragé pour autant, il brandit dans leur direction sa baguette. Même s'il se sentait un peu ridicule devant ces mages certainement docteurs ès magie noire, il défendrait chèrement sa peau. Il n'attendit pas d'être attaqué pour lancer un « pussusorbitus », sortilège qui envoie une onde de choc violente à ses destinataires. Mais ça n'avait poussé que d'un pas ou deux, le premier rang de Mangemorts. Ceux-ci ne voulant pas être en reste, envoyèrent une multitude de sorts que Sirius avait toutes les peines du monde à bloquer ou à éviter. Il savait bien que sa seule chance était de faire durer le combat, et que quelqu'un ne vienne à son secours. Aveuglé par les lumières émanant des baguettes magiques, le jeune sorcier envoya au hasard une « froidevague », qui gelait toutes les personnes qu'elle touchait. Le résultat n'en fut pas vain, mais pas convaincant pour autant. Il restait toujours des Mangemorts, qui devenaient a priori de plus en plus enragés. Il envoya un dernier « Expelliarmus » qui fit presque rigoler ses adversaires. Ils étaient encore cinq ou six, et eurent tôt fait de désarmer Sirius, comprenant bien que celui-ci était totalement épuisé.
La baguette de Black s'envola dans les airs pour retomber plus loin, beaucoup trop loin pour qu'il puisse songer à aller la récupérer.
Debout, seul, face à ses ennemis, il savait ce qui l'attendait.

-« Endoloris. » Dit dans sa direction le mage le plus proche de lui avec une voix où perçait de la haine.

Sirius Black n'avait jamais ressenti une telle douleur. Elle le déchirait tellement qu'il ne pouvait même plus hurler. Il entendit les rires des Mangemorts. Il savait que c'était fini, que cette douleur infernale aurait raison de lui. Quelques secondes plus tard, le sortilège impardonnable cessa, mais ce n'était que pour reprendre de plus belle. Le jeune homme ne bougeait plus, inerte, il ne pensait même plus.

Il crut rêver quand il sentit que la douleur cessait.

Il rouvrit les yeux. Dans les airs, un balai. Et sur le balai, un jeune homme aux cheveux bruns en bataille souriait. Il entendit aussi les Mangemorts tomber sous le coup de sorts qui ne venaient pas de lui ni du jeune homme brun sur le balai.
-« Alors, on arrive juste à temps, Patmol ? » C'était la voix de Remus.
La voix si calme et si chaleureuse de Remus. James descendit de son balai pour aider son ami à se relever. Peter assénait les derniers sorts aux Mangemorts en déroute.

Black regarda la rue. Il n'y avait presque plus de combats. Et il ne faisait aucun doute que ce qu'il voyait là, n'allait pas plaire, pas plaire du tout, à Voldemort.