Bonjour en ce beau samedi pluvieux (si vous habitez en Haute-Savoie, lol) !
Merci à Obscura pour sa review, certes anonyme, mais qui m'a fait très plaisir pour ses compliments ! MERCI !
Sinon, suite à un remaniement des chapitres, il se pourrait qu'il y en ai plus que 20, en effet, j'en ai coupé un en deux et en relisant, je rajoute parfois une phrase ici ou là donc forcément, cela rajoute des lignes, lol
Voila, voila ! Bonne lecture et n'oubliez le petit com !
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Chapitre 7
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Lundi matin, sept heures et demi, dans la Grande Salle.
- Chers élèves, chers professeurs ! Un peu d'attention, s'il vous plait !
La voix de McGonagall s'élevant aussi tôt dans la Grande Salle étonna tout le monde. En temps normal, personne ne parlait aussi solennellement le matin au petit-déjeuner, chacun préférant se réveiller tranquillement face à un bon gros bol de café ou de thé bien fort et quelques tartines.
- Que se passe-t-il ? demanda Hagrid à Sinistra, assise près de lui.
- Je l'ignore…
Le professeur d'Astronomie posa sa tartine au bord de son bol, en appui, et regarda McGonagall qui s'était levée de son fauteuil et lissait sa robe sur son ventre, comme nerveuse.
- Chers élèves, reprit-elle après s'être éclairci. J'ai une annonce à vous faire... Une importante annonce...
Les élèves se regardèrent les uns les autres, de même que les professeurs, chuchotant entre eux, provoquant un nuage de murmures inquietants.
Après quelques secondes, McGonagall reprit :
- Hier soir, le professeur Rogue est venu m'annoncer la visite de quelqu'un que nous n'avons pas revu depuis de très nombreuses années… Plus de deux décades à vrai dire...
« Voldemort » sauta de la nuée des chuchotements et un frisson de terreur parcouru la salle. La vieille Directrice ne se laissa pas démonter et continua :
- Depuis vingt-cinq nous avions perdu sa trace… Disparu du jour au lendemain… Tout le monde le croyait mort, mais il n'en est rien. Pour les plus jeunes d'entre vous, et même pour vous tous, c'est une légende...
Il y eut de nouveau chuchotements puis la voix de McGonagall acheva :
- Harry Potter est de retour parmi les siens.
- Harry Potter ? Potter ? chuchota-t-on de tous côtés, même chez les professeurs. Il est vivant ?
Les chuchotements terrifiées se muèrent en chuchotements excités. McGonagall calme les enfants en battant des mains.
- J'ignore pourquoi il est partit si brusquement, il y a vingt-cinq ans, et pourquoi il s'est caché aussi longtemps sans donner de nouvelles alors qu'il savait parfaitement que nous le cherchions partout, la mort dans l'âme, imaginant les pires scénarios... J'imagine qu'il se tient quelque part autour de nous, prêt à se montrer, mais, chers élèves et professeurs, je vous demande de ne pas ébruiter sa présence hors du château, à qui que ce soit. Il n'y tient pas. Pourquoi là encore, je ne sais pas. Mais retenez cette promesse.
Les élèves hochèrent la tête, puis les professeurs, et depuis la longue table où il se trouvait, Rogue fit un signe de tête en direction du plafond. Toutes les têtes se tournèrent dans la même direction et il y eut alors des « oh ! » et des « ah ! » de toutes parts.
- Regardez ! Sur la Grande Porte ! s'exclama soudain une Serdaigle en pointant un doigt dans la direction des immenses portes en or. C'est le Sinistros !
Les élèves se mirent à crier en se tortillant sur leurs bancs.
- Mais non, c'est un gros loup ! s'exclama un autre élève. Ou alors un chien ?
Harry se tenait en effet là-haut, debout sur ses quatre pattes sur l'épaisseur des grandes portes d'or massif, regardant la foule de petits sorciers abasourdis. Il était là depuis le début mais s'était dissimulé sous un sortilège de Désillusion et avait soigneusement observé les élèves arriver lentement, puis les professeurs, aucun ne se doutant de quelque chose.
- Potter… soupira Rogue.
Le regard d'émeraude du Gryffondor se braqua sur lui et soudain, le brun sauta souplement du haut des portes et atterrit tout aussi souplement au bout de l'allée centrale, comme si les quatre mètres le séparant du sol n'avaient été que la hauteur d'un vulgaire fauteuil…
- C'est un loup ! s'exclama un Gryffondor en bondissant de sa chaise. Hii ! Un énorme loup carnivore !
Harry regarda autour de lui en couchant les oreilles, craintif. Il se mit à marcher, sur ses quatre pattes et il rejoignit McGonagall qui avait contourné la table des professeurs, une stupeur sans nom sur le visage. Des mains effleurèrent sa fourrure, timidement, quand il longea l'allée, entre les tables de Gryffondor et Serdaigle, mais le brun les ignora.
- Po… Potter ? bafouilla McGonagall en descendant de l'estrade, quand le Gryffondor fut à quelques coudées d'elle.
- Lui-même, répondit Harry d'une voix rocailleuse, grave et chaude. Heureux de vous revoir, professeur McGonagall...
- Mais… Mais… Nom d'un Dragon, professeur Rogue ! aboya-t-elle soudain en direction de Rogue qui eut un mouvement d'épaules dans son fauteuil. Qu'est-ce que cette mascarade ?
- Madame, intervint Harry. Il n'y est pour rien. Je vous expliquerais tout plus tard...
Le brun se redressa alors sur ses jambes et McGonagall porta une main à son cœur, déjà bien secoué. La bête au pelage noir et aux yeux d'émeraude qui se tenait devant elle faisait près de deux mètres de haut et son torse large n'était pas très attrayant tant il reflétait une puissance hors du commun.
Dans son dos, Harry entendit les élèves parler entre eux. Lorsqu'il se retourna, tout le monde se tut aussitôt. Le brun s'assit alors sur son postérieur en restant droit, comme toutes les fois où il avait discuté avec Rogue, les jours précédents, et il dit :
- Vous n'avez pas à avoir peur de moi, les enfants. Je suis inoffensif et cette apparence de loup que je me suis donnée cache des blessures bien plus affreuses dont j'ai décidé de vous épargner la vision… à tous.
Disant cela, il regarda Rogue et McGonagall tour à tour puis il ajouta :
- Comme le professeur McGonagall vous l'a dit tout à l'heure, je ne souhaite pas que ma présence dans ce château soit révélée au Ministère et encore moins aux journaux. Je ne suis pas… présentable…
Les élèves hochèrent vivement la tête, tendus. Le brun regarda Rogue qui lui fit un signe de tête puis il dit :
- Je vais m'installer dans ce château jusqu'à ce que je retrouve mon apparence d'origine. Comme je l'ai dit tout à l'heure, j'ai subit de très graves blessures il y a vingt-cinq ans et depuis je ne suis plus… regardable. Voilà pourquoi je me suis enfui sans rien dire à personne… pour éviter que mes proches souffrent de mon aspect. Même si pour vous, mon histoire ressemble plus à une légende... Vous ne me connaissez pas, vous êtes bien trop jeunes, mais vous avez tous lu les livres qui me sont consacrés, j'en suis certain.
Dans le silence de la salle, un bras se leva. Harry tourna la tête et McGonagall fit signe à la jeune fille de parler.
- Quel genre de… blessures ? Des cicatrices ? fit-elle d'une voix rendue faible part la frayeur et l'émotion.
- Si ce n'était que cela, répondit Harry. Les cicatrices sont supportables, on s'y habitue. Non, je n'ai pas de cicatrices, enfin hormis celle qui a fait de moi le Garçon-qui-a-Survécu. Les blessures que je cache sous cette apparence de loup sont dues à la Magie Noire. Lorsque j'ai abattu Voldemort, un sortilège, que je pense, il s'est infligé à lui-même, m'a contaminé. Ses immenses pouvoirs m'ont été transférés et mon corps ne l'a pas supporté. Il s'est transformé, de la même manière que celui de Voldemort, mais à côté de moi, lui était regardable…
Il y eut des murmures dans la salle. Harry perçu certains regards abasourdis, d'un air de dire « S'il trouve que Voldemort était regardable c'est que ca doit être grave ce qu'il a… »
Un silence passa puis McGonagall demanda :
- Où logez-vous monsieur Potter ?
- Dans la Salle sur Demande.
- Enfin je veux dire…
- Oh vous parlez d'avant ? Sur la côte, non loin d'ici. Je m'étais approprié une grotte à mi-falaise. J'ai des aptitudes hors du commun, de nouveaux pouvoirs que j'ai su apprivoiser avec le temps… A présent, je me sers aussi bien de la Magie Blanche que de la Magie Noire, elles cohabitent toutes les deux en moi.
McGonagall hocha la tête, pâle. Elle regarda ensuite les élèves puis elle signala à tous de filer en cours. Les professeurs se levèrent les uns après les autres, contournèrent la table et s'approchèrent de Harry qui resta sans bouger, posé sur son arrière-train, le dos droit et les bras croisés, pas du tout menaçant.
- C'est incroyable, monsieur Potter, fit Sinistra en approchant une main tremblante. Je peux ?
Harry ferma les yeux et ses oreilles se couchèrent en arrière quand la sorcière posa sa main sur sa tête. Elle la retira cependant rapidement, se souvenant que c'était un homme qu'elle avait devant elle et non un véritable loup.
- Hallucinant…
Harry tourna la tête et vit Hagrid. Dépassant tout le monde de plusieurs centimètres, Le professeur de Soins aux Créatures Magiques semblait bouche bée.
- Hagrid reprenez-vous, grogna McGonagall.
- Vous savez ce que c'est comme loup ? demanda le professeur de sa voix rude. Un Loup des Montagnes ! Je ne connais personne qui en ai vu un vivant depuis des siècles !
- C'est Potter, persifla la Directrice, visiblement de méchante humeur.
- Mais c'est aussi un spécimen d'une race invisible, dit Rogue. Hagrid a raison. Potter, vous avez choisi cette apparence…
- En fonction de ce que j'avais déjà comme… atouts… répondit le Gryffondor en montrant ses grandes mains griffues. Je serais bien devenu un Cerf, comme mon Patronus mais un herbivore avec des griffes pareilles, c'est moyen.
- J'imagine, fit Rogue en plissant le nez. Professeur Lorne…
- Oui ?
- Qu'en pensez-vous ?
Harry regarda ledit professeur et vit une femme blonde, grande, à la mâchoire carrée et au regard bleu saisissant. Il comprit qu'elle était le professeur de DCFM rien qu'au regard avide qu'elle posa sur lui mais il ne comprit pas très bien pourquoi il l'intéressait à ce point.
- C'est un spécimen impressionnant, fit-elle, les bras croisés en opinant du chef lentement. Un authentique spécimen, exactement comme ils sont décrits dans les livres par les rares personnes qui ont pu en voir un vivant. Madame la Directrice, me permettriez-vous de faire un cours sur les Loups des Montagnes dans la semaine ? Enfin si Monsieur Potter est d'accord bien entendu.
- Avec joie, fit Harry. Bien que je doutes pouvoir vous êtes d'un grand secours car je ne suis qu'un homme...
- Si Monsieur Potter est d'accord… grommela McGonagall.
Harry regarda la vieille femme. Sous sa mauvaise humeur elle cachait bien évidemment son soulagement de le voir revenir vivant, mais elle lui en voulait aussi très clairement.
Se promettant de lui parler tranquillement plus tard, Harry reporta son attention sur les autres professeurs. Soudain la cloche sonna et ils s'égaillèrent comme une volée de moineaux.
- J'ai faim, fit Harry à Rogue qui l'interrogeait du regard.
- Servez-vous, fit ce dernier en montrant les plats alignés sur les tables.
- Vous savez, manger pendant vingt-cinq ans de la viande crue ou cuite, c'est lassant, répondit Harry en saisissant un petit pain qui eut la taille d'une miette dans sa paume. Je chassais moi-même mes repas quand je n'ai plus eut d'argent pour les acheter…
McGonagall marmotta quelque chose et Harry la regarde, étonné.
- Pourquoi êtes-vous aussi rude, Madame ? demanda-t-il. Vous m'en voulez pour quoi au juste ?
- Allons, vous ne vous en doutez pas ? siffla le femme, les sourcils froncés.
- Heu… fit Rogue. J'ai un cours…
Il fila alors sans demander son reste et Harry fixa McGonagall de son regard vert. La vieille femme le regarda puis elle soupira soudain et décroisa les bras.
- Je vous en veux parce que vous nous avez abandonnés, Potter ! fit-elle. Nous aurions très probablement pu vous aider, mais vous avez préféré fuir comme un lâche…
- Je ne suis pas un lâche ! aboya Harry en faisant sursauter la femme. Le seul lâche que je connais est mort et enterré depuis vingt-cinq ans ! Cessez de dire cela. Si je suis partit c'est pour vous protéger, vous, mes amis, ma famille. Je n'avais aucune envie de vous imposer la vision de mon corps se transformant, déformé, abimé, par la Magie Noire. De plus je suis devenu extrêmement violent quand le sortilège a prit possession de mon esprit. J'ai fait fuir un village entier de Moldus rien qu'avec mes cris de douleur ! Maintenant, ils pensent que ce village est maudit !
McGonagall pinça les lèvres. Harry baissa soudain la tête en soupirant puis il tendit une main vers la vieille sorcière en disant :
- Donnez-moi votre main, je vais vous montrer à quoi je ressemble sous cette apparence de loup…
- Potter… Si vous ne…
- Vous cesserez peut-être de m'en vouloir, répliqua Harry pour la faire taire.
McGonagall ravala ce qu'elle allait dire puis, tremblante, elle tendit une main ridée et osseuse. Harry la prit délicatement entre ses griffes puis il ferma les yeux et transmit à la vieille femme la silhouette de son corps à contre jour puis quelques images de ses mains griffues et déformées. Ce fut la Directrice qui brisa le contact en retirant sa main et Harry la regarda avec pitié.
- Vous… fit-elle en s'adossant à une table. Vous...
- Je suis un monstre, Madame…
- C'est… C'est affreux… Cette peau noire et luisante… Et ce corps désarticulé…
- Vous comprenez pourquoi je n'avais aucune envie de que vous subissiez ça, tous ? Vous êtes la seule famille qu'il me reste… Vous, Poudlard, les Weasley… Je n'ai personne d'autre à part vous tous… et je n'avais aucune envie de vous faire fuir.
- Nous… Nous nous y serions habitués et…
- Non, fit Harry en secouant la tête. Au bout de vingt-cinq ans je ne me suis toujours pas habitué à me voir ainsi… Je suis un Monstre et rien n'y changera. Je suis venu ici demander de l'aide au professeur Rogue qui est le plus proche de moi et le seul capable de m'aider… sans vous offenser, Madame, mais un professeur de Potions contre un professeur de Métamorphose, il n'y a pas photo.
- Je… Je comprends, fit la femme, encore secouée. Bien… Bien, allez… Allez chasser ou… ou je ne sais quoi…
Harry fit un signe de tête puis il se releva sur ses jambes et marcha de sa démarche déhanchée jusqu'aux portes de la salle. Arrivé, il tourna à demi la tête et vit la vieille femme se laisser tomber sur une chaise en soupirant. Il baissa les yeux, conscient de l'avoir secouée, mais il quitta néanmoins la salle et traversa le hall d'entrée en quelques enjambées. Arrivé aux Grandes Portes, il sortit sur le perron, regarda les élèves aller et venir, ceux allant chez Hagrid et ceux allant dans les Serres, puis il secoua la tête et se jeta en avant. Il partit ensuite à fond de train, sur ses quatre pattes, jusque dans la Forêt Interdite où il allait bien trouver un lapin à se mettre sous la dent...
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- Quand doivent-ils arriver ?
- D'un instant à l'autre.
Allongé sur le large rebord de la fenêtre qui donnait sur la Forêt Interdite, dans le bureau de McGonagall, Harry était nerveux.
- Stop ! s'exclama soudain Rogue. Cessez de faire ça, martela-t-il, les dents serrées.
Harry serra son poing. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il griffait la pierre, y traçant quatre sillons verticaux en arrosant copieusement le tapis de poudre blanche, ni que le bruit qui en résultait était insupportable pour des humains. McGonagall, si elle ne dit rien, n'en pensait pas moins que Rogue et Harry s'excusa en marmonnant.
Soudain la cheminée rugit et ses flammes jaillirent hors de l'âtre. Lorsqu'elles disparurent, elles avaient déposé sur le tapis Hermione, Ron et Drago Malefoy.
- Miss Granger, Monsieur Weasley, Monsieur Malefoy, les salua la vieille Directrice. Bienvenue à Poudlard.
- Ravi d'être de retour, fit Malefoy de sa voix traînante. Même si j'ignore pourquoi vous m'avez fait sortir de mes dossiers...
Harry ne pu s'empêcher de frémir et la fourrure de son dos se hérissa comme s'il allait attaquer. Ses griffes se plantèrent sauvagement dans la pierre quand il serra sa main droite, étant couché sur son bras gauche replié sous sa poitrine.
Le bruit fit tourner la tête aux cinq sorciers présents et les trois plus jeunes blêmirent aussitôt, s'il était possible d'être encore plus pâle pour Malefoy et Ron.
- Nom d'un Dragon… siffla Hermione. Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
- Ca, fit McGonagall en crispant les mâchoires. C'est Monsieur Potter…
Harry cru que la mâchoire d'Hermione allait tomber sur le tapis tant sa bouche s'ouvrit grande sous la stupeur.
- Ha…Harry… balbutia-t-elle. C'est… Harry ?
Harry cligna des yeux et Malefoy dit :
- Je reconnaîtrais ces yeux entre des milliers… C'est bien lui, Granger…
Les yeux d'Harry se plissèrent, prouvant qu'il souriait. Il se releva alors sur ses bras, descendit du rebord de la fenêtre et s'approcha, solidement campé sur ses longues jambes musclées couvertes d'une épaisse fourrure noire luisante, ses bras laissés ballants.
De sa hauteur il toisait facilement Rogue, le plus grand de tous, et Hermione, la plus petite, se sentit brusquement encore plus petite. Elle bafouilla quelque chose et Harry s'accroupi.
- C'est bien moi, Mione… fit-il doucement. Je suis rentré... enfin.
Les deux mains sur la bouche, la jeune femme ferma étroitement les yeux et soudain, elle se jeta au cou du Gryffondor qui l'entoura de ses longs bras en se gardant de lui planter ses griffes dans le dos.
- Harry ! Oh Harry ! glapit Hermione au milieu d'un torrent de larmes. Harry !
Harry serra sa tête contre celle de la jeune femme puis il regarda ses deux amis et s'aperçu brusquement que les deux professeurs avaient mit les bouts. Il les remercia silencieusement et Hermione recula. Elle leva les mains, hésita puis les posa de part à d'autre du crâne de Harry en ancrant son regard chocolat dans le sien, son visage ravagé de larmes.
- C'est toi, fit-elle. C'est bien toi… Enfin...
- Oui, répondit Harry.
Ses griffes triturèrent le pull d'Hermione, comme un chat faisant pattes de velours et soudain, deux mains se posèrent sur ses bras massifs de chaque côté de lui. A droit se tenait Ron, à gauche, Malefoy, tous deux apparemment incapables de prononcer un seul mot, le visage crispé.
- Je suis si content de vous revoir mes amis, fit-il. Vous m'avez tant manqué…
- Et nous donc ! s'exclama soudain Ron, les yeux rougis.
Hermione recula et le rouquin agrippa Harry par son cou massif et le serra fortement. Harry lui rendit sa violente étreinte en gardant ses griffes repliées contre ses paumes et, tournant la tête, Harry regarda Malefoy qui secoua la tête, apparemment troublé. Il déglutit difficilement et ses yeux clignaient trop vite pour que soit normal.
- Je n'en reviens pas, se décida-t-il enfin à dire. Tu es… là, devant moi, mais je n'en reviens pas… C'est comme dans un... rêve, ce rêve qui me hante depuis vingt ans, et dans lequel je te vois franchir une porte comme si de rien n'était en lançant un salut à la cantonade...
Sa voix se brisa soudain et, détachant un bras de Ron qui recula, Harry leva une main et de la griffe de son index, effleura la joue du blond qui ferma les yeux. Le brun dit alors :
- Après tant d'années… Je suis désolé, reprit-t-il à l'adresse des trois. Pardonnez-moi d'avoir disparu aussi longtemps et sans rien dire… Je… Je n'avais pas le droit de…
- Tais-toi Harry, dit alors Hermione. Explique-nous tout plutôt, au lieu de te répandre en excuses que nous ne comprenons qu'à moitié… Que s'est-il passé ? Tu as disparu si vite... sans rien dire...
Ron et Malefoy hochèrent la tête, refoulant leurs larmes, puis Harry se cala sur une cuisse et les trois autres s'assirent à même le sol en face de lui. Hermione convoqua seulement quelques gros coussins d'un claquement de doigts et Harry la regarda, stupéfait. Hermione sourit largement.
- Magie Vive, fit-elle. Je claque des doigts et j'ai ce que je désire. Bien entendu, il se peut qu'en ce moment-même… en classe de Divination… quelques élèves protestent un peu…
- Hermione ! gronda Ron.
- C'est l'inconvénient de la Magie Vive, ce que j'invoque disparait forcément de quelque part, se défendit la brunette. Harry, fit-elle ensuite. Nous t'écoutons…
Le brun hocha la tête puis il attaqua son histoire, une version améliorée de celle qu'il avait servi à Rogue, ou encore à McGonagall et aux élèves le matin-même, ses interlocuteurs cette fois-ci ayant le droit de connaitre toute la vérité enfin une partie pour l'instant...
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A son grand étonnement, quand Harry eut terminé de tout raconter dans les moindres détails les vingt-cinq dernières années, en faisant passer le temps à grande vitesse, bien entendu, les trois sorciers en face de lui n'avaient pas émit un seul son. Hermione pleurait silencieusement, broyant la main de Ron dans la sienne et Malefoy, tendu à l'extrême, semblait retenir avec grande peine, une vague de larmes…
Toujours assis au beau milieu du bureau de McGonagall, cela faisait trois heures que le Gryffondor racontait son histoire et pas un n'avait bougé ni parlé.
- Vous ne dites rien ? demanda-t-il une fois qu'il eut terminé sur un « Vous connaissez la suite. ».
- Que veux-tu que nous disions ? demanda Hermione après avoir déglutit, s'essuyant les joues de ses mains. Tu as… vécu un enfer… Au-Aucun mot ne sera jamais assez fort pour le décrire…
- N'avez-vous pas de questions ? Aucune ?
- Tu es partit pour nous éviter à tous la douleur de te voir dans l'état que tu nous décris, répondit Ron. Nous devrions t'en vouloir à mort de nous avoir abandonnés ainsi, sans rien dire, mais… Je n'y arrive pas…
- Moi non plus, admit Hermione.
- Et toi ? demanda Harry à Malefoy. Est-ce que tu m'en veux de t'avoir abandonné ?
Le blond se contenta de secouer la tête puis il dit :
- En fait oui, mais c'est un peu de ma faute, c'est toi qui devrais m'en vouloir, Potter…
- Rien n'est de ta faute, Malefoy, répondit Harry. Tu as eut peur, tu as eut raison de t'en aller. J'aurais pu te faire du mal s'en m'en rendre compte et je… jamais je ne me le serais pardonné si je t'avais blessé de quelle manière que cela soit.
Les deux Gryffondors regardèrent l'échange avec un peu de surprise mélangé à de la jalousie. Leur ami leur avait raconté comment, pendant les quatre premiers mois après la découverte de la « maladie », Malefoy l'avait aidé, secrètement, pour la combattre. Le brun n'avait pas eut besoin de le dire pour que les deux autres comprennent qu'il s'était passé quelque chose de fort entre ces deux-là pendant ces quatre petits mois…
- Que va-tu faire maintenant ? demanda soudain Hermione, brisant un silence gênant après s'être mouchée discrètement.
- Faire ? Hé bien… Je vais rester dans ce château, auprès de Rogue principalement. Je l'ai choisit pour qu'il m'aide à retrouver mon apparence première. Je veux redevenir humain, je ne supporte plus mon corps…
- Celui-ci est très… beau, fit Hermione.
Elle rougit aussitôt et le brun sourit, découvrant ses dents dangereuses, puis il dit :
- Celui-ci oui, mais tu n'aimerais pas voir ce qui se cache sous cette apparence.
- Moi je crois savoir…
Harry tourna la tête vers Malefoy qui reprit :
- Quand tu m'as parlé… Quand j'étais chez moi…
- Oui, dit Harry en hochant la tête. Je t'ai montré ma main telle qu'elle était alors… et pourquoi je refusais de me montrer à toi...
- Montre-nous, fit Hermione. S'il te plait...
Harry ferma les yeux et Malefoy dit :
- Je vais le faire… Donnez vos mains…
Tendant les mains, Ron et Hermione les posèrent sur celles du blond qui, en une fraction de seconde, leur transmis l'image qui ne quittait plus ses cauchemars depuis qu'Harry la lui avait montrée, quelques temps avant Noël.
- Merlin ! s'exclama Hermione en lâcha brusquement la main de Malefoy. Mais qu'est-ce que… c'est ?
- Un monstre, fit Harry. Sous cette fourrure, je suis un monstre au corps déformé, à la peau noire et luisante comme du cuir bien huilé… Je ne suis plus humain. La Magie Noire m'a transformé.
- Comme… Voldemort ? demanda Ron.
Harry le regarda.
- A côté de moi, Voldemort était beau… Je ne suis qu'un pantin désarticulé, grand, maigre... et horrible.
La stupeur qui s'afficha sur le visage des trois sorciers aurait pu faire rire Harry si le moment n'était pas aussi lourd. Reprenant, le Gryffondor dit :
- J'ai décidé de quitter ma grotte un mois avant Noël environ et je me suis refugié ici. Avant cela, j'ai prit cette apparence en ignorant totalement que ce loup existait.
- Tu as prit l'apparence d'un Loup des Montagnes, dit Hermione. C'est un loup humanoïde puissant, autant physiquement que magiquement, très intelligent et extrêmement dur à apercevoir, même sur son propre territoire. La plupart du temps ils ne sortent au grand jour que pour chasser mais ils déploient une telle quantité de magie que même si quelqu'un, sorcier ou non, se trouvait à un mètre de lui, il serait incapable de le voir.
Harry ne fut pas surpris que son amie en sache autant sur une bête quasiment inconnue. Hermione avait la réputation d'être une encyclopédie sur jambes du temps de leur scolarité et apparemment, cela n'avait pas changé.
Après un bref silence, Harry dit :
- A vous de me raconter vos vies maintenant. Qu'êtes-vous devenus après Poudlard ? Je veux tout savoir dans les moindres détails !
L'atmosphère se détendit brusquement et Hermione ouvrit la bouche pour parler en même temps que Malefoy mais, en parfait gentleman, le Serpentard lui fit signe de continuer. Elle lui sourit puis la jeune femme entama son récit :
- J'ai quitté Poudlard en 1997 comme nous tous. Après l'enterrement de Voldemort, et ta disparition, Harry, j'ai commencé des études de Magie Vive, d'abord par correspondance, pendant un an, mon Maître ayant trop à faire avec la célébration de la disparition du Mage Noir, comme toute la populace sorcière. Moi cela m'arrangeait, je pouvais ainsi me consacrer à ta recherche en parallèle. Ensuite, début 99, je suis partie en suède et j'y suis restée six ans. J'ai quitté mon Maître en 2004 et je suis revenue en Angleterre : j'avais appris la Magie Vive et je ne me servais désormais plus du tout de ma baguette magique, que j'ai toujours sur moi cependant.
Elle secoua sa manche pour montrer qu'elle la portait à cet endroit, puis elle reprit :
- Sans grande conviction, je me suis présentée à McGonagall en lui montrant ce que j'avais apprit. A ma grande surprise elle a crée devant moi une nouvelle matière au programme scolaire des sixième et septième années, la Magie Vive, en option, et m'a embauchée comme professeur titulaire sans période d'essai. Elle avait confiance en mes aptitudes. En juin 2005, Rogue a été relâché d'Azkaban pour bonne conduite. Il est revenu direct ici, sa seule maison et sa seule famille. Célibataire, je passais le plus clair de mes vacances au château, à améliorer et perfectionner mes cours encore légers. L'été 2005 a été particulièrement éprouvant car il faisait une chaleur étouffante, aussi bien dehors qu'à l'intérieur du château et la plupart des résidents passaient le plus clair de leur temps à déambuler dans le parc, à l'ombre des arbres de la Forêt Interdite ou à se baigner dans le Lac Noir. C'est Rogue qui a le plus souffert de cet été là… à peine libéré de prison. Il passait toutes ses journées dans ses cahots, au frais, et au bout d'un moment, nous nous sommes mis à nous inquiéter.
- S'inquiéter ? Pourquoi ? demanda Harry.
- Il était revenu en juin et début juillet, il n'avait toujours pas mit le nez hors de ses appartements. Nous ne le voyions même pas aux repas ou dehors. En bonne pomme que je suis, je me suis portée volontaire pour aller m'enquérir de sa santé et je l'ai trouvé prostré dans sa chambre, tournant et retournant sa baguette magique entre ses doigts. Il avait été torturé par les Détraqueurs et par les Gardiens sorciers pendant neuf ans et voilà qu'on le relâchait dans le monde « vivant » sans l'aider ne serait-ce qu'un soupçon à reprendre pied. Quand je l'ai dit à McGonagall, elle m'a demandé de m'occuper de lui…
- Ce que tu as fait, j'imagine, fit Ron, qui ignorait lui aussi les détails de la vie de son amie après Poudlard, chacun ayant prit deux chemins différents tout en restant malgré tout en contact.
Hochant la tête, Hermione ajouta :
- J'avais jusqu'à la rentrée pour le faire sortir de sa torpeur sinon McGonagall le licenciait et le mettait à la retraite. J'ai eut beaucoup de mal, c'est un homme extrêmement têtu. Au début, j'avais l'impression de parler à un mur, il ne me répondait pas ou alors avec quelques grognements ici ou là. Mais je me suis accrochée et il a finit par capituler. Je me suis installée chez lui, aux cachots, et je ne vous cache pas que j'y étais bien mieux qu'au sommet de la Tour de Gryffondor où j'avais logé toute l'année précédente…
- La chaleur là-haut doit être intenable, fit Harry, à peine choqué par ce qu'il entendait, contrairement à Ron et Malefoy qui avaient changé de couleur.
- Ha ça… Après avoir prit mes marques dans son appartement, je suis vite devenue une sorte de « femme au foyer ». Il se reposait beaucoup sur moi, refusant que les Elfes fassent le ménage. Bien entendu, il était hors de question que je devienne une bonniche, j'avais des cours à préparer pour la rentrée, j'étais un professeur, tout comme lui. Je maintenais donc l'appartement en ordre d'un claquement de doigts tout en continuant de travailler et au bout de trois semaines je crois, il s'y est mit aussi. Nul doute qu'il avait bien plus d'organisation que moi car en une semaine il avait abattu deux mois de cours…
- Bourreaux de travail, marmonna Malefoy.
Hermione sourit.
- Fin aout, il allait nettement mieux, il reparlait, quittait son cachot pour m'accompagner aux repas, bref il était guérit de tout ce qu'il avait subit à Azkaban, reprit-elle en triturant sa manche. J'imagine que tout ça n'était qu'une vengeance de la part des partisans de Dumbledore car il avait été emprisonné pour l'assassinat de notre Directeur et quasiment rien d'autre. Son statut de Mangemort ne faisait même pas partie des chefs d'accusation, m'a-t-il avoué un matin. J'étais en train de lire le journal devant mon café matinal et il y avait à la une arrestation massive de Mangemorts…
- Tu vivais… en couple avec lui ? demanda Ron. Tu ne nous as jamais parlé de cette période… la suite oui mais ça...
Hermione pinça les lèvres et dit :
- Disons que nous nous étions habitués l'un à l'autre… Après cela, il a reprit les cours, toujours aussi froid et méchant qu'avant. J'avais réussit, je l'avais réveillé. Un soir, fin septembre je crois, je lui ai annoncé que je retournais m'installer en haut de la Tour de Gryffondor, qu'il n'avait désormais plus besoin de ma présence, mais il a refusé à m'a demandé de devenir sa compagne. J'ai été incapable de refuser…
- Hermione ! gronda Ron. Cela dit, je ne suis pas plus étonné que ça…
- Ron… soupira Harry. Laisse-la continuer, tu veux ?
Ron grogna et la brunette sourit.
- Etonnement, vivre avec Rogue n'était pas un enfer, au contraire. Je n'ai pas honte à le dire, ne prenez pas ces mines scandalisées… En quelques semaines, je me suis rendue compte que j'étais en train de tomber amoureuse et j'ai ressentit la plus grande terreur de ma vie. En mars 2006, alors que nous vivions ensembles depuis six mois, nous sommes devenus le premier couple de professeurs à enseigner dans le même collège. Nous sommes restés ensembles six ans. En septembre 2011, j'ai accouché de Jason, mon ainé… et là tout a dérapé.
- Dérapé ? demanda Malefoy. Oh je sais pourquoi…
Harry et Ron lui balancèrent un regard interrogateur et ce fut Hermione qui répondit :
- Quand Mrs Pomfresh a déposé Jason sur mon ventre juste après la naissance, j'étais la plus heureuse des femmes mais ca n'a pas duré. Pendant toute ma grossesse je n'ai cessé de demander à Severus si le bébé allait avoir la Marque des Ténèbres. Il me répondait toujours par la négative et à la naissance… Je l'ai vue, elle, cette horreur, sur le minuscule bras de mon fils… Je me suis effondrée… et notre couple avec.
- La Marque des Ténèbres se transmet de père en fils ? fit Ron, surpris.
Harry paraissait tout aussi abasourdi et il regarda Malefoy qui baissa la tête en disant :
- Mon fils a la Marque sur le bras également… Rogue pense que Voldemort a jeté un sort à ses Mangemorts de l'époque pour que la Marque se grave dans leur ADN et qu'ainsi, personne n'oublie le Lord Noir après sa chute… Je ne vois pas d'autre explication possible... Quand mon fils est né, j'ai retourné l'histoire dans tous les sens, je n'ai rien trouvé de meilleur...
Hermione hocha la tête.
- Toujours est-il que j'ai tenu trois mois avant de craquer. J'ai quitté Severus, enfin nous avons rompu d'un commun accord. Je me sentais trahie. J'ai quitté mon poste et je suis allée m'installer dans le monde Moldu, à Londres pour y élever mon bébé. J'y ai rencontré mon actuel mari trois ans après, Lewis Gaspard à qui j'ai donné deux filles, des jumelles, en 2017. Auparavant, en 2015, je suis retournée à Poudlard sur l'insistance de Lewis. Jason avait quatre ans et je l'ai laissé à Lewis qui savait qui était son père, bien entendu. J'ai reprit mon poste de professeur de Magie Vive pendant huit ans, jusqu'à il y a peu de temps en fait.
- Et tu as réussi à faire des enfants à ton mari tout en assurant tes cours ? Chapeau Granger, fit Malefoy.
- J'ai eut un quatrième enfant, il y a quelques semaines…
- Quatre ! Hé bien, tu ne perds pas de temps, dis-moi !
- Malefoy… fit Harry. Puisque que tu as tant envie de parler, à ton tour.
- Moi, mais ? Bon… Mais ma vie est nettement moins palpitante que la sienne.
- Idem, fit Ron.
- Pas grave, je veux savoir, répondit Harry en secouant la tête. Je veux tout savoir !
Malefoy secoua la tête puis attaqua sa propre histoire.
- Comme nous tous, j'ai quitté Poudlard en juin 1997. Je suis resté chez mes parents pendant environ deux ans après cela, pour m'occuper de ma mère qui n'allait pas très bien à l'époque et aussi te chercher, avec Granger et Weasley. Hermione nous envoyait dans tout le pays dès qu'elle avait le moindre indice pouvant nous rapprocher de toi mais ça n'a jamais rien donné... J'abandonnai les rechercher au bout de cinq ans, la mort dans l'âme, persuadé que nous allions mettre dans peu de temps, un cercueil vide en terre à ton nom... Mais avant cela, comme mon père avait été emprisonné à Azkaban depuis peu, ma mère souffrait terriblement de l'avoir perdu. Le jour de mes vingt ans, on m'a annoncé qu'on m'avait trouvé une épouse et que les noces étaient prévues pour la fin de l'année. Nous étions en juin 2000 et je n'ai vraiment pas bien prit cette nouvelle. Je n'avais aucune envie de me marier avec qui que ce soit, je te cherchais, Potter, corps et âme, et je m'occupais de ma mère en pleine dépression, mais ma famille en avait décidé autrement. En novembre 2000, sous une pluie battante et un orage à déchirer le ciel, j'ai épousé contre mon gré la dernière fille d'un autre clan Malefoy vivant en France : Segma Malefoy.
- Je l'ai vue, dit Harry en hochant la tête. Le jour où je suis allé te voir à Londres… La seule chose qui m'est venue à l'esprit en la voyant est un portemanteau noir particulièrement raide…
- Harry ! s'exclama Hermione. Malefoy, excuses-le…
- Ce n'est rien, il a raison, répondit el blond en souriant. Segma est la pire femme qu'il m'eut été donné de voir. Belle mais froide, sans pitié, elle aurait été la maitresse de Voldemort que cela ne m'aurait guère étonné. Mais non, elle ne trempait pas dans la Magie Noire… Elle la caresse quand même, hein, comme tout le monde…
- Etonnant pour un membre de la famille Malefoy de ne pas y être adepte, fit Ron.
- Je ne te le fait pas dire, Weasley, répondit le Serpentard avec un hochement de tête. Mais toujours est-il que je n'ai jamais réussit à tomber amoureux d'elle, même après vingt-trois ans de mariage. Nous avons tout de même réussit à avoir deux enfants, Rodolphus, qui a eut quinze ans l'année passée, et Kezra, qui a dix ans. Cette gamine est adorable. Elle aussi blonde que sa mère est brune et dès l'année prochaine, elle sera admise ici... ou pas. Cela dépendra de l'humeur de « madame »…
- Et ton fils ? demanda Hermione. Je ne l'ai jamais vu à Poudlard…
- Sa mère a absolument tenu à ce qu'il étudie à Durmstrang, grimaça le Serpentard. Mais ce n'est pas un fils que j'ai ce sont des ennuis ambulants. Il fait les bêtises les plus incroyables, la dernière en date a été de faire exploser le laboratoire de potions… Il a immédiatement été renvoyé à la maison et nous avons reçue une lettre quelques temps avant Noël du Directeur qui nous signalait qu'il ne voulait plus de notre fils dans son établissement… trois mois après la rentrée scolaire…
- Inscrit-le ici, dit Harry. Je vais le mater…
Il montra les dents et Malefoy eut un petit mouvement de recul :
- Mon fils n'est pas un casse-croute Potter… Et pour info, il est ici mais c'est un garçon très discret… McGonagall a accepté de le prendre ici pour le reste de l'année scolaire et en septembre, il sera officiellement inscrit en cinquième année. Cela dit, ma femme est une vraie mégère. Déjà que je ne m'entendais pas spécialement bien avec elle, nous faisons chambre à part depuis le début, elle a même un amant depuis plusieurs années, je crois, mais alors là, cette lettre c'était le bouquet... De plus elle m'a accusé que c'etait de ma faute à moi... ben voyons.
- Ta femme a un amant et tu la garde ? fit Ron, choqué.
- La seule fois où nous avons partagé un lit ce fut pour concevoir nos enfants, Weasley, répondit le blond en fronçant les sourcils. Segma fait bien ce qu'elle veut de sa vie, je m'en fiche royalement. Et crois-moi, je n'ai qu'une envie, déchirer ce stupide parchemin qui nous lie à jamais mais je n'en ai pas le droit. Les Malefoy ne divorcent pas...
Hermione pinça les lèvres mais ne dit rien. Harry regarda alors Ron qui remua sur son coussin en disant :
- Tu sais, moi j'ai eut une vie bien calme… Je suis le Gardien titulaire des Canons de Chudley et j'ai rencontré ma femme sur un terrain de Quidditch… Elle s'appelle Annabelle et jusqu'à la naissance de notre fille Marcia, elle était Poursuiveuse. Depuis elle est à la maison, elle s'occupe de Marcy.
- Je me souviens de ta femme, fit Harry.
- Comment ça ? demanda Hermione, surprise.
- Je me tenais au courant, que crois-tu ? Chaque jour je volais le journal dans la ville voisine de là où je vivais. Je me cachais sous un sortilège de Désillusion puis j'allais faire mes emplettes. Au début, je les achetais mais j'ai vite manqué d'argent alors après je me suis résigné à les voler. J'ai lu dans un des journaux que j'avais volé que tu avais épousé une jeune femme de ton équipe, fit-il à Ron. Elle était très belle…
- Mais elle l'est toujours, même après dix ans, répliqua le rouquin. Et Marcy est encore plus belle, un véritable rayon de soleil. Elle aura cinq ans l'année prochaine.
- Si elle est aussi rousse que toi, je ne doute pas de sa beauté, répliqua Malefoy avec un sourire goguenard.
Les quatre amis éclatèrent de rire et soudain, on frappa à la porte.
- Entrez, Madame ! s'exclama Harry.
Les trois autres le regardèrent de travers quand il leur apparut que c'était bien McGonagall de l'autre côté de la porte.
- Dites jeunes gens, il est passé midi… Pas que la Salle des Professeurs ne soit pas confortable mais j'aimerais grandement récupérer mon chez-moi, si vous n'y voyez pas d'inconvénients…
- Midi ! s'exclama Hermione en regardant sa montre. Merlin, j'ai dit à Lewis que je ne rentrerais pas tard. Je dois filer...
Les jeunes sorciers se levèrent d'un même mouvement. Seul Harry resta assit, se contentant de se redresser, étant aussi grand que ses amis debout.
- Porte-toi bien Harry, fit la brunette en l'enlaçant. Je ne pense pas revenir à Poudlard avant plusieurs semaines, être ici m'est très difficile en ce moment… Mais je sais que tu es entre de bonnes mains. Je suis si content que tu sois revenu, je n'avais jamais accepté ta mort, tu sais… Je n'y croyais pas…
McGonagall eut un sourire puis la jeune femme récupéra sa cape et se dirigea vers la cheminée après avoir salué Malefoy et Ron d'une accolade, gratifiant McGonagall d'un signe de tête.
- Qui d'autre souhaiter partir ? demanda la sorcière.
- Si cela ne dérange pas, nous allons rester encore un peu, fit Ron.
- Pas du tout, mais allez discuter ailleurs, il y en a qui travaillent, grommela la vieille sorcière. Aller, ouste.
Harry hocha la tête puis il se mit sur ses quatre pattes et sortit du bureau. Il dévala l'escalier mouvant en quelques bonds et attendit en bas ses deux amis qui préfèrent se laisser porter plutôt que se briser le cou.
- On dirait un chiot, fit Malefoy en voyant Harry assit devant eux, au beau milieu du couloir, les oreilles dressées.
- J'aime bien, fit le brun en découvrant ses dents éclatantes. Je n'ai pas vu de gens pendant tellement longtemps que j'ai une envie de faire le con, vous ne pouvez pas savoir à quel point !
Sur ce, tel un jeune chien fou, il bondit en l'air puis s'éloigna en trottinant.
- Rappelle-moi quel âge il a ? demanda Malefoy.
- Hé bien… Quarante-trois ans, comme nous…
- Hum…
Ron sourit puis ils suivirent tous les deux le brun qui leur aboyait de se dépêcher car il avait très faim.
- Pauvre de nous ! s'exclamèrent les deux garçons d'une même voix avant de s'esclaffer.
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Et voilà ! Chapitre 7 bouclé ! A demain pour le 8 et n'oubliez le petit com ! J'adore vous lire !
Bisoux !
