Chapitre 6

Suprématie fantomatique

Dès que Kagami avait entendu les mots « Kagami salue son petit-ami correctement » il s'était fermé au reste du discours de son coach et s'était empressé d'enlacer Kuroko. Un coup assené entre les côtes du tranchant de la main lui avait remis les idées en place. Un « plus tard, Kagami. Écoute d'abord ton coach ! » lui indiqua la marche à suivre. Il s'immobilisa donc, passa un bras autour de la taille de son petit-ami et porta son attention sur son coach.

Il avait ainsi appris qu'un match d'entrainement serait organisé après le footing et que Kuroko y participerait. Ce qui retarderait d'autant plus les retrouvailles. Satané coach !

C'est donc en manifestant sa mauvaise humeur qu'il écopa de deux tours de plus. Et ben voyons... le sadisme devait être une aptitude obligatoire pour devenir coach ! D'ailleurs, maintenant qu'il y repensait, Kuroko aussi était entraîneur. Ce devait être l'exception qui confirmait la règle, décida-t-il. Quoique…se ravisa-t-il en se remémorant toutes les fois où Kuroko l'avait persécuté avec son clone canin. Il était forcé de l'admettre : Kuroko était tout aussi sadique. Il espérait cependant que ce trait de caractère ne se manifestait pas dans la chambre à coucher parce que lui, les chaînes et le fouet…Il frissonna. Très peu pour lui. Par jeu, il s'amusa à imaginer Kuroko dans un ensemble de cuir noir lui laissant le torse et les fesses à l'air et sentit son anatomie répondre d'une manière non appropriée au moment présent.

Le « filez ! » de son coach le tira de son scénario interdit aux moins de dix-huit ans. C'est avec un soulagement évident qu'il constata qu'aucun de ses coéquipiers n'avait remarqué le léger renflement dans son short.

Calme-toi, s'exhorta-t-il en essayant de penser à autre chose.

Les différentes phases du match de la veille opposant les Chicago bulls aux Lakers n'ayant rien donné, il se força à penser à la créature la plus dangereuse, la plus retorse, la plus effrayante du règne animal…un chien. Le chihuahua de sa voisine s'imposa à son esprit et les poils de ses bras se hérissèrent.

Succès total.

Que ce chien soit aussi actif qu'une marmotte en plein hiver importait peu à Kagami tant qu'il obtenait le résultat désiré :

Junior s'était enfin rendormi.

Il se tourna vers Kuroko et lui prit la main pour le mener vers les bancs de touche. Il prit sa bouteille d'eau, but une longue gorgée et s'essuya le visage. Puis s'asseyant, il attira Tetsuya entre ses genoux et cala son visage contre le ventre de celui-ci. Tetsuya eut un sourire indulgent et passa tendrement sa main dans les cheveux de son vis-à-vis.

- Tu m'as manqué, Tetsu.

- Tu m'as manqué aussi.

- Quand t'installes-tu aux States ?

- je ne sais pas encore exactement. J'ai déjà donné ma démission pour mes deux boulots. J'ai aussi contacté une société de déménagement et j'ai failli faire une attaque quand ils m'ont annoncé ce que ça allait coûter.

- L'argent n'est pas un problème.

- Je sais, mais tu risques quand même de trouver la note salée.

- Peu importe si je t'ai auprès de moi. C'est tout ce qui compte pour moi.

- Qu'est-ce-que tu veux que je réponde à cela ?

- Je t'aime ?

Tetsuya eut un sourire tendre et répéta docilement :

- Je t'aime.

- Au fait ! s'exclama Kagami. Je ne te l'ai pas demandé plus tôt mais ça m'intrigue : où est Nigou ? Il est resté chez ton père ?

Tetsuya se rembrunit.

- Je n'ai plus de père. Ce salaud a menacé de faire piquer Nigou. Je l'ai confié à Riko. Ça fait trois ans que je ne l'ai pas vu.

-Trois ans ! Mais tu adorais ce chien !

- Je n'avais nulle part où aller, qu'aurai-je fait de lui ? Je savais qu'il serait bien avec Riko. Hyuga et elle adorent ce chien.

- Pourquoi tu me parles de Hyuga ?

- Ils sortent ensemble depuis la fin du lycée. Ils ont l'intention de se marier dès la fin de leurs études. Riko a encore plusieurs années d'études avant de pouvoir exercer.

- Et Hyuga ?

- Lui, il bosse déjà. Il s'est engagé dans l'armée.

- Militaire ? s'esclaffa Kagami. Ça lui va comme un gant.

- ça fait trois ans déjà. Actuellement, il est en train de travailler l'examen pour passer officier. Ensuite il sera intégré à une nouvelle unité et il pourra être muté n'importe où. C'est pour cela qu'ils veulent se marier dès que possible. En tant qu'épouse, Riko sera autorisée à le suivre dans ses déplacements.

- Ce qui m'étonne, c'est que le père de Riko l'ait laissé en vie.

- Il ne l'a pas accepté pour autant. Il refuse toujours de l'appeler par son nom. Le Binoclard, qu'il l'appelle.

- Je n'arrive pas à y croire : Riko et Hyuga ! Mais pourquoi tu n'es pas allé chercher Nigou quand tu es sorti de la rue ?

- J'avais trop honte. J'ai abandonné mon chien. J'ai perdu le droit de le réclamer.

- N'importe quoi. Tu ne l'as pas abandonné : tu l'as seulement confié à des gens en qui tu avais toute confiance. Il faut que tu le récupères.

- Pourquoi tu insistes tant ? Tu as peur des chiens !

- Plus maintenant, s'exclama fièrement Kagami. Il y a quelques temps, j'ai commencé une thérapie de groupe et je flippe de moins en moins devant un chien. Bon d'accord, le chihuahua de ma voisine me terrifie toujours autant mais Alex a adopté un Golden Retriever et la semaine dernière, je suis même arrivé à le caresser !

- C'est vrai ? Je suis fier de toi. Mais pourquoi as-tu brusquement décidé de faire une thérapie ?

- à vrai dire, je n'en sais trop rien. Je venais de t'inviter à venir me rendre visite et je savais que tu ne viendrais pas sans ton chien. J'avais pas envie qu'on se prenne la tête à cause de cette foutue phobie, alors j'ai décidé de prendre les devants.

- Je t'aime, déclara Kuroko, très touché par cette marque d'amour, même inconscient.

- Alors, tu iras le chercher ?

- ça fait trois ans. Nigou ne se souvient sûrement plus de moi.

- C'est des excuses, ça. Qu'est-ce qui te fait si peur ?

- Riko et Hyuga…Ils ne savent pas, pour moi.

- Ils ne savent pas quoi ? Que tu es homo ou que tu as vécu dans la rue ?

- Les deux.

- Et tu crois qu'ils te jugeraient pour cela ?

- Qui peut savoir ? Je n'aurais jamais cru que mon père me renierait ou qu'il pourrait s'en prendre à Nigou et pourtant il n'a pas hésité.

Kagami sembla hésiter, puis finalement avoua :

- Hyuga savait que j'étais bi. Ça n'a strictement rien changé à nos relations.

- Il savait ?

- ouais, il m'a surpris un soir en train de rouler un palot à un mec. On n'en a jamais reparlé mais je suis sûr qu'il a informé Riko.

Kagami se leva, enlaça Kuroko et lui planta un bref baiser sur les lèvres.

- Je ne crois pas qu'ils te jugeront, Tetsuya. Tu devrais les contacter.

- C'est difficile.

Kagami soupira, abandonnant provisoirement le sujet, et colla son front contre celui de son amour en murmurant de petits riens.

- T'as une tenue de basket ? demanda-t-il soudain.

- Non. Je comptais un peu sur toi pour m'en fournir une.

- Tu n'as plus celle de Seirin ?

Kuroko lui lança un regard blasé :

- Kagami, j'ai pris dix-huit centimètres et trente kilos depuis le lycée. Comment veux-tu que je rentre encore dedans ?

- Ah ouais quand même. Ça te fait combien maintenant ?

- Un mètre quatre-vingt-six pour quatre-vingt kilos, énonça fièrement Kuroko.

- Quatre-vingt kilos !

Kuroko lui jeta un regard sévère :

- C'est du muscle, Taiga.

Kagami se racla la gorge et revint au sujet principal :

- J'ai encore la mienne. Elle devrait t'aller. Je te la donnerai avant d'aller courir.

Le coach Larsky regardait ses joueurs se désaltérer et plaisanter entre eux quand son regard fut attiré par Kagami et son petit ami tendrement enlacés. Il sourit avec indulgence, puis fronça les sourcils en remarquant l'air désapprobateur de certains joueurs. Il croyait pourtant avoir réglé la question quand Kagami avait fait son coming-out si l'on pouvait appeler ainsi une remarque aussi sincère qu'involontaire.

Typique de Kagami.

Il se remémora avec un certain amusement la façon dont c'était arrivé :

Un soir qu'ils étaient tous allés déjeuner dans un Mac'Do, N'Guyen, un des ailiers forts avait fait remarquer une jolie jeune fille à Kagami. Sur la moue dubitative de ce dernier, N'Guyen avait demandé l'avis des autres joueurs. Tous avaient été unanimes : cette jeune fille était « une vraie bombe » pour reprendre les mots poétiques de certains de ses coéquipiers.

- Elle est très attirante, c'est vrai, avait distraitement convenu Kagami mais je préfère le gars qui l'accompagne. Quel cul il a !

- Bin quoi, ajouta-t-il devant l'air stupéfait de son auditoire. Avouez qu'il a un cul d'enfer !

Il marmonna ensuite quelque chose d'incompréhensible d'où ses coéquipiers réussirent à distinguer « préjugés de merde » et « pourquoi je devrai me limiter à un seul sexe ? »

- Quand même pas ma faute si j'ai des yeux pour voir, grommela-t-il sous les huées de ses camarades.

Larsky eut un sourire amusé en repensant au mini-cataclysme qu'avait déclenché la remarque de l'ace. Suite à cela, deux ou trois de ses coéquipiers l'avaient tenu à l'écart et il avait été la cible de remarques homophobes.

Taquinerie ou intimidation ? Difficile à dire, bien qu'il penche plutôt pour la première solution, concernant Svensen et Johnson qui sont d'incorrigibles plaisantins. C'est qu'il les connaissait, les loustics ! Mais pour quelques joueurs, ça paraissait plus sérieux.

C'est pourquoi Larsky, qui craignait que la bisexualité de Kagami ne crée des dissensions dans l'équipe, avait tout de suite mis les points sur les i : l'appartenance ethnique, la religion ou la sexualité des joueurs n'avaient pas leur place dans cette équipe. Quiconque était en désaccord avec ce principe était libre de partir : il ne le retenait pas. Tous s'étaient tu mais l'entraîneur se doutait que des incidents s'étaient produit dès qu'il avait eu le dos tourné.

Il n'en avait rien su jusqu'à ce que Kagami ne craque pendant un temps mort et hurle à tous ses coéquipiers que leurs gros culs graisseux ne craignaient rien de sa part et cela devant des tribunes pleines à craquer. Après un instant de stupéfaction, Svensen s'était amusé à agiter ledit postérieur sous le nez de Kagami en braillant que c'était du muscle, pas de la graisse. S'en était suivi un éclat de rire général qui avait allégé l'atmosphère. Le fait que Kagami ait avoué par la suite avoir une relation longue distance avec un japonais dont il était très amoureux avait tranquillisé ceux qui appréhendaient que Kagami ne finisse par leur faire des avances dont ils ne pourraient pas se défaire sans blesser un camarade qu'ils estimaient et admiraient.

Le coach souffla un coup bref dans son sifflet : la pause était terminée. Il rappela à ses joueurs qu'ils avaient six tours de stade à faire à petite foulées avec un sprint sur les cent derniers mètres. Quant à Kagami, il ferait ses deux tours supplémentaires à pleine vitesse pour lui apprendre à être insolent. Kuroko, quant à lui, ferait trois tours de terrain puis il s'échaufferait. Ainsi le match pourrait avoir lieu dès que les autres auraient fini leur jogging.

Kuroko enfila le maillot de Seirin de Kagami et, nostalgique, se souvint du temps où il portait le numéro onze. S'il était heureux d'avoir abandonné son gabarit de crevette, il regrettait parfois le bon vieux temps où ses seuls soucis étaient ses notes et les résultats de ses matchs.

Il fit ses trois tours de terrain et finit tranquillement son échauffement pendant que les joueurs de l'équipe universitaire de Los Angeles terminaient les tours de stade décrétés par leur entraineur. Puis, il prit un ballon et travailla quelques enchainements en attendant que tous les joueurs aient rejoint le gymnase.

Kuroko s'amusait à copier un des mouvements fétiches de Kagami quand les joueurs de l'équipe, hors d'haleine, vinrent se présenter.

- Salut, j'm' appelle N'Guyen, déclara un jeune homme brun au type asiatique prononcé.

- J'ai entendu parler de toi par Kagami, ajouta-t-il. D'après lui, y'a pas meilleur meneur que toi. On va bien voir si t'es vraiment aussi bon qu'il le dit.

- Je ferai de mon mieux.

- Il faudra faire plus que ça. Gonzales ne nous fera aucun cadeau.

- N'Guyen, intervint un autre joueur ressemblant plus ou moins à une asperge chaussée de baskets et répondant au doux nom de William Agnel. Pas la peine d'être aussi agressif : c'est jamais qu'un match d'entrainement.

- C'est facile pour toi de dire ça ! T'es toujours sur le banc de touche. Mais moi, c'est différent : si on gagne, je ne verrai plus un ballon de près pendant des semaines. Et si on perd, ce sera encore pire : on devra supporter ses remarques méprisantes et ses regards supérieurs. Rien que d'y penser, ça me fout en rogne !

- Je suis sûr qu'on peut faire confiance à Kagami. S'il dit que Kuroko est le meilleur, c'est que c'est le meilleur. Quant à moi j'ai hâte de voir le voir jouer. Si on l'a surnommé « le magicien » au Japon, c'est sûrement pas pour rien. Je suis sûr qu'il va nous en mettre plein la vue.

- Je vous en prie, je ne mérite pas autant de compliments.

- Bien sûr que tu les mérites, coupa Kagami qui revenait de ses deux tours supplémentaires. Tu l'as prouvé plus d'une fois à Seirin. Je ne compte plus le nombre de fois où ta seule présence sur le terrain a fait basculer le match en notre faveur.

- Tu te souviens de notre premier match d'entrainement contre les premières ? ajouta-t-il en voyant Kuroko ouvrir la bouche pour protester.

- Au milieu du match, ils nous menaient 31- 12, expliqua-t-il à ses coéquipiers. Et pendant tout ce temps, Monsieur glandait sur le terrain. Quand il s'est enfin décidé à jouer sérieusement, on a égalisé en l'espace de dix minutes.

- Je ne glandais pas, Kagami. J'observais.

-Et contre Kaijo, quand il a été blessé à la tête, continua Kagami sans tenir compte de l'interruption. On s'est pris dix points de retard pendant tout le temps où il resté évanoui. Dès qu'il est revenu sur le terrain, on a égalisé. Des matchs comme ça, les gars, je pourrais vous en citer des dizaines.

- Tu exagères, Taiga. Tu sais aussi bien que moi que mon style de jeu a ses limites, notamment contre des joueurs comme Takao ou Akashi.

- Je sais bien que ton jeu a ses limites. Ton endurance est merdique et en un contre un, tu n'arrêterais pas un enfant de cinq ans…

- Là, tu es cruel, Taiga.

- …Mais ça n'empêche pas que tu restes le meilleur meneur que je connaisse.

Agnel soupira :

- Gonzales n'est certainement pas parfait, il en est loin même mais contrairement à ce que tu prétends, Kagami, ce n'est pas un bon à rien. Il va nous donner du fil à retordre.

- Tu n'inquiètes pas pour ça, va. Tetsu va lui apprendre la vie à cet abruti et ça va pas être long. Quand ce crétin va voir à quel point il le surpasse, il va devenir vert de rage. Peut-être même qu'il va s'étouffer avec sa salive, plaisanta-t-il.

Il redevint sérieux et planta ses yeux dans ceux d'Agnel pour donner plus de poids à sa déclaration :

- Tetsu est le meilleur, y'a personne qui pourra me convaincre du contraire.

Un coup de sifflet strident agressa les oreilles des joueurs, attirant leur attention sur le coach qui leur faisait signe de se rassembler autour de lui. Quand tout le monde se trouva devant lui, le coach pris une grande inspiration et commença ses explications :

- Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, on va faire un match entre nous. Voici ce qu'on va faire. Ce sera un match en condition réelle avec les règles de la FIBA : quatre quart temps de dix minutes joués sur tout le terrain. Règles en vigueur en compétition. Je serais l'arbitre. Jouez à fond : le résultat de ce petit match décidera qui jouera demain. J'ai déjà donné les noms des joueurs qui démarreront le match pour chacune des équipes A et B. Quatre joueurs suppléants viendront grossir ces effectifs, avec l'OBLIGATION de les faire tous jouer pour une durée équivalente à un quart temps.

- Bon, conclut-il. Pour les étourdis, je récapitule : Équipe A, cinq de départ : Svensen, Gonzales, Johnson, Reagan et O'Neill. Vos suppléants seront Byron, Sheppard, Thomas et Tatcher. Équipe B : Kuroko, Kagami, N'Guyen, Marchelli et Agnel. Sur le banc : Cardini, Parisot, Martinez, Dylan. Je vous laisse cinq minutes pour déterminer votre stratégie et nommer un capitaine. Kagami, s'il te plait laisse un peu respirer Kuroko, et concentre-toi sur le match !

- Le coach a raison, s'exclama Agnel. Il est temps de penser au match, Kagami. Tu dragueras plus tard.

- Agnel a raison, Kagami-Kun. Il est temps de penser au match. Tu dragueras plus tard, répéta Kuroko, sur un ton placide qui ne trompa pas son compagnon.

- Te fous pas de moi, Tetsuya !

- Bon, parlons match, décréta N'Guyen. On est clairement désavantagé : à part Kagami qui jouera avec nous, c'est tous les titulaires qu'on va trouver devant nous. Ils sont forts et ils se connaissent bien. Alors comment on va faire ?

- C'est un vrai problème, acquiesça Kuroko mais j'ai peut-être la solution. Voilà ce qu'on va faire : pendant le premier quart temps, vous jouerez comme vous avez l'habitude de le faire, sans vous occuper de moi. Ne vous inquiétez pas si vous ne me voyez pas : c'est normal. Pendant ce temps-là, j'essayerai de calquer mon jeu sur le vôtre. Je vais sûrement commettre des erreurs au début du match comme par exemple mal estimer votre vitesse ou vos points forts. On va sûrement prendre pas mal de points à ce moment-là. Ne vous découragez surtout pas. L'important est de limiter l'écart pour que nous puissions remonter le score en deuxième période. Là, je me serai fait une idée assez précise de votre jeu pour être pleinement efficace. Attendez-vous à recevoir le ballon n'importe quand et de n'importe où. Kagami : tu es le seul que je connais bien, alors dès le début du match, on va reformer notre duo. Tu t'en sens capable ?

- Ouais, je crois.

Kuroko frappa son compagnon entre les côtes en lui jetant un regard sévère :

- Tu vas leur montrer ce qu'on vaut, oui ou non ?

Kagami lui rendit son coup, à la stupéfaction de ses autres coéquipiers avant de répondre :

- Et comment !