Coucou tout le monde !
Ah voilà, je l'ai terminé ! Le chapitre le plus long que je n'ai jamais écrit… (27 pages Word) J'avoue que je l'aime assez en fait, même si le POV Edward est moins bien que le reste selon moi.
Je sais, je sais, je n'ai pas répondu à vos reviews et ce n'est pas bien du tout ! Seulement j'étais tellement contente d'avoir fini ce chapitre que j'ai voulu vous le poster tout de suite ! Là, il est extrêmement tard (hum, prés de cinq heures du matin) alors promis je répondrai à toutes vos reviews demain !
Que dire sur ce chapitre… Je sais que j'ai été sadique sur la fin mais bon je suis un auteur sadique et même si vous me détestez… Bref. Ce chapitre est donc plus long et on en apprend beaucoup sur Bella et notamment son passé… Mais je n'en dis pas plus.
Ah oui aussi… J'ai prévu de créer une playlist pour cette fiction. Autant le dire, plus les chapitres passent plus il y a de chansons (surtout dans celui là je me suis lâchée) alors pour vous rendre la lecture plus agréable et plus attractive j'ai décidé de créer cette petite chose. Comme les reviews je ferai ça demain ça va prendre un peu de temps. Je posterai le lien et sur mon profil et dans une note d'auteur avec les réponses aux reviews anonymes sur le chapitre 6.
Je suis toujours heureuse de lire toutes vos reviews et je vous dis « merci, merci, merci +1 000 000 » et également ceux et celles qui m'ajoutent en alerte. Encore une fois j'attends votre avis sur ce chapitre.
Bonne lecture à vous et merci de votre fidélité
Lily.
Chapitre 7 :
Sleepless night
POV Bella
(Sarah McLachlan - I will remember you)
La pluie tombait plus abondamment à présent mais je n'en avais cure. Je courrais - ou fuyais serait plus exact - loin d'ici, ne pouvant affronter ce qui venait de se révéler à moi. La nuit était sombre, la pluie tombait et les rues que j'empruntais étaient quasiment désertes en cette heure avancée. J'étais trempée, frigorifiée même... Mais peu importait. Tout ce qui comptait était la fuite...
J'étais sortie du studio pour prendre l'air pour me remettre de mes émotions. Lorsqu'Emmett, accompagné des autres, m'avait demandé de chanter, j'avais eu peur un instant. Je redoutais ce moment depuis le début de la soirée et il était arrivé, inévitable. J'avais essayé de les persuader que c'était une mauvaise idée mais ils avaient insisté et le regard de chien battu d'Alice aidant, j'avais cédé.
Je me demandais encore ce qui m'avait poussé à choisir cette chanson. C'était dangeureux, voir même suicidaire car je savais exactement l'effet qu'elle aurait sur moi. A chaque fois que je l'entendais ou que je m'aventurais à la chanter, seule chez moi, tout me revenait douloureusement en tête....
Remember the good times that we had? (Te souviens-tu de ces bons moments que nous avions?)
I let them slip away from us when things got bad (Je les ai laissé partir loin de nous quand les choses ont mal tourné)
How clearly I first saw you smilin' in the sun, (La première fois que je t'ai vu sourire, sous le soleil)
Wanna feel your warmth upon me, I wanna be the one (J'ai voulu sentir ta chaleur sur moi, j'ai voulu être celle)
Bien sûr, cette chanson ne me rappelait pas que des mauvais souvenirs. Finalement, je l'aimais autant que je la détestais. La première fois que je l'avais entendu, elle m'avait bouleversé, signifiant tant de choses de la part de celui qui me l'avait chanté. Jamais dans toute ma vie je ne m'étais sentie aussi aimée qu'en cet instant. J'avais voulu y croire et j'y avais cru.... Il n'y avait pas que des mauvais moments rattachés à cette histoire. Au contraire la plupart étaient des souvenirs que je m'appliquais à conserver.
I will remember you (Je me souviendrai de toi)
Will you remember me ? (Te souviendras-tu de moi ?)
Don't let your life pass you by (Ne laisse pas passer ta vie)
Weep not for the memories (Ne pleure pas sur les souvenirs)
Malgré tout cela, les émotions qui s'étaient emparées de moi m'avaient à nouveau bouleversé. Cette histoire s'était achevée près d'un an plus tôt et la blessure était sans doute encore trop récente pour se refermer. Je n'avais jamais regretté mon choix et je ne le regrettais toujours pas aujourd'hui. Pourtant, ça avait été la décision la plus difficile de toute ma vie et ce n'était pas sans souffrir que je l'avais prise. Au contraire, j'en souffrais encore aujourd'hui alors que les mois étaient passés.
Je devais assumer mes choix. Je les assumais mais une part de moi continuait à penser "et si...". Et si j'avais choisi de rester. Et si j'avais décidé que finalement il en vallait la peine. Bien sûr, il en vallait la peine. C'était quelqu'un de merveilleux et peut-être l'homme qu'il me fallait.... Mais je n'étais pas celle qu'il lui fallait. Nous aurions pu être heureux.... Mais j'en avais décidé autrement.... Pour lui....
Je relevai à cet instant les yeux vers le ciel et je souris, amère. C'était moi qui avait décidé de partir et pourtant je souffrais presque autant que si c'était lui qui m'avait abandonné. Les choix étaient parfois douloureux et j'en avais fait l'expérience. J'avais sincèrement cru que c'était ce qu'il y avait de mieux pour nous et je le croyais encore aujourd'hui. J'avais toujours appris à ne pas décider pour les autres mais cette fois j'avais du lui ouvrir les yeux pour ne pas qu'il souffre plus tard. Il avait essayé de me retenir, de me convaincre. J'avais failli cédé mais je tenais trop à lui pour lui donner de faux espoirs. A maintes reprises nous en avions parlé, nous disputant parfois même. Puis il avait fini par abandonner, comprenant que j'avais peut-être raison.
Le voir baisser les bras m'avait à la fois blessé et soulagé. Il avait renoncer à moi, comme je le voulais. Je lui avais demandé de poursuivre sa vie, lui disant qu'il trouverait assurément quelqu'un de mieux que moi, quelqu'un voulant la même chose que lui. Il n'y avait pas cru, étant persuadée que j'étais celle qu'il lui fallait... Il y avait eu des larmes, des mots durs à entendre et à dire... Puis tout s'était terminé. Et depuis, cette histoire hantait chaque jour de ma vie comme si je voulais me punir de l'avoir déçu.
I'm so tired but I can't sleep (Je suis si fatiguée mais je ne peux pas dormir)
Standin' on the edge of something much too deep (Me tenant au bord de quelque chose de bien trop profond)
It's funny how we feel so much but we cannot say a word (C'est curieux à quel point nous éprouvons sans pouvoir dire un mot)
We are screaming inside, but we can't be heard (Nous crions à l'intérieur sans pouvoir être entendu)
Les mois qui avaient suivi avaient été éprouvants et ils l'étaient toujours d'une certaine manière. Il avait fallu que je m'habitue à vivre sans lui alors que sa présence était devenue une telle évidence. L'absence, le manque avaient été mes plus fidèles compagnons. Mon inconscient s'était aussi ligué contre moi pour me punir de ce choix. Je savais que c'était purement involontaire et je n'étais pas sûre de pouvoir appeler ça de la culpabilité. J'étais du genre à rester camper sur mes positions une fois qu'elles étaient prises et je maintenais encore à présent que j'avais pris la bonne décision. Il me fallait juste une période d'adaptaiton....
J'avais fait comme si tout allait bien. J'avais été forte en apparence, poursuivant ma vie comme si cette rupture n'avait été qu'un accident de parcours. Je m'étais plongée dans le travail, j'avais vu mes amis plus que de raisons - me demandant même comment Angela et Jacob pouvaient encore me supporter - et finalement ça m'avait aidé. Il restait encore des temps difficiles, lorsque je me retrouvais seule, les yeux grands ouverts dans le noirs.... Là, tout revenait au galop et c'était dur... Mais personne ne le savait... Hormis Rosalie, peut-être.
Dans ces moments-là - qui étaient encore présents aujourd'hui - je me sentais mal. Je me détestais même de me faire souffrir et de l'avoir fait souffrir lui. J'avais envie de me frapper la tête contre les murs, de pleurer et de crier.... Je faisais tout ça en silence mais j'en avais une envie profonde, instinctive.
Et c'était ce que je ressentais à présent. Alors que j'avais fini par trouver une bouche de métro pour rentrer chez moi et que je m'étais engouffrée dans la première rame venue... J'avais envie de crier, de frapper quelque chose. J'avais l'impression d'avoir régressé, d'être revenue huit mois en arrière et d'être à nouveau au bord du précipice. Ca faisait trop d'émotions d'un coup, trop de chose à ressentir et à analyser... Et j'étais dépassée.
I'm so afraid to love you, but more afraid to loose (J'ai si peur de t'aimer et encore plus de te perdre)
Clinging to a past that doesn't let me choose (Accrochée à un passé qui ne me laisse pas le choix)
Once there was a darkness, deep and endless night (Là où il y avait une nuit profonde et sans fin)
You gave me everything you had, oh you gave me light (Tu m'as donné tout ce que tu avais, tu m'a apporté la lumière)
Passé et présents se mêlaient, embrouillant mes émotions et mes pensées si bien que je ne savais pas à qui rattacher mes sentiments. Etait-ce Lucas qui occupait tant mon coeur et mes songes ce soir ? ou était-ce une autre personne... Une personne à qui je n'avais pas voulu donner cette importance mais qui l'avait tout de même obtenu, bien malgré moi.
Edward....
Je fermai les yeux en repensant à lui et ma gorge se noua douloureusement. Bon sang, que s'était-il passé ? J'étais sortie pour prendre l'air suite à ce qu'il s'était passé et il était venu me rejoindre. Pourquoi avait-il fait cela ? Je ne l'avais pas deviné tout de suite... Peut-être pour voir si j'allais bien tout simplement. Pourtant quelque chose me disait que ça n'était pas que pour ça.
Nous avions échangé quelques paroles, ressemblant plus à des banalités qu'autre chose. Puis le silence s'était installé et il avait fixé le ciel, comme je le faisais. C'était une sorte d'habitude, de réflexe. Quand je réfléchissais, regarder le ciel m'apaisait, me faisant me sentir minuscule et rendant mes problèmes insignifiants à l'échelle du monde. Evidemment, cela ne durait que quelques instants mais c'était suffisant pour me remettre les idées en place. Pourtant, j'avais fini par détourner mes yeux pour les fixer sur Edward qui n'avait d'abord pas eu conscience de mon regard sur lui. Je l'avais alors détaillé, comme cela m'arrivais parfois et un sentiment étrange et nouveau s'était emparé de moi.
Le voir là, si proche, avait réveillé cette envie de lui qui ne me quittait jamais vraiment. Cette attirance que je pensais purement physique... Du moins jusque là. A cette seconde précise, alors que je me sentais démunie et vulnérable, j'avais eu envie qu'il ne me prenne dans ses bras. Qu'il me sert contre lui et qu'il me protège du monde autour, juste un instant. Cette envie avait surgi de nulle part mais elle s'était faite imposante, presque étouffante.
Edward avait tourné son regard vers moi et je m'étais plongée dans l'océan émeraude formant ses iris. Il avait un regard à couper le souffle qui me surprenait toujours lorsque je m'aventurais à m'y perdre. Cette fois-ci, je pus y lire quelque chose de différent mais sur lequel je ne parvint pas à mettre un nom. Mon coeur se serra mais pas à cause de la tristesse cette fois, à cause de l'envie qui me tenaillais de me réfugier dans la chaleur de son étreinte.
Une seconde plus tard, j'avais senti ses lèvres sur les miennes sans comprendre comment cela s'était produit et je ne l'avais pas repoussé. Au contraire, j'avais même répondu à son baiser - qui était peut-être le mien. J'avais plongé mes mains dans ses cheveux en bataille et je m'étais serrée contre lui comme si ma vie en dépendait. J'avais ressenti cette douce chaleur au creux de mes reins, celle que j'éprouvais lorsque je rêvais de lui. Je n'aurais su dire combien de temps s'était écoulé lorsque nous nous séparâmes aussi brusquement que nous nous étions réunis.
J'avais alors réalisé ce qu'il venait de se passer. J'avais embrassé Edward Cullen ! Mon Dieu, je l'avais fait ! Ce que je m'interdisais depuis plus d'un mois maintenant, j'avais cédé... Et le noeud à ma gorge était réapparu... Plus l'envie... L'anxiété, la crainte.
Mais ce n'était rien en comparaison de ce que j'avais ressenti lorsqu'il avait prononcé ces simples mots :
- Tu es Lizzy...
Mon coeur avait eu un raté pour repartir de plus belle, cognant si fort dans ma poitrine que j'en eus presque mal. Il... Il m'avait reconnu.... Il m'avait appelé Lizzy.... Ce que je redoutais le plus venait de se produire.
Je n'avais alors rien fait d'autre que fuir. Je m'étais détournée, l'estomac noué par l'angoisse et la frustration, les larmes se formant derrière mes yeux sans pour autant vouloir couler. Je m'étais mise à courrir, ne pouvant rien faire d'autre et j'avais tout simplement fui... Laissant Edward planté là.
Par ce geste, j'avais confirmé ces doutes... Et de toute façon, il ne servait plus à rien de nier désormais. Edward savait. Il avait découvert la supercherie, le piètre mensonge que j'avais tant eu de mal à dissimuler. Il savait et cela me terrifiait. Toute la culpabilité que j'avais enterré tant bien que mal avait ressurgi avec une sournoise violence, si bien que j'avais cru me prendre un coup en plein estomac. Et à présent j'étais plus perdue que jamais.
Car si seulement il n'y avait eu que la découverte d'Edward. Mais non, pour moi les problèmes ne venaient jamais seuls. Car alors qu'Edward perçait mon secret, j'avais moi-même fait une découverte. Je n'étais pas tout à fait sûre de smots que je devais employer mais une chose était certaine : Edward Cullen était bien plus important pour moi que je ne l'avais cru.
Et cette nouvelle révélation m'avait mis un nouveau coup. J'étais désorientée, complètement prise au dépourvu. J'avais tout fait pour ne pas m'attacher plus que nécessaire mais je m'étais apparemment fourvoyée. Il avait pris une grande place dans ma vie sans que je ne m'en rende compte et il était à présent trop tard. Je ne savais pas ce que je ressentais exactement mais je pouvais être assurée d'une chose.... Ca me faisait mal de l'avoir fait souffrir, de l'avoir déçue. Je lui avait délibérément caché la vérité et si sur le moment ça me semblait être un choix judicieux, je le regrettais amèrement à présent...
J'avais à nouveau déçu et à nouveau blessé.... Encore.
La maison était silencieuse et plongée dans la pénombre lorsque je poussais la porte. J'avais fait le chemin sans vraiment m'en rendre compte, plus par automatisme qu'autre chose. Je n'avais pas pensé que Rosalie pouvait déjà dormir... Mais il était près de deux heures du matin... Combien de temps avais-je marché ? Impossible de le savoir.
Je me dirigeai d'un pas lent vers la cuisine et allumai seulement le néon au-dessus de l'évier. Je pris place sur l'un des hauts tabourets longeant le comptoir et poussai un soupir à fondre l'âme.
- Bell', c'est toi ? me demanda alors une voix ensommeillée.
Je levai la tête et aperçus Rose, vêtue d'une robe de chambre blanche et d'une longue nuisette noire. Elle avait les cheveux en bataille et son regard océan brillait de fatigue.
- Bella, qu'est-ce qui se passe ? me demanda ma soeur, alarmée par mon mutisme et mon air assurément dépitée. Je devais avoir une salle tronche.
Je fixai Rosalie sans rien pouvoir dire et ce silence dura plusieurs secondes durant lesquelles le poid dans ma poitrine s'accetua.
Puis je craquai.
xxx
POV Edward
(Counting Crow - Colorblind)
Le silence de ma chambre était à la fois pesant mais bienvenue. Le silence m'avait toujours aidé à réfléchir et cette nuit plus que jamais j'en avais eu besoin. Je n'avais pas retrouvé ma famille dans le studio, j'étais directement reparti à l'hôtel devant la nécessité de me retrouver seul. J'avais rallié l'une des avenues près du studio - toujours fréquentée même à une heure aussi avancée - et j'avais pris un taxi pour rentrer au Tribeca Grand.
Dire que ma découverte au sujet de Bella m'avait bouleversé était un doux euphémisme. Pendant de longues minutes je n'avais pu formuler aucune pensée cohérente, tout se bousculant dans mon esprit en autant de questions demeurant pour l'heure sans réponses.
Bella était Lizzy. C'était à présent une certitude, certitude que sa fuite avait confirmé. Tous les doutes que j'avais eu depuis la première fois que je l'avais aperçu dans l'ascenseur étaient donc vrais. Je n'étais pas un fou à qui la mémoire - bien qu'embuée par l'alcool - faisait défaut. Cette jeune femme avec qui j'avais passé la nuit du premier de l'an, cette jeune femme que j'avais eu envie de revoir était en fait sous mes yeux depuis tout ce temps. Ca avait été la première chose que j'avais réussi à assimiler. Cela dit ça expliquait peut-être pourquoi j'avais tant été atiré par Bella et avais eu autant envie de la connaître.
Non.... Ce point-ci était discutable. J'avais voulu connaître Bella en sachant parfaitement qu'elle était une entité différente de Lizzy que j'avais fini par ranger au coin des aventures intenses mais éphémères. Seulement, mon esprit n'était pas près à accepter cet état des choses. Pour le moment, mon esprit en voulait à Bella et ne pouvait rien faire d'autres.
Oui, je lui en voulais. Maintenant que j'avais assimilé le fait qu'elle fut Lizzy Stanton, je lui en voulais. Je ressentais de la colère mais également un sentiment de trahison. Pourquoi donc m'avait-elle caché le fait qu'elle était la femme avec qui j'avais eu une aventure d'une nuit? Si elle m'avait tout dit dès le début, j'aurais fait en sorte de faire avec et nous serions partis sur des bases saines. Ca se trouvait nous aurions même pu.... Non ! Hors de question que je ne pense à ça.
L'amitié que j'avais cru partager avec Bella était en réalité erronée depuis le début. Depuis notre première rencontre tout n'avait été qu'un mensonge et je ne savais pas si c'était la colère ou la déception qui devait remporter cette bataille. Sans doute se mêlaient-elles toutes deux pour donner un sentiment qui, s'il n'avait pas de nom précis, avait un effet bien défini sur moi : il me faisait souffrir. Et finalement j'en revenait au même point... La souffrance.
J'étais à présent complètement perdu, ne sachant plus quoi ressentir. Il y avait bien sûr la colère et la déception... Mais une part de moi, aussi infime fut-elle n'avait de cesse de repenser à la découverte que j'avais fait avant de me rendre compte de la vérité au sujet de Bella.
Je m'étais attaché à elle, bien plus que je ne l'avais cru et que je n'étais censé le faire. Elle avait pris une plus grande importance dans ma vie que je ne l'avait voulu et je me souvenais encore de l'envie de la protéger qui s'était emparé de moi. Cette envie avait-elle totalement disparu désormais ? La découverte que j'avais faite et les sentiments qui en découlaient pouvaient-ils avoir balayé ce que j'éprouvais pour elle ? Cela, j'étais incapable de le dire. J'avais l'esprit bien trop embrouillé avec toutes ses émotions.
Les heures passèrent ainsi en réflexions, finissant par rendre ma nuit totalement blanches. Je faisais les cent pas dans ma chambre ou m'asseyais parfois dans le sofa avant de me relever pour aller contempler la vue que m'offrait la baie vitrée de la suite. Il fallait que je réfléchisse sérieusement à tout cela car - malgré tout ce qu'il s'était passé - il n'en demeurait pas moins que Bella allait resté encore près d'un an avec nous et que nous allions vivre au quotidien ensemble. Je n'arrivais justement pas à définir de quoi serait fait ce quotidien, ignorant même jusq'uau déroulement de notre prochaine rencontre. Comment allais-je devoir réagir face à elle ? Sûrement voudrait-elle s'expliquer, me donner des raisons et s'excuser. Mais je n'étais pas encore prêt à lui pardonner, il me faudrait du temps. J'étais encore bien trop en colère contre elle pour même l'envisager.
Je passais aussi toutes ces heures à essayer de trouver une raison valable à son mensonge, sans succès. Je ne comprenais pas pourquoi elle me l'avait caché, j'aurais très bien pu m'accommodé de cet état des choses. Nous avions passé une nuit ensemble... Et bien quoi ? Nous avions bu tous les deux et ils nous étaient impossible de savoir à ce moment-là que nous allions passer l'année suivante ensemble....
Une nouvelle question avait alors fait son apparition : pourquoi m'avait-elle menti sur son nom la première fois ? Pourquoi ne pas m'avoir dit qu'elle s'appelait Isabella Swan ? Pourquoi utiliser un nom d'emprunt ? Avait-elle... Avait-elle voulu cacher son identité de peur que suite à cette nuit "de débauche" sa réputation de journaliste impartiale soit remise en cause ? Qu'après ça, j'aurais parlé sur elle et que la chose se serait répendu dans le monde de la musique, qu'Isabella Swan du NY Culture était une adepte des coups d'un soir ? C'était stupide pourtant c'était la réponse la plus logique que j'avais trouvé.... Finalement, Bella ne m'avait jamais dit la vérité, toute la vérité. Même lors de notre toute première rencontre.
Cette révélation fut un nouveau coup à ma poitrine et une voix mauvaise dans ma tête chantonna "tu t'es encore fait avoir, tu t'es encore fait avoir..." J'avais au départ essayé de la faire taire mais pourtant je devais reconnaître qu'elle avait raison. Moi qui m'étais juré de ne plus m'attacher à quelqu'un avant longtemps, j'avais failli à cette promesse. J'avais laissé Bella avoir accès à ma vie, à mes sentiments et elle les avait piétiné. Bien sûr, elle n'avait pas eu conscience de cette importance qu'elle avait eu pour moi mais les faits étaient là : elle m'avait fait souffrir et moi je m'étais encore fait prendre au piège des sentiments.
Une chose était sûre pour la suite, je ne devais plus me laisser faire de cette façon. C'était une erreur de parcours, sans doute étais-je encore trop fragile après ma rupture avec Rébecca. Je n'avais pas encore bien forgé mon mécanisme d'auto-défense et j'étais tombé sous le charme de Bella, car elle avait du charme ça rien n'aurait pu le lui enlever. Et en plus de tout, je lui en voulait aussi pour ça. Pour être entré dans ma vie et l'avoir autant chamboulé, d'y avoir à nouveau mis le désordre alors que j'y avais installé un climat de sûreté... Fragile certes mais bien présent.
Maintenant, j'avais l'impression de repartir à zéro. J'avais réussi à chasser la souffrance et le sentiment de trahison de ma vie mais c'était pour mieux les laisser revenir. J'avais cru être fort mais je m'étais amèrement trompé et à présent il alait falloir que je me relève de cette nouvelle blessure.
Une nouvelle envie fit son apparition avec les premières lueur du jour. Elle semblait être la solution à tous mes problèmes et dès qu'elle fut formulée par mon esprit je décidai de l'étudier attentivement, pesant le pour et le contre. Ce n'était pas une décision facile à prendre mais pourtant plus j'y songeais, plus elle me paraissait être la meilleure chose à faire.
J'allais partir. Pas définitivement bien sûr puisque la sortie de l'album était prévu au courrant du mois de Mars et que la campagne de promo suivie de la tournée allait commencé. Cependant, il restait environ un mois avant que tout ce processus ne commence et je pensais que rentrer à Seattle pour l'occasion était une bonne idée. Nous devions normalement rester à New-York car nous avions convenu avec PM Records que c'était ainsi que se dérouleraient les évènements. Mais il nous restait une seule chanson à enregistrer et ensuite nous aurions quelques semaines de repos. Je pouvais très bien rentrér à Seattle pendant que mes frères et soeurs resteraient ici pour profiter de leur temps libre.
Cela aurait pu paraître lâche, fuir les problèmes.... Car ce n'était rien d'autre que cela, une fuite mais c'était pour moi partir pour mieux revenir. Si je quittais New-York je quittais aussi Bella et j'aurais plus de facilité pour réfléchir à notre situation. Une chose était sûre, si je restais ici j'allais être sous l'influence de Bella. La voir tous les jours ne pourrait qu'embrouiller d'avantage mes pensées et l'éviter serait difficile... M'éloigner quelques temps me laisserait l'occasion de faire le point sur mes sentiments et le comportement que je devrais adopter dans l'avenir. Je ne savais pas comment allaient réagir mes proches mais ma décisions était prise.
Il était près de neuf heures lorsque je sortis de ma chambre pour me rendre dans la pièce principale de notre suite. Là, je trouvais Alice, Jasper, Leah et Emmett autour de la table du petit déjeuner qu'ils avaient commandé. Dès que je fis mon entrée, ils mirent fin à leur conversation et quatre paires d'yeux interrogatifs se tournèrent vers moi. Je leur adressais un sourire navré et contrit et allai prendre place entre Emmett et Jasper.
- Bah alors Ed', t'étais passé où hier soir avec Bella ? demanda mon frère avec un haussement de sourcils suggestif.
Je sentis mon coeur se serrer à l'évocation du nom de Bella. C'était Emmett Cullen dans toute sa délicatesse. Quelque part je ne pouvais pas lui en vouloir, il ne pouvait pas deviner ce qui s'était passé entre Bella et moi la veille au soir.
- Edward, tout va bien ? m'interrogea Alice, alertée par mon silence.
Je relevai les yeux et regardai un à un les visages soucieux de mes proches. Je devais leur parler, leur dire ce qui avait eu lieu et la décision que j'avais prise quelques minutes plus tôt. J'appréhendais leurs réactions mais autant ne pas tourner autour du pot.
- Il s'est passé quelque chose hier soir avec Bella, commençai-je gravement.
Quand je vis que j'avais toute leur attention, je poursuivis.
- Je ne vous en ai jamais vraiment parlé mais la première fois que j'ai rencontré Bella il y a un mois, j'ai eu une impression de déjà vu.
- De l'avoir déjà rencontré ? demanda Jasper.
- Oui c'est ça.... affirmai-je. Elle me faisait pensé à la... à la fille avec qui j'ai passé la nuit premier de l'an....
Je poursuivis mon récit, leur racontant comment j'avais ensuite pris l'initiative plutôt spontannée de lui demander si elle n'était pas Lizzy Stanton. Je leur parlé de son air gêné et de sa réponse négative puis de mes doutes persistants et enfin de ce qui s'était passé la veille au soir.
- Et j'ai réalisé que j'avais bien raison, terminai-je. Bella et Lizzy sont la même personne... Après ça Bella a pris peur et est partie... Et je suis ensuite rentré à l'hôtel pour réfléchir.
Un silence lourd suivi la fin de mon histoire et je décidai de voir les réactions de mes proches. Les visages de Jasper et Emmett étaient marqués par la surprise alors qu'Alice s'était figée dans son mouvement.
- Attends, tu veux dire que Bella est la fille avec qui tu as couché à la soirée de Bob Spencer ? demanda mon frère, qui n'en revenait toujours pas.
- Oui, soufflai-je.
Je portais alors mon attention sur Alice qui n'avait toujours pas bougé. Nos regards se croisèrent et je pus lire quelque chose dans ses prunelles, une lueur étrange. Elle semblait être figée... pas par la surprise mais par la crainte ? Je la vis alors rougir et baisser les yeux en secouant la tête de gauche à droite. Ce simple geste fit manquer un battement à mon coeur et je compris alors. Alice et moi n'avions jamais besoin eu de mots pour communiquer et encore une fois cela se vérifier. Une nouvelle vague de consternation s'empara de moi :
- Tu savais ! m'écriai-je en me levant, faisant sursauter Jasper, Leah et Emmett.
- Edwa.... commença ma soeur en se levant à son tour, ses yeux brillants de larmes. Laisse-moi t'expliquer...
- Pourquoi tu ne m'as rien dit Alice, tu savais et tu m'as menti !
- Bella m'avait demandé de ne rien dire, elle pensait que ça pourrait entâcher nos rapports...
- Tu n'as pas songé que me mentir serait pire ?
- C'est moi qui lui ait demandé de se taire, intervint alors Leah d'une voix posée.
Je me tournai vers elle, estomacqué. Leah... Leah aussi savait ? C'était impossible, étais-je donc le seul idiot à ne pas être au courrant ? Hormis Jazz et Em' qui avaient l'air aussi dépassé que moi.
- Comment ça "tu lui as demandé de se taire" ? demandai-je en me tournant vers notre manager.
- Quand Alice a découvert la vérité et que Bella lui a confirmé nous avons pensé plus judicieux de ne rien te dire car ça aurait pu brisé les liens fragiles mais bien existants que tu avais noué avec Bella et il me fallait maintenir un climat d'entente, répondit-elle calmement.
Je restais encore une fois interdit. Non seulement Bella m'avait menti mais Alice et Leah également. Ma soeur avait pris sa tête dans ses mains et cette image la fit paraître réellement vulnérable, elle semblait réellement mal... Seulement j'étais bien trop bouleversé pour m'en rendre compte.
- Ecoute Edward, on a peut-être pas fait les meilleurs choix en te..." commença Leah.
- Je vais partir, la coupai-je froidement.
- Quoi ?! s'écrièrent Jasper, Emmett et Alice.
- Il nous reste une dernière chanson à enregistrer, expliquai-je. Nous allons la faire et ensuite je rentrerai à Seattle le temps que la sortie de l'album arrive. J'ai besoin de me retrouver seul pour analyser tout ça et encore plus maintenant
- Mais... tenta Alice.
- Non, il n'y a pas de mais, l'interrompis-je. Si je veux poursuivre l'année sereinement malgré tout ce qu'il s'est passé ce temps me sera nécessaire, il n'y a pas à revenir là-dessus.
Je détournai ensuite le regard et me dirigeai vers la porte que je claquai après être sorti de la suite.
xxx
POV Bella
Je détestais la sensation des larmes séchées sur mon visage. J'avais l'impression d'être sale et d'avoir une tête bouffie... C'était peut-être le cas d'ailleurs mais je n'osais pas vraiment me regarder dans le miroir.
Il était onze heures et nous étions jeudi matin. Je n'avais pas eu le courage de me rendre au studio pour retrouver les CW. Je ne redoutais que trop ma confrontation avec Edward et de toute façon je n'avais pas assez de forces pour sortir de mon lit. Je n'avais pas dormi de la nuit et j'étais épuisée que se fut physiquement ou émotionnellement.
J'étais toujours dans ma chambre, vêtue d'un gros pull affreusement moche et d'un jean troué, mes cheveux ramenés dans un chignon brouillon. Je serrais contre moi une peluche en forme d'éléphant violet... En bref, j'avais tout de la fille déprimée et ça en était pathétique. J'avais l'impression de retourner quelques mois en arrière, retrouvant cette état léthargique dans lequel je m'étais plongée suite à ma rupture avec Lucas. Je ne devais pas être belle à voir mais tant pis... De toute façon je n'avais envie de voir personne.
J'entendis alors des bruits de pas et je ne relevai même pas la tête, devinant qu'il devait s'agir de Rosalie. Ca ne me gênait pas que ma soeur me vit dans cet état... De toute façon il était déjà trop tard....
(Regina Spector - Better)
If I kiss you where it's sore , if I kiss you where it's sore
/ Si je t'embrasse là où ça fait mal
Will you feel better, better better, will you feel anything at all / Te sentiras-tu mieux ? Sentiras-tu encore quelque chose ?
Rose était restée à mes côtés toute la nuit, ne retournant pas se coucher à un seul instant. Je lui avais tout raconté et elle m'avait écouté comme l'oreille attentive qu'elle avait toujours été. Elle m'avait réconforté et avait été là pour moi... Je ne saurais jamais comment la remercier pour son soutien sans faille et pas cette fois-là uniquement. Elle avait toujours été à mes côtés dans les moments difficiles, tout particulièrement suite à ma séparation d'avec Lucas.
Born like sisters to this world , In a town where blood ties are only blood (Venues au monde comme des soeurs dans cette ville où les liens du sang ne sont que du sang )
If you never say your name out loud to anyone , They can never ever call you by it (Si tu ne dis jamais ton nom à personne, ils ne pourront jamais t'appeler par celui-ci)
Je me souvenais de certaines remarques que l'on nous avait faite lorsque nous étions encore au lycée. Les gens du quartier avaient eu un peu de mal à comprendre les liens qui unissaient la famille Swan et la petite Hale. On parlait bien entendu du père de Rosalie, de ce qu'il faisait à sa fille... On parlait aussi du fait que la petite passait beaucoup de temps chez les Swan. Puis un jour, Charlie avait rendu l'appartenance de Rosalie à notre famille officielle. Elle était devenue ma soeur légalement parlant, même si elle l'était depuis bien plus longtemps que ça.
Le fait que je l'appelais "ma soeur" avait perturbé plus d'un de mes camarades de classe. Pour eux, deux soeurs devaient être liées par le sang et ce n'était pas le cas pour Rose et moi. Sang ou pas sang, elle était ma soeur, ma meilleure amie, ma confidente... La personne qui me connaissait le mieux dans ce monde. Nous étions inséparables... Elle était mon modèle de force, j'étais un soutien lorsque ça n'allait pas. Elle avait pensé mes plaies, sécher mes larmes par sa simple présence. Et tout cela vallait bien plus que n'importe quel lien de sang...
C'était tout naturellement que je m'étais tournée vers elle lorsque j'étais rentrée hier soir. Cela pouvait peut-être paraître égoïste mais je ne me sentais pas redevable envers Rose. Au départ, si, je l'avoue. Mais elle m'avait assez répété que quoiqu'il arrive elle serait là pour moi et que si je continuais à la remercier elle se chargerait elle-même de me faire taire j'avais fini par comprendre. Ce que nous partagions était bien assez fort pour outre-passer toute forme de dette l'une envers l'autre. La présence de chacune était évidente et cela s'arrêtait là.
You're getting sader, getting sader (Tu es de plus en plus triste, de plus en plus triste)
And I don't understand, I don't understand (Et je ne comprends pas, je ne comprends pas)
If I kiss you where it's sore, will you feel better, better (Et si je t'embrasse là où ça fait mal, te sentiras-tu mieux ?)
Etrangement, je pouvais ressentir l'impuissance de Rose. Je l'avais déjà vu souffrir, les rôles avaient déjà été inversés. Je l'avais déjà vu dans le même état que celui dans lequel j'étais en ce moment... Peut-être même pire. J'avais essayé de la soutenir de mon mieux en ayant l'impression de ne jamais en faire assez. Cette frustration due à notre impuissance devant la détresse de ceux que l'on aime. Et elle devait sûrement le ressentir à cet instant précis.
- Tiens Bels, je t'ai préparé quelque chose de chaud, me déclara ma soeur en s'asseyant à mes côtés sur le lit.
Je relevai les yeux vers elle et prit le mug qu'elle me tendait. J'humais l'odeur délectable du chocolat chaud et en but une gorgée qui me brûla la langue. Je grimaçai et mis la tasse de côté sous le regard passablement moqueur de Rosalie. Je la regardai à nouveau et nos yeux se rencontrèrent puis je lui adressai un pauvre sourire.
Nous fûmes interrompues par la sonnette de la porte d'entrée. A son entente je me redressai vivement, le coeur battant et la peur au ventre. De qui s'agissait-il ? Se pouvait-il que ça ne fut Edward ? Non, il ne serait pas venu jusque chez moi...
Mon regard croisa à nouveau celui de Rosalie qui s'était levé. Elle me fit un sourire rassurant et déclara :
- Je vais ouvrir, si c'est Edward je le mets dehors.
- Merci Rose.
Elle hôcha de la tête et quitta ensuite ma chambre pour se rendre à l'entrée de notre appartement. Je me forçai alors à me lever et allais jeter un coup d'oeil dans le miroir de ma penderie. Je fis une grimace en voyant le reflet qu'il me renvoyait. J'étais décoiffée et avais le teint blafard, de petite cernes marquant mon regard. Mon pull était vraiment passé de mode... Pourtant je l'adorais, il m'avait tenu compagnie dans mes longues journées de déprime...
Je détournai mon attention de la glace et m'emparai du mug amené par Rose. Je bus une gorgée du brevage fumant, grimaçant encore. Définitivement, j'étais maso.
J'entendis des bruits de pas en provenance du couloir et je me retournai, l'estomac noué. Il fallait que je me calme, si ça avait été Edward, ma soeur ne l'aurait pas autorisé à entrer. Alors qui... Angela ? Jacob ?
La porte de ma chambre fut poussée et je vis Rosalie entrer suivie... D'Alice. Lorsque je rencontrais son regard vert mon coeur se serra douloureusement. Elle avait les même yeux qu'Edward.
Une fois ce premier trouble passé, je vis qu'elle avait les yeux légèrement rougis, elle aussi avait pleuré. Cela m'alarma, que s'était-il passé....
- Salut Bella, me dit-elle d'une petite voix.
- Salut Alice, souris-je faiblement.
- J'ai voulu savoir comment tu allais... Edward nous a parlé ce matin, affirma-t-elle en prenant place à mes côtés sur le pouffe face à mon lit comme je le lui indiquai alors que je reprenai ma place initiale, Rose à mes côtés.
Par les mots d'Alice, je compris qu'Edward avait deviné son implication dans ma mascarade. Je sentis le sentiment de culpabilité redoublé. J'avais mis Alice dans une situation inconfortable. J'avais agi en égoïste et maintenant elle payait pour m'avoir aidé... Contre son gré en plus.
- Je suis désolée Alice, soufflai-je en baissant les yeux.
- Non, ne le soit pas ! me coupa-t-elle en levant une main. Je crois que... C'est vrai que j'ai ronchonné au départ mais je crois que je t'aurais tout de même soutenu.
- Oui mais par ma faute tu es brouillée avec Edward.
- C'est vrai mais c'est pour aider une amie que je l'ai fait, me certifia la petite brune avec un sourire sincère.
Je restai silencieuse à cette révélation et fixais Alice, incrédule. Elle m'aurait de toute façon soutenu ? Mais pourquoi ? J'avais mal agi en mentant à Edward et je...
Je lui sautai alors au coup, ne sachant pas quoi faire d'autre pour exprimer ma reconnaissance. Les effusions n'étaient pas vraiment dans mes habitudes mais ces dernières heures j'avais eu plusieurs comportements étranges alors je n'étais plus à un près. Alice parut un peu surprise mais elle répondit finalement à mon étreinte avant que je ne me remette aux côtés de Rose.
- Comment te sens-tu ? finit par demander mon amie. Je sais que c'est un peu ridicule dans les circonstances actuelles mais...
- Pour tout te dire je ne sais pas vraiment, répondis-je. J'ai l'impression d'avoir fait une énorme erreur... et je me sens coupable d'avoir fait souffrir Edward et de l'avoir déçu... Cette histoire a un goût de déjà vu et ça me fait mal.
- Un goût de déjà vu, comment ça ? questionna Alice.
J'échangeai un regard Avec Rosalie qui le soutint et haussa les épaules, m'indiquant ainsi que c'était à moi de décider si je voulais ou non raconter cette histoire à la musicienne. C'était vrai, je ne la connaissais pas depuis longtemps mais nous nous étions vite liées et je lui faisais confiance. Après tout ne m'avaitelle pas couverte auprès d'Edward alors que rien ne l'obligeait ?
- Tu te souviens de la photo que tu as vu la première fois que tu es venue ici ? lui demandai-je.
- Celle de toi avec ce garçon ?
- Oui c'est ça... Je t'ai dit que c'était une vieille connaissance car je n'étais pas prête à raconter cette histoire... Mais je crois que tu es en droit de savoir à présent.
Alice pencha la tête sur le côté, m'indiquant que j'avais toute son attention. Je me lançai alors dans un récit que je n'avais jamais conté à personne. Et je repartis cinq ans dans le passé...
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Université de Columbia, New-York
Mars 2004
Je n'étais pas vraiment friande des soirées étudiantes. En fait, pour moi, ce n'était rien d'autre qu'une réunion de jeunes aux hormones déchaînés avec un seul but : se saouler et s'envoyer en l'air si l'occasion se présentait.
Alors quand Rosalie m'avait presque traîner de force à cette soirée-là, j'avais protesté. Nous étions en Mars et il restait à peine deux mois avant les examens terminaux. Nous étions en dernière année et je comptais bien sortir diplômée de journalisme au mois de Juin, n'en déplaise à ma chère soeur.
Quand nous entrâmes dans ce pub non loin de la fac, je dus avouer que j'étais agréablement surprise. Il y avait du monde certes mais rien de bien méchant... Juste des groupes de gens venus boire un verre tranquillement et un groupe jouant sur scène pour parfaire l'ambiance intimiste du lieu. Pas de techno, pas de fille en chaleur ou de garçon bourrés de testostérone, de l'alcool certes mais pas à profusion... Bref, une soirée normale.
- Tu vois, ce n'est pas l'Enfer que tu m'as peint toute la semaine, déclara Rose tandis que nous preions place à une table près de la scène.
- Bon d'accord, je veux bien reconnaître que j'avais un peu exagéré.
- Bien ! Alors, tu bois quoi ?
- Un Coca, répondis-je.
- Bells ! me gronda ma soeur.
- Bon, une piña-colada si tu insistes.
Rose sourit de toutes ses dents et fit signe au serveur. J'en profitai pour tourner mon regard vers la scène. Le groupe qui y jouait était composé de quatre jeunes hommes qui devaient avoir nos âges, une petite vingtaine d'années. Le batteur avait le crâne rasé mais n'en paraisssait pas moins sympathique, le bassiste était un blond de taille raisonable cependant pas très large d'épaules et à l'apparance timide. Le guitariste lui avait un style plus personnel, des cheveux bruns en queue de cheval et un t-shirt à l'éfigie d'ACDC. Ce fut pourtant sur le chanteur que mon attention s'arrêta.
Il avait en cet instant une guitare sèche à la main. La chanson que ses amis et lui interprêtaient était une reprise de 'Romeo and Juliet' de Dire Straits qu'ils venaient juste de commencer. Le chanteur avait des cheveux châtains et des épaules légèrement carrées. Ce fut surtout la couleur de ses yeux qui m'attira, un bleu limpide comme je n'en avais jamais vu, un regard dans lequel il serait facile de se noyer pour ne plus jamais en ressortir. Lorsque sa voix s'éleva ce fut un nouveau choc.
- A love-struck Romeo sings the streets a serenade, laying everybody low with a love song that he made...
Sa voix était à la fois douce et voilée. Ce n'était pas une voix pur ou quelque chose de lisse... Elle ressemblait un peu à celle de Mark Knopfler d'ailleurs, ce qui ajoutait un petit quelque chose à l'interprétation de la chanson. Je devais avoir l'air d'une idiote à le fixer comme ça mais je ne pouvais rien faire d'autre que l'écouter et le regarder, totalement séduite.
- Oh, Bels, tu m'entends ?
Je sursautai brutalement et me retournai vers Rosalie hébétée.
- Hein, de quoi ?
- Oh... Je crois que toit tu as craqué pour le chanteur... siffla ma soeur, espiègle.
- Mais... euh... non pas du tout ! balbutiai-je en piquant un fard.
- Tu as le droit Bella.... Ce n'est pas interdit tu sais.
- Arrête tu sais bien que les mecs sont tous des crétins... Surtout les musiciens ! C'est bien le genre d'homme à enchaîner les conquêtes d'un soir.
- Hum... Je crois que je t'ai fait lire trop de Mary Wollstonecraft, soupira ma soeur.
- Je croyais que tu détestais les hommes ! me récriai-je.
- Ce n'est pas parce que j'ai décidé de les renier à vie que tu dois en faire de même... Je ne suis pas un bon exemple à suivre.
Je jaugeai un instant ma soeur avant de me retourner, contrariée. Bien sûr, je fixais la scène et le beau chanteur et piquai un nouveau fard... Non d'un chien, Rosalie avait raison avec ça... Je détestais les hommes et leur charme, après j'avais l'impression de ressembler à une adolescente devant son premier flirt.
Je passai cependant le reste de la soirée à écouter les différentes reprises du groupe ainsi que quelques unes de leurs compositions personnelles que j'apréciai tout autant, sous le regard indulgent de Rosalie. Le concert dura encore une heure durant laquelle je n'échangeai que de brèves paroles avec ma soeur.
A la fin de la dernière chanson, le chanteur rappela une dernière fois les noms des membres du groupe que je ne retint pas puis le guitariste lui piqua son micro et le présenta comme Lucas Morrison. Ils remercièrent ensuite leur ingénieur son et quittèrent la scène sous les applaudissement de l'assistance. Je suivis alors Lucas des yeux et le vis se rendre au bar avec ses amis. Cela ne passa pas inaperçu aux yeux de Rose qui me donna un coup de coude :
- Bah allez, qu'est-ce que tu attends pour aller lui parler ?
- Non mais ça va pas la tête ! m'exclamai-je.
- Si tu y vas pas je vais draguer les autres membres du groupe un par un et je finirais par lui, me menaça-t-elle. En plus j'ai soif alors va nous chercher un verre si tu veux bien et profites-en pour lui parler à ce beau Lucas.
- Mais je...
- Un par un, répéta Rosalie en articulant chaque mot.
Je me levai précipitemment plus par peur de ma soeur que par un soudain élan de courrage. Je savais que Rose était parfaitement capable de mettre son plan à exécution et c'était cela que je redoutais le plus.
En me dirigeant vers le bar, je ne pus m'empêcher de me regarder à la volée dans l'un des grands miroirs habillant les murs du pub. Je portait un chemisier blanc plutôt moulant et plutôt décolleté - merci Rose - accompagné d'un jean foncé lui aussi moulant et d'une paire de bottines à talon noires. Mes cheveux étaient lâchés, retombant en grandes boucles brunes sur mon dos. Je fis la grimace... Pas top.
Je pris une grande inspiration et me dirigeai vers le comptoir, mine de rien, près des quatre musiciens qui discutaient avec animation. Ce n'était pas mon genre d'aller aborder les gens, encore moins quand il s'agissait d'hommes mais là une force inconnue me poussa vers eux. Après tout, qui ne tente rien n'a rien... Et puis le campus de Columbia était bien assez vaste pour que je ne le recroise pas.
Je m'appuyais nonchalemment au bar et m'installais sur un tabouret . Je jetai un regard à Rose et vit... Qu'elle avait un verre à la main. Cette garce m'avait demandé d elui ramené quelque chose mais ne comptait pas vraiment sur moi... Je la fusillai du regard et elle me répondit par un sourire éclatant.
- Je vous sers quelque chose mademoiselle ? me demanda le barman en s'approchant de moi.
- Oui, un mojito s'il vous plaît, répondis-je en souriant.
- Bien, tout de suite.
Il partit et je me retrouvai à nouveau seule. Je jetai un regard de biais au groupe et vit que Lucas n'était plus là. Mon coeur s'emballa, je ne pouvais pas l'avoir manqué tout de même !
- Excusez-moi, est-ce que je pourrais avoir quatre bières ? demanda une voix masculine à ma gauche.
- Tout de suite.
Je me retournai soudain pour me rendre compte que la personne qui venait de prononcer ces mots n'étaient autre que Lucas. Il se trouvait là, à quelques mètres seulement et je sentis un frisson me parcourir le dos... Il était encore plus beau en vrai. Pas un air de top model ou de "bogoss" du genre à avoir conscience de son physique et à s'en servir à outrance. Non, c'était plus un charme et un charisme, que j'avais déjà remarqué lors du concert. Il dégageait quelque chose de fort mais aussi de tendre et attachant, c'était difficile à expliquer mais une chose était sûre : j'étais définitivement conquise.
'Allez Bella bouge-toi ! Tu vas pas le laisser partir, tu mets ta timidité de côté et tu fonces ma vieille, on ne vit qu'une fois !'
Forte de cette recommandation à moi-même je me tournai définitivement vers Lucas et après une inspiration discrète je déclarai :
- C'était un très beau concert.
Il fut apparemment surpris de m'entendre parler et il releva un regard interrogateur vers moi. Ses yeux étaient encore plus bleus que ce que j'avais cru et je dus me ressaisir pour ne pas passer pour une idiote. Je lui adressai un petit sourire en coin, histoire de me donner une contenance.
- Euh, merci, me répondit-il apparemment gêné en se passant une main dans les cheveux.
'Oh. My. God....' pensaije. Heum, reprends-toi Swan !'
- C'est la première fois que tu viens ici, n'est-ce pas ? me demanda-t-il finalement. Je veux dire... On joue ici tous les vendredis soirs et je ne t'ai jamais vu.
- Non, c'est vrai c'est bien la première fois que je viens, admis-je. Je m'appelle Bella.
- Et moi Lucas... Mais ça tu dois déjà le savoir, souritil.
- Oui, effectivement, approuvai-je. Ca fait longtemps que vous jouez ?
Et ce fut ainsi que nous entammâmes notre première conversation. Nous parlâmes d'abord du concert et notre discussion dériva inévitablement sur la musique. Là, nous nous découvrîmes d'énormes points communs comme notre adoration pour Queen et U2. Il parlait avec autant de passion que moi et nous nous interrompions parfois l'un l'autre pour réagir à la dernière phrase de notr einterlocuteur. Il y eut beaucoup de "excuse-moi je te coupe mais...", "oui, je suis tout à fait d'accord" ou "c'est vrai, le plus beau morceau de tous les temps...". Je n'avais jamais autant partagé avec quelqu'un sur la musique, j'avais trouvé aussi passionné que moi.
Ce fut ma première rencontre avec Lucas Morrison.
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Juin 2005
Le soleil entrait en abondance dans la chambre d'étudiante que je partageai avec Rosalie. Ma soeur m'avait quitté pour aller assister à un match de base-ball sur lequel elle devait écrire un article pour le journal de l'université dont nous faisions toutes les deux parties. J'étais restée ici pour réviser, les examens de fin d'année ayant lieu la semaine suivante.
J'étais en plein milieu d'un cours sur l'observation du totalitarisme du XXème siècle selon Hannah Arrendt lorsqu'on frappa à la porte. Je sursautai légèrement et allai ouvrir, me demanda de qui il pouvait bien s'agir. Lorsque j'aperçus mon visiteur sur le seuil, un sourire étira mes lèvres.
- Salut honey, me dit Lucas avec un petit sourire en coin.
- Salut Luke, souris-je en le laissant entrer.
Il pénétra dans la chambre et je refermai la porte derrière lui. Avant que je n'ai pu faire un seul geste, il m'attrapa par la taille pour me serrer contre lui et m'embrasser tendrement. Je passai une main derrière sa nuque et répondis à son baiser. Nous nous séparâmes et nos regards s'accrochèrent :
- Je ne te dérange pas, j'espère, demanda-t-il. Du moins... Je sais que tu révisais mais à part ça...
- ...à part ça, tu ne me déranges pas, terminai-je.
- Où est Rose ? m'interrogea-t-il alors que nous prenions place sur le canapé.
- Partie pour le match des Yankees, souris-je.
- J'aurais du m'en douter, rit mon petit ami. Ce qui veut dire que nous avons au moins trois heures devant nous... reprit-il, malicieux.
J'arquai un sourcil moqueur devant son air mais je ne le repoussai pas quand il m'embrassa passionément. De toute évidence, je ne pouvais pas résister à son charme, quoique je fis. Depuis les trois mois que nous étions ensemble , j'avais bien essayé... Mais impossible.
L'heure qui passa ne fut que baisers, murmures et caresses et j'en oubliai volontiers mon cours de géopolitique. Les moments que je passais dans les bras de Lucas étaient toujours magiques et avaient tendance à me couper du monde extérieur. Cette fois n'échappa pas à la règle.
Nous étions à présent dans mon lit dans les bras l'un de l'autre. Ma tête reposai sur son torse alors qu'il avait entouré ma taille d'un de ses bras. Nous ne disions rien, écoutant seulement le champs des oiseaux et les bruits du campus filtrant à travers la fenêtre ouverte.
- Je pensais à quelque chose, commença alors Luke, troublant le silence léger.
- A quoi donc ? l'interrogeai-je.
- Je sais que ça va peut-être te faire peur parce que c'est une conversation sérieuse mais... hésita-t-il. C'est la fin de l'année, dans trois semaines nous aurons fini les examens. Tu seras diplômée de journalisme et moi de musicologie - enfin j'espère en ce qui me concerne parce que toi c'est sûr mais...
- Luke, le coupai-je gentiment.
- Que va-t-il se passer, pour nous je veux dire ?
Je restai un instant silencieuse. C'était vrai, sa question était un peu surprenante mais je me l'étais déjà posée. C'était en effet une conversation sérieuse mais étrangement, elle ne m'effrayais pas... Au contraire elle semblait naturelle.
- Et bien... Je pense que nous allons rester ensemble... Enfin si tu veux toujours de moi, bien sûr.
- Jusqu'à preuve du contraire c'est encore le cas, sourit-il en passant un doigt sous mon menton pour le faire relever les yeux.
- Ensuite... Je vais essayer de trouver un travail, j'ai de bonnes pistes pour le "NY Culture" là où j'ai fait mon stage... Je vais peut-être me chercher un appartement aussi... Parce que retourner che zmon père à 22 ans et après quatre ans d'absence ça me semblerait être une régression... Après pour ce qui est de nous... Et bien on se verra toujours, Rose me reprochera de passer trop de temps avec toi et ensuite... On verra bien comment les choses évoluent, non ?
- Il faut vraiment que tu songes à arrêter de lire dans mes pensées, me taquina mon petit ami.
- Si tu pensais la même chose que moi, pourquoi me poser la question alors ? m'étonnai-je.
- Parce que... Je voulais être sûr que c'était ce que tu voulais. Que pour toi... Ca n'était pas juste "une histoire de fac".
Je vrillai mon regard au sien et put y lire une réelle incertitude. C'était étrange comme Lucas et moi nous nous ressemblions Il était aussi peu sûr de moi dans notre relation et quelque part, ce la me réconfortait. Je ne voulais pas encore faire de projets avec lui, trois mois c'était trop tôt. Mais je ne voulais pas le laisser partir pour autant.
- Ce n'est pas "juste une histoire de fac", assurai-je en caressant sa joue. Cet été je vais partir à Phénix quelques temps et toi tu vas rentrer dans le New-Jersey voir tes parents... On s'appellera tous les soirs à en tuer nos factures de téléphone et puis on se retrouvera en Septembre... En galèrera tous les deux pour trouver du boulot et on se réconfortera mutuellement...
- J'aime cette idée, affirma Lucas, songeur.
- Alors faisons ça, conclus-je. Et on verra bien ce que l'avenir nous réservera...
Il approuva d'un sourire et se pencha à nouveau vers moi pour m'embrasser... Je songeai alors que j'étais heureuse comme je ne l'avais pas été depuis longtemps. Et j'aimais ça.
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Wachovia Center, Philadelphie
Avril 2006
La foule autour de moi était totalement en délire et je songeai un instant que j'avais vraiment trouvé un boulot de rêve. Le 'NY Culture' m'avait envoyé au concert de Coldplay à Philadelphie pour un compte-rendu détaillé. A peine six mois que je travaillais pour eux et j'avais déjà vu des tonnes de concerts et même interviewé quelques groupes. J'aurais bien voulu interviewer Coldplay mais ils n'avaient pas réussi à avoir de rendez-vous... Tant pis.
Le concert touchait désormais à sa fin alors que les dernières notes de 'Fix You' s'élevaient encore dans l'air quelques secondes plus tôt. Le public acclamait une dernière fois alors que le groupe saluait avant de quitter la scène. Je me trouvais en fausse à cinq mètres de la scène et autant dire que ça avait été l'un des moments les plus intenses de ma vie.
Le sourire aux lèvres, je rangeai mon appareil photo dans mon sac besace et songeai à quitter la salle, comme les autres spectateurs avaient commencé à le faire. Il me fallut plusieurs minutes pour sortir mais j'y arrivais enfin. Je décidai d'acheter un t-shirt au Merchandising et me dirigeai ensuite vers la sortie du complexe pour reprendre le métro. Je devais rallier l'aéroport, mon avion partant aux alentours de deux heures du matin.
Alors que j'avais pris place dans une rame de métro plutôt bondée devant le nombre de personnes inhérant à la fin du concert, je sentis mon portable vibrer dans ma poche et je le pris. Lorsque je vis le nom de Lucas apparaître sur l'écran je souris et décrochai :
- Salut, dis-je.
- Salut honey... Tu vas bien ? Tu m'as l'air bien joyeuse. Comment était le concert ?
- C'était génial ! affirmai-je avec conviction. J'étais à cinq mètres à peine de la scène, je ne les avais jamais vu d'aussi près... C'était vraiment génial même si j'ai un peu l'impression de me répéter.
- Bah, il faudra juste trouver des synonymes de 'génial" pour mettre dans ton article se moqua mon petit ami. Je dois dire que je suis un peu jaloux.
- Je suis désolée de ne pas avoir pu t'emmener... J'ai bien essayé de soudoyer Ray mais il n'a rien voulu entendre.
- Il est cruel.
- Je suis bien d'accord avec ça, souris-je. Et toi, comment vas-tu ?
- Ca va... Les cours ont été un peu intenses aujourd'hui, ils sont particulièrement en forme en ce moment.
Je ris à la réponse de Lucas. Depuis que nous avions quitté l'université, tous les deux diplômés, une certaine routine s'était installée entre nous. Nous étions ensemble depuis plus d'un an et notre histoire semblait vouloir durer, ce qui me ravissait. Je travaillais donc au NY-C alors que Luke avait trouvé un job de professeur de musique dans un collège de Brooklyn. Ce n'était pas vraiment ce à quoi il aspirait mais cela l'aidait à payer le loyer à la fin du mois et lui laissait assez de temps libre pour continuer la musique avec le groupe. Ils commençaient à se faire un nom au-delà de New-York et étaient en train de négocier un contrat avec une maison de disque. J'espérais réellement que la chance allait leur sourire.
- A quelle heure arrives-tu, me demanda alors Lucas, me sortant de mes pensées.
- Trop tôt pour que tu songes à venir me chercher.
- C'est à dire ?
- 5h23, l'informai-je.
- Je serai là alors.
- Tu es fou... Il est déjà près de minuit et tu bosses demain...
- Hm... Tant pis, j'aurais une tête de déterré ça ne changera pas de d'habitude.
- Tu sais que je t'aime ? demandai-je, souriante.
- Moi aussi je t'aime honey.... Bon si je dois me lever à l'aube pour venir te chercher je vais te laisser, je voulais juste te parler avant d'aller dormir.
- Okay, bonne nuit la marmotte.
- Bonne nuit la grande voyageuse. Bye.
- Bye.
Puis je raccrochai, le sourire aux lèvres... J'étais arrivée à l'aéroport.
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New-York,
Juin 2008
Lorsque je poussai la porte de l'appartement que je partageai avec Lucas en ce vendredi soir, il faisait une chaleur terrible. L'été s'était définitivement installé et je n'aurais pas craché sur un ventilateur. Seulement, nous n'en avions pas et j'allais devoir me contenter d'une douche froide.
Je souris en posant ma légère veste de lin sur le porte-manteau. Cela faisait environ deux ans que je vivais ici avec mon petit ami et autant dire que j'étais comblée. Je travaillais toujours au NY-Culture et le premier album du groupe de Lucas était sorti à l'automne précédent, leur donnant une renommée dans tout le pays. Ils avaient fait une série de concerts à travers tous les Etats-Unis et même si nos périodes de séparations étaient difficiles à vivre j'étais enchantée pour lui. J'avais même pris deux semaines de vacances pour l'accompagner pour une série de concert en Floride il y avait de cela quelques temps... Ca avait été magique.
J'étais heureuse avec Lucas. Notre relation me convenait parfaitement. Nous vivions tous les deux de notre passions et même si nos métiers respectifs nous éloignaient l'un de l'autre géographiquement, nos sentiments ne tarrissaient pas. Je l'aimais réellement comme je n'avais jamais aimé quelqu'un avant et je lui faisais confiance au plus haut point. Ce que J'aimais aussi était le fait qu'il ne me mettait pas la pression et que nous jouissions d'une liberté presque totale. Il vivait à fond sa passion pour la musique pendant que je vivais la mienne pour le journalisme. Nous n'avions que rarement parlé d'avenir... Nous avions tout le temps pour ça etpour dire vrai, je n'étais pas prête du tout... Le mariage, les enfants... Tout cela ne faisaient pas parti de mes projets.
Lorsque je pénétrai dans le salon après avoir retirer mes sandales, je trouvais Luke, installé dans le canapé, une guitare sèche à la main et un carnet à spirales posé devant lui sur la table basse. Il était en train de travailler et cette vision m'étira un sourire. Je pouvais l'observer de longues heures composer et écrire sans rien dire, sans rien faire.... C'était juste un moment privilégié que personne à part moi ne voyais. C'était égoïste mais j'aimais cette idée.
En m'entendant entrer, il releva son regard océan vers moi et un sourire étira se slèvres. Je le rejoignis sur le canapé et il mit sa guitare de côté pour m'attirer contre lui. Je passai un bras autour de sa nuque et répondit au baiser qu'il déposa sur mes lèvres.
- Bonsoir ma puce, murmura-t-il en posant son front contre le mien.
- Salut, soufflai-je tentant de reprendre mon souffle.
- Bonne journée ?
- Extrêmement chaude mais hormis ça... Ca a été. J'ai cru que Rose allait encore massacrer Jane mais je l'en ai empêché.
- Ah, ma Super Woman à moi... plaisanta Luke tout en embrassant mon cou. Ta gentillesse te perdra.
- Je sais mais que veux-tu je n'y peux rien c'est dans ma nature
Je le sentis sourire contre ma peau puis il releva son visage vers moi pour capturer mes lèvres à nouveau. Notre baiser se fit vite passionné et nos langues se mêlèrent dans une danse complice, nos mains se mouvant en même temps. Les lèvres de Lucas quittèrent les miennes pour venir embrasser mon cou, ma clavicule et remonter pour titiller le lobe de mon oreille. Je passai une main dans ses cheveux soupirant d'aise.
- Je t'aime ma Bella, susura-t-il à mon oreille, me faisant frissonner de part en part.
- Je t'aime aussi.
Il se détacha de moi et remit une mêche de mes cheveux derrière mon oreille avant de m'embrasser délicatement le front. Puis, il se remit à la guitare et je restais là à le regarder jouer.
Au bout de quelques minutes cependant, il s'arrêta et se mit à me détailler des pieds à la tête. Sous l'intensité de son regard je sentis le rouge me monter aux joues - pathétique après plus de trois ans - puis je demandai :
- Qu'y a-t-il Luke ?
Il se contenta de me sourire tendrement et reprit alors sa guitare començant un air qui me dit quelque chose. Ce n'était pas l'une de ses chansons à lui mais... Une chanson de Ronan Keating.
- My love, here I stand before you, I am yours now from this moment on
, comença-t-il à chanter en vrillant son regard au mien. Take my hand only you can stop me shaking, we'll share forever, this I promise you.
Un délicieux frisson me parcourut l'échine comme à chaque fois qu'il chantait pour moi. Je ne comptais plus le nombre de fois où il m'avait dédié des chansons d'amour et même si ça semblait ringard j'adorais ça. Je me souvenais particulièrement de la fois où il m'avait chanté 'Green Eyes' de Coldplay en remplaçant le "green' par 'brown' pour mieux se l'approprier.
- And when I look in your eyes, all of my life feels before me
And I'm not running anymore 'cause I already know I'm home
With every beat of my heart, I give you my love completely
My darling, this I promise you
Luke poursuivait la chanson, tout en gardant son regard encré au mien. Ma gorge se serra sous l'émotion mais pourtant une pointe de crainte s'insinua vicieusement en moi. Il semblait que cette fois, les choses étaient différentes. J'avais l'impression que plus que jamais, Lucas voulait m'assurer qu'il m'aimait... Que ce n'était pas anodin. Et cela m'effraya un instant.
My love, I can feel your heartbeat
As we dance now, closer than before
Don't let go, don't let go 'cause I can almost cry now
This is forever, I make this vow to you
Je sentis les larmes me monter aux yeux. D'habitude je me contentai d'un sourire heureux, parfait reflet du sentiment de plénitude qui m'habitait dans ces moments-là. Cette fois, l'intensité de son regard, l'émotion et la conviction qu'il mettait dans ses mots me mirent les larmes aux yeux même si elles ne coulèrent pas sur mes joues. Mon coeur s'était accélérer et je me sentie aimée plus que je ne l'avais été auparavant. Cet homme merveilleux m'aimait moi, Isabella Swan... Et pour cela je remerciai le ciel.
Pourtant, la crainte ne tarrissait pas. J'avais un mauvais pressentiment... Un très mauvais pressentiment.
Au dernier refrain, Lucas laissa sa guitare de côté et prit l'une de mes mains dans les sienne. Puis ils se pencha à mon oreille pour murmurer les dernières paroles :
- My darling, this I promise you, oh, I promise you...
Une larme solitaire coula le long de ma joue avant qu'il ne relève les yeux vers moi et selle sa déclaration d'un baiser. J'y répondis avec toute la passion dont j'étais capable, lui donnant un goût de désespoir. Je ne voulais pas qu'il fasse ce que j'avais entrevu, je ne voulais qu'il dise ces mots... Pourtant, je ne pus le retenir lorsqu'il se sépara de moi et qu'il me demanda dans un souffle :
- Mon ange... Epouse-moi.
Je sentis mon coeur se fendre en deux et je fermai les yeux sous le coup de la douleur.... Pas ça...
xxx
(Coldplay - Trouble)
Oh no, I see, I spun a web, it's tangled up with me, (Oh non, je vois... J'ai tissé une toile je suis emmêlé à l'intérieur)
And I lost my head, the thought of all the stupid things I said, (Et j'ai perdu la tête en pensant à toutes les choses stupides que j'ai dite)
Trois jours. Cela faisait trois jours que Lucas m'avait demandé en mariage et trois jours que j'avais ce fichu noeud dans l'estomac. Lorsqu'il m'avait fait sa demande, j'étais restée interdite, pétrifiée. Il m'avait laissé le temps d'assimiler sa requête mais je n'avais rien pu lui répondre. Je m'étais mise à pleurer et il avait du croire que c'était sous le coup de l'émotion et de la surprise. Il y avait sûrement un peu de ça mais c'était aussi à cause de la douleur que j'avais ressenti. J'avais balbutier une phrase du genre "je ne sais pas quoi dire" et en voyant ma détresse il m'avait assuré que je pouvais prendre tout le temps nécessaire pour lui répondre. J'étais maintenant dans une situation impossible dont l'échappatoire m'apparaissait terrible et bien funeste.
Nous n'avions jamais parlé concrètement de mariage et sa demande m'avait prise totalement au dépourvu. Nous filions le parfait amour sans nous poser de questions. Du moins, était-ce mon cas... Pour Lucas, les choses s'étaient apparemment passées autrement. Lui y avait réfléchi, lui avait des envies et des projets.... Moi pas.
Bien sûr, j'avais une envie : que notre histoire continue le plus longtemps possible. Sa présence dans ma vie était d'une telle évidence que je ne me voyais pas la poursuivre sans lui. Je l'aimais probablement au-delà de la raison et il était à coup sûr celui qu'il me fallait.
Pourtant... Le mariage, les enfants. C'était quelque chose qui m'effrayait. Je savais que Luke attachait beaucoup d'importance au mariage. Ses parents étaient mariés depuis trente-cinq ans... Sa soeur aînée aussi était mariée depuis quelques temps et à présent c'était à son tour. Quant aux enfants... Ca devait sûrement venir avec.
Sauf que moi.... Ce n'était pas mon cas. J'avais une bien piètre opinion du mariage. Ma mère avait épousé mon père et l'avait abandonné lui brisant le coeur, il ne s'en était jamais remis. Les parents biologiques de Rosalie aussi étaient mariés mais sa mère l'avait abandonnée à la naissance la laissant avec un père violent. Quant à la questions des enfants... Je ne m'en sentais tout simplement pas la force. Je n'avais pas les épaules pour ça. Et si jamais j'abandonnais mon enfant et son père? Si jamais j'abandonnais Lucas ? Je ne serai pas capable d'élever un enfants, je n'étais même pas capable de m'occuper de moi alors un bébé.... J'avais tellement peur de faire les mêmes erreurs que ma mère et celle de Rose...
Oh no what's this? A spider web, and I'm caught in the middle (Oh non, qu'est-ce que c'est ? Une toile d'araignée et je suis prisonnier à l'intérieur)
I turned to run,, the thought of all the stupid things I've done (Je me suis retourner pour m'enfuir,en pensant à toutes les choses stupides que j'ai faite)
Alors voir Lucas me demander en mariage m'avait fait réaliser que je m'étais laissée aveugler. Je m'étais persuadée que ça ne m'arriverait pas à moi, de tomber sur un homme qui ne voulait pas la même chose que moi, un homme qui voulait se marier et avoir des enfants. Lucas et moi étions si semblables que j'avais imaginé que c'était une sorte d'accord tacite entre nous, juste nous, notre amour et nos métiers pour lesquels nous vivions. Mais cet accord je l'avais formulé seule. Je m'étais fourvoyée, croyant que les choses étaient claires : mais elle ne l'étaient pas.
Le noeud à ma gorge me faisait mal, très mal. J'avais envie de fuir loin de toute cette douleur. Comment les choses avaient-elles pu tourner à ce point, alors que trois jours avant j'étais la plus heureuse sur cette Terre ? A présent, je doutais, je souffrais... J'avais peur de l'avenir. J'avais peur de le perdre....
Je me trouvais devant notre immeuble, incapable de pousser la porte du hall. Je devais lui parler, je le savais... Il n'y avait pas d'alternative, je ne pouvais pas faire durer les choses indéfiniments... Je ne pouvais nourrir de faux espoirs en lui... Je l'aimais bien trop pour ça. Alors j'avais pris une décision, la plus douloureuse de toute ma vie.
Je fis un pas vers la porte, puis un autre. Chacun d'eux me fit à nouveau mal mais je résistai. Je devais le faire. Je poussais la porte du hall et décidai de prendre les escaliers, dernière chance de retarder l'échéance.
I never meant to cause you trouble and I never meant to do you wrong (Je n'ai jamais eu l'intention de te créer des ennuis et je n'ai jamais eu l'intention de te faire du tort)
And I, well if I ever caused you trouble, O no, I never meant to do you harm. (Et bien, si je t'ai créé des ennuis... non je n'ai jamais eu l'intention de te faire du mal)
Si je souffrais, je savais que ça serait bientôt le cas de Luke. Je ne voulais pas lui faire du mal mais ça serait égoïste de vouloir continuer. Pourquoi ne pas faire la concession de me marier avec lui, peut-être que ça pourrait m'aller après tout... Non, j'étais contre le mariage depuis tellement d'années que l'envisager pour moi serait une grave erreur. Je voyais le mariage comme la fin de l'indépendance et j'aurais l'impression de devoir quelque chose à Lucas. Le mariage impliquait des obligations et des devoirs et pour moi l'amour ce n'était pas ça. Pourquoi s'imposer des barrières alors qu'on est si bien comme ça ? Ou du moins... Je l'étais car Lucas lui, voulait plus. Seulement... Je ne pouvais lui donner ce qu'il désirait... Où allions-nous dans ce cas ?
Nous n'habitions qu'au troisième étage et mon ascension fut trop courte à mon goût. J'étais désormais devant la porte de chez nous, totalement figée. Mon Dieu, qu'étais-je sur le point de faire ? Il le fallait pourtant, même si ça me déchirait les entrailles. J'essuyai mes larmes d'un geste rageur de lamain. Il ne fallait pas qu'il me vit pleurer.
Je pris une grande inspiration et la mort dans l'âme, je poussai la porte.
Lucas était assis dans le canapé devant un match de foot. Il n'aimait pas particulièrement le sport mais je crois que Rosalie avait fini par en faire un adept à une ou deux exceptions. Cela m'étira un pâle sourire mais il disparut bien vite. Mon petit ami se retourna en m'entendant entrer et il me sourit faiblement.
- Salut, dit-il simplement.
- Salut, répondis-je.
Oh no I see, a spider web and it's me in the middle (Oh non je vois, une toile d'arraignée et c'est moi au milieu)
I twist and turn, here I am in love in a bubble (Je me tords et me tourne, me voici amoureux dans une bulle)
Je m'approchai de lui, l'estomac complètement retourné et je m'installai à ces côtés Il dut voir mon air grave car il coupa la télé et se retourna vers moi soucieux.
- Mon coeur, que se passe-t-il ?
Je lui souris faiblement et déclarai :
- Je crois que nous devons parler.
Les minutes, peut-être même les heures qui suivirent furent les plus douloureuses de toute ma vie. Je dus dire à Lucas que malgré tout l'amour que j'éprouvais pour lui je ne pouvais pas l'épouser... Que je ne l'avais jamais voulu. Il s'était indigner, attristé, mis en colère et avait même laisser échapper quelques larmes. Il m'avait dit ne pas comprendre que si je l'aimais nous pouvions passer le reste de nos vies ensemble. Qu'il voulait que je sois sa femme, que je porte son nom et ses enfants... Et j'avais du faire preuve d'arguments douloureux. Je ne savais pas s'il avait compris mais il avait renoncé. C'était ce que je voulais pourtant ce fut plus douloureux que je ne l'avais cru.
- Si tu penses que c'est mieux ainsi.... avait-il dit. Je ne peux pas vraiment te retenir, même si ça me brise le coeur.
Ses mots avaient été comme un poignard dans mon coeur déjà bien éprouvé. Cet homme était définitivement trop bien pour moi. Je lui avais menti, j'aurais du lui dire depuis le début ce que je voulais... Peut-être que nous n'aurions pas autant souffert.... J'avais pourtant passé les meilleures années de ma vie avec lui... Et égoïstement je voulais les garder comme un cadeau de la vie.
Lucas m'avait demandé une dernière faveur. Au début, j'avais voulu refuser mais si ma raison disait non, mon coeur lui me criait d'accepter... Ce qu'il voulait c'était une dernière nuit.... Pour se dire adieu m'avait-il dit... Il ne voulait pas que ça se termine comme ça que la dernière image qu'il aurait de moi serait celle de mes larmes et de ma résignation. Alors j'avais accepté parce que j'en mourais moi-même d'envie, une sorte d'adieu désespéré... S'aimer une dernière fois avant de se séparer.
Durant la nuit qui avait passé nous nous étions aimé autant de fois que notre amour et nos forces ne nous l'avaient permis. J'avais savouré chacune de ses caresses et chacun de ses baisers comme des trésors auxquels je n'aurais plus jamais droit. Nos étreintes avaient eu un goût de désespoir et sans doute faisais-je la plus grosse erreur de ma vie en quittant cet homme merveilleux... Mais je n'étais pas celle qu'il lui fallait.
Je le regardai dormir depuis plusieurs minutes déjà, ne pouvant détâcher mes yeux de son visage que je connaissais tant. J'avais si mal que les larmes m'auraient paru dérisoires... alors je ne pleurais pas. Je me contentais d'un mutisme résigné. Je devais partir je le savais et ça me déchirait le coeur dans une violence inouïe. Je savais que du temps me serait nécessaire pour guérir... Et je n'étais pas sûre que je guérirais vraiment un jour. Pourtant, même si cette décision me coûtais elle était la plus judicieuse.
Ce qui me faisait le plus mal, hormis la perspective de poursuivre ma vie sans Lucas, était de l'avoir fait souffrir et de l'avoir déçu. Lui qui avait placé tant d'espoirs en moi j'avais réduis tout cela à néant... Il avait le droit d'être heureux mais était-ce mon cas après ce que je venais de faire ?
Non, pas avant très longtemps. Je ne pouvais pas prétendre au bonheur alors que je lui avais retiré le sien. Je ne le mériterais assurément pas... Je devrais me repentir et ça serait un processus long et éprouvant.
Je me fis alors cette promesse de réparer mes ereurs en éloignant le bonheur de moi. Ca pouvait paraître stupide mais j'en étais persuadée... Je n'avais pas le droit d'être heureuse à nouveau, pas après ça... Et pas avant longtemps.
Je jetai un coup d'oeil sur le réveil... Sept heures du matin. Il était temps pour moi de partir. Je posais mon regard sur Lucas et me penchai vers lui pour déposer un futil baiser sur ses lèvres.
- Adieu, murmurai-je.
Puis, je m'habillais en silence et après lui avoir jeter un dernier regard je quittais notre appartement, le coeur brisé.
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Février 2009
J'avais enfoui ma tête dans le cou de Rose pour y dissimuler mes sanglots. J'avais si mal au coeur que j'avais du mal à respirer. Jamais depuis les neuf derniers mois je n'avais affronté ces souvenirs avec autant de force. A présent ma soeur me serrait contre elle et Alice avait glissé ses mains dans les miennes. Je pleurais depuis de longues minutes sans pouvoir m'arrêter. Pourtant, cela me faisait du bien. J'avais aimé repensé à ses bons moments passés avec Lucas, bons moments que je chérissais toujours autant. Et surtout ça m'avait fait du bien d'en parler à quelqu'un d'extérieur.
Je me calmai petit à petit et me séparai finalement de Rose, la remerciant d'un sourire. Je me tournai ensuite vers Alice qui avait les yeux brillants et qui serra fort mes mains dans les siennes.
- Quand j'ai embrassé Edward hier soir, quand je me suis rendu compte de l'importance qu'il avait pris dans ma vie... Ca m'a effrayé, repris-je en essuyant mes joues humides. J'avais fait une promesse et j'y avait manqué.... Ca m'a fait me haïr et le haïr aussi d'avoir provoqué ça chez moi... Puis j'ai aussi réalisé que je l'avais déçu et blessé... Comme je l'avais fait avec Luke.... Je crois que je ne suis pas encore prête à revivre ça, j'ai déjà bien fait assez de mal.
- Edward a décidé de partir, déclara subitement Alice. Il a décidé de prendre les trois semaines suivantes pour réfléchir et rentrer à Seattle.
Je restai bouche bée à cette annonce. Edward allait partir ? La culpabilité se fit encore plus grande. A cause de moi il quittait les siens... Pas définitivement certes mais tout de même...
- C'est ma faute, murmurai-je.
- Tu sais... Je crois qu'Edward aussi a réalisé que tu étais importante pour lui, m'avoua Alice. Je le connais bien et je lis en lui comme dans un livre ouvert... Il souffre de la situation et en plus du fait que je lui ai menti nous sommes toutes deux fautives. Mais peut-être que cette période de séparation va vous permettre de faire le point et de repartir sur de bonnes bases.
Je songeai un instant aux paroles d'Alice. Oui, elle avait peut-être raison. J'étais moi-même totalement bouleversée et n'aurais su comment me comporter avec Edward. Alors peut-être qu'un temps de séparation nous aiderait à y voir plus clair.... J'aurais besoin de ce temps pour calmer la culpabilité et le trouble. Je devais aussi me défaire de lui, de l'emprise qu'il avait sur moi. J'avais failli à ma promesse à Lucas une fois... Mais ça ne devait pas se reproduire.
Je regardai tour à tour Rosalie et Alice, heureuse de les avoir à mes côtés. J'avais de la chance dans mon malheur... Elles seraient là pour me soutenir dans cette période qui s'annonçait difficile. Et j'y arriverai.
Du moins je l'espérais.
Tadaaaaam ! J'espère que vous avez aimé ce chapitre un peu plus long que les autres. Je ne sais pas si les autres seront aussi long parce que je ne sais pas exactement de quoi sera fait le prochain chapitre. Je vous dis à demain pour la petite note d'auteur en attendant… Petit bouton vert ! :D
Merci
Bien a vous
Lily.
