Pour rédiger ce chapitre, j'ai écouté oOoOO – Mouchette. Sombre et déprimant. Parfait. ET j'avais une gueule de bois carabinée donc ne vous attendez pas à des petites fleurs et des petits cœurs partout. Sinon, bienvenue aux nouveaux lecteurs!
RAR
Maxine3482 : ah non n'exagérons pas, j'ai dis que mon Draco n'est pas un méchant mais il n'en est quand même pas un Gryffondor (qui sont... parfois un peu beaucoup cons – Ravenclaw rules o/ - ) et puis même s'il est mort de peur, il est justement beaucoup trop lâche pour tout plaquer... enfin je n'en dis pas plus, le chapitre est là pour ça !
Luz : En Hippogriffe? tu oublies qu'Hermione n'aime PAS DU TOUT voler ? Oh la vilaine fangirl :D
Chapitre 7
Draco avait pris place au centre de la pièce, la tête baissée. Voldemort l'avait regardé s'avancer vers lui, sans rien dire, arborant un sourire mauvais sur ce qui lui faisait office de visage. Une vingtaine de Mangemorts l'entouraient, dont Lucius Malfoy. Son petit séjour à Azkaban ne lui avait, visiblement, pas fait de bien. Il avait perdu tout signe de grandeur et d'arrogance et se tenait d'ailleurs en retrait, évitant soigneusement de poser les yeux sur son fils.
«Maître ?, tenta Draco d'une voix tremblante. J'ai ... J'ai la baguette de Dumbledore ».
D'un geste de la main, le Mage Noir s'en empara. Son sourire s'agrandit, et, dardant son regard sur le jeune sorcier, il siffla d'une voix méprisante.
« C'est tout ce que tu as su faire en deux mois ? Me ramener une baguette ? Si j'avais su, j'aurais pu me déplacer jusqu'Ollivander, j'aurais bien moins attendu ! »
Une salve de rires silencieux parcouru l'assemblée des Mangemorts. Voldemort fit un geste/ de la main, intimant ses disciples au silence.
« Enfin, à quoi pouvais-je m'attendre de mieux, venant d'un Malfoy... »
Dans le fond de la pièce, Lucius semblait vouloir rentrer dans le mur et se cacher dans la tapisserie.
« Je suis désolé, Maître, je ne vous décevrais plus », tenta Draco.
« Oui, oui, c'est cela. Je n'ai pas besoin d'incapables autour de moi, et encore moins de petits morveux. » Le Seigneur des Ténèbres sortit sa baguette en silence.
Pétrifié, fixant le tapis, Draco sentait ses dents s'entrechoquer dans sa bouche. Il se doutait que Voldemort ne l'aurait pas accueilli avec les honneurs, et il savait aussi que la mission qui lui avait été dévolue était un moyen de punir sa famille, mais il avait espéré pouvoir satisfaire son maître, et redorer un peu le blason des Malfoy.
« Endoloris ! » lâcha nonchalamment Voldemort.
Le jeune sorcier sentit alors des milliers d'épingles brûlantes pénétrer son corps. Il avait l'impression que de la lave en fusion traversait sa peau, faisant fondre ses organes. Un cri horrible monta dans la pièce, si fort qu'il pensa que ses tympans allaient d'exploser. C'était lui qui hurlait, tellement la douleur était forte, irradiant chaque cellule de son corps. Draco crut un instant que son crâne était en train de se fendre, mais avant de perdre connaissance, il eut l'idée stupide que si c'était le cas, il serait déjà mort.
Voldemort observait le garçon était recroquevillé sur le sol, du sang coulant de son nez. Il criait si fort qu'il finit par se lasser. « Tu as vu, Lucius, la chair de ta chair et le sang de ton sang est tout aussi couard que toi ! Quelle tristesse, une si grande famille réduite à la dégénérescence... »
Il fit ensuite un signe de tête à Queudver. « Jette moi cet incapable hors de ma vue. Et tout de suite. Nous avons des choses sérieuses à préparer. »
Draco reprit connaissance dans une pièce sombre et poisseuse. L'odeur lourde du sang et des déjections humaines flottait dans l'air. Il faisait froid et humide, mais il avait encore trop mal pour ressentir quoi que ce soit d'autre que de la souffrance. Il avait été jeté dans les cachots. Ses propres cachots, pensa-t-il avec colère. Il se plia brusquement en deux, hoquetant avec difficulté. Puis, il vomit sur le sol un mélange de bile et de sang. Levant la main sur son visage, il réalisa qu'il saignait du nez. Il avait la nausée.
« J'aurais dû écouter Granger. Me planquer derrière les professeurs et me tenir à carreau jusqu'à la fin de la guerre. Comment ai-je pu ne fut-ce qu'un instant espérer pouvoir m'en sortir ? » se demanda-t-il, amer. Lorsqu'il toussa encore, une nouvelle giclée de sang jaillit de sa bouche. « Par Salazar, je dois avoir une côte cassée. Je vais crever ici, comme un sale rat. Comme un moins que rien. »
Il essaya de se relever mais ses jambes se dérobèrent sous lui. Il heurta le sol et poussa un gémissement plaintif. Contre sa joue, la froideur de la pierre lui fut d'un bref réconfort. Puis tout devint noir à nouveau et il s'évanouit.
Dumbledore était mort. Les Mangemorts étaient entrés à Poudlard. Snape avait trahit l'Ordre du Phoénix. En une journée, tout avait basculé.
Personne n'arrivait à y croire. Et pourtant... Tous les élèves qui n'avaient pas quittés l'école étaient rassemblés dans la grande salle, devant la dépouille de leur Directeur. Harry avait les yeux secs. Autour de lui, Ron et Hermione le serraient dans leurs bras. Ils avaient peur de ce qui allait suivre, mais Harry semblait étonnamment très déterminé. « Il est hors de question que je reste ici alors que Snape va parader dans le bureau de Dumbledore, murmura-t-il rageusement. Et puis, je n'ai pas l'attention d'attendre sagement que Voldemort vienne me tuer, comme un agneau qu'on mène à l'abattoir. »
« Tu veux dire que tu vas aller chercher les Horcruxes ? » chuchota Hermione.
« J'en ai bien l'intention, oui. »
« Tu ne comptes pas y aller seul, j'espère ? » s'indigna Ron.
Harry sourit. « Je n'irais nul part sans mon meilleur ami. Par contre, Hermione... »
La brune le regarda avec une lueur de défi dans les yeux. « Oui ? »
« Toi tu restes ici, souffla-t-il. On a besoin de quelqu'un avec un cerveau capable de faire des recherches ET de surveiller ce qui se passe à Poudlard. Je sais que tu es moins impulsive que Ron et que tu n'iras pas te jeter dans la gueule du loup. »
« Du Mangemort, tu veux dire ? » Elle ébaucha un sourire, tentant de cacher sa déception. Elle savait pourtant qu'Harry avait raison. Elle serait beaucoup plus utile derrière des grimoires qu'en expédition dans toute l'Angleterre.
Hermione étreignit ses amis. « J'ai peur... »
« On a tous peur. Regarde autour de toi. »
Elle parcouru des yeux l'assemblée. Tous les élèves (enfin, presque tous) semblaient effrayés. Même une grande partie des Serpentards arboraient une mine sombre. La sorcière nota mentalement que Malfoy n'était pas présent.
« Mais si tu observes mieux, Hermione... Tu verras qu'il y a autre chose dans leur regard. La détermination et le courage. Poudlard ne se rendra pas à l'ennemi, tu peux en être sûre. »
Draco sentait peu à peu la force revenir en lui. Il avait dormi plusieurs heures et la douleur se faisait plus supportable ; mais lorsqu'il se leva il du se retenir de crier. Une fois debout, il vacilla pendant un moment avant de se sentir plus stable sur ses jambes. La cellule crasseuse dans laquelle il avait été jeté comme un vulgaire déchet n'était même pas fermée. Négligence de Queudver ou était-il si insignifiant aux yeux de Voldemort pour qu'il soit abandonné ainsi à son sort ?
Il allait retourner à Poudlard. Demander l'aide de Granger et de ses petits amis. Et pouvoir ainsi être planqué jusqu'à la fin de la guerre – car le meurtre de Dumbledore n'était qu'une étape, il le savait – s'il se débrouillait assez pour se faire oublier de Voldemort et qu'il ne se faisait pas trop remarquer par tous les fers à bras de l'Ordre du Phoenix. Il avait cru pouvoir faire preuve de courage en acceptant, seul, la mission que lui avait donnée le Mage Noir, mais il était clair aujourd'hui qu'il n'était clairement pas de taille à lutter avec – ou contre – lui. Il raconterait quelques bobards bien sentis à la sorcière de Gryffondor pour expliquer son revirement de situation, il s'en ferait une amie qui, si les choses tournaient mal pour lui, pourrait étendre la protection de l'Ordre du Phoenix jusqu'à lui. « Je vais parler à Snape, se dit-il, et tant pis pour ma fierté mal placée. J'ai été torturé sur le sol de ma salle à manger jusqu'à en saigner devant des Mangemorts qui me méprisent, moi et ma famille. Ce qui compte maintenant, c'est sauver mes fesses. »
Alors qu'il ruminait ces pensées peu réjouissantes, il arriva en haut des marches des donjons. S'appuyant sur le mur, il les gravit avec difficulté, tendant l'oreille. Mais il n'y avait personne. « Ils doivent tous être en train de célébrer leur petite victoire sur Dumbledore », pensa-t-il amèrement. « Mais par la putain de Salazar, qu'est ce qui a pu un jour convaincre mes parents de frayer avec Voldemort ? Il n'a même pas le sang pur et c'est un vrai taré ». Draco sentait la rancœur monter en lui. Il se surprit même à espérer, un bref instant, que Potter réussisse à lui faire son compte. Un bref, très bref instant, avant que la haine qu'il ressentait pour le Balafré lui rappelle qu'il ne le pleurerait probablement pas non plus.
Il quitta discrètement le Manoir qu'il avait tant aimé. Il avait eu l'impression d'être un voleur alors qu'il parcourait les couloirs, longeant les murs. Arrivé à la lisière du bois qui jouxtait le parc, il réalisa qu'il était trop faible pour transplaner. Il saisit alors une branche de bois et la transforma en Portoloin. Il l'effleura ensuite et eut la sensation familière qu'on l'attrapait par le nombril.
Lorsqu'il atterrit devant les grilles de Poudlard, Draco sentit la nausée reprendre possession de son corps. Se contrôlant pour ne pas vomir, il se jeta brutalement derrière un buisson lorsqu'il entendit des voix s'approcher. Il retint avec difficulté un gémissement de douleur.
« Vous n'avez rien entendu ? » chuchota Hermione d'un air inquiet.
Les trois amis se figèrent quelques minutes. « Non, il n'y a rien, Hermione. De toute façon on va y aller, il ne faudrait pas que tu tombes sur Rusard ou Snape en rentrant dans le château » lui répondit Harry.
« Venez ici, les garçons. Je ne sais pas quand on se reverra... » Elle les serra dans ses bras, puis leur donna à chacun une petite pièce en argent. « C'est une mornille enchantée. J'ai trouvé un sortilège ce matin... Elle nous permettra de communiquer. Il suffit de souffler dessus. C'est un peu comme un talkie-walkie. »
« Un quoi ? » murmura Ron.
« Je t'expliquerais ». répondit Harry. Il répondit à l'étreinte de sa meilleure amie. « Fais bien attention à toi aussi, Hermione. Pas d'actes de bravoure inconsidéré. On a besoin de toi. »
La sorcière regarda ses amis enjamber leurs balais. Ils lui firent un petit signe de la main puis décollèrent sous la lune blafarde. Hermione frissonna, puis, entendant une branche craquer, se retourna vivement, sa baguette à la main.
Elle crut qu'elle rêvait lorsqu'une voix familière souffla son nom.
Malfoy n'en croyait pas ses yeux. Weasley et Potter quittaient le navire, laissant le Castor seul à Poudlard. Encore probablement pour jouer les héros, songea-t-il avec dédain. N'empêche que ça allait lui faciliter la tâche.
Il soupçonnait Hermione Granger d'avoir un petit quelque chose avec les causes perdues, il suffisait de voir sa stupide société de libération des elfes. En plus, constata-t-il en sentant ses côtes cassées, il n'allait même pas avoir besoin de mentir, il était déjà assez mal en point. Elle allait le croire sans encombres lorsqu'il lui dirait qu'il avait été torturé et qu'il était en danger de mort. Et sans ses amis dans les pattes, il était persuadé qu'elle serait plus... ouverte à reconsidérer leur haine mutuelle.
Il attendit patiemment que les deux sorciers décollent, tentant de ne pas penser aux élancements qui continuaient à parcourir son corps. Il observait Granger. Curieusement, elle l'intriguait. Par deux fois, cette fille qu'il avait toujours détestée était devenue étrangement proche. Le seul contact humain qu'il ait eu depuis des semaines, en fait. Il avait toujours détesté la sorcière brune ; parce qu'elle était amie avec Potter, d'abord, puis parce qu'elle était douée malgré son statut de sang de bourbe ensuite ; et puis, elle avait toujours été si horripilante. Et voilà que cette fille lui avait ouvert les bras, lui avait parlé avec gentillesse et compréhension, alors qu'il avait toujours été odieux avec elle. Il ne comprenait pas.
Lorsque Granger se retrouva seule, regardant vers le ciel avec un air de profonde tristesse, il se releva doucement. Son pied écrasa une brindille et la sorcière se retourna, baguette en main et l'air alarmé. N'ayant pas très envie d'être défiguré si elle lançait un sort à l'aveugle – et puis absolument pas en état de se défendre, d'ailleurs, il l'appela doucement.
En quelques instants elle fut sur lui. « Malfoy, mais qu'est ce que tu fous ici ? » chuchota-t-elle. Le sorcier lui adressa un petit sourire en coin et garda le silence. Il voulait qu'elle remarque à quel point il était amoché, et le silence donnait plus de résonance dramatique à son allure.
« Hé bien, finit-il par répondre, je sauve ma peau ». Il sortit complètement des fourrés, et Hermione, voyant le sang qui maculait sa chemise, ouvrit la bouche d'un air horrifié.
« Que t'est-il arrivé, par tous les dieux ?! » souffla-t-elle.
« Je n'ai jamais aimé qu'on me donne des ordres... ». Il remarqua, satisfait, l'air inquiet qu'elle affichait tout en le dévisageant. « ... Et Voldemort n'est pas homme à apprécier qu'on lui désobéisse. Il m'a... Puni ». Il savoura le mutisme de la sorcière. Pour une fois, quelqu'un avait faire taire Hermione Granger, et c'était lui.
Il ajouta enfin d'un air faussement détaché : « Avec quelques Doloris. Je pense que j'ai une côte cassée. »
Hermione remonta ses manches et lança d'un air décidé : « Enlève ta chemise ».
Draco s'étrangla à moitié : « Q-quoi ? »
« Écoute, il est minuit, tu ne vas pas dormir comme ça ni aller à l'Infirmerie, je présume. Je ne vais pas te suivre jusqu'aux dortoirs Serpentards et depuis que Snape est directeur et que des Mangemorts se chargent de la discipline... C'est encore plus compliqué de se faufiler en douce la nuit à Poudlard qu'avant. Donc, tu vas enlever ta chemise maintenant, et je vais te soigner. Compris ? »
Draco aurait pu aller voir Snape qui l'aurait soigné sans problème. Mais il comprit que si la sorcière s'occupait de lui, il se rapprocherait d'elle et il pourrait commencer à créer une ... sorte de... relation de confiance qui lui serait sans doute bien utile.
« Okay, okay Granger. Mais je t'interdis de me mater. »
Elle lui lança un regard scandalisé. Il réprima l'envie qu'il avait de rire et toussa un peu, colorant ses lèvres d'une mousse rougeâtre. En effet, il était vraiment dans un sale état. Il enleva sa chemise en grimaçant à chaque mouvement.
Hermione prit bien soin de ne pas regarder le torse du jeune sorcier et lui lança quelques sorts de soins, frôlant sa peau blanche de sa baguette. Quand ce fut fini, elle tendit la chemise blanche à Malfoy qui la saisit en hochant de la tête d'un air reconnaissant.
« Merci, Granger. Je ne l'oublierais pas... »
« Considère que nous sommes quitte. » Il acquiesça. « Maintenant, si tu veux bien, je vais rentrer dans mon dortoir et dormir ».
Elle le regarda enfiler son pull et ouvrir la grille. « Hé, Malfoy ! » Il se retourna vers elle. « Ce que je t'ai dit... Avec l'Ordre. C'est toujours d'actualité. Si tu as besoin d'aide, on est là. »
« Je n'ai pas oublié, Granger, répondit-il, dardant ses yeux gris dans le regard noisette d'Hermione. Bonne nuit ». Et il disparut dans les ténèbres.
On se retrouve dans quelques jours pour le prochain chapitre!
Sinon, une review = la possibilité de lancer un Episkey à un Draco Malfoy torse nu.
