Liz se sentait perdue et blessée. Elle ne comprenait pas la réaction de Rogue. En une phrase il avait réduit à néant un si merveilleux moment. Avait-t'il seulement profité de sa détresse ? Une douleur cuisante transperça sa poitrine lui coupant le souffle si violemment qu'elle dut se retenir au mur du couloir pour ne pas chuter. Son cœur, son corps lui faisaient mal. C'est alors qu'une haine sourde s'empara de son âme. Cet homme allait payer, oui, elle lui ferait mal.
Déterminée, le regard glacial elle se redressa et inspira un grand coup. L'air ambiant se chargea d'électricité et une puissante vague de magie traversa son corps de part en part.
C'est dans cet état et avec toute trace de larme disparue que la jeune femme retourna dans son dortoir, bien décidée à se venger de son professeur.
De son côté, Séverus luttait contre une violente nausée. Il se haïssait, lui et sa maudite lâcheté ! La peur, c'est la peur qui avait parlé. Cette peur sourde qui l'avait envahit après l'extase et qui l'avait poussé à se montrer froid envers la jeune femme. Il ne pouvait admettre qu'elle était une faiblesse pour lui, l'espion imperturbable. Il avait relâché son attention, s'était laissé séduire par cette douceur et ce bonheur si simple de s'abandonner dans ses bras. Cependant il n'en avait pas le droit ! Par Merlin ! Il lui avait volé son innocence, avait trahi sa confiance. Une enfant, ce n'est qu'une enfant blessée et confuse. Lui, l'homme mature et pragmatique c'était comporté comme un adolescent infantile. Mais il savait que si c'était à refaire, il succomberait de nouveau. Il se mit à trembler, écœuré. Un monstre qui salissait et détruisait tout ce qu'il touchait, voilà ce qu'il était. Il prit alors une grave décision, il devait trouver Dumbledore, avouer ses fautes et disparaître de Poudlard. Inspirant un grand coup, il se dirigea vers le bureau du directeur. Il allait encore une fois décevoir cet homme et cela lui déchira le cœur.
Harry était derrière la sorcière borgne, caché sous la cape de son père. Il s'était réfugié là, le souffle court. La scène à laquelle il venait d'assister l'avait beaucoup perturbé. Il ne s'était pas douté un instant de ce qu'il verrait en suivant Rogue vers la tour d'astronomie. Il avait d'abord été curieux, puis touché par la musique jouée par Liz. Et ce dialogue étrange. Mais ce fut la suite qui lui asséna un choc. Voir Rogue tendre et aimant était déjà perturbant en soi, mais le voir comme un homme ordinaire, avec ses faiblesses ordinaires… Et le pire dans tout ça, c'est qu'il avait ressentit une certaine excitation devant le spectacle de ces deux corps fiévreusement enlacés. A cette constatation, il avait fuit les lieux, n'assistant pas à leur jouissance. Tremblant et fiévreux, il se décida à retourner dans son dortoir quand il entendit des pas se rapprocher de lui. C'était Rogue, le regard perdu, la démarche hésitante qui se dirigeait vers le bureau du directeur. Harry reteint son souffle et suivit l'homme de loin afin de ne pas se faire repérer.
Il sauta rapidement sur les marches avant que la gargouille ne referme le passage, resta en alerte derrière la porte du bureau légèrement entrouverte et attendit, fébrile.
-Albus dit le professeur faiblement. Je… Je démissionne !
Mais avant que le vieil homme puisse dire quoi que se soit, la terre se mit à trembler violemment semant un vent de panique parmi les tableaux. Dumbledore et Rogue tentèrent de s'accrocher aux meubles et Harry chuta dans les escaliers.
-Par Merlin ! s'exclama le directeur. Que signifie tout cela ?
A cet instant, un cri retentit. Peeves hurlait :
-Serpentard est détruit ! Serpentard est détruit ! Les dortoirs sont en feu !!!
