Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.
Voici donc le chapitre 7, Merci de votre soutien et de vos coms. Comme je pars quelques jours, je ne répondrais à ceux de ce chapitre qu'à mon retour en fin de wek-end. En attendant, bonne lecture à tous !
Chapitre 7
Entreprise Nekopoulos
Milo ! Il fallait qu'il sauve Milo… il s'était battu avec acharnement pour arriver à l'arracher à ses ravisseurs et voilà qu'ils les rattrapaient. Les flots de la mer les recouvraient de temps à autre, Milo nageait mal et suffoquait, très certainement épuisé par la bataille. Lui-même était plus mort que vif. Il vit son jumeau qui nageait vers eux, alors il poussa Milo vers lui en lui disant : « Rejoint Saga, il va te sortir de là… »
Le cauchemar se déchira alors qu'une voix inquiète disait juste au-dessus de lui :
- Kanon… Tu vas bien ? Comment te sens-tu ?
Il ouvrit les yeux pour plonger dans le regard calme et doux de Shaka.
- Un peu sonné… grommela-t-il en tentant de se redresser.
- Ne bouge pas, le temps que je t'examine rapidement, lui recommanda l'avocat.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il en refermant les yeux, sa tête semblait prête à exploser et une lancinante douleur lui vrillait le crâne.
- Tu ne te souviens pas ? répondit Shaka en l'examinant rapidement. Bon, au moins tu ne sembles pas avoir souffert de ta chute. La tête, ça va ?
- Je… Milo ! Milo était là !
- Et tu as perdu connaissance, confirma l'avocat qui l'aidait maintenant à se redresser. Viens t'asseoir sur le canapé, tu seras mieux. Tu as reconnu Milo on dirait ?
- Oui… enfin non, pas vraiment… c'est juste que je sais que je l'ai connu… enfin, il me semble… fit-il en se prenant la tête à deux mains en s'asseyant sur le sol où il était tombé un peu plus tôt. J'ai mal au crâne.
- Ta chute ?
- Non, mais c'est comme si ma tête était envahie d'images que je ne maîtrise pas. J'n'y comprends rien…
- Tes souvenirs perdus sans doute. Regarde-moi Kanon, il faut que tu te calmes.
Joignant le geste à la parole, Shaka saisit son visage à deux mains pour qu'il ne fixe que lui tout en continuant à lui donner des directives pour qu'il puisse se calmer. Kanon plongea dans les yeux limpides et clairs et presque malgré lui, se focalisa sur sa voix.
Après des minutes d'angoisses qui parurent des heures à Milo resté dans un coin du bureau avec Camus, toujours aussi pâle et qui n'avait rien voulu lui dire, et Angelo qui restait lui, étrangement calme, Kanon sembla enfin redevenir un peu maitre de lui. En grande partie grâce à l'avocat.
Le PDG n'avait pas été long à comprendre que Kanon ne se souvenait pas de lui et encore moins de son passé. Déduction que lui avait confirmée d'un regard Angelo pendant que Shaka le calmait. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il ressentait en le voyant là alors que tous le croyait disparu à jamais. Par contre son avocat allait avoir des choses à lui dire.
Shaka lâcha enfin Kanon et lui sourit :
- Tu te sens un peu mieux ?
- Oui, merci, répondit le grec dont les yeux cherchèrent alors celui qui avait déclenché tout cela.
Il aperçut son client à ses côtés et se demanda ce que ce dernier avait avoir avec cette partie de son passé, vu qu'il était maintenant totalement conscient que c'était bien son passé qui le rattrapait ainsi.
- Tu veux un verre d'eau ? demanda Shaka.
- Et un aspirine si t'as ça…
- Ne bouge pas, je reviens.
- J'n'en avais pas l'intention, fit-il en se reprenant la tête à deux mains.
Milo s'approcha doucement de lui :
- Tu ne serais pas mieux dans le canapé ? demanda-t-il. Je peux t'aider si tu veux…
- Je suis bien là, merci… Milo ? C'est ça ? fit Kanon en levant les yeux vers lui.
- Oui, répondit ce dernier dans un souffle. Tu te souviens ?
- Non, pas vraiment désolé… on dirait qu'un vrai capharnaüm s'est installé à l'intérieur de ma tête.
- Ne cherche pas à comprendre maintenant, lui conseilla Shaka en lui tendant un verre d'eau et un comprimé d'aspirine. Tes souvenirs sont en train de refluer dans ton esprit, il sera grand temps d'en faire le tri un peu plus tard.
- Mais… tenta Milo, un peu déçu tout de même.
- Il vaut mieux en effet que je me concentre sur mon travail dans l'immédiat, approuva Kanon en souriant tant bien que mal à Milo. Je sais que vous attendiez beaucoup de moi mais laissez-moi un peu de temps, ok ?
- Bien sûr mais reviens vite me voir. J'ai tant de chose à te dire…
Kanon se releva et sourit à Shaka.
- Je vais prendre un taxi, merci pour tout. On se voit plus tard.
- Je te raccompagne en bas, fit l'avocat en lui emboitant le pas.
Le grec s'arrêta un instant devant Camus :
- Désolé que notre rendez-vous ait été perturbé par mes problèmes personnels. Vous avez la carte de l'agence, vous pouvez les joindre pour plus de détails. Et merci de m'avoir reçu.
Puis, lui et Shaka disparurent dans le couloir et la porte du bureau de Camus se referma sur Angelo qui les suivit discrètement.
- Ça va ? demanda Camus à son compagnon, qui était resté au milieu du bureau l'air un peu abattu où, quelques instants auparavant seulement, Kanon était encore.
- Je ne sais pas trop si je suis heureux qu'il soit en vie ou terriblement frustré qu'il ne se rappelle de rien.
- Qui est-il pour toi ?
Milo se souvint alors qu'il n'avait sans doute jamais évoqué ses souvenirs d'enfance devant Camus mais surtout que Kanon était venu le voir lui à la base :
- C'est une longue histoire que je vais te raconter dès que toi tu m'auras dit ce qu'il te voulait.
Camus eut un sourire bien pâle, trouva Milo avant de soupirer profondément et de déclarer :
- Pour faire court, il est venu m'annoncer que j'avais hérité des biens de ma mère.
- Mais je croyais…
- Moi aussi, le coupa son compagnon en faisant quelques pas pour s'asseoir dans le canapé. Mais visiblement les choses ont changées. Je ne sais pas du tout ce que je dois faire de cet héritage…
Milo le rejoint rapidement et le prit dans ces bras. Pour l'instant il fallait gérer au plus pressé, ils auraient tout le temps de parler de tous ces événements ce soir en rentrant.
- Repose-toi, je vais finir de ranger avec tout le monde et ensuite nous pourrons rentrer. Je dois aussi voir Shaka. Ne bouge pas d'ici, je reviens te chercher. Reste avec lui, ordonna-t-il à Angelo qui venait de revenir avant de sortir rapidement.
Sur le trottoir, juste devant l'entreprise, Shaka regarda longuement le taxi qui emportait Kanon, jusqu'à qu'il disparaisse à sa vue en tournant dans une rue voisine. Le jeune homme était inquiet. Il avait senti le grec complètement bouleversé par le retour brutal d'une partie de ses souvenirs perdus et avait peur qu'il ne les rejette en bloc pour se protéger. Il songea un instant à le suivre à l'hôtel mais la voix de Milo retentit dans son dos :
- Viens Shaka, j'ai besoin de te parler.
Il le suivit donc dans son bureau. Il se doutait de ce que lui voulait Milo, savoir comment il connaissait Kanon. Malheureusement, il n'avait pas grand-chose à lui apprendre.
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Le lendemain matin, appartement de Hyoga
Leur première nuit ensemble. En quittant le labo ce soir-là, ils avaient en tête toute autre chose que la nuit qu'ils venaient de vivre. Pourtant tout avait bien commencé. Le souvenir encore vivace de leur échange dans la salle de réunion, ils étaient rentrés heureux après avoir récupéré Gabriel à l'école. Le petit bout était fatigué mais quoi de plus normal après la soirée de la veille. Une bonne nuit de sommeil et il retrouverait vite la forme.
La soirée se déroula calmement, toilette du petit bout de chou et dîner en famille puis, rapidement Gabriel avait réclamé son lit. Ils avaient fait la vaisselle et rangé la cuisine en s'autorisant quelques baisers et gestes tendres avant de s'installer un peu devant la télé avec un café en se câlinant. La chambre leur tendait les bras, ils n'avaient pas été longs à la rejoindre. Un dernier coup d'œil à Gabriel avait mis la puce à l'oreille de son père qui l'avait trouvé un peu agité dans son sommeil. Mais un petit contrôle plus tard, il sortit de la chambre en posant le thermomètre auriculaire sur la table de chevet en souriant à sa moitié qui l'interrogeait du regard :
- Non rien, trente sept cinq.
- La fatigue sans doute, supposa Shiryu. Viens, restons un peu au salon, le temps d'être certain que tout va bien, proposa-t-il.
Hyoga lui sourit, bien plus reconnaissant qu'il n'aurait pu le dire. Une demi-heure plus tard, la toux les avait alertés et ils s'étaient précipités dans la chambre de Gabriel, ce dernier gémissait et était bouillant. Le thermomètre indiquait cette fois près de quarante et pendant que Shiryu partait téléphoner à un médecin, Hyoga donnait un cachet à son fils et lui faisait couler un bain pour faire baisser sa température. Les heures qui avaient suivies s'étaient déroulées dans une telle angoisse qu'ils n'avaient fait que parer au plus pressé en attendant le docteur qui arriva deux bonnes heures plus tard. Son verdict avait été sans appel, Gabriel avait attrapé une rhino-pharyngite et une angine, il fallait qu'il reste au chaud au moins une semaine. Sûrement la fatigue conjuguée à la piscine, avait-il dit après les avoir écouté sur l'emploi du temps récent de l'enfant, rien de bien méchant mais à surveiller. Ce n'est qu'au petit matin que Hyoga avait fini par s'endormir un peu dans les bras de Shiryu, alors que Gabriel reposait également entre eux sur le lit, la fièvre étant enfin un peu descendue pour lui accorder quelques heures de repos à lui aussi.
Non, vraiment pas la nuit à laquelle il avait pensé, songea Shiryu en souriant et en caressant la tête du petit bout de chou qui s'était habilement glissé dans la chaleur de son père et la sienne en se collant aussi à lui. Mais finalement la prochaine nuit n'en serait que meilleure…
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Appartement de Camus
La soirée et la nuit y fut beaucoup plus calme. Camus était encore un peu sonné par les révélations de Kanon et Milo, frustré de n'avoir pas pu retenir ce dernier passèrent la soirée à se raconter les événements qui les avaient amené là.
- Visiblement, il a fini par retrouver la mémoire, suggéra Camus qui était bien heureux de se concentrer sur autre chose que ses propres problèmes pour le moment.
- Pas entièrement si j'ai bien compris, mais je compte pas le laisser filer maintenant qu'on sait où il travaille. Sans lui, je ne serais sans doute plus de ce monde…
- Ça, tu l'ignores même s'il t'a très certainement évité bien des soucis.
Ils restèrent silencieux, chacun perdu dans ses pensées.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda Milo au bout d'un moment.
- Aucune idée… et en fait je n'ai pas envie d'y réfléchir maintenant. On a le projet à mettre en place et c'est bien plus important pour l'instant !
- J'ai demandé à Shaka de se renseigner sur le domaine de ta famille, avoua Milo.
- Pourquoi ça ? s'étonna Camus.
- Parce qu'il dénichera s'il y a entourloupe ou pas… et quoi que tu décides, je veux être avec toi.
Camus sourit sans répondre et bientôt ils parlaient du projet et de sa mise en place, reléguant à plus tard, leurs soucis personnels.
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Le lendemain matin,
Hôtel
Shaka descendit de bonne heure prendre son petit déjeuner. Milo la veille lui avait demandé certain renseignement sur l'héritage soudain de Camus et il allait devoir faire d'abord quelques recherches. Pour cela, il avait décidé de s'installer dans un des bureaux vacants de l'entreprise, où il aurait une bien meilleure installation ainsi que des communications sécurisées. Il vérifia une fois encore avant de partir auprès de l'accueil que Kanon n'avait pas prévu de partir aujourd'hui et lui laissa un court message pour lui dire de l'appeler, qu'il s'inquiétait un peu après son malaise de la veille et qu'il était prêt à l'aider en cas de besoin. Ce qui était vrai mais il avait également l'étrange intuition que le grec allait prendre ses jambes à son cou. Pas qu'il refuse d'affronter son passé, non, simplement qu'il aurait encore besoin de temps pour y faire face.
Il venait de quitter l'hôtel quand l'objet de ses pensées descendit à son tour prendre son petit-déjeuner.
Kanon avait passé pour ainsi dire une nuit blanche et ses traits accusaient une profonde fatigue. Il se contenta d'un café avant de passer à la réception pour demander qu'on lui prépare sa note dans la matinée. Le message écrit de Shaka lui fut remis, il le fourra dans sa poche sans le lire.
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Appartement de Hyoga
Ils étaient tous trois en train de prendre le petit-déjeuner. Gabriel était un peu grognon mais le plus gros de la fièvre était tombée, même si elle demeurait mais à un degré beaucoup moins inquiétant. Hyoga, très inquiet, ne cessait de lui tâter le front à la recherche d'une quelconque trace de son retour :
- Tu es certain que ça va aller ? demanda-t-il une énième fois à Shiryu.
- Oui, je sais ce qu'il faut faire et au pire tu n'es pas si loin, le rassura ce dernier. Je t'appelle à la moindre alerte !
- Promis ?
- Promis !
La sonnette retentit à ce moment :
- Tu attends quelqu'un ? s'étonna Shiryu.
- Non, personne, répondit Hyoga en se levant pour aller voir qui pouvait bien les déranger à une heure aussi matinale. Gabriel fit mine de le suivre mais Shiryu l'attrapa au vol et le prit dans ses bras :
- Petit curieux, se moqua-t-il. C'est peut-être un ami de papa ?
- Papa n'a pas d'ami, réfuta l'enfant. Enfin à part toi…
- Ravi d'entendre ça.
Des voix retentissaient dans l'entrée, celle de Hyoga bien sûr et celle de quelqu'un d'autre, un homme. Shiryu traversa le salon pour aller voir, Gabriel toujours dans ses bras qui lui dit, moqueur :
- Et c'est moi le curieux ?
Curieux oui, inquiet, peut-être un peu jaloux aussi. C'est très certainement un mélange de tous ces sentiments qui avaient envahi le jeune homme à cet instant, il n'aurait pas su dire vraiment.
- Gabriel est là, dit Hyoga en entrant, un homme à sa suite. Fais attention, il a une rhino-pharyngite et une angine.
- Oh Kanon ! fit le garçon en se démenant pour être poser à terre et aller dire bonjour à l'homme qui lui souriait.
- Salut toi ! salua le dit Kanon qui s'accroupit pour se mettre à sa hauteur. Alors comme ça tu es malade ?
- Oui… On a été au resto avec Milo et Camus et j'étais fatigué, expliqua Gabriel. Le médecin a dit que j'avais attrapé froid à la piscine le lendemain.
Milo et Camus, songea Kanon qui ne se départit pas de son sourire, bien entendu j'aurais dû y penser, ils travaillent tous ensemble.
- Et papa va te garder au chaud ? demanda-t-il.
- Non, c'est Shiryu qui va rester avec moi pendant que papa va au travail !
- Kanon, je te présente Shiryu, c'est mon ami mais également mon assistant au labo.
Un échange de regard entre ces deux là permit au grec de comprendre qu'il était un peu plus que des amis. Il sourit en tendant la main à Shiryu :
- Ravi de faire votre connaissance, je désespérais de voir Hyoga un jour avec un ami.
- Et bien c'est chose faite aujourd'hui, répondit le japonais un peu brutalement en acceptant la main tendue. Et je ne compte pas partir de sitôt.
- Shiryu… tenta Hyoga un peu gêné par le ton de son petit ami.
- Ça ira Hyoga, le rassura Kanon. Si tu peux juste me montrer le carnet de santé de Gabriel, après je vous laisse en paix.
- Si vite ? s'étonna le jeune père qui s'exécuta et partit chercher le document demandé resté sur la table basse où le médecin l'avait rempli cette nuit.
- Oui, une urgence me rappelle en France, éluda Kanon en prenant le petit livret et en l'examinant rapidement. On se verra plus longuement une autre fois ! Soigne-toi bien toi ! fit-il à Gabriel en l'embrassant sur le front. Et à bientôt vous trois !
Hyoga rougit légèrement en comprenant que Kanon avait parfaitement saisi la nature de leur relation à Shiryu et à lui. Mais déjà le grec regagnait l'entrée et fila rapidement.
- Je suis désolé, murmura Shiryu en retournant à la cuisine.
- Je peux regarder la télé ? demanda Gabriel.
- Bien sûr mon cœur, répondit son père en l'allumant. Tu veux les dessins animés ?
Pendant que Hyoga s'occupait de son fils, Shiryu préparait du café, se maudissant d'avoir si promptement réagi à la vue de l'homme qui venait juste vérifier que Gabriel se portait bien. Qu'avait-il cru ? Il savait pertinemment que Hyoga n'avait pas ou peu de fréquentations…
- Je peux en avoir un ?
La question de son ami le tira de ses réflexions et un instant il le regarda sans comprendre.
- Du café, je peux en avoir un avant de partir ? précisa Hyoga en lui souriant.
- Oh ! Bien sûr.
Shiryu le servit et le jeune chercheur s'installa à table remarquant encore une fois pour lui-même qu'à trois, l'espace de l'appartement était un peu petit.
- Viens… dit-il en regardant tendrement son ami en train de finir de ranger les vestiges de leur petit-déjeuner. J'ignorais que tu pouvais te montrer jaloux…
- Je… je ne le savais pas non plus, répondit Shiryu en rougissant légèrement.
Hyoga éclata de rire, rapidement suivi de son compagnon.
- Tu as encore quelques minutes ? demanda ce dernier une fois qu'ils furent calmés. Je vais juste à mon appartement chercher de quoi m'occuper un peu.
- Vas-y, j'embrasse Gabriel pendant ce temps.
Shiryu revint quelques minutes plus tard, les bras chargés d'un gros classeur.
- je vais en profiter pour mettre un peu d'ordre dans mes papiers, résuma-t-il au coup d'œil interrogateur de son ami.
Ce dernier se décala légèrement pour ne pas être vu du salon et lui vola un rapide baiser avant d'ouvrir la porte pour partir :
- Shiryu… Trouvons un appartement pour nous trois. Je voudrais qu'on vive ensemble.
La porte se referma sans que l'interpellé ait eu le temps d'émettre la moindre réponse, bien trop pris de court par la demande soudaine.
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Aéroport
Kanon passa la douane et alla s'installer sur un banc en salle d'embarquement, attendant que son avion soit affiché. Sa fatigue avait fini par laisser place à une très grande lassitude et il avait littéralement pris ses jambes à son cou. Oh, il n'en était pas particulièrement fier mais c'était la seule solution qu'il avait trouvé le temps qu'il remette un peu d'ordre dans sa tête devenue depuis la veille une véritable mine d'images illusoires et de souvenirs de sa petite enfance mêlés dont il n'arrivait plus à faire le tri. Tout ça s'emmêlait dans une joyeuse confusion et il était incapable d'isoler les choses véridiques issues de sa mémoire retrouvée mais encore un peu chaotique, de celles qu'il s'était forgé à force d'imagination quand il désespérait de retrouver un jour son passé.
Son avion s'afficha, il soupira longuement en se levant pour aller embarquer. Dormir, ne serait-ce que le temps du retour vers la France, oublier un peu tout ce qui gravitait dans sa mémoire et menaçait de lui faire perdre le peu de raison qu'il lui restait.
En s'installant dans l'avion, il mit la main dans sa poche et sentit un papier froissé qu'il sortit. Le lissant pour le rendre lisible, il lut les quelques mots que Shaka lui avait écrits avant de partir, il y a quelques heures à peine :
« Kanon,
Je me doute que tu ne dois plus trop savoir où tu en es. Je suis désolé que tout cela te soit revenu d'une façon aussi brutale et si tu as besoin de quelqu'un pour t'aider à y voir un peu plus clair, fais-moi signe. Je te laisse mon numéro de portable. Suivait la dizaine de chiffre de son numéro.
Contacte-moi s'il te plait, je suis très inquiet et pas seulement parce que la vie nous a fait rencontrer dans ces circonstances un peu particulières, simplement parce que tu es toi et que je t'apprécie pour celui que tu es. Qui sait, c'est peut-être ce que l'on appelle le destin ou le karma…
Shaka »
Un sourire effleura les lèvres de Kanon alors que l'avion prenait son envol. Il replia le mot correctement cette fois et le glissa dans son portefeuille, imaginant sans peine l'air déçu qu'aurait l'avocat en apprenant son départ précipité. Ses yeux clairs semblèrent un instant se balancer devant lui alors que ses paupières se fermaient, son esprit soudainement apaisé.
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Alors que l'avion de Kanon prenait son envol vers la France, un autre se posait en provenance direct des USA. Les passagers de ce vol parvinrent dans la salle où leurs bagages commencèrent à défiler sur le tapis roulant. Dans le flot de personne qui se dirigea vivement vers eux, un homme de haute stature à la longue chevelure verte sembla lui, prendre au contraire tout son temps. Il regarda un instant autour de lui, comme pour se convaincre qu'il était bien de retour chez lui et qu'il allait enfin pouvoir revoir ses frères cadets. Malgré leurs nombreux contacts via internet, il n'avait pas pu revenir ici depuis les funérailles de leurs parents et avait hâte de pouvoir les serrer à nouveau dans ses bras. Il s'en voulait aussi de n'avoir pas pu interrompre son séjour plus tôt pour revenir s'occuper d'eux mais pour assurer justement la tranquillité de ses frères à l'avenir, il se devait au contraire de finir la formation de médecin spécialisé qu'il avait entamé. Il savait que Mu avait dû en souffrir énormément même s'il lui avait toujours affirmé que tout allait bien, conscient de l'importance de sa formation. Aujourd'hui enfin, son diplôme en poche, une place assurée dans le plus grand hôpital de la capitale, il allait enfin pouvoir se consacrer à l'avenir de ses cadets. Il sourit en suivant finalement le flot de voyageurs pressés et guetta à son tour ses trois grosses valises tout en cherchant des yeux les chariots pour pouvoir les transporter. Il fut soudain heurter légèrement par l'arrière :
- C'est ça que tu cherches ?
Cette voix… elle surgissait brusquement comme après deux longues années de silence. Il se retourna vivement et sourit à l'homme qui venait d'attirer son attention de cette façon qui n'appartenait qu'à lui et qui lui souriait également, ses yeux verts pétillants d'une joie visible à l'œil nu. Il n'avait pas changé ou si peu, plus mature peut-être et ses cheveux marron avaient également poussés lui arrivant maintenant aux épaules. Deux longues années à n'échanger que des lettres, d'un commun accord et maintenant… Malgré lui une larme glissa le long de sa joue tant l'émotion était forte de le retrouver avant qu'il ne se jette dans ses bras :
- Dohko…
- Bon retour chez toi Shion… murmura ce dernier en serrant contre lui celui qui lui avait tant manqué pendant deux longues années.
Ils restèrent ainsi un long moment, enlacés sous les regards et commentaires parfois curieux ou amusés, mais aussi quelquefois indignés des voyageurs autour d'eux, jusqu'à ce qu'un vigil ne vienne taper sur l'épaule du brun :
- Messieurs… un peu de tenue s'il vous plait, dit-il un peu gêné de déranger ces retrouvailles visiblement chargée d'émotion.
- Pourquoi on dérange ? lui répliqua Dohko en lâchant enfin son ami pour se regarder le vigil d'un air presque agressif.
- C'est que…
- Laisse tomber, coupa Shion. Récupérons mes bagages plutôt, Mu et Kiki doivent m'attendre et j'ai hâte de les revoir.
Le vigil en profita pour s'éloigner rapidement alors que les deux amis chargeaient les valises sur le chariot.
- C'est bon, tu as tout là ? se moqua Dohko en le poussant vers la sortie.
- Eh ! C'est long presque deux ans ! Je n'allais pas vivre sans rien non plus !
Il ne leur fallut pas longtemps pour passer le dernier cordon de sécurité, Dohko exhibant alors sa carte de policier qui leurs facilitèrent largement les dernières démarches. Ils se retrouvèrent bientôt au milieu de la foule et Shion chercha des yeux la chevelure orange de Kiki ou la douceur des longs cheveux mauves de son cadet.
- Shion !
Le cri venait de la droite, le temps qu'il se retourne, une bombe sautait dans ses bras qu'il avait largement ouverts. Puis une autre paire de bras vint l'entourer et enfin, il laissa couler des larmes de joie. Il était bel et bien de retour chez lui.
Dohko, un peu en retrait, veillait à ce que rien ne vienne troubler ces instants d'intense émotion pour la fratrie. Un instant son cœur s'envola vers son frère cadet qu'il recherchait depuis plusieurs années maintenant. Est-ce que lui aussi l'accueillerait ainsi quand ils se retrouveraient enfin ?
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Le lendemain matin, entreprise Nekopoulos
Mu poussa la porte vitrée de l'entreprise où travaillait son ami quand il venait au Japon. C'est un peu hésitant qu'il avait fini par se décider à venir ici pour avoir des nouvelles de Shaka. Ce dernier n'était pas venu la veille pour dîner avec lui comme ils en avaient convenu, ne l'avait pas non plus appelé pour le prévenir ou s'excuser. Cela n'était vraiment pas dans ses habitudes et ça avait fini par l'inquiéter. Surtout qu'il voulait tant lui présenter son aîné enfin de retour. Ne connaissant au final que fort peu de chose sur l'avocat et n'ayant pas la moindre idée de l'hôtel où il était descendu, Mu avait opté pour la seule information dont il était certain, l'entreprise pour laquelle il travaillait ici. Il fut accueilli par une charmante hôtesse qui, après avoir consulté son ordinateur, lui dit que non, il n'y avait pas de Shaka Radjan travaillant dans l'entreprise.
- Vous êtes certaine ? insista Mu. Il ne travaille pas ici tout le temps mais il vient de temps à autre…
- Je suis désolé mais…
- Il est blond aux yeux bleus, les cheveux longs… continuait le tibétain tentant de décrire son ami.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda une voix légèrement rocailleuse derrière Mu.
- Monsieur cherche un certain…
- Shaka Radjan, coupa Mu en se retournant. Il travaille ici quand…
Sa phrase resta en suspend en découvrant Angelo qui le regardait plus que soupçonneux.
- Et qu'est-ce que vous lui voulez à Shaka ? aboya presque ce dernier faisant reculer de Mu de quelques mètres qui se demandait sur qui il avait bien pu tomber.
- C'est un ami, répondit-il néanmoins. On devait manger ensemble hier soir et il n'est pas venu…
Angelo l'examina une dernière fois rapidement avant de juger qu'il devait très certainement dire la vérité même si ça le surprenait que l'avocat ait eu le temps de se faire des amis ici, au Japon.
- Suivez-moi, dit-il simplement en faisant un signe à l'hôtesse pour dire qu'il s'occupait de lui.
Il profita du voyage en ascenseur vers l'étage de la direction pour détailler sans complexe le charmant jeune homme qui l'accompagnait. Une longue chevelure mauve et des yeux verts qui s'évertuaient à regarder tout ce qui l'entourait mais en évitant de soigneusement le regarder lui. Gêné ou timide ? se demanda l'italien alors que la cabine s'immobilisait et que le porte s'ouvrait sur le couloir desservant les bureaux directoriaux.
Mu hésita une fraction de seconde, se demandant s'il avait bien fait de suivre cet étranger un peu bourru mais au demeurant d'une beauté à coupé le souffle. Il le vit s'arrêter devant une porte qu'il ouvrit après y avoir frappé un coup rapide :
- Shaka ! Une visite pour toi ! annonça-t-il en y entrant.
Mu s'avança timidement, embêté de s'être fait du mauvais sang pour rien vu que son ami semblait être bien portant :
- Mu ?! s'écria l'avocat en le voyant. Mon dieu ! Notre dîner…
- Ce n'est pas grave, le rassura le tibétain d'un geste. J'étais juste un peu inquiet, ce n'est pas dans tes habitudes, alors…
- Je suis désolé, s'excusa Shaka en venant l'étreindre. J'ai eu un souci de dernière minute et j'ai oublié de te prévenir. Je peux me rattraper en t'offrant au moins un thé ?
- Je ne voudrais pas te déranger…
- Tu ne me déranges pas… à moi aussi, ça fera le plus grand bien de parler un peu avec toi, le coupa Shaka d'une voix lasse en l'entraînant vers l'ascenseur, et je te dois une explication.
Angelo les suivit dans le couloir où le jeune homme se retourna avant d'entrer dans la cabine qui venait de s'ouvrir devant eux en lui disant :
- Encore merci et au revoir monsieur…
- Angelo, précisa ce dernier en souriant, un peu amusé, alors que la porte se refermait sur les deux hommes.
- Qui c'était ? demanda Mu à son ami alors que la cabine glissait doucement vers le rez-de-chaussée.
- Angelo, c'est le garde du corps de mon patron. Pourquoi ? Il t'a importuné ?
- Non ! se récria Mu. Il m'a juste un peu fait peur, c'est tout… Mais finalement il est plus gentil qu'il n'y parait au premier abord.
Shaka sourit. C'était tout son ami ça, savoir déceler la gentillesse sous la carapace pourtant aguerrie du garde du corps qu'était l'italien. Ils sortirent rapidement de l'immeuble de la société et l'indien entraîna son ami vers un salon de thé voisin où ils s'installèrent pour discuter tranquillement.
- Tu es certain que tout va bien ? demanda Mu une fois leur commande passée.
- En fait j'ai très peu dormi cette nuit, avoua alors Shaka d'une voix lasse. Un ami sur lequel je comptais beaucoup m'a faussé compagnie brusquement…
- Et tu tiens beaucoup à cet ami ?
- Plus que je ne le pensais…
- Peut-être avait-il besoin de s'éloigner un peu ? suggéra Mu d'une voix douce. Tu sais parfois quand on est perdu, c'est souvent un retour aux sources qui permet d'y voir plus clair en soit. Il me semble d'ailleurs que c'est toi qui m'as appris cela non ?
- Je…
Shaka s'interrompit brusquement en regardant son ami. Mais bien entendu, il avait raison. Kanon n'avait peut-être pas simplement fui comme il n'avait tout d'abord cru. Peut-être avait-il simplement besoin de prendre un peu recul sur les événements récents. Dans ce cas, il y avait encore un espoir. C'était ténu certes mais possible, et Shaka voulait y croire. Et pas seulement pour Saga ou Milo mais également pour lui.
- Merci Mu, murmura-t-il.
- Mais de rien mon ami, sourit ce dernier. Tu sais que je t'avais dit que mon aîné devait revenir bientôt, enchaina-t-il pour ne pas obliger son ami à se livrer davantage. Et bien figures-toi qu'il est arrivé hier, j'aimerais vraiment te le présenter avant que tu repartes si tu as le temps.
- Dinons ensemble ce soir, proposa Shaka qui remercia silencieusement la discrétion de Mu. Et cette fois, promis, je ne te ferais pas défaut !
A suivre…
