Deux elfes s'approchèrent d'eux.
« Nous te saluons Argetlam. Nous attendions ton retour avec impatience. Ainsi que le tien Skulblaka » Dit l'elfe en s'inclinant devant Eragon et Saphira.
Puis l'attention des elfes passa sur la jeune sorcière.
« Pouvons-nous savoir qui t'accompagne? »
Le dragonnier répondit d'un ton qui n'admettait aucune réplique :
« C'est une amie. J'expliquerais la raison de sa présence à la reine Islanzadi. »
Les deux elfes se consultèrent du regard puis :
« Très bien. Veuillez nous suivre. Notre reine vous attend. »
Lorsqu'ils pénétrèrent dans Ellesmera, Licianne n'en croyait pas ses yeux. L'architecture elfique était bien plus belle que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle ne savait plus où poser ses yeux, tant il y avait à voir.
Ils passèrent une porte enchâssée dans un mur de sapin et derrière celle-ci se trouvait une galerie d'arbres dont les branches s'entremêlaient pour former un plafond alvéolé.
A l'extrémité de la salle, sur un trône de racines, siégeait la reine Islanzadi.
Lorsque Licianne posa son regard sur la reine, elle su qu'il serait inutile de cacher quoi que ce soit à la souveraine. Si la sorcière voulait demeurer à Ellesmera pour ses recherches, il faudrait qu'elle raconte tout à cette noble dame.
Arrivés devant le trône, ils s'inclinèrent.
« Eragon, Saphira, qu'elle joie de vous revoir ! J'ai appris que vous avez combattu lors de la bataille des Plaines Brûlantes. Je suis soulagé de constater que vous allez bien. Naschra va vous conduire à vos appartements. Oromis vous attend demain chez lui. »
Un jeune elfe s'approcha d'Eragon.
« Veuillez me suivre je vous pris. »
Eragon regarda Licianne. Il hésita.
« J'aimerais m'entretenir seule à seule avec ton amie. » Ajouta la reine.
Eragon et Saphira quittèrent la salle.
« Relève-toi jeune fille » Dit la reine.
Licianne obéit.
« Il y avait bien longtemps que notre cité n'avait pas accueillie de sorcier. »
« Comment savez-vous que je suis une sorcière ? » S'exclama ladite sorcière en levant des yeux étonnés vers la reine.
« Je peux sentir ta magie. Ne t'affole pas. Je ne vais pas t'exclure de la cité. Tu es la bienvenue en ces lieux. »
Ces paroles soulagèrent la jeune sorcière dont les tremblements d'excitation se calmèrent.
« Cependant, reprit la reine, je souhaiterais connaître les raisons de ta venue. Il doit s'agir d'une bonne raison. Autrement Eragon et Saphira ne t'auraient pas emmenée ici. »
« J'aimerais consulter votre bibliothèque. »
« Notre bibliothèque ? Qu'elle étrange requête. Que cherches-tu ? »
« Une solution pour aider un ami. » Répondit prudemment Licianne en priant pour que cette réponse satisfasse la souveraine.
« Une solution à un problème magique ? » Demanda la reine avec un petit sourire ?
« Oui »
« La bibliothèque du Vallnore ne t'as pas fournie de réponse ? »
« Vous savez que je viens du Vallnore ? »
« Disons qu'il y très peu de sorciers libres en Alageasia. Excepté ceux du Vallnore. De plus, j'ai eu vent de ta petite mésaventure à Uru'Baen. Etant donné ton manque de prudence, j'en déduis que c'était la première fois que tu venais en Alageasia. Donc par déduction, tu viens du Vallnore. »
Licianne ne la contredit pas.
« Alors, que penses-tu trouver dans notre bibliothèque ? »
« Le moyen de délier un serment en ancien langage »
« Si un tel moyen existait, cela se serait. » Rétorqua la reine.
« Je le trouverais ! »Répondit Licianne avec détermination.
La reine la regarda, étonnée, puis son regard se radoucit.
« Je connais ce regard. Cette volonté de fer. Ton père avait la même »Dit-elle avec amusement.
« Vous... Comment savez-vous que je suis la fille de... »
« Brom ? J'avoue avoir douté un peu. Puis je me suis souvenue de votre mère. Vous lui ressemblez énormément. Bien que tu ais les yeux de ton père. »
Face au regard surpris de la jeune fille, elle continua.
« Oui, ta mère est venue ici. Elle accompagnait ton père lors d'une de ses visites ici. Tu es la seconde sorcière du Vallnore que je rencontre. »
« Mère est venue ici. »Murmura Licianne. Elle n'arrivait pas à y croire. Quant finirai-elle par connaître les secrets de ses parents ?
« Je te donne l'autorisation de consulter librement tous les ouvrages de notre bibliothèque. Mais je te mets en garde, je doute que tu trouves ici ce que tu cherches. »
Reprenant ses esprits, Licianne répondit :
« Merci votre majesté ! Mais je vous pris de me laisser mes espoirs, sans eux je ne serais pas devant vous aujourd'hui »
La reine Islanzadi sourit.
« Dans ce cas. Astra esterni ono thelduin (que la chance t'accompagne)
« Merci votre majesté. » Répondit la sorcière en s'inclinant.
A la sortie de la grande salle, un elfe l'attendait.
« On m'a chargé de vous menez à vos appartements. Veuillez me suivre. »
« Bien, merci »
L'elfe la mena devant un arbre dont les branches formaient un escalier en colimaçon. En haut de celui-ci se trouvait une porte sculptée.
« Voici vos appartements. Bonne soirée mademoiselle » Dit l'elfe avant de partir.
Une fois seule, la jeune sorcière ouvrit la porte. Sa chambre était plus grande que celle qu'elle occupait au Vallnore.
Il y avait une grande armoire ornée de dessins dorés, un bureau était disposé devant une fenêtre par laquelle on pouvait voir la forêt du Waldenvarden. Un lit tout en bois sculpté était disposé face à l'armoire et une petite porte donnait sur une salle de bain.
Le sol était un parquet excepté un tapis en mousse verte qui était mis à la descente du lit.
A peine Licianne avait-elle fait le tour de la pièce que quelqu'un se présent à la porte.
Il s'agissait d'un elfe portant plusieurs vêtements soigneusement pliés.
« Sa majesté, la reine Islanzadi, vous fait cadeau de ces quelques tenues afin que vous puissiez vous sentir plus à l'aise. Elle vous fait également savoir qu'un buffet sera organisé ce soir en l'honneur du Tueur d'Ombre et de mademoiselle la sorcière. »
« Merci » Répondit Licianne en prenant les vêtements.
L'elfe s'éloigna en s'inclinant.
En dépliant les vêtements, Licianne découvrit une robe bleue nuit en soie légère, sans manches, légèrement décolletée et brodée de motifs compliqués en fil d'or.
Il y avait aussi un petit sachet glissé entre les vêtements. En l'ouvrant, la jeune fille en sorti un pendentif en forme de feuille dorée, celui-ci pendait au bout d'une chaîne en or et était accompagné d'une paire de bracelets qui s'enroulaient autour des avants bras. Pour compléter cela, il y avait des sandales brunes dont les longs lacets s'enroulaient autour du mollet.
« C'est trop »pensa Licianne en se regardant dans le miroir accroché à l'armoire.
« Il faudra que je la remercie »
Xxx
Le soir, alors que Licianne s'apprêtait à aller dîner, on frappa à la porte. Elle alla ouvrir. C'était Eragon.
« Bonsoir. Je suis venu te chercher. Tu es très jolie » La complimenta celui-ci.
« Merci. Tu es pas mal non plus. La mode elfique te va bien. » Répondit-elle en souriant.
C'est ensemble qu'ils rejoignirent la petite fête de bienvenue.
Enfin, « petite » était un euphémisme.
« Ils voient les choses en grand » Commenta la sorcière en voyant le nombre d'elfes qui s'étaient rassemblés. On aurait dit que tout Ellesmera était présent.
Ils étaient tous installés autour d'une immense table en chêne sur laquelle était disposé un grand nombre de mets divers et végétariens, comme le remarqua Licianne.
La reine Islanzadi était présente et Eragon et Licianne prirent place de part et d'autre de celle-ci.
Saphira était à coté d'Eragon et prenait ainsi tout un morceau de la table.
Pendant le repas, Licianne se pencha vers la reine :
« Je vous remercie pour les vêtements et les bijoux. Il ne fallait pas. C'est beaucoup trop. »
« Vous êtes la fille d'un dragonnier, qui était également un tr ès bon ami et un allié. Votre père a fait énormément pour notre peuple. C'est le moins que je puisse faire. » Répondit simplement la souveraine.
La fin de soirée se passe tranquillement.
Licianne était heureuse de passer enfin une soirée calme. Seul point noir à l'horizon : l'absence de Murtagh. Elle aurait aimé qu'il voir ça.
« Dés demain je consulterais la bibliothèque. Je trouverais un moyen » pensa t-elle avant de s'endormir.
Xxx
Il se passa deux jours durant lesquels Licianne resta essentiellement à la bibliothèque. Elle avait déjà épluché une certaine quantité d'ouvrages, mais pas un ne contenait un embryon d'idée pour sauver Murtagh.
« J'en ai marra ! » Enragea t-elle en refermant d'un coup sec le livre posé devant elle.
Elle prit une profonde aspiration pour se calmer. Il fallait qu'elle fasse autre chose. Elle se sentait déprimée. A chaque livre, son désespoir augmentait.
Elle quitta la bibliothèque.
A cette heure-ci, Eragon et Saphira devait être à leur entraînement. Elle ne voyait que très rarement le dragonnier car il poursuivait sa formation avec un maître elfique, un certain Oromis.
La sorcière décida de se promener. Elle arriva sur un grand terrain. Plusieurs elfes s'y entraînaient au tir à l'arc.
« Pourquoi pas » Se dit-elle en prenant un arc et des flèches qui traînaient.
C'était la première fois qu'elle s'essayait à cette discipline et son premier tir fut désastreux.
« Vous n'avez pas la bonne position » Dit une voix derrière elle.
Intriquée, Licianne se retourna. Le nouvel arrivant était un elfe, assez jeune et plutôt séduisant pour un elfe.
« Vos pieds doivent être parallèles. Tendez ce bras mais baissez vos épaules. Décontractez-vous et fixer la cible. » Explique l'elfe.
« Bien. Et maintenant, tirez ! »
Cette fois la flèche toucha la cible.
« J'y suis arrivé ! »S'écria Licianne.
« Vous voyez, ce n'est pas si compliqué »Répondit l'elfe en souriant.
« Qui êtes-vous ? »
« Je me nomme Vanir »

« Enchantée. Je suis... »

« Licianne Warren. Je sais. On ne parle que de l'arrivée d'une sorcière et du retour du Tueur d'Ombre »

« J'ignorais que l'on parlait de moi »

« Tu es arrivée avec le dragonnier ? » Demanda l'elfe

« Oui. Tu connais Eragon ? »

« Un peu. On s'est entraînés ensemble. On ne peut pas dire que nous sommes amis. Et toi ? Quelles sont tes relations avec lui ? »

Cette question étonna la jeune sorcière.

« On est amis. Pourquoi cette question. ? »

« Comme ça. Bon, allez. Prend une flèche. Je vais t'apprendre comment on tire à l'arc. »

« Tu n'es pas obligé. »

« Ca me fait plaisir. »

Xxx

Licianne parle :

J'avais passée l'après-midi à tirer à l'arc en compagnie de Vanir.

Il était plutôt gentil et pas mal, pour un elfe.

C'est quant même bizarre qu'il ait accepté de passer tout ce temps à m'entraîner.

Le côté positif, c'est que maintenant, j'ai une autre activité.

Tiens ? On toque à la porte.

« Eragon ? »

« Salut. Je viens te chercher. Maître Oromis souhaiterait te rencontrer. »

« Ton maître Oromis. ? Mais pourquoi ? »

« Il «était le maître de Brom. Quant je lui ait dit que tu étais s fille, il a semblé étonné. Maintenant il désire te voir. »

« Pourquoi lui as-tu dit que j'étais la fille de Brom. ? »

J'étais énervée. Je commence à peine à me faire à l'idée que je suis la fille d'un dragonnier. Parler à des gens qui connaissent mieux mes parents que moi, me met mal à l'aise.

« Il est difficile de cacher quoi que ce soit à Maître Oromis. Je suis désolé que cela te gêne. Il veut juste te parler. » Dit Eragon, visiblement ennuyé pour moi.

Bon, puisqu'il le faut.

« D'accord, conduis-moi à Maître Oromis. »

Nous rejoignîmes Saphira et décollions pour la demeure d'Oromis.

Nous finîmes par atterrir dans une clairière.

« La maison d'Oromis est là. » Me dit Eragon en montrant une cabane trapue, bâtie entre les troncs de quatre arbres/

« Tu ne m'accompagne pas ? »

« Il veut te voir seule. A tantôt. » Dit le dragonnier en repartant.

Manquait plus que ça !

Courage Licianne. Allons rencontrer ce Maître Oromis, qui en sait sans doute long sur ton père.

Je sens que je vais encore devoir expliquer ce qui m'emmène.

La reine ne m'a pas demandé quel ami je voulais sauver.

Serait-ce encore le cas maintenant ?

Xxx

Lorsqu'elle arriva devant la maison, elle vit un elfe habillé de blanc, les cheveux argentés.

Il devait être très vieux.

La sorcière se sentait toute petite face à lui.

Elle s'agenouilla.

« Maître Oromis. Vous vouliez me voir ? »

L'elfe sourit.

« Relève toi jeune sorcière. Je suis heureux de faire ta connaissance. La fille de Brom, ici. Qui l 'eut cru. Tu as les yeux de ton père. » Dit l'elfe d'un ton bienveillant.

« Merci. Maître »

« Assieds-toi. J'ai beaucoup à t'apprendre. Surtout concernant ton père. Car, quel meilleur moyen de se connaître soi-même, que de connaître ses parents. »

« Vous n'avez pas tord. »

« D'après ce que m'a dit Eragon, tu ne connais l'identité de ton père que depuis peu. Tout comme lui d'ailleurs. J'imagine que tu as été surprise. »

« Oui. Lorsque Angela me l'a dit, je ne l'aie pas crue. Pour moi, mon père n'était qu'un soldat. Rien de plus. J'ai l'impression qu'être la fille d'un dragonnier est un grand honneur et une grande responsabilité. Tout les gens qui le connaissaient me parlent de lui comme d'un grand guerrier, d'un homme sage. J'ai l'impression qu'ils pensent tous que je vais l'égaler. Mais moi, je ne suis que moi. Je ne connais presque rien de cet homme. Comment pourrais-je lui ressembler ? »

« Personne ne te demande de lui ressembler. Tu as ta personnalité, mélange de celle de ta mère et de ton père. Qu'en à connaître ton père, je peux t'aider. »

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Licianne parle :

Pendant plusieurs heures, le sage en Deuil me parla de mon père.

Je fus surprise d'apprendre qu'il était ami avec Morzan.

Comment des amis peuvent-ils devenir ennemis ? Ce haïr à ce point. Je ne peux m'imaginer haïr Murtagh. Même s'il me trahirait, je pense que je l'aimerais encore.

S'il m'avait dit qu'il «était entrer au service du roi de son plein gré et que je devais choisir entre vivre cette vie avec lui ou ne plus le revoir, j'aurais choisis de rester à ses côtés.

Xxx

« J'aurais tellement voulu le connaître. Et j'aurais souhaiter qu'il connaisse mon existence » Dit la sorcière après le récit d'Oromis. »Mais, il connaissait ton existence. » Répondit l'elfe.

Licianne le regarda, étonnée.

Son père savait pour elle ?

« Mais...Angela m'a dit qu'il l'ignorait »

« Il le savait. Un peu avant de s'exiler à Carvahall, il est venu ici. Il m'a dit que la sorcière lui avait donné une enfant. C'est Angela qui lui a apprit la nouvelle. Quant il est revenu chez les Vardens, elle était partie. Il ignorait où ta mère était partie. Et il n'a pas voulu le savoir. Il pensait que pour votre bien à toutes les deux, il fallait qu'il ne vous retrouve pas. C'est la dernière fois que j'ai vu ton père. »

Xxx

Licianne parle :

Mon sang bouillonnait en moi. Comment Angela avait-elle pu me mentir. Pourquoi ?

J'étais furieuse contre Angela, contre mon père.

Ma colère explosa.

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« Pourquoi n'a-t-il rien fait ? Pourquoi ne m'a-t-il pas cherchée ? Ma vie était-elle si insignifiante à ses yeux ? »

« Non, bien sûr que non. Il aurait voulu te connaître. Il aurait voulu que ça se passe différemment. Mais il n'a pas eu le choix. Il a fait ce qu'il croyait juste. Ce qu'il croyait bien pour toi. »

« Pour moi ? Mais que savait-il de moi ? Quant maman est morte, il le savait ? Il savait que j'étais toute seule ? Que j'avais peur, que j'étais triste ? Il savait que je souhaitais que mon père ne soit pas mort ? Que je rêvais qu'il vienne me chercher au Vallnore pour m'emmener avec lui ? »

« Licianne, écoute... »

« J'avais besoin de lui !!! C'est tellement égoïste !! Pourquoi... »

Licianne prit sa tête entre ses mains et pleura.

Pourquoi n'était-il pas venu au Vallnore. Pourquoi n'a-t-il jamais réclamé sa fille, la chaire de sa chaire.

Pourquoi était-il mort sans qu'elle ait pu le rencontrer.

La serrer dans ses bras, rien qu'une fois. Connaître le réconfort que peut donner l'étreinte paternelle. Rien qu'une fois.

« N'en veut pas à ton père. C'était une époque de guerre. Chacun faisait ce qu'il pouvait. Après la mort de son dragon et le fait qu'il ait tué Morzan, il... »

« Parlons en de Morzan ! Il le haïssait, pas vrai ! Et qu'est ce qu'il aurait dit aujourd'hui, ce grand homme qu'était mon père ? Qu'est ce qu'il aurait dit s'il savait à qui sa fille a donné sa vie ? Car vous savez pour qui je suis là ? Pour qui je fais tout ça ? Pour Murtagh ! Oui, pour le fils de Morzan ! Il travail pour le roi et pourtant, je veux le sauver et vous savez pourquoi ? Parce que je l'aime ! Je lui donnerais ma vie s'il le fallait ! Qu'est ce qu'il aurait dit mon père s'il savait ça ? Sa propre fille avec le fils de son pire ennemi ! »

Elle avait dit cela en criant et pleurant à la fois.

Elle était proche de la crise d'hystérie.

L'elfe préféra attendre qu'elle se calme.

Licianne éclata en sanglot.

« Je n'en peut plus. Je deviens folle. C'est trop pour moi. Je suis si fatiguée. Mon père mort, ma mère aussi et Murtagh à Uru'Baen. Eragon ici, et moi aussi. Je suis perdue. Je ne trouve rien dans les livres. Ma magie est détraquée. Je ne suis même plus capable de faire bouger les objets. Je me sens comme vidée. Aidez-moi. »

L'elfe posa une main rassurante sur l'épaule de la jeune fille.

« Ne t'en fait pas, jeune fille, tu n 'es pas seule. Pour ta magie je vais t'aider. Quant à Murtagh, prend patience. Ce que tu cherches ne se trouve pas dans n'importe quel livre. Ton père serait fier de ce que tu fais pour ce garçon. » Murmura l'elfe tandis que Licianne sombrait dans un sommeil réparateur provoqué par Oromis.

« Oui, il serait très fier de toi. Autant que je le suis »

Xxx

Lorsqu'elle se réveilla, elle était dans sa chambre. Elle se sentait bien. Combien de temps avait-elle dormi ?

Elle se leva et alla se rafraîchir. Puis elle enfila une robe et sorti.

A peine était-elle sortie, qu'Eragon arriva vers elle.

« Licianne, tu te sent mieux ? Oromis m'a appelé. C'est moi qui t'ai ramenée. Il m'a dit que tu avais besoin de repos. Qu'est ce qui s'est passé ? » Il avait l'air inquiet.

« Tout doux Eragon. Je vais mieux. J'avais juste besoin de dire ce que j'avais sur le cœur. C'est malheureusement tombé sur Oromis. J'irai d'ailleurs m'excuser. »

« Tu aurais dû venir me parler. On est amis. »

« Merci Eragon. »

« Bon, parlons d'autre chose. Dans une semaine, il y aura une grande fête à Ellesmera. Puisque nous sommes des invités privilégiés, nous devons présenter quelque chose. Un acte magique, un poème...Ce que tu veux. C'est une tradition elfique. »

« Une fête en quel honneur ? »

« Pour fêter le début du printemps. »

« Je suppose que je n'ai pas le choix ? »

« En effet. Je l'ai fait l'année passée. Présente quelque chose qui a été fait avec ton cœur Que tu fais avec plaisir »

« Très bien. Je vais y réfléchir. »

Xxx

Licianne parle :

Et j'y ait réfléchit. Sous le conseil d'Oromis, l'accès à la bibliothèque m'a été interdit. Je devais me reposer, déstresser. Penser à autre chose.

Donc, je pensais à la fête.

Qu'allais-je bien pouvoir présenter ?

Quelque chose fait avec mon cœur ? Qui avait-il dans mon cœur ?

Murtagh.

Que je fais avec plaisir ?

Oui, je vois. Je sais ce que je vais faire.

Allez ! Au travail !!

Xxx

La soirée de la fête du printemps était arrivée.

C'est dans un état de nervosité que Licianne enfila sa robe.

Elle lui avait été envoyée par la reine en cette occasion.

La robe était longue et fendue de chaque cotés afin de ne pas entraver ses mouvements. Elle était blanche, excepté la fine ceinture dorée qui soulignait la taille de la jeune fille.

Les manches étaient en voile transparent et pendaient élégamment.

Elle attacha ses sandales, laissa pendre ses longs cheveux et se coiffa d'une petite couronne de fleurs de muguet.

Enfin prête, elle descendit.

La fête avait déjà commencée.

Elle se dirigea vers la place centrale où se déroulait le plus gros de la fête.

Elle fut accueillit par Vanir.

« Mais que vois-je. Un ange ! »

« N'exagérez pas Vanir » Répondit la sorcière en rougissant.

« Je n'exagère pas. Licianne vous êtes magnifique. »Dit il en déposant un baiser sur la main de la jeune fille.

« Il y a ici des elfes bien plus jolie que moi. »

« Vraiment ? Je n'en voit aucune »Répondit Vanir en regardant autour de lui, ce qu'y fit rire la jeune sorcière.

« Ah ! Enfin j'entends votre rire. Comme il est plaisant à mes oreilles. Une si belle jeune femme ne devrait jamais être triste. »

« Il est vrai qu'avant je riais plus. Mais les temps sont difficiles, tout comme ma vie. »

« Elle pourrait devenir si facile. »

« Ah bon ! Et comment. Si vous avez une solution, j'aimerais l'entendre » Répondit Licianne sur le ton de la plaisanterie.

Vanir devint sérieux.

« Restez vivre ici, avec moi. »

La jeune fille regarda l'elfe, mi choqué, mi étonné par cette déclaration.

« Vanir, merci. Mais je ne peux pas. Je suis sorcière. Ici ça n'est pas ma place. »

« Si, justement. Licianne, belle Licianne, vous êtes faites pour demeure ici. Rester avec moi. Je vous aime. Dès que j'ai posé les yeux sur vous, j'ai su que vous étiez ma future compagne. J'ignore ce qui vous rend malheureuse. Mais je ferais tout pour balayer le chagrin de votre cœur. »

Licianne se sentait mal à l'aise. Elle ne s'entendait pas à ce que Vanir lui dise cela.

C'est tristement qu'elle allait devoir lui expliquer qu'il n'était qu'un ami.

« Vanir. Vos sentiments me touchent. Mais je suis incapable d'y répondre. Je vous aime beaucoup, mais en tant qu'ami. »

La déception qu'elle lu dans le regard de l'elfe lui fendit le cœur.

« Pourquoi ? Ne suis-je pas assez bien pour vous ? C'est vivre à Ellesmera qui vous gêne ? Pas de problème. On ira ou vous voulez. »

« Vanir ! Ce n'est pas ça. »

« Alors pourquoi ? »

« Mon cœur est déjà prit. Il est déjà tout entier à quelqu'un d'autre. »

« Eragon aime la princesse Arya »

« Ce n'est pas Eragon. C'est quelqu'un d'autre. Un homme que je connais depuis longtemps. J'ai le sentiment de lui appartenir depuis toujours. Je ne pourrais aimé un autre que lui. Et il m'aime aussi. Nous nous sommes promis l'un à l'autre »

« Et où est-il cet homme ? Pourquoi n'est-il pas ici ? A vos cotés, pour vous protéger et vous consoler ? Pour revendiquez votre cœur ? Si vous étiez mienne, jamais je ne vous laisserais pas partir loin de moi. »

« C'est compliqué. »

« Quoi qu'il en soit. J'espère qu'il est digne de votre amour. Sinon, je me ferais une joie de dérober r votre cœur. »

« Vanir... »

« Non. N'ajoutez rien. Je me sens idiot. Je crois que Le tueur d'ombre vous cherche. Allez y. »

« Vanir je... »

« Bonne soirée, mademoiselle Warren. »

Sans ajouter un mot de plus, l'elfe parti.

Licianne le regarda partir. Elle avait de la peine. Jamais elle n'aurait imaginé faire de la peine à quelqu'un.

« Licianne ! Je te cherchais. C'est à toi de présenter ce que tu as préparé. » Dit Eragon qui l'avait rejointe.

Licianne se plaça au centre d'une sorte de cercle formé d'elfe.

Tous avaient les yeux fixés sur elle.

La jeune fille fit un signe de la tête vers l'orchestre.

Une musique douce se fit entendre.

Puis, d'une voix envoûtante, la jeune sorcière se mit à chanter et danser.

Ses mouvements et sa voix correspondant parfaitement au rythme de la musique.

Mon amour,

On se connaît depuis si longtemps.

Nos peine, nos joies, on se connaît par cœur.

Mais la distance nous a éloignés.

Quelque part dans ma tête,

J'étais incomplète.

Je me sentais seule. Je pensais à toi.

Je n'ai jamais cessée d'être avec toi.

Tu es tous ce qui comptes.

Pourquoi je t'aime tant ? Je ne sais pas !

Est-ce l'amour ?

Avant j'avais besoin d'un ami.

Aujourd'hui je veux plus.

Je veux ressentir ces nouveaux sentiments.

Je veux les vivres.

Je sais que le temps est venu pour nous d'être ensemble.

Pourquoi je t'aime tant ? Je ne sais pas !

Est-ce l'amour ?

Enfant, je confiais mes désirs au vent du nord.

Te les a-t-il apporté ?

Me conduira t-il jusqu'à tes bras ?

Dans mes rêves, je fais le vœu de rester blottie contre toi.

Même si cela te semble impossible, ne perds pas confiance.

Mon amour te sauvera.

Pourquoi j'agis comme ça ? Je ne sais pas !

Est-ce l'amour ?

Mes amis, on dit que le cœur est fou.

Mais pour moi, c'est le monde qui est fou.

Si notre amour vous dérange, alors partez si vous le souhaitez.

Moi, rien ne me fera renoncer.

Même quant les ténèbres m'encerclent, je garde espoir car tu es là.

Je suis venue à toi, quittant mon monde.

Je t'ai retrouvé.

Et dans tes paroles, il y avait de la nostalgie.

Tandis que sur mes lèvres il y avait un désir inassouvi.

Une envie de toi.

Pourquoi je t'aime autant ? Je ne sais pas !

Je ne me reconnais plus.

Mais quais-je fais ?

Est-ce l'amour ?

Elle avait chanté avec son cœur, laissant ses sentiments l'envahir, comme si elle était en transe.

Lorsque les dernières notes de musiques disparurent dans la nuit, elle revint à la réalité.

L'assemblée la regarda, elle lui semblait qu'ils se retenaient tous de respirer.

La reine fut la première à applaudir, suivie des autres elfes ainsi que d'Eragon.

Licianne salua son publique.

« C'était magnifique. Un véritable enchantement, digne des plus illustres bardes. Je crois ne pas avoir été la seule touchée par vos paroles. Soyez assurée que cette chanson restera gravée dans nos mémoires. »

« Merci votre altesse. »

Licianne n'arrivait plus à parler. Elle n'avait q'une envie, partir. Etre seule.

Alors qu'un elfe prit sa place, la jeune sorcière s'esquiva et alla se réfugier dans la pénombre de la forêt, avec pour seule clarté, la lumière de la pleine lune.

Elle s'appuya contre un arbre. Cette chanson lui avait permit de dire ses sentiments sans pour autant se trahir. Mais elle avait également ravivé la douleur de l'absence de Murtagh.

« Licianne ? Ca ne va pas ? »

« Eragon ? Si, ça va très bien. Je suis juste fatiguée. »

Le jeune homme la rejoignit.

« C'était une très belle chanson. Elle m'a permit de réaliser l'étendue de te sentiments pour Murtagh. J'ignorais qu'il te manquait autant. »

Licianne éclata en sanglot.

Surpris par cette réaction inattendue, le jeune dragonnier resta un moment comme figé, ignorant comment réagir.

Finalement, il la prit contre lui.

« Hé, ça va aller. Tu n'es pas seule »

« Il me manque tellement. J'ai peur de ne plus le revoir. » Sanglota la jeune fille contre le torse du dragonnier.

« Ne t'inquiète plus pour Murtagh. Moi et Saphira, on a décidé de t'aider à le sauver. »

« C'est vrai ? Mais je croyais que tu le détestais ? »

« Ce qu'il a fait est horrible. Mais, j'ai beaucoup réfléchit depuis que je sui ici et depuis que je t'ai rencontré. Peut être Murtagh a-t-il droit à une seconde chance. Je ne dit pas que je le considère comme un frère ou comme un ami. Mais s'il devient notre allié, on aura une chance de plus de vaincre le roi. »

« Merci Eragon. De tout mon cœur, merci »