Bonjour ! J'espère que vous allez bien.
Ca fait un moment que j'aurais dû publier ce chap mais voilà, quelques semaines passées loin d'internet - et quasiment de tout ordinateur - et c'est une des premières choses que je fais =p.
J'ai eu pas mal de problèmes avec les Rar : ma connexion sautait souvent pendant le chargement du site, du coup je savais jamais si les messages étaient effectivement partis ou pas - je sais que je vous ai répondu à tous mais que vous ayez tous reçu une réponse, c'est une autre histoire. Quoi qu'il en soit, Merci à tous : Line Newton, Thanatis, Tarte-aux-pommes, Tama, Orlane Sayan, Rosa020, Arwina, Eldar-Melda, malilite, Tam83, Sunshiine, Miie, LauraNyra, Lilypoesy, Ag4400, Valislucky, ConanBlack. Et aux nouveaux lecteurs et tous les favoris/alertes qui ont pullulé après le dernier chapitre, vous savez certainement me donner l'envie de continuer cette trad ;)
La suite dans pas longtemps !
Bonne Lecture
Boyfriend
"Expliquer la vie à un adolescent est comme donner un bain à un poisson" Arnold H. Glasow
Chapitre 7 – Rougeurs en vue
Bip. Bip. Bip.
Merlin, la ferme ! Finite Incantatem.
Bip. Bip. Bip.
Mais tu vas la fermer, oui ?
Bip. Bi-
Je tendis le bras et frappai l'objet bruyant qui avait le culot d'essayer d'interrompre mon sommeil.
« Aïe ! Bordel de merde ! Aie ! » criai-je.
Je retirai les couvertures qui me couvraient le visage et ouvrit les yeux pour examiner ma main. Heureusement, pas de trace de sang mais une marque rouge sombre était en train de se former sur mon poignet. J'étais bonne pour un bon bleu. Grognant avec paresse, je me tortillai pour gagner la station assise.
« Lily ? Tout va bien ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Super. Maintenant ma mère pensait qu'on avait essayé de me tuer pendant mon sommeil. Je pouvais reconnaitre son intonation paniquée. C'était la voix maman inquiète numéro 9.
Bip. Bip. Bip.
Je jetai un coup d'œil dégouté au réveil qui osait encore sonner et pressai le bouton off. Mon adversaire mortel avait été terrassé. Je retombai mollement dans mes oreillers.
« Lily ! » appela ma mère, de la salle de bain sûrement.
Je grognai. « Je vais bien, maman. Aucun violeur ni meurtrier ni Pétunia en vue. Arrête de t'en faire. »
« C'était quoi ce bruit ? Tu t'es fait mal ? »
Je regardai ma main qui était maintenant rouge vif et paraissait avoir doublé de volume. Au moins, mes ongles étaient toujours parfaits. Il était hors de question que j'aille faire une retouche au Spa de l'Enfer.
« Juste ma main et ma fierté, » répondis-je. « Qui a osé faire sonner un réveil ? »
Je pus entendre son rire par-dessous mes couvertures. « Lily, c'est ce que tu es supposée faire avec les réveils, c'est parfaitement normal qu'ils sonnent. »
« Ouais ben, pas pour moi, » grommelai-je d'humeur grincheuse. « Je déteste les trucs qui bipent. »
Sortant de la salle de bain fraiche comme de la rosée, ma mère s'approcha de moi en riant. Je déteste les gens qui se moquent de moi. J'ai mal !
Elle s'assit sur le lit à côte de moi et m'embrassa le front.
« Oui, mais il fallait que tu te lèves et je n'avais aucune envie de me prendre un coup. Pétunia est déjà en bas en train de se faire épiler les bras. »
J'ignorai son dernier commentaire. Je ne me posais plus de questions sur la stupidité évidente de ma sœur et de son cerveau insondable qui l'avait mené à penser que des bras blonds étaient poilus. Je fronçai les sourcils.
« C'est toi qui l'a branché ? »
« Oui et maintenant, tu es réveillée, » me dit-elle avec une grimace moqueuse. « Tu vois, ça marche. »
« Oh, fabuleux. Les flingues aussi marchent mais on ne les teste pas sur de pauvres et innocents enfants, » marmonnai-je dans ma barbe.
« J'ai entendu ça, » ronchonna-t-elle en me frappant doucement par-dessus les couvertures.
« AIE ! » criai-je d'une voix aiguë. Elle avait réussi à toucher mon poignet. Je l'extirpai de sous les couvertures. « Tu pouvais pas viser les jambes ? »
« Laisse-moi voir ça, » dit ma mère en prenant ma main.
« Ouille ! » glapis-je.
« Pardon, » s'excusa-t-elle en diminuant considérablement la pression autour de mon membre blessé. Elle observa ma main pendant un moment en passant ses doigts sur ma peau abîmée et appuya là où le bleu se formait. Je fis ne mon mieux pour ne pas crier ou laisser couler les larmes qui se formèrent dans mes yeux. « Ce n'est pas cassé. Pas besoin d'aller chez le médecin. »
« Merci Merlin, » soufflai-je. Je détestais les hôpitaux et les consultations médicales. Ils vous obligeaient toujours à vous déshabiller et porter ces horribles robes ouvertes sur vos fesses et vous posaient des questions horriblement gênantes comme « A quand remonte votre dernier rapport sexuel ? » ou « Avez-vous été à selles aujourd'hui ? ». Je n'étais pas d'humeur pour ces conneries.
« On va surveiller comment ça évolue et si nécessaire, on prendra de la glace au petit déjeuner avant de partir. »
Je la regardai avidement. « On part bientôt ? »
Si elle remarqua mon enthousiasme à voir se finir notre week-end mère/filles, elle n'en montra rien. « Oui, on va passer au centre commercial en rentrant. Pétunia doit aller à une soirée avec Vernon et elle a besoin d'une nouvelle robe. »
Le centre commercial ? Je préférais aller à l'hôpital. Je prenais les robes exposant mes fesses dix fois plutôt qu'une journée passé à écouter Pétunia parler de mode. Fichu poignet qui ne s'était même pas fracturé !
« Maman, faut une éternité à Tuney pour choisir des vêtements ! Tu ne peux pas me déposer à la maison ? »
Ma mère passa sa main dans mes cheveux. « Et être la seule à devoir supporter ta sœur au magasin ? Si je dois subir ça, toi aussi, Lily. Et puis, plus vite tu es prête, plus vite on se met en route et plus vite on en a fini avec ça. » Elle me sourit, essayant de prétendre qu'on allait s'amuser mais je ne me laissai pas avoir. Malheureusement, je m'étais promis de ne rien faire pour énerver ma mère ce week-end.
Je soupirai d'un air dramatique et sortit les jambes du lit pour me lever. Je chancelai en direction de la salle de bains.
« Lily ? » appela ma mère.
Je m'arrêtai à la porte et me tournai vers elle. « Oui maman ? »
« Tu portais cette blouse hier soir ? » demanda-t-elle d'un ton suspicieux.
Mon visage prit une teinte cramoisie et je priai toutes les divinités moldues et sorcières qu'elle n'y accorde pas trop d'importance. « Hum, non. J'ai eu chaud pendant la nuit et j'ai trouvé ça tout au fond de mon sac. J'ai dû oublier que je l'avais emmené, » bafouillai-je rapidement.
Elle acquiesça, l'air sceptique. Elle ouvrit la bouche pour dire autre chose mais je l'empêchai de me poser d'autre question en m'enfermant dans la salle de bains. « Je dois faire pipi ! »
Mon dos contre la porte, je pris un petit moment pour regagner mon calme. Je passai mes doigts à travers ma chevelure hirsute et me dirigeai vers l'évier pour m'asperger le visage. Voyant la rougeur persistante sur mes joues, je respirai profondément. Aujourd'hui était le cinquième jour et j'étais certaine que mon esprit était en train de rendre les armes.
Je veux dire, la nuit dernière ! J'avais trop laissé James m'approcher. Il fallait que j'arrête d'être aussi troublée par son corps. Je ne pouvais pas croire que sa présence me forçait à révéler des instincts aussi primitifs. Il suffisait qu'il s'approche de moi de quelques centimètres et je succombais totalement à la montée d'œstrogènes coulant dans mes veines. Heureusement cependant, mon cerveau était en meilleur forme. Je savais qu'il était toujours ce bon vieux James Potter. Ca, au moins, n'avait pas changé.
Je retirai précautionneusement le tee-shirt de James et reniflai coupablement une dernière fois son odeur avant de le poser là où il ne serait pas sali. Ensuite, je pris une douche et il serait temps de se rendre au centre commercial. Oh joie.
Je mangeai mon petit déjeuner sans faire attention. Ca n'avait rien d'extraordinaire. Les petits-déjeuners gratuits se ressemblaient tous : fades petits pains à la cannelle, bacon graisseux et jus d'orange avec trop de pulpe. Ma mère essaya d'engager la conversation sur ses projets pour ses élèves l'année suivante mais j'étais trop plongée dans mes pensées pour répondre quoi que ce soit de très sensé. Finalement, elle renonça à l'idée de capter mon attention avec des histoires de coloriages et lectures pour enfants et parla avec Pétunia.
J'avais presque pitié d'elle mais ma main me faisait trop mal.
Une fois que ce morne repas fut fini, nous allâmes récupérer nos bagages dans la chambre en profitant pour vérifier que nous n'avions rien oublié. Le monde aurait sûrement implosé si on oubliait le recourbe-cils préféré de Pétunia. Cependant, tout ce qu'on trouva fut une Bible. Je me demandai vaguement quel genre de livres restait dans les tiroirs du Chaudron Baveur. Je doutais fortement que L'histoire de Poudlard puisse rivaliser avec le livre Saint. Enfin, nous prîmes l'ascenseur pour partir.
Je me promenai avec Pétunia dans le hall pendant que maman enregistrait notre départ.
« Tes bras semblent vraiment... imberbes, » lui dis-je.
« Merci, » répondit-elle sans tourner la tête vers moi, se contentant d'un coup d'œil.
Je décidai que ce serait mieux pour tout le monde si je ne précisais pas que mon compliment n'en était pas un.
« Tu devrais vraiment penser à te faire épiler à la cire, » me dit Pétunia dans une tentative de gentillesse inhabituelle. « Ça dure bien plus longtemps que quand tu te rases. »
« Ouais, » approuvai-je. « Mais ça fait mal »
Pétunia haussa les épaules et se tourna pour me faire face. « Oui, mais c'est mieux pour l'été. Ca t'évite d'avoir à te raser tous les matins. Parfois, je me dis que c'est plus facile en hiver quand on peut porter des pantalons. »
Je souris. « Ouais, mais d'un autre côté, tu ne supportes pas de ne pas porter de flip-flops. »
« C'est faux, » se défendit-elle.
« Oh que si, » assurai-je. « Je me souviens quand tu en avais mis en hiver. Maman était super fâchée, tu étais rentrée avec les orteils bleus ! »
« Ah oui. » Elle pouffa. « Je m'en souviens. »
Je la soutenais à cent pourcents. Je n'aimais pas qu'une saison dure trop longtemps. Je ressentais sans cesse le besoin de bouger, de m'échapper, de faire un truc nouveau. Je détestais me sentir coincée.
« Mais il fait trop chaud pour porter quelque chose de long en été, » se plaignit Pétunia. « Du coup, je suis bien obligée de retirer les poils de mon corps, » se résigna-t-elle.
Je grimaçai. Toutes les femmes savaient exactement de quoi elle parlait. « Super gènes qu'on a hérité, hein ? La famille de maman a des problèmes cardiaques et chez papa, ce sont tous des singes poilus. Enfin, au moins, on est jolies, » ajoutai-je en plaisantant.
« Certaine d'entre nous, du moins, » contra-t-elle en me poussant le bras.
Je lui tirai la langue.
Pétunia roula les yeux mais sourit légèrement. « On devrait essayer de les échanger pour un autre modèle. »
Je ricanai doucement. « Mais alors, on deviendrait tellement normales, » lui rappelai-je en tordant mon visage de dégout au dernier mot. « On n'avait pas décidé de devenir des super héroïnes quand on était petites ? Tu te souviens quand papa nous avait montré ses vieux comics ? »
Pétunia acquiesça. « Je m'en rappelle. Je devais être le Super héros et toi l'acolyte parce que tu étais plus petite que moi. »
« Et je piquais toujours des crises parce que je voulais être le héros aussi, » dis-je en me rappelant ce souvenir tendrement.
« On avait même convaincu maman de nous faire des costumes, » ajouta ma sœur.
« On était fortiches. »
Notre mère marcha vers nous avec un sourire heureux. « Que vois-je ? » Sa question était rhétorique. « Mes filles se parlent et elles se sourient, » continua-t-elle « sans se battre ? J'ai raté quelque chose ? Ils ont annoncé une catastrophe naturelle bientôt ? Je dois commencer à faire des réserves ? »
Je ris sans humour. « Marrant, maman. »
« Je trouve aussi, » se congratula-t-elle.
« Tu es bien la seule, » marmonna Pétunia. « Je savais qu'on aurait dû l'échanger, » ajouta-t-elle doucement.
Maman la regarda bizarrement mais Pétunia ne sembla pas le remarquer. On échangea un regard et le même sourire complice apparut sur nos deux visages.
En montant dans la voiture, je me dis que c'était une bonne idée de ne pas avoir dit à Pétunia qu'il me suffisait d'un coup de baguette pour me débarrasser de mes poils disgracieux. Tout était tellement plus simple quand je faisais semblant d'être normale. Je savais que je ne devrais pas, que j'étais spéciale et toutes ces conneries, et que je pouvais faire tellement plus avec mes dons. Que j'avais la responsabilité de faire plus. Mais parfois, pour Pétunia, je souhaitais juste être quelqu'un comme tout le monde.
Cependant, notre moment de complicité entre frangines disparut aussi vite que n'importe qui aurait pu le prévoir. À la fin du trajet pour le centre commercial, nous étions de nouveau en froid et la palme reviendrait à celle qui se tairait le plus longtemps. Il semblerait que j'étais juste incapable de rester correcte quand le sujet Vernon était amené sur le tapis et Pétunia prenait toujours ça comme une attaque personnelle. Bon, j'aurais peut-être dû garder le truc de la baleine pour moi. Mais quand même ! C'était une comparaison parfaitement justifiée. Elle faisait une montagne de pas grand-chose. Comme toujours.
Plus ennuyée de la fréquence de nos disputes que par le contenu de cette dispute particulière, Maman souffla lourdement et nous força à entrer dans le magasin le plus proche du centre. On allait devoir passer du temps en ensemble et aucune de nos excuses stupides n'allait pouvoir changer ça. Je devais admettre que sa ténacité était admirable. Pour une mère, la mienne déchirait sa race.
Ce fut difficile de m'en souvenir quand elle m'obligea à vraiment essayer des vêtements.
« Maman, » lui dis-je d'un ton irrité. « Je n'ai pas besoin d'une robe. Je suis une sorcière, on a notre propre style de robes ! »
« Du genre que tu ne portes que dans ta salle de bain, » siffla Pétunia.
« Oh, tu as dû rencontrer un tas de sorciers alors, parce que tu passes ta vie entière dans la salle de bains à chasser tes points noirs. »
Ahh, les choses revenaient enfin à la normale. Insultes et réparties, à répéter encore et encore. C'était un rythme familier que j'avais mémorisé il y a bien longtemps.
« Arrêtez ça, toutes les deux. Si vous ne savez pas vous tenir, on rentre à la maison tout de suite, » intervint notre mère d'un ton ferme.
« Super ! » m'exclamai-je en déposant les robes que je tenais en main sur la première chaise rencontrée.
« Lily, » me prévint ma mère, ressemblant tellement à une tigresse prête à bondir en cet instant que je récupérai les robes et m'enfermai dans une cabine d'essayage.
« Je n'ai vraiment pas besoin d'une robe, » insistai-je en retirant mes vêtements tout en veillant à ne pas toucher mon poignet blessé. « Je n'aurai nulle part où la porter.»
« Tu ne peux jamais savoir quand tu auras besoin de quelques chose de beau à porter. C'est une bonne chose de l'avoir dans ton armoire si une opportunité se présente, » expliqua ma mère du ton dogme que seule une femme qui avait l'expérience de la vie pouvait employer.
Je roulai les yeux d'un geste immature et, avec pas mal de contorsions, parvint à attacher la fermeture dans mon dos. Sans cérémonie et sans même me jeter un regard dans le miroir, j'ouvris la porte et sortit.
« Tadam ! » Marmonnai-je âcrement.
Ma mère et ma sœur m'observèrent d'un air critique. Dans ma famille, quand quelque est moche, on le dit. Leurs regards me firent me sentir mal à l'aise.
« C'est bon, je l'enlève, » grognai-je.
« Non ! » assura ma mère. « C'est ravissant sur toi, Lily. Tu n'aimes pas ? »
Je regardai le miroir de la porte. La robe n'avait pas de bretelles et s'arrêtait au niveau de mon genou. Elle était blanche mais frappée d'une fleur qui s'enroulait autour de mon corps. Je devais admettre, même si je ne la désirais pas, que c'était une très jolie robe. Cependant, je n'avais toujours pas d'endroit où la porter. Je ne pouvais pas exactement me pointer au banquet d'Halloween dans cette tenue...
« Lily ne la veut même pas, Maman. On ne devrait pas essayer de me trouver une robe ? » se plaignit Pétunia, narcissique perpétuelle.
« Une seconde, » insista-t-elle. « Lily, en tant que ta mère qui a si rarement l'occasion de dépenser son argent pour toi et qui n'aura plus de chance de le faire dans le future parce qu'aussi tôt que tu seras diplômée de Poudlard, ton père et moi te chasserons de la maison pour que tu fabriques ton propre argent par magie, j'exige qu'on achète cette robe. »
Je reniflai dédaigneusement.
« En plus, » ajouta-t-elle avec un sourire, « je pense que James va l'adorer. »
Et c'est ainsi que j'acquis une nouvelle robe.
Agacée, je regardai ma mère suivre Pétunia d'un pas nonchalant. Elle jouait déloyal.
Je me changeai rapidement et trainai ma foutue robe derrière moi. Qui se fichait que James me trouve mignonne là-dedans ? Je n'avais pas besoin d'une robe pour lui. Il n'était même pas vraiment mon petit ami ! En plus, il semblait parfaitement satisfait avec ce que j'avais porté la nuit dernière. Je rougis en me souvenant du tee-shirt, que j'avais fastidieusement empaqueté avec mes autres habits après, j'étais honteuse de l'admettre, lui avoir lancé un sort pour que son odeur ne parte pas. Oui, apparemment, j'étais pathétique à ce point là.
Je secouai la tête pour me débarrasser des étranges pensées qui m'avaient tourmentée toute la journée et retrouvai la trace des deux autres Evans. Ma mère était en train d'essayer de persuader Pétunia de prendre une jupe que je trouvais très jolie mais ma sœur fronçait le nez dans sa Tuney'titude habituelle.
« Maman, je vais à la fête en l'honneur de la promotion de Vernon, pas à un départ à la retraite. Je n'ai pas besoin de ressembler à une grand-mère, » geignit Pétunia.
« Vernon a eu une promotion ? » demandai-je. « Alors il peut utiliser la photocopieuse maintenant ou c'est encore hors de portée pour lui ? »
Je ris à ma propre blague mais ma mère m'envoya un regard menaçant qui me réduisit au silence.
« La ferme, Lily, » siffla Pétunia en me plantant ses ongles dans le bras.
« Pétunia, tu n'aimes aucune des robes que je t'ai proposées et puisque les jupes ne semblent même pas être une option, je ne sais plus quoi te dire, » souffla maman.
« Il suffit d'aller dans un autre magasin, » répondit simplement Pétunia. « De préférence un qui ne vend pas de fringues minables, » ajouta-t-elle en posant un œil sur ma robe.
Je forçai mon visage à arborer un sourire. J'étais peut-être ou non en train de lui envoyer un sort mortel avec mes yeux.
On, enfin, maman, paya pour la robe et on se dirigea vers un autre magasin, plus cher et plus pompeux qui affichait le slogan 'Rien que le meilleur'. Des employées zélées à la musique d'ambiance, tout dans cet endroit me donnait envie de m'étouffer. Comme de juste, Pétunia l'adora.
Elle papillonna à travers les rayons de vêtements et attrapa les vêtements taille miniature comme s'ils étaient sur le point de disparaitre sous ses doigts.
« Maman, » déclarai-je « Je reviens. Il faut que j'aille dans un autre magasin. »
Ma mère me regarda avec panique. « Ne me laisse pas toute seule avec elle ! » me supplia-t-elle.
« Maman, » roucoulai-je avec un sourire. « Le but de ce voyage est de créer des liens. Tu ne veux pas passer du temps de qualité avec ta fille ainée tant que tu le peux encore ? »
Ma mère m'envoya un regard meurtrier. « Je t'obligerai à parler avec Vernon pendant le reste de l'été ! » me menaça-t-elle.
Je rigolai et passai la porte.
Heureuse d'être hors de ce magasin qui me rendait claustrophobe, je me dirigeai vers le seul endroit que j'appréciais vraiment dans le centre commercial : la librairie. En entrant, je tendis les oreilles pour capter un son mais j'accueillis le silence avec bonheur. Je souris et laissai mes doigts parcourir les reliures des livres en me promenant entre les étagères. Je m'arrêtai au niveau des œuvres de Littérature Classique et laissai mes yeux parcourir les volumes bien connus. L'écriture était une chose naturelle pour moi. Je pouvais pondre un demi-parchemin sur les Révoltes Gobelines ou tout autre chose aussi rébarbative, en moins d'une demi-heure. Cependant, j'étais toujours émerveillée par les superbes tournures des belles lettres. Je pouvais écrire des phrases : sujet, verbe, complément. Mais, jamais aucun essai sur la Théorie des Potions ne tiendrait la comparaison avec l'amour étalé devant moi. A mon sens, pour que quelque chose soit bien écrit, il fallait que ce soit fait avec amour.
Je tirai doucement un des livres de l'étagère et l'ouvrit à mon passage préféré. J'inspirai l'odeur des pages sortant juste de chez l'imprimeur et m'assit au milieu de l'allée. Mes jambes repliées sous moi, je plongeai dans la lecture; c'était merveilleux de se plonger dans l'univers de quelqu'un pour qui la magie était vraiment du ressort des contes de fées. Le temps passa et je restai saine et sauve dans mon monde imaginaire, ne pensant à rien d'autre que l'histoire. Rien ne me dérangeait, je n'avais aucune crainte, aucune attente. Le seul inconvénient était qu'à un moment où un autre, je devrais retourner dans le monde réel.
Après avoir lu un chapitre, je me relevai lentement et remis le livre en place. J'aurais pu rester dans le magasin pendant des heures et ne toujours pas en avoir assez mais il fallait que je retrouve ma mère avant que ma sœur ne la tue. Quoique si on en venait au combat physique, maman pouvait réserver quelques belles surprises...
Comme je l'avais prévu, ma mère n'était pas de bonne humeur que je les rejoignis. Je l'entendis râler à propos de ses cheveux gris en arrivant. Apparemment, nous avions toutes nos propres problèmes de cheveux. Elle s'accrocha à mon bras dès qu'elle me vit, comme une personne en train de se noyer s'accroche à son sauveteur. J'aurais des marques d'ongles pour le prouver. Finalement, après que j'ai levé les yeux au ciel au moins douze fois, reniflé d'un air méprisant deux de plus et voté pour qu'on n'autorise plus jamais Pétunia à approcher d'un commerce à l'avenir, nous allâmes enfin manger.
Les yeux braqués sur l'empilage délicat de salade sur la fourchette de Pétunia, j'enfournai mon sandwich au poulet et sourit en sentant la chair tendre sous mes dents.
« Excusez-moi, » s'exclama Pétunia qui semblait passablement dégoutée. « Il faut que j'aille aux toilettes. »
« Ouais, pour éviter la génialité de mon sandwich, » marmonnai-je en la regardant s'éloigner, sans doute pour aller dresser la liste des mauvaises calories.
« Lily, il faut que je te parle de quelque chose, » dit ma mère en posant sa fourchette et en me regardant d'un air réservé. Ses yeux bougeaient rapidement, ce qui n'était jamais bon signe.
J'acquiesçai avec la bouche pleine de bonnes choses frites. « Okay, envoie, » répondis-je après avoir avalé.
« Je m'inquiète de ta relation avec James, » dit-elle prudemment.
Je déposai mon sandwich, en choc. Venait-elle vraiment de dire ça ? Etait-ce la chance que je cherchais depuis le début de toute cette folie ? Oui, Merlin m'aime !
« Quoi ? » demandai-je avec réserve.
« Et bien Lily, tu as 17 ans et maintenant tu as un petit ami pour qui tu as des sentiments très forts. Et je sais ce que c'est quand d'être amoureuse d'un garçon et d'avoir tout le temps envie d'être avec lui. »
J'acquiesçai lentement. Je pouvais faire ça. Que ferait la petite amie de James Potter ?
« Et ne me comprends pas mal. J'adore James. Je pense que c'est un garçon formidable. Il est poli et charmant et mignon et »
« Ouais, il est fantastique, » répliquai-je sans même essayer de dissimuler le sarcasme.
« Et c'est pourquoi je m'inquiète pour toi, » indiqua-t-elle.
Je fronçai le nez. « Je ne te suis pas. »
Elle soupira avec lassitude. « Lily, j'ai réalisé que James et toi pourriez vouloir devenir sexuellement intimes et – »
Mes mains cognèrent la table avec fracas sous l'effet de la surprise. Bien sûr, cela incluait ma main blessée mais j'étais trop ahurie pour m'inquiéter de la douleur. « Maman ! » m'écriai-je.
« Lily, je sens qu'il est temps qu'on ait cette conversation. Tu es sous la pression de ton entourage et tu dois sûrement penser 'si tout le monde le fait, pourquoi pas moi ?' »
« Maman, ne me dis pas ce que je pense ! » pinaillai-je en essayant de cacher la rougeur de mon visage sous la table de notre bouiboui.
« Lily, c'est important, » insista-t-elle.
« Enfin maman ! » l'interrompis-je. « Tu ne comptes pas vraiment avoir cette discussion avec moi maintenant ? » me plaignis-je. « C'est un restaurant public ! »
« Je sais ça, Lily, » continua-t-elle. « Mais ce matin, quand je t'ai vue avec son tee-shirt, j'ai pensé qu'il était grand temps que toi et moi parlions de sexe. »
Bordel, j'aurais dû savoir que ce tee-shirt ne m'apporterait que des ennuis. Il sentait bien trop bon pour que ce ne soit pas le cas. « Maman, je t'en prie, pas maintenant. »
« Lily, les garçons attendent certaines choses de la part des filles. Ils ont des besoins qui sont plus urgents que les nôtres. »
Je doutais fortement qu'elle ait jamais été embrassée par James Potter. Dieu, je savais ce qu'étaient les besoins urgents. Les miens étaient sûrement bien pires que les siens en ce moment. Oh, Merlin, venais-je vraiment de penser ça ? Mon visage devint encore plus rouge qu'avant.
« C'est une partie magnifique et naturelle de la vie. Cependant, tu dois être assez âgée pour pouvoir assumer ça. Et il y a des risques : grossesses non-désirées, herpès, verrues génitales, … »
« Maman ! » Je poussai un cri aigu en jetant des regards nerveux autour de moi. « Pas si fort ! »
« Tu dois être certaine que tu es prête avant de faire quoique ce soit, chérie. Ne précipite rien. Personnellement, je préférerais que tu attendes d'être mariée mais je te fais confiance. Je sais que tu prendras les bonnes décisions. Je me souviens quand ton père et moi – »
« Maman, si tu ne veux pas que je finisse en thérapie pour le reste de ma vie, arrête de parler. Immédiatement, » ordonnai-je.
« Mais – » essaya-t-elle.
« Non, » la coupai-je. « Dans mon esprit, toi et papa m'avez trouvé dans un panier amené par une cigogne devant votre porte. Fin de la discussion. »
« Lily, tu réagis de façon vraiment immature. »
« Oui, et bien, tu es un peu trop précise pour moi, » lui appris-je.
Elle rigola l'air de rien alors que je voulais désespérément trouver un petit trou noir dans lequel me cacher. « Et comment suis-je sensée savoir ce qui se passe ? Toi et James allez dans la même école, sans surveillance parentale, pendant la majorité de l'année. Ça m'inquiète. »
Contre ma volonté, mon esprit nous figura à Poudlard, James et moi. Ce serait tellement facile pour lui de se glisser dans mon dortoir une nuit, même avec la sécurité des escaliers, et confirmer les craintes de ma précieuse maman. Mains, langues, membres s'entrelaceraient. Je pensai aux soupirs qu'il pouvait me faire gémir rien qu'en m'embrassant et me demandai à quel point cela les intensifierait. Ensuite, je regardai ma mère. Toute pensée sexuelle disparut.
« En plus, » continua-t-elle, « si tu n'es pas mature assez pour parler de sexe avec ta mère, la femme qui t'a donné la vie, alors je ne pense pas que tu sois prête à sauter ce pas. »
« Ce n'est pas vraiment un problème, maman, » marmonnai-je.
« Pourquoi ? » demanda-t-elle avec espoir.
Je triturai mes mains maladroitement, les rougeurs contrôlant toujours mon visage. Elle allait vraiment m'obliger à le dire. « James et moi ne couchons pas ensemble, » avouai-je.
Elle soupira de soulagement. « Oh, merci mon Dieu, » murmura-t-elle en me souriant. « Pas que je n'aime pas James, chérie, mais je ne pense pas que tu sois prête. Tu sauras quand le temps sera venu. Tu as toujours été une fille brillante. Je sais que tu feras un choix raisonné et prudent Lily, » me dit-elle. « Des choix qui j'espère n'arriveront pas avant tes quarante ans. »
Je roulai les yeux.
« Maintenant, tu es sûre que tu ne veux pas entendre la suite de mes histoires ? » offrit-elle malicieusement. « J'en ai de très bonnes, quelques bizarres aussi… »
Mes yeux s'écarquillèrent mais avant d'avoir pu articuler une réponse, Pétunia se réinstalla à sa place.
Je n'avais jamais été aussi heureuse de la voir de ma vie entière.
Mon visage avait presque reprit une couleur naturelle quand on arriva à la maison. Précipitamment, je fonçai à l'intérieur et laissai mes yeux se rassasier d'images familières : la table en bois de la cuisine, la photo de Pétunia qui pleurait alors qu'une minuscule moi avec une dent en moins la tirait par les cheveux, le vieux sofa défoncé qui se creusait quand on s'asseyait dessus.
« On est rentrées ! » annonça maman en passant la porte.
J'entendis des bruits de pas et d'autres sons avant que les garçons – supposant que l'homme baleine puisse encore être considéré comme tel – ne courent dans les escaliers et arrivent devant nous. Les yeux de James me trouvèrent rapidement. Je lui rendis son regard pendant une seconde avant que ma mère n'attrape mes yeux et que mon visage brûle à nouveau.
« Mes femmes sont de retour ! » s'exclama mon père en embrassant ma mère. « J'avais peur que la police m'appelle pour m'annoncer qu'une bagarre générale avait éclaté. »
« Papa ! » criai-je
« Hé, ma petite puce, » me salua-t-il en passant son bras autour de mes épaules et d'embrasser le sommet de mon crâne « Et Tuney, » ajouta-t-il en attrapant Pétunia de la même façon. « Mes deux filles préférées. Je suis content que vous ne vous soyez pas entretuées. Il nous avait fallu tellement longtemps pour vous apprendre à utiliser les toilettes. »
« Papa ! » grinça Pétunia de sa voix aigue.
Riant, il nous laissa partir et se retourna vers notre mère. « Tu as l'air plus radieuse que jamais, chérie. »
Ma mère gloussa puis son visage reprit une expression sérieuse. « N'essaye pas de me flatter Henry. Je peux sentir l'odeur de l'indien. »
« Flute, » souffla mon père. « On s'est fait repérer, James. Je t'avais dit qu'elle avait un vrai nez de chien. »
« Henry ! »
Je commençai à être distraite par la présence de James à moins d'un mètre de moi. Sans un mot, je le suivis dans le salon vide.
« Je suis de retour, » déclarai-je avec un sourire forcé.
Il sourit. « Tu t'es bien amusée ? »
« Sur une échelle de un à dix ? »
Il hocha la tête.
« C'était craignos. Ma mère pense que nous couchons ensemble. »
Il éclata de rire et me prit dans ses bras. « C'est fantastique ! » ricana-t-il.
« Idiot, » grommelai-je. « C'était horrible ! »
« Pauvre Lily, » roucoula-t-il tendrement. « Ce serait vraiment si abominable ? » demanda-t-il en riant en laissant ses mains descendre plus bas dans mon dos.
« James ! » criai-je en les remontant. « Oui, ça le serait. Tu te souviens ? C'est une des partie de cet arrangement sur laquelle on s'était bien mis d'accord. »
« Pardon, j'ai vraiment mauvaise mémoire, » chuchota-t-il en frottant son nez contre mon cou, me laissant sentir son souffle et sa chaleur. « Je suis content que tu sois de retour, » soupira-t-il dans mon oreille.
Je fermai les yeux et respirai son odeur, qui était bien plus forte que sur mon nouveau tee-shirt préféré. « Moi aussi, » admis-je.
« Je t'ai manqué ? » demanda-t-il en sortant de notre étreinte pour me regarder dans les yeux.
« Moins que mon lit, » répondis-je d'un ton bravache.
« Et bien, il y a un moyen très facile de résoudre ces deux problèmes en même temps, » répliqua-t-il avec un clin d'œil.
Je roulai les yeux et le frappai doucement sur le torse. « Pas dans cette vie, Potter. Maintenant, chut. Ma mère va t'entendre, » sifflai-je. « As-tu la moindre idée à quel point c'était gênant ? Je crois que je ne vais plus pouvoir la regarder de la semaine. »
« Je pense que ce serait une expérience plutôt plaisante, » contra James avec un sourire en coin.
« James… » le prévins-je.
« Lily… » m'imita-t-il, bien que son énoncé sonne moins comme une menace et plus comme une vénération respectueuse. Ses doigts parcouraient mon visage comme s'il cherchait à en retenir les moindres détails.
« Je ne peux pas croire que tu restes si nonchalant, » lui dis-je. « J'étais en vrac du début à la fin. Je ne savais même pas que mon visage pouvait rougir autant. »
Il rigola alors que ses pouces parcouraient mes pommettes encore roses, preuve de mon embarras. « On contrôle la situation. »
Je reniflai. Peut-être que lui oui mais ce n'était pas mon cas.
« Les parents sont terrifiés de voir leurs enfants grandir, » continua-t-il. « Je suis sûr que tu aurais eu droit à cette conversation à un moment ou un autre, de toute façon. J'y suis passé quand j'ai eu quinze ans, et il y avait beaucoup trop de métaphores malheureuses. Encore aujourd'hui, je ne peux pas regarder un hippopotame sans rougir. »
« Hippopotame ? » demandai-je curieusement.
Son visage rougit légèrement et il remua de ce qu'on pourrait appeler une adorable manière. « Mon père ne devrait vraiment pas utiliser de métaphores. »
« Je suppose que c'est douteux pour tout le monde, » soupirai-je. « J'espérais que ma mère attende que j'ai des cheveux gris pour y avoir droit. Dommage que mon faux petit ami ait précipité les choses. »
Il sourit. « Comment peux-tu lui en vouloir ? Bien sûr que c'est ce qu'elle pense. Je suis d'une beauté diabolique, tu sais, » plaisanta-t-il. « Elle a toutes les raisons de craindre pour ta pureté. »
Je refusai de laisser ses mots, combinés à l'étincelle de désir dans ses yeux, me couper le souffle. Mes poumons, cependant, ne l'entendirent pas de la même façon.
« C'est plus facile de te résister que tu le crois, » lui appris-je.
« Oh, vraiment ? » me provoqua-t-il. Il m'attrapa par la hanche et me guida vers le canapé. Il se pencha tellement sur moi que je n'eus d'autre choix que me coucher en arrière pour lui échapper. Il se rapprocha encore de moi, de telle façon que nos visages n'étaient qu'à quelques centimètres de distance et son corps appuyé contre le mien.
Mon respiration se fit superficielle et rapide, ce qui ne fit que prouver à quel point je résistais peu.
« Tu disais donc, » chuchota-t-il en mêlant son souffle au mien, « que tu ne penses à rien de sexuel à cet instant précis ? »
Mon cœur bondit dans ma poitrine. « Non, » hoquetai-je, bien que cela sonne plus comme une question à mes oreilles.
Ses lèvres glissèrent le long de ma mâchoire jusqu'à trouver un point de pression sur mon cou et de taquiner cet endroit avec des attouchements des plus alléchants.
« Tu en es sûre ? » insista-t-il d'une voix rauque.
Je sentis que mes yeux avaient envie de rouler à l'arrière de mon crâne. « Non, » soufflai-je.
« Mmm, » gémit-il, les vibrations se réverbérant le long de son torse et dans son souffle sur mon cou. « C'est bien ce que je pensais, » dit-il d'une voix basse.
Puis, il se redressa prestement en m'envoyant un sourire ironique. Je m'assis en confusion. Quoi ? Où était le baiser ? Comment osait-il me laisser dans cet état ? J'ouvris la bouche pour protester mais je réalisai que ce serait lui donner bien trop de pouvoir. Je la refermai avec force.
Il devait avoir noté la lueur affamée dans mon regard et la déception dans mes yeux car il éclata de rire.
« James ! Tu m'as fait marcher ! » l'accusai-je en le frappant sur le bras. « C'est pas juste ! »
« Tu ne l'es pas plus quand tu me regardes avec tes petits yeux innocents en parlant de sexe. Je ne suis qu'un ado, chérie, je ne peux pas me contrôler avec toi. »
« On dirait pas, » marmonnai-je.
« C'est parce que tu respires trop fort pour t'en rendre compte, » répliqua-t-il avec un sourire espiègle.
Je plissai les yeux et voulus le frapper à nouveau mais ses réflexes de Quidditch étaient trop rapides pour moi. Il examina attentivement ma main quand je laissai échapper un gémissement de douleur.
« Qu'est-ce que tu as fait ? »
« Le radio réveil m'a attaqué. Il devait être exterminé, » lui dis-je.
« Lily… » soupira-t-il en laissant ses doigts parcourir mon poignet blesser. Je grimaçai et il arrêta immédiatement. « Je vais arranger ça, » promit-il.
Je roulai les yeux. « Je ne veux pas entendre qu'un baiser soigne tout, » l'avertis-je.
Il rit et prit sa baguette. « C'est marrant comme tu penses directement à mes baisers, » répliqua-t-il. Il pointa sa baguette sur mon poignet et en un instant, la douleur et les bleus avaient disparus.
Je me frappai le front avec ma main maintenant guérie. « Merlin, j'ai eu ma baguette sur moi toute la journée et je n'y ai même pas pensé. La vie à la Moldu est vraiment en train de m'atteindre. »
James ricana. « Tu passes trop de temps à essayer de ressembler à Pétunia, » me dit-il en pointant mes ongles peints.
Je roulai les yeux mais mon expression s'adoucit. « Merci. »
Il haussa les épaules et posa un baiser sur mon poignet. « Un baiser soigne tout. »
« Tricheur. »
Il me fit un sourire arrogant.
Nous n'eûmes pas longtemps pour jouer au jeu des sous-entendus et des caresses osées car le souper fut rapidement prêt. C'était du poisson. Apparemment, pendant que nous faisions perdurer les clichés des sorties entre filles, les garçons s'étaient adonnés à la quintessence de l'activité masculine : la pêche. La simple évocation de l'idée me donnait envie de glousser hystériquement. Je m'imaginais mon père avec son chapeau 'spécial pêche' et ses grandes bottes en caoutchouc en train d'essayer de rassurer un Vernon nauséeux et James installé au fond du bateau avec son sourire effronté le faisant tanguer dangereusement. C'était encore plus ridicule que trois femmes criant dans une cabine d'essayage.
Comme j'avais abandonné plus de la moitié de mon sandwich au poulet dans mon assiette, l'appétit n'étant pas revenu après la conversation avec ma mère où elle voulait savoir si James...euh, m'avait montré comment sa baguette marchait, je mangeai avec application. Je décidai d'écouter mes parents relater leurs week-ends en engloutissant fourchettes après fourchettes. James, qui ne m'avait pas quitté depuis mon retour à la maison, chercha ma main en dessous de la table.
Avec curiosité, je le regardai enlacer nos doigts.
Je me penchai vers lui. « Tu ne peux plus manger maintenant, » lui murmurai-je.
« J'utiliserai ma main gauche, » me dit-il en me faisait une pression rassurant autour des doigts avant de poser ses lèvres sur ma joue, trop près de ma bouche pour que ce soit vraiment un baiser chaste et d'attraper maladroitement sa fourchette avec sa main gauche. Je le regardai lutter pour amener les morceaux de nourriture dans sa bouche et les coins de la mienne se redressèrent malgré moi.
Une fois que le repas fut fini, James partit prendre une douche et j'essayai vraiment fort de ne pas penser à quoique soit qui était lié à ce besoin naturel complètement normal et qui ne devrait en aucune façon être utilisé pour fantasmer. C'était nécessaire. Ahh, nécessaire signifiait quelque chose de complètement différent pour moi maintenant. Je devrais donc le retirer de mon vocabulaire à moins que j'ai, moi aussi, envie de prendre une douche. Froide. Je choisis de me débarrasser de ces pensées en me laissant tomber sur la chaise de la cuisine à côté de mon père.
« Hé papa, » le saluai-je.
« Hey ma fleur préférée. »
Je ris. Seul mon père avait le droit de me comparer à une plante. « Tu fais quoi ? » demandai-je en regardant ses doigts plongés dans des pièces métalliques qui ne m'évoquaient rien.
« Je suis juste en train de remettre un peu d'ordre dans mes hameçons, » m'expliqua-t-il. « Je me suis beaucoup amusé avec les garçons aujourd'hui. Particulièrement James, il est doué, tu sais. Il a attrapé cinq de nos sept poissons ! » s'exclama-t-il joyeusement.
« Vraiment ? » m'étonnai-je. « Je ne savais pas qu'il pêchait. »
« C'est le cas mais, hé, il sait quoi faire de ses mains ! »
Pas besoin de me dire ça. Je contrôlai les rougeurs qui apparaissaient sur mes joues et changeai rapidement de sujet. « Je parie que tu t'es plus amusé que moi. »
Papa ricana. « Ah ma petite Lily qui a toujours détesté être pouponnée. Tu as toujours été une gosse étrange. Tu voulais gravir des montagnes et créer des explosions. On ne pouvait jamais te faire asseoir pour jouer gentiment à la poupée comme Pétunia. »
« C'est parce que c'est tellement ennuyant ! » dramatisai-je en plissant le nez.
Il tapota le bout de mon nez. « Tu étais exactement comme moi enfant, » me dit-il.
« Vraiment ? »
« Vraiment. »
Je souris puis modifiai mon visage pour faire la moue. « Zut, » grommelai-je, « je voulais être comme quelqu'un de plus cool. »
« Lily Evans ! » se récria-t-il.
Je gloussai. « Je plaisante papa. »
IL croisa les bras sur sa poitrine et poussa un soupire exagéré. « Tu as intérêt, » menaça-t-il.
On éclata tous les deux de rire.
Il retira ses lunettes et essuya ses yeux en essayant de reprendre contenance. « Lily, je suis vraiment heureux que tu sois partie avec ta mère; c'est important pour elle de passer du temps avec ses filles. »
Je rougis de gratitude. Mon père me faisait toujours sentir spéciale juste en faisant ces petites choses. Même me souvenir de faire ma lessive me valait un prix. Tristement, je pris conscience que je ne le méritais pas vraiment. « J'aurais pu être plus sympa avec Tuney, » admis-je.
Il sourit. « Tu as fait du mieux que tu as pu. Les grandes sœurs sont supposées te rendre folle. C'est dans le mode d'emploi. Et c'est le job de la plus jeune de les embêter. Demande à tante Lucy. Je ne manque jamais une occasion de l'ennuyer plus que c'est humainement possible. Elle me déteste positivement, » finit-il jovialement.
Je ris. « C'est une bonne chose que je sois le bébé de la famille alors. »
« Tu n'est plus un bébé, Lily, » me rappela-t-il doucement.
« Ouais. »
Il marqua une pause avant d'ouvrir à nouveau sa bouche pour parler. « Tu sais, Lily, j'aime beaucoup James. C'est un garçon bien – »
Je souris lentement. « Il l'est, » soufflai-je.
« Bien, parce que je ne veux pas que quelqu'un qui ne le mérite pas me prenne l'affection de ma fille. »
« Papa, » énonçai-je comme si j'étais en train de parler à un petit enfant. « Ne t'inquiète pas pour ça. Tu es toujours l'homme de mon cœur. »
« Cinq poissons Lily ! » s'excita-t-il. « Son premier jour de pêche ! »
Je secouai la tête et rigolai.
Je ne vis pas James avant minuit quand on se retrouva dehors sur nos balançoires habituelles. « Hey, » le saluai-je.
« Hey. » Il s'assit à côté de moi et se mit à se balancer doucement.
« Mon père t'apprécie vraiment beaucoup, » lui dis-je. « Il me l'a dit tout à l'heure. »
James soupira de soulagement. « C'est bien. Je voulais vraiment faire bonne impression à tes parents. »
Je fronçai les sourcils. « Parce que tu fais semblant d'être mon petit ami, hein ? » demandai-je pour m'en assurer.
« Ouais, » confirma-t-il.
« Bien, » dis-je en luttant pour arriver à prononcer la partie suivante. « Merci James. J'apprécie vraiment les efforts que tu mets dans tout ça. C'est probablement la chose la plus ridicule que j'aie jamais faite et je ne sais pas comment on a réussi à duper tout le monde à ce point alors, euh, merci. »
James rigola. « Tu t'es entrainée à dire ça, pas vrai ? »
Je remuai dans mon siège. « Peut-être, » répondis-je vaguement. Il me sourit d'un air entendu et je soupirai d'exaspération. « Quoi, tu es resté à l'intérieur longtemps ! »
Il rit bruyamment. « Désolé de t'avoir fait attendre, » s'excusa-t-il. « Et de rien Lily, même si je ne comprends pas vraiment pourquoi tu me remercies. Bien que, » amenda-t-il, « c'est plutôt un changement plaisant par rapport à ce que j'avais l'habitude d'entendre de toi. »
Je souris piteusement en me rappelant toutes les horribles choses que je lui avais dites par le passé. « Enfin, » continuai-je, « tu es parvenu à gagner le cœur de mon père et on sait que ma mère a déjà embarqué à bord du navire James-et-Lily-toujours-chastes. »
James ricana. « Marrant.»
Je haussai les épaules. « Ca vient et ça part. »
« Tu sais, j'aime bien ton père aussi, » dit James en se balançant d'avant en arrière. « On a eu beaucoup de temps à tuer ce matin alors on a ignoré Vernon, évidement, et on s'est mis à parler Quidditch. Après que je lui ai expliqué les règles, il a semblé apprécier le jeu. Il est très bon en stratégie aussi. Il faudra que j'essaye certaines de ses idées l'année prochaine. J'aimerais bien l'emmener à un vrai match un de ces jours. »
« Je suis sûre qu'il adorerait ça, » répondis-je.
L'idée de James et mon père créant des liens était étrange. D'une côté, ça m'arrangeait assez que mon père ne cause pas trop d'ennui, ce serait plus facile de poursuivre cette charade encore quelques jours sans attirer trop de soupçons. Cependant, je n'aimais qu'ils deviennent trop proches parce que je ne voulais pas que Papa soit blessé. Bien sûr, James était génial. Il était parvenu à gagner l'affection de mes parents surprotecteurs et dominateurs en moins de cinq jours. Quand j'avais eu besoin de lui, il avait joué le jeu et ne s'était jamais plaint d'avoir à prétendre être mon petit ami. Mais comment savoir où la comédie devait s'arrêter ? Mon père était allé à l'encontre de ses préjugés initiaux contre James. Tout autre rapprochement ne ferait que le blesser quand James sortirait de nos vies et que tout reviendrait à la normale. Mon père devait prendre soin de lui et faire attention à ne pas plonger trop profondément. Il ne fallait pas le laisser croire que tout ça était réel. Au final, il en sortirait blessé.
« Lily ? » demanda James en agitant une main devant mes yeux. « Ca va ? On dirait que tu viens de recevoir un Oubliettes. »
Je ris et secouai la tête pour me tirer de mes pensées. « Je réfléchissais, » lui dis-je. « Alors, James, comment as-tu fait pour attraper cinq poissons ? »
James passa sa main dans ses cheveux et sourit d'un air espiègle. « Tu peux garder un secret ? »
Je roulai les yeux. « Manifestement, » lui fis-je remarquer au vu de notre situation actuelle.
« Je les ai attiré avec ma baguette quand personne faisait attention. »
On rit pendant un bon moment. Une part de moi suspectait que c'était plus à cause de l'heure avancée de la nuit que de l'hilarité des mots mais l'image restait amusante malgré tout.
Après nous être calmés, James appuya son visage sur la corde de la balançoire.
« Mmm, je suis fatigué, » bailla-t-il en posant son front contre mon épaule. « Ton père m'a fait lever à quatre heures ce matin. »
« Mais tu n'as pas quitté mon hôtel avant une heure ! »
Il bailla encore. « Je sais, » gémit-t-il.
« Merlin, tu dois être épuisé. Rentrons. »
« Non, je suis bien ici, » protesta-t-il depuis mon épaule. « Tu sens la fraise. » Maintenant, je savais qu'il était vraiment fatigué, le genre de fatigue qui vous pousse à dire des choses idiotes et sans le moindre sens.
« Allez James, il est temps d'aller au lit. »
« Mais pas avec toi, » fit-il remarquer.
« Oui, » acquiesçai-je. « Certainement pas avec moi. »
Je dus presque le porter jusqu'à l'intérieur et dans sa chambre d'amis.
Il rit quand on arriva devant sa porte. « Tu m'as raccompagné ! » dit-il. « Ca fait de moi la fille ? »
Je pouffai. « Oui, on dirait bien, » chuchotai-je.
« Alors, tu dois m'embrasser ! »
« Non, je ne dois pas, » argua-t-il.
« Si tu dois. »
Je réalisai qu'on était parti pour rester devant sa porte pendant un long moment. « D'accord ,» grommelai-je. Je me mis sur la pointe des pieds et l'embrassai sur la joue mais après que je sois entrée en contact avec sa peau, il tourna la tête pour que je touche ses lèvres. Il m'embrassa lentement, comme s'il souhaitait m'endormir.
Cependant, quand je m'éloignai, j'étais bien trop électrisée pour dormir.
Il sourit joyeusement. « Bonne nuit, mon cœur. »
« Bonne nuit, James. »
Je me dirigeai dans ma chambre et défis ma valise. J'en extirpai le tee-shirt de James et me glissai dedans avant de m'écrouler sur mon lit et de trouver le sommeil.
