Me revoilà enfin. Non je ne suis pas morte, mon inspiration avait juste décidé de prendre elle aussi des vacances mais loin, très loin. Enfin, elle est finalement revenue et j'ai pu finir ce chapitre.
Donc voici la suite qui j'espère vous plaira.
Ah et au passage merci aux quelques personnes qui m'ont laissée des reviews!
Chapitre 7 :
Dix minutes s'écoulèrent avant que la fourgonnette partie à la rescousse de notre adversaire en panne ne reviennent. Cette dernière était conduite par Fumihiro tandis que mon frère était au volant de la FD entrain de draguer sa pilote initiale (plus tard il affirmera que ce n'était que du réconfort apporté à une jeune fille en plein désespoir).
Je regardai Kaito sortir de la voiture avec un air suffisant puis se retourner vers sa victime :
-Ne t'inquiète pas. Elle roule toujours donc ça ne devrait pas prendre trop temps à réparer. De toute façon je ferais tous ce qui est possible pour qu'elle soit de nouveau d'attaque pour la course de ce soir.
Il ajouta cette dernière phrase avec un petit clin d'œil. La fille, qui d'après ce que j'avais compris s'appelait Kyoko, le regarda d'un air peu convaincu mais le remercia quand même pour son aide.
Keisuke, qui était toujours à côtés de moi depuis que « les secours » étaient partis, rejoignit sa futur ex-idole et lui demanda :
-Tu penses que tu peux la réparer ?
-Bien sûr ! Pour qui tu me prends ?
Cette réplique me déstabilisa un peu mais je me repris très vite et m'installai confortablement contre la rambarde derrière moi avec un petit rictus. Le spectacle promettait d'être amusant. En effet, les seules choses que mon frère était capable de réaliser à peu près correctement en « mécanique » étaient le plein d'essence, vérifier la pression des pneus et les changer. Même remplacer une batterie commençait à dépasser le seuil maximal de ces capacités très médiocres.
C'est donc sans surprise que je le vis buguer devant le capot ouvert, plonger dans ce qui semblait être une profonde analyse du problème. Mon sourire moqueur s'allongea quand je vis le pseudo pro de la mécanique quitter la voiture pour se diriger vers moi. Une fois à ma hauteur il chuchota :
-Si tu m'aides à la réparer en faisant en sorte que ça passe inaperçue je te promet de ne plus faire aucunes réflexions ou insinuations vaseuses à ton égard du week end.
-Et tu arrêteras de me souler pour que je fasse partie de ton équipe aux courses où je ne peux pas venir.
Il réfléchit puis finalement accepta d'un hochement de tête. On repartit donc ensemble en direction de la FD. Après un rapide coup d'œil je déclarai :
-Oui, tu as raison. C'est bien la tuyauterie qui est fichue et je pencherais pour la même théorie que toi : les piquages de l'intercooler ont dû s'oxyder.
Kyoko se tourna vers mon imposteur de frère d'un air presque (et tout est dans le presque) admiratif :
-Tu as vraiment trouvé d'où venait le problème ?
Il répondit avec un grand sourire charmeur (enfin de mon point de vue ça relevait plus de l'hypocrisie que du charme) :
-En un rien de temps ! J'ai préféré demander l'avis de ma sœur pour être vraiment sûr de mon diagnostique mais je dois bien avouer que c'était plus pour la forme qu'autre chose.
Finalement, on remit sur « pied » la RX-7 en panne (enfin Keisuke et moi vaguement aidés ou plutôt supervisés par Kaito) avant de retourner à nos occupations ultérieures à savoir finaliser la préparation de la FD jaune pour notre duo de choc et tenter un rapprochement amical et plus si affinité avec notre adversaire féminine pour mon frère.
Peu de temps après, le début de la course fut annoncé et les deux pilotes s'approchèrent de la ligne de départ où la propriétaire de la FD noire décida de prendre la tête pour le premier tour. Ils firent les présentations habituelles et Ryôsuke donna ses conseils de dernières minutes. La course put enfin commencer.
Le reste de l'équipe des project D présent au sommet se regroupa autour de Fumihiro pour pouvoir suivre la course. Quand je les rejoignis celui ci était d'ailleurs déjà au téléphone avec une des personnes postées sur le parcours. Après avoir raccroché il annonça :
-C'est surprenant. Ils pilotent apparemment à armes égales.
Ryôsuke profita de cette remarque pour entamer ses explications techniques :
-C'est bien connu un turbo à simple turbine souffre de son temps de charge. Mais les turbines d'aujourd'hui sont si bien faites que même à basse pression ça répond bien.
A cette réplique je réagis automatiquement :
-Ouai, en plus ce genre de puissance est adaptée à cette course et rend la voiture plus facile à conduire.
Notre leader brun acquiesça et continua :
-Comparé à ça, la voiture de Keisuke a une double turbine. Sa puissance en sortie n'est vraiment pas assortie à cette route. Ça agit comme un handicap pour lui et ça fige la course pour le moment.
Cette fois c'est au tour de Fumihiro d'intervenir :
-Mais dans ces cas là n'aurions nous pas put faire quelque chose pour remédier à ça pendant les entrainements ?
Comme la question me touchait indirectement, puisque j'étais en charge des réglages de la FD, et comme j'en avais déjà parlé avec lui, je répondis en imitant le ton autoritaire et sérieux du brun qui nous faisait face :
-Non, dépendre des réglages pour contrôler la puissance de la voiture n'est pas suffisant pour un pilote chez les D.
Ryôsuke sourit légèrement face à cette imitation plus ou moins réussie et reprit plus sérieusement:
-Le sujet de cette course c'est les techniques d'accélération. Une route avec un aussi mauvais revêtement est parfaite pour s'entrainer à ce genre de techniques. En estimant que Keisuke soit actuellement capable de contrôler son accélérateur sur cinq niveaux différents, l'idéal serait de pouvoir augmenter ça à dix.
La plus part des membres présents parurent surpris mais n'ajoutèrent rien.
La course se termina plutôt rapidement puisque notre pilote blond réussit à doubler son adversaire et surtout à dépasser la ligne d'arriver devant elle. Une fois de retour, les deux pilotes rejoignirent leur équipe respective.
Keisuke sortit de sa voiture plutôt soulagé et se tourna vers nous:
-J'ai finit par gagner. C'était une course difficile.
Il s'arrêta et me regarda avec ce qui semblait être un léger reproche en ajoutant :
-J'ai remarqué dés le départ de la course que ma voiture était mal réglée.
Ah tiens, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas lancé dans une de nos légendaires joutes verbales mais là il venait de blesser mon ego de mécanicienne et je ne pouvais décemment pas encaisser cet affront sans réagir :
-Quand tu es parti je savais très bien que les réglages n'étaient pas parfaits mais...
-Ah oui et pourquoi tu n'as rien fait pour les améliorer ? Pfff et après ça se dit mécanicienne professionnelle.
Ok souffle un bon coup, reste diplomatique et tout va bien se passer :
-Et si tu me laissais finir mes explications ? Car ce n'est pas moi le stratège de l'équipe qui ait voulu que les réglages ne soient qu'à 80-85% de leur efficacité donc si tu dois t'engueuler avec quelqu'un ce n'est certainement pas avec moi.
Bon j'aurais sûrement pu être un peu moins sèche mais je suis assez contente du résultat. Enfin vu l'air dépité des autres il serait temps de mettre un terme à cette nouvelle querelle. D'ailleurs, même Keisuke s'en rendit compte car il ajouta plus calmement :
-Bon de toute façon, je n'ai pas eu d'autre choix que d'essayer différentes techniques d'accélérations pour ménager mes pneus.
C'est ce moment là que choisit Ryôsuke pour intervenir et m'innocenter complétement dans cette histoire de réglages douteux :
-N'oublie pas les techniques d'accélération que tu as utilisées ce soir. Quand nous serons de retour à Akagi, tu devras t'en servir sans relâche et les maîtriser. Bien que simple, c'est une technique de haut niveau et ta capacité à ménager tes pneus augmentera de manière significative.
Mon coéquipier blond soupira et répliqua avec un sourire mi gêné, mi exaspéré mais aussi légèrement amusé :
-Ouai. Donc tous c'est passé comme tu l'avais prévu, hein frérot ?
Puis il se tourna vers moi :
-Désolé de t'avoir accusée à tort et d'avoir mis tes compétences en doute.
C'est moi ou il venait de...S'EXCUSER ?...Attendez, stop, arrêt sur image. Môssieur Keisuke Takahashi, le grand, l'unique, le blond mononeuronique imbu de lui même venait de faire des excuses ? Non, pardon, venait de ME faire des excuses. Et moi je fais quoi maintenant parce que là j'ai l'air aussi débile que lui le jour où je leur ai dit que Kaito était mon frère. Vite, il faut que je trouve quelque chose d'un minimum intelligent à répondre pour pouvoir sauver ce qui peu encore l'être dans mon pauvre cerveau en ébullition:
-Hmm...
Heu...on va dire que ça fera l'affaire pour le moment, en plus je l'ai accompagné d'un petit hochement de tête donc ça pourra être interprété comme un « merci » ou un « pas grave ». Bon après c'est sûr qu'il faut faire travailler un peu son imagination.
Bref, après ce petit interlude surprenant et fort en émotions, la course en descente démarra. Cette fois nos adversaires décidèrent de partir derrière. Une fois la course lancée, je me pris un café au distributeur automatique l'histoire de me rebooster un peu. Quand je revins, j'aperçus Keisuke et Kyoko en pleine conversation. Je décidai de m'incruster pour faire un peu plus connaissance avec ma future millionième ex-belle sœur mais arrivée presque à leur hauteur une phrase me fis stopper net :
-Est-ce que tu fréquentes quelqu'un en ce moment Keisuke ?
Wahou ba ça c'est fait. D'après la tête qu'il tire je dirais que l'intéressé n'a pas compris le sens caché de la question et d'ailleurs sa réponse le confirme :
-Hein ? heu Personne en ce moment. Je n'ai pas vraiment de temps pour ça, et quand je conduis...
-Merci beaucoup !
Kyoko fit demi-tour et s'éloigna avec un grand sourire. Finalement, une fois le choc passé et devant l'air éberlué du blond qui essayait encore de comprendre ce qui venait de lui arriver, je ne pus me retenir et j'explosai de rire avant d'ajouter :
-On dirait que t'as une touche ! Heureusement que Kaito n'était pas là !
Il se renfrogna et se tourna vers moi :
-Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle et cette fille ne m'intéresse pas donc je ne vois pas pourquoi je devrais me préoccuper de ton frère.
-Si tu le dis, en attendant elle t'a quand même dis implicitement qu'elle avait des vues sur toi.
Je réfrénai du mieux que je pus une nouvelle crise de fou rire. A ce moment là, Kaito débarqua et empoigna par le col un pauvre blond en plein désarroi :
-Je peux savoir ce que tu faisais avec MA cib...heu...copine ?
Bon il était grand temps d'arrêter cette petite comédie avant que quelqu'un ne soit blessé, je me dévouais donc pour calmer mon dégénéré de frère :
-Kaito Morikawa ! Ça suffit, ce n'est pas parce que tu es frustré que tu dois en faire profiter tout le monde ! Si tu veux des explications va les chercher auprès de ta dulcinée, après tout c'est elle qui l'a abordé pas l'inverse et crois moi il est aussi, voir encore plus, paumé que toi donc lâche le tout de suite et va défouler tes nerfs ailleurs tu seras gentil.
Oula c'est rare que je m'énerve autant sur mon frère mais au moins c'est efficace, car après avoir lancé un dernier regard suspicieux en direction du pauvre blond encore sous le choc, il le lâcha et parti rejoindre l'équipe de Saitama.
-Merci.
Oh mon dieu ! Après s'être excusé voilà qu'il me remerciait ! Pourtant aucune tempête de neige, aucun déluge, aucun cataclysme, aucune fin du monde n'avaient été prévus récemment. Enfin, j'étais tellement surprise qu'une seule réponse me vint automatiquement :
-Heu...ba de rien c'est normal. Bon aller, viens on a qu'à retourner vers les autres, la descente doit être terminée et vous allez bientôt démarrer les contre la montre.
Sur ces bonnes paroles pleine de sagesse nous rejoignîmes le petit groupe installé un peu plus loin. Les épreuves au chrono se déroulèrent sans encombres et avec succès.
Une fois que tout fut fini, on remballa nos affaires. Mon frère ayant, finalement, réussit à mettre le grappin sur sa proie me confia gracieusement les clés de sa voiture pour que je puisse rentrer (trop de bonté, enfin à noter quand même que ça l'arrangeait bien quelle ne passe pas le reste de la nuit seule sur le parking). Je m'installai au volant et pris la direction de mon studio où mon lit m'attendait impatiemment.
